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Le cabinet de curiosités linguistiques    Page 4 sur 5

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Le cabinet de curiosités linguistiques - le Jeu 05 Nov 2009, 09:14

Rappel du premier message :

Enfant illégitime né d'un appendice poussé au fil Des déficits abyssinaux et autres barbarismes amusants, le ci-présent a pour but d'évoquer ou de discuter tous les achoppements, curiosités et autres illogismes de la langue, la nôtre ou celle des autres (titre du fil © François).

La remarque génératrice de la discussion était celle d'Henry Faÿ, pointant les erreurs de Michèle Cotta, passée au Matins de France Culture, laquelle semblait employer la conjonction "lequel" en référence à des substantifs féminins, quand donc "laquelle" eût été de meilleur aloi.

Voici donc ce qu'il s'est ensuivi :
* * *

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Brole ta langue. - le Sam 09 Mar 2013, 22:02

D’après Jan-Peters Hyeronimus de Scromelaere, Cryptolinguiste sous Leopold II, et dont le spectre hante encore de nos jours les combles du musée de Tervuren, le Brol serait « encore une flaminguerie wallonisée », un peu comme Crol (nous en reparlerons plus loin). Brol viendrait de Brolecke (prononcer « brôleuckeu »), littéralement « truc sans valeur qu’on arbore sans conviction ». Si l’on en croit Djeorges Dumézil un soir de déconnade à l’Estaminet Het Blauwershof, il faudrait rattacher Brolecke à la racine indo-européenne Braul, « insignifience bêtement soumise à la gravitation ». Brolecke aurait dérivé vers Breloque. La linguistique étant ce qu’elle est, notre breloque a fait quelques allers et retours entre ici et les cinglés de l’autre coté de la frontière en Flandres françaises pour finalement se concrétionner dans les dunes des chemins de contrebandiers sous la forme Pendeloque, « Machin qui pendouille sottement autour du cou ». On retrouve encore aujourd’hui ce vocable chez quelques houblonnés locaux, avec Pinderlots, « bijoux à la con », qu’Antoine Perraud qualifie plus volontiers de « verroterie ». Et nous y voilà, le Brol c’est du vrac.
Et Philaunet n’avait pas si tort de broler du combat, parce qu’il paraît qu’on doit aux flahutes le « broler dans le manche » qu’on dédie aux ahuris qui « écrivent » sur FranceQ.fr.

Je m’aperçois que nous n’avons pas parlé de Crol mais tout le monde s’en fout.

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Dim 10 Mar 2013, 15:13

Un post sur les tics de langage, ou plutôt l'un d'entre eux. Non pas individuel mais un de ceux qui, collectivement adoptés, sonta u mieux signes de paresse langagière, au pire signes de grégarité ou de faible compétence linguistique :

Dans la liste des mots qui deviennent des scies sur France Culture où ils se trouvent mis à toutes les sauces : Emblématique - Diversité (quels autres ?) on peut ajouter "Exploser". Tic verbal qui n'est pas propre à FC, d'ailleurs.

Tout ce qui connait une croissance rapide ou brutale, ou même molle mais enfin tant qu'on voudrait la rendre spectaculaire (parfois elle l'est d'elle-même), tout cela 'explose'.
Les frais de santé 'explosent'
La facture carbone 'explose'
La délinquance 'explose'
La popularité de Manuel Valls 'explose'
Mais c'est aussi utilisé dans un sens positif, preuve que nous avons là une formule passe-partout. Aneffet on entend dire que les bénéfices d'Apple explosent, ou que les ventes de je ne sais plus quelle merde (film, livre) vantée ou dénigrée ou phénomène-de-sociétéisée par FC 'exploooooosent'.

Alors dans certains cas ça mène à des demi-gaffes ou à des vrais jeux de mots involontaires dont la cocasserie passe inaperçue et c'est bien dommage. Ainsi samedi matin dans L'économie en question, l'impeccable Dominique Rousset introduit son second sujet qui sera, journée 'Japon' oblige : L'économie du Japon. On apprend que dans ce pays, après la catastrophe de la centrale de Fukushima et en conséquence l'arrêt des réacteurs nucléaires de tout le pays, eh bien la facture énergétique Explose. C'est ce qu'on appelle la réaction en chaîne, certainement.

