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Cinémarges    Page 2 sur 2

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Cinémarges - le Mar 25 Mai 2010, 19:34

Rappel du premier message :

Tel qu'on le connait, le cinéma existe depuis un peu moins d'un siècle. Une fois
passé les premières années, celles où il n'est encore qu'une attraction de grands
cafés puis un art forain, la production va s'organiser, et en même temps la diffusion
en salles. C'est dans la seconde décennie du siècle que se met en place le système
actuel de production et de distribution, système aujourd'hui toujours puissant
et peut-être plus solide que jamais, même si on avait cru le voir vaciller à quelques
reprises sous l'effet des avancées de la télé (dans les 60's, puis dans les 80's).

Pourtant pendant cette petite centaine d'années, on a produit un autre cinéma,
même pas unique ni homogène, c'est-à-dire même pas semblable à lui-même.
Cet autre cinéma, mieux vaut renoncer à le décrire par le contenu filmé qui s'offre
au spectateur, ni par son propos, ni par son message, ni par son esthétique,
car le seul point commun de ces films (rassurons-nous : après tout ce sont
bien des films), c'est leur marginalité assumée aux plans de la production
et de la distribution. Quand ils ont besoin de le désigner d'un mot ou d'une
étiquette, ce cinéma-là, les connaisseurs, et aussi ceux qui n'y connaissent
rien, ont recours à des appellations variées. Elles sont souvent partielles,
mais souvent justes aussi : cinéma expérimental, cinéma underground , cinéma
d'avant-garde, cinéma autonome, recherche-image, cinéma emmerdant.
A toutes ces étiquettes, on peut préférer celle de "cinéma indépendant", parce
qu'il se caractérise finalement mieux par sa marginalité assumée, qui le tient
à distance de la machine économique, assez loin, au delà même du simple film
d'auteur et du label "art et essai". Et pourvu qu'il se tienne à bonne distance de
la grosse machinerie, c'est à dire pas trop près mais pas trop loin, il n'en apparait
que meilleur, plus intéressant et mieux enrichissant, en un mot : plus artistique.

./...
* * *

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Dominique Noguez à Projection privée - le Jeu 03 Juin 2010, 08:27

Samedi dernier (29 mai) dans un format réduit à 30 minutes pour cause d’émission spéciale, Michel Ciment accueille Dominique Noguez pour une discussion sympathique et amicale. Le livre de Noguez ("Cinéma &") ne porte pas exclusivement sur le cinéma expérimental, mais c’est bien à lui que la conversation réservera la plus grande part.

En début de dialogue Noguez raconte comment, alors qu’il y a 45 ans de ça il travaillait à sa thèse sur le cinéma expérimental, il a incroyablement dû ramer rien que pour visionner les films en question dans des projections toujours rares et des rendez-vous improbables, bref : la pénurie. Difficulté qui aujourd’hui serait presque inexistante dit-il, du fait des copies vidéo et des DVD qui circulent plus facilement. On peut même dire que l’accès en est plus facile qu’à nombre de documents sans audace, ordinaires ou même académiques, mais piégés dans les archives en France où ils se trouvent bloqués par le délire du système de conservation. Plus loin dans la discussion, Noguez signalera que le Ciné indépendant peut maintenant se diffuser à domicile. Certes il ne dit rien de la distribution commerciale mais on y est presque, ça sera pour une prochaine émission. A condition d’être doté de souvenirs précis de la télé des 90’s, on peut y entendre un écho d’une conversation de 1992 dans un numéro de Bouillon de culture, qui mettait aux prises Chabrol avec Umberto Eco. Entre deux bons mots sur Antonioni et sur le Dr Johnson, les deux zèbres étaient tombés d’accord sur la révolution que pouvait apporter la vidéocassette à usage privé : chacun peut maintenant revoir la scène ou l’image de son choix, chacun peut se constituer sa collection. "La culture cinématographique va pouvoir exister" disait Chabrol. Si on compare notre époque à celle de leur jeunesse, on constate que la culture cinématographique est généralisée, et pas seulement dans la vie urbaine. Qu’elle soit de bonne qualité ou suffisamment raffinée, c’est une autre question. Mais il n’y a pas de doute qu’elle a cru en intensité et en importance : dans les années 45 à 60, les cinéphiles érudits comme l’étaient des Truffaut ou Godard étaient une version minoritaire de ce qui est devenu aujourd’hui, pour le mieux un mode de vie et de consommation culturelle de passionnés, et pour le pire une mode urbaine qui, aussi agaçante soit-elle, garantit au moins un certain niveau de consommation donc de production. Ainsi l’offre cinéma aura, malgré la concurrence de la télé ou plutôt avec son soutien (même si on a longtemps cru le contraire), rencontré une demande qui s’est formée progressivement. Qu’on en juge par l’édition en librairie : le nombre de livres publiés chaque année sur le cinéma a été multiplié par un facteur 20 ou 30 ; et il en va de même dans une ville comme Paris pour la quantité de mètres de rayons en librairie et bibliothèques au cinéma. Qu’on songe qu’en 1975 il existait à Paris 3 librairies spécialisées en cinéma, et un squelettique rayon à la Fnac. On voit donc quand même comment une pratique culturelle se généralise, probablement, au fil de la diffusion à domicile, de plus en plus contrôlée et commandée par le consommateur : d’abord une chaine télé, puis plusieurs, puis des cassettes et maintenant du DVD.

