Annonce :

Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Répliques, Alain Finkielkraut

Aller à la page : Précédent  1 ... 31 ... 58, 59, 60, 61, 62, 63  Suivant

Accueil / France Culture

Répliques, Alain Finkielkraut    Page 59 sur 63

Bas de page ↓   

581
Répondre en citant  
Virgile à « Regards sur France Culture » - le Dim 24 Sep 2017, 09:14

À propos de Virgile, ce post de Fred de Rouen : Francesca, volupté d'un âge d'or - le Ven 01 Jan 2016 suivi d'une contribution d'Alain Machefert donnant le lien vers l'émission (lien qui n'est plus valide, mais la communauté d'auditeurs de RFC le retrouvera) .

Où se cachent également les deux fois 5 heures  sur Virgile (31 aout et 1er septembre 1985) par Jean Thibaudeau et Claude Moattide signalées ici ? Heure d'hiver - Virgile - 3 Labiche - Nuit magnétique Veinstein - le Sam 30 Oct 2010 ?

Voir le profil de l'utilisateur

582
Répondre en citant  
Malhonnêteté intellectuelle - le Dim 24 Sep 2017, 10:39

Cancoillotte(http://www.regardfc.com/t165p570-repliques-alain-finkielkraut#28958) a écrit:
SamVa(http://www.regardfc.com/t165p570-repliques-alain-finkielkraut#28955) a écrit:Je ne vois pas en quoi le fait d'avoir enseigné quelques années en khâgne et quelques années en littérature comparée lui donne une compétence significative à propos de Virgile
Vous vous surpassez dans le ridicule.

Vous tronquez la citation de mon post qui se poursuivait ainsi :
surtout devant une professeur universitaire, carrière en littérature latine et traductrice de Virgile

Des professeurs de khâgne, il y en a plusieurs centaines, et la littérature comparée pendant quelques années n'amène pas particulièrement à Virgile. Cela peut permettre de briller dans un dîner ou, disons, sur France-Inter. Par contre, des traductrices de Virgile professeurs à la Sorbonne, dont c'est la carrière, cela doit se compter sur une main, et implique une compétence pointue sur Virgile : ce qui est nécessaire sur France-Culture.

Votre malhonnêteté intellectuelle et votre agressivité sont inutiles et ne correspondent pas à une réflexion et aux échanges culturels attendus sur ce forum.

Voir le profil de l'utilisateur

583
Répondre en citant  
Virgile et ses répliques... - le Dim 24 Sep 2017, 10:53

Pour qui a étudié avec un peu de rigueur la langue et la littérature latines, les compétences, les connaissances et la sensibilité littéraire de Xavier Darcos ne peuvent faire l'objet d'aucune remise en question. Révoquer en doute l'acuité de son regard et de ses analyses au seul prétexte de son passage dans les bureaux du ministère de l'Éducation n'est pas sérieux.
Je ne m'attendais pas à trouver dans ce numéro de Répliques un débat de fond sur « la valeur poétique de l'oeuvre de Virgile ». Pour cela, je renvoie, comme Philaunet l'a rappelé ci-dessus, à l'excellente émission, Une Vie, une œuvre consacrée en 1991 à Virgile et produite par Francesca Isidori. Ceux et celles qui n'ont pas chez eux ce mémorable numéro peuvent l'écouter ici.




Parmi les invités de la productrice, nous pouvions déjà entendre Philippe Heuzé, responsable, comme le précise SamVa, de l'édition de la Pléiade des œuvres complètes de Virgile et spécialiste incontesté du poète latin.

SamVa attire notre attention sur le dernier verset de la première églogue.

Tout semble avoir été dit sur le texte particulièrement riche de cette églogue et de son final. C'est encore vers Philippe Heuzé que l'on peut se tourner pour en goûter l'intelligence et toute la finesse. Je me contente de reproduire les propos qu'il tenait, en 1991, au micro de F. Isidori, au sujet de ces quelques vers. Le spécialiste replace d'abord cette première bucolique dans le cadre du « malheur des temps », les guerres civiles et leurs conséquences : l'expropriation des propriétaires terriens pour que les vétérans de l'armée des généraux puissent trouver la récompense de leurs services.

