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Répliques, Alain Finkielkraut    Page 59 sur 59

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Répliques, Alain Finkielkraut - le Sam 24 Avr 2010, 10:10

Rappel du premier message :

Répliques, dernier refuge ?

En ce  moment, magnifique  dialogue  de  grincheux: l'excellent  Finkielkraut  et  le  non moins  excellent  Lucchini. Il  est de  bon ton de  souligner  les  outrances  et  le supposé  histrionisme  de ce  dernier, mais  on lui   doit  de transmettre  sa  passion de la  lecture  avec  fougue.  Et  ses  choix  de  textes  sont  toujours  formidables. Son franc-parler  et  sa  verve  sont  absolument  toniques.  Rien  d'un consensuel  mou  sur les  bienfaits de  la  Culture, dont  se  gargarisent  nos  faux  cultureux.  


La question du jour, c'est Muray.  À  ceux  qui se  lancent  inconsidérément  dans des lectures  trapues, je  déconseille  fortement Muray :   aux  timorés, aux  bien-pensants,  aux  moutons de  Panurge,  aux parvenus de  l'Aculture, aux  brutes  épaisses,  aux  hypocrites,  aux  pisse-vinaigre, aux  sainte-nitouche,  aux  faux  cœurs  purs,  aux  bas-bleus  de  sous-préfecture, aux  retourneurs de veste,  aux  aigris, aux  Judas, aux  vaniteux  impénitents, Muray  est  interdit.

Remarque de Finkie : "France  Culture, c'est  une instance,  et  ça  peut devenir  aussi une  "agence  du  Culturel"  ?  Oui, Alain Finkielkraut,  vous  avez mille  fois   raison  d'avoir des  craintes, mais   vous  êtes  bien trop  gentil  vis-à-vis de  vos  compagnons  de  chaine  qui  ne  partagent  sans  doute  pas   vos  craintes,  trop  timidement   exprimées.  Allez-y  franco  par  pitié !   Écoutez-vous  certaine  émission de fin d'après-midi ?  Écoutez-vous  certaine  émission de  midi  ? Vous   croyez  vraiment  que  vous  n'y  êtes  pas  dans le  "festivus, festivus"  et  dans le grand  tout  Culturel  auto-célébrant  ?  FC  est  bien une  agence  d'événementiel   culturel, et  plus cette  chaîne de  transmission  qu'elle  fut  il  n'y a  guère, et  dans laquelle  vous  croyez  encore  travailler. La  bien-pensance  y  est  partout  installée, et  pour  la  trouver, nul  besoin de  se  rendre  sur  les  chaînes  voisines. Il  suffit  d'écouter.  Écoutez-vous assez  France  Culture  M. Finkielkraut ?


Ah la la  la  suite de l'émission....  Aïe  aïe aïe ...    Antibioc, CAmenbert, Madame  Collet,  bouchez  vos  chastes   oreiiles, cela  n'est  pas  pour  vous  !!
Et  alors, la  fin,  l'apothéose  !! Rien  n'y  manque, pas  même  l'insulte  suprême, "élitiste", mais  quelle horreur.... !!!!  

Un délice. Un immense merci  à  eux  deux.
* * *

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Virgile à « Regards sur France Culture » - le Dim 24 Sep 2017, 09:14

À propos de Virgile, ce post de Fred de Rouen : Francesca, volupté d'un âge d'or - le Ven 01 Jan 2016 suivi d'une contribution d'Alain Machefert donnant le lien vers l'émission (lien qui n'est plus valide, mais la communauté d'auditeurs de RFC le retrouvera) .

Où se cachent également les deux fois 5 heures  sur Virgile (31 aout et 1er septembre 1985) par Jean Thibaudeau et Claude Moattide signalées ici ? Heure d'hiver - Virgile - 3 Labiche - Nuit magnétique Veinstein - le Sam 30 Oct 2010 ?

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Malhonnêteté intellectuelle - le Dim 24 Sep 2017, 10:39

Cancoillotte(http://www.regardfc.com/t165p570-repliques-alain-finkielkraut#28958) a écrit:
SamVa(http://www.regardfc.com/t165p570-repliques-alain-finkielkraut#28955) a écrit:Je ne vois pas en quoi le fait d'avoir enseigné quelques années en khâgne et quelques années en littérature comparée lui donne une compétence significative à propos de Virgile
Vous vous surpassez dans le ridicule.

Vous tronquez la citation de mon post qui se poursuivait ainsi :
surtout devant une professeur universitaire, carrière en littérature latine et traductrice de Virgile

Des professeurs de khâgne, il y en a plusieurs centaines, et la littérature comparée pendant quelques années n'amène pas particulièrement à Virgile. Cela peut permettre de briller dans un dîner ou, disons, sur France-Inter. Par contre, des traductrices de Virgile professeurs à la Sorbonne, dont c'est la carrière, cela doit se compter sur une main, et implique une compétence pointue sur Virgile : ce qui est nécessaire sur France-Culture.

Votre malhonnêteté intellectuelle et votre agressivité sont inutiles et ne correspondent pas à une réflexion et aux échanges culturels attendus sur ce forum.