Je ne crois pas que le ciné indépendant devrait ni ne pourrait suivre le même chemin de notoriété, mais simplement que la diffusion domestique lui donne maintenant une chance d’accéder à la diffusion conforme à sa vocation. Il ne s’agit pas ici de mérite car ce dernier est plutôt incertain, mais simplement pour le cinéma marginal, il y a enfin une chance sportive de rencontrer son public qui, lui, n’a rien de marginal.

Pendant que Noguez raconte quelques anecdotes qui font réfléchir ou rigoler (par exemple sur l’humour de Michael Snow), Michel Ciment montre qu’il a une connaissance réelle mais peut-être un peu superficielle du sujet, à citer toujours les mêmes noms Mekas, Emshwiller et Warhol, et à rapprocher le ciné expé de l’art contemporain, enfermé dans des musées et jamais projeté sinon à un public restreint. Noguez recadrera à ce moment là, en soulignant que ce cinéma est disponible à domicile et va donc pouvoir échapper à l’enfermement. Et aussi, ça il ne le dit pas, il échappe naturellement aux délires de la cotation.

A part ça, la discussion n’évite pas les généralités utiles et instructives sur le genre : cinéma artistique, cinéma de plasticiens, quel rapport avec le cinéma populaire ? L’amateur initié peut même se sentir un peu agacé de ces scies analytiques. Mais (on est sur France Culture les gars), on peut parier qu’une bonne part de l’auditoire curieux va découvrir quelque chose dans ce Projection Privée, quelque chose qui fera résonner certains, surtout du côté des amateurs de l’ACR ou de feu Surpris par la nuit.

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Cinémas différents zet expérimentaux - le Jeu 09 Déc 2010, 17:01

Cette semaine à Paris, 12eme festival des cinémas différents et expérimentaux.

C'est jusqu'à dimanche 12, aux Frigos du XIIIeme et à Aubervilliers. A vue de nez la manifestation vaut le coup d'oeil et figurez-vous que votre radio en a parlé hier soir c'était dans le rENdEZ-vOUS. Passons sur le fait que l'émission a lieu le lendemain de la soirée d'inauguration et même le surlendemain de l'avant-première qui a eu lieu lundi. Donc respectivement 2 jours et 5 jours trop tard puisque dans l'idéal, c'est vendredi qu'il aurait fallu nous en parler mais à France Culture on ne sait jamais s'ils s'en foutent complet, s'ils n'arrivent pas à se faire un calendrier en phase avec l'auditeur (à supposer qu'ils y pensent un peu, à l'auditeur), ou si pour eux c'est tout simplement normal de parler des choses après qu'elles ont eu lieu plutôt qu'avant et d'ailleurs ici on fait bien la même chose, non ? Non. Comment, comment ? Pour la projection de ce soir je m'y prends trop tard ? Bon, oui enfin à peine. Passons.

En tous cas pour en savoir plus, on peut réécouter le rENdEZ-vOUS d'hier mercredi 7 décembre. De quoi s'agit-il ? De cinéma expérimental, pendant un petit quart d'heure entre la 35 et la 48 on a pu entendre un type évidemment passionné et plutôt dynamique, et jeune ce qui tranche un peu d'avec les spécialistes officiels du sujet ; par exemple chez Michel Ciment on entendra plutôt Dominique Noguez et Jean-Michel Frodon. Cela dit il semble avoir exactement le même fonds de connaissance que ces deux là le nommé Pip Chodorov invité par Goumarre qui le présente comme un activiste du cinéma expérimental. Le gars raconte comment s'est faite son initiation : par une immersion précoce dans le cinéma au sens le plus large possible, grace à des projections de son paternel.

