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Au fil de l'écoute - le Mer 21 Avr 2010, 20:53

Rappel du premier message :

Ouf, il fallait l'ouvrir celui-là...

Il y a des émissions qu'on aime bien mais pour lesquelles on n'ouvre jamais un fil, allez savoir pourquoi. N'empêche qu'on s'en veut régulièrement de pas signaler tel ou tel bon numéro, qu'il soit débordant d'intelligence ou de charme radiophonique. Là je pense en particulier au Carnet Nomade, inégal non en qualité mais en contenu ; sur le précédent forum on n’en parlait presque pas c’est bizarre quand même, car donc mais toutefois en effet pourtant (ou parce que) la qualité radio y est constante et comme irréprochable.

Et il y a aussi des coups de gueule sur sujet isolé mais on hésite quand même à ouvrir un fil pour une brêle qui n'en vaut fichtre pas la peine. Je parle pas d'un Martel ou d'un Baddou qui ont et auront toujours droit à leur Fil esspécial d'entartage, ni même à un Raphy Enthoven, qui est condamné à réunir une belle collection de claques zet de compliments jusqu'à ce qu'il parvienne à l'âge adulte (pour le raphe y’a plus que 50 ans à attendre, courage les amis !). Mais en dehors de ces cas extrêmes où le skhandääälll radiophonique est par trop patent, il y a donc des gens qui sont comme qui dirait prédestinés à ne pas l’avoir, leur fil perso.

Alors toutes ces merveilles et toutes ces daubes, tous ces moments de radio isolés, c’est pour un fil "au fil de l’écoute".
J’ai déjà quelques sous-rubriques récurrentes en prévision pour ce fil (« chroniques du parsiflage », ou bien « l’alarmisme esspliqué à ma grand-mère »). Le hic : je tenais à l'ouvrir sur une remarque positive, car m'est avis qu'elles seront un peu minoritaires dans l'ensemble. C'est chose faite et, chance, c'est chez Munier que ça s'est passé.

./...
* * *

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le magazine de la rédaction - le Sam 14 Jan 2012, 07:54

Ce vendredi à 18h20 (rediffusé ce matin à 6h), nous avons eu droit à un excellent reportage de Ludovic Piedtenu. Ce dernier sait s'effacer devant les gens qu'il fait parler, il est sans préjugés ou du moins sait les laisser de côté.Ces ouvriers de la vallée de la Meuse commentent ce qu'ls vivent sans s'apitoyer et envisagent leur vote éventuel aux présidentielles .On est en pleine réalité.
http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4370589

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Re: Au fil de l'écoute - le Jeu 19 Jan 2012, 09:49

"Villes - Mondes" à Rennes.

Vous vous souvenez sans doute qu'Olivier Poivre d'Arvor a voulu cette série comme une nouvelle série "patrimoniale" pour France Culture.
De fait, je crois que le résultat est à l'opposé des voeux du boss. J'ai écouté l'émission consacrée à Rennes. Ne connaissant rien à la province et à la Bretagne, je ne dirai pas que cette émission est totalement inutile. Nous avons bien entendu eu droit au refrain sur la montée d'une forme de nationalisme celtique, tout comme nous avons eu droit au fait que la mairie de Rennes est socialiste depuis 35 ans. Le tout entrelardé d'anecdotes sur Chateubriand, une citation de Roubaud, une chanson ou deux d'un groupe rock local. Bref, du reportage, voire (comme dirait Yann) un micro-trottoir "deluxe".
C'est bien cet aspect reportage qui condamne ces émissions à ne pas être patrimoniales. Elles seront caduques d'ici quelques années.
Il n'empêche, cela fait une sorte de prolongement de "Sur les docks". Soit dit en passant, il y a des numéros de "Sur les docks" bien plus originaux et nettement plus passionnants. L'ensemble n'est d'ailleurs pas déplaisant. Encore une émission qui tient compagnie. C'est dommage puisque sur France Culture, on espère, on attend mieux.
Soit dit en passant, et cela rassurera Nessie, ce guide un peu luxueux ne fait pas l'économie des habituelles obsessions politiques et politiquement correctes de France Culture. Ca en devient comique lorsque une invitée déplore que le maire socialiste de la ville, Hervé Morin, ait fait ériger une statue à la gloire d'un druide, soi-disant représentant du nationalisme breton et que Quénéhen s'indigne avec la dame indignée dans une indignation unanime mais juste comme il se doit, bon sang !
Mais ... Je rassure tout le monde, personne n'aura pris la peine d'aller voir plus avant sur la décision d'Hervé Morin !