« La première bucolique montre que quelqu'un qui s'appelle Tityre, un personnage, a pu garder sa terre, alors que Mélibée est obligé de partir et c'est le dialogue entre celui qui reste et celui qui part. Dialogue d'une complexité extraordinaire, c'est un des poèmes les plus difficiles qui soient à étudier dans le détail. Et celui qui reste, Tityre, pour terminer le poème, lui dit ces mots :

Hic tamen hanc mecum poteras requiescere noctem
Fronde super viridi. Sunt nobis mitia poma,
Castanae molles et pressi copia lactis ;
Et jam summa procul villarum culmina fumant,
Majoresque cadunt altis de montibus umbrae.


[Ici pourtant tu pourrais reposer avec moi cette nuit,
    sur le feuillage vert. J’ai pour nous des fruits mûrs,
    des châtaignes fondantes, du lait caillé en abondance.
    Dans le lointain déjà fument les toits des fermes
    et du sommet des monts tombent en grandissant les ombres.
] trad. P. Heuzé, La Pléiade

Ces cinq vers nous présentent deux choses, d'une part une nature morte et d'autre part un paysage. La nature morte est une nature morte, si j'ose dire, végétarienne ; elle célèbre l'essentiel de la nourriture humaine. Parce qu'il faut bien voir que dans le contexte, ce que propose Tityre, c'est l'image du paradis, celui que Mélibée est obligé de quitter, violemment, avec souffrance. Ce qui reste, ce qu'il y avait, ce qui était la condition du bonheur, c'était ces humbles fruits, ces châtaignes, ces pommes, ce fromage. Ce n'est pas si fréquent dans l'art antique. Le deuxième prix de ces vers qui est esquissé in fine, c'est un paysage. Alors celui-là est tout à fait extraordinaire parce que c'est, je crois, dans la littérature, une des premières fois où l'on voit suggérée la beauté du soir, la beauté du soir qui descend sur une humble vallée. Nous connaissons depuis Homère la splendeur de l'aurore aux doigts de rose, mais la découverte qu'il y a une beauté merveilleuse dans l'ombre qui envahit le paysage, ce qui est superbement rendu par le comparatif majoresque cadunt (et les ombres tombent plus grandes, ne cessent de s'allonger sur le village tandis que les paysans rentrés ont allumé leur cheminée et qu'on voit la fumée qui sort) il y a là une nouveauté dans la représentation du monde et dans les beautés qu'on peut y voir. Une des qualités de cette poésie, c'est qu'elle nous aide réellement à voir les choses. Je crois que le lecteur de Virgile regarde le monde d'une façon différente de celui qui ne l'a pas lu. On ne peut plus voir un essaim d'abeilles quand on a lu le quatrième livre des Géorgiques comme on le faisait avant ou comme on le ferait si on ne l'avait jamais lu. Et un des mots qui revient souvent dans la poésie de Virgile, c'est le mot  regarde : regarde l'antre, regarde l'arbre. Une invitation à la découverte de la richesse et de la beauté du monde, même dans ses témoignages les plus humbles. Alors le final de la première bucolique, c'est un final en mineur, totalement réduit, restreint à un espace intime, avec, sur cette table, des fruits sans prix, mais, par la grâce aussi de la pensée qui soutient tout cela, on découvre que ces choses-là nous sont données comme l'essentiel de l'expérience humaine. »

Je m'appuierai sur les propos mêmes de P. Heuzé pour proposer, en contrepoint de sa traduction, celle de Paul Valéry, que je lui préfère, rédigée entre 1942 et 1944, à la demande du Dr A. Roudinesco. Le poète fait le choix, comme Philippe Heuzé, du vers, et plus précisément encore, de l'alexandrin. Il s'en explique dans les pages lumineuses de Variations sur les Bucoliques :

« […] j'ai pris le parti de faire vers pour vers, et d'écrire un alexandrin en regard de chaque hexamètre. Toutefois, je n'ai même pas songé à faire rimer ces alexandrins, ce qui m'eût assurément contraint à en prendre trop à mon aise avec le texte, tandis que je ne me suis guère permis que des omissions de détail. D'autre part, l'usage du vers m'a rendu ça et là plus facile, et comme plus naturelle, la recherche d'une certaine harmonie sans laquelle, s'agissant de poésie, la fidélité restreinte au sens est une manière de trahison. Que d'ouvrages de poésie réduits en prose, c'est-à-dire à leur substance significative, n'existent littéralement plus ! Ce sont des oiseaux morts. Que sais-je ! Parfois l'absurde à l'état libre, pullule sur ces cadavres déplorables, que l'Enseignement multiplie, et dont il prétend nourrir ce qu'on nomme les « Études ». Il met en prose comme on met en bière. »

Paul Valéry, cinquante ans avant les propos de P. Heuzé, introduit dans sa traduction cette prédominance et ce principe fondateur du regard dans  la poésie virgilienne, ce fameux regard dont parle l'universitaire :

Reste encor cette nuit. Dors là tout près de moi ;
Sur ce feuillage frais. Nous aurons de bons fruits,
Fromage en abondance et de tendres châtaignes.
Vois : au lointain déjà les toits des fermes fument
Et les ombres des monts grandissent jusqu'à nous.


Paul Valéry

Voir le profil de l'utilisateur

584
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Sam 28 Oct 2017, 20:48

Le descriptif de l'émission de ce samedi 28 octobre 2017, Ce qui n'a pas de nom* a fait comme un écho aux deux dernières lignes d'un post d'hier dans le fil SWR 2 radio culturelle allemande où  était mentionnée l'association Suicide Écoute.

L'occasion de chercher ce que proposait aujourd'hui Alain Finkielkraut dans Répliques m'a été donnée par l'écoute d'un entretien diffusé le 26 01 2014 où le producteur de France Culture s'entretenait avec Charles Sigel de la RTS (découvert indirectement grâce à Fred de Rouen et Rachmaninov). Lien dans le post Alain Finkielkraut, rubrique Radio suisse romande. Un entretien de deux heures en forme de bilan intellectuel. Respect.

************

*Descriptif de Répliques du 28 10 : Et si la littérature était une lutte perpétuelle contre la disparition ?**. Le suicide et la folie d’un fils, les mots comme arme ultime pour raconter Ce qui n’a pas de nom, combattre l’absence dans un texte déchirant de Piedad Bonnett, sans fard ni apprêts, un véritable hymne à la littérature.

J'ai reçu cet été, juste avant de partir en vacances, le livre de Piedad Bonnett "Ce qui n'a pas de nom".Je ne connaissais pas l'auteur, je n'en avais jamais entendu parler et j'ai retourné le volume et j'ai lu sur la 4° de couverture " _dans ce court récit , Piedad Bonnett raconte à la première personne le suicide de son fils Daniel , vingt huit ans', qui s'est jeté du toit de son immeuble à New York. Il était schizophrène"._Le résumé, je l'avoue, m'a effrayé. Non que je fuis le chagrin et que je demande à la littérature de jeter sur le monde un voile embellissant en me berçant de sourires et d'idylles, mais je redoute les livres où l'authenticité tient lieu de vérité. Ce n'est pas le vécu que je cherche, c'est la vie, la vraie vie enfin découverte, éclaircie.

Confiant néanmoins dans les éditions Métailié qui m'ont fait accéder entre autre
[sic] aux œuvres de Machado de Assis et de Leonardo Padura, j'ai ouvert le livre et je n'ai pas pu le lâcher. Connaissance de la douleur, connaissance par la douleur, ce court récit est aussi lumineux que bouleversant. Il touche au cœur sans jamais cesser de donner à réfléchir. Œuvre de pensée et de piété tout ensemble, il parle à l'intelligence et fait monter les larmes.

Je me suis mis en tête de rencontrer la poète, romancière et dramaturge colombienne Piedad Bonnett. Elle est ici en studio, je vais avoir un
[sic] conversation avec elle, et, grande première pour Répliques, nous sommes assistés d'une interprète Claudine Rimattéi. Et ma première question est " que voulez vous dire par ce titre " Ce qui n'a pas de nom" Piedad Bonnett ?

La nouvelle de Vladimir Nabokov citée dans cette émission s'appelle Signes et Symboles

http://danielsegurabonnett.blogspot.fr/


** Mot pour mot une phrase de Sandrine Treiner dans un superbe entretien de 2013 à la RTS (à suivre).

Voir le profil de l'utilisateur

585
Répondre en citant  
La littérature au sommet de l'État - le Mer 13 Déc 2017, 15:49

Littérature et politique avec Edouard Philippe 09/12/2017 "Dis moi qui tu lis et je te dirai qui tu es. Le Premier ministre Edouard Phillippe se prête avec Alain Finkielkraut au jeu de l'autoportrait par les œuvres qui ont compté pour lui."

Les dix premières minutes de ce dialogue donnent envie de poursuivre l'écoute, les dix suivantes également. Il faudra y revenir.

