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Les matins d'été - le Mer 04 Aoû 2010, 19:37

Rappel du premier message :

Il n'est pas mal, Florian Delorme, je me demande seulement comment il a fait pour avoir le bac. Il n'a pas l'air de savoir que Naples, Néapolis est une ville grecque à l'origine. Il a invité ce matin un certain Jean-Noël Schifano, un excité qui a l'air de penser qu'il n'y a rien de plus urgent que de déclencher une guerre entre l'Italie du Nord et l'Italie du Sud. Mais enfin, de quoi je me mêle? N'en avons nous pas assez avec les Serbes et les Croates, les Flamands et les Wallons, les Catalans et les Basques. Le jour où l'Europe sera en mille morceaux, nous serons bien avancés.


* * *

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laissez-moi exprimer tranquillement mon étonnement - le Dim 15 Aoû 2010, 22:17

Je n'avais absolument pas pensé à Marc Voinchet en écrivant mon message sur l'ignorance du mot choral. Et je n'ai pas compris le "et pour cause".

Laissez-moi doucement m'étonner et exprimer tranquillement mon étonnement sans me faire un procès de finkielkrautisme aigu. Ce n'est certes pas la fin du monde mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher d'être étonné qu'on soit appelé à présenter une émission sur France Culture sans avoir une vision ne serait-ce que panoramique de l'histoire ancienne. Je m'étonne qu'on connaisse si peu la musique classique qu'on ignore le mot même de choral, car quiconque connaît Jean-Sébastien Bach ne serait-ce que par ses détournements jazzistiques et de la variété aura des chances de savoir ce que c'est qu'un choral. Quelques uns des chorals de Bach sont de vrais tubes: Jésus que ma joie demeure, choral du veilleur, Nun komm der Heiden Heiland, Ich ruf zu dir Herr, Weinen klagen sorgen zagen etc. Et puis il n'y a pas que Jean-Sébastien Bach, il y a le célébrissime et génial prélude choral et fugue de César Franck. Pour ceux qui ne le savent pas, le choral est un chant liturgique destiné à être chanté dans la langue vernaculaire par les fidèles au cours de l'office. C'est une innovation de Luther qui invitait de cette manière les fidèles à participer à l'office, en réaction contre les chants en latin polyphoniques de l'Eglise catholique, liturgie à laquelle les fidèles ne participaient pas. Ce choral est très souvent repris à l'orgue, c'est souvent sous cette forme qu'on le connaît et ensuite transcrit pour divers instruments, en particulier le piano.

Mais je sais qu'il y a beaucoup de gens à qui la musique classique ne dit absolument rien et c'est bien leur droit. D'après le rapport sur les pratiques culturelles des Français publié par le Ministère de la Culture, il y en aura de plus en plus, la musique classique est en chute libre chez les jeunes.

Ces deux points par moi relevés sont parfaitement contingents et ils ne relèvent que d'un élitisme bien tempéré, celui du simple savoir de l'honnête homme qui pourrait correspondre à celui de l'auditeur de France Culture. La connaissance des formes musicales, symphonie, sonate, quintette, fantaisie, concerto, cantate, fugue, scherzo, passacaille, toccata, partita ... choral, ce sont des connaissance de base. L'érudition, ça serait s'interroger sur la signification de l'usage du si bémol dans les cantates de Jean-Sébastien Bach. Enfin, c'est comme ça que je vois les choses, on pourra dire que je vis sur une autre planète et à une autre époque.

Juste pour répondre, les disciplines scientifiques m'intéressent énormément, j'en ai étudié certaines, je continue à me documenter, notamment en écoutant des émissions de France Culture, je ne préjuge pas de ce que donnerait un test sur ces questions, on pourrait me coller, c'est sûr, mais j'aurais sans doute la moyenne. Mais mon cas n'a pas la moindre importance, jamais il n'a été question que je présente une émission sur France Culture.

