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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (I)

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Le programme de nuit, îlot de culture (I)    Page 32 sur 100

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Claude Simon - Dylan Thomas - Raymond Abellio - Annie le Brun - Gaston Chaissac - le Sam 19 Mar 2011, 16:14

Dans le ou les posts suivants, on trouvera le programme des 7 nuits à venir. Comme d’habitude il contient quelques erreurs pour la partie (faible) tirée des pages du site de FC puisque ces derniers en sont truffées, d’erreurs ; on rectifie celles qu’on parvient à attraper au filet (à grosses mailles). Mais hélas on met aussi quelques imprécisions en plus, car les infos absentes du site (qui ne présente que 2 nuits du programme, sur 7) il faut aller les chercher ailleurs que sur ce site temporellement myope. Et dans cet ailleurs on trouve l’info cherchée, oui, mais quand même lacunaire. A cette carence d’info, il faut ajouter de fréquentes incohérences dans ce programme des nuits et sur le site de France Culture en général : ainsi la semaine dernière la mise en ligne ne tenait pas compte des émissions spéciales du Carême, diffusées à minuit. Résultat les émissions de la nuit en avaient été modifiées. Tout ça sans la moindre annonce évidemment. Du coup les bienheureux qui, ne reconnaissant dans ce programme que de la nième rediffusion donc rien de neuf même dans l’ancien, eh bien ceux là s’ils ont décidé de ne pas enregistrer la nuit, n’ont pas eu la mauvaise surprise d’entendre les désolantes interviews d’Eva Bester qui n’avaient pas été annoncées mais qui sont venues remplacer le programme prévu. Bienheureux ces auditeurs qui ne savent pas à quelle catastrophe radiophonique ils ont échappé.

Et nous alors, à quoi allons-nous ne pas échapper cette semaine ? Eh bien il y a vraiment de tout et plutôt du bon, mais pas beaucoup de vraies bonnes surprises : de l’abus de multi-rediffusions avec les Dumas d’été par le bon François Angelier, mais aussi du récent trop récent avec de la fiction de 2010 (à quoi bon ?), et puis du classique sans surprise et comme on aime, et encore il faut remarquer de l’attendu avec la fin de quelques bonnes séries commencées récemment, et enfin il y aura de la rareté et même du chef d’oeuvre historique.

Pour boucler les séries entamées : les derniers entretiens entre Francine Mallet et Claude Simon. Et la 3eme livraison d’épisodes du feuilleton de Frank Venaille "Lettre d’Engadine"

Dans les séries anciennes, amusantes et désuètes pour certaines, instructives ou historiques pour d’autres, ne pas louper quelques numéros nouveaux pour nous, car en première rediffusion dans les Nuits : la Joie de vivre, un Plaisir de la lecture (Théophile Gautier), et un Collège des ondes en 1961 sur la chanson populaire. D’autres ancienneries seront proposées en seconde rediff, ça veut dire probablement la dernière. Les collectionneurs sont invités à y penser : un numéro des Voyageurs du demi-siècle (l’année 1940), et une Etoile de la chance par Marguerite Taos

Dans les séries plus récentes et qu’on aime bien, noter un Bon Plaisir (Annie Le brun) et un Présence des Arts consacré à Gaston Chaissac. Noter aussi une fiction tirée des "Histoires du Pince-Oreille" alors ça en passant c’est un petit cadeau des Nuits qui nous en servent une de temps en temps et c’est toujours du délice radio.

Et puis comme dit plus haut, cette semaine il y a du chef d’oeuvre et de la rareté.
Un chef-d’oeuvre : Au bois lacté, adapté de Dylan Thomas, ce texte dont Stephan Meldegg disait qu’il est "la vie même". On ne sait pas trop encore de quelle version il s’agit, car l’émission initiale de Trutat dans les années 50 a été modifiée 20 ans après par René Farabet, et la seule date donnée (1963) ne correspond ni à l’une ni à l’autre. Mais on en reparlera ici-même avant la rediffusion de Jeudi. Rendez-vous ici, donc.
Et puis de la rareté : Raymond Abellio au micro de Jacques Paugam. Comme ça se passe en 1965, sans trop s’avancer on peut parier qu’il s’agit de signaler son ouvrage de cette année-là "La structure absolue". Abellio est un oublié à défaut d’être un maudit. En tous cas sa parole qui était abondante, n’est plus très présente dans la vie intellectuelle ni dans la documentation courante. Pourtant le personnage était plein d’idées et de ressources, et un orateur fluide et inspiré. L’homme a vécu un peu comme son confrère Pierre Schaeffer mais en plus marginal encore, et peut-être fou parfois. Parfois mais pas toujours : polytechnicien, militant, romancier, écrivain ésotériste, agent double pendant les années d’occupation et sauvant sa tête grâce à son intelligence et à son agilité tactique, chose que peut-être cet entretien fera découvrir à ceux qui ignorent tout du personnage et de l’oeuvre : c’est assurément une des grandes intelligences du siècle, dont il fut mieux et plus qu’un témoin : un acteur.
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Dernière édition par Nessie le Mar 22 Mar 2011, 07:30, édité 8 fois

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Nuit à venir : un Surpris par la nuit de 2008 : ceux qui ont fait l'American Center - le Sam 19 Mar 2011, 16:28

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J’insère ce post entre le programme et le programme pour vous signaler l’imminente rediffusion nocturne (cf post suivant) d’un Surpris par la nuit de 2008 consacré à quelques grands moments du Centre Culturel Américain, celui du Boulevard Raspail (je laisse les promeneurs vérifier par eux-mêmes ce qu’il y a aujourd’hui à la place). Dans cette institution disparue puisque la culture américaine a plié bagages et quitté le site ultérieur à Bercy, qui accueille aujourd’hui la Cinémathèque, dans ce petit parc du Boulevard Raspail donc qui fut un lieu de culture et de contre-culture, on pouvait assister dans les 60’s et les 70’s à ce que vous pouvez imaginer comme expérimentations de toutes sortes mais aussi (contre-culture ET culture vous dis-je) aux fameux Hootenannies du samedi après-midi.

