L’auditeur à l’esprit juste un peu critique et au désir juste un peu contrarié est en droit de se demander quel esprit domine l’organisation actuelle de l’offre radio : Ubu ou Kafka ??
- Pourquoi l’offre d’émissions (réécoute et podcast) est-elle aussi faible (mesurée en émission/temps) ?
- Pourquoi, alors que le programme de flux est de plus en plus dominant (le fait qu’il soit médiocre est une autre question), le programme de stock se trouve-t-il stocké dans des stockages inaccessibles aux amateurs du stock ?
- Pourquoi, puisqu’on se refuse à poursuivre la politique de création en documentaires, se refuse-t-on à rendre disponible le fond très épais qui est enfermé à l’INA et ne profite à personne sauf peut-être à des cerbères armés jusqu’aux dents (on sait que dans le système de conservation à la française, l’usager est le principal ennemi de l’archiviste).
- Pourquoi l’INA est-elle dépositaire d’un trésor qu’elle ne veut exploiter qu’avec un tarif qu’on hésite à qualifier autrement que de léonin et de malthusien, dans tous les cas une merveille de contre-incitation, par là conforme à la tradition du service public à la française ?
- Pourquoi le contribuable a-t-il aussi peu accès à ce qui a été produit avec l’argent public ?
Comme nous l’avait clairement dit et non sans agacement J-M Borzeix il y a quelques années, il est certain que ces questions nous dépassent, pour des raisons de droit des plus divers : droit d’auteurs, droit public, sans compter le droit d’emmerder le monde, le droit de frustrer le contribuable, et le droit des corporatistes à organiser une pénurie. Qu’on ne s’y trompe pas : le dernier est certainement encore très actif, et l’article du Monde reproduit ci-dessous laisse deviner que la route est encore longue.
Mais puisque ça bouge, on peut imaginer qu’à terme les choses changent et que suivant la maturation des esprits fonctionnarisés, l’offre évolue. Ainsi on peut lire depuis hier sur le site du Monde point fr :
= = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =
<< Radio France et les sociétés d’auteurs ont annoncé, mardi 13 juillet,
avoir signé un accord portant sur la diffusion Internet des programmes
et des œuvres des radios publiques. L’accord prévoit que Radio France
pourra mettre à disposition sur ses sites "de manière légale et sur
une durée illimitée, par écoute et visualisation à la demande et en flux
continu, ainsi que par téléchargement, les programmes et les œuvres sur
lesquels les auteurs ont des droits", contre rémunération.
Pour l’instant, en raison de plusieurs accords existants, les émissions de
Radio France ne sont disponibles en règle générale que durant sept jours
après leur diffusion. L’accord avec les auteurs lève l’un (c’est moi qui souligne)
des obstacles à la mise en place d’un système d’archives et de diffusion en ligne
bien plus large.
Sera-t-il pour autant possible de télécharger ou d’écouter à volonté toutes
les archives des émissions musicales de Radio France à la rentrée ? Non.
Si les auteurs ont donné leur accord, ce n’est pas encore le cas des produc-
teurs et de leur organisme de gestion des droits, la SCPP. "Des discussions
sont en cours concernant le podcasting de certaines émissions de Radio France,
et devraient reprendre à la rentrée", détaille Marc Guez, le président de la SCPP.
L’évolution de l’offre sur les sites des radios publiques devrait donc se faire
au fur et à mesure. "C’est une volonté très forte de développer ce qui est mis
à disposition sur les sites, mais nous devons bien sûr régler les questions de
droits avant tout", explique-t-on à Radio France >> = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =
(article non signé)
Dispo ici : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/07/14/vers-des-archives-illimitees-sur-les-sites-de-radio-france_1387974_651865.html#xtor=RSS-3208