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L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry)    Page 23 sur 24

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Temps libre - le Dim 03 Déc 2017, 11:02

E. Aubry n'est tout simplement pas à la hauteur de sa mission d'effacer la mémoire de Ph. Meyer.
Ses introductions scolaires et laborieuses sont à des années-lumières de la capacité synthétique de son prédécesseur, de son talent à mettre en perspective deux idées appartenant à des registres différents (politique et historique par exemple) pour faire le lien avec une question d'actualité révélatrice de l'Histoire qui s'écrit.

Notre présentatrice elle, se contente du picorage dans les informations de la semaine de celle qui va lui permettre de teinter son propos d'indignation devant une injustice, de dénonciation d'une inégalité, d'un coup de griffe féministe. Comme si l'auditeur benêt avait besoin de ses états d'âme pour orienter les siens. Ils ne font que révéler son profil de carrière, situé à mi-chemin entre l'onction idéologique de sa communauté et l'attribution égolâtrique d'un prix de mérite humaniste.

E. Aubry appartient à cette modalité intellectuelle désignée par JP Le Goff par le terme de « gauchisme culturel » se trahissant par le prédicat devenu hégémonique dans les médias nationaux, de l'appartenance au camp d'une vertu désormais activiste. En effet, la posture altruiste fait figure d'impératif de visibilité médiatique, politique et culturelle, en dehors de laquelle, il n'existe nulle survie événementielle.

Les causes à défendre sont donc à inventer chaque jour, quitte à user de l'injonction performative outrancière ou du recyclage de poncifs sous le masque d'un décryptage des faits permettant la « révélation ». Mais encore faut-il disposer du talent de tailler dans la gangue des apparences à coups de serpe révélateurs des turpitudes universelles, et non pas celui d'une dame patronnesse médiatique distribuant avec une voix de petite fille modèle, punitions et bons points, selon sa grille discriminative et actualisée.

E. Aubry est pénible à écouter (d'ailleurs je consacre désormais cette tranche horaire à d'autres bénéfices culturels, merci donc Émilie) comme tout présentateur/animateur médiatique, ignorant d'être au service d'un auditoire avide de comprendre et non pas d'être accablé par son objectif militant présenté comme une solution, à laquelle il n'est pas envisagé qu'il n'adhère pas.

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masterkey En ligne

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Echanges intéressants sur l'Europe - le Mar 19 Déc 2017, 12:31

Emilie Aubry continue d'être pour l'essentiel un passe-parole aimable mais insipide dans cet Esprit Public nouvelle mouture. Il faut toutefois lui reconnaître une certaine capacité à encaisser l'ironie de ses invités. C'est ainsi devenu un jeu régulier pour Hubert Védrine que de souligner non sans cruauté les faiblesses d'icelle.

On ne peut s'empêcher de se remémorer avec embarras ce "Ne soyez pas idiote" qu'il lui avait adressé dans les premières semaines, et la pique administrée dimanche dernier ("certains commentateurs [passent  - au sujet de la France - de la dépression la plus grande... à l'exaltation la plus ridicule]...Mais je ne vous attaque pas personnellement") n'était guère plus charitable.

Emilie Aubry encaisse sans broncher. Mais imagine-t-on Philippe Meyer ainsi mis en boîte ? Cette perte d'autorité est la marque nette que le pilotage de l'émission s'est considérablement affadi et normalisé, et c'est malheureusement sans doute ce à quoi aspirait la direction de France Culture.

Ce ne sont pourtant pas ces aspects - auxquels on s'habitue, comme tout - qui ont retenu mon attention dimanche mais un bref échange entre trois des participants : Dominique Reynié, Hubert Védrine et François-Xavier Bellamy, au sujet de l'inanité de l'idée de peuple Européen. En européiste enthousiaste, Dominique Reynié conteste que cette idée soit par essence dénuée de toute possibilité de réalisation future.

H. Védrine et F.-X. Bellamy, européens par raison pour le premier et circonspect pour le second, tiennent que les identités nationales sont des réalités bien trop tangibles pour qu'on puisse leur substituer  par décret une putative identité européenne manuellement forgée.

Le dissensus ouvert et l'échange sans acrimonie et entre ces personnalités dont les propos et les avis sont tous étayés par quelque substance étaient intéressants. Il est dommage qu'ils ne soient arrivés qu'en incise et que la séquence ne dure qu'une petite dizaine de minutes car elle valait bien un numéro complet.

