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Répliques, dernier refuge ?    Page 5 sur 57

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Répliques, dernier refuge ? - le Sam 24 Avr 2010, 10:10

Rappel du premier message :

En ce  moment, magnifique  dialogue  de  grincheux: l'excellent  Finkielkraut  et  le  non moins  excellent  Lucchini. Il  est de  bon ton de  souligner  les  outrances  et  le supposé  histrionisme  de ce  dernier, mais  on lui   doit  de transmettre  sa  passion de la  lecture  avec  fougue.  Et  ses  choix  de  textes  sont  toujours  formidables. Son franc-parler  et  sa  verve  sont  absolument  toniques.  Rien  d'un consensuel  mou  sur les  bienfaits de  la  Culture, dont  se  gargarisent  nos  faux  cultureux.  


La question du jour, c'est Muray.  À  ceux  qui se  lancent  inconsidérément  dans des lectures  trapues, je  déconseille  fortement Muray :   aux  timorés, aux  bien-pensants,  aux  moutons de  Panurge,  aux parvenus de  l'Aculture, aux  brutes  épaisses,  aux  hypocrites,  aux  pisse-vinaigre, aux  sainte-nitouche,  aux  faux  cœurs  purs,  aux  bas-bleus  de  sous-préfecture, aux  retourneurs de veste,  aux  aigris, aux  Judas, aux  vaniteux  impénitents, Muray  est  interdit.

Remarque de Finkie : "France  Culture, c'est  une instance,  et  ça  peut devenir  aussi une  "agence  du  Culturel"  ?  Oui, Alain Finkielkraut,  vous  avez mille  fois   raison  d'avoir des  craintes, mais   vous  êtes  bien trop  gentil  vis-à-vis de  vos  compagnons  de  chaine  qui  ne  partagent  sans  doute  pas   vos  craintes,  trop  timidement   exprimées.  Allez-y  franco  par  pitié !   Écoutez-vous  certaine  émission de fin d'après-midi ?  Écoutez-vous  certaine  émission de  midi  ? Vous   croyez  vraiment  que  vous  n'y  êtes  pas  dans le  "festivus, festivus"  et  dans le grand  tout  Culturel  auto-célébrant  ?  FC  est  bien une  agence  d'événementiel   culturel, et  plus cette  chaîne de  transmission  qu'elle  fut  il  n'y a  guère, et  dans laquelle  vous  croyez  encore  travailler. La  bien-pensance  y  est  partout  installée, et  pour  la  trouver, nul  besoin de  se  rendre  sur  les  chaînes  voisines. Il  suffit  d'écouter.  Écoutez-vous assez  France  Culture  M. Finkielkraut ?


Ah la la  la  suite de l'émission....  Aïe  aïe aïe ...    Antibioc, CAmenbert, Madame  Collet,  bouchez  vos  chastes   oreiiles, cela  n'est  pas  pour  vous  !!
Et  alors, la  fin,  l'apothéose  !! Rien  n'y  manque, pas  même  l'insulte  suprême, "élitiste", mais  quelle horreur.... !!!!  

Un délice. Un immense merci  à  eux  deux.
* * *

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Mer 16 Fév 2011, 22:18

Ah, mon cher Frédéric, vous avez raison, j'ai peut-être cédé à un goût coupable pour la formule éristique et à une pratique du débat qui me porte moins vers les froufrous de la guerre en dentelle que vers la franche et joyeuse brutalité du Cosaque du Kouban.

Deux précisons : l'expression "ce forum" ne se voulait point englober l'ensemble des commensaux, mais certains dont je regrette qu'ils déplorent lourdement le conformisme qui leur déplait, sans pour autant s'affliger que celui de leur bord squatte les ondes de FC (soyons juste, c'est un tort que je partage bien souvent).