La seule chose qui ne risque pas d'exploser c'est la grosse tête du Directeur des programmes de France Culture il faut dire qu'elle évacue son trop-plein de satisfaction dans l'exercice de lustrage-pommadage de 8h50 chaque fois que l'audience de France Turlute explose.

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Tout explose et tout chute - le Dim 10 Mar 2013, 23:07

Le 05 novembre 2009
@Nessie a écrit:(...) une linguiste comme Danielle Leeman-Bouix, qui dans son livre "Les fautes de français existent-elles", montre que nombre de fautes ou plutôt considérées comme telles, sont en fait l'application d'une logique aussi profonde qu'inconsciente. Et qu'inversement certaines règles ne sont que de l'arbitraire promulgué et ossifié, transmis par l'école mais remises en cause par le génie de la langue. Son livre, paru au Seuil en 1994 et préfacé par André Goosse, ne m'avait pas convaincu sur la totalité des raisonnements qui y sont présentés, mais avait sérieusement fait vaciller mon purisme. N.
"Les fautes de français existent-elles" : un de mes livres de chevet. Il permet de comprendre que la logique interne d'une langue et la grammaire normative peuvent ne pas correspondre, particulièrement en français du fait de l'histoire de sa codification.

Si le français écrit n'autorise pas d'écart par rapport à la règle, l'oral est très souvent le résultat d'une articulation "à l'économie" qui a sa logique, mais pas de transcription telle quelle à l'écrit (sauf chez Queneau...).

Personne n'écrira, sans savoir qu'il enfreint gravement une règle, "t'es où (là) ?" mais qui ne l'a pas dit ou ne le dit pas systématiquement ? Idem pour "chais pas" pour "je ne sais pas" ou encore "i n'vient pas ?" pour "il ne vient pas". C'est pourquoi un certain type de langue entendu à France Culture n'est pas condamnable, c'est de la langue courante. La transposition systématique de la langue écrite à l'oral pourrait donner une impression désagréable d'affectation. Le français a deux codes, contrairement à d'autres langues, c'est pourquoi il est si difficile à apprendre par les étrangers (exemple la négation).

Où l'on veut en venir, en accord avec Mme Leeman-Bouix, c'est qu'on ne va pas se formaliser si l'on entend un producteur de FC dire "après qu'il ait fait" ou "elle est venue en vélo", en revanche si c'est écrit sur le site ça pose le problème du respect d'une norme qui s'impose à tous, et d'autant plus à un prescripteur comme l'est un média culturel.

Si les microteurs de FC ne faisaient que les fautes bénignes relevées par MLB, on serait au meilleur niveau. Mais non, que ce soit à l'oral comme à l'écrit sur le site, ce ne sont pas des "fautes" anodines qu'on lit ou entend, mais un galimatias, une syntaxe qui rend incompréhensible un énoncé, des phrases non terminées, des mots employés pour d'autres, des formules à la mode qui n'ont aucun sens (de quoi X est-il le p... de nom), etc.

La mode est à l'emphase, au superlatif, si tout explose et qu'on explose même transitivement la gueule de quelqu'un, n'oubliez pas Nessie que vous pouvez chuter du trottoir (tomber est trop banal et se casser la margoulette pas assez dramatique) et que vos actions en bourse peuvent chuter de 0,1%, vous vous rendez compte ! Il faut in-quié-ter pour mieux faire con-som-mer (tout ce qui compense l'angoisse ou la peur, du chocolat aux anxiolytiques) et pour attirer l'attention tellement sollicitée de nos jours.

Le vocabulaire superlatif, la syntaxe la plus simpliste, l'intonation outrée des attaques de mots sont des moyens qui rappellent plus les publicitaires que la parole savante et pédagogique attendue des producteurs de France Culture.

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Re: Le cabinet de curiosités linguistiques - le Dim 24 Mar 2013, 19:07

@Nessie a écrit:"lequel" est en train de basculer lentement du côté de l'invariable. Dans le français parlé, c'est plus que net. Je ne sais pas combien de temps ça prendra ni même si ça ira jusqu'au bout et jusqu'à l'écrit. Mais quand on entend que JC Casanova emploie au moins une fois par émission "lequel" en place d'un "lesquels" ou d'un "laquelle", idem pour Max Gallo alors que tous ces gens connaissant très bien cette règle assez simple de la grammaire, on se demande s'ils s'en foutent, s'ils ne s'écoutent pas assez, ou si c'est l'influence de l'anglais ou de l'italien ou du Corse, ou quelle autre raison ?
N.

