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Le cabinet de curiosités linguistiques    Page 3 sur 5

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Le cabinet de curiosités linguistiques - le Jeu 05 Nov 2009, 09:14

Rappel du premier message :

Enfant illégitime né d'un appendice poussé au fil Des déficits abyssinaux et autres barbarismes amusants, le ci-présent a pour but d'évoquer ou de discuter tous les achoppements, curiosités et autres illogismes de la langue, la nôtre ou celle des autres (titre du fil © François).

La remarque génératrice de la discussion était celle d'Henry Faÿ, pointant les erreurs de Michèle Cotta, passée au Matins de France Culture, laquelle semblait employer la conjonction "lequel" en référence à des substantifs féminins, quand donc "laquelle" eût été de meilleur aloi.

Voici donc ce qu'il s'est ensuivi :
* * *

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Mar 03 Mai 2011, 23:41

non pas nécessairement
il y a des casse-pieds de tous bords
d’ailleurs la rhétorique d’hazan est moins "de gauche" que "gauchiste"

mais je lui trouve tant de points communs avec celle du FN, qu’au point où on en est, les étiquettes de gauche, droite, extrème-droite, et gauchiste, tout en conservant leur sens, deviennent secondaire devant la distinction entre d’une part les interlocuteurs qui réfléchissent et se montrent sincèrement soucieux de la vérité des faits, et d’autre part ceux qui n'agissent qu'en militants politiques soucieux d'imposer leur vision du monde sans trop se soucier de la réalité empirique

ils ont, eux aussi, une langue à eux, et que Hazan ne le voie pas ou feigne de ne pas le voir, confirme ce que par ailleurs on perçoit de lui en l’écoutant quelques minutes à la radio

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Sam 14 Mai 2011, 23:12

Disons qu'Hazan est lui aussi dépositaire d'une novlangue particulière -et assez indigeste, d'ailleurs-, qui n'a d'inférieur à celle qu'il dénonce d'être minoritaire, sinon dans le champ des idéologies, du moins dans celle de l'état du monde économique et social. Notez bien d'ailleurs qu'un monde où le système découlant du discours d'Hazan structurerait l'ordre des choses me serait bien désagréable.

En même temps, je constate que les systèmes ou les groupes affinitaires idéologiques développent leur propre vocabulaire normé de plus en plus vite, et également de plus en plus pauvrement. De ce point de vue, la mutation rapide de ce qu'il est convenu d'appeler la "néo-réaction", ce curieux mélange de républicanisme ultra, de conservatisme social et culturel, d'injonction autoritaire, de populisme (au sens le plus neutre du terme, c'est à dire de l'appel à la puissance démiurgique du mouvement des masses)anti-élitaire et d'un vague égalitarisme économique ne manque pas de me fasciner par sa capacité à produire un discours fondé pour l'essentiel sur l'inversion des symboles, mais qui devient à vitesse accélérée ce que ses apôtres entendent dénoncer, c'est à dire une "bien-pensance", destinée à ceux qui s'excluent ou se considèrent exclus des systèmes de valeurs élitaires. Etranges temps où le débat fait place à l'affrontement à mort (symbolique...pour l'instant) de systèmes de valeurs qui prétendent à une vision sinon totale, du moins complète de la complexité des faits, et prêchent l'union et la concorde civiques et morales fondée sur la démonisation de l'adversaire. Comme quoi, le moment fondateur de la France contemporaine, c'est bien le temps des Guerres de Religion.

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De l'impressionnite dans la couverture de l'affaire DSK - le Lun 16 Mai 2011, 17:53

Pour remplacer un mot par un autre, il n'y a pas que les novlangues des lobbies idéologiques, qu'ils soient d'obédience libérale ou gaucho-marxistes : la langue des médias et les tics du Net s'en chargent déjà très bien. Ainsi hier soir dans Masse Critique j'ai été agacé et déçu par Joseph Macé-Scaron, d'habitude plus rigoureux : invité à s'exprimer sur l'arrestation de Strauss-Kahn, il réagit aux doutes émis sur la véracité des faits, doutes qu'il qualifie de "négationnisme en temps réel".

