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Le programme de nuit, îlot de culture dans France (in)Culture    Page 97 sur 99

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Le programme de nuit, îlot de culture dans France (in)Culture - le Sam 29 Aoû 2009, 13:05

Rappel du premier message :

Rubrique créée à la rentrée de septembre 2009, selon une formule qui s'était montrée utile aux auditeurs de la nuit depuis quelques années. Le post d'introduction que vous lisez en ce moment est périodiquement remis à jour.

Résumons les épisodes précédents : les Nuits de France Culture, jadis voulues par Jacques Fayet puis organisées avec soin par Geneviève Ladouès, furent  le lieu d'un savant équilibre entre les émissions d'archives (puisées dans le fonds jusqu'à l'année 1944 !!) et les rediffusions récentes (par exemple les Bon Plaisir y étaient systématiquement re-proposés à quelques semaines d'écart). Les émissions des 40's aux 60's, et dans une moindre mesure celles des 70's, ont souvent quelque chose de suranné, d'historique, de passionnant, d'instructif, bref c'est de la mémoire sonore, et leur écoute est une activité intellectuelle comparable à une promenade dans une bibliothèque pleine de volumes inconnus ou connus seulement de nom : on y retrouve Alain Trutat, Jean Amrouche, Roger Grenier, Pierre Schaeffer, José Pivin, Robert Mallet, Pierre Sipriot, Georges Charbonnier, Paul Guimard, Roger Pillaudin et nombre d'autres. Ces noms peut-être ne vous disent rien, mais ils apparaitront çà et là  sur ce forum et surtout  dans ce fil.  

Parmi ces émissions anciennes, on trouve aussi des séries initiées dans les dernières décennies (disons de 1975 à 1999), qui sont pour beaucoup d'entre nous des exemples de l'art radiophonique idéal. Elles sont soigneusement captées et stockées par des passionnés qui veillent ou disposent d'un bon équipement, puis refilées à d'autres passionnés qui ont été trahis par leur timer ou se sont endormis trop tôt. Pour la piste des échanges, je signale cette ressource  : La liste ANPR (clickez ici pour lire la description - et pour l'accès direct, voir notre menu de Liens en haut d'écran)

Pendant un intermède qui dura de 1999 à 2011, dans nos Nuits de FC les émissions anciennes et les rediffusions des meilleures années se sont retrouvées progressivement cantonnées à la portion congrue, de 90' en semaine et 5h en week-end. Le reste de la nuit était dévolu aux multidiffusions, càd des émissions de la semaine en cours. Ce principe a été abandonné à la rentrée de septembre 2011, au grand soulagement des auditeurs de la Nuit (public exigeant, à en croire Philippe Garbit himself) qui sont reconnaissants et heureux de retrouver le principe initial des Nuits de France Culture, telles qu'elles étaient voulues par Jacques Fayet et Geneviève Ladouès : représenter la mémoire de France Culture.

Jusqu'au printemps 2015 j'ai donné chaque vendredi dans le présent fil le programme des 8 nuits à venir. Ce programme était donc publié ici fréquemment avant celui que France Culture met à disposition sur son site avec quelques jours de retard dans la plupart des cas. En outre, ce programme était accessible directement en un seul click, alors que celui de France Culture demande autant de changements de page qu'il y a de journées à consulter. On dit couramment que des professionnels non motivés font moins bien que les amateurs motivés même médiocres. Mais quand les professionnels sont eux-mêmes aussi médiocres que des fonctionnaires calquant leur conduite sur le théâtre de Nicolas Gogol, alors on ne se demande même plus si  les amateurs sont médiocres, inspirés, obsédés, passionnés ou affairés. Le résultat parle de lui-même.