Brice Couturier : j'y reviendrai plus longuement, mais le pauvre garçon me fait l'effet d'un enfant né trop tard dans un monde trop vieux, d'un faux libéral qui voit le monde avec les lunettes de Gerald Ford, d'un antitotalitaire autoproclamé qui poursuit de sa vindicte un cadavre sans penser un instant la faillite intellectuelle profonde, totale d'un modèle intellectuel fugace, le néoconservatisme à l'étasunienne, dont il fut un ardent défenseur (pour ne pas dire propagandiste). Je lui reproche surtout une certaine veulerie intellectuelle qui consiste à être incisif avec le faible et obséquieux avec le fort (faible et fort sur le champ des idées dominantes, s'entend), sans la décence et la mesure de Slama et, surtout, la hauteur de Finkielkraut. Mais cessons là l'instruction du dossier Brice qui trouvera sa place ailleurs, et goûtons la résurrection du péguyiste chez le bel, quoique désormais monophtalmique, Alain. (Car Alain a désormais un oeil en plein phare et l'autre en code, comme le Mammamouchi de Montretout. C'est un signe de son Jean-marisme, ça, Docteur ?)

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Excusez-moi pour le dérangement mais .. - le Mer 16 Fév 2011, 22:34

.. je tenais à signaler que Finkielkraut est gaucher.

PS pour Courtial : The Finkielkrauts seront en concert ce vendredi soir au Canadian Café de Tours.

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Jeu 17 Fév 2011, 20:37

frederic a écrit:Sur l’islam : le rapport critique qu’entretien Finkielkraut à la religion coranique s’en tient aux phénomènes. Il en dénonce les effets, les interprétations, il souligne à l’envi la force et la presqu’omniprésence des versions "dures", la faiblesse des modérées. Mais il ne traite jamais l’islam en ennemi intime du christianisme, ni du judaïsme (religieux).

Merci de me rappeler qu’il y a quelques différences entre Alain et Jean-Marie. Je ne disconviendrais pas qu’Alain n’est pas antisémite et qu’il n’a jamais torturé en Algérie et je ne confonds pas Saint-Cloud et Saint- Germain-des-prés. Je reredis que mon parallèle se référait à une tendance à adopter une lecture univoque - par l’immigration - de toutes sortes de problèmes (je crois que dans le cas de Jean-Marie, cela tient à sa nature politique, et que pour AF un effet de la névrose). Jadis, AF lisait Arendt, il n’avait que la diversité, la mondeité, à la bouche. Mais Hegel a fini par bouffer Hannah, il veut du concept, maintenant. Il veut de la substantialité éthique.
Mais laissons cela : je crois que votre message n’est pas très honnête, pour dire les choseS en toute franchise. Par exemple lorsque vous parlez de religion "coranique", je crois que vous faites quelque chose de malhonnête;
Bon,l’émission est assez tôt et bien que je l’aime beaucoup - je pense qu’il n’est pas utile d’expliquer que si je trouvais l’émission mauvaise, je ne perdrais pas mon temps à en débattre longuement ici ; je ne suis pas inscrit sur le site star’ac.com ou les-grosses-têtes.fr - et m’efforce de ne pas la rater, ou de la podcaster, etc..., enfin j’ai pu en manquer un certain nombre. Mais je ne me souviens pas que beaucoup d’émissions aient été consacrées au Coran. "Coranique" = Coran. C’est un livre ; il faut le lire. On peut discuter de ce qu’il y a d’écrit dans ce livre. On n’est pas "coranique" parce qu’on parle de l’islam.
Finkielkraut a reçu des spécialistes de l’Ancien et du Nouveau Testament et a discuté avec eux du texte. Il a rencontré et discuté avec des exégètes du Coran ? Il y a une très brillante philosophie arabo-musulmane. Est-ce de cette façon que l’islam a été abordé ?
Je ne dis pas : inviter un musulman et le critiquer. Ce n’est pas cela, un rapport critique. Cela, c’est pas de rapport et pas de critique. Il n’a pas fait cela non plus. Juste un rapport sans critique, ou de la critique sans rapport.

