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Répliques, dernier refuge ?    Page 3 sur 57

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Répliques, dernier refuge ? - le Sam 24 Avr 2010, 10:10

Rappel du premier message :

En ce  moment, magnifique  dialogue  de  grincheux: l'excellent  Finkielkraut  et  le  non moins  excellent  Lucchini. Il  est de  bon ton de  souligner  les  outrances  et  le supposé  histrionisme  de ce  dernier, mais  on lui   doit  de transmettre  sa  passion de la  lecture  avec  fougue.  Et  ses  choix  de  textes  sont  toujours  formidables. Son franc-parler  et  sa  verve  sont  absolument  toniques.  Rien  d'un consensuel  mou  sur les  bienfaits de  la  Culture, dont  se  gargarisent  nos  faux  cultureux.  


La question du jour, c'est Muray.  À  ceux  qui se  lancent  inconsidérément  dans des lectures  trapues, je  déconseille  fortement Muray :   aux  timorés, aux  bien-pensants,  aux  moutons de  Panurge,  aux parvenus de  l'Aculture, aux  brutes  épaisses,  aux  hypocrites,  aux  pisse-vinaigre, aux  sainte-nitouche,  aux  faux  cœurs  purs,  aux  bas-bleus  de  sous-préfecture, aux  retourneurs de veste,  aux  aigris, aux  Judas, aux  vaniteux  impénitents, Muray  est  interdit.

Remarque de Finkie : "France  Culture, c'est  une instance,  et  ça  peut devenir  aussi une  "agence  du  Culturel"  ?  Oui, Alain Finkielkraut,  vous  avez mille  fois   raison  d'avoir des  craintes, mais   vous  êtes  bien trop  gentil  vis-à-vis de  vos  compagnons  de  chaine  qui  ne  partagent  sans  doute  pas   vos  craintes,  trop  timidement   exprimées.  Allez-y  franco  par  pitié !   Écoutez-vous  certaine  émission de fin d'après-midi ?  Écoutez-vous  certaine  émission de  midi  ? Vous   croyez  vraiment  que  vous  n'y  êtes  pas  dans le  "festivus, festivus"  et  dans le grand  tout  Culturel  auto-célébrant  ?  FC  est  bien une  agence  d'événementiel   culturel, et  plus cette  chaîne de  transmission  qu'elle  fut  il  n'y a  guère, et  dans laquelle  vous  croyez  encore  travailler. La  bien-pensance  y  est  partout  installée, et  pour  la  trouver, nul  besoin de  se  rendre  sur  les  chaînes  voisines. Il  suffit  d'écouter.  Écoutez-vous assez  France  Culture  M. Finkielkraut ?


Ah la la  la  suite de l'émission....  Aïe  aïe aïe ...    Antibioc, CAmenbert, Madame  Collet,  bouchez  vos  chastes   oreiiles, cela  n'est  pas  pour  vous  !!
Et  alors, la  fin,  l'apothéose  !! Rien  n'y  manque, pas  même  l'insulte  suprême, "élitiste", mais  quelle horreur.... !!!!  

Un délice. Un immense merci  à  eux  deux.
* * *

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Jeu 13 Mai 2010, 16:46

Bonjour à tous,

« L’antisémite actuel est démocrate jusqu’au bout des ongles. Il professe la religion de l’humanité, qui ne connaît d’autre sacrilège que la remise en question de l’égale dignité de tous les hommes. Cette religion a longtemps protégé les juifs. Elle se retourne maintenant contre eux. Les voici en effet accusés, par Israël interposé, de traiter les Arabes comme des êtres inférieurs. »

« Il y a une incapacité à voir, à distinguer et même à penser l’ennemi. Si, comme le répète le progressisme, l’Occident est l’ennemi, l’ennemi de l’Occident, aussi erratiques et pathologiques que soient ses comportements, est du bon côté de la barricade. Tout cela finit en Dieudonné. De Bourdieu à Dieudonné, la conséquence est bonne. Nous vivons sous le poids de la pensée « Bourdieudonné ».