Voici comment l’émission était présentée aux temps où le site de France Culture ne se foutait pas encore de la tête de l’auditeur :

<< La liste est longue... de ceux qui on fait l’American Center à Paris, où plutôt, devrait-on dire, ceux qui se sont faits, se sont construits, en passant par l’American Center...

C’est au tout début des années 60, après avoir visité les locaux de l’American Center et découvert le travail que faisaient Keith Humble et ses musiciens au Centre de Musique, que Marc’O décide d’y fonder son Centre de théâtre et d’expérimentation du jeu de l’acteur. Au Raspail Vert - autre nom donné à l’American Center et à son jardin du Bd Raspail - il rencontre Henry Miller censuré dans son pays, Yves Klein, le pianiste et percussionniste Jean-Charles François ou encore Pierre Clémenti...Sous le regard de Marc’O, Bulle Ogier qui n’a pas encore vingt ans, fait ses premiers pas en tant qu’actrice, avant de poursuivre sa route, ailleurs, avec un détour par le théâtre des Nations.

Un lieu de passage, voilà ce qu’était avant tout l’American Center. Un espace de circulation entre les idées et les cultures, une terre d’asile aussi, pour tous ceux qui avaient quelque chose à fuir et une place à trouver. Un lieu ouvert...

Comme un écho au Black Mountain College des années 50, en Caroline du Nord aux Etats-Unis - où se retrouvent John Cage, Merce Cunningham, De Kooning etc. - musiciens, écrivains, poètes, peintres, sculpteurs, danseurs et gens de théâtre, révolutionnent les genres dans ce vrai " terrain vague " de la rive gauche parisienne.

Si l’American Center est parvenu à grandir avec le temps et à accompagner sur plus de six décennies l’évolution de ceux qui, dans ses murs, interrogeaient les possibles, c’est peut-être parce qu’il a commencé " petit ", tout petit même, de manière presque confidentielle.

Aujourd’hui, la tendance semble s’être inversée. Partout dans le monde, les grandes institutions choisissent d’emblée d’énormes structures, pour mettre en place de nouveaux projets culturels. On privilégie le monumentalisme, le gigantisme des façades, plutôt que l’accompagnement et le développement des artistes émergeants.

Inauguré en 1934, l’American Center du Bd Raspail est démoli en 86, au profit de la Fondation Cartier. Il déménage en 94 du côté de la ZAC de Bercy, mais faute de budget, le Centre ferme définitivement ses portes en 96. Sa nouvelle vie, dans l’imposante architecture imaginée par Franck O Gehry - l’actuelle cinémathèque française - aura été aussi flamboyante que brève. Un vrai feu d’artifices...

En compagnie de quelques témoins de cette aventure collective unique en France, nous essaierons de mieux comprendre - en nous replongeant dans le contexte de l’époque - ce qui a permis à l’American Center d’exister et surtout de durer, sur plus d’un demi-siècle.

Merci à André Almuro et Henry Pillsbury. - Archives INA : Haude Vassant.

Avec :
- Bulle Ogier, que les plus jeunes ont découverte en patronne fantasque du Vénus Beauté (institut) de Tonie Marshal, est d’abord l’égérie d’un cinéma de contre-culture issu des années 60, qui prend sa source dans les expérimentations d’avant-garde du collectif de Marc’O à l’American Center. Celle qu’on a qualifiée d’anti-star dans les années 70, a tourné dans près de 90 films, tout en poursuivant son singulier parcours au théâtre. Marguerite Duras qui fut sa grande amie, disait d’elle : « Bulle, ce n’est pas la nouvelle vague, c’est le vague absolu… »
- Nelcya Delanoë. Née à Casablanca, professeur et historienne des Amérindiens et des Etats-Unis, Nelcya Delanoë s’est spécialisée dans l’analyse de l’histoire coloniale et de ses rapports avec la démocratie. Elle a publié une quinzaine d’ouvrages, dont La Faute à voltaire, au Seuil, en 72, Poussières d’empires (PUF, 2002), La femme de Mazagan, récemment réédité par les Editions marocaines EDDIF, ainsi que Le Raspail Vert, Une histoire des avant-gardes franco-américaines, publié chez Seghers en 94, avec la participation photographique de Didier Allard. Entre la chronique et l’archive, cet ouvrage de référence qui n’est malheureusement plus édité aujourd’hui, retrace l’histoire de l’American Center, de 1934 à 1994.
- Marc’O. Auteur, metteur en scène et réalisateur, Marc’O fonde en 1960 à l’American Center, le Centre de théâtre et d’expérimentation du jeu de l’acteur, qu’il dirige pendant sept ans. En 91, de retour d’Italie où il a travaillé pendant près de vingt ans, il crée avec Cristina Bertelli, le Laboratoire d’Etudes Pratiques sur le Changement, issu du collectif théâtral Génération Chaos, qui donnera naissance en 93, au groupe d’action artistique et militant Les périphériques vous parlent.
- Jean-Charles François. Compositeur, percussionniste et pianiste, Jean-Charles François découvre le Centre de Musique de l’American Center au début des années 60, avant de le codiriger avec Giuseppe Englert, de 67 à 69, après le départ de Keith Humble pour l’Australie. Il passe ensuite dix-huit années à San Diego, où il est d’abord enseignant, puis directeur du département de musique de l’Université de Californie. En 90, il est nommé directeur du département de musique du Centre de formation pour l’enseignement de la danse et de la musique de Lyon (CEFEDEM). Jean-Charles François participe régulièrement en tant que percussionniste aux concerts de l’Ensemble Aleph. Il a publié de nombreux articles théoriques, ainsi qu’un livre, Percussion et musique contemporaine, paru en 91 aux Editions Klincksieck.

