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L'art de l'entretien radiophonique    Page 6 sur 14

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L'art de l'entretien radiophonique - le Mer 10 Mar 2010, 14:32

Rappel du premier message :

En matière d'entretien radio, on trouve de tout sur France Culture : des entretiens à mi-voix en tête à tête (Alain Veinstein,), des gueularderies claironnées en public (Ali Baddou), des discussions à 2, 3 ou 4 et à fins pédagogiques ou même philosophiques. Il y a des as de la question allusive qui va en profondeur, surtout autour de minuit ; et parfois à peine plus d'une heure avant, il y a les rois et au moins une reine de la question con. Souvent on oublie l'auditeur mais dans certains cas, c'est pour mieux l'enrichir tandis que dans d'autres cas on l'oublie pour ne penser qu'à son propre plaisir de petit animal médiatique ou pour faire son petit cinéma perso, ce qui revient au même.

Bref il y a de quoi en parler entre auditeurs contents et mécontents (ce sont les mêmes, parfois) ...
* * *

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Ven 12 Avr 2013, 00:02

./...

Et puis il y a la variante Finkielkraut-Voinchet : jamais en cours de question mais à la fin, ou après.

Finkie : juste à la fin de sa question, après les derniers mots et non sans une brève hésitation, tout juste avant que l'autre prenne la parole finement glisser son nom comme on glisserait une photo porno dans une pile d'images pieuses au moment où le supérieur fait irruption dans la salle du séminaire.

Voinchet : après la prise de parole, toujours ou presque : une fois que l'invité a commencé à répondre Voinchet beugle son nom dans le micro, au risque de jeter chez lui un doute certain sur la santé psychique de l'apostropheeur.

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Décidément ce soir j'ai l'esprit de l'escalier - le Ven 12 Avr 2013, 10:11

./...

Remarquez, on peut aussi en tirer quelque avantage, en remarquant que les producteurs qui ont quelque chose à dire nous préservent de ce tic horripilant : ni chez Angelier ni chez Chaslin je n'entends cela, et guère plus chez Veinstein.

Cette manie pourrait donc avoir comme fonction d'informer le brave con d'auditeur : attention brave con d'auditeur, tu es en train d'écouter un producteur encore plus naze que tu le serais toi si tu débutais demain matin. C'est un peu comme ces pages de la wikipédia qui recèlent dès leurs premières lignes le signe que ça a été mis en oeuvre par une andouille : le lien de wikification des évidences (l'année, la ville de Paris, les mots les plus simples comme par exemple "acteur"). Ou encore (autres signes) l'introduction de la page wiki à la façon Goémé : X est considéré comme / X est connu pour.

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Trio de baudets - le Dim 16 Juin 2013, 10:50

En réécoutant quelques extraits enregistrés de Voinchet face à l'un ou l'autre invité, après une semaine où j'ai expurgé des entretiens en attente de Laure Adler et Richeux, je constate que ces trois là ont un défaut en commun : une impudente simulation. Laquelle ? Celle du savoir. 3 faussaires qui feignent de connaître ce dont ils causent, alors que toutes sortes d'énormités et de bourdes sont tapies en attentes au détour d'une phrase sur trois et d'une question sur deux, pour nous prouver par l'exemple que c'est l'exact contraire qui est vrai : ils n'ont peur de rien, ils ne savent rien, ils ne comprennent rien.

