Annonce :

Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Répliques, Alain Finkielkraut

Aller à la page : Précédent  1 ... 32 ... 61, 62, 63  Suivant

Accueil / France Culture

Répliques, Alain Finkielkraut    Page 62 sur 63

Bas de page ↓   

611
Répondre en citant  
Droits de l'homme - le Sam 05 Mai 2018, 08:43

Un intéressant descriptif de l'émission du jour Y a-t-il une loi naturelle ? (titre corrigé) où il est question de Milan Kundera (grand chouchou d'Alain Finkielkraut), du manifeste tchèque, la Charte 77 (de 1977, comme son nom l'indique),  de la Tchécoslovaquie (posts récents sur des émissions diffusées par Philippe Garbit : L'Autre 68 : Printemps de Prague (suite)), des droits de l'homme et de la transformation de cette notion.

Descriptif de l'émission :
Comme le faisait remarquer naguère Claude Lefort l'expansion du marxisme dans l'ensemble de la gauche française a été longtemps de pair avec une dépréciation du droit en général et la condamnation véhémente, ironique ou scientifique de la notion bourgeoise des droits de l'homme. Cette notion a été réhabilitée par le grand mouvement de la dissidence anti totalitaire et notamment par le manifeste de la Charte 77 rendue publique  à Prague en pleine normalisation soviétique et dont voici le premier article :

"La charte 77 est une communauté libre, informelle et ouvertes d'hommes de conviction, de religion, de professions différentes, libres par la volonté de s'engager individuellement et en commun pour le respect des droits de l'homme et du citoyen dans notre pays et dans le monde. "

Ainsi l'expression des droits de l'homme a retrouvé sa place dans le lexique moral de notre temps.  Mais comme l'écrit Milan Kundera qui a quitté la Tchécoslovaquie pour la France en 1975 : à mesure que la lutte pour les droits de l'homme gagnait en popularité, elle perdait tout contenu concret pour devenir finalement l'attitude commune de tout
[ ? = de "tous" ?]  à l'égard de tout, une sorte d'énergie transformatrice des désirs en droits.  Le monde est devenu un droit de l'homme et tout s'est mué en droit  : le désir d'amour en droit à l'amour, le désir de bonheur en droit au bonheur...le désir de crier la nuit dans les rues en droit de crier la nuit dans les rues.....      

Sur l'air de la plaisanterie  Milan Kundera pose le problème très sérieux de l'extension indéfinie des droits de l'homme.

Pierre Manent, dans son dernier livre, s'interroge sur l'origine et les raisons  de cet emballement et lui oppose avec une intrépidité certaine la loi naturelle. Or cette expression a disparu de la langue courante  et même de la langue philosophique. Les modernes et il y a longtemps que nous sommes modernes, ne parlent plus ainsi. Il faut donc commencer par la définition : qu'est ce que la loi naturelle et peut-elle encore être un recours ?  

Voir le profil de l'utilisateur

masterkey 

avatar
Admin

612
Répondre en citant  
Alan Sokal et les impostures intellectuelles - le Sam 12 Mai 2018, 12:59

A signaler très rapidement cette rediffusion dans les Nuits d'un numéro de Répliques datant de 1997, dans lequel Alain Finkielkraut recevait Alan Sokal, auteur en 1994 d'un retentissant canular, puis en 1996 avec le physicien Jean Bricmont d'un non moins retentissant livre : Les impostures intellectuelles.

Le canular était la publication dans une revue de sciences humaines à comité de lecture, Social text, d'un article-pastiche intitulé assez comiquement "Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique". Le texte est passé et a été loué dans la revue avant que Sokal ne révèle la vérité. Il s'agissait de reprendre tous les clichés relativistes empruntés à l'air ambiant particulièrement post-moderne qui flottait alors dans les campus américains où s'enseignent les social et les  gender studies

Le livre, lui dénonçait l'emploi chez de nombreux intellectuels français, ceux qu'on range fréquemment derrière la bannière "French theory" et qui sont pour certains les références absolues dans nombre des campus sus-cités, de concepts empruntés aux sciences dures, mais dont l'usage par ces auteurs est soit très obscur, soit complètement à côté de la plaque, soit ne revêt aucun sens décelable, et ne sert en général qu'a donner une patine savante à l'ensemble du texte.

