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L'art de l'entretien radiophonique    Page 1 sur 14

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L'art de l'entretien radiophonique - le Mer 10 Mar 2010, 14:32

En matière d'entretien radio, on trouve de tout sur France Culture : des entretiens à mi-voix en tête à tête (Alain Veinstein,), des gueularderies claironnées en public (Ali Baddou), des discussions à 2, 3 ou 4 et à fins pédagogiques ou même philosophiques. Il y a des as de la question allusive qui va en profondeur, surtout autour de minuit ; et parfois à peine plus d'une heure avant, il y a les rois et au moins une reine de la question con. Souvent on oublie l'auditeur mais dans certains cas, c'est pour mieux l'enrichir tandis que dans d'autres cas on l'oublie pour ne penser qu'à son propre plaisir de petit animal médiatique ou pour faire son petit cinéma perso, ce qui revient au même.

Bref il y a de quoi en parler entre auditeurs contents et mécontents (ce sont les mêmes, parfois) ...

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Les interruptions pénibles - le Mer 10 Mar 2010, 15:18

Comme souvent, ce fil a été ouvert sur une impulsion de mécontentement : les interruptions de Sylvain Kahn, qui brise parfois 3 ou 4 fois de suite le propos de l'invité. Comme ce producteur est peu suspect de nombre des défauts endémiques à France Culture (de toutes façons il a les siens), c'est sans trop de scrupules que je commence ce fil par lui. Certainement est-ce par volonté pédagogique qu'il ne cesse d'interrompre l'invité, sans se rendre compte que ce faisant, il brise un élan. En général l'invité parvient à reprendre le fil de son explication, par chance c'est souvent un propos technique, qui se soutient de lui-même. N'empêche, quand on en arrive à comptabiliser 3 ou 4 interventions dans une seule prise de parole, et quand il n'y a même pas une phrase complète de l'invité entre deux interruptions du producteur, ça commence à gaver et on a une furieuse envie de lui envoyer un SMS au gars pour lui demander de nous laisser entendre l'invité.

Parmi les autres grands interrupteurs incohérents de la chaine, citons :
- Jean Lebrun qui dans les dernières années sabotait presque chaque jour son propre débat, pour placer un coup la vanne foireuse, un coup le morceau de musique qui donnait envie de détaler, ou bien le morceau d'archive parfaitement anecdotique. Si chez certains producteurs, les interruptions sont le signe que l'émission (ou l'invité) était insuffisamment préparée, avec Lebrun c'est le contraire : elle est tellement préparée que tout est prévu et on n'en sortira pas. Il faut avoir vu Jeannot, ses fiches à la bouche et la pipe à la main, lancer le compte à rebours au réalisateur tout en s'apprêtant au coup de sabre sur la personne de son invité. Lebrun en interview hors-studio (càd après 1999) c'était l'art redoutable de casser la discussion. On parlera une autre fois de son art de l'interview aux temps de Culture Matin, puisqu'on en a quelques-uns en archives. Cette mutation radiophonique qui a mené Jean d'un style quasi-veinsteinien à un style d'histrion de super-marché, n'est pas la moindre surprise des auditeurs qui écoutèrent Lebrun disons entre 1995 et 2005. Après cette date, découragés ils se carapatèrent pour laisser la place à un auditoire de fans fraichement recrutés et moins exigeants.
- Et puis gardons pour plus tard une liste de récriminations qui s'annonce nourrie. Car contrairement à Lebrun qui représente le passé d'une radio dont il dit lui-même qu'elle n'a jamais existé, c'est dans le présent de FC qu'on trouve Catherine Clément, Sylvie Andreu, Raphy Enthoven, Hélène Hazéra, Munier, aussi de tous ces producteurs maniant généreusement le hachoir en direct + de quelques autres, on reparlera au fur et à mesure de l'avancée du fil. Les occasions ne manqueront pas, hélas.