Il présente plusieurs choses : un festival, une Gallery, et puis son film : une anthologie du cinéma expérimental, de Hans Richter à Stan Brakhage on ne dit pas si c'est le Brakhage de 1955 ou celui de 1995 ce qui ferait quand même une différence et même plusieurs, Brakhage étant passé du bref film de transe à l'interminable purge visuelle un peu moins hermétique que le rouleau Voynich passé à la moulinette. Bon à part ça en écoutant le gars on n'échappe pas au syndrôme Duchamp "l'image de mon film a changé parce que mon chien a pissé sur la pellicule j'aime bien c'est complètement naturel". Aïe aïe ça va loin. Ne nous arrêtons pas là : le type connait son sujet et a des choses à dire : pourquoi Hans Richter c'est bien et pourquoi c'est fondateur (écoutez-le il le dit très bien). Pourquoi les changements technologiques qui s'enchainent ne changent pas fondamentalement la démarche de l'artiste, de même que les espaces de diffusion évoluent (salle de projection ou galerie ou lieux de la performance) sans que ça crée de hiatus, contrairement à ce que laissaient entendre les questions qu'on lui pose en studio. Ce sont de fausses mauvaises questions, puisque l'invité en tire une parole juste.

A part ça, au vu du programme pas d'illusion les gars : le cinéma expérimental de maintenant n'a plus le même sens depuis que les moyens sont à la portée de tous. La démocratisation a favorisé le n'importe quoi, qui était déjà une règle rampante aux temps où faire de tels films demandait du courage, de l'argent, de la ruse, de l'astuce, de l'acharnement. Mais qu'on se rassure aussi quant à la production actuelle : il suffit d'en voir les quelques bouts disponibles pour comprendre que les qualités d'innovation sont toujours là. Les moyens mis à la portée de tous et surtout de l'enthousiasme, ça donne quoi ? Oui ça donne un supplément de baroquisme dans un genre qui d'ailleurs n'en avait pas vraiment besoin. Bon tant mieux finalement. Au lieu de s'emmerder devant des plans fixes de 3h ou pire du tremblé à mort par la volonté de l'artisan-chercheur, on verra plutôt du déjanté de 2010. Quand même différent des chéris de Chodorov, avec ses Maya Deren et autres Hollis Frampton (voir ces noms).

Signalons quand même que tout ça reste très urbain : Chodorov semble resté aux temps de la projection aventureuse en tous cas c'est ce que j'entends dans l'émission d'hier. Ca restera donc parisien ou new-yorkais, donc réservé à des happy-fews fussent-ils branchouillés de l'alternatif ou squatteurs professionnels. Rien que pour ça la démarche reste bancale. Pas même besoin d'invoquer le sociologisme usuel des chasseurs de la Distinction : comme le dit à peu près Marcel Hanoun, le cinéma qu'on ne voit pas n'existe pas. Ajoutons ceci : quand on sait ce que ça donne, de se trimballer dans des lieux improbables pour voir des films imbittables dans des conditions acrobatiques et au mieux trouver au milieu de la séance une perle que finalement on aurait préféré visionner avec des amis sur un écran domestique de bonne qualité et de bonnes dimensions, ben oui quand on sait tout ça on se dit qu'il y a encore quelque progrès à faire du côté de la diffusion. Je renvoie cette fois encore aux 2 posts placés en ouverture de ce fil.

Malgré tout, ça vaut la peine d'en savoir plus : d'abord sur le festival lui-même, on trouve le lien un peu plus haut dans ce post mais on peut aussi charger le programme à condition de passer directo page 2 et de zoomer dur. Ensuite pour les vraiment curieux il y aura la Gallery, je vous en dirai plus dès que je l'aurais trouvée mais ça sera pour une autre fois car là présentement maintenant just now c'est l'heure de poster. Enfin voici une interview de Chodorov en quelques pages avec tout en haut vous verrez c'est le portrait du gus, et en bas il y a une très belle image tirée d'un film de Paul Sharits grande époque inutile de vous effrayer c'est pas un plan tourné c'est juste une photo et ça vaut la peine de voir ce que Sharits pouvait en faire disons il y a mais oui bien 40 ans déjà...