Nessie


PS  : Depuis la rentrée de septembre 2014 le programme des Nuits de FC  est disponible en podcast & écoute à la demande, selon les mêmes modalités que le programme de jour. Cette nouveauté rend moins utile la parution du programme, qui jusque là permettait aux auditeurs de planifier leurs enregistrements. On peut donc réorienter ce fil vers une critique du programme des nuits. Par ailleurs, étant donné la quantité d'erreurs ou de disparitions dans la livraison podcast, on y assure maintenant comme service minimum la fourniture des liens vers les émissions qui, non accessibles en podcast, demandent une longue recherche sur le site de France Culture dont l'ergonomie est un peu plus malcommode à chaque nouvelle refonte.

Quant à l'organisation du programme de nuit, en janvier 2015 elle est la suivante :
- pour les 4 premiers soirs de la semaine, la tranche d'archives s'étend de 0h à 4h, suivie d'un "Sur les docks" en multidiffusion, et de L'Eloge du savoir.
- de vendredi à samedi, la tranche de nuit entièrement nourrie d'archives dure de 0h à 6h15, pour laisser la place au Magazine de la rédaction traitant d'un sujet toujours très judicieusement choisi.
- dans la nuit de samedi à dimanche, le programme de 0h à 6h30 intitulé "Nuit rêvée de ..."  est composé sur les suggestions d'un invité qui co-présente ou accompagne, commente, et dialogue avec un des producteurs de la nuit.
- la nuit de dimanche à lundi s'étend de 0h à 5h.

****************************
NOTA BENE : Fils de commentaires en lien avec le présent fil : Matinée des autres ; Nuits magnétiques ; Pour saluer Pierre Descargues.
* * *

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture dans France (in)Culture - le Lun 11 Jan 2016, 21:56

@Philaunet a écrit:
Mais il va falloir penser à abonder le fil « La pilule du bonheur » ou la rubrique « Le  fil où l'on ne dit que du bien » (oui, oui, elle existe).
+
@Philaunet a écrit:
La différence c'est que dans ce forum les usagers d'un service public souhaitent et demandent que le service proposé en retour d'un financement par le contribuable corresponde à la mission qui a été définie par la loi. (...)

Merci pour cette piqûre de rappel. Le programme des Nuits nous offre régulièrement de quoi alimenter ce fil, alors ne nous en privons pas. Récemment fred de rouen nous recommandait le : Une vie, une oeuvre, consacré à Lucrèce, qu'il en soit remercié.

Je propose de soumettre à votre écoute un extrait de l'émission La der des der (1914-1918) 1/2, dont Philaunet a déjà parlé ici et (vous y trouverez toutes les références afférentes) .

Le témoignage de Monsieur Letourneur (nous n'avons pas plus d'informations dans le descriptif, l'orthographe du nom est peut-être inexacte), bouleversant, ici en intégralité (19 mn) est livré avec des yeux étonnamment neufs, des années après :

A 3h13 : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/11/s44/RF_9CF402A1-F405-4E42-BCCB-CFC07F211E03_GENE.MP3" debut="193:02" fin="212:14"]

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Des lecteurs mémorables en novembre 1968 - le Mer 03 Fév 2016, 11:50

Pour ma part une des plus belles expériences d'écoute de lectures littéraires de ces dernières années : 50ème anniversaire du 11 novembre 1918 : Lectures de poèmes (1ère diffusion : 11/11/1968)*

Jean Négroni et Michel Bouquet lisent des textes de prose  et non des poèmes (sauf à la toute fin). Lesquels ? Ah, ce n'est pas dit par l'inutile Goémé avant et après la séquence (elle reprend violemment la parole dans le souffle de Bouquet à la fin de cette mémorable lecture, quelle grossièreté !). On apprend incidemment au milieu de l'émission qu'une lecture de Montherlant a été faite, et c'est splendide , langue et pensée. Le premier texte est mémorable, l'histoire du soldat Choquet (orthographe devinée, je ne trouve pas l'origine du texte, help, contributeurs).