Ainsi Richeux babille avec une assurance surprenante pour une fillette de ce niveau d'ignorance. Dans le numéro où j'avais espéré un temps entendre son invitée parler de la mémoire et des souvenirs, j'entends Richeux poser ses questions en sur-articulant comme un prof qui parle à des débiles. C'est sa façon à elle d'inverser les rôles. En l'occurrence elle feint de maîtriser le B-A-BA en psychologie de la mémoire, qu'elle vient tout juste de découvrir en lisant (en diagonale) la 4eme de couverture du livre de l'invitée, car elle n'a ni le temps ni la capacité de faire plus pour préparer ses 5 émissions de la semaine. Le résultat le plus évident c'est, avec une affirmation typique des gamines inconscientes, une confusion généralisée : conceptuelle autant que lexicale. Et vas-y que je te confonds le psychisme et le cerveau. Et vas-y que je te mets un mot à la place d'un autre à cause que j'ai pas les moyens de faire la différence ake mon dictionnaire interne qu'est pas au point. Ainsi toute la semaine dont la thématique était 'les balles', (bientôt une semaine sur les poupées, certainement ?) revient à tout bout de champ le qualificatif de 'circulaire' parce Mamzelle Richeux elle mélange tout, pour elle ce qui est rond ou sphérique est en même temps 'circulaire' (cette connerie est anecdotique le problème c'est qu'il y en a une, non par émission mais quasiment chaque fois que Richeux ouvre la bouche résultat il est impossible d'écouter le moindre extrait, de tester l'intérêt d'un invité sur un sujet qui vous tente, sans trouver par la voix de la midinette qui se la joue archi-sérieux, au moins une ânerie ou une impropriété équivalente - j'ai cité celle-la non pour la monter en épingle, mais simplement à titre d'illustration).

Voinchet pour sa part, feint non seulement de comprendre quelque chose à la politique et à l'économie, mais même de piger ce que lui disent ses invités, ce qui fait de lui une sorte d'as du bluff culturel. Car l'imposture est manifeste, comme on peut le constater quelques jours plus tard quand il ressort de travers ce qu'il avait cru comprendre. Est-il vraiment au niveau ? En direct, on constate qu'il s'efforce d'en donner le sentiment avec des questions et commentaires qui le rendent particulièrement ridicule face à des Védrine ou Attali, puisqu'il ne trouve à leur sortir que les clichés de l'air du temps et du paradigme idéologique de France Culture : en gros pour la politique, c'est le droit-de-l'hommisme à la mode ; et en économie, la justice sauciale semble être l'alpha et l'oméga de son arsenal conceptuel. Là-dessus il feint d'avoir suivi et de savoir de quoi il cause en matières diverses : systèmes monétaires, innovation technique, géopolitique, et alors en démographie je dois dire que c'est le domaine où il est le plus amusant à écouter.

Laure Adler quant à elle, feint d'avoir lu et compris Deleuze, Derrida, les philosophes de la French Théory et les psychanalystes lacaniens mais elle n'arrive pas vraiment à masquer que ça lui échappe complètement. Mais vu son acharnement au travail et son désir évident de devenir un jour aussi forte que son Jules, je veux bien croire à ses efforts désespérés et à ses nuits blanches occupées à tenter de se aire entrer dans le ciboulot le fatras de ces bavards. Evidemment en tant qu'intervieweuse le naufrage est au rendez-vous mais le paradoxe est que c'est face à elle et non à Veinstein, qu'un Djeôrges Didi-Huberman redevient presque humain et compréhensible, alors que chez Veinstein il est ordinairement d'une emphase, d'une pompe et d'une vanité, qui font de lui une sorte de record du creux sur l'antenne.

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Leçons du passé - le Mar 27 Aoû 2013, 15:52

L'anniversaire des 50 ans de la chaîne pourrait bien déboucher sur une amélioration des compétences de certains producteurs grâce à une prise de conscience de l'art d'interviewer entendu dans des émissions passées.