Nessie, et ailleurs Henry Faÿ ont noté la présence fréquente de cette faute à l'antenne il y a plus de trois ans, et depuis je ne cesse plus de l'entendre. Elle ne m'avait pourtant jamais marquée jusque là. Et cependant, on l'entend bien à longueur d'émission.

Le niveau culturel ni social ne semblent lui pas corrélés. Ou peut-être légèrement, dans le sens inverse de celui qu'on pourrait croire. Par ailleurs, cette faute n'est pas nouvelle : l'écoute d'émissions anciennes me fait penser qu'il s'agit d'une erreur commise depuis fort longtemps. Les perspectives scientifiques des années 80 en sont truffées, et de bien plus vénérables occurrences s'en trouvent même dans les années 50, chez des personnes qui ont pourtant le maniement de la langue des plus subtils.

Une hypothèse : est-ce que ce "lequel", rendu fautivement invariant, ne serait pas surtout le fait de locuteurs un peu trop habitués à entendre et parler anglais, langue dans lequel - pardon laquelle - le pronom correspondant est bien invariable ? Une mécanique de la pensée chargée de maintenir l'accord, donc coûteuse en effort, et dont on prend trop l'habitude de se passer, ne revient peut-être pas si facilement à la demande quand elle se fait de nouveau exiger par la langue qu'on parle. Est-ce que la pratique intensive des autres langues n'est pas une source classique d'introduction de fautes et de formules fautives dans la nôtre ? Avant bien sûr que l'usage ne fassent des ces fautes les nouveaux canons.

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Auquel, auxquels, auxquelles - le Lun 25 Mar 2013, 00:16

@masterkey a écrit:
@Nessie a écrit:"lequel" est en train de basculer lentement du côté de l'invariable. Dans le français parlé, c'est plus que net. Je ne sais pas combien de temps ça prendra ni même si ça ira jusqu'au bout et jusqu'à l'écrit. Mais quand on entend que JC Casanova emploie au moins une fois par émission "lequel" en place d'un "lesquels" ou d'un "laquelle", idem pour Max Gallo alors que tous ces gens connaissant très bien cette règle assez simple de la grammaire, on se demande s'ils s'en foutent, s'ils ne s'écoutent pas assez, ou si c'est l'influence de l'anglais ou de l'italien ou du Corse, ou quelle autre raison ?
N.
Dans l'émission "Que doit le français à la langue gauloise ? Spécial : le français est une chance" du 20 mars dernier l'invité était, euh... euh... euh.... (j'arrête mais ceux qui veulent compter me diront combien on en entend en 30 minutes, 50 ? 100 ? Davantage ? ) donc, euh... "Xavier Delamarre, linguiste français". Ah, tiens pourquoi donc ajouter "français " ? Va-t-on bientôt mettre la nationalité derrière tous les noms, pour les intervenants français également ? Ou, horrible supposition, le linguiste aurait-il la langue française comme domaine de spécialité ? Enfin, ce n'est qu'un détail, mais loin d'être anodin.

Xavier Delamarre, donc, n'est pas à son aise ce jour-là, car en plus d'euheuhter à mort, il se fait prendre plusieurs fois en flagrant délit d'ignorance face aux questions de Vincent Charpentier qui se montre tout fier (trop fier) de ses nouvelles connaissances en gaulois.

Le sujet que vous soulevez, Masterkey, est l'emploi du mot "lequel", mais si je me souviens bien de ce que j'ai lu de la discussion d'il y a trois ans, "auquel" était aussi concerné.

Xavier Delamarre, linguiste, qui plus est français, dit ceci à 2'04" : "Il y a une famille, qui est la famille des langues celtiques euh auxquelles* euh le gaulois appartenait." *transcription supposée (ou bien "auquel" est-il possible dans l'esprit du linguiste ?)

Le gaulois appartenait aux langues celtiques ? Non, mais à la famille des langues celtiques, oui. Le gaulois est une langue celtique.