*30.01.2016
45 min
Par Jacques Meyer - Avec Jean Négroni et Michel Bouquet - Réalisation Philippe Guinard

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Titrer correctement les podcasts - le Jeu 04 Fév 2016, 00:51

Version polie : « Cher monsieur Garbit, auriez vous la bonté de signaler à la personne chargée de la mise en ligne des podcasts des Nuits que certains titres sont erronés. Non que ce soit un drame, non, vous offrez un service inestimable en comparaison duquel les petits "soucis" indiqué plus bas sont insignifiants.

Ainsi les  Entretiens avec Georges Enesco 1/5 sont nommés Le bureau des rêves perdus - Le bureau des rêves perdus ou à la poursuite des rêves perdus - Les rêves perdus de Jean Renoir (1ère diffusion : 22/07/1954).

Par ailleurs, et pardon de le signaler également, les Entretiens avec Georges Enesco 2/5 ont comme titre Un livre, des voix - Un livre, des voix - Castanet, le camisard de l'Aigoual (1ère diffusion : 07/05/1979. Cette émission a certes son charme, mais son titre est erroné à cet endroit.

Enfin, pardonnez-moi de solliciter votre attention outre mesure, mais au lieu des Entretiens avec Georges Enesco 3/5 le podcast indique Les grandes conférences - Les grandes conférences - Du totem à l'antenne (1ère diffusion : 12/02/1954).

Avec tous mes remerciements pour votre attention et toute ma gratitude pour votre remarquable travail.

PS Serait-il possible de glisser un mot à votre collègue madame Goémé au sujet des annonces et désannonces des émissions. Un ton plus naturel siérait mieux à ces présentations. Et si elle pouvait aussi modérer son ardeur à reprendre la parole immédiatement après le dernier mot prononcé dans une émission, cela augmenterait sensiblement notre plaisir à écouter vos Nuits.

Version initialement prévue :  commentaire supprimé

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Marie-Hélène Fraïsse dans le programme de nuit entre deux manifs - le Dim 21 Fév 2016, 16:02

Avis aux fidèles du programme de nuit : les abrutis ont encore frappé. Reste à savoir lesquels : les amateurs qui orientent le programme vers le podcast, ou bien les abrutis qui ont embauché ces amateurs, ou bien les abrutis qui ont bricolé le nouveau site de façon que les opérateurs puissent se planter, ou encore quelque autre hypothèse  guère moins improbable ? On ne sait pas. Mais enfin vous les auditeurs qui cherchez vos émissions nocturnes du programme spécial conçu avec Emmanuelle Guattari, n'allez surtout pas clicker toutes les 5 minutes sur votre boite podcast des "Nuits spéciales & nuits rêvées" en pestant pour le retard : les émissions que vous cherchez ont simplement été déposées dans une autre boîte, celle des nuits ordinaires. Ainsi va la vie sur cette radio de branquignols.

Histoire de ne pas rester sur cette mauvaise impression, je signale un plutôt sympathique numéro d'Appel d'air, émission de Marie-Hélène Fraïssé. Ceux qui ne supportent plus le préchi-précha de cette productrice, exceptionnellement suspendu par exemple dans un numéro sur la pêche à la baleine, trouveront ici encore une bonne raison de ne pas complètement la rayer de leur programme personnel. Appel d’air du 17 janvier 2004   nous emmène à Reims sur la piste du Grand Jeu. C'est un documentaire-promenade assez proche de ce que font parfois les producteurs dans la Fabrique de l'histoire (il n'y a pas si longtemps c'était souvent dans les numéros du mercredi). Rediffusé dans le nuit du 11 février et disponible en podcast, et en plus dans la bonne boîte de podcast mazette quel luxe !
http://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/appel-dair-le-grand-jeu-les-pistes-remoises-1ere-diffusion

_________________
A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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Coup de chapeau - le Sam 27 Fév 2016, 08:55

On salue et l'on est prié d'applaudir la mise en ligne des présentations dignes de ce nom* pour chacune des émissions choisies dans La Nuit rêvée de Geneviève Patte - Entretien 1/3 (Nuit du 27 au 28 février). De la belle ouvrage (sauf la photo bancale de Geneviève Patte mise au "crédit" de Virginie Mourthé).