En effet, comment Philippe Garbit et Emmanuel Laurentin, hommes intelligents, qui présentent quotidiennement  l'émission d'archives France Culture 50 ans de radio, cet été, ne pourraient-ils pas avoir été frappés par le contraste entre les grands "donneurs de parole" et les piètres intervieweurs ? Et, tout imprégnés de l'écoute d'excellentes archives, faire leurs les qualités professionnelles des meilleurs de ceux qui les ont précédés ? Ou par contraste (c'est plus souvent le cas) éviter les défauts des mauvais exemples entendus dans les plus récentes archives. Ainsi dans ces deux dernières  - "choix obligé ?" - diffusées le 16 août dernier : - Hors champs - Abdou Diouf, par Laure Adler (date de diffusion le 12/07/2010) et - Tire ta langue : Sophie BAILLY, par Antoine Perraud (Date de diffusion : 10/10/2010) dont on aurait aimé écouter les invités... sans les questionneurs, surtout le dernier, d'un pédantisme irritant au possible.

On se demande quel profit auront retiré Garbit et Laurentin de l'écoute du très guindé Georges Charbonnier essayant en 1965 de placer des questions à rallonge à Jorge Luis Borges, lequel l'interrompt systématiquement d'une voix forte après quelques mots ? Qu'il faut, comme Charbonnier l'a fait (et on a cru le sentir, à contre-coeur !) se taire  (après avoir vainement tenté de parler très vite) et laisser discourir son interlocuteur selon son propre rythme ?  Laurentin en aura sans doute pris de la graine. On l'espère.

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2013/08/s33/RF_38F430CF-CEAA-4DB5-AE7B-D6C8CD8496AF_GENE_0.MP3" debut="23:20" fin="24:10"]

http://www.franceculture.fr/emission-france-culture-50-ans-de-radio-les-voix-de-la-francophonie-2-2013-08-13

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Mar 27 Aoû 2013, 17:10

@Philaunet a écrit:Laurentin en aura sans doute pris de la graine. On l'espère.
Je pense qu'il faudrait distinguer les interrupteurs du type "excités/enthousiastes" de ceux "pompeux/guindés". Il me semble que les interruptions de Laurentin ressortent plus du premier type et un ajustement est donc possible . En revanche, pour ceux du second type (Enthoven), la tâche sera ardue, si ce n'est impossible.

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Des archives à analyser pour se former à l'art de l'entretien - le Ven 30 Aoû 2013, 14:47

Ne manquez aucun des extraits de ce numéro du 22 08 2013 de l'émission d'archives Les Sentiers de la création 4 , ils sont, chacun à leur manière, exceptionnels et jubilatoires :

Mi fugue, mi-raisin :avec Giorgio de Chirica [sic], au micro de Ornella Volta et Bertrand Jérôme par Jean Chouquet - 1ère diffusion le 23 août 1975

Ce premier extrait : quasiment aucune préparation des deux présentateurs qui répètent laborieusement la même question, en riant bêtement de plus en plus pour combler les vides durant toute l'interview, face à un Giorgio de Chirico qui finit par envoyer paître la compagnie à plusieurs reprises.

Voilà ce que l'on aimerait entendre plus souvent en 2013 en réponse aux rires et aux questions ampoulées qui témoignent d'une ignorance complète du domaine de  l'invité !

Emission spéciale: Maria Helena Vieira  da Silva, peintre, 1 par Pierre Descargues 1ère diffusion le 5 avril 1982

Ce deuxième extrait fait entendre un Pierre Descargues décontracté (trop ?), ayant lui aussi très peu de matière à mettre dans le micro face à une invitée timide qui n'a rien à dire ou presque. Mais la complicité, la confiance que savait instiller Descargues dans ses entretiens pallient quelque peu le manque de fond. Pierre Descargues a lui aussi recours au rire renouvelé (noté par l'invité) quand il est à court de mots.

Nuits magnétiques - Sophie Calle à la Biennale de Paris - Risques de turbulence :
Peinture fraîche Sophie Calle par Jean Daive , réalisation Brigitte Rihouay 1ère diffusion le 8 octobre 1980

[et presque 20 ans plus tard « en 1998 Jean Daive produit sur FC "Peinture fraîche", il reçoit Sophie Calle]

Enfin, un double entretien dont le premier est empreint d'une grâce qui transporte. Un Jean Daive (3,4 et 5e §) comme on a aimé l'entendre, tout en attention et avec le savoir et l'ouverture d'esprit qui le caractérisaient dans le domaine de la peinture et des arts plastiques.