J’arrête là. Je sais l’exercice simpliste. Toutefois, il est périlleux de proposer une vision cohérente du philosophe/proto-sociologue, étant souvent lui-même incohérent, à commencer par le fait que l’homme tout à la fois très critique des médias est certainement l'intellectuel le plus médiatique de France. Je ne lui reproche pas de vouloir exister. Mais le voir apparaître comme les « fast-thinker » qu’il combat régulièrement dans ses névrotiques envolées, ne résistant jamais aux falsifications, aux amalgames fulgurants, en fait quelqu’un de pas très sérieux. J’aimerais qu’on m’explique une chose : comment arrive-t-on à voir en lui un esprit libre, hétérodoxe, qui n'hésite pas aller à rebours de la doxa ? Comment être dupe de cette mascarade ? Peut-on comme lui écrire sur la « Défaite de la pensée » et prononcer de telles choses pas vraiment glorieuses ? Sans être comme Phil ou Nessie très familière de sociologie, je crois que Finkie s’est inventé un jeu solitaire dans lequel il affronte ses ennemis imaginaires. Sans doute pour inciter les gens à se dire : « Tiens, allons voir un peu celui-là qui tire la sonnette d’alarme et se débat comme un pauvre diable. » Onfray, autre philosophe médiatique, applique la même méthode.

Nessie, j’ai pris bonne note de vos conseils sur la juste attitude à adopter en forum. Cependant j’aimerais qu’on m’épargne cet autre « trick » de lycéen qui consiste à me renvoyer que je pense comme ci ou que je pense comme ça (voir Yann). Je ne représente aucune école de pensée autre que la mienne, qui certes se construit au travers des lectures, conférences ou films. C’est pourquoi je n’attends pas de monsieur Finkielkraut – ou de quiconque – qu’il me prête une voix ou des idées. Tourner en rond, quitte à réussir à penser par moi-même, ne m’angoisse nullement, vous savez. Et, en règle générale, je préfère éviter de répéter « la vérité » entendue à la radio par un « fast-thinker » que j’affectionne ou non. A ce propos, je vous invite à relire « La sagesse de l’amour », le seul petit opuscule de Finkie que je tolère dans ma bibliothèque.

Mon préambule en forme de florilège, je le sais, ne prouve rien. Les détracteurs de Céline ont le même réflexe. Cela montre tout au plus l’état d’esprit d’une époque pas très reluisante mais ne remet pas en cause le talent d’un écrivain. Céline nous a laissé un style, des pages incontournables. Pourra-t-on en dire autant de Finkielkraut dans quelques décennies ? Je me le demande.  

P.S.

Nessie, je vais podscaster l’émission dont vous me parlez.

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Défense de Finkielkraut - le Ven 14 Mai 2010, 01:39

Je vais tâcher de vous répondre sans agressivité dans le ton, mais je reconnais déposer une forte acidité dans ma réponse, parce qu'en vous lisant je trouve précisément de ces tours polémiques qui sont - de mon humble point de vue - aux antipodes de la réflexion raisonnable. Donc ma réponse, et mettez-y autant de guillemets et de clins d'oeil que vous voudrez (pour l'adoucir), la voila :
= = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =
Oui, mais s'il y avait -aussi- une part d'imaginaire dans votre détestation ? Y avez-vous songé ?

En tant que supporter non systématique mais régulier du producteur, je serai disqualifié d'avance, étant de fait un membre du club des dupes que vous évoquez. Je ne vous en veux pas de cette appellation, d'ailleurs, mais je ne crois pas qu'elle fasse avancer la discussion sur un intellectuel. L'homme Finkie est certes discutable et ses propos contestables, si on lit Phil. Sauf qu'avec un rapide changement d'étiquette ça devient vite "condamnable" si on lit les détracteurs de Finkie qui instruisent son procès à charge comme s'ils étaient dans un jeu vidéo. Si je caricaturais, je dirais que c'est vers ça que vous vous orientez, mais je ne veux pas caricaturer. Toutefois en tant que forumeur (je suis avant tout forumeur) je ne vois dans votre post sur Finkielkraut que de la condamnation à l'arraché et du pur procès d'intention. Car que dites vous sur Finkie :
- vous lui reprochez de vouloir exister : que sait-on de ce qu'il veut ? D'ailleurs il ne veut pas exister : il existe, et c'est ce qui semble faire mal à certains.
- étant incohérent : je le trouve au contraire très cohérent contre les meutes.
- l'intellectuel le plus médiatique : ah bon, quel est votre médiatomètre ?
- l'intellectuel le plus médiatique : et si le fait d'être médiatique avait peu d'importance au regard de l'intérêt de sa position . En tous cas, le jugement de valeur sous-jacent dans l'étiquette "médiatique" employée pour dévaloriser un auteur, ne nous instruit guère sur ce qu'on trouve de juste et de moins juste dans ses thèses.
- mascarade : là, il en serait plutôt un dénonciateur, des mascarades contemporaines, c'est même ce qui fait l'intérêt principal de l'émission avec Lucchini.