Par Philippe Bresson - Réalisation : Anne Fleury >>



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Dernière édition par Nessie le Ven 18 Nov 2011, 14:14, édité 7 fois

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Claude Simon - Annie Lebrun -Jean-Louis Barrault - Gaston Chaissac - Alexandre Dumas - Francis Blanche - Théophile Gautier - Camus - Dylan Thomas - Raymond Abellio - le Sam 19 Mar 2011, 16:34

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Voici donc le programme de ces 7 nuits.

Dimanche 20 mars
01h00 - 02h00 :
Fiction - Sourire quand même (décembre 2010)
02h00 - 03h00 :
Ecrivains du XXeme siècle - Claude Simon 3e partie (août 71) par Francine Mallet
03h00 - 03h50 :
Science vécue Mathématique et société (3 mars 67) par Etienne Bauer et Jacques Houbard
03h50 - 05h10 :
Surpris par la nuit - Ceux qui ont fait l’American Center (18 juillet 2008) par Philippe Bresson
05h10 - 06h10 :
Feuilleton - Lettres d’Engadine 3e partie, fin (mars 2000) par Frank Venaille
06h10 - 06h30 :
Etoile de chance - Renato Vasselo Paleologo (14 mars 62) par Marguerite Taos
Remarque : par l’heure annoncée pour les 2 dernières émissions, ce programme pris tel quel sur le site recèle une énigme. Commentaire ici.

Lundi 21 mars
00h55 - 01h30 :
Le monde comme il va - De père en fils, les 3 Dumas (28 mars 56) par Georges Drouet
01h30 - 04h30 :
Le bon plaisir - Annie Le Brun (12 décembre 92) par Christine Goémé
04h30 - 05h30 :
Le monologue du peintre - Zoran Music, Maria Elena da Silva, Simon Hantaï (janvier & février 57) par georges Charbonnier
05h30 - 06h00 :
Fiction - Les histoires du Pince-Oreille - Contes de Bali et de Java - La légende du fils du soleil (24 avril 93) par ISabelle de la Clergerie et Marie-Hélène Bernard

Mardi 22 mars
01h00 - 02h26 :
Dumas trop humain 1 (été 2002) par François Angelier
02h26 - 03h11 :
Entretiens avec Jean-Louis Barrault 1ere partie (1974) par Patrice Galbeau
03h11 - 03h32 :
Portrait d’Albert Camus par Suzanne Agnelli : le patron (juin 72) tiré de la série produite par Pierre Minet
Après 3h32 : multidiffusions

Mercredi 23 mars
01h00 - 02h01 :
Dumas trop humain 2 (été 2002) par François Angelier
02h01 - 02h46 :
Entretiens avec Jean-Louis Barrault 2e partie (1974) par Patrice Galbeau
02h46 - 03h37 :
Voyageurs du demi-siècle - L’année 1940 (17 octobre 1950) par Madeleine Paz & Henri Noguères
Après 3h37 : multidiffusions

Jeudi 24 mars
01h00 - 02h01 :
Dumas trop humain 3 (été 2002) par François Angelier
02h01 - 03h01 :
Entretiens avec Jean-Louis Barrault 3e partie (1974) par Patrice Galbeau
03h01 - 03h37 :
Présence des Arts - A la recherche de Gaston Chaissac (26 septembre 77) Par François Le Targat
Après 3h37 : multidiffusions

Vendredi 25 mars
01h00 - 02h16 :
La joie de vivre de Francis Blanche (1954) par Henri Spade et Jacqueline Joubert
02h16 - 03h37 :
Au bois lacté - de Dylan Thomas (sans date crédible annoncée) version française par Jacques B. Brunius & Alain Trutat
Après 3h37 : multidiffusions

Samedi 26 mars
01h00 - 01h56 :
Parti-Pris : Raymond Abellio (1965) par Jacques Paugam
01h56 - 02h56 :
Collège des ondes : la chanson populaire et son évolution (1961) par M. Hoffmann
01h26 - 03h32 :
Plaisir de la lecture - Théophile Gautier : le capitaine Fracasse (1961)
Après 3h32 : multidiffusions

Comme d’habitude, à l’heure où je poste, il y a plusieurs de ces nuits qui ne sont pas encore mise en ligne sur le site de France Culture (5 sur les 7 présentées). De là, l’imprécision de certaines de mes dates pour la diffusion originale, imprécision qui sera corrigée quand FC sera plus réactif, au prix des inévitables erreurs qu’ils vont encore y ajouter. Pas grave tout ça, les gars : l’important c’est la radio !



Dernière édition par Nessie le Ven 18 Nov 2011, 14:15, édité 2 fois

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philippe 


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american center - le Lun 21 Mar 2011, 22:53

[b]Ravi que cette émission (dont le sujet m’a passionné) ait retenu votre attention.

A bientôt,


Philippe Bresson


Initials_pb :

A vu le jour à Gap, ʼʼa sort of gap dans le sud de la Franceʼʼ – dixit Bresson himself – où il étudie le piano classique. S’en est enfui pour se plonger dans la nuit parisienne et ses mélanges, de genres, de sons, de gens. A longtemps observé, sensible aux images : du quotidien, des films, qui parfois se confondent. Intrigué, depuis toujours, par ce ʼʼCharme Discret de la Bourgeoisieʼʼ, un syndrome bien français. Et puis un jour le vernis se craquelle et laisse apparaître tout ce qu’on aurait voulu taire ou cacher… En a fait un des thèmes de prédilection de ses musiques, de ses chansons, qu’une directrice de label plus ou moins bien intentionnée, qualifiera un jour de ʼʼPop Bourgeoise !ʼʼ Définition très vite reprise à son compte par l’intéressé : ʼʼPop Bourgeoise ça sonne bien et ça fait sens pour moi. Ce sont mes ‘pb initials’ aussi ; désormais je fais de la Pop Bourgeoise, merci Madame J.H. !ʼʼ

Influencé par le cinéma, les mots, le timbre d’une voix (parlée ou chantée), les musiques de films (Georges Delerue, Antoine Duhamel, Stelvio Cipriani, John Barry, Joe Hisaishi…), Philippe Bresson envisage ses morceaux comme autant de scénarii mélodiques, qu’on écoute en imaginant la scène qui va avec : ses personnages, leur univers, leurs origines, ce qu’ils se disent quel que soit le décor, celui d’un supermarché ou d’un salon bourgeois.