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Ven 18 Fév 2011, 16:21

@courtial a écrit:je crois que votre message n’est pas très honnête, pour dire les choseS en toute franchise. Par exemple lorsque vous parlez de religion "coranique", je crois que vous faites quelque chose de malhonnête;

En quoi, malhonnête ?! Votre exemple marquant, c’est l’islam que j’ai appelé "religion coranique" ? Sérieusement, vous déconnez! C’était une figure de style, je ne sais quelle périphrase ou métonymie, rien de plus. Franchement (à défaut d’être honnête), il faut être sacrément tatillon pour ne pas comprendre tout de suite "l’islam" quand on dit "religion coranique". Surtout vu l’importance du livre dans la religion en question.


@courtial a écrit:
Finkielkraut a reçu des spécialistes de l’Ancien et du Nouveau Testament et a discuté avec eux du texte. Il a rencontré et discuté avec des exégètes du Coran ? Il y a une très brillante philosophie arabo-musulmane. Est-ce de cette façon que l’islam a été abordé ?

A plusieurs reprises, oui, et avec un fréquence pas tellement moindre que ses émissions consacrées aux religions chrétiennes et juives néotestamentaire et torahico-talmudique Wink

Le site très incomplet de France Culture nous rappelle les émissions suivantes depuis 2005 :


  • 10.04.2010 : L’islam et l’islamisme
    Avec Mohamed Sifaoui, Journaliste, écrivain, réalisateur et Tareq Oubrou, Recteur de la mosquée de bordeaux.
     
  • 28.06.2008 : Les racines de l’Europe
    Avec Rémi Brague et Dominique Urvoy. (où il fut question des apports - ou non - du monde musulman à l’Europe médiévale)
     
  • 16.02.2008 : Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans
    Avec le père François Jourdan, délégué du diocèse de Paris pour la relation avec l’islam, et Ghaleb Bencheikh, ancien recteur de la Grande mosquée de Paris et présentateur sur France 2 de l’émission du dimanche matin consacrée à l’islam.
     
  • 03.06.2006 : Répliques
    Islam, tolérant ou intolérant ?
    Avec Mustapha Cherif, islamologue, spécialiste du dialogue des cultures, des religions et des civilisations, et Fethi Benslama, psychanalyste (il enseigne la psychanalyse et la psychopathologie à l’université Paris VII) et auteur, entre autres, de nombreuses études sur l’Islam et l’Europe à l’époque contemporaine.
    (celle-ci, je ne sais pas s’il est pertinent la citer).


C’est incomplet - j’ai au moins en tête une émission avec Mahmoud Hussein (et Rémi Brague ?) -, Finkielkraut n’a aucun problème avec l’islam érudit.

Libre à vous de le classer dans votre liste de Jean-Marie, mais je le trouve bien mince, le parallèle entre les deux hommes sur lequel vous fondez la vôtre, de figure de style (-> avis aux rhéteurs savants et aux érudits de la stylistique, ou à vous, Courtial : comment nomme-t-on cette figure de style-là ?)

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Ven 18 Fév 2011, 19:12

Il faut ajouter un Grain à moudre en octobre 2006, entre Finkie plus lourdement poli que jamais et Abdelwahab Meddeb plus interruptif que jamais, que c’en était bien lourd. On aurait dit un débat entre un politicien de droite ayant quelques idées (cherchez bien, on en trouve), et un politicien de gauche voulant jouer l’obstruction (manie répandue qui leur font dégrader le débat politique et font un peu vite classer à droite ceux qui aimeraient entendre moins ces pourrisseurs, mais passons). Pourtant le débat n’était pas si chaud que ça : Abdelwahab Meddeb qui doit en avoir marre de tendre le micro à ses invités de Culture d’Islam, où il interrompt fort peu, avait chopé ce jour là le syndrôme de Michel Serres : parler pour ne rien dire en commençant par "Moi-je" dès qu’il se sentait capable de rebondir sur un début de phrase de son, interlocuteur.