Voila une formule outrancière : le mot de "négationnisme" renvoie à des polémiques sur des faits gravissimes du passé et surtout des faits collectifs, alors que nous sommes ici en plein présent et dans une affaire individuelle, et plutôt médiocre quel qu'en soit le fin mot. Précisément une de ces affaires de pipole dont raffolent les médias sérieux, entendez qu'il ne s'agit pas de la vie des mannequins, des sportifs ou des têtes couronnées, mais des politiciens et des intellectuels. Mais exception faite du vivier où on pèche le sujet pipole, on y retrouve les mêmes mécanismes de la pseudo info et la mise en relief du non-événement : sur leur créneau propre, le Nouvel-Obs et FC rejoignent Gala et Paris-Match. S'agit-il de journalisme sérieux ?

Mais revenons à l'expression de Macé-Scaron : "négationisme en temps réel". Elle est fichtrement malheureuse. L'histoire est tellement ahurissante, et les enjeux tout de même considérables, qu'il est quand même permis de douter. Dans les affaires graves le doute c'est la moindre des choses. Je sais bien qu'il y a des scepticismes niais comme il y a une façon niaise de faire confiance aux journaux ou à la justice. Mais en l'occurrence le scepticisme ou la méfiance me semblent le B-A-BA du sérieux.

Tant que j'y suis, je souligne ce qui me semble une autre impropriété, toujours sur cette affaire : l'expression "théorie du complot", qu'on a entendue dans ces 10 minutes et d'ailleurs aussi dans tous les journaux de la chaine et inévitablement aux Matins puisque Voinchet contrairement à Eva Bester, ne loupe jamais un cliché. Parler de "complot" c'est mal venu : un piège habilement tendu à un homme public pour le couler ça s'appelle un coup monté ; ou plus simplement : un piège.

D'ailleurs aussi bien Jean-François Kahn que le pauvre Voinchet ne parlent plus de "complot" mais de "théorie du complot". Scie des scies dont on ne sait plus à force si les deux expressions sont synonymes, ou bien si le mot de "théorie" est là pour discréditer le scepticisme ou au contraire pour le renforcer : en écoutant attentivement leur discussion ce matin aux Matins, il apparait que ça n'est pas clair du tout.

Bref tous ces gens semblent plus attachés au plaisir de la ramener qu'au soin d'être clairs et d'employer le mot juste. De la part de Voinchet c'est usuel. De la part de Jean-François kahn ça ne me surprend pas. Venant de Macé-Scaron ça me déçoit. Et que ça soit généralisé à tout France Culture ou presque (je parie que l'exception sera une fois de plus Philippe Meyer) c'est le signe que cette radio qui se voudrait d'exception, a rejoint un troupeau médiatique où l'on parle d'abord et où on réfléchit après mais pas toujours.

Résumons :
- "négationnisme en temps réel" pour "scepticisme"
- "complot" pour "piège" ou "coup monté"
- "théorie du complot" pour on ne sait pas très bien quoi
Dans les 3 cas, c'est du gonflement verbal. Défaut courant du journaliste moins soucieux d'informer que d'impressionner.

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Réseaux sociaux - le Jeu 30 Juin 2011, 10:52

Elle a quelque chose d'absurde la formule de "réseaux sociaux" qu'on entend employer à l'envi sur FC comme un peu partout. Pourquoi absurde ? Parce que les réseaux sociaux, ce sont les réseaux professionnels, les réseaux familiaux, les réseaux religieux, les réseaux d'amitié, etc.  La société EST réseau, ou réseaux, car réseau de réseaux.