L'entretien 18 ans plus tard (mal annoncé sur le site, mais qu'attendre d'autre ?), avec la même artiste, permet d'entendre un art de l'interview toujours aussi bien maîtrisé et des voix qui ont pris de la couleur et de la fermeté. La grâce de la jeunesse s'en est allée pour faire place à de la maturité.

C'était l'époque (1998, période pré-adlero[b]cène) où l'on n'essayait pas à 30 ou 40 ans de mimer les vapeurs ou les déconnades d'adolescents, comme cela se fait en 2013 sur cette chaîne.

Du matériel de formation pour certains présentateurs de France Culture, donc :

http://www.franceculture.fr/emission-france-culture-50-ans-de-radio-les-sentiers-de-la-creation-4-2013-08-22

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D'abord des connaisseurs avisés dans leur domaine - le Ven 06 Sep 2013, 22:40

Grand bonheur de réécouter la voix typée de Lucien Attoun et son très grand savoir-faire d'intervieweur ici : http://www.franceculture.fr/emission-france-culture-50-ans-de-radio-paroles-d-intellectuels-5-2013-08-09

On l'entend en effet dans deux entretiens tenter de faire parler Bernard-Marie Koltès de ses pièces. Et c'est tout à son honneur de révéler, sans une once d'agacement ni d'agressivité, avec des questions intelligentes de connaisseur, toute la vacuité de pensée (et c'est gratiné !) de l'auteur en face de lui.

Nouveau répertoire dramatique - L' héritage par  Lucien Attoun, réalisation Evelyne Frémy, présentation [pas présentation, mais avec l'invté] Bernard Marie Koltès 1ère diffusion le 2 décembre 1972

Bernard-Marie Koltès a la voix de son époque. On croit entendre le jeune Polanski tout aussi vain et languissant dans ses réponses face à un bon Pierre Billard, dans l'émission rediffusée cet été également ( Les Voix de la francophonie 2 - Connaître le cinéma Roman Polanski, par  Pierre Billard (Date de diffusion : 10/12/1966) http://www.franceculture.fr/emission-france-culture-50-ans-de-radio-les-voix-de-la-francophonie-2-2013-08-13

Où l'on remarque une chose : des gens qui avaient une spécialité et étaient rompus à l'art de l'interview savaient faire émerger une parole révélant, pour le meilleur ou pour le pire (les deux sont intéressants), l'esprit sous-tendant les productions artistiques des invités. On pense à Lucien Attoun, donc, (théâtre), à Pierre Descargues (peinture), à Michel Ciment (cinéma), François Chaslin (architecture), Jacques Le Goff (histoire médiévale), etc, (qui poursuit la liste ?).

Quels sont les spécialistes, références nationales ou internationales  dans leurs domaines, qui oeuvrent actuellement sur France Culture ? En littérature ? En linguistique ? En arts plastiques ?

Ces archives ont décidément du bon pour établir des comparaisons entre les manières de faire de différentes époques et même pour juger les époques sur leurs choix (spécialistes autrefois vs généralistes maintenant).

Sans doute ceux qui n'iraient jamais voir un médecin généraliste, mais un spécialiste pour une affection particulière (par exemple un andrologue...), sont satisfaits de nommer des producteurs généralistes dans des  domaines dont ils n'entendent pas grand-chose, mais qu'ils apprennent à la va-vite avec un résultat forcément médiocre au bout.

