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L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry)    Page 23 sur 23

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L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Jeu 12 Nov 2009, 17:00

Rappel du premier message :

Ouvrons ce fil sur une double question, et tant pis pour le risque de confusion entre le sujet de fond et l'incident polémique de ces jours-ci (patience, j’y viens...).

L'Esprit Public, c’est une des émissions à la fois les mieux faites de toute la grille, et une des moins culturelles. Celle pour laquelle un ratio qualité radiophonique/contenu culturel serait le plus costaud. L’émission-type comme j’en cherchais sur BFM il y a 15 ans de ça, quand j’étais lecteur du Nouvel Escronomiste. Depuis, mes goûts ont changé : à ma radio je demande de la culture, et dans l’Esprit public, de la culture ben j’en entends pas lourd. Pourtant elle est là, ça ne fait pas de doute : dans l’art radiophonique de Philippe Meyer et dans le ciboulot des participants, et puis parfois quand même dans l’ultime séquence des brèves, mais c’est bien le seul moment où on l’entend, la culture. Pour le reste, c’est la version radio des discutes de jadis entre Ockrent, July, Alexandre. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Si la formule est bonne, autant la reprendre. C’est ce qu’a fait récemment l’Economie en question : 4 invités, 2 sujets, une séquence de brèves. Ca nous fait maintenant 2 émissions instructives et ... aussi peu culturelles que possible.

C’est bien dommage, car Philippe Meyer est certainement une des meilleures pointures de toute la chaine. En témoignent son expérience de sociologue devenu  journaliste, sa vaste culture, son souci de la langue sans jamais la moindre trace de purisme lourdaud (ça c’est vraiment rare), son recul et son humour vialatto-british, son art de maintenir le débat dans un cadre audible en réglant les tours de parole et en évitant ces chevauchements et interruptions qui à FC caviardent toutes les  émissions de débat avec des passages plus ou moins longs de bouillie radio. Toutes choses en quoi nombre de producteurs de la station gagneraient à lorgner un peu du côté du dimanche à 11h et à s’inspirer de l’esprit de l’Esprit public.

Mais du côté des débatteurs invités, franchement, ça marque le pas. Les capacités d’analyse de Jean-François Revel et de Jean Claude Casanova n’ont pas été remplacées. Certes, Bruno Frappat vient de temps à autres jouer le rôle du sage, mais c’est pas bien souvent et ça aussi c’est dommage. Certes chacune des synthèses lues par Meyer (lecture intelligente, au fait, on n’est pas à la limite du déchiffrage comme chez Goumarre ou chez Baddou hein) est un modèle, comme le montre la réaction des intervenants ponctuels, ceux qu’on invite pour une émission thématique sur leur spécialité : pour la plupart ils saluent la justesse de l’analyse. Pour le reste, hormis les commentaires du même, mon impression générale est que les participants sont franchement usés. On se souvient qu’Emmanuel Todd n’était pas resté longtemps dans l’émission. Dans ses réponses à la question « Peut-on encore débattre en France », il avait dit sa difficulté d’avoir des opinions sur tout. Les actuels réguliers de l’Esprit Public ne semblent pas avoir sa réserve.
- Max Gallo tartine ses banalités comme si c’étaient des découvertes inédites et des vérités profondes.
- Michaud ricane tant qu’il peut. Il faut mettre à son crédit qu’il est aussi imprévisible que démagogique, ce qui est en soi un exploit. Enfin il est... I Mean : « il était » (cf plus loin, j’explique)
- Labarde et Olivennes font leurs petits effets de manche pour balancer des mini-coups de gueule et des paradoxes un peu faciles. On se dit qu’ils doivent être assez bons dans une discute de café ou dans une réunion de cadres. Seulement leur habileté d’orateurs n’est jamais bien relayée par quelque référence à la réalité empirique (sauciale). Quand on vérifie on se rend compte qu’ils fantasment du sophisme plutôt qu’ils n’étayent leur baratin pour marcher avec l’auditeur vers un peu plus de vérité et de clarté
- Bourlanges quant à lui il bourlangise tout-le-temps, c’est à dire que chaque semaine il nous fait 2 ou 3 fois un petit grand oral, en commençant par une belle astuce finement préparée et en achevant par une formule bien trouvée. Il cite Durkheim ou mieux Tonnies ou mieux Le Play ou mieux Saint-Simon à chaque fois on se demande jusqu’où il va remonter comme ça.  

Le hic, c’est que le programme n’est toujours pas culturel. Ca serait d’ailleurs idiot de le réclamer tel : de même qu’on ne fera pas boire un âne qui n’a pas soif, on n’entendra jamais beaucoup de culture dans une émission d’actu politique. Oui tout ça c’est bien dommage pour Philippe Meyer, que j’aurais bien vu et qu'encore je verrais bien en directeur des programmes, mais enfin son émission aurait plus sa place sur France info, comme ça j'écouterais France Info.

./...
* * *

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Temps libre - le Dim 03 Déc 2017, 11:02

E. Aubry n'est tout simplement pas à la hauteur de sa mission d'effacer la mémoire de Ph. Meyer.
Ses introductions scolaires et laborieuses sont à des années-lumières de la capacité synthétique de son prédécesseur, de son talent à mettre en perspective deux idées appartenant à des registres différents (politique et historique par exemple) pour faire le lien avec une question d'actualité révélatrice de l'Histoire qui s'écrit.

Notre présentatrice elle, se contente du picorage dans les informations de la semaine de celle qui va lui permettre de teinter son propos d'indignation devant une injustice, de dénonciation d'une inégalité, d'un coup de griffe féministe. Comme si l'auditeur benêt avait besoin de ses états d'âme pour orienter les siens. Ils ne font que révéler son profil de carrière, situé à mi-chemin entre l'onction idéologique de sa communauté et l'attribution égolâtrique d'un prix de mérite humaniste.

