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Au fil de l'écoute    Page 55 sur 59

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Au fil de l'écoute - le Mer 21 Avr 2010, 20:53

Rappel du premier message :

Ouf, il fallait l'ouvrir celui-là...

Il y a des émissions qu'on aime bien mais pour lesquelles on n'ouvre jamais un fil, allez savoir pourquoi. N'empêche qu'on s'en veut régulièrement de pas signaler tel ou tel bon numéro, qu'il soit débordant d'intelligence ou de charme radiophonique. Là je pense en particulier au Carnet Nomade, inégal non en qualité mais en contenu ; sur le précédent forum on n’en parlait presque pas c’est bizarre quand même, pourtant (ou serait-ce 'parce que' ?) la qualité radio y est constante et comme irréprochable.
Lointain post-scriptum - entre temps le fil Carnet nomade est apparu dans notre menu.

Et il y a aussi des coups de gueule sur sujet isolé mais on hésite quand même à ouvrir un fil pour une brêle qui n'en vaut fichtre pas la peine. Je parle pas d'un Martel ou d'un Baddou qui ont et auront toujours droit à leur Fil esspécial d'entartage, ni même à un Raphy Enthoven, qui est condamné à réunir une belle collection de claques zet de compliments jusqu'à ce qu'il parvienne à l'âge adulte (pour le raphe y’a plus que 50 ans à attendre, courage les amis !). Mais en dehors de ces cas extrêmes où le skhandääälll radiophonique est par trop patent, il y a donc des gens qui sont comme qui dirait prédestinés à ne pas l’avoir, leur fil perso.

Alors toutes ces merveilles et toutes ces daubes, tous ces moments de radio isolés, c’est pour un fil "au fil de l’écoute".
J’ai déjà quelques sous-rubriques récurrentes en prévision pour ce fil (« chroniques du parsiflage », ou bien « l’alarmisme esspliqué à ma grand-mère  »). Le hic : je tenais à l'ouvrir sur une remarque positive, car m'est avis qu'elles seront un peu minoritaires dans l'ensemble. C'est chose faite et, chance, c'est chez Munier que ça s'est passé.

./...
* * *

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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 29 Avr 2016, 00:18

@Philaunet a écrit:Ces derniers temps Étienne Klein s'est éloigné des sujets scientifiques
C'est vrai mais cela fait partie du cahier des charges de l'émission, converser aussi avec des non-scientifiques. Ce que j'apprécie chez Etienne Klein, c'est sa curiosité intellectuelle et son goût de partager des savoirs.

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Du bouillon clair contre l'infobésité - le Sam 30 Avr 2016, 13:05

Nous poursuivons notre thématique du bouillon clair radiophonique, cette soupe verbale devenue trop translucide pour être véritablement nourrissante. Citons le Secret des Sources de ce matin, qui avait pour thème "l'infobésité". Il n'y a pas grand chose à retenir : trop d'information tue l'information et maintenant avec l'internet les gens s'informent beaucoup et passent du temps devant les écrans et la saturation produit un effet de suppression de l'information voire de traumatisme blablablabla. On passe son temps à dire "aaaaah bon ? Vraiment ? Combien d'années d'études pour de telles platitudes ? Je peux émarger aussi ? Ca a l'air facile." On entend le sempiternel Bernard Stiegler qui nous invite à repenser la réinvention, ou à réinventer la pensée, ou à repenser la façon de réinventer etc. Et nous avons une sempiternelle prof de Science Po qui nous annonce comme une dernière découverte le fait que les sources d'informations aujourd'hui sont vraiment multiples, par rapport à l'ancien temps d'avant (précédemment) et que bien sûr, notre rapport à l'information est tout à fait différent entre aujourd'hui (le monde actuel de tout de suite), et avant (le passé qui précède le présent).

Que faire de ces émissions produites par des journalistes et qui ne semblent exister que pour la promotion de la corporation et de ses sous-traitants ? (les chercheurs en media studies) Ont-ils conscience qu'ils ne font que meubler une heure d'antenne avec les plus ternes banalités que l'on puisse imaginer?

A la toute fin de l'émission, le petit zapping récapitulatif a été coupé au milieu par le jingle de la station, pour passer à autre chose. Même le programme informatique qui coordonne les tranches en avait marre. Et on a enchaîné avec la promotion du livre d'Adèle Van Reeth, devenu "Livre France Culture".