On pinaille, on pinaille ! Oui, ce n'est pas grave, mais bon, c'est pour illustrer ce qui a été dit ou sous-entendu par Masterkey, Nessie et Henri Faye, à savoir que par paresse (économie) d'articulation, le locuteur préfère (est-ce bien conscient ?) prononcer deux syllabes au lieu de trois. "À laquelle" est plus long et donc relève de la langue plus élaborée que certains, même linguistes, ne veulent pas utiliser par crainte de passer pour précieux ou pour des locuteurs de français suivant strictement la norme grammaticale. (Hypothèses).

Quant à Vincent Charpentier, voici la première phrase avec laquelle il introduit son émission :
"Plus d'une langue sont du créole, plus d'un mot d'origine lointaine se sont en effet glissés dans notre langue de tous les jours"

Plus d'un auditeur auront froncé le sourcil en entendant cette structure déjà relevée dans la présentation "France Culture et vous" ? Plus d'un lecteur se seront émus ? Plus d'un contributeur se demanderont où je veux en venir ? J'espère que plus d'un aura compris.

Sinon : http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?id=1701

"La langue française est une chance" sur France Culture... "Ne changer rien" (sic)

http://www.franceculture.fr/emission-le-salon-noir-que-doit-le-francais-a-la-langue-gauloise-2013-03-20

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Gravelotte - le Mer 08 Mai 2013, 10:32

Dans le fil Maisons d'études,
@Nessie a écrit:Eh bien on dirait que ça tombe comme à Gravelotte
Expression que j'ignorais et qui permet de revoir son histoire.

http://www.canalacademie.com/ida5349-Ca-tombe-comme-a-Gravelotte.html

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Le complexe du complexe - le Lun 24 Nov 2014, 17:22

Voici une victime, un emmerdeur, et un prédateur :

- Difficile : adjectif qualificatif.  En voie de disparition.
- Compliqué : adjectif qualificatif tellement surclassé par complexe, qu'il se trouve cantonné à des usages métaphoriques ("c'est compliqué" = "vie sentimentale multiple").
- Complexe : réunit les deux précédents, pour les usages courants de "difficile", "difficile à dire", "difficile à expliquer", "difficile à comprendre", "chiant à détailler car là vous me forcez à réfléchir". "

Le premier aura longtemps été concurrencé par "pas évident" comme dans /sepaevidɑ̃/. Il semble avoir trouvé aujourd'hui son prédateur avec "complexe" accompagné de son comparatif "beaucoup plus complexe" (bokuplykɔ̃plɛks) d'ailleurs souvent utilisé comme un superlatif, quand le comparé est à peine évoqué. Complexe a remplacé compliqué dans les cas où à la complication s'ajoute la difficulté. Notons bien qu'il faut pour cela que pas un des utilisateurs ne pense un instant au sens réel de "complexe", qui depuis longtemps subit son mauvais traitement par cette confusion avec "compliqué". Ce qui était un barbarisme mineur a ouvert la porte à une mode lexicale.

Car bien moins excusable est l'incapacité à user du mot le plus naturel pour évoquer une difficulté : c'est donc si difficile de dire "difficile" ? Apparemment oui. Comme si la simplicité était le gage de la facilité et comme si tout ce qui est complexe était difficile. En fait rien n'est plus complexe que la parole et même que l'écrit : connaître et manier correctement sa seule langue maternelle est déjà un travail complexe. Pourtant, une fois assimilé et opéré inconsciemment ou presque, c'est là chose assez facile. Naturelle même. Ce petit baratin pour montrer à qui en doutait que les deux termes ne peuvent en aucune façon se trouver en synonymie automatique.

Mais les modes sont ce qu'elles sont et, syndrôme du garde-chasse aidant, on entend à l'envi sur France Culture ces apparitions récurrentes de /kɔ̃plɛks/. Et celle-là de mode est tellement prégnante que le mot sort en continu tout au long de la journée on peut même dire que ça tombe comme à Gravelote : dans ce post je profite de 3 exemples qui sont sortis en un seul après-midi, sur l'écoute de 5 émissions en attente ce qui fait tout de même beaucoup et encore j'ai pu en louper quelques uns....  