Bref votre post ne semble pas dépasser de beaucoup, excusez moi de vous dire ça, l'aversion personnelle contre un type qui a su se forger un solide réseau d'antipathies.

A mon sens c'est tout le contraire qui est vrai : Finkie est l'esprit indépendant type, précisément avec les erreurs que ça comporte. Avec des raccourcis fâcheux, et puis aussi des hordes et des meutes accrochées à ses basques. Quant à la doxa dans l'intelligentsia.... il faut bien reconnaitre que Finkielkraut marche à rebours d'un certain troupeau, donc en marginal dans le monde des intellectuels. C'est un monde qui n'a rien d'imaginaire, et qui a ses usages, ses codes, ses normes (et donc sa bien-pensance bien à lui, aïe). Un indice typique : les adversaires de Finkielkraut travaillent davantage à le disqualifier qu'à le contredire en le réfutant. Au plus commode et au plus hâtif, ça se fait en le positionnant à droite. Comme si ça avait du sens, face à quelqu'un qui juge de chaque dossier au cas par cas.

Le vrai problème est le suivant :que cherchons-nous, en tant que lecteur, en tant qu'auditeur ?
- Si on cherche à être éclairé, si on cherche la vérité, alors on peut lire et écouter Finkielkraut et ensuite faire le tri, même sévèrement. C'est ce que me semble faire Phil.
- Si on cherche à rompre des lances et à envoyer des anathèmes, alors on joue à dézinguer le bonhomme sous divers prétextes. Je ne dirai pas exactement ce que je pense de cette tactique là, sinon qu'elle ne m'intéresse pas. Mais je me dis quand même (et là je dois vous remercier) que j'ai du donner parfois dans le même panneau. A l'avenir quand j'enverrai de la torpille sur un Bourmeau ou un Mermet, je me réfèrerai précisément à son travail, dans l'ensemble, sans me construire une marionnette d'abruti, aussi tentant que ce soit, pour le bonheur plus ou moins conscient de la dézinguer. Et si j'y ajoute une analyse psychologique, je vous garantis qu'elle sera accessoire, n'empêche que je ferai de mon mieux pour l'étayer au plus solide. Par exemple si je taxe quelqu'un d'incohérent ou d'hypocrite, je dirai pourquoi (en général c'est déjà ce que je m'efforce de faire, mais surement pas assez).

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Sam 15 Mai 2010, 14:06

Cher Nessie, le ton de votre billet me réconforte et me donne la force de subir mes défauts. Rassurez-vous, je ne vais pas entamer un long billet de justification, je déteste la personne dont je dois souvent jouer le rôle afin de sauvegarder mon petit univers. Je ne lâcherai pas les chiens. D’autant qu’en relisant mon commentaire, c’est vrai, on croirait lire un épisode de journal intime. Mais une fois encore, je ne crois pas que « Répliques » soit le dernier rendez-vous, la dernière chance de vaincre le conformisme. Vous avez raison, peut-être suis-je dupe moi-même. Mais de quoi ? De mon imaginaire ? Ou du fait que les efforts d’un intellectuel afin de se rendre visible brouillent son image et collaborent à rendre son invisibilité douteuse ou suspecte ? Vous savez, j’ai beau me répéter la phrase de Cocteau « Aimez en lui (Picasso) ce que vous y trouvez de pire, c’est le moyen de trouver votre meilleur. », je n’arrive pas à l’appliquer à Finkielkraut. Pourquoi ? Je vous l’ai dit, sa visibilité ne me dérange pas, et ce n’était pas une figure de style. Je lui reproche d’apparaître comme les ennemis qu’il combat.