L'échange restreint : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16119-17.12.2017-ITEMA_21526916-0.mp3" debut="44:56" fin="52:27"]
Sa version élargie (incluant les digressions initiales sur la politique européenne d'Emmanuel Macron) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16119-17.12.2017-ITEMA_21526916-0.mp3" debut="35:47" fin="52:27"]
On aura quand même intérêt à podcaster le dimanche soir l'émission de Philippe Meyer, le Nouvel Esprit Public qui poursuit sa route avec le ton, le sérieux et l'essentiel des participants d'origine.

Pour rappel :

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Le partenariat, moyen de contrôler la presse culturelle - le Mar 19 Déc 2017, 14:06

masterkey(http://www.regardfc.com/t126p220-l-esprit-public-depuis-septembre-2017-emilie-aubry#29669) a écrit: (...) On aura quand même intérêt à podcaster le dimanche soir l'émission de Philippe Meyer, le Nouvel Esprit Public qui poursuit sa route avec le ton, le sérieux et l'essentiel des participants d'origine.

Pour rappel :

Au début du numéro 13 du 03 décembre 2017, Philippe Meyer donne des nouvelles des relations entre Radio France et ce Nouvel Esprit Public : "Elle [France Culture] multiplie les pressions sur les intervenants actuels, anciens ou potentiels. L'un se voit désinvité d'une émission à laquelle il participait chaque semaine (...) ; l'autre est informé par son directeur que sa participation à notre podcast mettrait un terme au partenariat entre France Culture et son journal, j'en passe (...) et des moins reluisantes".

Voilà confirmé ce que nous disons depuis pas mal de temps dans le fil Partenariats et publicité à France Culture, à savoir que les partenariats sont un moyen de lier la presse et de bâillonner des intervenants invités sur l'antenne, ou de les faire s'exclamer ou écrire combien FC est gé-ni-ale, n'est-ce pas Télérama ?

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masterkey En ligne

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Mar 19 Déc 2017, 14:56

[nolettrine]C'est assez honteux, j'avais raté cette nouvelle illustration de la bassesse à tous niveaux de la station. J'imagine que le journal partenaire menacé est Le Point auquel collabore Nicolas Baverez. Je me demande qui a été l'évincé de dernière minute.

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Jean Neymar 


Invité

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L'esprit public. Mais lequel? - le Jeu 08 Fév 2018, 11:19

Depuis la rentrée, je ne suis pas arrivé à me faire au nouveau format de "l'esprit public". Tout y est trop consensuel. Trop calme. Cela m'a permis de me rendre compte que ce que j'appréciais auparavant c'était le ton , l'énergie. La forme en somme. Mais sur le fond, tous les éléments étaient déjà là.
L'actualité y était vu toujours du point de vue de l'élite , celle dont les enfants vont dans les bonnes écoles, qui habitent dans les beaux quartiers, qui ont des boulots intéressants et valorisants. Ceux qui ont de l'empathie pour les faibles. De ce point de vue biaisé, il ressort une description du Monde partiale , érigée comme le VRAI. Pourquoi pas ?

Ce qui me dérange aujourd'hui c'est le confort intellectuel dans lequel cette vision émerge. Les "gentils" sont clairement identifiés. Le point de vue des "méchants" semble tellement absurde qu'il n'est pas la peine d'en discuter vraiment. Ou à la marge, mais bien sur en l'absence de tout contradicteur de qualité parmi les "méchants".
Pourquoi cette peur de la contradiction? Si les "gentils" ont les bons arguments et les "méchants" les plus absurdes , pourquoi ne pas avoir envie de les ridiculiser et de les discréditer définitivement ? Pourquoi ne pas avoir envie une fois pour toutes de détruire un à un en leur présence les arguments des Soral et compagnie ?

Cette peur n'est pas vraiment rassurante car elle laisse à penser au peuple que les méchants n' ont pas tort. Donc raison.
Ce manque de courage risque d'être payé cher et cela d'autant plus que les "méchantts" ont beaucoup d'audience et sont eux beaucoup plus courageux.

En tout cas, dans le format actuel, même si il est toujours agréable de conduire en écouter Hubert Védrine dérouler sa vision du monde plutot que de penser au déjeuner avec son beau frère sympathisant Front National , tout ce qui est dit sera de peu d'utilité pour montrer à ce dernier combien il est dans l'erreur.