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Re: Au fil de l'écoute - le Sam 21 Jan 2012, 14:09

Aujourd'hui dans la Suite dans les idées, pendant 30 minutes quasiment sans interruption de Sylvain Bourmeau -mais avec une belle ânerie en ouverture- le linguiste Pierre Encrevé parle de Pierre Bourdieu. A ses propos on peut identifier dans la personne de l'invité une groupie énamourée, en pleine adoration, et dont l'exemple nous rappelle que l'ivresse idéologique est une forme de la confusion mentale. C'est à peine s'il parle de sociologie, et en tous cas il n'en fait pas, sinon caricaturale. Fidèle en cela au maître, d'ailleurs, envers qui le voila occupé à manifester sa dévotion absolue, sa soumission et sa foi. Foi dans l'oeuvre et dans la personne dont il reprend au passage l'un ou l'autre tic oral. Hélas l'accumulation des bourdes et des contre-vérités prouve s'il en était besoin, que tenir la traîne de Pierre Bourdieu n'est une école ni de vérité, ni de lucidité. Presque tout ce qui a été dit par Pierre Encrevé peut être contredit ou amendé dans le sens de la vérité sur les impostures et de la réfutation des idées fausses.

Bilan : 30 minutes où l'on entend revivre une bonne partie des vices intellectuels de Bourdieu, sanctifié par un de ses anciens disciples. L'inventaire des faussetés et des absurdités entendues pendant ces 30 minutes ferait mal à ceux qui pratiquent le culte s'ils se montrent capables de lucidité sur la personne de leur dieu. On n'y croit guère, alors à quoi bon le faire, cet inventaire ? Mais pour les autres, il confirmerait ce que beaucoup savent ou devinent, en montrant comment les disciples perpétuent avec les mêmes méthodes ce qui fut une des plus grandes escroqueries intellectuelles de notre époque. Faut-il faire cet inventaire ?

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Re: Au fil de l'écoute - le Dim 22 Jan 2012, 12:12

Nessie a écrit:

Bilan : 30 minutes où l'on entend revivre une bonne partie des vices intellectuels de Bourdieu, sanctifié par un de ses anciens disciples. L'inventaire des faussetés et des absurdités entendues pendant ces 30 minutes ferait mal à ceux qui pratiquent le culte s'ils se montrent capables de lucidité sur la personne de leur dieu. On n'y croit guère, alors à quoi bon le faire, cet inventaire ? Mais pour les autres, il confirmerait ce que beaucoup savent ou devinent, en montrant comment les disciples perpétuent avec les mêmes méthodes ce qui fut une des plus grandes escroqueries intellectuelles de notre époque. Faut-il faire cet inventaire ?


Oui, il faut faire cet inventaire !

PS : En revanche, "Hors Champ" où était invitée N. Heinich évitait l'hagiographie.

http://www.franceculture.fr/emission-hors-champs-pierre-bourdieu-decrypteur-du-reel-45-nathalie-heinich-2012-01-19

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Yves Jaigu est mort - le Jeu 05 Avr 2012, 15:19

Yves Jaigu est mort.

De cet homme je ne connais pas grand-chose, j'ai commencé à attraper des bribes de France Culture à la fin de l'ère Borzeix sans le savoir, que c'était la fin d'une ère.
Mais on sait à quoi ressemble la radio qu'a conduit Yves Jaigu, toutes les nuits nous font sauter aux oreilles le grand écart, le rift qui sépare sa conception d'un programme culturel, et celle de ses lointains petits successeurs.

La mort de cet homme, l'hommage que lui rend OPA à l'antenne, signent tristement le changement d'époque et de sens des mots qui qualifient notre radio.

On l'avait entendu récemment, Yves Jaigu, dans une série d'A voix nue. Nessie nous l'avais signalée ici, on pouvait se rendre compte du point auquel son idéal radiophonique était maintenant loin de nous.



