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La défaite de la culture (© Nessie)    Page 1 sur 3

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La défaite de la culture (© Nessie) - le Sam 09 Jan 2010, 20:15

Je reprends ici une expression lue dans l'un des derniers messages de Nessie car elle illustre parfaitement ce que l'on entend à présent.

J'ai failli m'étrangler en écoutant ce bonimenteur de Téoufique Hakem présenter en fanfare un"Cabaret Camus" agrémenté de musiques d'un goût douteux. À présent lecture – sabrée – d'un texte, sur fond de guitare électrique et d'applaudissements.

Il faut vraiment France Culture pour nous inventer cette daube sans nom. Un "cabaret Camus"... Ils nous auront vraiment tout fait.

On ne pourrait donc pas laisser Camus tranquille ? Cette émission ressemble à un pur prétexte pour inviter les copains de Téoufique. Quelle honte. Quelle nullité. Et bien entendu des allusions lourdingues à l'actualité, des phrases galvaudées.

Suffit, je coupe. C'est une honte.
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France Culture, radio politique - le Lun 11 Jan 2010, 17:35

On nous dit que France Culture est devenue une radio politique et qu’il serait temps d’en tenir compte. Mais on en tient compte depuis le début, on en tient compte pour dire qu’on n’est pas d’accord, parce que le militantisme y introduit son front de taureau dans la quasi-totalité de ce que fait la rédaction, et dans une bonne part des magazines en direct. Ensuite parce que même si en tant que radio d’information politique elle est meilleure que d’autres, on ne voit pas pourquoi ça doit se faire au détriment de la culture. Si on veut une radio d’info qui soit excellente, qu’on améliore les autres ou qu’on en crée une, et qu’on nous laisse (ou plutôt qu’on nous rende) la radio qui s’appelait France Culture.

Illustration de cette dérive : en décembre 2009, mort de Pierre Chaunu. Jean Lebrun se fend d'un billet sur son blog et puis tout le monde s'en fout. Après un enterrement radiophonique à  la sauvette dans la Fabrique de l’histoire, c’est 2 mois plus tard que la chaîne rediffuse un Lundis de l’Histoire de 1970. Par respect pour les producteurs de la Nuit de FC, on ose penser que c'est pas totalement un hasard. N’empêche que ça s’est fait sans avoir annoncé  dans le programme en ligne la présence de Chaunu dans l’émission.

France Culture est toutefois capable d’offrir un autre tableau : quand Philippe Séguin meurt dans la nuit et qu’on l’apprend à 8h15 soit en fin de journal, Marc Voinchet réactif et pro, modifie d'un coup le programme de sa matinale. Alors pas de bol pour une fois qu'aux Matins l'invité était pas trop actu et plutôt cultu, zzzoupf un bon tiers de l’émission passe à la trappe « excusez-nous Robert Darnton mais le conducteur de l’émission va s’en trouver un peu bouleversé » ben oui l’auditeur se demande par quel miracle après seulement 14’ on essaie de revenir au sujet ? C’est que Philippe Séguin le valait bien ; et qui dira le contraire, eh bien pas moi. Enfin je dis 14’ mais comme le sujet colle, colle, de Laurentin initialement prévu pour commenter le livre de Darnton, à Caroline Eliacheff, on continue à Séguiner et ça se traîne, et ça se traîne on aura bouffé 20’ de radio culturelle, tout ça pour être just in time sur l’événement....  et imiter les collègues, y compris ceux de la même maison puisqu’à la même heure l’invité de France Inter c’est -par chance mais sans surprise- Jospin qui tartine sur le même sujet.