Amicalement

226
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Deux Esprits Publics valent mieux qu'un - le Mar 06 Mar 2018, 15:12

J’ai été contrariée de voir partir Philippe Meyer. Fort heureusement, l’émission a perduré, Émilie Aubry a repris le flambeau, de manière un peu atone. En dépit de mes doutes, il m’a semblé que les nouveaux intervenants apportaient une nouvelle fraîcheur après les participants routiniers de Philippe Meyer et son équipe restreinte. Quel bonheur d’avoir découvert le Nouvel Esprit Public. J’observe que Philippe Meyer a lui aussi élargi un peu son panel, et tant mieux.
Je suis donc pour ma part heureuse de pouvoir écouter l’Esprit Public ET Le Nouvel Esprit Public, auquel je me suis abonnée avec enthousiasme.
Emilie Aubry devrait cependant rester très vigilante sur la qualité de ses invités et ne pas craindre les dissensus. Il me semble qu’Elisabeth Roudinesco, qui a bien des compétences, n’a pas celles de pouvoir disserter sur tous les sujets, sauf peut-être au Café du Commerce.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Ven 23 Mar 2018, 23:14

La nouvelle formule de l'Esprit public me rappelle le paradoxe du couteau dont on change successivement le manche puis la lame : on peut douter qu'il s'agisse encore du même couteau.
Parmi tous les reproches que j'ai à adresser à ce que j'appellerai donc l'émission d'Emilie Aubry, l'un m'a sauté aux oreilles dimanche dernier.

Alors que Philippe Meyer prenait soin de ne traiter d'une élection qu'APRES qu'elle a eu lieu, Emilie Aubry vient coup sur coup de faire débattre ses invités de scrutins encore en cours (en Italie d'abord, en Russie ensuite), AVANT donc que les résultats n'en soient connus.
Quel intérêt ?! Etre les derniers du PAF à s'adonner au jeu des pronostics, à quelques heures d'être éventuellement démentis ?
Le pire étant bien sûr que, le chewing-gum ayant été mâché le jour du scrutin, Mme Aubry n'a pas envie de le resservir la semaine suivante – au moment où ce serait pourtant le plus instructif.

Cet exemple illustre parfaitement ce à quoi cette émission a été ramenée : une occasion de plus de surfer sur l'actualité pour n'en dire souvent pas grand chose de neuf, de construit ou de pertinent.
Et chaque semaine, le Nouvel Esprit public en peau de caste vient démontrer la différence abyssale qui sépare les 2 formules, quelles que soient les qualités individuelles de certains invités de la nouvelle.

Allez : une dernière pour la route.
De même qu'elle a repris le titre et le nombre des invités, mais guère plus, Emilie Aubry a aussi hérité de la "séquence des brèves". Pour en faire, curieusement, une rubrique intermittente, qui ne figure pas dans toutes les émissions.
Mais la semaine dernière (je crois), elle a inauguré une nouvelle formule pour les brèves aussi, qu'on pourrait appeler les brèves brèves : les invités n'ont eu le temps que de citer le titre d'un livre, son auteur, son éditeur, et au mieux dire : "c'est passionnant".
On n'en saura guère plus et on voit mal en quoi cela nous aidera à avoir envie de lire ces livres (à moins de vouloir dire dans un dîner en ville qu'on a lu un livre recommandé par Christine Ockrent).



Dernière édition par gloub le Sam 24 Mar 2018, 11:37, édité 1 fois

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228
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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Sam 24 Mar 2018, 11:33

gloub(http://www.regardfc.com/t126p220-l-esprit-public-depuis-septembre-2017-emilie-aubry#30365) a écrit:La nouvelle formule de l'Esprit public me rappelle le paradoxe du couteau dont on change successivement le manche puis la lame : on peut douter qu'il s'agisse encore du même couteau.
Parmi tous les reproches que j'ai à adresser à ce que j'appellerai donc l'émission d'Emilie Aubry, l'un m'a sauté aux oreilles dimanche dernier.

Alors que Philippe Meyer prenait soin de ne traiter d'une élection qu'APRES qu'elle a eu lieu, Emilie Aubry vient coup sur coup de faire débattre ses invités de scrutins encore en cours (en Italie d'abord, en Russie ensuite), AVANT donc que les résultats n'en soient connus.
Quel intérêt ?! Etre les derniers du PAF à s'adonner au jeu des pronostics, à quelques heures d'être éventuellement démentis ?
Le pire étant bien sûr que, le chewing-gum ayant été mâché le jour du scrutin, Mme Aubry n'a pas envie de le resservir la semaine suivante – au moment où ce serait pourtant le plus instructif.

