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Répliques, Alain Finkielkraut    Page 60 sur 62

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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 25 Fév 2018, 10:56

Répliques est classée dans la catégorie "Savoirs", allez... savoir pourquoi.

Le numéro du 24/02/2018 était intitulé Être catholique aujourd'hui*. La semaine précédente c'était "L'Islam, une religion française ?", on suppose que toutes les religions vont y passer.

Se coltiner cette émission implique d'autres motivations que d'entendre les paroles des intervenants pour leurs paroles mêmes. Supporter le prêche hautain et auto-satisfait de Rémi Brague est en soi une épreuve. Ce "philosophe catholique" a déjà été invité tout récemment chez Olivia Gesbert, laquelle est restée coite la plupart du temps durant le monologue du philosophe, mais qui, dans ses deux ou trois interventions, a mis le philosophe devant ses contradictions, écartées avec beaucoup de morgue par ce dernier. C'était le 29/01/2018, l'émission est difficilement supportable, mais en voici néanmoins le lien (car nous faisons ici en permanence la promotion de France Culture qui nous est certainement reconnaissante) La religion, une affaire sérieuse pour Rémi Brague**. Alain Finkielkraut, déférent comme à son habitude avec des invités qu'il nous présente comme des phares de la pensée, n'aura pas eu le même esprit critique que sa collègue Gesbert. OG - AF : 1 - 0

Soit dit de nouveau en passant, il y en a qui ont de la chance d'être invités plusieurs fois quand leur essai est publié (est-ce l'effet d'un partenariat discret avec une maison d'édition ?).

Alain Finkielkraut n'a pas résisté à la fin de l'émission à faire des allusions transparentes à ce qu'il appelle  le "changement de démographie" pour comparer chrétiens et musulmans. Il ajoute à la fin, un peu hors sujet, que la création de la laïcité se trouve dans l'Ancien Testament.

Une énième conversation (le genre France Culture par excellence) que l'on peut facilement remplacer par un numéro de Chrétiens d'Orient ou d'Orthodoxie, ou mieux encore (selon les goûts) par l'écoute d'une cantate de Bach du dimanche matin (du 25 02 18, pas la plus célèbre) sur France Musique, début à 4'00 (cf. Cantate BWV 120a : « Herr Gott, Beherrscher aller Dinge »*** dont la traduction est aussi donnée, c'est nouveau) ou SWR2 (cf. SWR2 Kantate 05 02 2018 "Wir wissen, dass Trübsal Geduld bringt"****).

*******************************

* Aux XVI° et XVII° siècles, celui qui faisait profession d’athéisme devait se justifier, Aujourd'hui c'est plutôt la non existence de Dieu qui va de soi et il revient aux croyants de se justifier. Curieux et même envieux Alain Finkielkraut interroge ses invités sur leur expérience de la foi.

https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/etre-catholique-aujourdhui

** https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/la-grande-table-2eme-partie-lundi-29-janvier-2018

*** https://www.francemusique.fr/emissions/la-cantate/cantate-bwv-120a-herr-gott-beherrscher-aller-dinge-58698

**** https://www.swr.de/swr2/programm/sendungen/geistliche-musik/-/id=658942/sdpgid=1527223/1yobckh/index.html

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592
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Brague et Finkelkraut - le Dim 25 Fév 2018, 17:32

Philaunet(http://www.regardfc.com/login?redirect=%2Fpost%3Fp%3D30189%26mode%3Dquote#30189) a écrit:Répliques est classée dans la catégorie "Savoirs", allez... savoir pourquoi. (...)
Supporter le prêche hautain et auto-satisfait de Rémi Brague est en soi une épreuve.(...)
Soit dit de nouveau en passant, il y en a qui ont de la chance d'être invités plusieurs fois quand leur essai est publié (est-ce l'effet d'un partenariat discret avec une maison d'édition ?).(...)
Oui, écouter Rémi Brague est une épreuve, particulièrement son passage à "La Grande table" où il se montre aussi insupportable d'auto-satisfaction que vide de pensée.
Il y a ainsi des abonnés à Radio-France : on retrouve pendant quelques semaines dans plusieurs émissions de France Culture et France Inter ces petits-maîtres de la culture, philosophes-universitaires-intellectuels-etc.. Ces temps-ci, on subit ainsi régulièrement Rémi Brague, JF Colosimo, Carlos Strenger. A la faveur de la sortie d'un essai qui serait sinon passé totalement inaperçu et tombera de toutes façons dans l'oubli quelques jours ou semaines après, ces petits-maîtres de la pensée sont promus, probablement par des communautés, ou groupes, éventuellement de nature religieuse, qui organisent édition et émissions.
Les Répliques de Finkelkraut sont d'intérêt et de qualité très variable, plutôt en baisse. Le problème est probablement qu'il n'y a pas d'autres producteur capable de le remplacer sur son créneau d'érudition, qu'il affiche et assume comme à la fois réactionnaire et de culture juive. Mais, quelle est la nécessité de maintenir et perpétuer ce créneau intellectuel ?