Le lien de l'émission : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/alan-sokal-labus-de-concepts-scientifiques-qui-nont-aucun-lien-avec-le-contexte-est-la-critique

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="00:00" fin="60:00"]

J'y reviendrai plus longuement et dans des termes mieux dégrossis.

Voir le profil de l'utilisateur http://www.regardfc.com

613
Répondre en citant  
1997 - le Mer 23 Mai 2018, 21:36

masterkey(http://www.regardfc.com/t165p610-repliques-alain-finkielkraut#30578) a écrit:A signaler très rapidement cette rediffusion dans les Nuits d'un numéro de Répliques datant de 1997, dans lequel Alain Finkielkraut recevait Alan Sokal, auteur en 1994 d'un retentissant canular, puis en 1996 avec le physicien Jean Bricmont d'un non moins retentissant livre : Les impostures intellectuelles.

Le canular était la publication dans une revue de sciences humaines à comité de lecture, Social text, d'un article-pastiche intitulé assez comiquement "Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique". Le texte est passé et a été loué dans la revue avant que Sokal ne révèle la vérité. Il s'agissait de reprendre tous les clichés relativistes empruntés à l'air ambiant particulièrement post-moderne qui flottait alors dans les campus américains où s'enseignent les social et les  gender studies

Le livre, lui dénonçait l'emploi chez de nombreux intellectuels français, ceux qu'on range fréquemment derrière la bannière "French theory" et qui sont pour certains les références absolues dans nombre des campus sus-cités, de concepts empruntés aux sciences dures, mais dont l'usage par ces auteurs est soit très obscur, soit complètement à côté de la plaque, soit ne revêt aucun sens décelable, et ne sert en général qu'a donner une patine savante à l'ensemble du texte.

Le lien de l'émission : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/alan-sokal-labus-de-concepts-scientifiques-qui-nont-aucun-lien-avec-le-contexte-est-la-critique

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="00:00" fin="60:00"]

J'y reviendrai plus longuement et dans des termes mieux dégrossis.
Dans l'attente, voici la présentation d'Alain Finkielkraut. Les noms cités et critiqués par Sokal/Bricmont reviennent régulièrement dans ce forum, par exemple dans ce post publié hier Stanley Cavell : L’importance du cinéma.

Il est aussi question d'un certain Bruno Latour, mentionné plusieurs fois l'année dernière sur Regards, car invité récurrent de France Culture (faut-il s'en étonner ?). Petit récapitulatif ici.

L'émission est prometteuse, mais il faut craindre les interventions du "poète et philosophe" officiel  Deguy, grand spécialiste de l'enfoncement de portes ouvertes et des assertions sentencieuses. C'était donc il y a 21 ans :  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="02:40" fin="06:47"]

Voir le profil de l'utilisateur

614
Répondre en citant  
Recommandation de masterkey, suivi 2 - le Jeu 24 Mai 2018, 13:13

Philaunet(http://www.regardfc.com/t165p610-repliques-alain-finkielkraut#30626) a écrit:
masterkey(http://www.regardfc.com/t165p610-repliques-alain-finkielkraut#30578) a écrit:A signaler très rapidement cette rediffusion dans les Nuits d'un numéro de Répliques datant de 1997, dans lequel Alain Finkielkraut recevait Alan Sokal, auteur en 1994 d'un retentissant canular, puis en 1996 avec le physicien Jean Bricmont d'un non moins retentissant livre : Les impostures intellectuelles. (...)
L'émission est prometteuse, mais il faut craindre les interventions du "poète et philosophe" officiel  Deguy, grand spécialiste de l'enfoncement de portes ouvertes et des assertions sentencieuses. (...)
Comme prévu, Michel Deguy, fidèle à lui-même, phraseur en chef. Alain Sokal serait un excellent analyste de France Culture...