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''Adieu Jojo le mérou, nous ne t'oublierons jamais'' (Cousteau in Le monde du silence) - le Dim 08 Sep 2013, 11:34

@Philaunet a écrit:[...]
Où l'on remarque une chose : des gens qui avaient une spécialité et étaient rompus à l'art de l'interview savaient faire émerger une parole révélant, pour le meilleur ou pour le pire (les deux sont intéressants), l'esprit sous-tendant les productions artistiques des invités. On pense à Lucien Attoun, donc, (théâtre), à Pierre Descargues (peinture), à Michel Ciment (cinéma), François Chaslin (architecture), Jacques Le Goff (histoire médiévale), etc, (qui poursuit la liste ?). [...]
Au risque d'en faire ruer quelques uns, c'est sans aucune hésitation que dans cette liste je glisserai Jean Lebrun. Certes je parle du Jean Lebrun de Culture matin, avant qu'il ne se trouve transformé en vieux mérou par une métempsycose fatale (Jean Lebrun est un cas très rare de métempsycose ante-mortem). Le surnom de "vieux mérou d'El Sûr" date de 2009 et lui a été attribué par des auditeurs qui n'en pouvaient plus de le voir saboter son propre talent.

Mais bien des années avant cette décrépitude, Lebrun aura été un des rares intervieweurs capables, du haut de son agrèg' d'histoire, d'interroger intelligemment les politiciens, les historiens, les sociologues, les démographes. A pouvoir entrer dans leur jeu sans lourdeur et sans bévue, pour leur renvoyer la balle avec complicité mais sans complaisance.

On le disait "directif dans l'entretien", mais il ne l'était pas face aux invités de haut niveau. Il avait 2 talents nécessaires non pour faire jeu égal, mais pour parler leur langue et leur renvoyer la balle, afin que de l'entretien il sorte un contenu valide qui 20 ans après se prête fort bien à la réécoute. Et ça, aussi bien face aux mandarins comme Domenach, Lacoste, Chaunu, Mendras, qu'aux challengers alors montants comme Chauvel ou  Bayart. Je n'oublie pas que c'est grâce à Lebrun que j'ai compris subitement, un matin de 1993, que la matinale de FC pouvait nous mettre en prise quasi directe avec un grand prof qu'on regrettait de ne connaitre que par ses bouquins. Face à eux, je l'ai trouvé toujours juste. Euh, du moins jusqu'à cet automne maudit en 1999 où il a changé de style pour faire le gugusse à 18h, en public à Paris puis dans tous les coinstots improbables du territoire. Son art de l'interview est devenu un art de la pitrerie, ce que certains ne lui ont pas envoyé dire (Francis Mer par exemple qui lui balance "non seulement vous coupez la parole mais en plus c'est pour ne rien dire // le vieux mérou répond "ah ah ah je savais que vous alliez me dire ça"). Il y a donc eu 2 périodes dans la vie de star de Lebrun sur France Culture (je passe sous silence ses exploits de gestionnaire de blog du Quai de Seine qui ne contribuèrent pas peu au surnom de "vieux mérou"). Donc le bilan Lebrun c'est 2 périodes : une excellente et une pitoyable. Je suis content de l'avoir connu au temps de la meilleure.

Que ceux qui ont encore dans leurs boites des Culture-matin essaient seulement de les écouter, et quand ils verront ce qu'on a perdu entre 7h et 8h30, je parie que la vente des mouchoirs va faire un bond.

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Pierre Péju dans Du jour au lendemain - Dany Laferrière pour se remonter le moralr - le Sam 05 Oct 2013, 15:04

Au vu de ce Du jour au lendemain, Pierre Péju semble un type quand même pas mal gonflé de vanité. Par quel miracle en étant aussi centré sur lui-même parvient-il à dire quelques mots d'autre chose, et même à écrire ou plutôt à avoir écrit jadis un article sur Sebald dans la N.R.F. ? Réponse : par soif de se distinguer de la piétaille des écrivains qui, répondant à la même question que leur avait posée Jean Rouaud, n'avaient trouvé à parler que de Proust et Kafka (oh lui eh la honte). On y reconnait le mépris implicite et soft, mais tout à fait certain et typique des salopards qui jouent de l'insinuation.