Je vais donc amasser ci-dessous au fil des jours une petite collection de /kɔ̃plɛks/ malvenus. Je commence par trois exemples, dont deux peuvent sembler bénins et un erroné.
D'abord chez Chardantzig le 2 novembre dernier : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s44/RF_C1001F35-E15E-4BF7-B756-1F730790EC67_GENE.MP3" debut="04:10" fin="04:20"]
Et puis celui-là : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s47/NET_FC_49327e95-19e7-450f-8ab3-f18466e829b3.mp3" debut="02:55" fin="03:05"] (Tout un monde - 18 novembre)
Enfin ce beau doublé : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s46/NET_FC_be8c8751-ae85-4d00-bef5-e79a10d55b5e.mp3" debut="28:00" fin="28:30"] (Salon noir du 11 novembre)
Et puis dans les temps à venir, en poursuivant la collecte afin de donner plus bas dans ce fil quelques livraisons groupées.

A part ça, si le premier des trois invités ci-dessus épinglés n'était pas un modèle de clarté, il n'en allait pas de même des deux derniers, et avec eux les deux émissions qui m'ont semblé de bien bonne qualité. Du coup je vais en placer une (ou les deux) en proposition d'écoute...

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Les aventures de la complexité - Suite - le Lun 24 Nov 2014, 21:50

Quelle ironie !

Tout juste une heure après mon message précédent, dans les premières minutes Du grain à moudre nous avons une quasi-définition opératoire de la complexité. Enfin un tout petit peu plus d'une heure : à 18h20 commence l'émission du jour, sur le sujet des convertis au djihad islamique (pardon pour le pléonastre - oui moi je dis pléonastre).  Un modèle de profilage, qu'on en juge : variables en très grand nombre (200) avec coefficients de probabilité + des interactions générant des liens incertains, irréguliers, obéissant à des lois qui pour l'esprit humain, apparaissent  contradictoires :
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s48/NET_FC_1266f051-772c-4135-bc7c-4d7431c2abd9.mp3" debut="10:50" fin="12:11"] et c'est saisissant...

Encore plus saisissant, peut-être désolant, c'est que précisément là Gardette n'emploiera pas le mot de complexité, préférant activer le schème "diversité" (qui fait partie du paradigme idéologique de cette radio si peu diverse par ailleurs) : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s48/NET_FC_1266f051-772c-4135-bc7c-4d7431c2abd9.mp3" debut="12:07" fin="12:20"]. C'est d'autant plus absurde que la complexité du modèle ne génère pas comme il le dit une infinité de profils mais au contraire très peu de profils résultant d'une infinité de combinaisons : il y a le type qui ne passera jamais à l'action, il y a le  violent potentiel etc. Enfin quelques uns.  Ce qui est complexe n'est pas le résultat mais le traitement. L'invité, lui, qui semble n'en être pas encore revenu, avait tout de même réussi à placer "compliqué" . Hélas,  car complexe était meilleur, et aussi le quelque peu démodé "sophistiqué" (dont l'emploi est contestable, seuls les journalistes l'utilisant pour qualifier un objet technique élaboré).

C'est très intéressant, vraiment : l'art du journaliste suppose, entre autre, un sens aigu des mots, de leur signification, des distinctions fines entre synonymes. Il faut ne pas prendre un mot pour un autre et cela que ce soit en parlant ou en écoutant. Il faut non plus ne pas donner le mauvais nom à la chose. On n'a vraiment pas l'impression que France Culture recrute ses journaliste dans la crème du métier. D'un autre côté ça a du bon : même un médiocre peut faire carrière.

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Les aventures de la complexité - Episode 3 en ce mardi 26 - le Jeu 27 Nov 2014, 13:04

Quoique sans intention de prolonger ce feuilleton pendant des mois, pour le moment je maintiens mon cap, vu que ça tombe en continu. Enfin ça tombe en continu mais l'écoute en ligne ayant des ratés, mon feuilleton il tombe quand il peut. L'épisode suivant (j'avais initialement écrit "'Aujourd'hui c'est dès la matinale") est arrivé quelques heures après le post ci-dessus, c'était dans la matinale de mardi, où l'un des invités abuse du mot et nous fait un beau triplé à 8h33, suivi d'une régurgitation 5 minutes plus tard. [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s48/NET_FC_12249d9d-2da2-4158-98e3-2f1748242ac5_0.mp3" debut="123:50" fin="125:20"]
A l'ouverture de cet extrait + 30 secondes plus tard + encore une minute plus loin. Peut-être est-ce par souci de ne pas répéter "difficile" qui pourtant serait souvent préférable, car si la réalité est complexe, l'action est difficile. Et voici la dernière (enfin pour ce que j'ai pu en écouter) : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s48/NET_FC_12249d9d-2da2-4158-98e3-2f1748242ac5_0.mp3" debut="128:05" fin="128:15"]