Ce sont des réflexions personnelles, ou bien je les garde pour moi, ou bien j'écris quelques lignes dans le forum, au risque d'énerver, mais aussi d'alimenter le débat. Si je vois que ça énerve, j'essayerai de trouver la bonne formule pour l'exprimer. Où se situe la limite entre l'érudition et le savoir de l'honnête homme, j'ai mon idée sur la question et on peut en discuter.

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Re: Les matins d'été - le Mar 17 Aoû 2010, 10:05

Je ne mettais bien sûr pas en question l'étendue de votre culture, qu'on devine grande.

Mais vous passez à côté du cœur de ce que je vous objecte : les "trous" culturels que vous pointez chez Delorme, qu'on les croie caractéristiques d'une béance culturelle profonde, ou qu'on les tienne pour anecdotiques, sont surtout secondaires au regard de qualités autrement importantes dans la fonction du présentateur de la matinale culturelle. Qualités qui tiennent à peu près à la pose devant l'invité :
Celle ouverte, que pratique Florian Delorme, suppose de se tenir loin du centre de l'émission, de faciliter l'exposition du savoir de l'invité (car on est là pour ça), de faire l'interface entre lui et l'auditeur, d'apprécier correctement le niveau d'intervention à pratiquer en fonction des capacités didactiques et rhétoriques de l'invité...

Oui car c'est bien de l'invité qu'on attend d'apprendre quelque chose, non du présentateur, qui encore une fois, ne devrait être qu'un facilitateur, pas un écran plus ou moins opaque suivant son envie de se faire mousser, de "se faire" l'invité...

Par ailleurs, pour en revenir aux points que vous avez évoqués, comme le notait Cancoillotte, Delorme s'expose naturellement beaucoup plus que l'animateur matinal moyen depuis près de 10 ans, au regard de la variété culturelle de ses invités. Les connaissances que vous tenez pour basiques, sont à l'évidence impossible à posséder en tout domaine. Dans un vieux numéro de "La recherche", le mathématicien André Weil évoquait justement cette prétention, à laquelle, jeune, il aspirait - et sûrement à plus juste titre que beaucoup -, pour convenir du caractère impossible et même puéril d'une pareille volonté.

En tout cas, je me garderai bien de vous attaquer en "Finkielkrautisme", et d'abord parce que je ne trouve pas les positions "déclinistes" de l'homme (Finkielkraut) tellement injustifiées, et je comprend largement son combat contre le relativisme ambiant (auquel j'espère ne pas trop participer ici).

Il est d'ailleurs amusant que ce soit à Florian Delorme qu'il ait justement confié les rennes de son émission Répliques, pendant son absence de l'antenne. Les quelques épisodes que j'en avait entendus m'avait déjà fait assez bonne impression..

PS: le "et pour cause" au sujet de Marc Voinchet tient à ce qu'il a eu la charge des programmes de France Musique avant son retour sur France Culture... On ne le soupçonnera pas d'ignorer la forme du choral. D'ailleurs, son introduction d'une conclusion musicale à la matinale est du meilleur effet, vu le manque de légèreté de la grille et le sérieux qu'ont pris les différents "repères" et stéréotypes sonores qui scandent le rythme de la journée à FC. Je ne le prenais en exemple que pour piocher dans le réservoir des producteurs qui ne manquent pas, par ailleurs, de qualités.

PPS : ne vous inquiétez pas au sujet de la provocation qu'exercent vos commentaires, c'est bien ce qui alimente le forum. Si je réponds pour dire mon désaccord, vous n'en aviez pas moins raison de les avoir écrits, on en est d'accord.

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Re: Les matins d'été - le Ven 20 Aoû 2010, 16:21

Cette matinée du 20 août, la 1ère partie a encore accueillie une invitée de qualité sur un sujet passionnant. Clarisse Herrenschmidt, anthropologue, linguiste, iraniste, est venue évoquer les liens entre l'émergence du langage, celle du nombre dans la monnaie, et du code informatique.