Edit : RFC vous propose pour l'occasion la réécoute du troisième épisode de ces À voix nue, depuis notre page d'accueil.

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Re: Au fil de l'écoute - le Jeu 05 Avr 2012, 18:33

Justement, je suis tombé aujourd'hui sur cet article de Libé, daté de mai 1997, consacré au rapport Ténèze qui enfonce la chaine considérée comme trop élitiste. On est là sur la ligne de crête, et la descente s'amorce.

Un extrait, pas tout à fait pris au hasard : "En clair, l'auditeur manque de repère, les émissions ne sont pas suffisamment «signalées». Certaines émissions, comme A voie nue à 8h30, ne correspondent pas à «l'instabilité de l'auditoire à ce moment de la journée». De même, la très longue durée du Bon Plaisir est «inadaptée au comportement de l'auditorat»."

http://www.liberation.fr/medias/0101215485-france-culture-dure-a-l-oreille-un-rapport-decrit-la-chaine-comme-souvent-confuse-pour-les-auditeurs

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Re: Au fil de l'écoute - le Jeu 05 Avr 2012, 19:26

Gomez a écrit:Un extrait, pas tout à fait pris au hasard : " (...) Certaines émissions, comme A voie nue à 8h30, ne correspondent pas à «l'instabilité de l'auditoire à ce moment de la journée». (...)."

Très intéressant, Gomez. Merci pour ce rappel. C'était en 1997 ? Il y a 15 ans ?

Alors les Allemands sont franchement en retard, car savez-vous ce que l'on peut écouter chaque matin durant ce prétendu créneau "d'instabilité de l'auditoire" à 8h30, sur Südwestfunk 2, durant 30 minutes ? Et ce depuis des années ? L'émission intitulée "Wissen" ("Savoir" ).
http://www.swr.de/swr2/programm/sendungen/wissen/archiv/-/id=660334/w9hse1/index.html
Voulez-vous quelques sujets de la tranche de 8h30-9h du matin ? L'écrivain Karl May ; Charles Dickens ; l'humour dans la psychothérapie ; l'analyse de l'ADN ; la philosophie de Max Stirner ; la littérature du Pakistan ; les pigeons voyageurs ; l'éthique de l'obéissance, etc. Quelques catégories, peut-être ? Médecine, psychologie, éducation, histoire, littérature, sociologie, géophysique, géopolitique, etc.

Et savez-vous ce que vous avez en prime ? La transcription complète, le jour même, de l'émission en fichier PDF (pas seulement de textes préparés à l'avance, mais aussi de dialogues spontanés). Les auditeurs allemands adorent et en redemandent.

On compare alors avec la même tranche horaire et le contenu de France Culture ? Et ensuite on fait un commentaire ? Non, on ne fait aucun commentaire, on serait trop ironique à l'égard de notre radio culturelle unique au monde...




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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 06 Avr 2012, 10:08

Gomez, Philaunet, vos messages sont infiniment déprimants! À tel point qu'ils me remettent en tête ce qu'affirment psychiatres et neurobiologistes *, à savoir que le principal remède à la dépression, c'est l'action, même sans espoir d'un résultat, même pour rien.

De là, me revient une idée qui a déjà heurté la tête de certains, d'aucun(e) ont déjà suggéré quelque chose de similaire :

Pourquoi ne profiterions pas de l'occasion de la présidentielle pour adresser à chaque candidat un mail évoquant succinctement la situation déplorable de France Culture, ce qu'elle était et ce qu'elle osait sous Jaigu et Borzeix, ce qu'elle est exactement devenue aujourd'hui, ce qui existe pourtant à nos frontières à des heures ou l'auditoire est prétendument labile, et enfin et surtout, ce qu'en pense le candidat, ce qu'élu, il pourrait impulser ?

Dans le meilleur des cas, on pourrait publier ici les réponses de ceux qui y consentent. Après tout, quel meilleur moment que celui de l'élection pour s'adresser à l'aspirant exécutif ? Qu'en pensez-vous, fausse bonne idée ?

Que parieriez-vous sur les réponses de chaque candidat ? Certains épouseraient nos causes, croyez-vous ?