En attendant, qui est l'intellectuel sagace, qui est l'idéologue ?

La littérature et le cinéma avec le Premier ministre à France Culture, la musique et le chant avec les ministres de la Culture et de l'Éducation sur France Musique. Des symboles marquants.

Voir le profil de l'utilisateur

586
Répondre en citant  
Échange de ''bons procédés''... - le Dim 14 Jan 2018, 11:53

Philaunet(http://www.regardfc.com/t340p60-brice-couturier-le-liberalisme-et-les-neo-conservateurs#29813) a écrit:Qu'est ce que Worldcrunch "The best international journalism. Finally in English"), le partenaire du Tour du monde des idées par Brice Couturier ?  Une sorte de Courrier International en anglais ?  Et l'autre partenaire Books ?  (...)

(Couturier sera-t-il invité par ses confrères pour parler de son livre ? L'a-t-il été ?)
La réponse est oui : Macron président : "Le véritable clivage est entre les conservateurs passéistes qui proposent aux français de revenir à l'ordre ancien et les progressistes réformateurs qui croient que le destin français est d’embrasser la modernité." Que pensent Luc Ferry et Brice Couturier de cette théorie macronienne ?

Avant tentative d'écoute, deux remarques : 1/ "Répliques" est classée dans la catégorie "Savoirs", voilà qui est assez piquant... 2/ L'auditeur a-t-il besoin de la photo surdimensionnée du Président sur la page, en lieu et place de texte synthétique ? Impression d'écrasement...

Voir le profil de l'utilisateur

587
Répondre en citant  
Un classique - le Dim 21 Jan 2018, 21:31

Quand deux membres de l'Académie française s'entretiennent en tête-à-tête : Alain Finkielkraut pour commencer et Michel Serres ensuite qui cherche un moyen de répondre à la présentation de ces deux faits divers (un classique de Répliques) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-20.01.2018-ITEMA_21562080-0.mp3" debut="08:17" fin="12:00"]

Passage de 8' à 12', j''ai coupé ensuite. Si quelque passage mérite l'écoute, merci de le signaler.

Etait-ce ou non mieux avant ? 20/01/2018

Voir le profil de l'utilisateur

588
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 28 Jan 2018, 13:55

@Philaunet a écrit:Passage de 8' à 12', j''ai coupé ensuite. Si quelque passage mérite l'écoute, merci de le signaler.

Etait-ce ou non mieux avant ? 20/01/2018


Les passages qui méritaient l'écoute étaient rares, mais il y en a eu quelques-uns. Le titre du livre de Serres étant en soi très caricatural et réducteur, il était à craindre que le ton de l'émission soit aussi vague, général et totalisant. Ce que l'on peut regretter, c'est qu'il aurait été très facile de démonter l'argumentaire de Serres, et un Finkie mieux préparé, moins soucieux de ne pas lui voler dans les plumes, aurait permis de faire ressortir les faiblesses et les sophismes de sa pensée. Le coeur du propos de Serres était d'avancer que les progrès technologiques récents donnant accès à la connaissance (smartphones, tablettes, réseaux sociaux etc.) n'étaient pas nouveaux, que nous avons tort de nous inquiéter car l'humanité a déjà connu cela, voyez Don Quichotte, ivre de lectures, à l'image d'un ado scotché sur sa tablette, l'invention de l'imprimerie etc. A aucun moment (à part une protestation faible et sans suite : "mais vous croyez vraiment que c'est pareil?") la question des usages a été évoquée : que fait-on sur son téléphone, sur sa tablette, sur Twitter ou Facebook ? Au contraire de la lecture (activité unique concentrée, active et immersive), les usages numériques sont variés : jeux, lecture d'articles, échanges de messages, vidéos, films etc.). C'est une activité papillonnante où l'on peut commencer dix choses et ne pas les finir, on peut se donner l'illusion de tout connaître alors qu'on ne fait que lire deux lignes sur tous les sujets. Au contraire de la lecture, cela peut être une pratique incroyablement superficielle si on ne se discipline pas. Rien de tout cela n'est évoqué dans l'émission. A l'image d'une émission précédente qui invitait Régis Debray, on entend beaucoup de sophismes, de références à des auteurs classiques, des pirouettes, mais on ne parle pas du sujet parce qu'il n'y a aucun argument précis à apporter. C'est une écoute incroyablement frustrante.

