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Le coin des bouquineurs    Page 6 sur 8

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Le coin des bouquineurs - le Dim 30 Aoû 2009, 04:17

Rappel du premier message :

En d'autres temps et autre lieu, j'avais proposé ce début de roman, savoureux autant que rarissime :
<< Tom Mac Cormick jurait comme un irlandais. Il puait la marée et l’embrun. Sa crasse, cuite par le soleil de toutes les latitudes, lui avait revêtu le corps d’un nouvel épiderme insensible. Il roulait fortement d’une hanche sur l’autre : on aurait dit qu’il boitait des deux jambes.

C’était un garçon mal embouché et grossier à faire avorter une femme enceinte. Sa verte soixantaine lui permettait d’être insolent sans trop de dommage. Il était fort comme un gorille et son expérience de la bagarre lui avait permis bien souvent d’échapper à des corrections méritées. Il avait la manie de raconter des histoires et il exigeait, sous peine des pires représailles, qu’on l’écoutât. Ca vieux radoteur était d’une susceptibilité insupportable. Au moindre mot il se fâchait et sa colère avait une couleur de crime. Une colère terrible d’élément déchaîné : sa figure se ridait toute entière de l’une à l’autre oreille, et du sommet du crâne (qu’il avait chauve) à la pomme d’Adam : son visage se fermait soudain comme un poing. Il aurait tué pour un doute. Car Tom Mac Cormick était l’homme le plus sérieux du monde et il n’acceptait pas la plaisanterie.

Il est vrai que le vieux buvait comme un golfe. Son alcoolisme était méthodique : il s’enivrait six heures par jour, dormait pendant six heures, et pendant douze il était sobre, racontait des histoires, jurait, cassait des meubles et discourait sur tout avec une science dont je n’aurais jamais cru capable un homme aussi vulgaire.

Son ivresse était calme et taciturne. Il méditait en cuvant. Son amour immense et rudimentaire pour la mer asservissait inconsciemment sa rêverie à la monotonie des plaines liquides. Aussi son activité intellectuelle se réduisait-elle à coller sur un vieux cahier toutes les coupures de journaux qu’il avait pu trouver relatant un naufrage ou une tempête. Comme il savait à peine lire, il se fiait uniquement aux titres, et on trouvait dans son cahier les choses les plus imprévues : par exemple une affiche de la Anti-Saloon-Ligue qui commençait par ces mots en caractère gras : UNE TEMPETE DANS UN VERRE D’EAU >>

(Kala-Azar - Roger de Lafforest - Grasset 1931)
./...
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Antoine Spire, « L'obsession des origines » - le Mer 03 Juin 2015, 16:30

Dans un fil intitulé « Islamophobie sur France Culture » se développe une discussion qui rappelle un épisode largement médiatisé en mai 2000 concernant des intervenants au Panorama de France Culture. Antoine Spire en avait donné sa vision dans un livre,  « L'obsession des origines »,  paru en novembre 2000 aux éditions Verticales.

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« Le jeu des degrés » (ou de la ba(r)thmologie) - le Dim 07 Juin 2015, 11:25

ADADA
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ANONA

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Cratylisme - le Lun 08 Juin 2015, 13:36

Dans la quatrième page de couverture de Fiasco est mentionné Armance, roman que Stendhal projetait d'intituler Olivier (par antonomase, 'Olivier' signifie 'babilan').  Ah ! (im)puissance du (pré)nom !

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Apologue antique - le Ven 10 Juil 2015, 10:57

ADADA
IMAMI
ANONA

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Re: Le coin des bouquineurs - le Ven 17 Juil 2015, 15:46

Antoine Arnoux a écrit:
Alors que vient d'être annoncée la destitution de M. O.P.D.A., l'inquiétude de Nessie et de Philaunet me remet en mémoire une anecdote que relate Valère Maxime (Valerius Maximus) et que voici : « Mais voici une liberté de langage où, avec du courage, il y a aussi de l'esprit. Tandis que tous les Syracusains faisaient des vœux ardents pour la mort de Denys le tyran à cause de la dureté de son caractère et des traitements insupportables qu'il leur faisait subir, seule une très vieille femme priait les dieux tous les matins de conserver la vie du prince et de la prolonger au delà de la sienne. Denys en eut connaissance. Surpris d'une affection à laquelle il n'avait pas droit, il fit venir cette femme et lui demanda le motif de cette prière et par quel bienfait il avait pu la mériter. "J'ai, dit-elle, une raison bien particulière d'agir ainsi. Quand j'étais jeune, nous avions un tyran redoutable et je désirais d'en être débarrassée. Il fut tué ; mais un autre plus terrible encore s'empara de la citadelle. Je regardais encore comme un grand bonheur de voir finir sa domination. Tu es devenu notre troisième maître et nous t'avons trouvé plus dur que les deux premiers. C'est pourquoi, dans la crainte que ta mort n'amène à ta place un successeur encore pire, j'offre ma vie aux dieux pour ta conservation." Denys eut honte de punir une audace aussi plaisante. »

Aussi attendons la suite du feuilleton que Télérama appelle "mercato". Nessie relaie l'information selon laquelle Sandrine Treiner assurerait l'intérim. Pourvu qu'elle ne parle pas au micro, car ce que l'on a déjà entendu n'est guère en sa faveur.

