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Vivre sa ville de Sylvie Andreu    Page 1 sur 1

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Vivre sa ville de Sylvie Andreu - le Lun 14 Sep 2009, 07:36

Emission le 13 septembre de Sylvie Andreu sur la nature dans la ville. Ah le beau sujet! Elle a tendu un micro aux participants d’un colloque sur la question et a obtenu des échos variés. Pour Yves Chalas, la place de la nature dans la ville est première. C’est le fait du changement d’époque, avec le déclin de l’industrie, l’érosion du mythe du progrès. La nature dans le ville, ce sont des réalisations variées : puits de carbones, espaces verts, toits végétalisés, façades végétalisées, avec les questions que ça pose, en particulier la consommation en eau.



Philippe Clergeau estime qu’il faut des espaces continus, pour favoriser la biodiversité ; une mésange bleue ne saute pas l’autoroute. Il y a des projets de couloirs verts « même en pleine ville » à Bruxelles, à Barcelone. Par toutes ces réalisations on cherche à racheter les péchés de la ville.



En Seine Saint-Denis, la volonté est très forte de favoriser la nature en ville, on est passé de 0,8 m2 par habitant à 12 m2 d’espaces verts et on a créé un parc de 120 hectares à la Courneuve.



À l’écoute de ces propos terriblement consensuels, l’ennui aurait pu nous gagner, comme souvent dans les émissions de Ruth Stegassy. Le paysagiste Michel Corajoud a fait entendre une note discordante. Sur un ton désabusé, il dit qu’on est dans la semoule. Quand on tape nature et ville sur Google, on obtient 9 millions d’articles, (ce qui ne prouve pas grand-chose). La nature et la ville, c’est une pensée qui est faite d’ambiguïtés. (certes). Il ne faudrait pas grand-chose pour que la nature retrouve sa force répulsive. C’est le sentiment qu’il a eu une nuit à Tokyo, il était au sommet d’un grand hôtel, il admirait la ville et a été surpris par une grosse masse noire, un nucleus énorme qui lui a inspiré une certaine répulsion. Quand il a compris que c’était le jardin du palais impérial, il s’est trouvé tout rassuré.



Le fait est que les gens sont déçus de la ville. Michel Corajoud, pour sa part n’aime pas la ville étalée, il aime les rapports étroits que favorise la ville, le petit jardin, il déteste.



Thierry Paquot n’est pas d’un avis très différent. Le philosophe et le paysagiste se sont livrés à une sorte de concours de ronchonnage. Comment dit Thierry Paquot réconcilier la physis, c’est-à-dire la nature des Grecs, les vivants avec les humains ? Il regrette qu’on n’ait jamais écrit une histoire environnementale de l’espèce humaine. On a étudié quelques aspects très particuliers, comme les rapports des Anglais et des animaux domestiques.

Au XVIIe siècle, la nature commençait à gêner, les domaines religieux prenaient beaucoup de place dans l'espace urbain. Au XVIIIe siècle, on s’est mis à trouver que ces espaces plantés faisaient désordre, on était pour le propre, le net, le géométrique. On s’est mis à ne plus vouloir de la grève, il fallait encadrer les rives, on a construit des quais.



Michel Corajoud dit qu’à cette époque, les façades des maisons, dans leur complexité, faisaient nature, de même les arcatures, les seuils des bâtiments, c’était des transpositions de la nature ; (c'est bien vrai, ça une belle façade XVIIIe siècle comme on en voit autour du théâtre de l'Odéon, c'est quand même plus beau qu'une façade végétalisée). Tout ça est perdu, la rigidité s’est imposée. (En voilà un qui a une piètre idée de l'architecture contemporaine, ce n'est pas très artistiquement correct, il faudra le dénoncer).



Thierry Paquot abonde dans le sens du paysagiste, il critique une nature de consommation, parce que, dit-il « les citadins n’ont pas le temps d’être des jardiniers ». (Affirmation plus que contestable, les gens qui occupent leur loisir en faisant du jardinage sont légions).



Les pavillons clôturés, ils n’aiment pas. Ils évoquent la ville parc de Mumford (un auteur, pas une ville), où les maisons ne sont pas clôturées.