C'est, pour commencer, le sujet de son livre Les Trois Écritures, Langue, nombre, code paru en 2007. On saura gré, cette fois encore, à l'animateur de s'autoriser des invités hors actualité, dont le livre ne vient pas de paraître, juste pour le plaisir de la promenade culturelle.

Ceci posé, la richesse du sujet abordé est bien à l'étroit dans cette semi-émission. Clarisse Herrenschmidt a un propos assez long à dérouler, une mise en perspective large, et la gageure de la comprimer en un temps aussi bref, dans le format de la demi-matinale, ne tient pas complètement.

Florian Delorme multiple les angles d'attaque du sujets, essaye avec son invitée de donner à l'auditeur quelques clichés tout autour de l'objet abordé, mais on n'a pas le temps d'y entrer vraiment, ni surtout de comprendre ce qui fait le lien entre tous ces morceaux qu'on nous présente à la chaîne :

On parle des civilisations iraniennes pré-indoeuropéennes - les élamites -, puis on saute à l'invention de la monnaie, dont la légende est narrée par Hérodote, en un récit allégorique décrypté par les analyses linguistiques pratiquées par l'invité. D'un coup, on aborde - à peine, et au passage - une notion qui parait centrale dans le travail de Clarisse Herrenschmidt : celle du cardinal dans la façon de considérer les nombres, qu'on n'aura pas le temps de voir développer.

Entre deux chroniquettes (dont une avec réponse mémorable d'Arnaud Laporte à une question d'Eva Bester : "Quel conseil donneriez-vous à un débutant pour échouer à la radio ?" - réponse "Poser des questions comme les vôtres..."!! Laughing), et on zappe sur la programmation informatique, puis sur la décorrélation du dollar à l'or en 1971 et de la révolution sémiotique que cela introduit (laquelle?), avant de repartir d'une envolée à la création de la monnaie en Lydie, aux temps Crésusiens, les premiers artefacts ayant la forme de "globules" , évoquant les yeux pour l'invitée, ceux qui permettent de voir - donc d'évaluer - ce qu'on achète.

Au sortir de ce bouillon, si on n'a pas été trop égaré, l'on se demande ce qui lie tout ça (à moins que je ne sois particulièrement distrait ou peu perspicace).

Je vous propose humblement une interprétation de ce qui manque : Sans doute le lien a-t-il bien été donné, mais tellement vite oublié, c'est - pour ce que j'en comprends - le nombre vu comme cardinal.

Le cardinal, comme cela a été plutôt mal dit, c'est le nombre d'éléments d'un ensemble. C'est l'une des façon de faire usage des nombres : le dénombrement, qui suppose que l'on abstraie toutes les particularité des éléments considérés, leur propriété d'ordre, etc., fait correspondre un nombre à un ensemble.

L'autre emploi des nombres entiers est celui des ordinaux : un ordinal désigne la position d'un élément dans un ensemble. 1 se rapporte au 1er élément dans l'ordre qu'on souhaite exposer, 2 au deuxième, etc. C'était, si l'on en croit ce que suggère Clarisse Herrenschmidt, l'usage premier du nombre, et celui qui a prévalu sur terre avant l'invention de la monnaie. Cette dernière fut donc l'occasion originelle de se servir des nombre non pour énumérer, numéroter - c'est-à-dire distinguer les éléments les uns des autres - , mais pour dénombrer. Non pour classer, mais pour mesurer la taille d'un ensemble de mêmes.

La conséquence, et la révolution introduite, est qu'on va pouvoir représenter de façon symbolique la valeur d'objets réels, et qu'il va être possible à de moment de détacher la représentation (la monnaie) du représenté (les ensembles d'éléments réels équivalant la valeur désignée).

Il devient ainsi possible de coder la valeur, par l'introduction de la cardinalité dans l'emploi du nombre. Et cet encodage, dans lequel réside la "révolution sémiotique" évoquée dans l'émission, est similaire à celui du langage, qui code pour le monde "réel" (mieux vaut ne pas s'égarer à disserter là-dessus) des hommes, puis à la programmation informatique, dans laquelle une suite purement numérique permet de représenter un programme, c'est-à-dire un processus formalisé (on n'avait cependant pas eu à attendre les ordinateurs stricto sensu pour que Gödel nous fournisse son premier encodage de la théorie arithmétique dans l'arithmétique elle-même).