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« Cette étonnante nouvelle » - le Lun 20 Juil 2015, 17:13

ADADA
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Marivaux - le Mer 22 Juil 2015, 14:27

Les romans de la rentrée ? De toute l'année ? Tout Marivaux !

Pour faire écho aux échanges sur les calamiteuses « Rencontres de Pétrarque » (celui-ci n'a pas mérité de voir son nom associé à ces bavardages), voici ce que l'on pouvait entendre dans une conférence de 1964 sur Marivaux, rediffusée à l'été 2013 (on y reviendra dans le fil idoine) :

« (...) je vous dirai que c'est quelque chose de bien cruel que d'être abandonné au secours de certaines gens: car qu'est-ce qu'une charité qui n'a point de pudeur avec le misérable, et qui, avant que de le soulager, commence par écraser son amour-propre? La belle chose qu'une vertu qui fait le désespoir de celui sur qui elle tombe! Est-ce qu'on est charitable à cause qu'on fait des oeuvres de charité? Il s'en faut bien; quand vous venez vous appesantir sur le détail de mes maux, dirais-je à ces gens-là, quand vous venez me confronter avec toute ma misère, et que le cérémonial de vos questions, ou plutôt de l'interrogatoire dont vous m'accablez, marche devant les secours que vous me donnez, voilà ce que vous appelez faire une oeuvre de charité; et moi je dis que c'est une oeuvre brutale et haïssable, oeuvre de métier et non de sentiment. »

Marivaux, Pierre de (1688-1763). [La] vie de Marianne ou Les aventures de madame la comtesse de ***

Ne croirait-on pas ces mots écrits  pour les « certaines gens », donneuses de leçon, qui s'épanchent bruyamment sur ceux qu'elles considèrent comme discriminés et qu'à mots couverts elles appellent à la « révolte sociale globale » ? (voir à cet égard le descriptif-tract :  Les inégalités (...))

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La Disparition (avant Georges Perec) - le Sam 19 Sep 2015, 15:35

Accent russe et lipogramme obligé : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/09/s37/RF_CAF79F69-2FB8-4AEE-A175-866071507FB0_GENE.MP3" debut="102:10" fin="103:48"] (à 102')

Le bon plaisir - Henri Troyat (1984) 215 minutes

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Un sens bien « établi » - le Mar 27 Oct 2015, 09:46

ADADA
IMAMI
ANONA

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Longtemps cela a mis du temps pour me coucher tôt - le Sam 07 Nov 2015, 16:49

De qui ? «  Cela a mis du temps pour me dire que j’avais le droit d’être un écrivain. »

De l'invitée à Hors Champs dont le livre (« le bouquin » in Adler's French) a été primé par le jury Renaudot : Delphine de Vigan.

Où l'on voit que le jury ne s'intéresse pas à l'écriture et au style, mais à ... quoi ?

J'aime bien la langue française des descriptifs des pages de France Culture...  : « Une œuvre haletante avec suspense à la clé, pour lequel elle vient d'obtenir... ».

En 2014, France Culture qui promeut ses amis pour les prix de toutes sortes via des entretiens à tire-larigot et des adaptations et des lectures, avait adapté en 10 X 25 minutes : Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan.  Dans le descriptif, entre autres paroles fortes, on pouvait lire :

Je cherche un espace qui ne serait ni la vérité ni la fable, mais les deux à la fois.” (Delphine De Vigan)

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. ” (Delphine De Vigan)

J'avais donné un coup de sonde dans cette fiction. Les dix épisodes ont vite été envoyés aux oubliettes (France Culture comptabilise-t-elle les podcasts supprimés sans que ceux-ci aient  été écoutés ?...).

Il faut dire que le réalisateur de l'adaptation avait écrit :

« Delphine De Vigan nous confie, à travers cette étrange matière, son questionnement sur la fragilité des êtres et le trouble bipolaire. Ce roman, qui commence au printemps 1954, est le récit des drames qui ont jalonné l’histoire de sa famille. Dans ce livre sur la transmission et les légendes familiales, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les ombres les plus secrètes, ce sont toutes nos vies, nos failles, et nos propres blessures qui résonnent avec force." »

Il ne faut pas s'étonner qu'on bazarde incontinent.

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« Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas » - le Mar 10 Nov 2015, 12:24

ADADA
IMAMI
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