Du coup le bon Finkie n’était pas vraiment contredit mais simplement interrompu dans un débat rendu chaotique et bizarrement auto-centré par Meddeb. Ce fut la mauvaise surprise de cette semaine là.

Enfin tout celà est détail du déroulement.
Je voulais simplement ajouter cet item à la liste de Frédéric.

Du grain à moudre - 06.10.2006
Assistons nous à un recul de la liberté d’expression ?

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Ven 18 Fév 2011, 20:08

Meuh non, Nessie, on dit pas que vous êtes de droite quand vous dénoncez les outres vides de gauche. Par contre, en ce moment, trouver un homme de droite ayant des idées, c’est encore plus difficile que de ramasser des morilles dans le Forez. D’ailleurs, Alain a un rapport intellectuel pas si simple que cela à l’islam, où la peur devant une forme conquérante et englobante de cette religion se double d’un intérêt certain pour la richesse intellectuelle née de l’exègèse du Saint Alcoran

signe évident, à part ça, de ce que Finkie est revenu en très grande forme et que l’émission dont nous discutons est un grand succès : les vieilles couennes rances de Causeur brament à la mort et ont confié le fusil-mitrailleur au père Rosenzweig.

Vous connaissez sans doute Causeur : c’est le groupe de djihadistes pro-saucisson qui, entre autres bizarreries (comme celle d’accueillir en son sein le dernier communiste marchaisien vivant et de trouver du génie à Jean Raspail, qui n’est pourtant que le croisement de Gilbert Cesbron et d’Oswald Spengler), a pour fond de commerce la prise en otage intellectuelle de mon gars Alain, ce qui prouve que c’est bel et bien dur que d’être aimé par des cons. Quant à Rosenzweig, il fut, il y a longtemps, un grand (enfin, disons un bon) journaliste dans un grand (enfin, disons, ou plutôt non, ne disons rien, cela vaut mieux) journal du nom du Monde. Il est arrivé un grand malheur à Rosenzweig, plus grand que le phylloxéra et une victoire des Anglais au Tournoi des VI Nations réunis : il a découvert, à l’occasion de l’affaire dite Enderlin-Al Dura, que le monde était rempli d’horribles antisémites : en France, en Israël, chez les Arabes, à gauche, à droite, dans la Lune, dans la culotte de ma tante Gertrude, partout, vous dis-je. Et l’affaire susdite, et ses suites, et ses ramifications, devint l’affaire de sa vie, ou de ce qui lui en restait après des années de consommation de mauvais vin blanc de Savoie.

Rosenzweig, donc, retour du dîner du Crif, avait vu son radar à antisémites corner à la vue de Stéphane Hessel (ca, encore, c’est classique) et de l’annonce d’un débat fort pro-palestinien à l’ENS, heureusement interdit par la dernière personne non-antisémite de Paris. le succès de la brochure dudit Hessel prouvait d’ailleurs à l’évidence que l’antisémitisme gagnait en force et en vigueur (comment un sentiment réputé omniprésent peut-il encore croître, c’est là un mystère qui m’étreint, mais passons).

On se doute que le Luluc avait allumé son poste samedi dernier et attendait de Finkie qu’il atomisât, qu’il égorgeât séance tenante le vieil Hessel (et peut-être également Zimmeray qui a un nom à forte consonance antisémite), et qu’il exposa la sainte parole de Causeur, à savoir l’Islam nous menace, l’Identité est tout, face au conformisme de gauche, imposons notre conformisme de droite.