A chaque fois, le leitmotiv est la mise en symbole d'un réel, permise par l'invention d'un artefact capable d'encoder le réel en question, et qui débouche sur une sériation du réel, et la prise d'autonomie de sa représentation. Cette dernier peut finir ultimement par être porteuse de son propre sens (c'est moi qui extrapole, mais c'est ce qu'on peut comprendre à propos de la langue, de la monnaie, et aussi de la programmation informatique, notamment dans le cadre de l'intelligence artificielle).

Bref, tous ces derniers développements, à prendre avec des pincettes, sont peut-être ceux auxquels on n'a pas eu droit, faute de temps, c'était donc un sujet peut-être bien difficile à dégrossir ce matin.

Malgré tout, et pour conclure, pourrait-on avoir ce genre de petits plaisirs, même insatisfaits, pendant l'année ? Pourquoi donc l'été seulement, peut-on avoir droit à ce qui est quand même beaucoup plus fondamental que la crise ?

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Re: Les matins d'été - le Ven 20 Aoû 2010, 22:38

merci pour cette explication complémentaire: la définition de l'ordinal, et le lien avec l'invention de la monnaie, puis avec la programmation informatique (à digérer....très longuement).
Mais je m'étais faites les mêmes réflexions que vous sur ce passage de Clarisse Herrenschmidt, un vrai plaisir, trop court....
L'émission de la veille avec Steven Kaplan (la France et son pain) était aussi fort intéressante et là, on avait le temps de comprendre que la gestion de ces crises alimentaires ne date pas d'aujourd'hui, que les rois intervenaient pour que les prix du pain ne soit pas trop élevé ou, au contraire, pour que les paysans aient un revenu convenable. Mais Louis XV a décidé de ne plus intervenir: surgissement du libéralisme.

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Re: Les matins d'été - le Ven 27 Aoû 2010, 15:53

Ca n'a pas loupé : en tirant sa révérence, Florian Delorme nous annonce que l'invité de lundi matin sera JP Raffarin.
On sait déjà qu'il ne va pas coller Voinchet, mais aussi qu'on ne va rien apprendre, et que si on ne comprend pas ce qu'il dit, il ira probablement le répéter exactement dans les mêmes termes dans les matinales des autres radios (ou chez Demorand et Duhamel le soir sur europe 1...)dans les jours qui viennent.

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Olivier Roy, le religieux et le politique - le Dim 29 Aoû 2010, 04:12



Le 23 août, Florian Delorme avait pour invité Olivier Roy qui mène depuis les années quatre-vingt une réflexion sur les rapports entre politique et religieux, principalement centrée sur l’Islam. Olivier Roy avait écrit un livre dont le titre était l’échec de l’islam politique et il s’explique sur cette thèse : il montre qu’une révolution religieuse, ça ne tient pas dans le temps. Le seul cas de révolution religieuse au monde, c’est l’Iran des ayatollahs et c’est un échec manifeste. Les paramilitaires qui font régner la terreur, ce sont des laïcs, le régime devient despotique. L’islam politique produit… de la politisation et dans le sens d’un rejet de l’islam politique. Quand la religion entre en politique, elle est victime de la politique.

Beaucoup de malentendus et d’incompréhensions viennent du fait que quand on parle de religion, ce n’est pas vraiment de religion qu’on on parle, mais d’identité, on parle des aspects identitaires des appartenances religieuses. Ceux-ci sont variables au gré des situations spatio-temporelles. Par exemple, les musulmans américains ne s’identifient plus au Moyen-Orient, ils ne comprennent pas pourquoi on les mêle aux questions moyen-orientales qui ne les concernent plus.