* Exemple : Vocations : entretien avec Julien Cain (1960)

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture dans France (in)Culture - le Mer 09 Mar 2016, 00:47

Les Nuits rediffusaient le 25 janvier 2016 un entretien de Noël Simsolo avec Antoine Bonfanti - Mémoires du siècle : Antoine Bonfati ingénieur du son au cinéma (1ère diffusion : 20 août 1997). Antoine Bonfanti, engagé dans la résistance en Corse durant ses années de jeunesse, est devenu ingénieur du son à la faveur d'un stage (à la perche) effectué sur le tournage du film La belle et la bête, de Jean Cocteau. Il a tout au long de sa carrière croisé plusieurs familles de cinéma : des cinéastes de la Nouvelle Vague (et Godard plus particulièrement avec le mixage de Pierrot le fou) à Gérard Oury, en passant par Marcel Carné ou Bernardo Bertolucci (Le dernier tango à Paris).

Mais avant d'embrasser cette carrière, Antoine Bonfanti a tent[é] l'aventure de l'O.R.T.F. de 1948 à 1950, en entrant au Poste Parisien.

Noël Simsolo : Qu'est-ce que c'était la radio à l'époque ?

Antoine Bonfanti : La radio à l'époque ? Bon, il y avait le journal parlé, il y avait toutes les chroniques et il y avait les pièces radiophoniques. Et les variétés. Or, les pièces radiophoniques de l'époque m'ont beaucoup appris, parce que le son radio, c'est le son qui fait entendre un décor à l'auditeur, et il [l'auditeur] imagine le décor. Et ça c'est extraordinaire. Dans mon métier, aujourd'hui encore, pour moi, un son hors-cadre est un son radio.

Simsolo : Ce qu'on appelle un « son off », c'est un son radio.

Bonfanti : C'est un son radio.

Simsolo : Est-ce que vous pensez que le son radio de l'époque, qui avait un côté encore une fois artisanal par le biais des machines, était plus évocateur de l'imaginaire que le son radio d'aujourd'hui ?

Bonfanti : Je crois. La mentalité a beaucoup changé « médiatiquement ». Et je crois qu'on est tombé dans un mauvais pli. C'est-à-dire qu'on ne donne plus au son son importance totale. Le son [créé à l'époque: 1997], c'est : on bouche des trous, on fait un tapis, c'est la moquette. Ce n'est plus le paysage. Et en même temps, la façon dont les commentateurs parlent maintenant en tapant sur tous les mots, en donnant une importance très forte à tous les mots, au lieu d'avoir un débit où c'est l'auditeur qui doit choisir la force de son mot, on lui imprime des mots dans la tête.

Simsolo : Y compris avec les sons qu'on ajoute.

Bonfanti : Oui, mais tout va dans ce sens-là.

Simsolo : A l'époque, donc, vous étiez au Poste Parisien, il y avait une espèce de liberté de création des gens qui faisaient du son, mais de liberté de création aussi de l'auditeur qui écoutait le son, c'est ça ?

Bonfanti : Absolument (...)

[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-25.01.2016-ITEMA_20897010-3.mp3" debut="16:56" fin="19:21"]

Un propos lucide et intelligent dont j'isole ici une deuxième fois la substantifique moelle : Et en même temps, la façon dont les commentateurs parlent maintenant en tapant sur tous les mots, en donnant une importance très forte à tous les mots, au lieu d'avoir un débit où c'est l'auditeur qui doit choisir la force de son mot, on lui imprime des mots dans la tête.

Caroline Broué est probablement la meilleure représentante de ces mots martelés, et Aurélie Charon la spécialiste du son utilisé comme de la moquette.