Thierry Paquot trouve que la parc de la Courneuve est magnifique mais peu fréquenté. Michel Corajoud déplore le triste état dans lequel se trouvent les parcs parisiens de Bercy, de Citroën et même des jardins Eole, dans les XVIIIe- XIXe arrondissements. On avait introduit l’eau, maintenant tous les bassins sont secs. Les jardins sont coûteux en énergie. C’est une nature qui est plus dopée qu’un cycliste affrme Thierry Paquot qui évoque ces personnages déguisés en extra-terrestres qui viennent enlever les feuilles mortes avec des moteurs à deux temps qui font un bruit de tous les diables. On est loin des belles envolées sur la place première de la nature dans la ville.

Quoi qu'il en soit la pensée de Michel Corajoud n'est pas des plus claires. Il n'était peut-être pas d'excellente humeur le jour de l'interviou. Ce qui est sûr, c'est qu'il est passéiste, grand admirateur de l'architecture des sècles passés, qu'il n'aime pas la banlieue pavillonnaire. Les faits lui donnent raison: un article du Monde nous apprend qu'aux Etats-Unis, on détruit des quartiers entiers pour remédier à la dispersion de l'habitat.

Henry

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Michel Corajoud - le Lun 14 Sep 2009, 13:00

Salut Henry

Corajoud c'est un gratteur, il est toujours comme ça, et ses idées sont toujours à la fois originales et un peu mystérieuses. Il fait partie de ces gens qui sont plus intéressants par les réflexions qu'ils suscitent, que par les opinions qu'ils avancent. Etant donné que les siennes ne sont pas toujours très explicites ni très loin étayées, souvent on se dit qu'il pouvait tout aussi bien dire le contraire, on n'aurait pas senti grande différence.

Corajoud on l'entend régulièrement sur FC, notamment à Métropolitains. Il critique tout et tout le monde, et même ceux qu'il aime. Par exemple il met en boite son ami Renzo Piano quand ce dernier place une piscine en haut d'une tour, Corajoud balance un "bah, il sait pas comment finir sa tour alors il met une piscine". Mais le jugement n'est jamais vraiment expliqué, et si Renzo avait placé un cinéma ou un planétarium, Corajoud aurait peut-être dit "t'aurais mieux fait d'y mettre une piscine !". Enfin non surement pas, mais tant qu'on n'est pas dans la tête de John Malkovitch on ne sait pas vraiment ce qui s'y passe. Avec lui c'est toujours comme ça et du coup c'est pas si mal, à condition de ne jamais le prendre comme un diseur de vérité, mais plutôt comme un lanceur de piste : euh qu'est-ce qu'on met, finalement, en haut d'une tour ? Et au fait, qu'est-ce que c'est qu'une façade ? Et puisqu'est-ce que la densité urbaine : la ville dense, elle devient trop dense à partir de X habitants au m2 (et d'ailleurs combien ?), ou bien est-ce que ça dépend de la façon dont les gens sont entassés ? A sa façon il pose les questions fondamentales, le problème c'est que ses réponses elles ne sont pas bien claires. Bref avec Corajoud, c'est à nous de rebondir, et les 3/4 du temps on sera pas d'accord avec lui. D'ailleurs c'est bien comme ça que tu l'as perçu, j'ai l'impression.

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Vivre sa ville - 27 septembre - le Lun 28 Sep 2009, 03:39

Beau doublé cette semaine, de Métropolitains à Vivre sa ville,
puisqu'on a de nouveau un entretien d'architecte bien intéressant.
En fait Mme Sylvie Andreu a carrément piqué un sujet à Chaslin,
lui-même grand zélateur de la mouvance de Jean Renaudie,
et elle accueille cette semaine Renée Gailhoustet
qui a opéré (à) Ivry avec le sus-nommé.

Au programme de ce numéro : logement social à la fin des 60’s, dans un souci de rupture (Mme Gailhoustet contestera le mot mais non l’idée) d’avec les errements de l'époque. A entendre la seconde invitée, elle aussi architecte, on croit comprendre que les opérations de Renée Gailhoustet ont mieux survécu que celles de Renaudie. Pour autant l’architecte ne se leurre pas : le succès de son architecture est dû, dit-elle, à la pénurie de logement dans les années 60. Résultat : 20 ou 30 années à bâtir de l’habitat collectif et en centre-ville s’il vous plait, en l’occurrence Ivry. Par un incroyable coup de pot la productrice de l’émission sait qu’on peut aller à Ivry en métro ; pas comme dans l’émission faite à Toulouse où elle ne savait pas qu’un métro conduisait jusqu’à l’Université, il y a des fortiches quand même à FC.

L’idéologie est bien présente dans les propos de l’architecte invitée, du coup les choix sont clairs : ni grands ensembles, ni pavillons, ni zoning, et on décourage l’appropriation privée, pourtant dans le même temps on fournit à la fois du jardin individuel en terrasse. Les idées sont intéressantes et sutout justifiées par les choix (politiques ou techniques) : bon on apprend que c’est une architecte qui travaille l’espace (pff comme banalité en début d’émission, ça commence bien). Heureusement assez vite on va dire pourquoi : les appartements sont en semi-duplex, principe emprunté déjà par Candilis aux architectes soviétiques des années 20. Ca l’auditeur doit le deviner à moitié parce que la productrice interrompt l’invitée deux fois dans la même lancée. Ah oui quand même il faut se farcir comme toujours les questions un peu pathétiques de Mme Andreu. Elle a besoin qu’on lui dise ce qu’est une tour, elle ne peut pas éviter (elle ne cherche même pas à s'en empêcher) de glisser un « à qui la faute ? » ou « dites, qui fait la cuisine chez vous ? » qui tombent comme de la croute de camenbert dans le potage radio. C’est toute une école de l’interview à FC qui se manifeste là : le principe est d’interrompre un invité en plein exposé pour lui poser une question idiote sur un ton satisfait de soi. On ne sait pas si c’est l’école Jacques Chancel ou si c’est l’influence de Jean Lebrun (grand spécialiste du parler-pour-ne-rien-dire et du un-invité-ça-doit-être-interrompu). Petit à petit heureusement ses interventions vont se raréfier, étant donné la personnalité de Renée Gailhoustet, absolument pas autoritaire ni envahissante, mais intéressante à entendre, l’auditeur aura quand même droit à un peu d’architecture. Les appartements en semi-duplex permettent des trajets de lumière innovateurs ; la volumétrie des appartements sera surtout pas uniforme, car il est bon de différencier les lots (cette idée aussi est déjà chez Candilis), et surtout il n’y aura pas de logement-type. C’est tout ça que Gailhoustet appelle la « politesse des maisons ». La parole de l'architecte est claire, directe, sincère. Il ne manque que les images. Les voila :
http://archipostcard.blogspot.com/search/label/Ren%C3%A9e%20Gailhoustet

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Venez chez Sylvie Andreu pour vous faire couper la parole - le Dim 15 Nov 2009, 07:31

Ce commentaire moins pour parler du sujet ou de l'invité, que pour parler radio. Forme radio. Qualité radio.

Il a vraiment du mérite ce matin l'invité de Sylvie Andreu : elle ne laisse pas passer 30'' sans l'interrompre en plein milieu d'une phrase. A 7h17 ça fait au moins la dixième fois. Il reprend, imperturbé, sur le même ton de voix. Quant à l'interruption, je n'ose rien dire du ton, qui n'est certes pas incorrect ni agressif, mais civilisé et malgré cela insupportable, car dans le style de la douce arrogance, au sens originel du terme : Sylvie Andreu s'arroge de droit de couper la parole, en plein vol, une fois par minute au moins, à son invité.

Apparemment celui-ci savait à quoi s'attendre, car sans se démonter il réussit à reprendre son fil parfois en ayant inséré une réponse, parfois non car si la productrice intervient parfois pour glisser une question, c'est au moins autant pour placer, tout simplement, son grain de sel.

Une chance tout de même que Viguier reprenne assez souvent son fil exactement à où il en était resté, avec une grande placidité et le même ton de voix : pour l'auditeur armé de son DirectCutMP3, il sera facile de faire sauter les interruptions idiotes.

Donc l'invité, il tient le coup.
Ouais.
Mais l'auditeur ?
En ce qui me concerne, j'écoute, je résiste,
je tiens 1 minute, 5 minutes, 10 minutes et puis c'est trop : JE COUPE !!!

A part ça, ce matin chez Sylvie Andreu dans Vivre sa ville, l'invité c'était Jean-Paul Viguier, et malgré la productrice qui sabote sa propre émission en croyant la construire, il y a une parole qui peut intéresser l'auditeur. Peut-être on aura le goût d'en dire un peu plus après avoir retouché ce massacre d'entretien.
http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/vivre_ville/

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