Je vous retrouve sur un point. Le combat que vous menez, qui consiste à rompre sur FC avec une certaine mode "gauchère" dont ceux qui la servent s’imaginent vivre à contre-mode. Il suffit d’ouvrir « Sur les Docks » ou « Les pieds sur terre » pour se rendre compte que ce ne sont pas des reproches fantasmés (même si je prends là deux programmes sans doute les plus représentatifs). Seulement, en défendant corps et âme Finkielkraut, est-ce la bonne méthode pour faire entendre votre message aux auditeurs mécontents qui ont du mal à mettre un nom sur leur mécontentement ? N’est-il pas risqué de jouer les extrêmes ?

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Sam 15 Mai 2010, 14:51

Je crois qu'en s'attachant à juger une figure médiatique, à penser par allégeance entière et sans tri, à évaluer les attitudes, on évite soigneusement de parler du sujet même de la discussion : AF décrit sans désigner tout ce qu'on entend à longueur d'antenne : la résistance imaginaire, le remplacement de la mise en forme de connaissances par l'information citoyenne (ne plus élever mais susciter les opinions, c'est le credo du nouveau FC, sa vitrine, et peut être rapproché directement du débat sur l'école). La liste est longue! Je suis toujours étonné quand on me répond que ce que j'entends/vois n'existe pas, et qu'on me balance des citations censées juger définitivement une personne, et la condamner à se taire. Pas vous?

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@martha - le Sam 15 Mai 2010, 18:39

Je ne sais pas de quel risques vous parlez en fin de post. Désolé, mais je n'ai pas envie de le savoir. Qui donc joue les extrêmes ? Finkie ? Si vous voyez en lui un extrême, il y a un gros gros problème de lecture.

Cela dit, je suis dans ce fil pour parler des émissions que fait Finkielkraut plutôt que de sa personne (que je ne connais pas), pas même de son personnage public, or ça je l'ai déjà bien trop fait ci-dessus. Et  mon propos n'est pas non plus de disséquer ses engagements, que je ne comprends pas tous, même si je ne vois pas en quoi ils seraient "extrêmes" (?). Vous savez, il n'est pas besoin d'avoir un "imaginaire" (scie de l'ère Adler) pour être dupe de soi-même. L'imagination suffit pour s'autoriser les excès d'interprétation.

Je ne crois pas vivre ni même mener un "combat" (mot et idée où je ne me reconnais pas), même si je conçois que ça puisse y ressembler par moments, par exemple si on ne lit que ce fil. Si vous croyez que j'écris contre la mode gauchère, c'est que vous n'avez pas lu le reste. Evidemment, je n'aurai pas la grossièreté de vous le reprocher, mais je me permettrai de vous le signaler. Après quoi je préfère m'arrêter ici, car je nous vois maintenant bien embarqués sur une route où on parle de tout sauf de radio. Le seul fait d'en venir à parler interminablement de soi pour redresser des erreurs d'interprétation sur ce qu'on a écrit, c'est déjà le signe que quelque chose ne marche pas. Ceci dit sans esprit de reproche et sans jeter la pierre à quiconque ; et sans pousser personne à l'interminable jeu de justification, plaie du dialogue.

J'attendrai la prochaine émission littéraire ou philosophique de Finkielkraut pour dire ce que j'apprécie ou déplore dans sa radio quand elle est culturelle. Quant à la radio d'actu, le fait qu'elle soit de droite ou de gauche m'importe peu. En premier j'aimerais qu'elle ne soit ni de l'une ni de l'autre ; et ensuite, même délestée des outrances de l'orientation partisane, il me suffit qu'elle soit envahissante pour tourner le bouton dans le sens de la fermeture. Il se trouve que sur la fréquence de FC, en plus d'être intellectuellement malhonnête elle est trop présente cette focale mise sur l'Actu, et pour ce tout dernier point, c'est le cas même le samedi matin à 9h10. Là est mon principal mécontentement.