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Underground. - le Ven 10 Déc 2010, 09:41

@Nessie a écrit:
Ajoutons ceci : quand on sait ce que ça donne, de se trimballer dans des lieux improbables pour voir des films imbittables dans des conditions acrobatiques et au mieux trouver au milieu de la séance une perle que finalement on aurait préféré visionner avec des amis sur un écran domestique de bonne qualité et de bonnes dimensions, ben oui quand on sait tout ça on se dit qu'il y a encore quelque progrès à faire du côté de la diffusion.



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Re: Cinémarges - le Ven 10 Déc 2010, 18:00

Merci François de sourcer et dater… tes sources !

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Sourçons les sources. - le Ven 10 Déc 2010, 19:34

L'article de Mathieu Hautemulle est tiré du Monde du 12 septembre 2004.

La culture en clandestin de Lazar Kunstmann est édité chez Hazan, collection "L'art en travers" (2009/ISBN 9 782754103411).
Il a été reçu le 6 mai 2009 par François Chaslin à "Métropolitains" (archives de l'émission amputées de la bibliographie...).
4ème de couv :


Le chapitre 8 traite de la partie cinéma des actions des "Mexicains",
avec les "festivals de l'été" gratuits, sur le thème "Regard sur la ville" :
URBEX movies (dans la salle clandestine de Chaillot) et la Sesion Comoda,
ainsi intitulée puisque les spectateurs bénéficiaient du confort de la cinémathèque (!) :

"Au petit matin,juste après le départ du public (et juste avant l'arrivée du nettoyage),
les Mexicains replièrent leurs installations et rangèrent tout, laissant les lieux exactement
comme ils les avaient trouvés. Ils repartirent par le souterrain qu'ils avaient emprunté à l'aller,
passant devant les Arènes de Chaillot pour se disperser ensuite dans le réseau".

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Films maudits - le Jeu 19 Jan 2012, 19:55

Cette semaine dans La fabrique de l'histoire, 4 émissions sur la cinéphilie. Avec hier mercredi, un documentaire assaisonné d'archives sur un beau thème : le festival du film maudit. Ca se passe en 1949 à Biarritz, ce festival qui fut un coup de com' assez intelligent mais, comme tous les coups de com', un peu agaçant. Surtout à l'initiative de Jean Cocteau dont on entendra pourtant de fort belles déclarations : dans les archives d'Emmanuel Laurentin il faut l'entendre (Cocteau, pas le bon Laurentin) donner le programme de ce cinéma idéal doté enfin d'un statut semblable à celui de la littérature, donc débarrassé de ses carcans que sont les thèmes, les formats et les contingences. On peut imaginer un cinéma différent, moins narratif ou même pas du tout ; un cinéma qui échappe même au documentaire et à l'animation classique ; l'équivalent de la poésie, même un cinéma abstrait, esthétique, surréaliste, minimal dans la forme mais gare car le film minimal peut aller loin dans le rien, et vous montrer en plan fixe un boulon pendant 3 heures, ou alors un feu clignotant ou un rond de fumée mais là c'est carrément du thriller. Le film maudit c'est aussi le contraire : des bandes de 3 minutes ou de 15 secondes car le film dure le temps qu'il doit durer et non un format imposé, fut-ce le 2-bobines de 1915 ou les 90 minutes des années 70. En 1949 tout ce cinéma indépendant existe déjà est reste méconnu, donc maudit. Le stimuler et en même temps le faire connaitre, à cette époque là, c'est encore un rêve mais il n'est pas irréaliste tant qu'il y a des mécènes et des créateurs économes ou rusés ; et puis la gestion des salles autorise encore le débouché indispensable qu'est la projection publique, chose qu'on connaitra jusqu'au milieu des années 90. Nous voila encore 15 ans plus tard, et où en sommes nous ? Eh bien la production n'a jamais été aussi riche, mais il n'y a plus personne du côté de la diffusion. Qu'importe puisque le numérique à domicile est là pour prendre le relais. A part ça, à part les rares projections en musée, il n'y a plus rien dans les salles commerciales. Il n'y a plus d'écrans pour ces films, plus maudits que jamais, sinon quelques événements comme l'Etrange festival. Hormis celui-là, l'appellation de Films maudits donne lieu plutôt à vol d'étiquette et contrefaçon -au demeurant savoureuse pour les fan's de François Angelier-. Misère...

Mais revenons à l'année 1949 : à écouter l'émission, on comprend ou on devine que le cinéma indépendant ou marginal est passé tout près d'une reconnaissance, impossible ? Les genres-bis, les avant-gardes, les compléments de programme, l'animation et le documentaire y trouvent une petite place même si c'est finalement le cinéma d'auteur qui va prendre la meilleure, c'était peut-être inévitable ... Le cinéma le plus indépendant et le plus marginal restera finalement dans les circuits préfigurant ceux du cinéma underground qui en 1949 reste encore à inventer ou plutôt à baptiser. Et le candidat-pape Jean Cocteau passe tout près de la mitre suprême, 20 ans après avoir été incendié pour son opportunisme en la matière, avec "Le sang d'un poête" son premier film dénigré par les surréalistes qui l'accusèrent d'avoir pris leur train en marche, et même pire : en passager clandestin encore ! Après la guerre, après les guerres, tout cela est loin et Cocteau a repris la caméra pour tourner des films poétiques. Il a même fait l'acteur chez Hans Richter dans "Dreams that money can buy". Il se voudrait l'animateur d'un cinéma libéré de ses carcans. Ce plan de com' sera hélas quasi-unique : fusil à un seul coup ou plutôt 2, mais la seconde édition l'année suivante, sera un pétard mouillé. Au moins en verra-t-on sortir Jean Rouch et une envolée de critiques, qui feront parler d'eux plus tard. L'opération sera versée au bénéfice de Cocteau, qui restera malgré tout comme un des parrains de la nouvelle vague, même si en 1949 on n'en est pas encore là. L'année suivante, il donne un sérieux coup de main à Jean Genet pour tourner "Un chant d'amour" qui deviendra le type du film maudit, mythique même si aujourd'hui il semble un peu ridicule mais c'est le risque des avant-gardes ness pas, que de mal vieillir. Sa légende naîtra dans les réseaux confidentiels de l'époque : pendant au moins 30 ans tout le monde en aura entendu parler mais presque personne ne l'aura vu. Jean Mitry en parle avec émotion. On se demande combien de bandes inconnues et tout aussi indépendantes auraient mérité une notoriété au moins égale. Dans ses meilleures années, l'Etrange festival réussit à en exhumer quelques unes.

J'en ai fini de mes digressions. Ceux qui ne se sont pas endormis peuvent aller profiter de l'émission à la page de l'invité sur le site de l'Université de Lorraine avec un bonus de documents : http://fgimello.free.fr/publications/festival_film_maudit_biarritz.html

Et ceux qui veulent un autre éclairage, en contrepoint du badinage radiophonique, suivront avec profit cet autre fil

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Un peu de bibliographie - Livre de référence - le Mar 24 Jan 2012, 07:57

Venu corriger quelques scories dans le post précédent, je constate qu'il y manque une référence bibliographique, qui en outre serait la bien venue pour tout ce fil. Je choisis d'indiquer un ouvrage qui, quoique assez dépassé il faut l'admettre, me semble être le premier essai sérieux en la matière. C'est à mon sens la meilleure introduction au sujet, par sa volonté d'exhaustivité, ses 6 appendices-inventaires fort commodes, la sincérité et la bonne foi de l'auteur même s'il n'est pas toujours si bien renseigné que ça. Avec son "Cinéma expérimental", livre qui d'ailleurs était paru initialement en Italie (?), Jean Mitry créait un genre critique, au service d'un genre de cinéma méconnu :


Ce livre est épuisé mais disponible un peu partout en bibliothèques et sur le marché de l'occasion, à prix raisonnable. Pour une bibliographie plus dense, revenir un jour prochain dans la suite de ce fil.

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Re: Cinémarges - le Mar 06 Jan 2015, 21:45

Un jour prochain, qu'il disait. Anattendant juste après Jean-Claude Vannier c'est Christophe Bier qui à la fin du Mauvais genres ce samedi 3 janvier, après l'interview de Jean-Claude Vannier, s'est farci le boulot de chroniquer l'ouvrage de Raphaël Bassan, bon connoisseur du sujet : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/12/s52/RF_316E9FDD-D027-42E4-86FA-99FD55CFBE68_GENE.MP3" debut="118:45" fin="122:24"]



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