A part ça, il y a le problème douloureux mais nécessaire des journalistes : on n'imagine pas d'interviewer un responsable sans le mettre au moins un peu sur le grill. Mais voila : un peu, ou systématiquement ? Et puis dans certains cas, on voit que de l'entretien au harcèlement il n'y a qu'un pas. On aura l'occasion d'en reparler.

A part ça, il y a aussi des intervieweurs nullissimes qui n'interrompent quasi jamais (pas de nom pour cette fois). La aussi, on a tout le fil pour en parler.

A part ça, il y a aussi de l'interview intelligente, où l'interlocuteur n'est pas convié pour faire du remplissage ou pour servir de faire-valoir au producteur. Il y a même chez certains producteurs un art de la discussion avec de l'interruption aussi rare que sobre et bien venue, tiens par exemple en ce moment même Vincent Charpentier montre ce qu'est une discussion où le producteur ne s'interpose pas entre l'invité et le public, mais au contraire sert d'intermédiaire entre un détenteur de savoir et des auditeurs demandeurs. Aïe aïe quel dommage que Sylvain Kahn soit à la cafète en train de récupérer... Oui quel dommage, car écouter le Salon Noir serait peut-être la meilleure façon de débrieffer "Planète terre"...

PS : c'est contre la volonté de son auteur que le texte ci-dessus a été -à la suite d'autres posts de notre forum- recopié dans un blog de radio-France auquel il n'était pas destiné, et accompagné d'une signature falsifiée. Qu'on ne nous en tienne pas rigueur, mais qu'on sache que le caractère incontrôlable et pathologique du forumeur qui s'amuse à ces recopiages depuis plusieurs mois, rend ces jeux difficilement évitables. Il revient donc au modérateur du blog concerné d'effacer ce post s'il le souhaite (comme nous l'en prions régulièrement). Si vous jugez que ce post mérite une réponse je vous invite à la déposer ici-même plutôt que dans un blog où il n'été déposé que par malveillance. - Nessie

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La loi de l'alternance - le Mer 10 Mar 2010, 15:36

Malgré le calme reposant du Salon Noir, ça me fout un tel cafard ce bilan des producteurs-interrupteurs (bilan dont j'ai finalement censuré 75%, gardé en réserve pour des posts futurs), que j'éprouve le besoin d'écouter un peu de vraie radio, qui ne serait pas faite par des excités, des histrions, ou des narcisses.

Justement dans le créneau qui suit, Joelle Gaillot tend le micro et nous permet d'entendre plusieurs invités, tout comme le fait chaque Jeudi Elisabeth Couturier qui vient de chez Veinstein où elle produisait une mensuelle dans "Surpris par la nuit". Comme quoi il y a bien une école de qualité radio à France Culture. Ici, plus de direct, on retrouve l'émission construite.

Ces émissions montées, je les écoute en différé. Pour le moment j'ai surtout besoin de me remonter le moral car Vincent Charpentier ne compense pas tout à fait le juvénilisme de Planète Terre. Je vais me farcir le Veinstein d'hier soir, tiens, histoire de retrouver l'art de l'interview... Ca me mettra de meilleure humeur...

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Les interruptions de Jacques Munier - le Ven 12 Mar 2010, 18:03

Je dois dire que ça n'a guère tardé. Et ce fil démarre sur le mode "journal des interruptions". Quelqu'un avait écrit que les entretiens de "A plus d'un titre" étaient menés de façon navrante. On peut y ajouter la rubrique qui cloture la semaine : la séquence des revues qui est confiée à André Chabin : 5 minutes en conclusion du numéro de Vendredi. 5 minutes c'est court. Il vaut mieux ne pas trop la caviarder. Et certains se souviennent de l'adresse agacée que Thierry Garcin avait envoyé à Baddou pour le prier d'abréger son interminable intro avant les Enjeux Internationaux : "Ali, l'émission ne dure que 7 minutes...."