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Le cioranisme de Fabrice Luchini - le Dim 16 Mai 2010, 09:34

J’ai souvent dit l’admiration que j’ai pour Alain Finkielkraut, l’émission Répliques du 24 avril, l’émission d’Alain Finkielkraut  consacrée au rire de Philippe Muray, qui  avait pour invité Fabrice Luchini, qui  lit des passages de l’œuvre de l’écrivain au Théâtre de l’Atelier n’a pas vraiment renforcé cette admiration.
Philippe  Muray, que je n’ai pas lu, s’en prend à homo festivus, j’ai cru comprendre que ces fêtes qui se succèdent sont pour lui le symptôme d’une profonde décadence, ce à quoi on pourrait lui répondre que du temps de rois, les fêtes étaient  nombreuses, à Paris, à Naples et ailleurs.
Et nos compères  s’en prennent à ces  événements aussi répréhensibles que plébéiens que sont  la love parade de Berlin, la gay pride, Paris plage, la nuit blanche, un défilé de bateaux dans la rade de Brest…  Ils n’ont rien dit de l’hystérie collective des championnats de foot ni du défilé et du feu d’artifice du 14 juillet ni des JMJ. S’ils avaient parlé de la fête de la musique, ils m’auraient davantage convaincu.  La gay pride, la nuit blanche, mais  où allons-nous, mes enfants ? Oh la la ! Heureusement que mon grand-père n’a pas vu ça !
Et ils ne craignent pas de s’enivrer de mots. « Derrière la fête, il y a le fascisme » dixit Luchini, n’importe quoi ! Si j’avais été dans le studio, je lui aurais répondu : « Tant qu’on ne m’oblige pas à y aller… »
Et ces fêtes, attention, dit Fabrice Luchini, elles vous   « cachent la réalité ».  Les gens qui prennent le RER tôt le matin pour travail long et pénible savent bien que ces quelques fêtes, qu’on les aime ou non n’abolissent pas la réalité.
Au cours de la discussion, Fabrice Luchini sur un ton terriblement accusateur  dit à son interlocuteur :  « mais Alain, je vois que vous  n’êtes pas nihiliste » ( !!!)
Alain Finkielkraut, ne lui répond pas ce que je lui aurais répondu : « mais enfin, pourquoi le serais-je ? » Il  dit,  « je  ne suis pas nihiliste parce que j’ai un fils » (et dans le cas contraire ?). Ce à quoi Fabrice Luchini répond : Cioran a dit : « si j’avais un fils, je l’étranglerais à l’instant ». Intéressant !  
Le cioranisme de  Fabrice Luchini, son injonction  d’ être nihiliste, ce n’est pas quelque chose qu’on peut prendre bien au sérieux.

Henry Faÿ

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Dim 16 Mai 2010, 13:49

C'est exagéré, en effet, de parler de décadence (AF d'ailleurs se méfie de ce terme et ne l'utilise jamais), et Répliques, quelquefois, empile un peu trop de pessimisme : il y avait par exemple un numéro récent sur l'avenir du livre et sur internet, qui était un modèle du genre (mélodramatique, assez peu informée). Cependant:
- l'argument du "tant qu'on ne m'y oblige" pas est dangereux, car ne rien dire signifie accepter. Dans sa propre liberté, on court le risque de ne plus être toléré, ou de n'être plus vu. On peut alors facilement supprimer ce qui vous tient à coeur. Les exemples sur l'antenne de France Culture sont très nombreux
- concernant les grandes fêtes qui historiquement ont toujours existé, il y a une différence de taille : ces grandes fêtes ne prenaient pas la place d'autre chose. On ponctuait le calendrier de fêtes religieuses ou païennes, on allégeait un mode de vie dur et austère de façon rituelle. Ici, on assiste davantage à un remplacement : on annexe l'espace public par une fête perpétuelle du présent et du plaisir instantané en faisant passer tout ça pour des évènements culturels (et si on peut en plus ajouter de la revendication et de l'identitaire là-dedans, alors c'est tout bénef). On créé de l'évenementiel vite oublié. Là encore, les exemples sur France Culture sont légion : on est incapable de comprendre, sur le nouveau site, que le catalogage des archives fait partie de l'identité de la station, car seul compte le rythme des magazines d'actualité, des diffusions d'opinion et des journaux d'info. Les heures de grande écoute sont bourrées d'agendas événementiels, de décryptages et d'enchantements façon show-biz (pensons aux samedis...). Tout cela prend de plus en plus de place, jusqu'au jour où on l'assume sans scrupules. Un internaute qui découvre France Culture et tombe sur son site pense avoir à faire à une radio "d'actualité politique et culturelle" (cf. barre de titre), avec une rédaction omniprésente. Jetez un coup d’œil du côté du profil Facebook de la station : c'est un catalogue événementiel auto-satisfait, avec des réactions d'auditeurs très cadrées (exclamations adolescentes, "bisounours"). Degré de réflexion : zéro. Faut-il ne rien faire, et écarter les pessimistes ?
Pour terminer, et c'est aussi assez symptomatique : pas mal de grandes villes autour de chez moi multiplient les "aires de convivialité" urbaines (désertes et vandalisées) mais ne dépensent presque plus rien quand il s'agit d'approfondir la médiation culturelle locale (mettre en forme de façon documentée les "spécialités culturelles" de chaque lieu). Il y a des raisons d'être inquiet.