Philippe Bresson a dernièrement composé la musique originale de deux films documentaires consacrés à l’art contemporain : ʼʼArtistes et Architectesʼʼ et ʼʼFabricants du visibleʼʼ. Auteur récurrent pour la revue Double, il a produit et présenté une émission sur France Culture avec Bulle Ogier, consacrée à ʼʼL’American Centerʼʼ. Il a récemment travaillé, en tant que pianiste, avec Amadou et Mariam sur le dernier album du couple malien, retrouvé sa fidèle complice La Grande Sophie (dont il a été le clavier pendant dix ans) sur ʼʼDes vagues et des ruisseauxʼʼ et écrit la chanson ʼʼEscape Laneʼʼ pour Clarika (ʼʼMoi en mieuxʼʼ, Mercury)

Bresson est aussi l’un des compositeurs de la B.O. du nouveau film de Bruce LaBruce : ʼʼL.A. Zombieʼʼ, ainsi que le compositeur principal du film documentaire ʼʼAu cœur de la nuit (avec Béatrice Dalle)ʼʼ – un film de B. LaBruce – diffusé le 02 février 2011 sur ARTE et disponible en replay.
Il vient de faire la ʼʼcréation claviersʼʼ sur la tournée (en cours) de CharlElie Couture.

email: bresson69@gmail.com


(un)philippe_bresson(un)sgm

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Au bois lacté - Dylan Thomas - Traduction Jacques B. Brunius - le Jeu 24 Mar 2011, 17:22

Ceux qui veulent tenter rien qu’une fois l’insomnie conjuguée avec le voyage radiophonique seront bien inspirés de procéder à leur tentative dans la nuit qui vient : comme annoncé 2 posts plus haut, de 2h16 à 3h35 France Culture propose "Au bois lacté", adaptation pour la radio française d’une pièce historique de la BBC "Under milk wood". C’est un sommet de fantaisie lyrique dû au génie créatif de Dylan Thomas, qui la publie initialement en 1952 sous le titre "Llaregubb : une pièce pour la radio peut-être". Dylan Thomas se serait inspiré de ses séjours à Laugharne, village côtier du Pays de Galles peuplé de personnages excentriques, et qu’il souhaitait entourer d’une enceinte, d’abord pour enfermer ces fous puis pour les protéger de la folie du monde. Laugharne devient sa résidence secondaire, il aura à coeur lui-même d’en être un digne citoyen tout aussi farfelu, et finalement son ambassadeur pour toute la planète car au bout du compte il y passe assez peu de temps. Voila pour l’histoire et la géographie. Et pour les arts supérieurs, disons que "Au bois lacté " est aux Simpson de Springfield ce que l’Ulysse de Joyce est au Clochemerle de  Chevallier : sous prétexte d’inventorier la vie d’une bourgade, c’est un labyrinthe de trouvailles et un petit feu d’artifice de lyrisme pittoresque. Ce texte que bizarrement on prétend inachevé deviendra une des plus célèbres émissions de l’histoire de la radio, avant de poursuivre sa carrière à la scène et au cinéma.

Conçu dès le début pour la radio, Under milk wood (littéralement "sous le bois de lait") connait d’abord une publication partielle en revue, puis quelques lectures en public, puis 4 représentations triomphales sur scène à New York, avec Dylan Thomas lui-même en premier récitant, enfin elle achève ce premier parcours au Third Program de la BBC le 25 janvier 1954, dans une mise en ondes de Douglas Cleverdon que récompense le prix Italia 1954. Cette mise en ondes inspirera une version française le 5 juin 55, dans une traduction de Jacques Brunius et une réalisation d’Alain Trutat. Plus tard viendront les adaptations au cinéma (avec Richard Burton), au théâtre (notamment par Stephan Meldegg au premier Lucernaire), et une version discographique (par Georges Martin).

L’émission du 5 juin 1955 donnera lieu à une modification ultérieure par René Farabet dans le cadre de l’ACR. Mais c’est dès le début semble-t-il, que le texte de Thomas a été réduit d’environ un tiers, chose qu’on peut regretter d’autant que le total n’eut pas atteint les 2 heures, donc restant dans un horaire raisonnable. C’est que la diffusion initiale avait proposé successivement la version de la BBC et celle de la RTF. On peut imaginer que la Direction de l’époque a choisi de resserrer les boulons de l’horloge municipale sur la place de Llareggub. Il reste que le texte intégral est disponible aux éditions du Seuil dans les 2 volumes d’oeuvres de Dylan Thomas. Chacun peut donc se retaper le tout avec les savoureux morceaux non retenus pour la version enregistrée : il vous suffit de conserver dans l’oreille quelques voix connues, avec la part belle à Jean Debucourt qui joue le premier récitant assisté d’un second (et là c’est Jean Topart). On reconnait encore Roger Blin, Rosy Varte, et on ne peut pas rater Jean Tissier dans le rôle de Mog Edwards le mercier-drapier de Llareggub qui tient sur la colline un bazar "où la monnaie bourdonne sur fil de fer". La déclaration d’amour (en rêve) de Mog à la couturière Miss Myfanwy Price est un grand moment qui, à la 8ème minute de la pièce, achève de dégeler l’auditeur et l’emporte définitivement dans le tout petit réseau des rues de Llareggub, la place du marché, l’église le cimetière et le cabaret, le tout sous le regard bienveillant de l’éminence boisée qui surplombe le village et donne son titre à la pièce. Facile alors de se laisser porter par cette revue de personnages, avec son capitaine aveugle en retraite, son cordonnier bouché, ses doux maniaques et ses poivrots, son pasteur-poète, quelques jolies filles au moins l’une plutôt fine et une autre carrément gironde, et enfin il y a les maris humiliés par des maritornes : à Mrs Pugh la femme de l’instituteur revient la médaille d’or de la teigne, et à la veuve Ogmore-Pritchard les deux médailles d’argent et de bronze de l’emmerdeuse autoritaire. Et pourquoi 2 médailles ? Mais voyons parce que des maris elle en a crevé déjà 2 sous elle et par conséquent la voila doublement veuve, d’Ogmore et de Pritchard qui traînent dans quelques scènes savoureuses leur martyr post-mortem auprès de ce dragon. Car bien que morts ils sont encore là : c’est que la pièce est à la fois réaliste et de haute fantaisie : elle commence dans la nuit du rêve et s'achève dans le crépuscule du péché, avec le retour des ténèbres évocatrices. La revue des habitants de Llareggub fait entrer le lecteur-auditeur dans les intérieurs domestiques, dans les foyers, dans les alcôves, et pour de brefs moments dans le Bois lacté.