20 ans après les serveurs T2, 10 ans après les newsgroups, groupes MSN, listes Yahoo, ce que le web offre avec Copains d'avant et Facebook, ce sont des supports techniques ou éventuellement des réseaux techniques à finalité de sociabilité. Evidemment, à dire comme ça c'est plus long et inélégant au possible. Pourtant ça serait plus juste. Surtout qu'il n'y a pas que l'infrastructure, il y a aussi la vie qu'elle rend possible, la face vivante du réseau dont la face technique n'est que la première couche.

Que "réseaux sociaux" condense en une seule formule inadaptée le support technologique et la vie qui s'y développe, cela n'est pas simple métonymie ou synecdoque : c'est aussi le signe d'une entrée tardive dans le langage ordinaire, et donc dans les représentations. Signe que l'esprit courant avait oublié de penser le social en termes de réseaux. Mais pas l'esprit des sociologues, qui n'ont pas attendu l'électronique interconnectée pour penser réseaux. La notion est présente quasi dès les débuts de la psychologie sociale dans les 30's avec Bavelas ou Moreno ; elle imprègne de grandes oeuvres comme l'enquête de Lloyd Warner Yankee city, jusqu'à se trouver densément théorisée par Granovetter il y a 40 ans, et ça n'est alors qu'un début. Il y a donc de quoi juger bien inappropriée cette formule "réseaux sociaux" qu'on ne peut employer à ce point que par manque de culture générale. Mais après tout ça n'a rien d'étonnant sur France Culture, lieu où la culture générale est des plus réduites.

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Dim 18 Nov 2012, 00:45

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De l'alexandrin ponctuel à l'alexandrin transfini - le Dim 18 Nov 2012, 01:39

[nolettrine]
@Krante11 a écrit:.
C'est un alexandrin dissimulé ??

Nous supposerons qu'il fallait lire :
je ne dépose ici qu'un misérable point
ou :
donnons à ce forum rien de plus que ce point
ou encore :
ne pouvant l'annuler, j'ai modifié mon post



NB : les chercheurs du GRAM ont montré qu'à partir du simple point on peut produire sinon une infinité d'alexandrins, du moins un très grand nombre. De même en nous inspirant de Cantor, à partir du vide nous en produirons une infinité. En premier lieu une abondance d'énoncés qualitatifs capables de signifier le vide absolu :
"tout ce que Laure Adler a dit d'intelligent"
ou :
"inventaire du savoir de Xavier Delaporte"
Puis, si l'on assimile le vide au Zéro, alors il existe une infinité de façons de considérer le Zéro comme un alexandrin sous forme d'énoncé quantitatif. Donnons un exemple : "153 moins 100, moins cinquante et moins trois" et pour les féministes de la rime, son pendant "153 moins 100, moins trois et moins cinquante". La suite des nombres étant infinie, il existe un nombre infini de soustractions ayant pour résultat zéro, et (ô splendeur) un sous-ensemble non moins infini dont l'énoncé donnera un alexandrin. Je ne poursuis pas la démonstration, mais à ce stade il est évident que tout point de l'espace contient une infinité d'alexandrins virtuels. Nous sommes cernés par l'alexandrin et entre deux alexandrins on peut encore en glisser un autre et même deux, et entre les deux encore un, et encore. Aucune raison de s'arrêter en chemin et croyez-moi ça va vous emmener loin. Cantor lui-même n'en est pas revenu, qui écrit à Stéphane Deligeorges dans sa fameuse lettre du 20 juin 1877 : "Je le vois mais je ne le crois pas". Pour Cantor ça s'est fini au cabanon du Dr Blanche. Deligeorges quant à lui jettera l'ancre dans une autre maison de fous.

100 ans plus tard la controverse rebondit au GRAM où un lecteur de Banesh Hoffman postule l'existence de l'Alexandrin de Planck, que l'on rencontre si l'on suit Etienne Klein jusqu'à la plus petite division possible de l'espace vide. La chose est connue depuis longtemps : je renvoie aux 'Papiers du GRAM' (Groupe de Recherche de l'Alexandrin Minimal), numéro à paraître prochainement aux Editions du Dr Blanche.