Alors on pourrait aussi ne pas trop se plaindre, surtout si on se dit que c'était pas si mal fait : par chance on avait sur place 2 types qui l’ont connu de très près. Imaginons ce que ça eut donné avec les aboiements hilares de Baddou et les jeux de mots foireux de Crimon, on frémit rien que d’y penser. Remarquez, l’analyse farcie de clichés de Hubert Huertas qui se la joue grande voix du journalisme pour sortir un tissu de banalités, ça ne vole pas beaucoup plus haut. Enfin on se plaint pas trop : l’évocation est probablement fidèle de bon niveau. Bonne radio donc, si on veut, (on verra s’il y a ici des commentaires en réponse) mais point de culture ou plus précisément : encore moins de culture que prévu, tout ça pour suivre l’événement. Le bilan c’est donc une fois de plus le recul de la culture sur France Culture, au profit de l’info politique. Donc oui, France Culture est bien devenu une radio politique, une radio comme une autre. Et où entendra-t-on Robert Darnton  ?? Le véritable problème de FC ou plutôt le véritable problème que ça pose aux auditeurs, est bien là : un paysage radiophonique qui bientôt ne laissera plus le choix qu’entre le divertissement débile et l’obsession politique. La défaite de la culture est là, jusque sur France Culture.

A la question "où entendra-t-on Robert Darnton ?" on peut répondre :
en consultant cette bonne page des archives audiovisuelles de la recherche en SHS

Hélas c'est un enregistrement de 2004.
Mais c'est toujours ça que les nécrophages n'auront pas...

Additif du 11 février : depuis cette semi-déprogrammation aux matins,
on a pu entendre Robert Darnton aux Lundis de l'histoire du 14/02/2010.
Emission disponible à la réécoute pendant un mois.
Additif du 18 mars : depuis cette semi-déprogrammation aux matins,
on a pu entendre Robert Darnton à la Fabrique de l'histoire du 8/03/2010
Emission disponible à la réécoute pendant un mois.

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Après Séguin, Rohmer - le Mar 19 Jan 2010, 10:09

France Culture est-elle toujours une chaine culturelle ? A certaines heures, c'est indubitable. Mais entre 7h et 9h, malgré la décontraction que nous apporte Voinchet, tellement différent d'avec le style du précédent radioteur de la tranche (nos oreilles saignent encore), malgré la proportion des sujets actu-politique et des sujets culturels (quelque chose comme 80/20 ?), on ne sort pas, finalement, d’un certain esprit actu et de l’idée d’une radio en temps réel. La façon dont FC a traité la disparition de Philippe Séguin puis d’Eric Rohmer en est un exemple. Et on peut se poser la question : l'hommage rendu par France Culture à Eric Rohmer sera-t-il finalement plus nourri et/ou mieux fait, que celui qu'elle a accordé à Philippe Séguin ?

- Pour Rohmer, davantage de temps d'antenne, diront ceux qui croient qu'on peut calculer et mesurer sans tenir compte du sens des chiffres qu'on aligne dans des colonnes.
- Pour Rohmer, une plus grande variété d’émissions, et à défaut d’une soirée esspéciale, un hommage étalé dans la durée. C’est mieux, non ? Réponse : mais si c’est mieux. Auditeur content.
- En tous cas, hommage rendu avec une aussi bonne réactivité : les matins, interrompus tout pareil, et l'invité mis sur la touche tout pareil. Ben justement : c'est là que ça se gâte.

Quelle est la priorité, sur FC ? Quand on a M. Amartya Sen dans le studio, c'est à dire une sommité mondiale, est-ce que c'est bien jouer le coup, que de liquider une partie de son temps d'antenne pour saluer le départ d'un cinéaste, certes chéri par les intellos de la chaine (on n'en fera pas autant pour Zidi ou Lautner) mais enfin au plan des priorités, il est permis de douter que le choix ait été bien judicieux. On veut bien croire que l’économiste ne s’était pas déplacé exprès de Harvard, comme une semaine plus tôt l’historien Darnton avait pas fait le presque même voyage juste pour venir au micro de FC. N’empêche que bazarder un entretien avec l’invité dans l’unique créneau annuel qu’on lui consacre, pour livrer à la place un hommage qu’on pouvait faire aussi bien et peut-être mieux une heure plus tard (pourquoi ne pas squeezer plutôt La fabrique de l’histoire, au fait ?), qu’est-ce que ça veut dire, sinon accorder le primat à l’immédiat au détriment de l’unique ? Car c’est bien ça : des deux sujets mis en balance (l’invité ou la nécro), le plus riche en information, le plus spécifique, c’est d’avoir devant soi au micro Amartya Sen ou Robert Darnton. Donc il faut le dire clairement : on a sabré une occasion unique d’entendre Sen et Darnton, pour placer de l’archive d’actu ou de la réaction à chaud qui pouvait tout aussi bien passer une heure plus tard ou au journal de midi, et qu’on trouvera de toutes façons en cours de matinée chez les concurrents. Qu’on soit gourmand de politique ou de culture est finalement secondaire : c’est bien le produit rare qu’on a sacrifié, non pour un produit frais, mais pour celui dont on pensait qu’il y avait un plus grand appétit.