Mais le pire est cette écoute orientée par les producteurs de France Culture qui privent l'auditeur de la liberté de son jugement. L'auditeur qui doit choisir la force de son mot ne serait-il pas un peu le spectateur de cinéma devant un plan (mettant en scène une ou des actions) privilégiant une grande profondeur de champ qui ne distinguerait pas entre le premier ou le dernier plan, le flou ou le net, et laisserait donc toute la scène égale pour permettre à l'oeil de frayer librement (Cf. Citizen Kane, d'Orson Welles) ?

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la profondeur du chant... - le Mer 09 Mar 2016, 09:54

et pourtant dans "le fils de Saul" de  László Nemes
quel beau choix d'avoir réduit la profondeur de champ à zéro

profondeur ou pas de profondeur ?
Question d'éthique au cinéma
On ne se pose pas la question sur France inculte.

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La mort de Charles Péguy (1873-1914) - le Dim 13 Mar 2016, 08:49

Les Nuits donnent parfois l'occasion de recouper de façon inattendue deux archives distantes l'une de l'autre d'une quinzaine d'années. Les derniers jours de Charles Péguy ont ainsi été relatés dans l'émission : Dans leur intimité : Charles Péguy (1ère diffusion : 01.10.1968) et dans la première partie de La der des der (1ère diffusion le 28.08.1985).

Dans la première émission, Victor Boudon au micro de Nicole Strauss, témoigne du dernier mois de [l]a vie de Charles Péguy, tué au front à l'âge de 40 ans. Ignorant l'identité de son lieutenant, ce n'est qu'après sa mort qu'il apprit qui était le pion ou le maître d'école ou le Père Péguy (tel que que surnommé alors) dont les soldats suivaient les ordres. [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-27.01.2016-ITEMA_20898815-3.mp3" debut="104:30" fin="110:30"]

Dans la deuxième émission, Georges Mettra interroge Monsieur Tellier qui fait part de son admiration pour l'officier. Il en donne une description qui correspond à la réputation du personnage : austère et intransigeant. Le père de famille est mort à Villeroy, après un assaut isolé, non soutenu par les compagnies de soldats voisines qui n'ont pas bougé, en terrain complètement découvert, et devant 3 lignes de tirailleurs allemands. Autant dire la mort assurée. Victor Boudon évoqué ci-dessus est nommé à la fin de l'extrait. [son mp3="http://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2015/11/s44/RF_9CF402A1-F405-4E42-BCCB-CFC07F211E03_GENE.MP3" debut="123:50" fin="128:13"]

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''Plages normandes'' d'Eugène Boudin (19/08/1977) - le Mer 06 Avr 2016, 10:07

C'était en 1977 et a été rediffusé le 3 avril pour accompagner une exposition d'avril à septembre de cette année : Le nouveau Musée des Beaux-Arts du Havre : "Plages normandes" d'Eugène Boudin (19/08/1977). Les amis de l'ACR d'autrefois seront intéressés d'entendre que c'est René Farabet qui lit les textes (son nom est mentionné dans le générique de fin).

L'extrait ci-dessous donne une idée du rythme de l'émission. Ce n'est pas La Dispute... Ça rappellerait plutôt Pierre Descargues, autre passeur de France Culture des années 1970 à 90. On peut encore entendre aujourd'hui des émissions de ce genre dans Par Ouï-Dire de la RTBF. Et à France Culture, où ?

[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-03.04.2016-ITEMA_20948907-6.mp3" debut="06:14" fin="11:37"]
À noter qu'il est quasiment impossible de voir le minutage du lecteur audio en raison de la superposition du titre de l'émission sur ledit lecteur (déjà signalé à plusieurs reprises par Jean-Luuc, comme ici). Le prétendu médiateur répond à tous ceux qui s'interrogent sur ce lecteur que "les équipes techniques" (combien de personnes ?) travaillent sur la question. (Rires...)