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593
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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 25 Fév 2018, 17:54

Pour moi, il n'y a aucune épreuve à écouter Rémi Brague, même si je ne suis pas du tout en accord avec lui.
Par ailleurs, j'ai toujours autant de plaisir et peut-être même davantage qu'autrefois à suivre les émissions de Finkielkraut car il est beaucoup plus calme , moins anxieux qu'à un certain moment.
Et je ne vois pas en quoi il est réactionnaire(ce mot employé à tort et à travers pour cisailler les gens): il est conservateur.(et encore, ça pourrait se discuter pour beaucoup d'occurences)
Et je ne vois aucun organisateur de débat d'idées à sa hauteur.

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594
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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Dim 25 Fév 2018, 18:10

Faudrait peut-être cesser d'être paresseux Monsieur Les Pâtes aux oeufs frais et ne pas répéter bêtement des mots comme réactionnaire que vous voyez sans cesse dans les réseaux sociaux.Vous savez, la pensée, l'opinion ,ça se travaille.
Faut lire parfois...ça aide....

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masterkey 

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595
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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Lun 26 Fév 2018, 00:26

Rémi Brague est effectivement un invité récurrent et de longue date de l'émission. Quoique je n'aie aucune sympathie pour ses thèses assez proches de celles de Gouguenheim, c'est à dire franchement déflationnistes sur les apports de la civilisation arabo-musulmane à la nôtre (je me souviens l'avoir entendu dire que même en matière de progrès mathématiques, si l'on y regardait bien, on y trouverait surtout la trace des avancées d'un ou deux sabéens et non celle de sujets musulmans de l'empire arabe), j'aime assez - je ne saurais dire pourquoi - ce ton hautain qu'il affecte et les références doctes dont il pare fréquemment son discours.

J'ai le souvenir d'un numéro de Répliques comme Alain Finkielkraut n'en produit plus guère, datant de la fin des années 90 (mais par moi ouï il y a une petite dizaine d'années) qui faisait s'entretenir le même Rémi Brague et Michel Cassé, cet astrophysicien piqué de poésie qui, en en tenant pour les théories à univers multiples, passait pour un hurluberlu aux yeux de certains contributeurs autrefois ici éminemment actifs - sujet duquel j'auraie d'ailleurs aimé discuter à l'époque -.

Cette émission montrait Rémi Brague sous son meilleur jour, qui apportait au récit scientifique de Cassé sur l'Univers la riche confrontation d'une vaste culture historique et littéraire. Ce genre-là de dialogue ne comportait évidemment aucune morgue et faisait profiter l'auditeur à plein du savoir de chaque intervenant.

A ce propos, il est dommage que Répliques ne dédie que si peu de numéros à la science et quasiment aucun à la philosophie, qui ne manque pourtant pas de matière à répliques.

PS :  Antonia, je n'avais pas lu vos messages qui ont été publiés alors que j'écrivais le mien. Nous avons donc cette non-aversion pour Brague en commun.

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596
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Penser, lire... - le Lun 26 Fév 2018, 08:34

antonia(http://www.regardfc.com/t165p590-repliques-alain-finkielkraut#30194) a écrit:(...) Faut lire parfois...ça aide....
Nous ne pouvons que vous encourager dans cette voie. Une suggestion : abandonnez la fréquentation des réseaux sociaux, cela vous dégagera du temps pour la lecture.
antonia(http://www.regardfc.com/t165p590-repliques-alain-finkielkraut#30194) a écrit:(...) la pensée, l'opinion ,ça se travaille.
Tenez-nous au courant de vos efforts et de vos progrès.

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597
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L'Académicien ne connaît qu'un seul sens à ''dard'' :) - le Lun 26 Fév 2018, 10:05

"Le dard venimeux de la mort"... Alain Finkielkraut mentionne cette expression que l'on trouve chez Franz Rosenzweig*, lequel est associé, dans un article (cf. Akadem), à Emmanuel Lévinas, référence continue de l'Académicien avec Hannah Arendt (à qui on a échappé dans cette émission, ce qui est assez exceptionnel).