Cette programmation qui croit s’aligner sur une demande en dit long sur le sens des priorités tel qu’on le pratique à FC. Le problème de cette station, c’est peut-être qu’un certain esprit "journaliste" a envahit la chaine. Cette dernière formule n’a en soi rien d'offensant. C'est très bien le journalisme. Sans journalisme il n'y aurait pas de démocratie etc oui on sait tout ça. Non le problème c'est le mélange des genres. A mélanger la culture et le journalisme, on ne produit ni l’un ni l’autre : on produit de la bouillie radiophonique. De même qu’on se demande souvent au nom de quelle conception de la hiérarchie entre événements se fait le sommaire du Journal de FC. Voir ce qu’on en dit parfois dans le fil de discute consacré aux journaux de FC.

Enfin pour ce qui est de la performance, aspect secondaire mais non nul, eh bien ça se discute. La disparition de Rohmer était des deux la plus prévisible sinon attendue (pour ceux qui ignorent : les nécros ça se prépare et ça se prévoit, celle de Rohmer à 90 piges était plus prévisible que la mort cardiaque de Séguin à 66 ans). Passons donc sur la performance d’une radio qui au fil des années se la joue de plus en plus fréquemment comme un numéro perso inspiré de la série télé « Urgences ». En oubliant que la culture et la voltige ça fait deux.

Ps : un autre post sur le même thème ici.

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De la radio politisée à la radio politique (et non l'inverse) - le Jeu 21 Jan 2010, 11:31

De France Culture = radio politique, à France Culture = radio politisée, il n'y a qu'un pas, mais dans quel sens ?

En 1999 le programme de FC a connu un changement de cap selon 2 aspects importants :
- augmentation de la part du direct et réduction des émissions montées et élaborées ; ceci dit sans préjuger de la qualité , ni du coût de production, ni de l'investissement en répparation, sujets qui méritent en soi discussion mais sont un peu hors de notre portée en tant qu'auditeurs)
- augmentation de la part des sujets du présent éco-socio-actu-politique et diminution des sujets que le vocabulaire courant désigne sous le mot de "culture" : les savoirs, les arts, les sciences, les lettres, le patrimoine de connaissance

A la rentrée de septembre 1999 ce changement fut brutal mais non total : nombre d'émissions avaient survécu. Progressivement, elles ont disparu pour laisser la place à la grille actuelle. En 10 ans, France Culture a maintenant presque complètement changé de visage sinon de sonorité : outre un lien à la mémoire sonore très perceptible dans le recours aux archives, de la période précédente il reste quelques voix, certains noms à la direction du programme, et il reste aussi un potentiel d'élaboration qu'on entend encore très clairement dans les fictions et la création, ainsi que dans les reportages élaborés qui sont présentés comme étant des "documentaires".

Ce à quoi on a assisté après septembre 1999 dans certains débats d'associations dont une créée pour la circonstance, c'est à une réaction politisée et même militante : FC s'est vu accuser d'être une radio de droite, aux ordres de la mondialisation néo-libérale. Les auditeurs qui regrettaient la réduction des émissions culturelles se sont vus quant à eux mis sur la touche par les tenants d'une sorte de "critique radicale" de FC, critique qui comportait nombre de remarques justes, mais critique qu'on pouvait aussi juger unilatérale et mono-orientée. A condition, encore d'avoir le droit de le dire. La tolérance n'étant pas une qualité très répandue dans certains cercles militants, ce second point de vue n'eut guère le droit de s'exprimer. Dans les années qui suivirent, la polémique resta récurrente notamment dans un forum de discussion maintenant disparu.