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Virgile et ses répliques... - le Dim 24 Sep 2017, 10:53

Pour qui a étudié avec un peu de rigueur la langue et la littérature latines, les compétences, les connaissances et la sensibilité littéraire de Xavier Darcos ne peuvent faire l'objet d'aucune remise en question. Révoquer en doute l'acuité de son regard et de ses analyses au seul prétexte de son passage dans les bureaux du ministère de l'Éducation n'est pas sérieux.
Je ne m'attendais pas à trouver dans ce numéro de Répliques un débat de fond sur « la valeur poétique de l'oeuvre de Virgile ». Pour cela, je renvoie, comme Philaunet l'a rappelé ci-dessus, à l'excellente émission, Une Vie, une œuvre consacrée en 1991 à Virgile et produite par Francesca Isidori. Ceux et celles qui n'ont pas chez eux ce mémorable numéro peuvent l'écouter ici.




Parmi les invités de la productrice, nous pouvions déjà entendre Philippe Heuzé, responsable, comme le précise SamVa, de l'édition de la Pléiade des œuvres complètes de Virgile et spécialiste incontesté du poète latin.

SamVa attire notre attention sur le dernier verset de la première églogue.

Tout semble avoir été dit sur le texte particulièrement riche de cette églogue et de son final. C'est encore vers Philippe Heuzé que l'on peut se tourner pour en goûter l'intelligence et toute la finesse. Je me contente de reproduire les propos qu'il tenait, en 1991, au micro de F. Isidori, au sujet de ces quelques vers. Le spécialiste replace d'abord cette première bucolique dans le cadre du « malheur des temps », les guerres civiles et leurs conséquences : l'expropriation des propriétaires terriens pour que les vétérans de l'armée des généraux puissent trouver la récompense de leurs services.

« La première bucolique montre que quelqu'un qui s'appelle Tityre, un personnage, a pu garder sa terre, alors que Mélibée est obligé de partir et c'est le dialogue entre celui qui reste et celui qui part. Dialogue d'une complexité extraordinaire, c'est un des poèmes les plus difficiles qui soient à étudier dans le détail. Et celui qui reste, Tityre, pour terminer le poème, lui dit ces mots :

Hic tamen hanc mecum poteras requiescere noctem
Fronde super viridi. Sunt nobis mitia poma,
Castanae molles et pressi copia lactis ;
Et jam summa procul villarum culmina fumant,
Majoresque cadunt altis de montibus umbrae.


[Ici pourtant tu pourrais reposer avec moi cette nuit,
    sur le feuillage vert. J’ai pour nous des fruits mûrs,
    des châtaignes fondantes, du lait caillé en abondance.
    Dans le lointain déjà fument les toits des fermes
    et du sommet des monts tombent en grandissant les ombres.
] trad. P. Heuzé, La Pléiade

Ces cinq vers nous présentent deux choses, d'une part une nature morte et d'autre part un paysage. La nature morte est une nature morte, si j'ose dire, végétarienne ; elle célèbre l'essentiel de la nourriture humaine. Parce qu'il faut bien voir que dans le contexte, ce que propose Tityre, c'est l'image du paradis, celui que Mélibée est obligé de quitter, violemment, avec souffrance. Ce qui reste, ce qu'il y avait, ce qui était la condition du bonheur, c'était ces humbles fruits, ces châtaignes, ces pommes, ce fromage. Ce n'est pas si fréquent dans l'art antique. Le deuxième prix de ces vers qui est esquissé in fine, c'est un paysage. Alors celui-là est tout à fait extraordinaire parce que c'est, je crois, dans la littérature, une des premières fois où l'on voit suggérée la beauté du soir, la beauté du soir qui descend sur une humble vallée. Nous connaissons depuis Homère la splendeur de l'aurore aux doigts de rose, mais la découverte qu'il y a une beauté merveilleuse dans l'ombre qui envahit le paysage, ce qui est superbement rendu par le comparatif majoresque cadunt (et les ombres tombent plus grandes, ne cessent de s'allonger sur le village tandis que les paysans rentrés ont allumé leur cheminée et qu'on voit la fumée qui sort) il y a là une nouveauté dans la représentation du monde et dans les beautés qu'on peut y voir. Une des qualités de cette poésie, c'est qu'elle nous aide réellement à voir les choses. Je crois que le lecteur de Virgile regarde le monde d'une façon différente de celui qui ne l'a pas lu. On ne peut plus voir un essaim d'abeilles quand on a lu le quatrième livre des Géorgiques comme on le faisait avant ou comme on le ferait si on ne l'avait jamais lu. Et un des mots qui revient souvent dans la poésie de Virgile, c'est le mot  regarde : regarde l'antre, regarde l'arbre. Une invitation à la découverte de la richesse et de la beauté du monde, même dans ses témoignages les plus humbles. Alors le final de la première bucolique, c'est un final en mineur, totalement réduit, restreint à un espace intime, avec, sur cette table, des fruits sans prix, mais, par la grâce aussi de la pensée qui soutient tout cela, on découvre que ces choses-là nous sont données comme l'essentiel de l'expérience humaine. »