Ensuite, pour le personnage de Michel Serres. Pendant toute l'émission, il fait ce que l'on appelle du "humblebrag" : se vanter par l'usage d'une modestie qui ne trompe personne. Comme quelqu'un qui dirait : "mon principal défaut est que je suis trop travailleur". C'est un trait assez typique d'une certaine catégorie de gens du spectacle, et Serres le reprend à son compte, notamment dans la formule "j'ai humblement contribué à sauver le monde", entendue pendant l'émission. Le paradoxe de l'émission, c'est que Finkie passe habituellement pour le réac acariâtre et intolérant, mais ici, il ne fait montre d'aucune pugnacité, lui cède le terrain, se dévalorise devant son invité, par courtoisie, pendant que celui-ci se met en scène, s'apercevant qu'il ne sera pas mis en difficulté par des arguments précis.

Un point anecdotique pour terminer. Michel Serres semble avoir une réputation de généreux affabulateur, à l'ancienne, où il se place progressivement au centre des grandes trouvailles de son temps. On peut se souvenir du terme ordinateur, alors choisi pour désigner ce que nous utilisons presque tous, et dont il a fini par s'octroyer la paternité. L'histoire de l'évolution de ce mensonge est racontée ici, c'est une lecture que je recommande. Je mentionne cet épisode car nous entendons dans l'émission quelque chose d'assez similaire, où Serres se met en scène de façon noble, mélodramatique, avec des ingrédients assez identiques. Cela se passe aux Etats-Unis, juste après les attentats du 11 septembre. Il se retrouve au restaurant avec des collègues universitaires. Quelqu'un se lève (c'est là que l'on peut deviner que l'histoire est inventée, qui donc se lève pendant un repas au restaurant pour lancer une affirmation, quel goût du théâtre et du mélodrame) pour demander comment on peut vouloir se tuer ainsi pour sa religion. Et Serres de se lever et de citer un passage sur l'ardeur que l'on doit ressentir à vouloir se tuer pour sa patrie. Ce passage, c'est du Corneille, dans Horace (" Mourir pour le pays est un si digne sort, Qu'on briguerait en foule une si belle mort.") Silence admiratif de l'assemblée. C'est à la fois tellement mélodramatique et conforme à son système de pensée relativiste qu'on peut se douter que c'est inventé de toute pièce. Bien sûr, c'est une opinion, je n'en sais rien, mais on peut flairer le parfum de la fable autoglorifiante...

Une toute dernière chose, peut-être une des seules remarques réellement pertinentes de l'émission : alors que les débats dans les médias sont devenus très policés, courtois et apaisés, nous assistons à un envers particulièrement violent dans les réseaux sociaux divers, où l'on s'affronte, se condamne et s'injurie pour un rien. On peut observer cela sur France Culture, où l'esprit d'ouverture est en réalité un système de fermeture (la direction luttant ouvertement contre les systèmes de pensée qui ne lui reviennent pas), et les producteurs invitent des personnalités qui viennent confirmer des idées et compléter un paradigme de fond qui traverse quasiment toute la station. Lorsqu'on invite un contradicteur (c'est rare, sauf... chez Finkie), son temps de parole est bref, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'émission n'est pas promue, pas de photo, pas de compte-rendu et pas de vidéo sur la page FB de la station). Le résultat, c'est que tout est lisse, vague, le vocabulaire est remarquablement similaire d'un invité à l'autre. Mais en parallèle, sur Facebook, dans les commentaires postés sous les émissions politiques et sociales, c'est particulièrement violent et injurieux. C'est donc quelque chose que Finkie sent confusément, mais qui se vérifie bel et bien.

On prendra sans doute plus de plaisir à écouter l'émission de ce samedi, L'odyssée éditoriale du "Neveu de Rameau" de Diderot, car Répliques n'est jamais aussi bon que lorsque les sujets sont littéraires.

Voir le profil de l'utilisateur

589
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 28 Jan 2018, 14:34

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t165p580-repliques-alain-finkielkraut#29963) a écrit:
@Philaunet a écrit:Passage de 8' à 12', j''ai coupé ensuite. Si quelque passage mérite l'écoute, merci de le signaler.