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Une perle : vérité et fidélité du son, l'enregistrement, l'écoute. - le Ven 08 Avr 2016, 22:34

Une perle du programme des Nuits, une émission produite en 1964 et diffusée le 6 avril 2016 : Magie et vérité des sons - Jean-Marie Grenier (1ère diffusion : 14/08/1964)

Aucun descriptif, hélas, pour cette riche production de 2h05 qui traite des outils d'enregistrement et de reproduction du son, notamment de musique. Guy Erismann y interroge l'enthousiaste preneur de son Jean-Marie Grenier. Peut-être France Culture attend-elle que Regards fasse son travail, comme Nessie l'a longtemps fait dans ce fil en annonçant et décrivant à l'avance, parfois abondamment, les émissions nocturnes ? Alors rendez-vous dans la rubrique La musique à France Culture.

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Verdun 1/2 - le Mar 31 Mai 2016, 04:52

A l’occasion de la journée de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun (dimanche 29 mai 2016), revenons encore une fois (car déjà abordé dans ce fil) sur ces émissions d’envergure que sont les deux volets de La der des der, et plus particulièrement sur la deuxième moitié, diffusée pour la première fois le 25 août 1985 : La der des der (1914-1918) 2/2.

Suivant le fil de la réflexion proposée par Georges Mettra alternant témoignages d’anciens combattants et histoire de la bataille (en gras), je me propose de transcrire ci-dessous quelques paroles extraites des 35 premières minutes sur les 4h40 que compte l’émission.

Après un discours du Maréchal Pétain, prononcé lors de l’inauguration de l’ossuaire de Douaumont le 18 septembre 1927, Georges Mettra commence :

En 1916, c’est Verdun qui a été choisi par le généralissime allemand Falkenhayn pour être le lieu de la percée allemande. Pour le meilleur et pour le pire, le nom de Pétain est lié à la bataille de Verdun. On disait la victoire de Verdun, on a dit la bataille. Il suffisait aujourd’hui de dire Verdun. Et l’effroi tient en un chiffre : un million de morts, soit environ 500 000 Français, 500 000 Allemands sur 20 km2.

Passé le témoignage de monsieur Vincent, Mettra continue : Le 21 février à l’aube, le canon allemand tonne sur Verdun. La bataille commence. C’est là que le général Falkenhayn a décidé de percer le front, à l’assaut d’une forteresse qu’il encercle déjà pour les deux tiers et dont presque tous les forts ont été désarmés pour suppléer au manque d’artillerie de campagne de l’armée française. C’est un bombardement sans précédent qui s’abat sur les premières lignes qui défendent la citadelle au nord. Un feu roulant qui va écraser les malheureux défenseurs et surprendre l’Etat Major qui croit longtemps encoe à une diversion préliminaire à une attaque en Champagne. Douaumont le plus puissant des forts est prise sans résistance. Il n’a plus ni canons, ni artilleurs. 60 000 Français soldats tués en une semaine vont être le prix de cette négligence.

M. Leroy, interrogé en 1965 par Pierre Sipriot, ancien officier sous les ordres du lieutenant-colonel Emile Driant, relate avec force précision l’attaque des 21 et 22 février 1916 attendue depuis une dizaine de jours. Les premiers instants de l'attaque allemande :