Ici ce résumé prend fin, mais pas l’histoire : car 10 ans après, cette critique court encore, comme en témoigne un débat récurrent sur un blog voisin. Ce débat est piégé, comme tout débat politique en France. Toutefois, je reporte ci-après quelques éléments pour servir au débat : d’abord un post critique datant d’une quinzaine de jours, ensuite non pas ma réponse à ce post, mais mon intervention à ceux qui l’ont critiqué en réactivant l’attitude décrite plus haut : l’accusation de parti-pris idéologique. Réponse que j’ai remaniée (en modifiant surtout l’intro) pour la débarrasser de ses éléments ne visant qu'à désamorcer les attaques personnelles et les diversions dont sont friands les débatteurs militants, mais qui n’apportent que confusion au débat.

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Re: La défaite de la culture (© Nessie) - le Jeu 21 Jan 2010, 11:37

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Sur le blog de Jean Lebrun, on a pu lire en commentaire un reproche fait à la rédaction de FC, d’ouvrir chaque dimanche le micro à un propos moins journalistique qu’idéologique. Ce reproche, relayé par nous ici, a été suivi d’un reproche symétrique d’offrir au Figaro une tribune sur FC. Je ne relaye pas la suite du débat, qui promet de s’envenimer si le second ne se calme pas. Mais comme la critique est récurrente (cf post précédent), il m’a semblé qu’un non-lecteur du Figaro pouvait essayer d’y répondre :

A lire la critique radicale et politisée contre France Culture, on dirait que la matinale est vendue au Figaro, comme jadis on disait que toute la chaine était devenue un agent de la mondialisation néo-libérale. C’est un peu court, de résumer la présence de deux chroniqueurs d’un journal, à une tribune accordée à ce journal. Et encore plus court d’en déduire un déséquilibre. C’est même le contraire, et là est le drame de cette radio : un bilan rigoureux de la présence des chroniqueurs de la matinale devrait tenir compte de la sensibilité politique des autres chroniqueurs. Ensuite de quoi on en viendrait à sortir une fois de plus sa calculette pour déterminer si –au vu des matins- FC penche à droite ou à gauche. Ensuite de quoi on se rendrait peut-être compte que la direction de FC s’efforce (et pas seulement le matin, mais en général) de donner approximativement la parole en quantité égale aux deux camps, précisément par souci d’éviter l’accusation de préférence pour l’un ou l’autre. Le résultat est à l’inverse de l’objectif : nombre d’auditeurs l’accusent de favoriser l’autre camp que le sien. Il reste une troisième catégorie d’auditeurs, ceux qui ne se sentent ni de droite ni de gauche (ne vous en déplaise, ce ne sont pas des débiles mentaux pour autant), et qui trouveront plutôt que cette radio qui se dit (se croit ?) culturelle donne trop de place aux prises de position idéologique et à la politique. De même, d’ailleurs, que les discussions sur les programmes selon la même règle de contamination des conversations, maladie endémique en France.

Passons à ces deux chroniqueurs que les militants aiment fusiller : Alain-Gérard Slama et Alexandre Adler. En premier lieu, leur profil journalistique et politique est assez différent, de même que leurs états de service en tant qu’essayistes. Résumer ces profils et ces personnes par une appartenance à un journal, et le même en plus, c’est commettre une erreur de raisonnement à la fois courante et funeste. Et il ne s’agit pas seulement d’amalgame : c’est tout simplement remplacer le jugement individuel par le jugement catégoriel, or nous savons que c’est là le fondement du racisme. Je ne dis pas que vous l’êtes, mais je dis que le point de vue que vous présentez y conduit. Merci de saisir et de respecter cette nuance.
A titre d’exemple qui vaudrait démonstration , dira-t-on que Jean-Claude Casanova, parce qu’il est éditorialiste associé au Monde, est un homme de gauche ? Je ne pose pas la question pour recevoir une réponse, mais pour attirer l’attention sur ce qu’il y a de simplificateur et de stérile dans le jugement automatique d’appartenance, surtout s’il sert de prétexte au procès idéologique ou moral.