Je m'appuierai sur les propos mêmes de P. Heuzé pour proposer, en contrepoint de sa traduction, celle de Paul Valéry, que je lui préfère, rédigée entre 1942 et 1944, à la demande du Dr A. Roudinesco. Le poète fait le choix, comme Philippe Heuzé, du vers, et plus précisément encore, de l'alexandrin. Il s'en explique dans les pages lumineuses de Variations sur les Bucoliques :

« […] j'ai pris le parti de faire vers pour vers, et d'écrire un alexandrin en regard de chaque hexamètre. Toutefois, je n'ai même pas songé à faire rimer ces alexandrins, ce qui m'eût assurément contraint à en prendre trop à mon aise avec le texte, tandis que je ne me suis guère permis que des omissions de détail. D'autre part, l'usage du vers m'a rendu ça et là plus facile, et comme plus naturelle, la recherche d'une certaine harmonie sans laquelle, s'agissant de poésie, la fidélité restreinte au sens est une manière de trahison. Que d'ouvrages de poésie réduits en prose, c'est-à-dire à leur substance significative, n'existent littéralement plus ! Ce sont des oiseaux morts. Que sais-je ! Parfois l'absurde à l'état libre, pullule sur ces cadavres déplorables, que l'Enseignement multiplie, et dont il prétend nourrir ce qu'on nomme les « Études ». Il met en prose comme on met en bière. »

Paul Valéry, cinquante ans avant les propos de P. Heuzé, introduit dans sa traduction cette prédominance et ce principe fondateur du regard dans  la poésie virgilienne, ce fameux regard dont parle l'universitaire :

Reste encor cette nuit. Dors là tout près de moi ;
Sur ce feuillage frais. Nous aurons de bons fruits,
Fromage en abondance et de tendres châtaignes.
Vois : au lointain déjà les toits des fermes fument
Et les ombres des monts grandissent jusqu'à nous.


Paul Valéry

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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Sam 28 Oct 2017, 20:48

Le descriptif de l'émission de ce samedi 28 octobre 2017, Ce qui n'a pas de nom* a fait comme un écho aux deux dernières lignes d'un post d'hier dans le fil SWR 2 radio culturelle allemande où  était mentionnée l'association Suicide Écoute.

L'occasion de chercher ce que proposait aujourd'hui Alain Finkielkraut dans Répliques m'a été donnée par l'écoute d'un entretien diffusé le 26 01 2014 où le producteur de France Culture s'entretenait avec Charles Sigel de la RTS (découvert indirectement grâce à Fred de Rouen et Rachmaninov). Lien dans le post Alain Finkielkraut, rubrique Radio suisse romande. Un entretien de deux heures en forme de bilan intellectuel. Respect.

************

*Descriptif de Répliques du 28 10 : Et si la littérature était une lutte perpétuelle contre la disparition ?**. Le suicide et la folie d’un fils, les mots comme arme ultime pour raconter Ce qui n’a pas de nom, combattre l’absence dans un texte déchirant de Piedad Bonnett, sans fard ni apprêts, un véritable hymne à la littérature.

J'ai reçu cet été, juste avant de partir en vacances, le livre de Piedad Bonnett "Ce qui n'a pas de nom".Je ne connaissais pas l'auteur, je n'en avais jamais entendu parler et j'ai retourné le volume et j'ai lu sur la 4° de couverture " _dans ce court récit , Piedad Bonnett raconte à la première personne le suicide de son fils Daniel , vingt huit ans', qui s'est jeté du toit de son immeuble à New York. Il était schizophrène"._Le résumé, je l'avoue, m'a effrayé. Non que je fuis le chagrin et que je demande à la littérature de jeter sur le monde un voile embellissant en me berçant de sourires et d'idylles, mais je redoute les livres où l'authenticité tient lieu de vérité. Ce n'est pas le vécu que je cherche, c'est la vie, la vraie vie enfin découverte, éclaircie.

Confiant néanmoins dans les éditions Métailié qui m'ont fait accéder entre autre
[sic] aux œuvres de Machado de Assis et de Leonardo Padura, j'ai ouvert le livre et je n'ai pas pu le lâcher. Connaissance de la douleur, connaissance par la douleur, ce court récit est aussi lumineux que bouleversant. Il touche au cœur sans jamais cesser de donner à réfléchir. Œuvre de pensée et de piété tout ensemble, il parle à l'intelligence et fait monter les larmes.

Je me suis mis en tête de rencontrer la poète, romancière et dramaturge colombienne Piedad Bonnett. Elle est ici en studio, je vais avoir un
[sic] conversation avec elle, et, grande première pour Répliques, nous sommes assistés d'une interprète Claudine Rimattéi. Et ma première question est " que voulez vous dire par ce titre " Ce qui n'a pas de nom" Piedad Bonnett ?

La nouvelle de Vladimir Nabokov citée dans cette émission s'appelle Signes et Symboles

http://danielsegurabonnett.blogspot.fr/


** Mot pour mot une phrase de Sandrine Treiner dans un superbe entretien de 2013 à la RTS (à suivre).

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Re: Répliques, Alain Finkielkraut -

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