On comprend que la découverte horrible de ce qu’Alain pensait encore par lui-même, et plus fort, et plus vite, et plus loin que lui plongea Rosenzweig dans une noire fureur, décuplée par l’absence de guerre ouverte contre le Noble Viellard Indigné. Après avoir écarté une terrible option (Finkielkraut est un antisémite), Luluc décida de frapper fort, et sur des cibles difficiles puisqu’il s’agit de la Voinche et de Clarini, lesquels furent séance tenante exécutés pour avoir invités sans les flétrir Hessel et Edgar Morin. En gros, plutôt que de tolérer une déviation d’Alain d’avec la ligne Causeur, on cogne à côté sur France Culture, radio de gauche antisioniste et qui aura bientôt la peau de Finkielkraut quand sa Causeurisation sera achevée. Sauf que, moins subtils encore que les éditorialiste,s les lecteurs ne cachent pas leur dépit d’avoir assisté à Répliques à un vrai débat et non à du catch pour phalangistes de carnaval.

Le cacherai-je ? Pour justifiée que soit, par ailleurs, l’attaque contre Voinche et Juju l’ingénue, le caca nerveux de Causeur m’a rempli d’aise et m’a confirmé dans l’idée que, décidément, Alain est de retour et vaut mieux que ses prétendus soutiens.

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Sam 19 Fév 2011, 15:03

« Les gens disent que l’équipe nationale française est admirée par tous parce qu’elle est black-blanc-beur. En fait, l’équipe de France est aujourd’hui black-black-black, ce qui provoque des ricanements dans toute l’Europe. »

Pardon de faire descendre le débat d’un cran mais je pense que c’est la bonne hauteur pour parler d’Alain. Non pas Alain l’auteur des Propos, bien que, à choisir, je préfèrerais évoquer le talent de plume de ce cher et délicieux philosophe, mais Alain Finkielkraut, le populiste, le philosophe de comptoir, dont les textes gagneraient d’être mis en lecture au théâtre du Rond-point ; on rirait beaucoup, c’est sûr.

Si j’ai bien compris, en définitive, le coup de samedi dernier c’était de l’ouverture d’esprit, de l’écoute bienveillante. Ouais, je veux bien. Mais que s’est-il passé vraiment ? Alain, le bel Alain, dans l’urgence, a pris une petite heure pour mettre en lumière les idées du beau Stéphane, couchées sur 14 petites pages. Et cela a suffi aux finkielkrautphiles. Applaudissements nourris, génuflexion, le cerveau tout en émoi et grouillant de références, ils parlent de kémalisme, de révolution des idées. D’accord, d’accord, sans doute ne faut-il voir là-dedans, sachant que la révolution en ces heures historiques est dans l’air, qu’un simple mimétisme. Ou alors je me trompe sur toute la ligne, et il s’agit d’un vrai mouvement, auquel cas on a la révolution que l’on peut. Chez nous elle se fait le samedi matin, de 9 à 10, dans un bon fauteuil, entre les viennoiseries et le café. Allons messieurs, est-ce bien sérieux ? N’avons-nous pas samedi dernier assisté à un sauvetage d’image, tout au plus ? Alain a fait du bruit, encore. Il ne sait faire que du bruit. Et Hessel, pas bête, est venu en profiter. Il a d’ailleurs beaucoup parlé de ses éditeurs.
PxvPxvPxv

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Is Finkie funky? - le Sam 19 Fév 2011, 16:01

Je lis cet échange autour de Finkie.
En gros, ce qu’on lui reproche à Finkie, c’est de prendre, parfois, des positions qui se rapprochent de celles de la droite. Et alors ? Rien ni personne n’oblige quiconque à prendre Finkie comme maître à penser.
Et il y a quand même une chose qu’on ne peut pas lui enlever, vu ce que sont nombre de producteurs de FC. Finkie, on aime ou pas mais, au moins, on sait à quoi on a à faire, il y a une certaine rectitude, quelques idées, des choix pas simplement du blabla de beignet mou et gras.
Et ça devient rare.