Etait-ce ou non mieux avant ? 20/01/2018
(...) Un point anecdotique pour terminer. Michel Serres semble avoir une réputation de généreux affabulateur, à l’ancienne, où il se place progressivement au centre des grandes trouvailles de son temps. On peut se souvenir du terme ordinateur, alors choisi pour désigner ce que nous utilisons presque tous, et dont il a fini par s’octroyer la paternité. L’histoire de l’évolution de ce mensonge est racontée ici, c’est une lecture que je recommande. Je mentionne cet épisode car nous entendons dans l’émission quelque chose d’assez similaire, où Serres se met en scène de façon noble, mélodramatique, avec des ingrédients assez identiques.
Merci pour cette saga de l'invention du mot ordinateur par Michel Serres. Incroyable! Un scientifique s'amusant à un tel petit jeu serait vite mis au pilori par ses confrères… À noter, l'importance du repas dans la pensée serrienne.

Voir le profil de l'utilisateur

590
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 28 Jan 2018, 15:30

@Munstead a écrit:À noter, l'importance du repas dans la pensée serrienne.

Sans doute une évocation subliminale du banquet platonicien. On pourrait imaginer tous les convives habillés de toges.

Voir le profil de l'utilisateur

591
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 25 Fév 2018, 10:56

Répliques est classée dans la catégorie "Savoirs", allez... savoir pourquoi.

Le numéro du 24/02/2018 était intitulé Être catholique aujourd'hui*. La semaine précédente c'était "L'Islam, une religion française ?", on suppose que toutes les religions vont y passer.

Se coltiner cette émission implique d'autres motivations que d'entendre les paroles des intervenants pour leurs paroles mêmes. Supporter le prêche hautain et auto-satisfait de Rémi Brague est en soi une épreuve. Ce "philosophe catholique" a déjà été invité tout récemment chez Olivia Gesbert, laquelle est restée coite la plupart du temps durant le monologue du philosophe, mais qui, dans ses deux ou trois interventions, a mis le philosophe devant ses contradictions, écartées avec beaucoup de morgue par ce dernier. C'était le 29/01/2018, l'émission est difficilement supportable, mais en voici néanmoins le lien (car nous faisons ici en permanence la promotion de France Culture qui nous est certainement reconnaissante) La religion, une affaire sérieuse pour Rémi Brague**. Alain Finkielkraut, déférent comme à son habitude avec des invités qu'il nous présente comme des phares de la pensée, n'aura pas eu le même esprit critique que sa collègue Gesbert. OG - AF : 1 - 0

Soit dit de nouveau en passant, il y en a qui ont de la chance d'être invités plusieurs fois quand leur essai est publié (est-ce l'effet d'un partenariat discret avec une maison d'édition ?).

Alain Finkielkraut n'a pas résisté à la fin de l'émission à faire des allusions transparentes à ce qu'il appelle  le "changement de démographie" pour comparer chrétiens et musulmans. Il ajoute à la fin, un peu hors sujet, que la création de la laïcité se trouve dans l'Ancien Testament.

Une énième conversation (le genre France Culture par excellence) que l'on peut facilement remplacer par un numéro de Chrétiens d'Orient ou d'Orthodoxie, ou mieux encore (selon les goûts) par l'écoute d'une cantate de Bach du dimanche matin (du 25 02 18, pas la plus célèbre) sur France Musique, début à 4'00 (cf. Cantate BWV 120a : « Herr Gott, Beherrscher aller Dinge »*** dont la traduction est aussi donnée, c'est nouveau) ou SWR2 (cf. SWR2 Kantate 05 02 2018 "Wir wissen, dass Trübsal Geduld bringt"****).

*******************************

* Aux XVI° et XVII° siècles, celui qui faisait profession d’athéisme devait se justifier, Aujourd'hui c'est plutôt la non existence de Dieu qui va de soi et il revient aux croyants de se justifier. Curieux et même envieux Alain Finkielkraut interroge ses invités sur leur expérience de la foi.

https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/etre-catholique-aujourdhui

** https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/la-grande-table-2eme-partie-lundi-29-janvier-2018

*** https://www.francemusique.fr/emissions/la-cantate/cantate-bwv-120a-herr-gott-beherrscher-aller-dinge-58698

**** https://www.swr.de/swr2/programm/sendungen/geistliche-musik/-/id=658942/sdpgid=1527223/1yobckh/index.html

Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé 


592
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut -

Répliques, Alain Finkielkraut     Page 59 sur 63

Haut de page ↑   

Aller à la page : Précédent  1 ... 31 ... 58, 59, 60, 61, 62, 63  Suivant

Accueil / France Culture

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum