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L'art de l'entretien radiophonique    Page 4 sur 14

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L'art de l'entretien radiophonique - le Mer 10 Mar 2010, 14:32

Rappel du premier message :

En matière d'entretien radio, on trouve de tout sur France Culture : des entretiens à mi-voix en tête à tête (Alain Veinstein,), des gueularderies claironnées en public (Ali Baddou), des discussions à 2, 3 ou 4 et à fins pédagogiques ou même philosophiques. Il y a des as de la question allusive qui va en profondeur, surtout autour de minuit ; et parfois à peine plus d'une heure avant, il y a les rois et au moins une reine de la question con. Souvent on oublie l'auditeur mais dans certains cas, c'est pour mieux l'enrichir tandis que dans d'autres cas on l'oublie pour ne penser qu'à son propre plaisir de petit animal médiatique ou pour faire son petit cinéma perso, ce qui revient au même.

Bref il y a de quoi en parler entre auditeurs contents et mécontents (ce sont les mêmes, parfois) ...
* * *

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Lun 09 Avr 2012, 02:06

Bonsoir à tous,

Voilà quelques années que j'écoute avec attention Jacques Olivier.
Je le décrirais comme un excellent vulgarisateur qui a justement un certain talent dans l'art de l'entretien. J'aimerais vous le faire découvrir.

Comme je suppose qu'il est plutôt méconnu en France je me permets de le mentionner ici.

Il anime depuis quelques années les émissions Semence de Curieux (thématique scientifique) et Mémo (histoire).

Je suis soulagé à chaque rentrée lorsque ses émissions sont reconduites, ce qui tient un peu du miracle sur une chaîne telle que La Première (RTBF). Il ne dénoterait pas sur France Culture

En fait il me rappelle beaucoup Stéphane Deligeorges :
entretiens préparés de manière assez impressionnante, mais le tout sur un ton à la fois modeste et enthousiaste. Le début des émissions est généralement consacré à une mise en contexte des sujets qui tranche souvent avec l'entretien qui suit dont le ton est plus détendu. A découvrir:

http://www.rtbf.be/lapremiere/emission_semences-de-curieux?id=1011

http://www.rtbf.be/lapremiere/emission_memo?id=1007

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Dominique Souchier : voix bête + questions bêtes = Une fois pour toutes, la bien nommée - le Sam 08 Sep 2012, 12:29

J'écoute Dominique Souchier qui interviewe Thierry Breton dans "Une fois pour toutes".

L'intervieweur interrompt Breton continûment, pour placer soit une incise, soit une question qui coupe l'invité dans son élan, et montre qu'il ne l'écoute pas. Souchier semble croire que ça nous intéresse de l'entendre discuter avec son invité. Mais moi je préfèrerais l'entendre se taire, Dominique Souchier, car j'aimerais savoir ce que Thierry Breton a à dire. Au lieu de ça j'entends Souchier qui ne cesse de poser des questions bètes avec une voix bète. Je passe sur l'orientation idéologique des questions et sur le ton connement syndical. Je suppose que ce bouffage de nez ne sera pas au programme chaque semaine. Mais pour ce samedi j'entends un dialogue de sourds entre un invité qui tente de s'expliquer, et un intervieweur qui a appris son métier dans les forums syndicaux à l'époque où le certificat d'études faisait de lui un sur-diplômé.

A 15' l'émission est brièvement interrompue le temps de signaler à l'auditeur qu'on est sur France Culture. Pénible habitude qui s'installe sur cette station : on prend l'auditeur soit pour un imbécile, soit pour un radio-wanderer qui vient d'arriver sur la fréquence. Remarquez, vu le taux de culture qu'on entend sur France Culture, c'est pas du luxe, mais pourquoi ne pas placer ce rappel toutes les minutes, tant qu'on y est ?
Bon vers 12h20 ça suffit. Je coupe !

Et je me dis que je n'y reviendrai pas.
J'ai donc essayé cette émission une fois pour toutes.

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Dominique Souchier ou la fin de carrière dans un fauteuil - le Dim 18 Nov 2012, 16:18

L'invité de Dominique Souchier se permet d'interrompre Dominique Souchier en lui rétorquant "Vous voulez absolument faire la réponse à ma place ?".

Voila ce qu'on peut entendre à la 7eme minute d'un numéro de "Une fois pour toutes" et on n'est pas vraiment étonné puisque Souchier semble ne jamais vouloir laisser son invité finir une phrase. Bizarrement ce matin à 6h30 au sortir du programme de nuit, FC n'a pas rediffusé le numéro d'hier midi ; serait-ce pour ne pas donner l'occasion d'entendre de nouveau la rhétorique mensongère de Bertrand Delanoé ? Non ça on n'ose y croire. Mais enfin, à la place du Maire de Paris on a un homme de droite, parmi les plus détestés. En face, l'intervieweur est un peu moins loyal et un peu plus méprisant que Frédéric Martel dans ses grandes heures.

Dominique Souchier est probablement ce qui nous est arrivé de pire à la rentrée dernière. Signalons que le principe de son émission "Une fois pour toutes", n'a pas tellement de sens sinon celui d'un gadget de com' : se targuer de dire "je ne recevrai plus jamais cet invité en interview" alors qu'on est au seuil de la retraite, c'est un peu tard. On se demande quel marché a été conclu par Poivre pour devoir accueillir un tel bras cassé de l'interview, mais pour l'auditeur sensible c'est une bonne occasion de recenser les défauts de l'époque, et ce numéro en donne à chaque minute au moins un exemple, souvent plusieurs (le minutage donnera probablement une liste de 50 à 100 items) : interruption systématique, questions ineptes, recours intense aux idées reçues et aux sujets obligés, biais constant tout au long de la discussion par le jugement implicite, ricanement, provocation pour l'ennemi idéologique mais inversement aux copains on sert la soupe. Passons sur l'élocution, et signalons seulement dans ce numéro l'incapacité à dire correctement 'compétitivité", où malgré un ralentissement digne d'un élève du CP, Dominique réussit à louper une syllabe. En fin de saison nous pourrons compter le déséquilibre de ce magazine sans identité ni projet clair : le rapport entre invités de gauche et invités de droite ; quant au nombre de crasses balancées, il faudrait se farcir l'ensemble des émissions et je me demande qui en aura le courage, et à celui qui veut compter les fautes sur une ardoise je conseille d'acheter de la craie avant car il faudra bien une boite neuve.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Dim 18 Nov 2012, 18:20

Tête à tête avec Philippe Caubère aujourd'hui
En écoutant cette interview, on pourrait devenir fidèle auditeur de cette émission (ce que je ne suis pas du tout). On pourrait , car Taddei écoute cet acteur à la forte personnalité religieusement pendant les deux tiers de l'émission. Et puis, paf! vers la fin, on sent l'ironie qui sied aux émissions de télé, la voix qui ne prend pas vraiment au sérieux l'invité (genre: toutes les opinions se valent).Une sorte de gouaille.
Mais pourquoi invite t-on des gens si on ne les prend pas complètement au sérieux? Et si ce sont des brêles, pourquoi les inviter?

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Souchier - Adler, même naufrage. - le Dim 18 Nov 2012, 18:42

@Nessie a écrit:signalons seulement dans ce numéro l'incapacité à dire correctement 'compétitivité", où malgré un ralentissement de l'élocution digne d'un élève du CP, Dominique réussit à louper une syllabe.
Et Laure Adler, le 14 11 12, en papy (mamy) Mougeot empêtrée dans le schilimi-schimili-schimilimili, etc, lors de l'entretien avec Rushdie (le site indiquait initialement, et très justement quant au style : "Laure Adler "interroge" Salman Rushdie", bientôt changé en "[Rushdie] s'entretient avec Laure Adler"...) où elle a bafouillé deux fois sur les trois fois qu'elle a prononcé le nom du lieu qui accueillait la séance : le Conseil économique, social et "envinne-en-vi-ronne-men-tal" (même élocution CP à la 2e fois). Enfin, essayez vous-même, il ne semble pas que le mot soit imprononçable (deux fois), même dans cet environnement lexical
Un auditeur a suggéré qu'elle avait trop bu. Autres options ouvertes.

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On dira ce qu'on veut... - le Ven 14 Déc 2012, 12:35

Voici une proposition (pas gaie, je vous préviens) pour :

- ceux qui apprécient Veinstein et qui n'aiment pas 'Les pieds sur terre'
- ceux qui ne jurent que par Sonia Kronlund et ne connaissent pas 'Du jour au lendemain'
- ceux que Veinstein agace parfois mais qui ont renoncé depuis longtemps à la radio de Kronlund (c'est mon cas).

De quoi s'agit-il ?
De dire la souffrance, la douleur, l'abjection. L'amour aussi.
Mais surtout, de le faire sans récupération.

En clair : l'intervieweur s'intéresse à la personne qui est en face de lui.
Non qu'il soit idéologiquement indépendant. C'est même le contraire : certains soirs quand on l'entend lâcher une allusion finement idéologique, on voit que Veinstein na rien à envier aux caricatures maison.
Sauf que personne dans cette station ne sait donner le micro de cette façon à ceux qui souffrent. Sans complaisance. Avec retenue. En s'effaçant devant eux. Qu'on vienne me dire que Sonia Kronlund et son équipe s'effacent devant le spectacle des malheurs qu'elle exploite ! Au contraire elle y étale son brio radiophonique et son ironie chantonnante, comme un charognard du malheur humain. Pour trouver encore plus odieux et cynique dans la récupération, il y a Thomas Cluzel qui a battu son record mercredi dans la matinale, je ne sais pas si j'aurai le courage d'y revenir. Et puis avec les excès de Cluzel comme ceux de Kronlund, il ne s'agit plus d'entretien, donc on verra ça ailleurs dans le forum.

Mais écoutons Alain Veinstein : quand il reçoit Jeanne Cordelier, il fait tout le contraire de ces deux-là et il sauve l'honneur de cette radio qui s'enfonce un peu plus chaque jour.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Ven 14 Déc 2012, 21:05

Jeanne Cordelier
Eh oui,Nessie, c'est un art l'écoute chez Veinstein.La capacité à se mettre à la place de celle ou celui qu'il écoute. Et la sensibilité. On ne sera pas méchant mais beaucoup sur l'antenne ont la sensibilité d'un poteau de béton qui oscille parfois quand le vent est trop fort.
Dans les "Pieds sur terre", il arrive que le sujet puisse être intéressant mais on sent bien que l'objectif en général c'est de montrer que la société est pourrie et que Sonia Kronlund, elle sait très bien ce qu'il faut faire pour y remédier: la révolution .Rien que l'indicatif est énervant. Et cette voix, oui chantante, mais pleurarde aussi. Sensibilité? où?
Pour revenir à cette émission, Veinstein sait quand il faut questionner, jusqu'où il ne doit pas aller. Il est pudique.On voit bien que ce qui importe, ce n'est pas de raconter tout le quotidien misérable de son enfance, c'est l'effet que cela produit sur elle et ses frères et soeurs, sur son "âme".

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Dim 16 Déc 2012, 09:24

une palme d'or ce dimanche 16 décembre 2012 6:30(redif. de la veille à..
à...
à...
D Souche et son coupage de parole à N Notat dans une fois pour toutes . Cela est dit une fois pour toutes

Au bout de 5mn j'ai tourné l' bouton dans le sens "éteindre"

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Le micro d'Alain Veinstein - le Dim 16 Déc 2012, 17:45

La pâte sonore des entretiens que mène Alain Veinstein a toujours été d'une belle qualité. On soupçonne un preneur de son/metteur en ondes, méticuleux et amoureux de son travail, derrière la diffusion de ce son riche où le silence (nourricier) entre les deux interlocuteurs est roi.

Prenons l'émission avec Jeanne Cordelier. Ce qui est dit s'accompagne d'un non-dit tout aussi signifiant : le souffle de cette femme, le bruit de sa bouche quand elle se tait, le silence entre les mots ou entre les échanges.

Alain Veinstein en grand routier de l'interview et en familier de la psychanalyse se permet des silences qui seraient des motifs de renvoi sur-le-champ dans toute autre station de radio, voire dans toute autre émission actuelle de France Culture (seul Olivier-Germain Thomas, après 30 ans de carrière, se le permettait aussi). On a compté jusqu'à six secondes de silence entre deux prises de parole dans cet entretien, un silence qui force l'écoute de l'auditeur et qui donne toute liberté à l'invitée de se confier dans le confort.