Un peu avant 7 heures, le colonel Driant qui avait le pressentiment que l'attaque des Allemands que nous attendions déjà depuis une dizaine de jours serait déclenchée ce jour-là. Vers 7 heures, je venais comme officier pionnier de mettre en route tout un peloton de travailleurs pour le renforcement des réseaux devant la ligne de résistance, lorsque j'aperçus le lieutenant-colonel Driant en inspection dans le Bois des Caures. Il vint vers moi, me donna quelques conseils pour activer les travaux. Quand tout à coup, quatre coups de cadron (?) furent tirés par les Allemands. C'était un signal. Aussitôt, un déluge d'obus de tous calibres s'abattaient sur le Bois en entier. Le bombardement était effrayant, c'était un enfer. Bientôt des abris furent écroulés. C'est ainsi que mes travailleurs qui s'étaient réfugiés dans un abri avec le sous-lieutenant Brouillard furent complètement écrasés en plein bombardement. Nous assurâmes le sauvetage avec l'aide du sergent Kaplan. Le P.C. du colonel Driant - un P.C. bétonné cependant - fut atteint par un obus et en plein fouet démolissant son aile gauche où se trouvaient les officiers de liaison. Le lieutenant Petitcollot adjoint du colonel fut tué à côté de moi. Et d'autres blessés. Le bombardement dura jusqu'à 17 heures. Puis les Allemands allongèrent le tir et se ruèrent vers nos tranchées de premières lignes. Mais à leur grande surprise, les chasseurs survivants les reçurent à coups de grenade. Malgré tout, ils prirent pied dans nos tranchées de première ligne. Toutefois, les garnisons de soutien contre-attaquèrent et dans la nuit, presque toutes les tranchées de première ligne furent reprises. À 7 heures du matin, le lendemain, 22 février, le bombardement reprit avec une intensité peut-être plus violente que la vieille. À midi, mais cette-fois-ci, les Allemands nous attaquèrent en très grand nombre : 6000 hommes étaient engagés devant les débris du 56è et 57è bataillon de chasseurs. Les premières lignes furent vite prises, bien que nos chasseurs se défendirent comme des lions. Ils se bâtirent à coups de baïonnettes, de couteaux, tous leurs fusils étant détruits par les bombardements. Presque tous les officiers tombèrent, tués ou grièvement blessés. Bientôt, les Allemands se portèrent sur la ligne de résistance, tenue par la 8è compagnie du lieutenant Simon. Ensuite le P.C. du colonel Driant fut organisé défensivement. C'est là où j'ai vu le colonel Driant faire le coup de feu lui-même. Mais la situation était tragique car les Allemands ne pouvant nous prendre de front firent un mouvement d'encerclement, et à ce moment, nous devions périr sur place ou être prisonnier.

Être prisonnier. Tant pis, nous tenterons la percée. Des petites colonnes se formèrent à la tête desquelles se mirent chacun un officier. À ce moment, le colonel me donna l'ordre de porter l'ordre de repli à un capitaine-commandant à une compagnie du 65è venu en renfort pendant la nuit. J'exécutais l'ordre avec un chasseur lorsque je revins seul, malheureusement les Allemands avaient formé le cercle. Caché dans un trou d'obus, je les vis tirer sur mes pauvres camarades rampant sur la pente de Douaumont. C'est à ce moment que le colonel Driant sautant dans un trou d'obus fut atteint d'une balle à la tête. Il se retourna, cria : « Oh là mon Dieu ! » et tomba mortellement atteint. Peu de temps après, le commandant Renoir de 59è, était lui-même mortellement atteint.

J'ai pu regagner à la nuit Vacherauville, et avec l'aide du lieutenant Simon, nous avons rassemblé 43 chasseurs. Du 56è, le capitaine Vincent, commandant de bataillon, atteint de deux blessures put rejoindre avec trois officiers et 60 chasseurs du 59è trois officiers et 43 chasseurs. C'est tout ce qui restait de 1200 combattants.


Mettra : Lorsque le général Pétain, nommé responsable du secteur arrive une semaine plus tard à Verdun, il se trouve devant un désastre, un front à demi enfoncé. Douaumont tombé, réarmé par l’ennemi, tourne ses canons vers la ville. 25 000 Français sont tombés dans la fournaise, la ville est à bout de munition, d’hommes et de matériel. Et l’unique voie d’accès qui va de Bar-le-Duc à Verdun est sous le feu de l’ennemi. La riposte va s’organiser rapidement.