* C'est entre autre Mon oncle d'Amérique d'Alain Resnais qui évoque cela de belle façon




PS : Rien à voir, mais étonnant de lire la rectification de l'article du site de France Culture sur Yves Jaigu : hier, c'était titré "Disparition du fondateur de France Culture" ! Amendé aujourd'hui en "Disparition d'un grand directeur de France Culture"... Où quand cette une bonne partie de cette radio a oublié l'essentiel de son passé (m'étonne qu'il n'ait pas crû que c'était Laure Adler, la fondatrice de France Culture !).





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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 06 Avr 2012, 16:10

"Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer."

Guillaume d'Orange (1533–1584), qui n'a connu ni Sigmund Freud ni Jean-Didier Vincent...

Masterkey, nous ne sommes pas sur le Golgotha, tout de même ! Ma comparaison précédente renvoyait à un créneau particulier de la grille de SWR 2, station dont le nom en français serait "Radiodiffusion Sud-Ouest 2" ce qui, soit dit en passant, n'est pas aussi ronflant que "France Culture"...

Loin d'être "infiniment déprimantes", les comparaisons avec le passé ou avec ce qui se passe ailleurs sont très stimulantes.

D'abord, ce qui a été produit de qualité sur France Culture est régulièrement rediffusé, soit la nuit, soit à d'autres occasions. Les moyens modernes (podcasts, écoute en ligne 500 jours, etc), inexistants il y a dix, vingt, trente ou quarante ans, permettent de conserver et d'écouter une somme importante d'émissions de qualité diffusées ces dernières années ou actuellement sur France Culture et ailleurs.

Il ne faut pas non plus se leurrer : durant les 40 années d'avant 1995, les gens, qui n'avaient peut-être pas autant de loisirs, étaient assignés à une heure et un lieu précis pour suivre telle ou telle émission. Pas question d'écoute différée (sauf avec les mini-cassettes) ou d'écoute en direct sur des appareils baladeurs. Une réflexion à faire ou sans doute déjà faite s'impose (Alain Mâchefert l'avait effleurée) : s'il y a moins d'émissions de qualité de nos jours, la disponibilité de celles qui ont le mérite d'exister est infiniment plus grande qu'auparavant. Qui n'a pas un nombre impressionnant de podcasts ou d'enregistrements intéressants en attente d'écoute ?

Il n'y a pas de technologies nouvelles qui n'apportent des inconvénients en même temps que des avantages : on peut vouloir prendre le TGV et regretter de ne plus voir le paysage en train. L'avantage de la vitesse est pourtant indissociable de la privation de la vue sur la campagne. L'avantage de la disponibilité rapide et gratuite de tout fichier sonore va, semble-t-il, de pair avec la superficialité et la médiocrité de beaucoup de producteurs ou d'intervenants car, entre autres raisons, la multiplication des sollicitations auxquelles ils acceptent de se soumettre empêche la concentration, le montage méticuleux, le temps de se réécouter, etc, au profit, si l'on peut dire, du jonglage malhabile avec la quantité excitante "d'objets culturels" ou d'avis sur tout et rien, via les opinionistes lus diagonalement sur Internet.

Peut-on avoir le beurre et l'argent du beurre ? Non, mais la monnaie du beurre, certainement, avec de bons numéros d'À voix nue, du Feuilleton, des NCC (d'autrefois surtout), de Sur les Docks, de Répliques, d'Une vie une oeuvre (liste non exhaustive selon goûts de chacun).

Raisons d'être optimiste à suivre (mais Masterkey, en attendant j'adhère totalement à la proposition : mails individuels ou de RFC ? Qui fait un rappel des adresses où écrire ?)

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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 06 Avr 2012, 17:00

Merci pour ce contrepoint, et votre proposition d'une autre mise en perspective des choses.

Certes, ces comparaisons, ça stimule, surtout l'ironie et le goût de la mise en boîte des conseillers et des décideurs qui ont trouvé que cette radio - qu'ils n'écoutaient pas - n'étaient probablement pas adaptée au public dont eux-mêmes ne faisaient pas partie.

Délimitons tout de suite l'étendue de notre zone d'accord : personne ne niera le grand progrès des moyens d'accès et de stockage des productions de la chaîne. Et bien sûr, si l'on se recompose sa radio soi-même, il y a moyen d'éplucher toutes les niaiseries de la chaîne, et de se concocter un encore joli programme.

Mais même ainsi, si l'on s'en tient aux productions du moment (y inclure les rediff. des années 70/80 c'est de la triche), de nombreuses formes manquent à l'appel. Le format du magazine hebdomadaire de 58 minutes domine outrageusement la semaine, les documentaires, les entretiens sont assez largement amputés, certains sujets ont purement disparus, et l'exigence moyenne - ce pari sur la capacité de l'auditeur à suivre, ou au moins à rêver, jusqu'à des niveaux élevés ou non -, a assez largement baissé.

Un deuxième problème, qu'on a déjà évoqué sur ce forum, c'est que si l'on se compose sa radio à soi, impossible d'être surpris. Et, bien sûr c'est ce qu'on fait en se plongeant dans ses archives, mais il y a le même écart entre ce type d'écoute et la découverte d'un programme proposé par la chaîne, qu'entre l'écoute d'une compilation de bons morceaux et celle d'un album, qui peut être une visite nettement plus en profondeur, un dépaysement, un acculturation temporaire. Je ne sais pas si vous sentez ce que je veux dire.

Enfin, il y a le temps disponible : quand j'écoute la radio en direct (pas des archives), ça doit représenter trois bons quarts du temps total dont je dispose pour l'écoute solitaire. Et ces heures-là tombent, comme pour la majorité des auditeurs, sur les créneaux de fort logiquement grande écoute : 7h-9h, 18h-20h. Les programmes proposés par France Culture sur ces quatre heures capitales, vous rendez-vous compte de son niveau, du plaisir qu'il procure ? Qu'est-ce qui force France Culture à s'enfoncer dans cette voix toujours plus profondément ? En très grande partie le manque d'imagination, l'impossibilité du pari, le reniement d'a peu près tout ce que semblait porter Jaigu, pourtant pas homme de radio à l'origine, mais qui a visiblement su conjuguer des ambitions démesurées et une grande écoute du monde qu'il allait guider.

Je vois bien que vous faites un parallèle entre amélioration des tuyaux et baisse de densité du flux (pour parler comme Cheminade Smile ) culturel mais le lien que vous dressez entre les deux me paraît assez faible, pour ne pas dire artificiel. Pourquoi l'amélioration technique les conduirait-elle à accepter davantage de sollicitations perturbatrices pour leur production ? Pourquoi le pari sur l'auditeur n'est-il plus le même qu'à d'autres époques ? Pourquoi le beurre est-il payant ?

De toute façon, vous avez raison de provoquer ces questions, on n'échappe pas facilement aux jugements un peu rapides, aux résumés faciles et à la généralisations de problèmes ponctuels. Mais j'en voudrais plus, du contre argument.

Et pour la proposition : je dirais mails, bien plus rapide. Peut-être accompagnés de sollicitations pointant vers ces mails, via Twitter pour ceux des candidats qui pratiquent, vers leurs blogs, où autres endroits qu'ils sont très certainement attentifs à choyer en ce moment.

PS :
Philaunet a écrit:[...] avec de bons numéros d'À voix nue, du Feuilleton, des NCC (d'autrefois surtout) [...]

Dites, ce que vous préférez, ce sont donc en quelque sorte les ANCC (les anciens-nouveaux chemins)? Pas les CC d'origines, qu'on pourraient qualifier d'ACC (les anciens, ou anciens-anciens suivant les classifications), ni les NACC (les nouveaux-anciens, ceux de Munier), et encore moins les NNCC (nouveaux-nouveaux d'Adèle Van Reeth) ?

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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 06 Avr 2012, 21:55

Bonjour Masterkey, observations intéressantes que les vôtres, j'y reviens ci-dessous.

Suite du post de 16h10 :

Qui se souvient du projet de fusionner France Culture et France Musique ? Il en était question dans les années 1990. Cela n'a pas eu lieu. Cela aurait pu avoir lieu. Comment ne pas se réjouir de l'existence de deux chaînes séparées en France ? Ce n'est pas le cas en Angleterre où la fusion est la règle (BBC 3, détails sur demande...) Pour ce qui concerne l'Allemagne, les deux systèmes coexistent et l'offre est pléthorique (SWR 2 ou Deutschlandradio Kultur, idem pour détails).