Ce jour là je quitte l'écoute à la fin de la matinale, et curieux de ce qui se disait à la Grande table, j'ai remis l'antenne vers la fin du journal de 12h30, et là ....

./...

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Les aventures de la complexité - Episode 4 en ce mardi 26 - le Jeu 27 Nov 2014, 13:27

./...

... et là à peine branché, bingo !! A 12h54 à l'appui d'un petit coup (double) d'alarmisme et d'anti-américanisme, deux occurrences dont une d'Antoine Mercier, visiblement inspiré par son correspondant au téléphone : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s48/Journal_de_12h30--PODCAST--NET_3775c3bd-65a9-4160-b3a4-73d46ce7f64e_FC.MP3" debut="23:40" fin="24:05"]

Ici complexe = coriace comme adversaire. On pouvait tout aussi bien dire vicieux mais on pensait "mystérieux et indémerdable à la fois". De là l'usage de "complexe" apparait pour ce qu'il est : une facilité dont on n'a guère de raison de se priver. Surtout quand on ne connait rien au sujet, en l'occurrence les virus électroniques infectant les ordinateurs personnels : Il y a gros à parier que nos deux gus n'ont jamais écrit ni peut-être même lu une seule ligne de programme, et qu'ils usent du mot "complexe" comme on usait du mot "atomique" dans les années 50.

Je viens de livrer ces deux épisodes du feuilleton "complexe" avec un temps de retard. Sans dévoiler immédiatement la suite, je dois dire que le feuilleton se poursuit, quasi à chaque écoute au point que j'en viens à m'interroger : certes toutes les occurrences du mot ne sont pas fautives, loin de là. Mais l'usage excessif de "complexe" a de quoi attirer l'attention : le mot est devenu un hyperonyme bien commode et peut-être bien d'emploi chic. En 2014 (et certainement depuis plus longtemps que ça) il est mieuxement "chic" de dire "complexe" plutôt que  : difficile, ambigu, dangereux, coriace, contradictoire, paradoxal, redoutable (je pourrais prolonger la liste jusqu'à demain). Et en tant que chose en soi : incompréhensible pour mon ciboulot de journaliste ou impossible à expliquer rapidement et clairement pour mon cerveau un peu confus pardonnez-moi.

A part ça on remarquera qu'il n'est nullement réservé à FC car ce sont au moins autant les invités qui l'emploient, et pas toujours de façon fautive, comme on l'a dit plus haut. Cela dit, en sondant correctly les émissions de Voinchet et Richeux, en guettant les apparitions du boss au micro de la matinalll, il faut s'attendre à en trouver quelques apparitions marquées au coin du gnangnantisme et de la vanité qui caractérisent les mauvais faiseurs de la maison.

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Nonante - le Lun 21 Mar 2016, 14:24

Tiens, à l'occasion du passage dans ce fil, je retrouve vos 4 billets, Nessie, sur l'emploi du terme "complexe" à France Culture, dont le premier est en position 37 sous le titre Le complexe du complexe du 24 11 2014. À relire.

Ne sachant pas où déposer cette petite perle de la RTBF, le cabinet de curiosités m'a semblé un lieu possible : "Lothar Seghers sillonne la foisononnante discographie existante."  Au choeur de Bach. "Sillonner",  pour des disques, ça rappelle quelque chose. Quant à la discographie non-existante, si la RTBF ne peut rien, faut-il s'en remettre à France Musique qui peut beaucoup ?

Quoi qu'il en soit, au compteur de Lothar Seghers le dimanche matin depuis quelques années, bien plus de nonante émissions présentant les cantates de Bach. Avec une préférence pour les interprètes belges, notamment Bernard Foccroulle. On ne lui reprochera pas cette préférence nationale.

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