Sebald tout juste évoqué le temps d'envoyer une pierre dans le jardin des collègues, tout le reste de l'entretien sera sur le mode de l'autophanie : Péju ne veut parler que de lui. Avec force moi-je autant de moi-pas-comme-les-autres-toi-comprendre ? Un ton sentencieux pour balancer des évidences premières "un écrivain doit être un peu intemporel" ou des naïvetés qui font sourire "quand j'écris à l'ordinateur" et autres "moi j'en fais comme du vélo hein notre cerveau se modifie avec les techniques". Très vite il n'a plus rien d'autre à dire que de raconter son roman. Et zou, c'est parti. Résultat ce numéro de Du jour au lendemain est bien nul...

Question : quel est l'intérêt d'un tel entretien ? Réponse : au premier degré il n'y en a pas. Pourtant son pouvoir documentaire est certain : les écrivains de notre époque sont-ils tous comme ça ? Ben on n'en sait rien, mais ceux qui passent chez Veinstein, tout de même assez souvent oui. Encore chez celui-la les tics verbaux sont plus imités de Bourdieu (le fameux /etsétéra'tsétéra/)  que de Mazarine Pingeot et Xav'e Delaporte (/'fin/ et autres /.. voila/). Il faut admettre que c'est un peu moins désagréable à entendre. En clair : quand l'entretien est mauvais, mieux vaut que l'invité soit un vieux con plutôt qu'un jeune con (ou une jeune conne là c'est le bouquet dans la cruche).

Au fait, pourquoi parler de cet entretien déplorable ? Eh bien justement, parce qu'il est tout de même, non pas 'emblématique' comme l'aurait dit un esprit critique formé in France Culture, mais non il est tout simplement représentatif de ce qu'on entend fréquemment dans Du jour au lendemain. Il y a assez de bien à dire des auteurs qui ont une réelle profondeur, il y a assez de mal à dire du cinéma de Veinstein et assez d'éloges à lui envoyer pour sa capacité à faire parler certains de ses invités, juste à titre d'exemple citons le lumineux numéro d'hier soir avec Dany Laferrière. Alors payons-nous le luxe d'orienter les auditeurs, à titre documentaire, vers ce qu'on aimerait ne jamais trouver sur l'antenne de FC avec comme exemple cet entretien entre Veinstein et un écrivain peut-être bon peut-être mauvais, on ne sait pas on ne sait plus, mais à la tête tellement enflée de lui-même que la seule idée d'ouvrir son livre s'éloigne un peu plus à chaque instant quand on reçoit son babillage.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Lun 07 Oct 2013, 17:54

Bonjour à tous,
je viens vous signaler le numéro de demain du "jour au lendemain" avec comme invité spécial :
Spoiler:
Et hop je regroupe mes babillages de quatre heures, j'en fais un petit bouquin, et comme ça j'irais faire ma promo chez Veinstein, c'est le studio d'à coté.
Plus sérieusement je suis très déçu que ce monsieur ait accepté la combine, mais après tout il n'avait peut être pas le choix.

edit : je n'ai pas trouvé le fil "du jour au lendemain", j'ai donc posté ici
merci de rediriger ce post si besoin

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Suce pince - le Lun 07 Oct 2013, 18:12

Damn it, déjà chez le Veinstein ? Elle perd pas de temps. J'ai vu l'annonce de la sortie, mais je sais plus où. Il y a une préface fumante mais je ne sais plus de qui : Etienne Klein ou Frederic Martel ou Sylvain Kahn enfin kék'1 comme ça. Achille Talon peut-être ? Non toujours pas, flute. Mais ça va me revenir. C'est quelqu'un qui fait l'éloge de son "Polarhodoïde", donc, donc.... ah oui ça me revient, c'est un des invités récurrents de FC, la dernière fois  qu'il est passé à la Grande table j'ai été particulièrement fier de ne jamais avoir suivi un cours de philo.

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