Pour parler un tout petit peu plus précisément des chroniqueurs de la matinale, en commençant par Adler : on peut n’avoir rien à redire à sa chronique sans pour autant la soutenir par défaut (cette accusation récurrente qu’on nous fait n’apporte rien au débat) … parce qu’on ne l’entend pas. Pour ma part, je l’évite soigneusement. Quand j’écoute les Matins c’est presque toujours en différé ; je passe par-dessus le Journal et la chronique Adler, pour reprendre directement au retour de l’invité. C’est qu’à 8h je préfère écouter les infos de la radio Suisse Espace2, moins dramatisantes, moins sensationnelles, moins répétitives que celles de la rédaction de FC. D’ailleurs je prends mon élan au moment de la chronique Duhamel, que je zappe assez aisément quand elle me semble lourdement rhétorique (souvent) ou engagée à l’excès (presque toujours). Quant à la chronique de Slama, elle est la seule de toute la matinale à porter toujours sur le sujet de l’émission, et donc se trouve bien mieux à sa place entre la parole de l’invité et le débat. Et la personne qui parle chaque jour un peu avant 8h30, c’est M. Slama, c’est pas le directeur du Figaro, ni un think-tank imaginaire nommé « Figaro ». C’est Slama, avec ses qualités et ses défauts, avec sa culture et son expérience, avec ses caractéristiques propres de polémiste et d’essayiste. Et ne vous en déplaise, on peut juger que ses analyses sont à la fois plus profondes et mieux construites que celles, disons, de Duhamel, et pour ces raisons les juger plus enrichissantes pour la pensée, cela sans avoir soi-même jamais voté à droite…. Maintenant, s’il faut approfondir et justifier, alors il faudrait partir de quelque chose d’un peu solide, c’est à dire des chroniques elles-mêmes, plutôt que des éternels jugements dans le vide. Et si le blog de Jean Lebrun n’a pas été fait pour ça, autant ouvrir le débat ici, sur RFC, par exemple dans un fil consacré à Duhamel, Adler & Slama, ou bien dans le fil des Matins (mais ça serait dommage peut-être) pourquoi pas dans ce même fil, à la suite de ce post...

A chacun de voir ...

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Parmi différentes façons d'enterrer la radio culturelle : - le Ven 29 Jan 2010, 18:36

La défaite de la culleture, c'est aussi le victoire du tiré-de-mouchoir.

Il y a peu encore, Emmanuel Laurentin était le grand spécialiste de l'exercice. Il est maintenant régulièrement enfoncé par le Sur les Docks de Jean Lebrun, comme en témoigne ce post critique publié au salon international du mérou-club cet après-midi même et reporté ici par notre envoyé spécial :
===============================================================================
29 Janv 2010 - 13h38
Quant à moi, je suis impatiente d’écouter le numéro de Sur les Docks
d’aujourd’hui :

“Ils vivent dans des bourgs, des villages ou des hameaux de l’Indre, dans un des
trente départements fragilisés par le manque d’emploi, la désertification et le
vieillissement de la population. L’instauration du RMI en 1988 s’inscrivait dans le
champ de la lutte contre la pauvreté assortie d’une garantie de protection
sociale”

On dirait presque de la caricature de France Culture : évacuez les connaissances,
évacuez la découverte, la surprise, et remplacez tout ça par du social bien lourd,
du reportage tire-larme…


Une heure de moins pour France Culture !

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Les combats de la culture ? - le Sam 06 Fév 2010, 13:26

Il n'y a pas si longtemps dans un autre fil on avait cordialement reproché à Vincent d'user du terme et de l'expression "opposer" & "vous ne pouvez pas opposer". Mais peut-être était-ce dans un sens proche de l'analyse structurale, en effet on peut dire que le programme de stock s'oppose au programme de flux, même si on n'entend pas diviser tout ça strictement en types purs.