Après la comparaison de Brague (une "horreur" selon ses termes), je laisse se dérouler son laïus (sorte de paraphrase du texte ci-dessous) jusqu'à l'intervention suivante du producteur : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-24.02.2018-ITEMA_21597898-0.mp3" debut="26:37" fin="28:54"]

On note que la femme semble, dans cette discussion, ne jouer aucun rôle dans la création d'une nouvelle vie.

* 1- La réflexion de Franz Rosenzweig, dans L'étoile de la rédemption
.  
"De  la  mort,  de  la  crainte  de  la  mort,  dépend  toute
 connaissance  du  Tout.  Rejeter  la  peur  du
terrestre,  enlever  à  la  mort  son  dard  venimeux,  son
 souffle  pestilentiel  à  l'Hadès,  voilà  ce  qu'ose
faire  la  philosophie.  Tout  ce qui  est  mortel  vit  dans  
cette  angoisse  de  la mort,  chaque  naissance
nouvelle multiplie l'angoisse d'un nouveau fondement,
car elle multiplie ce qui est mortel. Sans fin
le  sein  de  la  terre  inépuisable  accouche  du  neuf,  
et  chacun  est  soumis  à  la  mort,  chacun  attend
avec crainte et tremblement le jour de son passage
aux ténèbres. Mais la philosophie conteste ces
angoisses  de  la  terre.  Elle  s'échappe  par-dessus  la
 tombe  qui  s'ouvre  sous  les  pieds  à  chaque
pas.  Elle  abandonne  le  corps  à  la  merci  de  l'abîme,
 mais  l'âme  libre  prend  son  envol  pour  le
franchir sans encombre."

1(Introduction - De la possibilité de connaître le Tout : De la mort)



Dernière édition par Philaunet le Lun 26 Fév 2018, 10:29, édité 1 fois

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598
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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Lun 26 Fév 2018, 10:29

Philaunet(http://www.regardfc.com/t165p590-repliques-alain-finkielkraut#30204) a écrit:
"Le dard venimeux de la mort"... Alain Finkielkraut mentionne cette expression que l'on trouve chez Franz Rosenzweig*, lequel est associé, dans un article (cf. Akadem), à Emmanuel Lévinas, référence continue de l'Académicien avec Hannah Arendt (à qui on a échappé dans cette émission, ce qui est assez exceptionnel).

Après la comparaison de Brague (une "horreur" selon ses termes), je laisse se dérouler son laïus (sorte de paraphrase du texte ci-dessous) jusqu'à l'intervention suivante du producteur : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-24.02.2018-ITEMA_21597898-0.mp3" debut="26:37" fin="28:54"]

On note que la femme semble, dans cette discussion, ne jouer aucun rôle dans la création d’une nouvelle vie.

* 1- La réflexion de Franz Rosenzweig, dans L'étoile de la rédemption
.  
"De  la  mort,  de  la  crainte  de  la  mort,  dépend  toute
 connaissance  du  Tout.  Rejeter  la  peur  du
terrestre,  enlever  à  la  mort  son  dard  venimeux,  son
 souffle  pestilentiel  à  l'Hadès,  voilà  ce  qu'ose
faire  la  philosophie.  Tout  ce qui  est  mortel  vit  dans  
cette  angoisse  de  la mort,  chaque  naissance
nouvelle multiplie l'angoisse d'un nouveau fondement,
car elle multiplie ce qui est mortel. Sans fin
le  sein  de  la  terre  inépuisable  accouche  du  neuf,  
et  chacun  est  soumis  à  la  mort,  chacun  attend
avec crainte et tremblement le jour de son passage
aux ténèbres. Mais la philosophie conteste ces
angoisses  de  la  terre.  Elle  s'échappe  par-dessus  la
 tombe  qui  s'ouvre  sous  les  pieds  à  chaque
pas.  Elle  abandonne  le  corps  à  la  merci  de  l'abîme,
 mais  l'âme  libre  prend  son  envol  pour  le
franchir sans encombre."

1(Introduction - De la possibilité de connaître le Tout : De la mort)


Brague en roue libre. Partir d'un sens du mot auquel l'auteur ne pensait visiblement pas pour, à la Lacan, tirer la couverture à soi et dérouler une petite réflexion fort banale sur la mort à grand renfort de citations (quelle mémoire!) peut impressionner à la première écoute, — un peu comme regarder un trapéziste dans un cirque —mais pas à la seconde. Philosophie de salon?

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599
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Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Lun 26 Fév 2018, 11:08

Et tout cela sans compter le spectaculaire saut en maturité que l'on effectue en quelques minutes, passant de la Matinale du Samedi à Répliques. Nous passons d'une émission repliée sur le présent, avec ses "invités culture", ses "invités actu", qui régurgite pour une ultime mouture hebdomadaire les sujets qui ont agité le marigot journalistique, avec des invités qui vont bien (une véritable synthèse des Grandes Tables / Matins / Grain à Moudre de la semaine), à une émission de fond, pour adultes, qui quelquefois ressasse quelques thèmes, mais considère ses auditeurs comme autre chose qu'une masse de consommateurs d'actualité en mal de décryptage. On peut argumenter que Répliques, malgré ses travers, est une des dernières émissions appartenant réellement à la station, le reste étant de l'imitation de formats (télévisuels notamment) et de la conquête de catégorie d'audience (on pense au fameux "progrès sur le public étudiant").

En bref, entre 8h59 et 9h05, nous gagnons entre 20 et 40 ans de maturité intellectuelle, ce qui, en 6 minutes, n'est pas un mince exploit.

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600
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''Spectaculaire saut en maturité intellectuelle'' - le Lun 26 Fév 2018, 12:20

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t165p590-repliques-alain-finkielkraut#30206) a écrit:Et tout cela sans compter le spectaculaire saut en maturité que l'on effectue en quelques minutes, passant de la Matinale du Samedi à Répliques.
De la gueularde Broué au posé Finkielkraut, il y a en effet un abîme.
Nous passons d'une émission repliée sur le présent, avec ses "invités culture", ses "invités actu", qui régurgite pour une ultime mouture hebdomadaire les sujets qui ont agité le marigot journalistique, avec des invités qui vont bien (une véritable synthèse des Grandes Tables / Matins / Grain à Moudre de la semaine)
On a l'impression que l'actualité politique et sociale, vue par le petit bout de la lorgnette, est assénée quotidiennement jusqu'à l’écœurement. Et encore n'avez-vous pas mentionné les "Matières à penser" avec les très conformes Worms, Tisseron, Rousset et souvent Garapon et Frydman.
une émission de fond [Répliques], pour adultes, qui quelquefois ressasse quelques thèmes, mais considère ses auditeurs comme autre chose qu'une masse de consommateurs d'actualité en mal de décryptage. On peut argumenter que Répliques, malgré ses travers, est une des dernières émissions appartenant réellement à la station, le reste étant de l'imitation de formats (télévisuels notamment) et de la conquête de catégorie d'audience (on pense au fameux "progrès sur le public étudiant").
Oui, Nessie avait attiré l'attention sur l'imitation des formats "talk-shows" de la télé. Voilà le résultat de la transformation de France Culture en une ribambelle de tables rondes avec de nombreux intervenants qui discutent, entre eux et pour eux, avec force gestes et en rigolant de leurs apparences respectives (cf. Erner ici dans la dernière pastille).
En bref, entre 8h59 et 9h05, nous gagnons entre 20 et 40 ans de maturité intellectuelle, ce qui, en 6 minutes, n'est pas un mince exploit.
CQFD.

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601
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La joie - le Mar 27 Fév 2018, 10:20

munstead(http://www.regardfc.com/t165p590-repliques-alain-finkielkraut#30205) a écrit: (...) Brague en roue libre. Partir d'un sens du mot auquel l'auteur ne pensait visiblement pas pour, à la Lacan, tirer la couverture à soi et dérouler une petite réflexion fort banale sur la mort à grand renfort de citations (quelle mémoire!) peut impressionner à la première écoute, — un peu comme regarder un trapéziste dans un cirque —mais pas à la seconde. Philosophie de salon?
Il est patent que Rémi Brague aime s'entendre parler, qu'il ne souffre pas la contradiction et qu'il sait flatter.

Par ailleurs, la mémoire de chaque intervenant, dans ces discussions, est soutenue par les feuilles et les livres que l'on entend bruisser...

Reste que les propos "post-dard" sont à mettre en parallèle avec le texte de Rosenzweig et ce n'est pas inintéressant.

"chaque  naissance nouvelle multiplie l’angoisse d’un nouveau fondement, car elle multiplie ce qui est mortel."
C'est ce que répète Rémi Brague sous une autre forme.

"la philosophie conteste ces angoisses  de  la  terre.  Elle  s’échappe  par-dessus  la tombe  qui  s’ouvre  sous  les  pieds  à  chaque pas".

Comment s'échappe-t-elle ? Par la joie, nous dit Brague, reprenant Bergson. Ici Alain Finkielkraut ne rebondit pas. Il y aurait fallu un... Raphaël Enthoven (jeune). En effet, ce dernier a réalisé plusieurs émissions dont une le 1er avril 2005 dans la série "Commentaires", avec Nicolas Go : "L'art de la joie". Le numéro n'est pas référencé en ligne (qui sait ?), mais je joins le descriptif de l'époque* qui montre déjà le thème récurrent (l'antienne ?) d'Enthoven fils : tout assouvissement du désir est déception. Le thème du "désir" irrigue jusqu'à aujourd'hui Les Chemins de la philosophie d'Adèle van Reeth (on ne se demande pas pourquoi).

Il est possible de lire un très instructif et inspirant entretien du 29 septembre 2007 entre Anne Mounic et Nicolas Go sur le site Temporel "La joie malgré tout, la joie sur le fil du rasoir > Entretien avec Nicolas Go".

Et pour les amateurs du désormais chroniqueur d'Europe 1,  une présentation (non datée) sous les yeux de son père, Coup de coeur de Raphaël Enthoven pour "L'Art de la joie" de Nicolas Go.

Pour en terminer avec les références à des émissions de France Culture :
"La joie", Le banquet par Francesca Piolot, 28 octobre 1994, avec Robert Misrahi, Jean Salem, Robert Maggiori
"L'absurde, la mort, la joie", dialogue philosophique, Nicolas Grimaldi/Raphaël Enthoven, 13 février 2007
" La mort, l'absurde et la joie", Qu'est-ce qu'une philosophie de la joie, le 18 août 2007 avec Frédéric Worms, spécialiste de Bergson
[Frédéric Worms devenu producteur du soir à France Culture]

*************************

*Si la philo-sophie, comme son nom l’indique, aime la sagesse, c’est qu’elle en est privée. « Quand on est sage, on ne philosophe pas », dit Platon. Comme on aime ce qui nous manque, l’objet du désir ne supporte pas l’étreinte, l’amour s’estompe dans la possession, et il est déçu quand il est satisfait. Si la philosophie aime la sagesse, elle se condamne à ne jamais la saisir, à moins soit de se tromper, soit de disparaître en elle. Toute philosophie - comme dit Nicolas Go – part d’une miso-sophie, qui est non plus l’amour de la sagesse, mais sa haine. Qu’elle fasse, comme Platon, de l’idéal un au-delà, ou de la vérité une étoile vers laquelle on peut, au mieux, tendre le doigt, l’amour de la sagesse élève la sagesse au point de la rendre intouchable… L’amour de la sagesse la maintient à distance. Vouloir être sage, c’est se l’interdire. C’est un peu comme être pressé de prendre son temps, ou désirer l’éternité avec les moyens de tous les jours.
Pour être sage, il faut donc ne pas le vouloir. Personne n’est moins sage (et personne ne désire moins la sagesse) que celui, justement, qui veut l’être, car il fait de la sagesse un objet du vouloir, de ces objets qu’on n’atteint jamais ou alors qu’on digère sans qu’ils nous coupent la faim… On veut ce que l’on n’a pas, on ne veut plus ce que l’on a. De sorte que c’est offenser la sagesse que d’en faire une idée – un idéal – puisque ce faisant, on en fait aussi un objet de consommation. Comme dit Pascal : « Nous ne vivons pas, nous espérons de vivre, et espérant d’être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais. » L’amour de la sagesse fait de la vie une douleur que le plaisir suspend, ou que la mort supprime.
Ainsi, de l’hédoniste qui, sachant la vie courte, se donne pour seul programme d’en jouir, à l’homme de foi qui, au lieu de chercher la sagesse dans l’immédiat, au jour le jour, néglige le présent au nom de l’espérance en l’au-delà, puis soupire, s’abstient, regrette et récrimine, avant, comme dit Gainsbourg, de « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve »… quiconque est persuadé de donner un sens à sa vie en lui donnant un but est bon pour la philosophie. Mais si Dieu existait, l’hédoniste serait un homme d’église; et si Dieu n’existait pas, les hommes d’église seraient des pécheurs assidus.
Dans les deux cas, l’amour de la sagesse est un amour fou.

Avec des lectures de textes par les comédiens Anne Brissier et Georges Claisse

Invité
Nicolas Go.  Philosophe, professeur à l’IUFM de Nice, auteur de « L’art de la joie », publié chez Buchet-Chastel.



Dernière édition par Philaunet le Mar 27 Fév 2018, 11:11, édité 3 fois

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Re: Répliques, Alain Finkielkraut -

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