La sécularisation est parfois vue comme une attaque du religieux, au départ, c’est bien ce qu’elle était mais dans les faits, ce n’est pas ainsi que ça a fonctionné, la sécularisation n’a pas tué le religieux, elle l’a purifié.
Dans une Europe sécularisée matérialiste, le religieux fait irruption, ce qui étonne, comme si on l’avait oublié. Il sort de sa gangue identitaire. L’Eglise est amenée à réaffirmer que la religion, ce n’est pas de l’identité. Les évêques rappellent que l’Evangile ne permet pas qu’on traite les Roms comme le gouvernement le fait. Cette Eglise se trouve un peu en porte à faux avec ses exigences réitérées de voir reconnues les origines chrétiennes de l’Europe. L’Eglise n’a que faire d’une hypocrite récupération par l’Europe sécularisée et matérialiste. Sarkozy n’entre jamais dans une église pour prier. À Latran, en 2007, il a fait de grands discours sur la religion, très élogieux (1), et qui en ont choqué plus d’un, parce que contrevenant à la laïcité, mais ce qui l’intéresse,en fait c’est l’aspect identitaire de la religion.

L’Islam politique, on l’a vu, ça ne marche pas. Devant cet échec, que se passe-t-il ? Certains réagissent par la radicalisation politique, ils pratiquent une fuite en avant semblable à celle des révolutionnaires gauchistes des années septante. Ou bien on renonce à tout de projet de société, c’est la fin de l’islam politique. Un certain nombre de musulmans recherchent une respectabilité bien tranquille de type paroissial, comme dans les autres religions. Ils deviennent de petits notables religieux comme les membres des conseils paroissiaux.

Le religieux culturel se déconstruit, apparaît la « sainte ignorance », titre d’une des derniers livres d’Olivier Roy. Ignorance, car rejet parfois violent de la culture dans laquelle la religion s’est développée. Le culturel s’efface, et comme conséquence, les religions deviennent de plus en plus semblables. Les religions qui marchent le mieux sont celles qui ont le moins d’attaches identitaires, le protestantisme est mieux placé que le catholicisme et les églises évangélistes et pentecôtistes sont les mieux placées de toutes. C’est aussi le cas de certaines sectes bouddhistes et même hindouistes (mais dans ce cas, c’est un sacré paradoxe).
Le religieux se porte bien, il résiste aux tentatives de récupération, pour les politiques, qui voudraient bien le récupérer, il donne l’impression de ne plus jouer le jeu.





(1)
Extraits du discours de Nicolas Sarkozy Palais de Latran 20 décembre 2007:

Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle, contribution morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld… Contribution littéraire, contribution artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Bossuet, Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, Yves Congar, René Girard… Qu’il me soit permis de mentionner également l’apport déterminant de la France à l’archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu’à l’exégèse biblique, avec en particulier l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.

Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des hommes et des femmes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.
Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.

la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite et surtout parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité.

La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux. C’est une évidence.


http://www.voltairenet.org/article153862.html




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Bilan mitigé pour les Matins d'aout 2010 - le Dim 29 Aoû 2010, 12:13

Merci Henry, d'avoir signalé cette très intéressante et originale communication d'Olivier Roy. Sans ton post je l'aurais loupée. Et il ne fallait pas compter sur le site de France Culture pour nous l'indiquer en clair : la présentation en ligne de ces Matins de l'été, elle était ni faite ni à faire. Chaque matin, il y avait 2 invités donc 2 sujets, et à chaque page ou presque on trouve : le nom du premier invité + le titre du second sujet. Allez donc vous y retrouver ! A survoler la page on a l'impression qu'Olivier Roy a parlé de l'Australie, et que Jacques Lévy a parlé de Suez-GDF alors qu'ils sont venus traiter de toute autre chose. La dernière est un sommet : Claire Denis apparait comme si elle était venue présenter le prix Nobel de mathématique. Pitié, pitié ... !

Le seul qualificatif qui puisse dire ce que vaut cette présentation : c'est nul, absolument nul.