Bref, l'outil est là et n'est plus remis en cause comme structure, c'est déjà ça. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille accepter la médiocrité que vous pointez (entièrement d'accord avec votre paragraphe 3). Il reste néanmoins des îlots avec des producteurs "historiques" ayant survécu aux divers changements (on les aime ou non, mais on pense à Alain Veinstein, François Chaslin, Michel Ciment, Stéphane Deligeorges, Alain Finkielkraut, Irène Omélianenko et d'autres encore – à propos de la dernière nommée, voir sa réaction à la disparition d'Yves Jaigu et aussi les hommages de deux ex-très grandes pointures de France Culture, Jean Lebrun et Olivier Germain-Thomas ici : http://radiofanch.blogspot.fr/2012/04/yves-jaigu.html ).

Je partage également les observations de votre 4e paragraphe. J'ai fait part, ici ou là sur le Forum, de l'agacement qu'il y a à tomber sur des gens pouffant et traînant des "euh, euh" et 300 mots de vocabulaire maximum quand on allume le poste aux heures de grande écoute. Combien de découvertes j'ai pu faire autrefois en écoutant "Agora" quand Olivier Germain-Thomas et André Velter l'animaient (Lapouge trop bavard à mon avis) ! Idem avec Jacques Munier et bien d'autres. On le regrette, on aimerait faire comme avant, car ces découvertes nous manquent (il faut être sorti de ses propres goûts par le hasard) mais en attendant que quelque chose change on choisit une autre voie.

Vous écrivez :
" (...) 7h-9h, 18h-20h. Les programmes proposés par France Culture sur ces quatre heures capitales, vous rendez-vous compte de son niveau, du plaisir qu'il procure ? Qu'est-ce qui force France Culture à s'enfoncer dans cette voix toujours plus profondément ?"

Je n'ai pas de réponse. Mais vous savez sans doute vous-même la logique qui sous-tend ces quatre heures et les faits qui les pérennisent. Les répéter en les critiquant fait sens si cela s'inscrit dans une démarche constructive.
Les contributions sur ce Forum sont forcément partielles (bien qu'on ait parfois de très riches messages "écossais" et de vous, de 114 ou Mitsouko, que les non-nommés m'excusent !). Il faut se réconcilier avec l'idée que l'on doit se limiter, et accepter qu'il nous sera reproché de ce fait, à tort ou à raison, un manque d'approfondissement ou d'appréhension totale des phénomènes.

Vous écrivez encore : "Pourquoi l'amélioration technique les conduirait-elle à accepter davantage de sollicitations perturbatrices pour leur production ?"

Réponse : voir le fonctionnement au travail de nos jours. N'avez-vous jamais entendu de gens "sérieux" dire qu'ils n'arrivaient plus à se concentrer longtemps du fait de l'Internet, du téléphone portable, etc ? Voyez autour de vous : qui "débranche" pendant son activité ? Le "multitasking" envahit toutes les sphères. La discussion se poursuit ailleurs sur la manière de lutter contre la superficialité, la négligence, le morcellement (les "chroniques" de FC ou Inter ou Info, comme symptômes de notre époque... voir aussi BBC Radio 4, station entre FC et Inter, dont les formats les plus fréquents sont désormais de 15 et 30 minutes, et au maximum 45 minutes !).

Vous écrivez enfin : " Pourquoi le pari sur l'auditeur n'est-il plus le même qu'à d'autres époques ?"

Réponse : ce pari existe en Allemagne où l'on trouve des stations diffusant des émissions assez pointues à des heures de grande écoute. Une nationale http://www.dradio.de/dkultur/vorschau/ et plusieurs régionales, comme par exemple : http://www.br.de/radio/bayern2/bayern-zwei108.html

À chacun de voir si cela vaut la peine de rafraîchir ses connaissances en allemand.

PS. Les Nouveaux Chemins de la Connaissance : sauf erreur, à rectifier en ce cas, l'émission porte ce titre depuis Raphaël Enthoven et jusqu'à maintenant avec Adèle van Reth. Peut-être qu'au lieu du mot "autrefois", j'aurais dû utiliser "naguère" dans son sens premier (pour parler de la période Enthoven). Mais le temps passe si vite "de nos jours"...




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