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Lun 19 Nov 2012, 09:37

A noter que la Révolution, dans sa verve décimalisatrice, et soucieuse de rabaisser le caquet de ces insolentes traditions rétrogrades en base douze,  nous a fourni le très minimal décasyllabe Ah! ça ira, ça ira, ça ira (et seulement quatre lettres...).

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Un mot pour un autre : Emblématique. Iconoclaste. - le Mar 19 Fév 2013, 07:47

Il y en a tellement à France Culture. Volontairement ou par ignorance. On ne sait plus où les ranger dans le forum. Et dans le tas il y en a quelques uns qui reviennent régulièrement. En voici deux, parmi les plus courants sur la fréquence :

Emblématique :
Ecoutons Marc Voinchet << Les licenciements sont emblématique de la crise économique >>.
Allons, Voinchet mon ami, mon tire-bouchon cachexique, ma bouteille d'Evian sans goulot, mon dragueur énamouré de 6h30 préparant son coming-out au carré, ma chignole de 7h55 quand il est temps de faire une mauvaise passe au toutologue qui fout en l'air le sujet du jour, oui voinchet vous que nous rêvons d'envoyer sur Titan, dites-moi mon ami : est-ce que vous savez seulement ce qu'est un emblème ? Oui certainement, alors... zavez pas honte de nous escagasser avec des conneries pareilles ?

Un autre : Iconoclaste.
Il y a une acception première du terme, conforme aux événements historiques quand bien même ils sont oubliés depuis longtemps.
Eventuellement il y aurait un sens figuré : par une extension hors du religieux, on emploierait le mot pour qualifier les conduites qui ne respectent guère les gloires établies. Eh bien même là, à FC on réussit encore à l'employer de travers. Ainsi hier soir il y avait un 'iconoclaste' de l'art invité chez Laura Delair dans Hors-Champs. Mais voyons Laura voyons, gentille nunuchette du paradis radiophonique, aimable greluchonne promotrice de la déco(lo)ration lavasse, faites donc marcher rien qu'un instant le brumisateur à eau de toilette du 'bazar tout à 2 euros' qui vous sert de cervelle : un iconoclaste aujourd'hui, c'est quelqu'un qui chierait sur Warhol et Duchamp, et qui foutrait Becket à la poubelle. Pas un de leurs séides énamourés.

Alors, dira-t-on que l'impropriété lexicale est 'emblématique' de la connerie à France Culture ?
Dira-t-on que l'auditeur qui rue dans les brancards est un iconoclaste, ou tout simplement un connoclaste ? (Notez la fausse aphérèse, ah ah je vous ai bien eue Laura).

Bon j'en ai marre je vais dormir.

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Le chat : ''brol'' - le Sam 09 Mar 2013, 12:39

Dans un autre fil
F. a écrit:(pour les non-belgophones, "brol" signifie "truc")
Votre précision en caractères minusculissimes a déclenché un énorme brol-bas de combat lexicographique ! C'est l'effet papillon...

On lit sur un site :

brol, s
nm (belgicisme) désordre, trouble, embrouillement, éparpillement, perturbation, désunion, fatras, dérangement, désarroi


Voilà d'abord des synonymes bien utiles pour de futurs commentaires et si l'on veut dissimuler ses "emportements discourtois" rédigés "sous l'empire de la passion", on emploiera fort opportunément "brol" !

L'étymologie du mot indiquée dans Wik est incertaine. Je me demandais si le terme était en fait une variation sur "brouille", déverbal de "brouiller" qui a donné brouillard, brouillon, brouille (cf CNRTL au mot ou sur papier le Bloch et Wartburg). Cela semble aller dans le sens du mot donné par Reverso de désordre, trouble, etc.

Voir aussi ceci :
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/368907/l-entree-du-brol-au-petit-robert.html

Merci F. !