Bravo France Culture, et merci.

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Re: Au fil de l'écoute - le Jeu 05 Mai 2016, 23:44

Laisser les artistes parler de leur oeuvre peut occasionner des dégâts.

Deux exemples récemment écoutés des entretiens d'Eva Jospin avec Marie Richeux dans  Les nouvelles vagues (21.04.2016) et de Raymond Depardon avec Michel Ciment dans Projection privée (30.04.2016) viennent en attester.

Excusez l'absence d'extraits sonores, je m'en passe 1/ pour les difficultés que pose le nouveau lecteur de France culture 2/ pour les difficultés que peut poser leur accumulation sur les pages de ce Forum.

A l'oreille de l'auditeur, écouter un artiste analyser son oeuvre peut sonner de deux façons. Soit il a digéré les critiques lues ou entendues à son propos, qu'il recrache telles quelles. Sa parole sonne faux mais possède un filet de consistance. Soit il fait preuve d'une sincérité telle que l'exposition de son processus de création est désarmante de naïveté et déçoit (Il n'y a rien de plus beau qu'un trait de crayon sur du papier, dit par exemple Eva Jospin).

Eva Jospin (et son ton aristocratique) peut appartenir à l'une ou/et à l'autre ou aucune de ces deux catégories. C'est selon, il faudrait bien connaître son oeuvre et la personne.

Entourée de deux autres artistes, elle répond simplement à la productrice sans faire d'étincelles. Étonnamment, il lui arrive de se tromper de mots, (confusion que l'on peut mettre sur le compte du micro) en parlant de repenti (au lieu de repentirs) et de gargote (au lieu de gargouille) :

En fait, j'ai remplacé le travail par la main, une forme de lenteur grâce à un matériau qui était disponible à profusion, qui coûte rien, qui est toujours là, qui est un rebut et qui est aussi un matériau très beau parce que on peut aisément avoir des repentis comme en peinture, sans se préoccuper de perdre de la matière. (9'24'')

Un repentir est une correction apportée à une oeuvre en cours d'exécution. On peut en voir à l'oeil nu ou à l'aide d'une radiographie.

C'est vrai que ce travail de découpage, de collage, permet d'avoir la sensation à un moment, pour moi, peut-être d'être une tailleuse de pierre, d'une belle gargote au moyen-âge (...) (28'46'').

Suivant la définition du Petit Robert, une gargote est un restaurant à bon marché, où la cuisine et le service manquent de soin. Différent de la gargouille donc, sculptée en démon ou dragon des églises gothiques.

Rien de méchant dans ces approximations. Ni même dans les nombreuses occurrences du mot Incroyable : - 7'39'' : Ça fait un mélange de couleurs absolument incroyable - 28'52'' : (...) de faire une gravure incroyable, - 38' 15'' : Richeux : (...) ici il parle de la forêt, il pourrait tout aussi bien parler de l'une de vos oeuvres, c'est incroyable, hein Eva Jospin ? _ C'est incroyable, lui répond-elle. - 40'24'' : c'est vrai que quand on ouvre ce sujet, il se démultiplie comme une forêt, le nombre de naissance d'arbres dans une forêt comme disait Francis Hallé, c'est, c'est... on ne peut pas les répertorier pratiquement, dans les forêts primaires, c'est incroyable. - 43'12'' : En faisant ça, je me suis rendu compte que la matière, étrangement, du carton, euh, avait une similitude avec la façon dont se compose une forêt, c'est assez incroyable. - 43' 28'' : Il n'y a presque pas de meilleure façon pour représenter une forêt que d'utiliser ce par quoi, enfin le matériau qui la constitue, c'est-à-dire, le carton, le papier, c'est incroyable.

Pendant l'émission, Richeux invente même un metteriez pour le conditionnel présent : mettriez, et aussi croit-elle, le mot ébouriffement (qui existe bel et bien, même si ébouriffage eut mieux convenu) : Georgia Russel, je parlais tout à l'heure de ce à quoi vous arrivez parfois avec ces découpages qui sont des parures, voilà des formes d'ébouriffements, je ne sais pas si ce mot existe mais puisque vous en avez inventé un, je peux le faire aussi. (43'50'') (Georgia Russel est écossaise)

La langue française à la Richeux : t'inventes un mot, j'en invente un.

La suite Depardon au post 542.

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Re: Au fil de l'écoute - le Ven 06 Mai 2016, 00:11

La France de Raymond Depardon est manifestement une France bien différente de celle qu'il côtoie à Paris. Presque une France étrangère, qu'il ne faut pas brusquer, de peur de l'effrayer. Cachons la caméra derrière une paroi, on ne sait jamais, cela pourrait interloquer les curieux (pourquoi pas, si cela sert le dispositif).

Au chapitre : Raymond Depardon a tellement de respect pour les provinciaux qu'il est à deux doigts de les prendre pour des cons (mais non, c'est de la maladresse of course), nous avons :

3'03'' : Il y avait quelque chose d'élégant dans les gens qui parlent dans les lieux publics comme ça : cafés terrasses qui sont pas très nombreux dans les petites villes. Mais quand même, il y a quelque chose peut-être qu'on voit pas peut-être à Paris, ou dans l'Ile-de-France, ou dans les grandes villes. On voit pas les gens discuter, on les regarde pas. Et là, il me semblait, et je me suis dit, c'est ça, mais comment les filmer ? Si j'arrive avec ma caméra, au milieu de tout ça, ça va faire un petit peu un barnum, et j'aime pas trop ça, le côté cinéastes qui font un peu barnum, c'est peut-être valable dans certains cas, mais surtout, il faut rester très modeste avec ces gens, il faut pas..., voyez il faut se mettre à leur hauteur, c'est ce que m'a appris un peu le fait que j'ai commencé très tôt dans les années 60 où il y avait des journalistes qui passaient de princesses à faits divers (...). Se mettre à la hauteur des gens, disons presque de changer de veste en fonction si on va à l’Élysée bien sûr ou si on va à Tarbes, il faut un peu s'habiller comme les gens de Tarbes. Voilà, faut pas arriver trop avec...

6'52 : On a l'impression, des rumeurs qui disent que les gens sont très en colère, qu'ils sont dans une situation épouvantable, qu'ils vont faire un vote sanction, bon moi j'en sais rien, puisque j'y suis pas. Je suis comme vous, je fais des allers-retours comme ça. Et donc, allons voir à Tarbes, allons voir à Charleville-Mézières, peut-être sans leur poser de questions. Surtout sans leur poser de questions. Parce que je me suis aperçu que tout répondait. Enfin, moi je fais du cinéma direct depuis très longtemps, mais le cinéma indirect, c'est une règle pure et dure : on ne pose pas de question.

8'06'' : Mais là, je me suis dit : peut-être qu'il faudrait essayer au-delà et essayer d'écouter ces accents d'abord aussi, ces façons de parler : est-ce que y'en a ou ça existe pas ? Du fait que j'ai tourné au nord et au sud et à l'ouest bien sûr (...). Le centre c'est vrai que c'est le seul endroit où on fait deux, trois cents kilomètres, ça change pas grand chose hein, y'a le clocher, la mairie, la place du village, ça bouge pas trop. Les accents se sentent pas trop.

10'44 : Et puis, j'ai fait le sud-ouest, quand même qui est Tarbes, tout ça, qui voilà, on voit bien, qui est tiraillé entre aller faire des études à Toulouse ou aller travailler dans les hôtels de Lourdes, donc il y a des problématiques comme ça. Tarbaises, Tarbais, confirmez-vous ?

Michel Ciment n'est pas en reste : 12'25'' : Alors justement, Raymond Depardon, vous (...) n'allez pas jusqu'à Paris. Est-ce que vous pensez que si vous aviez tourné dans Paris, ça aurait changé un peu le climat du film ? Que les Parisiens auraient plus parlé de sujets politiques par exemple, parce que ce qui est très frappant, (...) c'est que ces Français parlent de tas de choses, de la sécurité sociale, de l'avortement, de tas de problèmes de société, mais pas vraiment de politique. Depardon : _ Oui, c'est vrai que ç'a été ma surprise. Alors quelqu'un m'a dit : quand tu mets deux personnes, forcément c'est de l'intime. On a de l'intime incroyable.

14'05'' : Ciment encore : Mais vous pensez qu'à Paris, on est plus spontanément vers le politique que dans les régions ? _ Oui, parce que déjà à Villeneuve-Saint-Georges, on a quand même une personne, ça m'aurait embêté de pas l'avoir, parce que c'est quand même parait-il, une des grandes constances de l'opinion française : il y a trop d'étrangers en France, là à Villeneuve-Saint-Georges. Alors, c'est vrai que Villeneuve-Saint-Georges, les Parisiens ont peut-être une certaine façon de parler qu'est pas la même qu'en régions. Ces villes-moyennes-là, je me suis aperçu qu'elles avaient pas la langue de bois quand même, qu'elles étaient même au contraire sans réserve, peut-être plus que nous dans l'Ile-de-France, parce qu'elles ont pas de transports en commun, elles ont un peu de voiture peut-être quelque fois comme ça, 5-10 minutes, et elles sont chez elles. Et donc, elles ont un langage assez direct, même un peu trop, puisque ça révèle aussi quand même énormément de problèmes dans les relations hommes-femmes (...).

15'30'' : Au point de départ, dans ces villes-là, quand on croise quelqu'un, on dit bonjour. Ici à Paris, on ne dit pas bonjour. Peut-être qu'on aurait trop de bonjour à dire. Mais c'est comme ça. Et c'est vrai que quand on arrive dans ces villes, moi je suis surpris. « Bonjour Monsieur », On croise quelqu'un, tu le connais pas, il te dit bonjour.

15'54'' : Les grandes villes, j'aurais peut-être obtenu quelque chose dû au fait que l'information n'est pas la même. On a l'impression que ici, voilà on lit un quotidien, un journal du soir ou le matin, et que - ils le lisent bien sûr parce que la PQR [Presse Quotidienne Régionale] est présente dans ces villes-là, mais peut-être que quand tu lis un journal de régions, ç'a pas du tout la même construction qu'un journal de grande ville, c'est-à-dire les faits divers sont tout de suite apparents, c'est flagrant. La politique étrangère bien sûr qu'est très loin. Et les catastrophes qu'arrivent. Et la politique bien sûr nationale est présente mais elle est pas perçue, j'ai l'impression (...)

18'02'' : On [avec Claudine Nougaret, sa femme/preneuse son] a vu des femmes volontaires pour venir, et des discours assez... vraiment... incroyables, et je pense pas qu'on les aurait eus sur Paris, j'ai l'impression que les choses ne sont pas tout à fait pareilles Et puis aussi les jeunes là, certains, qui venaient dans la caravane, nous exposer des choses incroyablement..., oui, moi j'avais l'impression ou tous les cas, peut-être qu'elle existe aussi en Ile-de-France mais pas de la même manière, enfin voilà, c'était direct comme ça, se vantant de certaines choses et de certains exploits. Et ça, ça nous a surpris, parce qu'on a toujours peut-être vu de Paris, l'impression que la société avance, qu'on est en 2016, que la liberté - il n'y a plus de guerres des sexes, on n'en plus là quand même, il y a la parité, enfin on essaye (...).

31'08'' : (...) les gens sont quelquefois un peu effondrés parce que les gens parlent mal. Oui, bah voilà, c'est comme ça, les gens sont pas comme les speakers de radio, de la télévision. Mais il faut savoir que les gens lisent aussi - les speakers de radio -, ils ont des textes, et là, c'est un langage parlé (...)

Se mettre à la hauteur des gens ? C'est-à-dire au ras des pâquerettes ? Un peu comme le français parlé de Depardon en somme : 5'36'' : Y'a des villes que j'avais envie d'aller, je ne sais pas pourquoi, j'avais passé à côté. 36'42'' : Le fait de tourner du direct en scope, ça m'a révolutionné, parce que on a les deux personnes dans le champ ce qu'on n'avait pas le cas avant.

Au rayon banalités, nous trouvons : 6'08'' : Parce que quand on dit : on veut filmer les français, c'est pas facile. Parce qu'ils nous échappent. Six mois de l'année, à 6 heures du soir, il y a plus personne.

Au rayon incroyable / incroyablement, l'entretien compte son lot non négligeable, inutile de tout retranscrire, il y en a assez ci-dessus.

Raymond Depardon n'est pas un mauvais bougre. Sa trilogie notamment (dont La vie moderne) sur le monde paysan (dont ses parents sont issus) parle pour lui. Sa parole emplie de clichés aurait dû être relativisée par Michel Ciment. Un peu de tact ne l'aurait pas desservie. Mais inutile de compter sur lui. Les clichés sont peut-être le passage obligé de n'importe quel entretien. Sinon, on ne dirait plus rien ?

Seuls passages intéressants : quand Depardon compare ses conversations filmées de profil aux tableaux de la Renaissance des hautes castes (vers 25'), et quand il parle technique, à la fin.

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Dent de cachalot, ''truc pénible à porter'' (M-H Fraïssé) - le Sam 14 Mai 2016, 11:34

Message personnel à Anselme à l'occasion de l'écoute de Tout un monde Les Marquises, au-delà du mythe : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10191-23.04.2016-ITEMA_20968491-0.mp3" debut="05:20" fin="06:20"]

À cette occasion, on peut signaler que Marie-Hélène Fraïssé souhaite montrer qu'elle connaît tout autant le sujet que la spécialiste invitée* et en parle mieux... Elle n'est pas la seule à vouloir montrer comment elle se remémore les fiches faites à partir du livre de l'invité. Par exemple, Marc-Alain Ouaknin, à Talmudiques, se fait valoir au détriment du spécialiste qu'il relègue au rang d'auditeur de son propre livre...

* Véronique Mu-Liepmann : Conseillère scientifique de l’exposition. Conservateur au musée de Tahiti et des îles de 1982 à 2011

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Re: Au fil de l'écoute - le Sam 14 Mai 2016, 19:08

@Philaunet a écrit:
À cette occasion, on peut signaler que Marie-Hélène Fraïssé souhaite montrer qu'elle connaît tout autant le sujet que la spécialiste invitée* et en parle mieux... Elle n'est pas la seule à vouloir montrer comment elle se remémore les fiches faites à partir du livre de l'invité. Par exemple, Marc-Alain Ouaknin, à Talmudiques, se fait valoir au détriment du spécialiste qu'il relègue au rang d'auditeur de son propre livre...
Dans le même registre, Stéphane Deligeorges est également trés "encombrant". Chez lui, et il fait bien au vu de la différence de niveau avec ses invités, ce n'est pas qu'il en sait plus mais il développe une longue interprétation du livre de l'invité et lui demande s'il a bien compris. Parfois, sans doute las, l'invité se contente d'un "oui, vous avez raison". Dailleurs pour aider l'invité à approuver son interprétation, il termine ses développements par un "c'est bien ça, hein?"
Bourmeau est un autre exemple de producteur "encombrant".

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Re: Au fil de l'écoute - le Mer 18 Mai 2016, 00:34

Chaque  jour, Antoine Guillot livre une chronique cinéma au journal de 18h des films en compétition officielle au Festival de Cannes. Le/a journaliste l'introduit, puis au milieu du papier, le relance artificiellement pour donner l'air d'une conversation on ne peut plus naturelle. Passage obligé, petit jeu, illusion du vivant, mise en scène, on ne sait plus comment appeler l'écriture de cette comédie pas méchante à laquelle personne ne croit.

Mais enfin, cela permet à des actrices qui s'ignorent d'exprimer tout leur talent au contact d'Antoine Guillot, telle Véronique Rebeyrotte. Alors que le texte est écrit et que la journaliste semble le lire mot à mot, la voilà qui donne tout ce qu'elle a pour simuler la surprise : une performance digne de l'Actor's studio que vous pouvez suivre en vous aidant des premières lignes ci-dessous et de la pastille (à 1 minute environ du début).



Le 12 mai 2016 : [son mp3="https://culturesons-production.s3.amazonaws.com/rf_sons/2016/05/12/NET_FC_7e8cfd16-0685-4c3c-a9a9-c09279617ffb.mp3" debut="00:00" fin="02:04"]

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Re: Au fil de l'écoute - le Sam 21 Mai 2016, 11:36

Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t163p540-au-fil-de-l-ecoute#25810) a écrit:Chaque  jour, Antoine Guillot livre une chronique cinéma au journal de 18h des films en compétition officielle au Festival de Cannes. Le/a journaliste l'introduit, puis au milieu du papier, le relance artificiellement pour donner l'air d'une conversation on ne peut plus naturelle. Passage obligé, petit jeu, illusion du vivant, mise en scène, on ne sait plus comment appeler l'écriture de cette comédie pas méchante à laquelle personne ne croit.

Mais enfin, cela permet à des actrices qui s'ignorent d'exprimer tout leur talent au contact d'Antoine Guillot, telle Véronique Rebeyrotte. Alors que le texte est écrit et que la journaliste semble le lire mot à mot, la voilà qui donne tout ce qu'elle a pour simuler la surprise : une performance digne de l'Actor's studio que vous pouvez suivre en vous aidant des premières lignes ci-dessous et de la pastille (à 1 minute environ du début).  (...)
"Ah ?" dit-elle, en simulant la surprise. Oui, vous le notez avec justesse, l'exclamation artificielle relève de la crétinerie (enfin, c'est moi qui le dis).

Ce n'est pas nouveau :  Guillaume Erner fait la même chose avec Michel Onfray ainsi que le matin avec Matthieu Conquet et d'autres, l'impression donnée étant que ce producteur prend l'auditeur pou un c... Idem chez Arnaud Laporte à La Dispute. Ce mauvais jeu d'acteur est une pratique courante aux informations et pour introduire une "pause" respiratoire dans les chroniques lues.

Il y a pire : le débit de lecture. De Guillot, de Conquet, de Nicolas Martin (voir en gras l'intervention d'Erner dans la revue de presse-fleuve - non réécoutable à cette heure) et d'autres.  Le débit rapide (qui me rappelle toujours Daudet et les trois messes basses) de ces mauvais lecteurs (ont-ils jamais appris à interpréter un texte ? Prendre une leçon chez Ivan Levaï, sinon) ne permet à l'auditeur de retenir que quelques mots émergeant de ces torrents de paroles précipitées. Vite, vite, la dinde tourne sur la broche...

Le type de faux dialogue rapporté plus haut rappelle que France Culture, loin d'être une radio moderne et adulte, singe des pratiques radiophoniques complètement obsolètes, celles des années 1950 et 1960 quand, par exemple, tous les entretiens étaient écrits (ceux avec Marguerite Yourcenar sont d'ailleurs pénibles à entendre de ce fait).

Sur la radio allemande SWR 2 des billets et chroniques sont aussi lus, mais ne sont jamais interrompus d'une exclamation factice ou d'une question à la curiosité feinte. On ne prend pas les auditeurs pour des imbéciles. Par ailleurs, le débit est plus lent, et la lecture interprétée de manière à ce que l'auditeur puisse s'imprégner du contenu pour y réfléchir, ce qui est le cadet des soucis de France Culture.

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Misère du documentaire - le Sam 21 Mai 2016, 16:16

Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t163p540-au-fil-de-l-ecoute#25711) a écrit:La France de Raymond Depardon ... ...
Y'a des villes que j'avais envie d'aller, je ne sais pas pourquoi, j'avais passé à côté. 36'42'' : Le fait de tourner du direct en scope, ça m'a révolutionné, parce que on a les deux personnes dans le champ ce qu'on n'avait pas le cas avant.

Au rayon banalités, nous trouvons : 6'08'' : Parce que quand on dit : on veut filmer les français, c'est pas facile. Parce qu'ils nous échappent. Six mois de l'année, à 6 heures du soir, il y a plus personne.

Au rayon incroyable / incroyablement, l'entretien compte son lot non négligeable, inutile de tout retranscrire, il y en a assez ci-dessus.

Raymond Depardon n'est pas un mauvais bougre. Sa trilogie notamment (dont La vie moderne) sur le monde paysan (dont ses parents sont issus) parle pour lui. Sa parole emplie de clichés aurait dû être relativisée par Michel Ciment. Un peu de tact ne l'aurait pas desservie. Mais inutile de compter sur lui. Les clichés sont peut-être le passage obligé de n'importe quel entretien. Sinon, on ne dirait plus rien ?

Seuls passages intéressants : quand Depardon compare ses conversations filmées de profil aux tableaux de la Renaissance des hautes castes (vers 25'), et quand il parle technique, à la fin.

Eh bien grand merci à vous pour cette revue d'une émission que j'avais spontanément boycottée, tout comme en cet instant précis j'évite d'écouter la discussion entre Michel Ciment et Bruno Dumont. Quoiqu'il en soit, je m'empresse de récupérer pour mon disque "Horreur radiophonique" ces propos de Depardon qui ne sont pas sans rappeler ceux d'un Bourdieu qu'on aurait allégés de leur cuistrerie philosophique. Ils disent le drame du cinéma social in vivo, celui qui par un tour de force usuel au snobisme idéologique parvient à n'avoir ni les qualités du cinéma ni celles du journalisme. Pis : on peut redouter qu'ils n'aient pas même celles de la photo contrairement à leur cousin radiophonique "Les pieds sur terre" qui, au plan formel, a bien les qualités de la meilleure radio. Ce drame nait probablement de l'absence totale de méthode et de connaissance sociologiques ; mais probablement aussi d'un pourrissement intellectuel qui était encore à venir aux temps lointains où Jean Rouch et Edgar Morin tournaient "Chronique d'un été" et inventaient ou presque le cinéma direct. Certes c'était alors un cinéma quelque peu faussement direct, mais il faut préciser que le cinéma authentiquement direct risque fort de ne pas être du cinéma du tout, parce qu'il ne serait diffusé nulle part et peut-être pas même parvenu au stade de la production achevée. Mais tant qu'on n'aura pas assimilé cette différence entre le cinéma et l'écrit, que si l'on conçoit aisément le pas qui sépare l'écriture d'avec la littérature ou le journalisme, hélas pour le cinéma nous usons d'un mot unique pour désigner les tout. Pourtant Alain Cavalier, tout aussi militant mais plus humble et plus authentiquement cinéaste, a préféré changer d'étiquette et s'auto-désigner "filmeur".

Paradoxe : Depardon est tout sauf un intellectuel mais il tient son rang honorable parmi les intellectuels de gauche. Ce qui explique qu'il ait portes ouvertes à France Culture où on a pu l'entendre à l'occasion venir exposer les résultats d'un rapport national sur la sécurité routière (dans la matinale, en 2007 ou 2008). En matière de société, ses observations sociales mèlent la naïve sincérité de l'individu remarquablement primaire et un mépris peu conscient pour les petites gens au niveau desquels il se sent la mission de descendre, non sans efforts.

Et de quelle Olympe nous arrive un tel dieu ? Le moindre des paradoxes n'est pas que derrière cet intellectuel qui remplace l'intellect par une extraordinaire inculture et la curiosité intellectuelle par une fabrique de banalités tout juste dignes d'un débutant, il y a un homme d'image qui a su laisser sa trace -et non des moindres- dans le siècle précédent. Probablement ses photos avaient su répondre à un besoin et en même temps s'inscrire dans un mouvement. Au cinéma, Raymond Depardon répond à des besoins qui sont assez peu cinématographiques ou même pas du tout, et il s'inscrit dans le mouvement par lequel des militants du quotidien qui rédigent sa fiche sur wikipedia, le déclarent "considéré comme un maître du documentaire". Depuis une petite quinzaine d'années le documentaire est ce genre cinématographique que plus d'un théoricien notable (dont Michel Ciment) ne conçoit qu'engagé politiquement. Mais si le bon sens l'emporte, alors d'ici une autre quinzaine d'années ou même plusieurs, on aura fini par le ranger dans le grand fourre-tout de la propagande informelle. Le plus tôt sera le mieux.

_________________
A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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« Est-ce qu'on peut parler de ça comme ça ? » (Th. Baumgartner) - le Dim 22 Mai 2016, 10:01

Une question d'une pertinence inégalée posée par Thomas Baumgartner ("si on y réfléchit") : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11985-21.05.2016-ITEMA_20990740-0.mp3" debut="00:30" fin="0:39"]

L'émission (son concept ?) : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11985-21.05.2016-ITEMA_20990740-0.mp3" debut="01:00" fin="01:26"] ("Salut, salut !")

"En première partie, Olivier Manaud, docteur en théologie, archéo-acousticien, ancien prêtre de la paroisse de Quimperlé, et Cécile Barrandon viennent présenter les recherches qu'ils effectuent depuis des années dans les abbayes médiévales."

Cela pourrait être intéressant. Voici comment Thomas Baumgartner, pourtant pas un débutant devant le micro, lance l'émission :  [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11985-21.05.2016-ITEMA_20990740-0.mp3" debut="01:51" fin="04:30"]  J'ai coupé peu après. À regret pour Olivier Manaud J'y reviendrai si un auditeur conseille l'écoute de telle ou telle séquence.

Auditer la station? Oui. Et former les producteurs à la parole radiophonique, cela semble urgent.  

Supersonic, mentionné au moins une fois sur ce Forum ici

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Entendu aux Matins - le Lun 23 Mai 2016, 13:48

« Réfléchissez à la façon dont vous vous comportez avec vos enfants » (Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education, de la Recherche et de l’Enseignement supérieur) [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10075-23.05.2016-ITEMA_20991668-0.mp3" debut="151:53" fin="153:27"]

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