Mais dans ce fil ouvert sous le titre "Défaite", on peut reprendre le verbe "opposer" dans un sens courant : opposition = lutte, combat, avec en perspective la défaite de la culture. Cette défaite c'est le risque que court FC et donc l'auditeur, quand c'est non seulement dans l'analyse, mais dans les objectifs à atteindre, qu'on oppose :
- la culture vs l'actu en temps réel (cf post 1)
- la culture vs le militantisme saucial, forme idéologiquement correcte du sensationnel (cf post 2)

Mais aussi :
- la culture vs l'actu en général : plus besoin de chercher des sujets ! On ira les cherche dans les colonnes des autres media, qui les fournissent en abondance.
- la culture vs la pratique des alarmismes contemporains : grippe, climat, crise à venir, démographie, santé, insécurité, risques politiques, terrorisme, n'en jetez plus de ce pain béni pour Alberganti, Sylvain Kahn, Julie Clarini, la rédaction
- la culture vs la désignation de coupables selon la norme idéologico-morale de l'intelligentsia. En clair : diaboliser le pouvoir, la mondialisation, la vie économique via quelques uns de ses acteurs puissants. Mais tout ça avec moins d'analyses en profondeur que de pétitions de principe, et surtout, surtout, en l'absence complète de toute vérification empirique. Bref on diabolise pour diaboliser, pratique usuelle du journalisme d'opinion, du militantisme, et du commentaire de bistrot.
- la culture c'est-à-dire l'immense étendue des sujets possibles vs la demi-douzaine de thématiques que ressasse France Culture depuis 1999 : prison, insécurité, misérabilisme et justice sociale, génocides, crise économique + la nouvelle norme de la middle-intelligentsia qu'est l'écologisme politisé, avec son cortège de marronniers à floraison permanente (OGM, Nano-technologies, climat, eau, santé)
- la culture vs les marottes de certains producteurs titularisés. Rappelons qu'en passant d'un programme fait par plusieurs centaines de producteurs délégués et intermittents, à un partage à 90/10 de titulaires et d'intermittents (sachant qu'en plus un tiers du programme est composé de quotidiennes), on a tout simplement divisé par 4 ou 5 la réserve d'inspiration et de sujets où puiser pour produire une radio culturelle, car la culture c'est varié. France Culture est en phase de réduction thématique toujours croissante depuis 10 ans et ça s'entend...
- la culture vs le sport ; et ça sur FC ça nous guette...
- la culture que l'on produit en proposant des émissions élaborées et montées vs les émissions en direct qu'on sent insuffisamment préparées, et qui parfois ne sont plus que des tables ronde à 2 tours entre experts, sur des sujets ressassés, qui plus est !

Ce fil ne manque donc pas de sujets potentiels, hélas, mais sauf les derniers de cette liste, ils sont assez peu radiophoniques : pour la majorité d'entre eux, on y observe surtout les dérives et le délire de ce qu'on cherche à faire passer pour la vie des idées en France, mais qui n'est que la vie d'un bistrot haut-de-gamme.

En tous cas il y en a un qui ne pouvait pas échapper au fil : la culture vs l'audience...

(suite à venir car le chantier en cours - mais qui veut répondre est invité à le faire sans attendre...)

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Antinomie - le Jeu 18 Fév 2010, 09:03

La défaite de la culture on l'entend chaque jour annoncée dans les tranches d'auto-promotion c'est-à-dire ces moments où l'on annonce les autres émissions de la station. Par exemple à 14h chaque jour on peut entendre une présentation de la matinale de Voinchet, avec un aperçu de l'ambiance enjouée et sympathique, un gingle, un coup de passage de micro, bref les oreilles de l'auditeur ne saignent plus comme il y a un an quand la même tranche était animée par le gueulard des ondes qui maintenant saoule l'auditeur chaque samedi à 15h, n'empêche que si la forme s'est améliorée, sur le fond rien n'a changé : "Chaque jour à 7h, un réflexe : les Matins de France Culture. Une matinale en prise directe avec l'actualité : actualité culturelle, tensions sociales, recompositions politiques, nouveaux équilibres mondiaux. Une matinale rythmée par des journaux, un entretien, et des chroniques. Saisir l'actualité, éclairer les enjeux. Les Matins de France Culture, animé par Marc Voinchet ".

Parce que rien n'est plus antinomique que Culture et Actu, d'avoir sur FC une matinale à ce point dévolue à l'actualité, c'est la défaite de la culture.

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Samedi matin c'est France Baratin - le Sam 06 Mar 2010, 11:20

Quel bilan ce samedi matin !!

- 7h : Le gaspillage de l'électricité en France. Remarques intéressantes sur l'économie de l'énergie, mais il faut extraire ça d'une soupe saturée en jugements de valeurs de niveau lycéen-militant. Pfff dur, dur.
- 8h : Economie en question. Débat confus, mal cadré, mal dirigé. Paroles emmélées.
- 9h : Répliques. 456987123 ème émission sur la crise. Merci Finkie.
- 10h : une heure mélant les clichés usés et les insanités sur les best-sellers
- 11h : débat politique directement inspiré des pratiques télévisuelles, avec les questions faussement intelligentes d'Hubert Huertas, visant surtout pas à la réflexion, mais uniquement à faire réagir l'invité avec des mots-piques simulant l'analyse. N'importe quel idiot est capable de simuler le journalisme de cette façon sur un ton de concentration qui ne concentre que de la banalité partisane. Des crétineries pareilles on en trouve à la pelle sur Agoravox, site bourré d'amateurs pas doués sauf pour l'idéologie neu-neu. Qu'une telle imitation de journalisme puisse diriger le service politique de FC, voila qui en dit long sur la dégringolade de la station.
Bref après 4h de feu d'artifice de non-culture, Huertas à 11h là c'est le bouquet.
Je coupe !!

Et c'est pas fini. Visez un peu la suite du programme :
à 12h la sociologie militante de Bourmeau
ensuite jusqu'à 13h30 le journalisme politique.
On n'en sortira pas...

Question : où est passée la culture ?
Réponse : la culture est défaite sur France Culture. Absente de l'antenne le samedi pendant la totalité de la matinée.
C'est plus France culture c'est France-Baratin

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Re: La défaite de la culture (© Nessie) - le Sam 06 Mar 2010, 14:02

Je n'ai pas eu la patience de suivre, quand j'ai entendu les deux duettistes Alain Julliard et Jacques Minc... Même chez Finkielkraut, plus aucun répit.

Et pour cet après-midi, culture variétoche avec face à face un esprit fécond, érudit, profond, un des meilleurs spécialistes actuels de la littérature française, Antoine Compagnon, et un animateur de radio commerciale qui, on peut le prévoir, ra-len-ti-ra- le - dé-bit au-tant-que-fai-re-se-peut - An-toin-ne Com-pa-gnon j'ai-une-ques-tion-à-vous-po-ser, et prendra son ton le plus pénétré pour poser à son invité des questions aussi fondamentales que creuses. A. Compagnon, dont il n'a dû lire que les résumés et les fiches élaborées par les petites mains de l'émission. On se demande comment Baddou va rebondir. J'adore, personnellement, les rebondissements de Baddou. Quand il est totalement pris de court par la réponse de son invité (on ne peut pas tout prévoir), il répète le dernier mot de la phrase qu'il fait suivre, au choix, de trois points de suspension, d'un point d'interrogation ou d'une combinaison des deux : " contradictoire ? " , "déconvenue...", "artichauts....? ".
Trop fort.

Pas de procès d'intention, mais nous assisterons sans doute à des scènes de ce genre qui nous feront rougir de FC pour A. Compagnon. Pourquoi d'ailleurs, cet éminent professeur se fourvoie-t-il chez Baddou, alors qu'il n'a nul besoin de publicité ? Seule explication: il n'a jamais écouté l'émission.

Nous pouvons tranquillement écouter ses cours du Collège de France, entre 6 h et 7h. Merci C. Goémé.

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