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Acrimed s'en mêle : analyse du débat du 23 octobre dernier. - le Jeu 25 Nov 2010, 22:06

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Enfin de la littérature sur FC ! - le Mer 09 Fév 2011, 22:08

Il y a quand même dans toute la médiocrité prétentieuse et auto-satisfaite de cette radio, quelques moments inspirés. Ainsi l'émission de Finkielkraut consacrée au rome de Tibor Déry, "Nikki ou l'histoire d'un chien". Simplement parce que Pierre Pachet et Claude Habib, tout comme Finkie, aiment la littérature et savent y réfléchir, en parler, ont encore assez de verve et d'intelligence vive pour que leurs paroles soient davantage que des slogans promotionnels et interchangeables.

Si ce n'est déjà fait, je vous en conseille l'écoute.
http://www.franceculture.com/emission-repliques-niki-ou-l-histoire-d-un-chien-2011-01-29.html

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Stpéhane Hessel vu par Jean Louis Bourlange - le Sam 12 Fév 2011, 13:17

Cette semaine, Répliques prend pour sujet la brochure de Stéphane Hessel, ce personnage admirable que souvent on appelle improprement "le fils de Jules et Jim", alors qu'en bonne logique le fils ça serait plutôt son frêre ainé, mais peu importe. Je dois dire que j'ai connu l'existence de Stéphane Hessel grâce à Jean Lebrun, donc grâce à France culture : en 1997 il est venu un matin à Culture Matin pour présenter son livre "Danse avec le siècle". Dans les 10 années qui ont suivi, ses interventions ont eu raison de toutes mes admirations, et son permanent numéro de préchi-précha, par ailleurs tellement en phase avec celui qu'on nous sert sur FC à longueur de temps, m'ont fait remiser le personnage dans le tiroir aux vénérations mortes. Comme il faut y ajouter la récupération courante du programme du CNR par tout ce qui dans ce pays se la pète en militant sur le ton de "je donne des leçons de morale mais je me conduis en vrai jean-foutre", la seule vue de la brochure me faisait bondir. Mais le personnage et certainement le propos valaient quand même mieux que ça : c'est bien l'impression que m'ont donnée ce matin les 15 premières minutes de Répliques, aussi vais-je m'attacher à écouter la suite, car il y a matière à débat.

En attendant, je fais remonter (de peu) ce fil et j'introduis ce qui pourrait devenir un débat de forum, avec la transcription à peine modifiée d'une brève déposée par Jean-Louis Bourlange dans l'Esprit public en Janvier :

<< J'ai une très grande admiration et un très grand respect pour Stéphane Hessel mais je voudrais dire ma perplexité et mon trouble devant le succès de la toute petite brochure qu'il vient de publier, qui s'appelle "Indignez-vous" et qui connait un formidable succès. Alors je vois très bien ce qu'il y a de positif, les raisons positives de ce succès : la nostalgie d'un monde où l'engagement moral primait sur l'engagement en politique, ou ordonnait l'engagement politique. Où les hommes politiques s'intéressaient en profondeur à l'intérêt général et avaient une idée très claire de ce qu'ils voulaient faire, et où en plus ils avaient le pouvoir, les moyens, l'autorité morale et politique de réaliser cela. Donc je comprends très bien que cette brochure qui fait l'éloge rétrospectif et qui brandit le programme établi par le CNR à la fin de la seconde guerre mondiale, je comprends très bien ce succès. Mais en même temps je suis très gêné par le caractère rapide et la façon dont Stéphane Hessel reconstruit son hommage au CNR : il encourage 3 choses qui me paraissent vraiment à la base des difficultés que nous avons aujourd'hui :
- D'abord le manichéisme, or notre problème est de trier ce qu'il faut faire, et nous avons besoin de ne pas opposer les uns aux autres mais de trouver une voie nouvelle.
- Le victimisme : "indignez vous" est une position de victime, or nous avons besoin d'une position d'action.
- Et enfin le conservatisme : on garde la protection sociale telle qu'elle est issue de la Résistance, alors qu'en réalité le travail historique pour la génération qui va arriver au pouvoir maintenant, c'est de démêler ce qu'il faut absolument changer et ce qu'il faut conserver.
Je ne suis pas sûr que pédagogiquement la brochure de Stéphane Hessel ait un rôle vraiment positif >>