E. Aubry appartient à cette modalité intellectuelle désignée par JP Le Goff par le terme de « gauchisme culturel » se trahissant par le prédicat devenu hégémonique dans les médias nationaux, de l'appartenance au camp d'une vertu désormais activiste. En effet, la posture altruiste fait figure d'impératif de visibilité médiatique, politique et culturelle, en dehors de laquelle, il n'existe nulle survie événementielle.

Les causes à défendre sont donc à inventer chaque jour, quitte à user de l'injonction performative outrancière ou du recyclage de poncifs sous le masque d'un décryptage des faits permettant la « révélation ». Mais encore faut-il disposer du talent de tailler dans la gangue des apparences à coups de serpe révélateurs des turpitudes universelles, et non pas celui d'une dame patronnesse médiatique distribuant avec une voix de petite fille modèle, punitions et bons points, selon sa grille discriminative et actualisée.

E. Aubry est pénible à écouter (d'ailleurs je consacre désormais cette tranche horaire à d'autres bénéfices culturels, merci donc Émilie) comme tout présentateur/animateur médiatique, ignorant d'être au service d'un auditoire avide de comprendre et non pas d'être accablé par son objectif militant présenté comme une solution, à laquelle il n'est pas envisagé qu'il n'adhère pas.

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Echanges intéressants sur l'Europe - le Mar 19 Déc 2017, 12:31

Emilie Aubry continue d'être pour l'essentiel un passe-parole aimable mais insipide dans cet Esprit Public nouvelle mouture. Il faut toutefois lui reconnaître une certaine capacité à encaisser l'ironie de ses invités. C'est ainsi devenu un jeu régulier pour Hubert Védrine que de souligner non sans cruauté les faiblesses d'icelle.

On ne peut s'empêcher de se remémorer avec embarras ce "Ne soyez pas idiote" qu'il lui avait adressé dans les premières semaines, et la pique administrée dimanche dernier ("certains commentateurs [passent  - au sujet de la France - de la dépression la plus grande... à l'exaltation la plus ridicule]...Mais je ne vous attaque pas personnellement") n'était guère plus charitable.

Emilie Aubry encaisse sans broncher. Mais imagine-t-on Philippe Meyer ainsi mis en boîte ? Cette perte d'autorité est la marque nette que le pilotage de l'émission s'est considérablement affadi et normalisé, et c'est malheureusement sans doute ce à quoi aspirait la direction de France Culture.

Ce ne sont pourtant pas ces aspects - auxquels on s'habitue, comme tout - qui ont retenu mon attention dimanche mais un bref échange entre trois des participants : Dominique Reynié, Hubert Védrine et François-Xavier Bellamy, au sujet de l'inanité de l'idée de peuple Européen. En européiste enthousiaste, Dominique Reynié conteste que cette idée soit par essence dénuée de toute possibilité de réalisation future.

H. Védrine et F.-X. Bellamy, européens par raison pour le premier et circonspect pour le second, tiennent que les identités nationales sont des réalités bien trop tangibles pour qu'on puisse leur substituer  par décret une putative identité européenne manuellement forgée.

Le dissensus ouvert et l'échange sans acrimonie et entre ces personnalités dont les propos et les avis sont tous étayés par quelque substance étaient intéressants. Il est dommage qu'ils ne soient arrivés qu'en incise et que la séquence ne dure qu'une petite dizaine de minutes car elle valait bien un numéro complet.

L'échange restreint : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16119-17.12.2017-ITEMA_21526916-0.mp3" debut="44:56" fin="52:27"]
Sa version élargie (incluant les digressions initiales sur la politique européenne d'Emmanuel Macron) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16119-17.12.2017-ITEMA_21526916-0.mp3" debut="35:47" fin="52:27"]
On aura quand même intérêt à podcaster le dimanche soir l'émission de Philippe Meyer, le Nouvel Esprit Public qui poursuit sa route avec le ton, le sérieux et l'essentiel des participants d'origine.

Pour rappel :

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Le partenariat, moyen de contrôler la presse culturelle - le Mar 19 Déc 2017, 14:06

masterkey(http://www.regardfc.com/t126p220-l-esprit-public-depuis-septembre-2017-emilie-aubry#29669) a écrit: (...) On aura quand même intérêt à podcaster le dimanche soir l'émission de Philippe Meyer, le Nouvel Esprit Public qui poursuit sa route avec le ton, le sérieux et l'essentiel des participants d'origine.

Pour rappel :

Au début du numéro 13 du 03 décembre 2017, Philippe Meyer donne des nouvelles des relations entre Radio France et ce Nouvel Esprit Public : "Elle [France Culture] multiplie les pressions sur les intervenants actuels, anciens ou potentiels. L'un se voit désinvité d'une émission à laquelle il participait chaque semaine (...) ; l'autre est informé par son directeur que sa participation à notre podcast mettrait un terme au partenariat entre France Culture et son journal, j'en passe (...) et des moins reluisantes".

Voilà confirmé ce que nous disons depuis pas mal de temps dans le fil Partenariats et publicité à France Culture, à savoir que les partenariats sont un moyen de lier la presse et de bâillonner des intervenants invités sur l'antenne, ou de les faire s'exclamer ou écrire combien FC est gé-ni-ale, n'est-ce pas Télérama ?

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Mar 19 Déc 2017, 14:56

[nolettrine]C'est assez honteux, j'avais raté cette nouvelle illustration de la bassesse à tous niveaux de la station. J'imagine que le journal partenaire menacé est Le Point auquel collabore Nicolas Baverez. Je me demande qui a été l'évincé de dernière minute.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) -

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