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Tire ton Brol (un post sans Antoine Perraud) - le Sam 09 Mar 2013, 13:31

Mon Dictionnaire des Belgicismes de Georges Lebouc édité chez Bonneton ('Le belge dans tous ses états') donne ceci aux pages 62 et aussi 63 car il y a même un synonyme :

BROL nm
1 Désordre, entassement de rebuts
"Dans son grenier il y avait un brol pas possible"
2 Objets sans valeur et/ou en désordre
"Il a essayé de vendre son brol à la brocante"
Synonyme : Cacaille

Et donc à la lettre C qui commence page suivante :

CACAILLE nf
Objets sans valeur, de brocante.
Synonyme : Brol 2

Réf : 'Le belge dans tous ses états' - 1998 - 160 pages, 59f
Contient inclus :
- Une introduction de 10 pages + un mini-traité du dialecte "Des belgicismes bien vivants" (30 pages)
- Le Dictionnaire des mots qui changent de sens en passant la frontière, ou qui n'existent pas en français.
- 2 annexes : Prononciation. Morphologie & Syntaxe.

Les éditions Bonneton :
Au 'chez le même éditeur" de la page 159 on trouve un inventaire maison de nombreux dictionnaires de parler régionaux, de noms de lieux, de cuisine régionale.
Dictionnaire du français régional de l'Ain
Dictionnaire du français régional des Antilles
Dictionnaire du français régional des Ardennes
Dictionnaire du français régional de la Champagne
Etc
Dictionnaire de la cuisine des Ardennes
Cuisine de Bourgogne de A à Z
Dictionnaire de la cuisine de Lorraine
Dictionnaire de la cuisine de Picardie
Dictionnaire de la cuisine de Savoie
Dictionnaire de la cuisine du Nord-Pas de Calais
Etc
Noms de lieux : Bourgogne - Centre - Franche-Comté - Ile de France, etc...

Et voila que depuis quelques années Bonneton a gagné en standing, en devenant les Editions Christine Bonneton avec un logo qui rappelle un peu celui de François Bourin Editeur (autre bonne maison). Christine Bonneton propose donc les mêmes ouvrages dans des collections remaniées, plus quelques autres notamment des guides de Paris, dont certains sont un peu convenus et d'autres très originaux mais tous semblent fort bien faits illustrés richement et avec goût mais malgré cela, pas trop chers (moins de 20€).

Avec mon esprit particulièrement vif je n'avais jamais fait le lien entre ces deux maisons, toutes deux fort sympathiques ma foi.

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Brole ta langue. - le Sam 09 Mar 2013, 22:02

D’après Jan-Peters Hyeronimus de Scromelaere, Cryptolinguiste sous Leopold II, et dont le spectre hante encore de nos jours les combles du musée de Tervuren, le Brol serait « encore une flaminguerie wallonisée », un peu comme Crol (nous en reparlerons plus loin). Brol viendrait de Brolecke (prononcer « brôleuckeu »), littéralement « truc sans valeur qu’on arbore sans conviction ». Si l’on en croit Djeorges Dumézil un soir de déconnade à l’Estaminet Het Blauwershof, il faudrait rattacher Brolecke à la racine indo-européenne Braul, « insignifience bêtement soumise à la gravitation ». Brolecke aurait dérivé vers Breloque. La linguistique étant ce qu’elle est, notre breloque a fait quelques allers et retours entre ici et les cinglés de l’autre coté de la frontière en Flandres françaises pour finalement se concrétionner dans les dunes des chemins de contrebandiers sous la forme Pendeloque, « Machin qui pendouille sottement autour du cou ». On retrouve encore aujourd’hui ce vocable chez quelques houblonnés locaux, avec Pinderlots, « bijoux à la con », qu’Antoine Perraud qualifie plus volontiers de « verroterie ». Et nous y voilà, le Brol c’est du vrac.
Et Philaunet n’avait pas si tort de broler du combat, parce qu’il paraît qu’on doit aux flahutes le « broler dans le manche » qu’on dédie aux ahuris qui « écrivent » sur FranceQ.fr.

Je m’aperçois que nous n’avons pas parlé de Crol mais tout le monde s’en fout.

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