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Lun 14 Fév 2011, 17:37

Ce cher Finkie s'est réellement surpassé en cette occasion...
Il faudrait citer les mots qui suivent immédiatement la citation ci-dessus, et quelques autres dits un peu après.
Il ressort donc de ces premiers propos que l'indignation, attitude victimaire, et qui est en gros une pose des intellectuels de gôche, de la bien pensance, est une manière d'éviter de poser et surtout de résoudre "les problèmes". Peu après, ceux-ci deviennent d'ailleurs (ne me demandez pas comment, je ne le sais pas, c'est magique, je suppose) "un" problème. Lequel ? On est tout ouie, le suspense est à son comble : "les mouvements migratoires", laisse tomber Finkie.
Donc, si on se résume : l'indignation est une attitude qui nous empêche d'agir réellement contre le problème, qui est l'immigration.
J'ai quitté Paris depuis près de deux ans. Rassurez-moi : on m'aurait caché que les hordes africaines ont envahi Saint-Germain-des-près (les voir défiler devant le Flore gâche son déjeuner à l'ami Finkie ? ). Sans doute la presse de gauche bien-pensante cherche-t-elle à cacher ce vrai problème, préférant s'indigner sur des futilités comme Gaza, etc. ?

Un peu plus tard, nous allons assister à la même déviation - et la même perversion - d'une bonne question au départ, sur la question, justement de Gaza, du conflit israelo-palestinien, etc. La question - très bonne, je le repète - étant : pourquoi ne focalisez-vous votre indignation que sur cela, et rien d'autre, parmi les innombrables sujets qui peuvent nous indigner dans l'actualité et dans le monde tel qu'il va en général ?
Jean-Marie Finkielkraut ( oui, je sais, il s'appelle Alain, normalement, mais Alain, ça me rappelle un philosophe, pas un type qui n'a que le mot d'immigration à la bouche, qui ne va parlant que de cela, qu'il s'agisse de l'indignation, du problématique, ou de ... l'équipe de France de football ; les comme ça, moi je les appelle des Jean-Marie), JMF, disais-je, désigne, en premier, parmi les problèmes du monde qui devraient susciter notre indignation.... l'immigration, bien entendu.

Deux remarques :
1) Je connais parfaitement sa rhétorique : on veut me lepéniser pour m'empêcher de porter la lumière (je ne doute nullement qu'il me sorte cela s'il tombait sur ce message par hasard). Mais enfin, l'immigration comme réponse à toutes les questions, Orvietan, clé universelle de tous les problèmes du monde, c'est moi qui l'invente, là ?
2) Le plus terrible est qu'il croit aider Israël. Mais avec des amis comme lui, Israël n'a plus besoin d'ennemis, enfin !
Ses déclarations ridicules et stupides d'il y a quelques années sur la composition de l'équipe de France de foot, à laquelle je faisais allusion un peu plus haut, ça aide Israël ? Bon, ben voilà, on est soutenu par des types qui font des plaisanteries racistes et qui, en plus, même dégrisés - on sait que les soirées de match sont parfois un peu... euh...détendues - persistent et signent dans ces propos fort déplaisants, ignorants et surtout... pas drôles du tout.
Il a peut-être une utilité paradoxale dans ce sens-là : la lutte contre l'antisémitisme. Ceux qui veulent mettre tous les Juifs "dans le même sac" (que ce soit d'ailleurs pour des raisons négatives ou positives, c'est naturellement plus sympathique dans le deuxième cas, mais pas moins antisémite), et parlent par exemple de "l'humour juif" comme s'il était une caractéristique attachée à la Race, une donnée atavique inévitable. La preuve, Einstein, Woody Allen, Groucho Marx, etc...
On peut les arrêter tout de suite : oui, mais il y a aussi Finkielkraut.

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