Alors toujours occupé à ratisser un peu de culture ou d'idées originales, je viens d'en essayer une bonne douzaine, de ces dialogues des matins et malgré l'orientation nettement plus culturelle que dans les Matins de Marc Voinchet, je suis globalement déçu par le style mielleux qui règnait durant le mois d'aout 2010 entre 7h et 9h. Le jeune homme qui présente et "anime" est bien gentil et respectueux de l'invité, au moins il lui reste ça, mais avec sa voix bien douce et son ton poli, il a bien adopté les tics et le bréviaire local "et qu'est-ce que ça vous a fait, quand vous avez su que..." et autres "Votre papa, votre maman ... " (en parlant avec des adultes de 60 ans, bravo), sans compter les hésitations bidons dans le genre "et alors quand, quand quand, vous avez été au, au, au... ". Misère de misère, le style Clarini-Casanova n'est pas près de s'éteindre dans cette radio où on cultive la pose et l'affèterie.

En grapillant sur l'ensemble, et dans les cas où ça ne bétifiait pas trop, j'aurai apprécié de retrouver le cuisiner Olivier Roellinger (28 juillet) et le paysagiste Michel Corajoud (30 juillet) ; de même le sujet sur les Gaulois (mais je ne retrouve ni le nom de l'invité ni la date et j'en ai marre de clicker), ainsi que dans les derniers jours, le point de vue de Denis Collin sur Marx et le Marxisme, et celui de Jacques Lévy sur la mondialisation. De même encore l'intervention de Sigot sur les Roms qui est tombée à pic malgré la profusion de dolorisme qu'il nous a fourguée en passant : Sigot et les Roms, vous trouverez ça en date du 19, précédant l'indication "finance américaine" qui bien sur n'a rien à voir puisque c'est là c'est un autre glorieux exemple de la présentation malfoutue, comme expliqué plus haut. J'ai soigneusement évité Clarisse Herrenschmitt dont le savoir est impressionnant mais dont les analyses sont souvent un peu lèges et plus proches de l'intuition que de la recherche scientifique, mais qu'elle balance néanmoins avec une grandiloquence un peu démesurée, alors que souvent elle parle pour ne rien dire ou pas grand chose d'autre que des trivialités sur l'écriture et sur la langue. Désolé de m'inscrire ainsi en faux, et en plus sans l'avoir écoutée au micro de Delorme, mais après l'impression désastreuse que m'avait donné son passage le 5 mars chez Francesca Isidori, je n'ai pas eu le courage de rééditer l'effort. Je parierais volontiers qu'elle est meilleure une fois sortie de la spontanéité mal gérée de l'oral, quand ses idées sont correctement rédigées, lissées par les relectures. Donc je préfèrerais lire 10 fois son livre que d'entendre encore une seule fois son style théâtral et autocentré. Si vous me garantissez qu'il n'y a rien de ça dans son dialogue avec le petit Delorme, j'irai l'écouter et surement l'archiver. A défaut, j'éviterai.

En attendant je vais tenter encore quelques autres numéros de ces matins. Si j'en trouve qui me semblent intéressants pour mériter d'être signalés sous la présentation qui les dissimule habilement, je ne manquerai pas de les indiquer ici. Il me reste à tenter Antoine Hennion (sociologue du gout et des arts), et Sterdyniak qui a donné lieu à une réponse d'auditeur, réponse encore lisible dans les commentaires de ce jour là sur le site, et à laquelle il a à son tour répondu avec aigreur, il faut dire que parfois, de lire un truc bête ça peut rendre aigre. Le même jour dans la même série de commentaires, un auditeur a été rendu aigre par le questionnaire d'Eva Bester et a dit exactement ce qu'il convenait d'en dire. Parfois l'aigreur a du bon.

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Re: Les matins d'été - le Mer 01 Sep 2010, 21:09

Nul doute qu'il a été briefé pour sonner local, Florian Delorme, mais plus que le respect de ses invités, c'est son absence de pétulance, d'outrance, de moi-je qui m'a plu cet été. Sa voix, oui, un peu mielleuse, mais ce n'est pas vraiment sa faute, et tant qu'il ne part pas trop haut dans les aigus, elle ne sonne pas mal.
Clarisse Herrenschmidt, son émission était un vrai gruyère. Le fond m'avait paru très intéressant, mais comme je l'ai dit plus haut, il fallait compléter le gros du tableau soi-même; et sûrement risquer déraper quant au sens à attribuer au lien qu'elle tisse entre les époques choisies.
Ca m'a semblé sensé, d'attribuer une valeur particulière aux moments où des symboles ont été en mesure de prendre de l'autonomie par rapport à leur signification, à cause de leur structure, de leur souplesse, ou pour de nouvelle façon de les utiliser, comme dans le cas du passage au nombre-cardinal.

En tout cas, pourquoi pas ? Je n'ai vraiment pas les compétences pour savoir si c'était pertinent, ce qui nous était raconté-là, mais ça avait le mérite de remuer le fonds de neurone assoupis un poil plus que l'actualité de la rentrée scolaire, de bon matin...
Du verbiage, je ne sais pas, le ton grandiloquent, oui, mais à côté, la rentrée fait mal ces matins-ci.

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Re: Les matins d'été - le Lun 25 Juil 2011, 14:14

Les matins d'été démarrent très fort, avec des thèmes d'une originalité folle : les élus de la diversité, puis le terrorisme. Avant le grand entretien, il y a un entretien de 10 minutes, "l'invité culture". Quel aveu!
Cet été dans les matins ça va commenter, décrypter et ressasser. Merci encore à Florian Delorme qui l'année dernière avait prouvé qu'il était parfaitement possible de ne pas copier France Inter.

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Re: Les matins d'été - le Mar 26 Juil 2011, 11:15

L'avantage de se lever tôt cet été, c'est que l'on peut ouïr Baumgartner dans une nouvelle série de Mythologies de la Radio. Les invités sont de qualité et d'importance inégale mais, sur les deux premiers numéros, lou Thomas s'en tire, comme d'habitude, honorablement.

Sur les Matins d'Eté, je pense qu'on ne peut leur faire reproche de conserver l'hésitation consubstantielle à l'émission habituelle entre une programmation ouverte aux cultures et une émission d'actu. Quant au club des Cinq de la diversité (bon, c'est vrai, il manquait Dagobert, mais les chiens sont interdits dans la Maison Ronde...), ils se sont manifestement engagés dans une campagne de promotion de leurs idées (et, ce qui m'a semblé la même chose, de leurs carrières...) qui les a emmené à poser avantageusement dans divers médias, comme devait plus tard dans la journée me l'apprendre la lecture du Monde.

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Coup d'envoi de l'été aux matins - Julie Gacon - le Lun 23 Juil 2012, 11:58

Voyons voyons... le premier "Matins d'été" qui est l'invité du grrrrrand entretien ? (grand entretien tu parles ! 25 minutes + 15 minutes ils appellent ça 'grand', pfff pitié de pitié... ah tiens, Pascal Lamy. Ca démarre très culturel, dites. Et ça fait un bon moment que Lamy n'est pas venu affronter l'éconophobie primaire de la Rédaction. Peut-être qu'on va s'instruire. Déjà sans les blagues vaseuses de Voinchet ça devrait sonner moins lourdaud que le reste de l'année.

Il est 7h58 j'ai loupé presque toute la première grande partie du petit grand entretien mais ça vaut peut-être la peine d'écouter le journal, histoire de pas louper la deuxième petite partie du mini-grand-entretien. Il est 7h58, Contact ! J'entends la voix de Julie Gacon qui parle d'Homo Européanus (génial, elle l'a fait exprès celle-là ?) et juste après elle clôture sa première partie dans le plus pur style du trouducutage verbal made in FC à la sauce Clarini : << dans la seconde partie nous parlerons de la.. la place des peuples européens dans .. dans tout ça, ... >>

Oh et puis finalement non....
Non merci.
Je coupe !

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