Cet exemple illustre parfaitement ce à quoi cette émission a été ramenée : une occasion de plus de surfer sur l'actualité pour n'en dire souvent pas grand chose de neuf, de construit ou de pertinent.
Et chaque semaine, le Nouvel Esprit public en peau de caste vient démontrer la différence abyssale qui sépare les 2 formules, quelles que soient les qualités individuelles de certains invités de la nouvelle.

).

Votre message pourrait s'appliquer aux médias en général, et en particulier aux chaines style BFMTV. Lors des élections allemande récentes, on les a vu disserter pendant des jours et jusqu'à quelques minutes avant les résultats sur les conséquences de ceux-ci, se trompant majestueusement grâce aux sondages qui sont leur bible, alors qu'ils auraient pu attendre, et les téléspectateurs avec eux, quelques heures pour émettre un commentaire un peu sérieux. Ajoutons que la plupart de ces commentateurs, dans le cas allemand, ne parlent ni ne comprennent un mot d'allemand ce qui est gênant pour analyser les médias d'outre-Rhin. Ainsi, aucun n'avait prévu les difficultés des négociations sur la formation du gouvernement, ce qui était prévisible une fois les résultats connus. Mais il faut occuper l'antenne, faire comme si on savait, en rajouter sur l'autre chroniqueur pour justifier son cachet, sa place, il faut remplir le vide… Il en va de même pour les grands matchs de foot ou de rugby ou les commentateurs se répandent en pronostics aussi précis que stupides qui n'intéressent que les parieurs. On aimerait évidemment que FC ne tombe pas dans ce panneau, c'est même ce que l'on attend d'une chaîne culturelle.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Sam 24 Mar 2018, 21:07

Profitons-en pour donner le lien vers ce Nouvel Esprit Public, ainsi que ce lien Soundcloud où les numéros sont directement accessibles.

A l'époque, la direction et son avocat, Bruno Denaes (médiateur, mais en réalité défenseur des décisions directoriales), avaient défendu mordicus cette décision d'éjecter brutalement Philippe Meyer, car ils en avaient le droit, et en sous-estimant assez massivement la quantité de sympathie accumulée au long des années par ce producteur qui faisait partie de l'identité de Radio France même. Les auditeurs fidèles ont pu prendre la mesure de la sécheresse de coeur et la brutalité de cette direction qui, confiant l'émission une productrice de télé, n'a même pas eu l'élégance d'en changer le nom, capitalisant sur la renommée de ce programme bâti par un autre, et avant elle. La direction a même tenté de bloquer en justice la diffusion du Nouvel Esprit Public, pour utilisation illégale d'une appellation trop proche de l'émission originale, et susceptible de créer la confusion. Elle a tenté de faire saisir les fonds levés en financement participatif. Ce sont des tentatives, des attitudes et des décisions comme celles-ci qui prouvent que France Culture souffre d'une direction qui n'agit pas selon les intérêts des auditeurs, mais dans une logique qui ne leur appartient plus, et qui semble trouble et difficile à interpréter (pourquoi virer un producteur qui rassemble autant d'auditeurs autour de lui?).

A la camaraderie et l'érudition d'une équipe qui se connait depuis longtemps, on préfère une productrice télévisuelle sans relief, scolaire, qui passe les plats à un genre d'aréopage sentencieux et soporifique à qui l'on demande de prédire la suite des évènements annoncés dans l'actualité. Ceux-ci, impuissants, ne peuvent que se retrancher dans le faisceau de leurs opinions déjà bien connues du grand public car relayées partout. La direction n'aime pas les émissions de caractère, et on peut supposer que l'Esprit Public version Philippe Meyer faisait preuve d'un peu trop de finesse, d'intelligence, de second degré et de complexité pour plaire à l'actuelle direction. Celle-ci préfère les "propositions singulières", des objets radiophoniques sans saveur inspirés des formats télé, où chacun essaie de prouver qu'il est légitime dans son domaine et tente au mieux d'afficher sa compétence. Profiter de ce qui existe déjà, le vider et le remplacer par quelque chose qui est déjà oublié et périmé sitôt terminé, voilà la marque de fabrique de cette direction qui, à force de surfer sur de l'éphémère, ne produit presque plus rien de mémorable. On ne peut que l'inviter à écouter et réécouter les Nuits pour redécouvrir le sens d'un programme radiophonique culturel, de caractère, généreux et indémodable.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Dim 25 Mar 2018, 10:24

En effet, Bruno Denaes se comporte moins en médiateur qu’en contremaître zélé au service de sa direction. Il tape sur les doigts, distribue quelques primes en nature et ne rate aucune occasion de nous gratifier de son avis personnel : le syndrome de la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf.