M. Vincent, agent de liaison en 1916 : Verdun, ça absorbait au moins 80 à 90 000 hommes par semaine. Que ça bouffait. Et de 80 à 100 000 tonnes de camelote : ravitaillement, obus, munitions, et tout. (…) Et Pétain, quand il est arrivé, au bout de 24h qu’il était là, il a inventé la « Voie Sacrée ». C’est comme ça qu’elle s’est appelée. Parce que cette route-là, qui était une petite route, hé bien, il a lancé quand même avec le capitaine Doumenc de l’époque - qui a pris ça en main, le commandement - avec 3700 camions, qui faisait la noria Bar-le-Duc - Verdun, Bar-le-Duc - Verdun, et puis qui tournait, qui tournait, qui tournait. Alors, la route en l’espace de quelques jours : foutue ! Pétain a fait installer des carrières, à Balincourt, tout le long de la route de Bar-le-Duc, il y avait des forçats qui étaient là-dedans, des punis de travaux publics avec les grandes casquettes, tout ça, pour extraire la pierre. Alors, ils ont fait des petites voies ferrées, ils avaient fait des chargements, des silos à pierre, ils venaient avec les wagonnets, ils versaient le silo et quand les camions arrivaient, ils se mettaient en dessous, on ouvrait le silo, et ils allaient mettre ça sur la route. Ils ont rélargi la route en même temps qu’ils la réparaient. Et alors, uniquement les camions qui avaient le droit. Les piétons, il fallait marcher sur les champs, à côté, dans la merde (…).

Pendant 18 jours, j’ai fait Vaux-Chapitre – Soully, tous les matins. Je partais à 2 heures du matin – j’étais content parce que je me barrais de l’enfer – hé bien, ce qu’il y avait de démoralisant (…), c’est qu’il fallait repartir : porter des ordres, porter des plis. Même quand on était stable, il y avait des plis à porter à l’arrière. Il fallait traverser tout le zinzin. Et à Verdun, c’étaient les trous d’obus, avec la flotte, la mêlasse, les bourricots crevés, les cadavres des pauvres soldats qui étaient là. Des cadavres partout. Alors la nuit, quand il faut faire ça - parce qu’on le faisait surtout la nuit, parce que le jour on était foutu en l’air – vous ne voyez pas clair, alors, on se foutait la gueule dans les trous d’obus, on s’en sortait comme on pouvait. Avec la nuit, vous aviez tout d’un coup une lumière formidable, il y avait une fusée qui éclatait : on voyait tout. Et puis tout d’un coup, hop : le noir. Ça re-bombardait : on se jetait dans un trou. Deux, trois cadavres là-dedans, ça puait, ça schlinguait, c’était infernal. Et puis alors, quand vous arriviez et vous vous couchiez à côté dans le tas, vous aviez cinquante rats qui vous tombaient dessus. C’était infernal, infernal, infernal. Des fois, je suis peut-être resté deux heures dans un trou sans pouvoir bouger avec la trouille, le machin, ne sachant plus où aller, je savais même plus de quel côté j’étais… Tandis que en compagnie, on était toujours avec des copains quand même. Ce n’était pas pareil. D’être tout seul abandonné dans des trous d’obus, avec des macchabées comme ça, je peux dire que des fois, j’ai eu peur. (…) Il vous tombait un obus à deux, trois mètres, vous étiez dans le trou, on ne risquait rien. Mais vous aviez deux mètres cube de terre qui vous arrivaient sur la gueule. Alors, il fallait se dégager, sortir de là-dedans. (…) Il valait mieux ça que de glisser dans un trou avec de l’eau parce que là, on ne s’en sortait pas si on n’avait pas un copain pour vous sortir. Moi, j’ai gueulé deux, trois fois, j’ai hurlé à des gars qui passaient pour venir me sortir. (…) C’était la boue, gluante, qui vous accrochait. C’étaient des ventouses quoi.

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