Quand Veinstein sera parti, qui le remplacera ? Un Souchier, une Kervasdoué, une Nauleau ? Celle-ci dans un entretien complètement raté avec Sylvie Leymonie (Ça rime à quoi du 04 11 12) n'y va pas par quatre chemins avec la modeste, l'hésitante, la timide ! Extrait : "Les livres, qu'est-ce qu'ils contiennent ?" Et un quart de seconde plus tard sur le ton de Lino Ventura dans "Garde à vue" : "À l'intérieur, c'est écrit QUOI ? !" On admire la reformulation... C'est vrai, quoi, elle est bouchée cette Leymonie ! Elle ne répond pas au quart de tour, elle sourit, émet de petits rires gênés, parle bas, ne sait trop parler de ce qu'elle fait. C'est un peu "Plume au restaurant" qui se confond en excuses, quand la fausse douce Nauleau est ce "grand rustre d'agent" qui termine le récit de MIchaux : "Avouez ! Vous êtes prévenu. Si je ne vous entends pas, je cogne."

C'est pourquoi on écoute encore Alain Veinstein, un des derniers qui prête une oreille à celui ou celle qui lui fait l'honneur, et à nous le plaisir, de se raconter (plus ou moins véritablement).

Car il ne faut pas confondre les rôles : l'intervieweur accueille et suscite la parole d'autrui, il ne l'extorque pas en s'imposant et en mettant en valeur son propre discours.






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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Dim 16 Déc 2012, 22:17

d'accord avec vous ,Philaunet, Alain Veinstein est un maître de l'interview( mais cela dépend aussi de l'interviewé).
mais il est très bon , (c'est un poète)
Je m'interroge simplement sur 2 écoutes très différentes concernant SLeymonie,
la mienne qui a le souvenir d' un entretien tout en délicatesse et la vôtre qui n'y a vu que goujaterie .

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Dim 16 Déc 2012, 23:23

@stein a écrit:Je m'interroge simplement sur 2 écoutes très différentes concernant SLeymonie

Peut-être écouter au casque pour percevoir l'impatience de S. Nauleau dont le ton doucereux dissimule un manque certain de talent dans l'exercice de l'entretien (ici et dans d'autres interviews), sans parler de son français incorrect et de sa faiblesse d'expres​sion(puisqu'il faut charger la barque et dire ce que l'on pense, allons-y), voir ses présentations orales, ainsi que celles écrites sur le site, et ses désannonces. C'est faible.

La délicatesse est du côté de Sylvie Leymonie, pas de l'intervieweuse. Allez comparer avec l'empathie et "l'intelligence émotionnelle" d'une Catherine Soullard, par exemple ici : "Souvenirs de cantonnier. France Culture, 22h40, Nuits magnétiques, «Monsieur Escarelle de Tourtour» Documentaire de Catherine Soullard, novembre 1995" (merci à Radio Fanch d'avoir fait cette recherche de références pour son billet du 05 mars 2012).

Sylvie Leymonie aurait justement, à une autre époque de France Culture, eu le droit à 1h d'émission (et non 15 minutes) car on soupçonne une vie intérieure très riche à travers le peu qu'elle dit. Oui, Sylvie Leymonie est un être dont on aurait pu avoir un portrait émouvant et portant à réflexion. Au lieu de cela, on a une sorte d'interrogatoire au ton hautain, avec un net déséquilibre de sensibilités (tout ça se sent, mais on pourrait faire une analyse mot à mot, ton à ton). Tiens, en parlant de sensibilité, on se dit qu'une qui aurait fait des merveilles avec Sylvie Leymonie, c'est la très regrettée Kriss, dont les portraits sensibles restent dans les mémoires de ceux qui les ont entendus sur France Inter.

Sinon, la seconde partie de l'émission a été la rediffusion d'une émission avec André Velter interviewant Robert Sabatier en 2005. Injustement considéré, ce dernier. Prolifique auteur de romans et de poèmes, grand mélomane, il dit : "Mozart disait "Je cherche des notes qui s'aiment", moi, je cherche des mots qui s'aiment (...) je cherche à allier des mots où le son donné par le mot et celui qui l'accompagne vont donner un nouveau sens au mot, c'est-à-dire que le mot (...) renouvelle son sens selon la musique que je lui donne".

Et au détour d'une anecdote, il cite jean Orizet, comme un de ses amis, lequel "à moi qui n'aime pas la poésie" (la compréhension des antiphrases se perd...), m'a fait découvrir de nombreux poètes grâce à ses anthologies (voir sa riche bibliographie de poète et d'anthologiste). De la bonne compagnie, really.



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