Je saisis l’occasion pour énumérer quelques uns de mes griefs à l’endroit de la nouvelle formule – qui m’ont fait davantage prendre conscience de l’intelligence de l’ancienne :

– le ton lénifiant, sirupeux, d’Emilie Aubry, en phase avec le nouveau générique : elle voudrait nous endormir qu’elle ne s’y prendrait pas autrement – toutefois je ne demande pas non plus qu’on me crie dans les oreilles (une des raisons pour moi de ne pas supporter Nicolas Demorand).
Le contraste avec la vivacité du générique et des propos introductifs de Philippe Meyer est éloquent.

– les propos introductifs, justement : chez Philippe Meyer, il s’agit toujours d’une synthèse riche et informée, qui permettra à la discussion de se poursuivre sur une base partagée. Chez Emilie Aubry, qui lance absurdement dès le début les différents sujets de l’émission, il s’agit de propos étrangement énoncés au conditionnel, de bribes de ce qu’on peut entendre ça et là : rien de construit ni de très informé, juste de vagues échos de ce qui a fait le buzz, parfois émaillés d’extraits sonores inutiles parce que tellement fragmentaires qu’ils en appelleraient immédiatement d’autres en réponse, souvent extraits de journaux télévisés : hommages immérités à ce qui devrait servir de repoussoir.
En tout cas rien qui permette à la discussion de démarrer sur un socle commun.

– les invités ensuite : si certains ont conservé leur place (difficile de renoncer à une présence récurrente à l’antenne ?), Emilie Aubry a choisi de « faire tourner les effectifs », ce qui prive l’auditeur et les débatteurs de la construction progressive de la familiarité aux idées des uns et des autres, qui permet de mieux éprouver sa propre proximité avec les invités sur certains sujets et sa distance sur d’autres.
Mais le pire est d’avoir ouvert la porte aux spécialistes en tout genre, capables de disserter avec aplomb sur n’importe quel sujet en toute méconnaissance de cause, quitte à asséner leurs convictions sans se donner la peine de les argumenter, les pires à mes yeux étant Elisabeth Roudinesco, Marie Darrieussecq, Wajdi Mouawad et Christine Ockrent

– mais pour Emilie Aubry, est-il même important de connaître les sujets à traiter : au lieu de céder la parole à ses invités, comme le fait Philippe Meyer, Emilie Aubry leur pose des questions (et distribue occasionnellement des bons points : "c'est très beau ce que vous dîtes" comme si l'auditeur ne pouvait pas penser par lui-même).
Ces questions dynamite le principe de l’ancienne formule. Car au lieu d’exposer tour à tour un propos construit voire ambitieux à partir de la synthèse inaugurale, les invités en sont réduits à se plier à l’angle que leur impose Mme Aubry. Une aubaine pour ceux des invités qui ne préparent pas l'émission ou seraient incapables d’embrasser une problématique, mais une amputation pour les autres et une perte sèche pour l’auditeur.

J’ai espéré qu’avec le temps, la nouvelle formule trouverait son format, son ton. Il n’en est rien. Je continue de l’écouter (parce que je suis amateur de débat d’idées et que, bon an mal an, il émerge toujours quelque chose), mais toujours avec la même impression de gâchis, le même sentiment de dégoût face à la décision d’une direction qui a manifestement décidé de régler son compte à une des figures de la chaîne, sans même chercher à justifier sa décision, et y a ajouté l’inélégance de la manière en conservant le titre et la formule mais en évinçant leur créateur : une décision qui a tout d'une OPA hostile.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) - le Dim 08 Avr 2018, 11:18

Le choix des intervenants n est pas judicieux, il y a des personnalités que l on a plus envie d entendre vu le rôle qui a été le leur dans la politique à des postes ministériels notamment. Il est nécessaire de varier les intervenants pour être plus crédible et inspirer une meilleure confiance dans les médias.

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Re: L'esprit public (depuis septembre 2017 : Emilie Aubry) -

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