À propos de l'usage des métaphores : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="10:01" fin="15:50"]

Voir le profil de l'utilisateur

615
Répondre en citant  
Recommandation de masterkey, suivi 3 et fin - le Ven 25 Mai 2018, 08:25

masterkey(http://www.regardfc.com/t165p610-repliques-alain-finkielkraut#30578) a écrit:A signaler très rapidement cette rediffusion dans les Nuits d'un numéro de Répliques datant de 1997, dans lequel Alain Finkielkraut recevait Alan Sokal, auteur en 1994 d'un retentissant canular, puis en 1996 avec le physicien Jean Bricmont d'un non moins retentissant livre : Les impostures intellectuelles.(...)
Après écoute complète, l'impression qui domine est l'impatience d'Alain Finkielkraut à donner son avis, un peu brouillon, et à empêcher Alan Sokal de réagir. Michel Deguy (cf ci-dessus) est un ami intellectuel de Finkielkraut et à ce titre assez souvent invité dans l'émission. Quelle est sa thèse, s'il en a une ?

Alan Sokal fait preuve d'une grande mesure et de nuances dans la manière d'envisager les choses.

Alan Sokal s'exprime de manière assez fluide  dans une langue étrangère, le français, qui ne passe pas pour une langue facile. Imaginons un instant qu'Alain Finkielkraut et Michel Deguy aient à débattre en anglais à ce niveau... Non, ce n'est pas imaginable. Et ils ne l'imaginent pas un instant, sinon les deux opposants de fait à Sokal ne lui couperaient pas la parole de cette façon.

À une personne qui s'exprime dans un idiome étranger, il faut offrir un espace d'expression protégé et calme et parler clairement et moins vite, c'est une règle première de toute courtoisie et une condition élémentaire d'une discussion constructive.

Sur le concept de post-modernisme et la ''French theory'', d'abord Alan Sokal, puis l'impatient  Alain Finkielkraut et Michel Deguy : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="31:59" fin="37:18"]

Michel Deguy sur "l'invocation du retour aux Lumières" ("Je suis comme souvent dans ma pensée obligé d'ouvrir une polarité antinomique et paradoxale"...) et mise au point d'Alan Sokal sur le progrès scientifique et technique  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.04.2018-ITEMA_21601415-2.mp3" debut="41:09" fin="44:17"]

"Répliques", en 1997, recevait le physicien Alan Sokal.

Voir le profil de l'utilisateur

masterkey 

avatar
Admin

616
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut - le Ven 25 Mai 2018, 23:54

Philaunet, je suis admiratif de la qualité de votre écoute et de celle que vous infusez dans ce forum.
Je suis en parfait accord avec ce que vous écrivez ici et sur le fil de la Méthode scientifique. Les distinctions que vous y apportez sur les différentes façons de considérer son invité et son auditoire sont les bonnes.

Sur Sokal, je ne saurais mieux dire, j'ai éprouvé la même gêne que vous à écouter MM. Deguy et Finkielkraut ne pas tenir compte une seconde de ce que Sokal n'a pas le français pour langue maternelle. Cela étant, n'en pas tenir compte était peut-être une forme d'hommage tacite aux qualités de son français.

Sur le sujet lui-même, les passages que vous citez résument bien les choses : Sokal fait parfaitement comprendre ce qu'il y avait de juste critique dans les Impostures intellectuelles.

Par ailleurs, on se rend compte qu'à cette époque, Finkielkraut éprouve la même aversion qu'aujourd'hui pour les incarnations américaines du post-modernisme (mais pas pour Deleuze ni Foucault, d'où sans doite sa gêne à rejoindre vraiment Sokal), le multi-culturalisme et les passions revendicatrices des différentes minorités. Sauf qu'à l'époque, en 1997, il est parfaitement rassuré d'être Français, car il voit alors la France comme un refuge à ce délire qui sévit dans les campus étasuniens.