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Sam 19 Fév 2011, 20:54

bonjour Myrtille,
apparemment, vous êtes une habituée du théatre du rond-point, c’est bien. Moi, non, plus modestement.Je suis un peu simplette, vous savez, un peu peuple...
J’ai toujours bien apprécié Alain , le philosophe. Mais en quoi, cela empêche t-il d’apprécier Alain dit Finkie?
j’écoute Répliques depuis toujours, le langage est simple, à la portée de tous, les invités sont souvent intéressants, on s’initie à un bon décortiquage de tout ce qui nous hante, nous vivants, à cette époque-ci. Il me semble que ça ressemble pas mal à Alain, non?
et il s’implique,tout le monde est pas d’accord, cela permet de vous avoir vu apparaître sur ce forum!

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Re: Répliques, dernier refuge ? - le Dim 20 Fév 2011, 14:47

Pour le coup, je trouve que faire un procès politique à Alain, c’est mal venu en ce qui concerne l’émission proprement dite.

Le père Finkie est double : la vérité de l’homme doit se trouver quelque part entre le philosophe fin doublé d’un républicain intègre et exigent, et le zozo qui, parfois, expose dans la presse des incongruités de zinc qui lui valent, notamment à gauche, des rancoeurs et même des haines tenaces (on peut d’ailleurs un voir un hommage involontaire à la qualité de Finkie, car, toutes choses égales par ailleurs, Dédé "Playmobil" Glucksmann ne recueille que du mépris). Reste que Répliques est le moment où on se rapproche peut-être le plus près de l’homme Finkielkraut : évidemment connotée, l’émission n’assène jamais de vérités, que ce soit de manière subliminale ou explicite (et c’est une rareté parmi les actuels pensionnaires de FC, qu’ils soient de gauche ou de droite, d’ailleurs), et, même s’il connaît des coups de mou (comme en fin d’année 2010), Finkie sait toujours faire la part entre l’objet du débat et l’exposition de ses propres thèses. Le personnage peut irriter, mais l’émission, elle, ne triche pas.

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https://i79.servimg.com/u/f79/15/69/68/67/deschi10.jpg - le Dim 20 Fév 2011, 15:59

D’accord avec vous, Langevin. Je crois que cette polémique telle qu’elle est menée, par le biais politique, ne conduira à rien sinon à exacerber les attitudes pour finir dans le n’importe quoi et ça commence déjà… Le plus étonnant cependant est que chaque message sonne juste. Cela ressemble pour tout dire à une guerre de tranchée. Deux armées qui s’égosillent dans le brouillard. Or l’histoire nous a montré comment ça finit, les tranchées, la situation pourrit et personne n’en sort vainqueur. Ben oui, que voulez-vous ! L’artillerie lourde, ça envoie du lourd, obstination, mauvaise foi, vanité, orgueil, après coup le champ du débat (et de fait, des possibles) s’en trouve défiguré ce qui rend la lecture difficile.

Alors, puisqu’on me tend la main, je n’hésite pas une seconde : bonjour, chère main ! Bonjour, Antonia !
Et merci de votre mot d’accueil.

Sachez d’abord pour vous mettre à votre aise que je suis moi aussi une enfant du ruisseau. Le même, oui ! D’ailleurs petite je pouvais rester des heures à faire trempette. J’avais toujours quelque jouet à ma portée, ici un canard, ici un bateau Playmobil (qui n’appartenait pas à Dédé, Langevin, mais à mon frangin). Je leur faisais faire un bout d’aventure au gré du débit des eaux de la ville. Il y avait, frappé sur le robinet en fonte, je me souviens, le nom mystérieux de Pont-à-Mousson, ces trois mots éveillaient chez moi tout un imaginaire. Plus tard, j’ai voulu comme vous, Antonia, que le ruisseau devienne un torrent d’idées. J’ai alors fait échange le coin-coin contre un transistor à piles, la chaloupe contre un dico de citations format poche ; mon frère était fou.
La parole des hommes et femmes qui mettaient des mots, du sens, de la culture, de l’ordre et de la clarté sur ce que je devinais, ressentais et voulais défendre, mais de façon très confuse et contradictoire, devenait une parole familière, une amie. J’avoue qu’au début ce fut un cruel casse-tête. Le torrent m’inondait et je nageais. Pour éviter la noyade il a fallu se battre ; je me bats encore, culture est une adversaire de tous les jours, et, chemin faisant, au fil de l’eau, tant bien que mal chacun mène sa barque.