Les amateurs de grande et belle radio ne seront pas déçus. Pour autant, ils ne doivent pas s’attendre à une réalisation châtoyante de frime et d’effets : c’est avant tout un grand texte servi par une belle direction d’acteurs, direction assurément plus sobre que le couple des ivrognes Mr & Mrs Cherry Owen. Elle est donc juste assez colorée et surtout sans cabotinage car si quelqu’un cabotine de la première à la dernière ligne, c’est bien Dylan Thomas. Au service de son brillant étalage d’invention verbale, il faut saluer la traduction qui semble fort habile, et qui dans l’édition du Seuil se trouve augmentée de 3 séries de notes documentaires alors pensez, le tout fait vraiment très pro ! Le texte en français est dû à un ancien de la BBC, Jacques Cottance de son nom véritable, un émigré de 1940 devenu à Radio-Londres un des français qui parlaient aux français en compagnie de Pierre Dac, d’André Gillois et de quelques autres. Cottance prend à cette occasion le pseudonyme de Jacques Borel, en hommage à Petrus Borel croit-on savoir. Ensuite de quoi il restera en Angleterre pour continuer une sporadique carrière d’acteur et d’homme de radio. En France c’est pourtant sous son autre pseudonyme qu’il restera connu : celui de Jacques Bernard Brunius : membre assidu de la bande à Prévert, familier du groupe Octobre, il joue l’homme au bérait de "L’affaire est dans le sac", et pour Jean Renoir le faune canotier dans "Une partie de campagne". Personnage engagé de plusieurs des groupes de l’avant-garde artistique, assistant de Bunuel sur l’Age d’or et actif toute sa vie dans le monde du cinéma et du théâtre, il réalise aussi quelques courts métrages avec des amis surréalistes, et signe bon nombre d’articles d’analyse sur le cinéma d’avant-garde des années 20 et 30. Cet homme qui ne pouvait pas blairer la nouvelle vague ("quelques vaguelettes" dit-il) et qui préférait les recherches d’un Resnais, est lui-même resté dans l’ombre plus et mieux que l’arpenteur discret, ne publiant qu’un recueil d’articles sur les cinémarges. Ce livre a été réédité il y a 25 ans chez l’Age d’homme par les bons soins de Jean-Pierre Pagliano. Je finis de tirer mon fil Brunius pour en revenir à la radio : Jean-Pierre Pagliano, historien du cinéma est surtout pour nous un des producteurs du grand France Culture des années 80 et 90, et comme tel il est apparu déjà plusieurs fois dans ce même fil des programmes nocturnes, car les Nuits de FC rediffusent parfois l’un ou l’autre de ses Mardis du cinéma. Il avait aussi produit en 1991 une série d’été "Chronique d’un été, 30 ans après", dont on a déjà dit quelques mots dans une page précédente de ce forum. En 1987 chez l’Age d’homme encore, il a donné une biographie de Brunius où j’ai puisé ceux des éléments ci-dessus qui ne font pas partie de la culture courante de l’honnête homme.



Dernière édition par Nessie le Sam 12 Oct 2013, 13:41, édité 6 fois

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Une curiosité dans les nuits - Un vrai personnage aussi - le Sam 26 Mar 2011, 00:54

Dans la nuit qui vient, 2 émissions de Jacques Paugam accueillant Raymond Abellio dans "Parti-pris". On en a dit quelques mots dans un post précédent (n°313) mais la rectification d’une erreur sur la date va me donner l’occasion d’en rajouter : si l’émission colle aux publications, il ne s’agirait plus tant de Structure absolue, même si Abellio jusqu’au bout est resté fidèle à son paradigme dialectique. Annoncés par erreur à la presse comme des émissions de 1965, ces 2 entretiens ont été diffusés en janvier 1976. Quelques semaines plus tôt on avait pu voir Abellio dans un numéro d’Apostrophes consacré aux "révolutionnaires", en compagnie d’Olivier Todd, Régis Debray et Hubert Juin, mais malgré ou à cause de leurs questions on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait eu dialogue autre que de sourds. Il y était venu pour présenter le 2eme volume de son autobiographie "Les militants", qui donne un tableau de son engagement politique à gauche dans les 12 années précédant la guerre, à l’époque où Abellio portait encore son vrai nom : Georges Soulès. Sur le plateau de Bernard Pivot ce jour-là il avait surtout passé son temps d’émission à s’étonner de son engagement premier, sans toutefois renier son passé dit-il. Mais selon ses propres mots, il serait "passé de l’état d’homme de puissance à l’état d’apprenti-homme de connaissance". Bigre ! Il dit ça sans rire, plutôt détendu, mais très vite la discussion va dégénérer. Dans la même période, le livre a été évoqué au Panorama de France Culture, et aussi à Un livre des voix. Du coup on se dit que serait une bonne idée si les Nuits, à l’instar de ce qui avait été fait pour Jean Cayrol l’an dernier, nous exhumaient une série d’émissions consacrées à Abellio. Disons que ça serait bien pour les esprits curieux, car pour le reste je ne sais pas bien ce qu’on peut encore tirer d’Abellio sinon l’exemple d’un esprit original, indépendant, mais tellement intemporel que, malgré son implication dans l’histoire, philosophiquement parlant il n’est d’aucune époque.