J'aimerais mentionner deux épisodes : le livre de Sokal et Bricmont a été injustement attaqué et caricaturé par un savant que j'estime et même que j'admire, Jean-Marc Lévy-Leblond. Je n'ai jamais compris cette prise de position, fondée sur un argumentaire proche de celui de M. Deguy (le droit à la métaphore).

Enfin, il faut signaler qu'un des auteurs brocardés, Régis Debray, pour son réemploi du théorême d'incomplétude de Kurt Gödel en sociologie (où il cherche à illustrer l'idée suivant laquelle pour faire peuple, un collectif humain doit faire référence, pour se fonder, à quelque chose qui lui est extérieur, transcendant, Dieu par exemple; illustration que je ne trouve pas entièrement condamnable pour ma part, on pourrait en reparler), cet auteur, donc, a choisi de ne pas réagir par l'outrance ni donner dans le registre de l'effarouchement. Il a préféré ouvrir le dialogue avec les auteurs du pamphlet, et un livre d'entretiens avec Jean Bricmont en est sorti, au titre très Debrayen : À l'ombre des lumières. Les deux hommes n'ont pas réellement réussi à s'y comprendre entièrement et le livre se clôt par un désaccord constaté honnêtement, mais d'intéressantes digressions en sont sorties. C'était bien plus digne que ce qu'on a pu lire par ailleurs après cette affaire.

Voir le profil de l'utilisateur http://www.regardfc.com

617
Répondre en citant  
Philip Roth, héros d'Alain Finkielkraut - le Mer 30 Mai 2018, 13:54

Dans le documentaire multimédia d'Hélène Combis-Schlumberger du 23.05.2018 Philip Roth  les trois romans qu'il faut avoir lus, on trouve un numéro de Répliques du 19 06 1999 "La Pastorale américaine, de Philip Roth". Merci à France Culture pour cette mise à disposition.

La présentation : En juin 1999, l'émission Répliques d'Alain Finkielkraut était consacrée à "La Pastorale américaine : un grand roman de notre temps". Lucile Laveggi, professeur de philosophie à l'université de Columbia à Paris y débattait avec Lazare Bitoun, traducteur et professeur de littérature américaine.

Tous deux décryptaient dans La Pastorale américaine un prolongement de l'American Dream des années 1950, mais sans le rêve d'abondance ; avec un désir de bonheur tributaire d'un véritable investissement dans les choses terrestres ; un rêve américain sans le goût de l'industrie en somme, qui se dilue au grand air de la campagne.


Alain Finkielkraut n'y va pas par quatre chemins : il se fait prophète inspiré de l’écrivain américain et annonce que son émission est une action de grâce (après avoir critiqué caricaturalement des lycéens  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/rf_sons/20180523-NET_FC_a4367acd-427c-4fa1-8542-18f974032113.mp3" debut="00:34" fin="01:34"]

L'émission est une apologie sans nuance du roman et de l’œuvre de l'écrivain. Il n'y est jamais question de littérature (sauf durant vingt petites secondes sur 55 minutes  à  la fin où les invités font référence à Faulkner et Hemingway à propos de territoire imaginaire et de style). Non, il est discuté des personnages comme s'ils étaient des personnages historiques réels. Où l'on voit que la littérature, contrairement à la musique et à la peinture, par exemple, est un art qui reste cantonné dans des normes (réalistes, essentiellement) du XIXe siècle, en tous les cas pour certains.

Toute la discussion tourne autour de l'histoire des États-Unis et plus précisément de ce que dit du sujet du roman, à deux reprises, le traducteur Lazare Bitoun qui réussit à trouver un petit peu de place de parole entre les monologues de l'invitant : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/rf_sons/20180523-NET_FC_a4367acd-427c-4fa1-8542-18f974032113.mp3" debut="37:51" fin="41:35"]