Même chose ce vendredi dès l'amorce de sa courte séquence de 5 minutes, André Chabin visiblement très agacé, demande à Munier de ne pas l'interrompre. La même scène avait ouvert le numéro de la semaine précédente. Le problème de Munier est le même que celui de Lebrun : ses interruptions ne procèdent pas d'un mauvais esprit, mais d'un manque de conscience qu'il prend la parole pour ne rien dire, et que ce faisant il la retire à celui qui a quelque chose à dire, et dans le cas présent, à l'évidence il s'agissait de quelque chose de préparé. On est donc loin des interruptions de Catherine Clément ou de Raphael, qui peuvent être cassants ou renchérisseurs, pénibles ou intéressants, bien venues ou intempestives, mais qui dans une large mesure apportent quelque chose qui est de l'ordre de la discussion. Qu'on apprécie ou non, c'est presque une autre question.

En ce qui concerne Chabin et Munier, la cordiale complicité des deux hommes n'est pas douteuse, d'ailleurs ces interruptions sont de l'ordre de la cordialité et non de la concurrence pour la parole. Aussi ne croit on mettre aucune huile sur aucun feu en déplorant que Munier tronque systématiquement le court temps d'antenne de son camarade, d'ailleurs ce faisant il le soumet au même traitement que ses invités. Le mal-faire est donc généralisé chez Munier, mais voila sur une aussi courte rubrique et alors que la parole de Chabin est visiblement préparée, c'est vraiment insupportable de se faire couper ainsi : ça fait donc deux semaines de suite qu'il le dit (et vendredi dernier à plusieurs reprises - visiblement Chabin en a marre).

Probablement les invités qui passent chez Munier une fois par an ou une fois en tout dans leur vie, prennent leur mal en patience et se disent que ces drôles d'habitudes ou ces usages pénibles d'interrompre à tout bout de champ une personne qu'on a invitée, eh bien ça doit faire partie en quelque sorte du prix à payer, après tout on est chez les romains faisons comme veulent les romains. L'auditeur paranoiaque y diagnostiquerait une viaulanse symbaulique. L'auditeur soucieux des formes et des usages pourrait y voir un manque de politesse. L'auditeur tout simplement curieux, demandeur d'info autant que possible et donc soucieux du rendement de son temps d'écoute, verra dans les interruptions de Munier peut-être un manque d'habileté ou de métier (Munier s'est illustré dans le documentaire radio, mais il s'est grillé dans l'entretien radio), en tous cas cet auditeur il est en droit de déplorer la perte de temps et de clarté, le préjudice porté à la qualité de l'émission et finalement à son intérêt.

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Arnaud Laporte - Long entretien avec René Koering - le Dim 25 Juil 2010, 11:08

Dans Radio Libre hier après-midi, long entretien avec René Koering.

La discussion est posée et calme. Pour une fois le producteur n'était pas là pour masquer l'intelligence de l'invité. L'émission d'hier fait réfléchir. Accessoirement, elle permet aussi de ne pas baisser le volume de 2 ou 3 tons à chaque intervention de l'interviewer, puisque c'est Arnaud Laporte qui remplace Ali Baddou. Quel bol d'air pour l'auditeur : en lieu et place du juvénile aboyeur auto-centré sur sa petite comédie, un adulte qui centre la discussion sur l'invité. C'est quand même autre chose que le copinage bidon et les blagues pourries infligées depuis 48 samedis à l'auditeur par le tonitruant titulaire du créneau. On se prend à rêver, d'un "Radio Libre" confié chaque semaine à Arnaud Laporte. A condition bien sûr de ne pas refiler la quotidienne de midi au gueulard des ondes.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Mar 24 Aoû 2010, 17:17

Vous parlez, cher Nessie, d'art de l'interview et je me demande s'il ne faudrait pas parler
d'art de l'interviewé.Il y a certes une tendance à la radio (sur FC comprise) à vouloir
animer comme un bonimenteur de foire. Nous sommes d'accord. Une sorte de faux enthousiasme
qui se voudrait contagieux et qui n'est que fatigant.
Pourtant, à vous lire et à penser à ces interviouveurs, je me demande si le mérite final
ne revient pas à celui que l'on veut faire parler. D'autant que d'aucuns doivent
interrompre leur invité dans le fol espoir de susciter un débat ! Quant à Arnaud
Laporte, vous me surprenez ! Nous l'avons subi avec ses gloussements, ses blagues, sa
familiarité et ses questions attendues tant de temps à l'heure du déjeuner. N'était-ce
pas son invité, ce jour-là, qui fit "tout le travail" car rôdé à cet exercice ? Je n'ai
guère d'estime pour les journalistes culturels, souvent incultes et pratiquant l'entrisme.
Arnaud Laporte ne fait exception à la règle, cf :

A mes yeux, il a peut-être un talent, celui de n'avoir rien à dire ! Et c'est peut-être
cela qui fait le bon interviouveur, un caméléon (comme il est dit dans le site) qui,
faute d'une seule idée à défendre, se fait carpette ... Tout dépendra alors des orteils qui
la fouleront !

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Mar 24 Aoû 2010, 17:18

Cf le site satirique "Arnaud parlote" voulais-je écrire.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Mar 24 Aoû 2010, 21:40

Hérode parle d'or ! En témoignent deux passages d'Isabelle Huppert sur fc. Une fois chez Goumarre, l'autre fois dans l'émission "Master class" si je ne m'abuse. C'est simple, on pourrait avoir le sentiment qu'il ne s'agit pas de la même personne. Chez Goumarre, elle faisait le minimum syndical de la comédienne en promo tandis que dans l'autre émission, elle sembalit parler avec plus de sincérité de son travail. Mais une fois encore, des personnalités de cet acabit dirigent l'entretien et non le contraire. Pour ce qui es t de l'art de l'interview, on peut considérer que le bon journaliste est celui qui sait intervenir à bon escient, c'est-à-dire en connaissance de cause, soit le sujet abordé. Et ce n'est pas si souvent que ça arrive, même si "tout arrive" !

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Ven 27 Aoû 2010, 11:22

Bien d'accord avec vous Hérode pour attribuer à l'invité Koenig l'intérêt de cet entretien. Quant à Arnaud Laporte, j'avais en effet mis de l'eau dans mon acide après avoir remarqué ses tentatives de mutation dans la tranche de Tout arrive, tentatives hélas vite rabattues. Je suis d'accord sur le reproche des gloussements, mais j'ai aussi remarqué chez lui une assez vaste culture générale. Or c'est un atout important pour un journaliste, et pas seulement un journaliste culturel. Et pire que ça : la culture générale infime de certains des microteurs immatures sur FC, c'est un des grands problèmes sur la station, pour l'auditeur qui doit décoder avec la sienne, de culture, les sottises et les zones d'ombres dans le baratin courant qu'on lui sert.

Ceux qui ne peuvent pas blairer Arnaud Laporte (je les comprends : j'en ai longtemps fait partie avant de m'amender, aussi parce qu'il a récemment offert 35' de micro à Marcel Hanoun) pourront s'essayer à le tolérer dans l'exercice du samedi après-midi : à la rentrée Laporte remplacerait Ali Baddou dans "Radio Libre". Du coup l'enthousiaste barker radiophonique se trouve maintenant cantonné à 30' hebdomadaires ce qui est encore beaucoup. Il parait qu'il y a déjà au programme une sévère manife d'othorhinos : toute la profession se montre inquiète à l'idée de perdre un de ses principaux pourvoyeurs d'oreilles flinguées. Impossible de dire si le journal de FC qui se fait le chaleureux porte-parole des mouvements sociaux, va relayer aussi celui-là qui aura pour objectif de soutenir la présence à l'antenne d'Ali Baddou, un des plus torquemadesques fléaux des ondes qu'on aye jamais eu sur la fréquence de FC.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Ven 27 Aoû 2010, 11:29

Misère, j'avais l'habitude de scotcher un petit poste transistor à mon cerisier le samedi après-midi pour traumatiser les merles. Rien de tel qu'un "REACTION!", ou d'un "VOTRE TEMOIGNAGE!" baddollien pour déplumer les petits faquins.

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