Et pourtant : dans la suite romanesque qui va de "Les yeux d’Ezéchiel sont grand ouverts" (1949) à "Visages immobiles" (1983) en passant par "La fosse de Babel", Abellio jette les bases d’une théorie de l’action terroriste qui a de quoi faire frémir et qui bousculera le système de valeurs de plus d’un lecteur : les idéologues mous pourraient virer au fanatisme, et les dingues de l’action violente pourraient entrer dans les ordres. Cette contradiction est typique de l’oeuvre et du personnage, mais est-ce par complexité ou confusion ? Alors que Guy Dumur avait soupçonné une résurgence néo-fasciste chez cet ancien produit du marxisme révolutionnaire, Maurice Nadeau lui avait jugé l’histoire "plus qu’abracadabrante" mais le propos des romans à la fois passionnant, ambitieux, et signe d’une soif d’unité métaphysique. De fait en 1977 dans une émission de Roger Pillaudin, le romancier-ingénieur-ésotériste présente son oeuvre comme la recherche d’une synthèse entre gnosticisme et rationalité. On peut espérer que le retour sur les mémoires de Georges Soulès éclaireront le symbolisme touffu et peut-être délirant de cette double suite, romanesque et autobiographique. Mais dans les deux cas, il faut s’attendre à des clés tordues pour des serrures à double barillet, et à des initiations ambigües : selon Abellio, le marxisme avait donné dans le panneau de l’hitlérisme, en en surestimant la réussite économique et en sous-estimant la part de racisme dans sa théorie de l’homme. 40 ans plus tard, lui-même donne l’impression de n’avoir jamais vraiment liquidé son passé, tant il s’efforce de s’en démarquer. Et encore 35 ans plus tard, on en trouve des échos tout aussi inquiétants dans les propos de certains fanatiques de l’intelligentsia internationale, quelques uns ayant antenne ouverte à France Culture.

Est-ce pour cette raison que les Nuits nous ont ressorti ces 2 entretiens ? Par souci de mise en garde, ou bien par sympathie pour certaines dérives fanatiques qui nous guettent ? En tous cas, je me demande ce que donnera la discussion avec Paugam, lui-même marqué au coin du christianisme ? Rien ne dit qu’il laissera son invité délirer. Rien ne dit non plus qu’il parviendra à lui faire révéler son vrai visage, car face à un homme aussi insaisissable, ce genre de question a finalement peu de sens. Peut-être en sortira-t-il un tissu de sornettes, mais certainement l’exemple d’une recherche en mouvement, même si malgré ses fulgurances d’inspiration, elle semble le plus souvent mener à une impasse de l’histoire des idées.



Dernière édition par Nessie le Dim 03 Avr 2011, 00:25, édité 2 fois

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Marie Bonaparte - Sacha Guitry - Alexandre Dumas par François Angelier - Renaud & Barrault - Bertrand Jérôme - Witold Gombrowicz - le Sam 26 Mar 2011, 10:40

La nuit prochaine votre radio passe à l’heure d’été et comme les choses sont bien faites, ça devrait se passer en même temps sur France Culture et dans le reste du pays. Enfin espérons, parce qu’avec les erreurs et les plantages que la chaîne et son site Web nous bricolent depuis 6 mois, j’en vois d’ici qui se marrent à l’avance : est-ce que la régie qui depuis plusieurs mois nous multiplie les trous et les erreurs, va oublier le changement d’heure ? Est-ce que le site de France Culture qui n’arrête pas de se planter va réussir à bloquer le changement d’heure au niveau national ? C’est déjà beau que ledit changement aye pas eu lieu sur France Culture avec 24 h ou une semaine d’avance, maintenant il ne reste plus qu’à négocier proprement la nuit prochaine. En tous cas pour bloquer nos sarcasmes devant les plantages de France Culture ces temps-ci, il faudra autre chose qu’un décret du maître des horloges. Cessons de déconner les amis et parlons radio : voici les programmes nocturnes pour les 7 nuits à venir.

Donc si tout se passe bien (après tout c’est possible), les auditeurs du week-end auront eu raison de noter ces 2 modifications pour ne pas louper leur saisie des nuits avec leur fidèle MP3 :
a) passage à l’heure d’été. Le tableau ci-dessous reprend le principe du double horaire : en noir pour ceux qui programment + en rouge pour ceux qui suivent chaque année le changement d’heure au fil de la nuit par souci d’ordre et par respect de la géométrie horlogère
b) le journal de 22h étant prolongé pour cause d’élections cantonales, "Culture d’Islam" est réduit à 30 minutes et le même matin, pour combler ce trou la tranche des Nuit est prolongée jusqu’à 6h30. Puis dans la suivante, pour cause d’émissions du carème, le programme de nuit commence à 01h15. Evidemment rien de tout cela n’est clairement indiqué sur le site de FC et c’est à l’auditeur de démêler cette pelote.

Cela dit, l’émission de dimanche à 6h est annoncée sur le site avec une erreur ne me demandez pas comment je le sais : en fait je n’en sais rien mais c’est ce que je déduis des infos données sur le site pour ce numéro de "L’étoile de chance" (le nom de l’invité et la date) sont tout simplement incompatibles. Cela dit, ils sont capables aussi de se planter et de rediffuser le même numéro que la semaine dernière. Un bookmaker pas trop retors pourrait prendre les paris.

A part ça il faut déplorer que les semaines se suivent et ne se ressemblent pas : en ce qui concerne le contenu du programme, celle qui s’annonce sera plutôt décevante. On nous y ressort surtout des rossignols déjà bien usés, du nanar radiophonique, et en plus il y a du récent de l’an dernier ou presque, bref c’est pas cette semaine qu’on verra exploser les disques durs des collectionneurs qui vont pouvoir s’endormir mais ne devront pas oublier de se réveiller pour les bons plans des deux dernières nuits de la semaine :

- vendredi : un "mi fugue mi raisin" de Bertrand Jérôme en 1979
- samedi : entretiens de Gilbert-Maurice Duprez avec Witold Gombrowicz
- c’est maigre, oui. Prenons ça comme un carême radiophonique et profitons de ce temps libéré pour savourer quelques écoutes supplémentaires de la récente rediff d’ Au bois lacté. Comment, vous ne l’avez pas captée au passage ? Pas grave : le club RFC vous l’offrira en partage.
Dimanche 27 mars
01h00 - 002h05 :
Profils perdus - Marie Bonaparte 1 (22 oct 1987) prod Cécile Hamsy
02h05 – 03h35 / ou / 03h05 – 04h35 :
José Maria Arguedas, écrivain des Andes (28 janvier 83) par Luis Mizon
03h35 – 05h10 / ou / 04h35 – 06h10 :
Nouveaux chemins de la connaissance - Sacha Guitry début (décembre 2007) par Raphael Enthoven
05h10 - 05h30 / ou / 06h10 – 06h30 :
L’étoile de chance - Dominique Rolin (11 octobre 61) par Marguerite Taos et Marcel Sicard
(attention les collectionneurs : ce titre est celui qui a été donné à la presse mais sur le site de FC cette émission est annoncée avec Renato Vassalo Paleologo, numéro déjà diffusé la semaine dernière à la même heure)

Lundi 28 mars
01h15 - 02h15 :
Profils perdus - Marie Bonaparte 2 (29 oct 1987) prod Cécile Hamsy
02h15 – 02h40 :
Le monde comme il va - Mon ami Richiat, indien de l’Amazonie (3 aout 53) par Bertrand Flornoy
02h40 – 03h55 :
Fiction - Hyper (14 mars 06)
03h55 – 05h00 :
Lettres de New-York, avec Jean-Louis Barrault & Madeleine Renaud (25 décembre 52)
05h00 – 06h00 :
Nouveaux chemins de la connaissance - Sacha Guitry fin (décembre 2007) par Raphael Enthoven

Mardi 29 mars
01h00 - 02h01 :
Dumas trop humain 4 (été 2002) par François Angelier
02h01 - 03h01 :
Les chemins de la connaissance - Corneille ou le miroir sans tain 1 (26 & 27 janv 76) par Lucien Attoun
03h01 - 04h02 :
Travaux publics - "Les moines de Tibhirine" (19 mai 06) par Jean Lebrun
Après 4h02 : multidiffusions

Mercredi 30 mars
01h00 - 02h01 :
Dumas trop humain 5 (été 2002) par François Angelier
02h01 - 03h37 :
Les chemins de la connaissance - Corneille ou le miroir sans tain 2 (28 au 30 janv 76) par Lucien Attoun
Après 3h37 : multidiffusions

Jeudi 31 avril
01h00 - 02h01 :
Dumas trop humain 6 (été 2002) par François Angelier
02h01 - 03h37 :
Du doute à la révélation - La Chine et le monde occidental (14 avril 76) par Colette Garrigues
Après 3h37 : multidiffusions

Vendredi 01 avril
01h00 - 02h56 :
Mi fugue mi raison (29 décembre 79) par Bertrand Jérôme
02h56 - 03h37 :
Chant des possibles - Le rickshaw, auto de demain (octobre 2010)
Après 3h37 : multidiffusions

Samedi 02 avril
01h00 - 02h31 :
Gombrowicz par Gombrowicz (Entretiens de juin 1967 - diffusion janvier 1970) par Gilbert-Maurice Duprez
02h31 - 03h32 :
Paris, livre d’or - A l’occasion du bimillénaire de la ville (1951) par André de Fouquières et E. Meunier
Après 3h32 : multidiffusions

Comme d’habitude, ces programmes vous sont donnés ici en un seul écran et avec quelques jours d’avance sur ce que le site de FC offre dans ses pages. Le responsable de la rubrique se félicite pour les erreurs corrigées au passage et paye sa Pelforth pour celles qu’il y ajoute. Quand France Culture payera l’apéro pour chaque merdouille en régie, pour chaque émission envoyée par erreur, et pour chaque info erronée relevée sur son site, le PIB français prendra un sacré envol !



Dernière édition par Nessie le Ven 18 Nov 2011, 14:16, édité 10 fois

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Il en fallait une, ils l'ont faite - le Dim 27 Mar 2011, 06:16

@Nessie a écrit:Cela dit, ils sont capables aussi de se planter et de rediffuser le même numéro que la semaine dernière. Un bookmaker pas trop retors pourrait prendre les paris.
Eh bien il y a des gens qui ont perdu du fric : en ce moment même les Nuits nous refilent le même numéro que la semaine dernière.

Trop forts, à France Culbute !!

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (I) - le Jeu 31 Mar 2011, 01:17

Attention : vous-même, dans votre calendrier, vous vous gourâtes...608

320
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Witold Gombrowicz - le Jeu 31 Mar 2011, 07:34

314 a écrit:Attention : vous-même, dans votre calendrier, vous vous gourâtes...608

Ah, merci d’avoir eu l’oeil vif : c’est rectified now.
Le post 319 a retrouvé ses dates
et je vous dois une Pelforth

En attendant, saisissons l’occasion au poil pour signaler, dans la nuit de vendredi à samedi, les entretiens de Gombrowicz qui vont nous permettre d’enfoncer le clou de la rareté dans le cercueil de la qualité radiophonique (aïe ça ne rate pas : dès que j’entends Villepin je me remets à la jouer Achille-Talon ! Si on invite Antoine Perraud on pourra toujours faire un bridge, à 3 on sera assez car le programme culturel est là pour jouer le rôle du mort).

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Dernière édition par Nessie le Ven 01 Avr 2011, 09:49, édité 2 fois

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321
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Les provocations polies de Witold Gombrowicz - le Ven 01 Avr 2011, 09:48

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Comme annoncé ci-dessus, voici quelques lignes pour inciter à l’écoute de Witold Gombrowicz : une semaine après Raymond Abellio, les Nuits de France Culture nous offrent ici l’occasion d’entendre encore une parole rare. La voix de l’écrivain aura été plus rare que son oeuvre sur FC qui lui a largement ouvert son antenne, au moins dans le domaine des fictions et du feuilleton avec Cosmos, Ferdydurke, Transatlantique, et Les envoûtés. Il y a eu aussi 2 numéros de Une vie une oeuvre : le premier en novembre 1996 par Denise de Roux, et le second par Christine Lecerf à la rentrée 2007 juste au moment où l’émission avait été réduite de 88 à 58 minutes (un sale coup pour le documentaire sur France Culture). Mais en ce qui concerne le personnage lui-même, on l’aura très peu entendu. Ici, c’est un entretien recueilli en 1967 par Gilbert Maurice Duprez qui le présente en 1970 entrecoupé de lectures du Journal, de Cosmos, de Ferdydurke.

Gombrowicz "pouvait tout se permettre parce qu’il n’était rien", comme il le dit dans son journal, et dans ces mêmes termes ou quasi. L’homme aura vécu en solitaire et en marginal, presque toujours en exilé par la force des choses ce qui ne veut pas dire malgré lui, mais surtout exilé à tous points de vue : dans la discussion il se dit lui-même "exilé spirituel". On reconnait assez vite l’individualiste obstiné, pas vraiment remuant mais tout de même il y a de l’incontrôlable dans le bonhomme, qui a quelque chose d’un calme enfant terrible. Aux questions de Gilbert-Maurice Duprez, il répond comme il veut bien l’entendre et tant pis si l’auditeur lui aussi aura parfois quelque difficulté à bien l’entendre : par moments il vous faudra un peu tendre l’oreille pour saisir son propos. En tous cas, c’est fait tranquillement, sans agressivité et non plus sans cordialité pour autant. Il a beau se qualifier lui-même d’extrêmiste et même de violent, le ton reste neutre. Installé dans sa troisième patrie, il reste résolument d’ailleurs cet homme en qui Dominique de Roux voulait voir un Socrate du siècle. A plusieurs reprises on sent Duprez pris à rebours, pas vraiment désarçonné et toujours consentant car nous sommes dans les 60’s et non en 2011, donc l’interviewer est encore au service du sujet et de l’auditeur. 3 ans plus tard lors de la diffusion des entretiens, le producteur préfère intituler cette émission "Witold Gombrowicz par Witold Gombrowicz". Il s’agit finalement d’un autoportrait, même si au fil de la discussion il évoque Borges, Joyce, Thomas Mann, Butor.

Un autoportrait, ou une variation de plus sur son grand thème : qu’est-ce que grandir ? La question se pose à l’individu en développement et donc à l’homme qui devra tout à la fois se couper de sa jeunesse, la perdre, ne jamais oublier qu’il en reste marqué, incapable d’échapper à sa fascination. Mais il ne s’agit pas seulement d’âge : la question que nous pose Gombrowicz c’est : comment faire pour être soi-même, comment s’affranchir des influences, quelles qu’elles soient ? Or l’influence c’est aussi le moule social et l’époque. Cela il le dit lui-même, en ces termes ou presque. Sa philosophie est donc résolument a-culturaliste, ou plus exactement non-culturophile, chose que vous entendrez explicitement à la 30eme minute de l’entretien. On se dit alors qu’elle tombe à pic cette rediffusion, dans le débat pseudo-politique dont FC nous gave et où la chaîne n’a pas manqué de déposer sa grosse louche pendant toute la journée d’hier. Reste qu’on peut se demander si les programmeurs des Nuits sont de gros facétieux ou bien des idéologues cachés, ou après tout pas si cachés que ça pour qui connait leur programme habituel. Laissons-les tous se dépatouiller dans ce débat que toute la station s’emploie à rendre encore plus foireux, dans la tension entre deux forces de la doxa contemporaine telle que la sécrète l’intelligentsia : niaisement ethnophile et en même temps assoiffé d’universel tout aussi niaisement traduit en égalitarisme étroit. Laissons-les à leurs jeux et écoutons la pensée réfléchie de Gombrowicz, qui peut rester dans les mémoires plus et mieux que l’agitation un peu dérisoire dans le bouillon du programme de journée. Les programmeurs de FC, une fois de plus, montrent la supériorité du programme des nuits, chose qui sera encore plus évident dès 3h37 quand l’antenne sera rendue aux multidiffusions de la journée.

Reste à signaler que c’est une émission qui demande un effort d’attention : d’abord par le son qui est carrément faiblard par moments. Et puis par la diction imparfaite de l’homme âgé devenu francophone sur le tard, et qui oubliant qu’il s’exprime dans une langue d’adoption, parfois se met à marmonner. Malgré tout, ça vaut le coup de s’accrocher. Un conseil : cette émission n’est pas de celles qu’on écoute en vaquant à ses occupations. Il faut s’asseoir, si possible assez près de sa radio ou mieux : à portée de votre ordinateur. Ecoutez l’entretien ou plutôt une captation en mp3, après sa diffusion, avec un logiciel bien fait qui vous permet de revenir en arrière quand il le faut sur une phrase ou deux, comme vous l’auriez certainement fait au mauvais vieux temps maudits du magnétophone et des cassettes qui nous coûtaient les yeux de la tête et ne permettaient qu’une navigation au jugé (un peu comme le lecteur mal foutu qu’on trouve sur le site de France Culture).



Dernière édition par Nessie le Ven 01 Avr 2011, 16:38, édité 2 fois

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