Début du descriptif sur "Pastorale américaine" (1997) : le prolongement de l'American Dream, mais sans le goût de l'industrie
Jusqu'à ce roman, qui rafla le prix Pulitzer en 1998, Philip Roth passait pour le maître de l'autofiction. Ses héros lui ressemblaient, et il s'était même forgé un alter ego littéraire, Nathan Zuckerman, qu'il mettait en scène depuis L'Ecrivain des ombres en 1979. Mais voilà qu'avec ce sixième volume du cycle Nathan Zuckerman, l'écrivain perd le premier rôle, et l'alter ego s'efface. Dans Pastorale américaine, le protagoniste est en effet Seymour Levov, directeur à Newark d'une fabrique de gants, et que l'on appelle "Le Suédois". Et si Zuckerman apparaît toujours, c'est pour mieux s'effacer : retiré dans le Connecticut et rendu invalide par une opération de la prostate, il ne pense plus qu'à son art. (...) Lazare Bitoun :
''Pour moi c'est le rêve éternel de l'Amérique, le désir éternel lui aussi, mais plus récent dans l'histoire des Juifs américains, de s'intégrer dans la pastorale américaine. C'est le rêve que réalise le Suédois, le héros du roman, qui est grand, blond, merveilleusement américain ; qui est, comme le dit Zuckerman dans le livre, "aussi près du goy que nous ne le serons jamais". [...] Et ce Suédois qui continue à faire fortune après son père dans la fabrication des gants, qui va s'installer à la campagne dans ce qu'on n'appelle plus les "suburbs", mais les "exburbs", et qui y recrée une ferme. Sa femme élève des moutons...''

Voir le profil de l'utilisateur

618
Répondre en citant  
Médiapart indiscutable vainqueur - le Ven 01 Juin 2018, 08:13

Une émission sur le droit qui ne dit pas son nom, c'était le numéro de Répliques du 12/05/2018 L'ère de la transparence avec, dans le rôle du défenseur du secret, Denis Olivennes qui donne du "Alain" au producteur de l'émission et, dans le rôle du pugnace journaliste, préparé pour la joute avec ses deux vis-à-vis (Finkielkraut ayant annoncé la couleur dès le début), Fabrice Arfi de Médiapart. Ce dernier a rapidement pris l'ascendant en présentant factuellement une affaire qu'il connaît sur le bout des doigts et en l'analysant juridiquement. Denis Olivennes et Alain Finkielkraut, manifestement peu ou pas préparés, se sont vite retrouvés dans la situation d'écoliers forcés d'écouter un maître bien plus dynamique et délié intellectuellement. Si le sujet est resté cantonné à des considérations sur des affaires françaises et non sur le thème général annoncé, il n'en a pas été moins intéressant sur les fonctions respectives des juges et des journalistes.

À noter que Fabrice Arfi  mentionne avec pertinence la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Denis Olivennes, lui, confond cette Cour (sise à Strasbourg) avec la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE), sise à Luxembourg, qui a d'autres compétences que la première. Pas sérieux.

Voir le profil de l'utilisateur

619
Répondre en citant  
Alain Finkielkraut au sommet de son art avec Philippe Lançon pour ''Le Lambeau'' - le Mer 19 Sep 2018, 18:34

Un numéro de Répliques qu'il va falloir aborder en plusieurs contributions, c'est La mort de la grand-mère dans la recherche du temps perdu du 01/09/2018.

Disons-le d'emblée, l'introduction d'Alain Finkielkraut est magistrale : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-01.09.2018-ITEMA_21792107-0.mp3" debut="00:38" fin="03:00"]

La réponse de Philippe Lançon à la 3e minute capte immédiatement l'attention dans le sillage de la sensible introduction d'Alain Finkielkraut : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-01.09.2018-ITEMA_21792107-0.mp3" debut="03:00" fin="08:07"]

L'intervention du second invité au menu du prochain post. Là, ça se gâte.

À suivre.