Attentive, passionnée, j’ai commencé à faire la différence entre ce qu’on appelle moderne et ancien, progressisme et conservatisme. Ma leçon apprise, j’ai ensuite distingué un Badiou d’un Finkielkraut : le premier est un sage qui marche, je me disais, le second, un excité assis. Cela pouvait sembler un peu simpliste comme raisonnement, mais bon, c’était un début. Je me suis améliorée depuis. Aujourd’hui, pour vous montrer que j’ai su affiner mon jugement, je dirai que le problème de Finkiel, en définitive, c’est que dans sa vie il lui a été impossible d’échanger son canard. On aura dû lui arracher des mains, un voyou qui passait par-là (d’où sa haine sans doute des jeunes), ou bien il aura paumé, laissé partir trop loin (oui, c’est un enfant du ruisseau lui aussi), enfin bref, toujours est-il je pense que c’est la raison pour laquelle, vous l’avez sûrement noté, il s’énerve, s’excite, fulmine, parle, parle encore, parle toujours mais n’écoute jamais (pour un philosophe, ça craint), et je ne serai pas surprise qu’un jour il nous fasse une bonne congestion ou se pète une artère.

Enfantillage ? De qui, de ma part ? Soit ! Changeons l’objet du ressenti. Remplacez le canard volé ou perdu par son passé. Quand il s’engage sur la shoah, qui, quoi qu’on dise demeure pour lui une grande inconnue (ses grands-parents, ses parents oui, mais lui dans sa propre chair non), il s’énerve, s’excite, fulmine, parle et n’écoute jamais. Vous obtenez les mêmes symptômes. On a l’impression qu’il enrage de ne pas avoir été déporté. Il crie, tape des pieds, se plaint, et tournant vers le ciel ses yeux aux vaisseaux sanguins brisés, ses yeux rouges (non pas de larmes mais d’excitation intense), il se demande pourquoi le destin lui a joué un si mauvais tour ! Et n’obtient pas de réponse. Si vous l’avez, Antonia ou vous Langevin, la réponse, ne prenez pas la peine, il ne vous écoutera pas. Un sourd, je vous dis ! Un mélange entre Cassandre et Phèdre, vous voyez, la victime victimaire qui prédit l’avenir en se faisant un sac de nœuds. Par dépit, bien sûr.

Vous dites ? Attaque personnelle, flingage ? Allons bon ! Est-ce ma faute à moi si les idées sont véhiculées par les gestes, par la pensée, la parole ? Et son filtre à lui, c’est vraiment de la merde. Un filtre discount. Du coup, c’est inévitable, les grumeaux passent avec les idées. Ce n’est pas tant qu’on lui reproche d’être un philosophe d’une droite douteuse, on lui reproche d’être un mauvais philosophe. Eh oui, il y en a figurez-vous ! A droite comme à gauche.

Cependant, sinon vous allez m’accuser de faire dans la partialité la plus grasse, Finkiel a de bons moments. Répliques, oui bien sûr. Mais je me souviens aussi, il y à peu près un an, sur France 3, d’un face à face avec Badiou (encore lui !) qui demeure à ce jour mon plus grand souvenir télé. C’était parfait. Fluide. Cela coulait de source, pour en finir avec mes images aquatiques. Et c’est la première fois de ma vie que je voyais Finkiel écouter ! Je vous dis, un événement rare…
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