Voir le profil de l'utilisateur

620
Répondre en citant  
Un érudit sans humanité - le Jeu 20 Sep 2018, 11:55

Dans le numéro La mort de la grand-mère dans la recherche du temps perdu du 01/09/2018 (cf. post précédent), le second invité qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter, Antoine Compagnon, prend la parole en reprochant de manière condescendante le traitement qu'il aurait subi de la part de l'écrivain et critique Philippe Lançon il y a plusieurs années. Le Figaro en commençant un article il y a trois jours sur Alain Finkielkraut écrivait ceci :

«Répliques» : quand Finkielkraut pense contre lui-même Par  Eugénie Bastié Publié le 17/09/2018

ENQUÊTE - Depuis trente-trois ans, cette émission est au cœur de la vie intellectuelle française. Contrairement à ce que croient ses détracteurs, son animateur Alain Finkielkraut n'est pas un obsessionnel, mais un fin sismographe des débats de l'époque.
Nous sommes le 31 août et dans le studio de France Culture résonne le mythique générique extrait des variations de Goldberg jouées par Glenn Gould, sonnant la rentrée de «Répliques», l'émission d'Alain Finkielkraut. Le thème d'aujourd'hui est délicieusement khâgneux: «La mort de la grand-mère chez Proust». Face-à-face, Philippe Lançon, journaliste, écrivain, rescapé de l'attentat de Charlie Hebdo, qui raconte dans Le Lambeau comment la relecture inlassable des pages du Côté de Guermantes l'a aidé à sortir de l'enfer, et Antoine Compagnon, universitaire reconnu spécialiste notamment d'À la Recherche du temps perdu. Ce dernier débute son intervention, pincé, par cette accroche: «Je voulais m'assurer que j'étais bien digne de dialoguer avec vous, car vous m'avez comparé dans un article à Sainte-Beuve, un professeur soporifique…» La tension monte d'un cran. Dans la régie, le réalisateur fait signe avec ses doigts qu'on coupera au montage. Lançon répond, gêné qu'on lui rappelle son passé de critique ...


Voilà ce que ça donne dans l'émission où le passage n'a pas été coupé, et c'est tant mieux pour bien apprécier les personnalités en présence, car on assiste à une accusation parfaitement indigne et hors sujet de la part du professeur qui fait savoir par maints grognements qu'il est "offensé" (il a bien intégré que l'on doit d'abord être une victime pour pouvoir s'exprimer avec légitimité) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13397-01.09.2018-ITEMA_21792107-0.mp3" debut="09:55" fin="11:19"]

Les cinq minutes qui suivent, pleines d'hésitations, de phrases coupées et de redites, confirment on ne peut mieux le jugement de professeur soporifique. Cela tient au fait que Compagnon s'écoute parler et que sa prosodie est plate, de nombreuses vidéos en témoignent.

Cela tient surtout à un autre phénomène fréquent à France Culture : le fait de ne pas "habiter" viscéralement son sujet. Un phénomène normal quand les producteurs réduits à une poignée sont des généralistes et qu'ils ne font qu'exposer, donner des informations et non faire les curieux au profit des auditeurs. Idem pour les intervenants sans cesse invités qui d'une parole automatique récitent leur leçon. Flagrant chez Antoine Compagnon qui n'accroche pas un instant l'attention, tant son propos académique est déconnecté du cœur du sujet : les effets de la lecture de Proust sur un écrivain ayant séjourné dix mois à l'hôpital et subi 17 opérations après l'attentat au journal Charlie-Hebdo en 2015.

Qu'un professeur vienne publiquement faire des reproches à un homme dont le visage a été réduit en miettes, qui vient proposer son témoignage et ses réflexions sur l’œuvre de Marcel Proust, est réellement choquant.

Philippe Lançon : le survivant

Voir le profil de l'utilisateur

621
Répondre en citant  
''La littérature aide-t-elle à vivre et à revivre ?'' - le Dim 23 Sep 2018, 10:25

Extraits dans le post suivant (nouvelle page du fil qui permet le téléchargement des pastilles).



Dernière édition par Philaunet le Dim 23 Sep 2018, 10:34, édité 2 fois

Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé 


622
Répondre en citant  
Re: Répliques, Alain Finkielkraut -

Répliques, Alain Finkielkraut     Page 62 sur 63

Haut de page ↑   

Aller à la page : Précédent  1 ... 32 ... 61, 62, 63  Suivant

Accueil / France Culture

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum