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La Direction de France Culture et son projet culturel    Page 33 sur 35

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La Direction de France Culture et son projet culturel - le Mer 18 Aoû 2010, 13:21

Rappel du premier message :

Bonjour,

l'article est ici :
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2010/08/18/les-remaniements-a-france-televisions-chamboulent-france-culture_1400012_3236.html#ens_id=1271929&xtor=RSS-3208

Je ne sais pas, j'ai l'impression que tout le monde a toujours su que Bruno Patino était là en attendant de se propulser ailleurs (peut-être qu'il me fera mentir en refusant finalement la proposition!)
J'ai l'impression qu'il n'a pas laissé une empreinte énorme sur cette radio, ni en bien ni en mal.
* * *

Jean-Luuc 

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Ca se déguste - le Ven 10 Juil 2015, 09:53

On peut dire que ça ne traîne pas, 09h40, esclu Télérama :

http://www.telerama.fr/radio/olivier-poivre-d-arvor-limoge-de-france-culture,129122.php

Mathieu Gallet, le patron de Radio France, lui reproche ses propos lors de deux interviews, et a décidé de le limoger de la direction de France Culture. Olivier Poivre d’Arvor donne sa version des faits à Télérama.

« Moi, je suis très légitimiste, je ne suis pas très “1793”. [Mathieu Gallet] est là et nous avons tous tiré les leçons des événements récents. Aujourd’hui, Radio France a besoin d’un projet, d’une vision. (…) Car on ne peut entraîner personne avec un projet construit uniquement sur une logique budgétaire et comptable. » Le 16 mai dernier, à l’occasion d’une interview accordée à L’Obs, Olivier Poivre d’Arvor n’économisait pas sa liberté de parole. L’addition lui est parvenue jeudi soir : au cours d’un entretien en tête à tête, le président de Radio France lui a demandé de quitter la direction de France Culture, qu’il occupait (avec de certains succès d’audience) depuis 5 ans. Il explique à Télérama les conditions de son limogeage.

Que vous reproche Mathieu Gallet ?

Il y a cette interview à L’Obs, dans laquelle je disais qu’il fallait un souffle pour Radio France, et une autre que j’ai accordée, fin juin, à l’AFP. A mes yeux, elle me semble très anodine, mais j’y explique mon attachement au projet A l’école des créateurs – qui a pour ambition d’emmener des grands créateurs dans des établissements de zones prioritaires – et ajoute que je l’ai présenté au président de la République. Mathieu Gallet a découvert à cette occasion que j’en avais parlé à Fleur Pellerin, la ministre de la Culture et de la Communication ; effectivement, sans être particulièrement intime avec elle, j’étais allé plaider un quart d’heure pour obtenir une subvention… Pour lui, c’est une preuve de déloyauté. Bon. De son côté, il n’est pas venu accueillir Manuel Valls lorsque le chef du gouvernement est venu à la matinale de France Culture ; il a préféré rester au Festival de Cannes... Si, après la grève que l’on a connue au printemps, on n’a pas cette liberté d’une autocritique minimum… Je comprends qu’il soit effectivement mieux, pour Mathieu Gallet, de se séparer de ceux qui s’expriment.

Vos rapports étaient tendus depuis longtemps ?

En novembre, alors que nous faisions un pot pour nos bonnes audiences, il avait dit devant mes équipes qu’il avait, à son arrivée, « choisi de ne pas me couper la tête ». C’est vrai qu’il ne m’avait pas choisi – je ne sais d’ailleurs pas pourquoi il m’a gardé ! Mais ma méthode était peut-être déconcertante. Quand on a commencé à travailler sur son projet stratégique, j’étais très surpris qu’il imagine pouvoir, en quelques semaines, passer France Musique entièrement sur le web, lui retirer ses fréquences et en enlever à Culture pour les donner au Mouv’, céder un orchestre, mener la réforme des modes de production pour la rentrée 2015 sur la base d’un document établi par un cabinet d’audit… J’étais stupéfait de ça, et je lui ai demandé : « est-ce que, politiquement, tu as un soutien ? » Mais l’unanimité du CSA à son élection (dont on sait qu’elle est sujette à quelques interrogations) faisait qu’il se sentait tout puissant.

Comment s’est passée la grève ?

Nous ne pouvions pas exprimer une opinion, ou une critique, et ceux qui le faisaient quand même se le voyait reprocher. Mais nos différends de ces dernières semaines étaient bien plus compliqués.

C’est-à-dire ?

Alors que l’on élabore les grilles de rentrée, on m’a demandé de laisser des espaces vacants. Je ne pouvais pas disposer du 19-20, libre depuis que Laurent Goumarre a été recruté par France Inter. L’idée, semble-t-il, était de proposer cette tranche à un producteur, dont on pensait qu’il allait la refuser, afin de le faire partir. Je peux décider de demander à des producteurs de partir, mais on ne peut pas m’obliger à leur proposer des schémas impossibles dans le but de se séparer d’eux…

L’arrêt des émissions de Colette Fellous, ou Sophie Nauleau relèvent-elles vraiment de votre décision ?

Oui. Les raisons de ces départs sont purement éditoriales. D’ailleurs Manou Farine présentera une émission d’une heure sur la poésie à la rentrée, alors que Sophie Nauleau n’avait qu’une demi-heure.

Vous n’étiez pas déterminé par les raisons économiques ?

Ah oui, bien sûr : quand on vous dit « il faut faire avec moins tant », vous n’avez d’autre choix que de supprimer des émissions. Celle d’Alain Veinstein l’année dernière, parce qu’il s’agissait de ne plus proposer de production fraîche après minuit. Et puis un certain nombre d’émissions cette année. La saison dernière, je l’ai élaborée avec un budget en baisse de 200 000 euros. La prochaine, je devais la faire avec 250 000 euros de moins. Et la saison 2016-2017 devra, elle aussi, s’élaborer avec un budget encore en baisse.

Vous avez confirmé Marc Voinchet à la matinale…

Oui mais j’ai appris qu’il allait être nommé à la direction de France Musique, tandis que Marie-Pierre de Surville pourrait récupérer une mission sur la programmation culturelle ? Je suis vraiment content pour Marc, mais c’est vrai qu’il faut trouver à le remplacer, maintenant. Ce n’est pas moi qui le ferai, même si je ne quitterai France Culture qu’à la fin du mois d’août. Je ne me plains pas de mon sort, et je n’ai pas de compte à régler avec Mathieu Gallet. J’ai eu la chance de rencontrer une maison vivante, avec des métiers passionnants, des gens braves (même si, parfois, ils vous rentrent dedans !), une liberté de parole… Une maison exceptionnelle. Ça a été un privilège et, modestement, je remercie mes collaborateurs.

322
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Salut l'enfumeur... - le Ven 10 Juil 2015, 10:24

On vous regrettera pas Olivier Poivre d'Arvor.

As du double langage.
Faux soyeur et vrai pommadeur.
Sous-marin du P.S. qui a asséché FC depuis 15 ans.

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

Jean-Luuc 

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 10:41

Dans cet entretien réalisé par Aude Dassonville pour le site Télérama, nous décryptons mal ce qui se lit derrière ces mots :

j’étais très surpris qu’il imagine pouvoir, en quelques semaines, passer France Musique entièrement sur le web, lui retirer ses fréquences et en enlever à Culture pour les donner au Mouv’, céder un orchestre, mener la réforme des modes de production pour la rentrée 2015 sur la base d’un document établi par un cabinet d’audit…

Un cabinet d'audit. Combien ces savantes études coûtent-elles ?

Mais l’unanimité du CSA à son élection (dont on sait qu’elle est sujette à quelques interrogations) faisait qu’il se sentait tout puissant.

Qui a décidé de cette parenthèse ? Cette allusion n'est bien entendu pas relevée dans la suite de l'entretien.

Mais le sommet est atteint par le charabia suivant :

Je ne pouvais pas disposer du 19-20, libre depuis que Laurent Goumarre a été recruté par France Inter. L’idée, semble-t-il, était de proposer cette tranche à un producteur, dont on pensait qu’il allait la refuser, afin de le faire partir. Je peux décider de demander à des producteurs de partir, mais on ne peut pas m’obliger à leur proposer des schémas impossibles dans le but de se séparer d’eux…

Nous ne disposons pas de tout le sous-texte, mais il semble écrit, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, qu'un directeur de station en charge de composer une grille d'antenne, doive laisser des cases vides (on m’a demandé de laisser des espaces vacants), dans le but de proposer une émission à un producteur dont on pensait qu’il allait la refuser, afin de le faire partir. C'est ainsi que l'on travaille à France Culture. Ou plutôt que l'on ne travaille pas.

Cette réponse met au jour toute la brutalité avec laquelle on traite le travailleur aujourd'hui (un véritable plan de départ volontaire). L'auditeur n'est pas l'objet de leur considération (contrairement aux nombres de podcasts) et au lieu d'imaginer et de mettre sur pieds des émissions aux contenus ambitieux, des machinations (schémas impossibles) sans queue ni tête sont sont concoctées par des "on".

Mais heureusement, modestement, je remercie mes collaborateurs. On communiquera à Alain Veinstein, Colette Fellous, Antoine Garapon, Sophie Nauleau.

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 10:45

@Jean-Luuc a écrit:[...]

Mais heureusement, modestement, je remercie mes collaborateurs. On communiquera à Alain Veinstein, Colette Fellous, Antoine Garapon, Sophie Nauleau.

Sans oublier Jeanne-Martine Vacher, François Chaslin, Elisabeth Couturier qui nous avaient fait ces dernières années parmi les meilleures émissions à sujet culturel qui sauvaient l'honneur de cette maison en plein déni de culture.

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Les derniers mots du dirlo de Radio-Paillettes - le Ven 10 Juil 2015, 11:41

Dans la communication déposée sur le site de France Culture, Poivre dit ceci :

"Le sujet n'est pas tant mon départ mais les moyens qui sont mis à la disposition du service public de la culture. Le budget de France Culture est en baisse cette année et je n'avais plus les conditions d'exercer normalement mon métier. On me demandait des choix éditoriaux que je réprouvais".

C'est bien là un raisonnement de socialiste. Bien sûr qu'il faut des moyens pour faire du bon travail, mais quand on fait un boulot dégueulasse, mal pensé et avec des gens recrutés en dépit du bon sens et en piétinant la vocation initiale de la maison, alors multiplier les moyens c'est la certitude d'avoir une radio encore plus mauvaise. Allez-y, engloutissez encore plus de fric dans des émissions niaises bâties sur des concepts racoleurs et idiots, et vous aurez de la daube Arvorienne sous double couche de paillettes.

Ce qui manque à France Culture ça n'est pas l'argent : c'est l'esprit de culture.

Avec les renouvellements successifs, nous avons maintenant des jeunes producteurs qui ne connaissent même pas le "son Culture", celui qui avait fait l'excellence de la chaine. Jusqu'ici, les survivants (courtisans) comme Laporte ou Fraïssé ou Kronlund avaient suffisamment de bouteille pour au moins feindre de faire du France Culture tout en faisant du militantisme. Mais écoutez donc le programme de l'été : les voix ne sont plus des voix de France Culture. Ce sont des voix jeunes et bêtes.

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Un « tweet » de soutien - le Ven 10 Juil 2015, 12:05

@Nessie a écrit:Dans la communication déposée sur le site de France Culture, Poivre dit ceci :

"Le sujet n'est pas tant mon départ mais les moyens qui sont mis à la disposition du service public de la culture. Le budget de France Culture est en baisse cette année et je n'avais plus les conditions d'exercer normalement mon métier. On me demandait des choix éditoriaux que je réprouvais".

C'est bien là un raisonnement de socialiste. Bien sûr qu'il faut des moyens pour faire du bon travail, mais quand on fait un boulot dégueulasse, mal pensé et avec des gens recrutés en dépit du bon sens et en piétinant la vocation initiale de la maison, alors multiplier les moyens c'est la certitude d'avoir une radio encore plus mauvaise. Allez-y, engloutissez encore plus de fric dans des émissions niaises bâties sur des concepts racoleurs et idiots, et vous aurez de la daube Arvorienne sous double couche de paillettes.

Ce qui manque à France Culture ça n'est pas l'argent : c'est l'esprit de culture.

Avec les renouvellements successifs, nous avons maintenant des jeunes producteurs qui ne connaissent même pas le "son Culture", celui qui avait fait l'excellence de la chaine. Jusqu'ici, les survivants (courtisans) comme Laporte ou Fraïssé ou Kronlund avaient suffisamment de bouteille pour au moins feindre de faire du France Culture tout en faisant du militantisme. Mais écoutez donc le programme de l'été : les voix ne sont plus des voix de France Culture. Ce sont des voix jeunes et bêtes.
M. O.P.D.A. est justement soutenu par Mme Filippetti :
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/07/10/olivier-poivre-d-arvor-limoge-de-son-poste-de-directeur-de-france-culture_4678027_3236.html

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 12:46

Je me réjouis du départ d'O.Poivre d'Arvor. C'est à vrai dire une surprise, car son ambition semblait aller de concert avec le nouveau directeur de Radio France. Il est permis de douter que son quart d'heure chez le ministre au plus fort de la grève ne fût que pour demander une subvention. Eviction d'un histrion ambitieux. Tout ce tapage nourri avec la complicité des journaux qu'il a mis en avant sert bien sûr son plan de carrière, mais aussi à passer sous silence son bilan radiophonique. Qui se souviendra de programmes nés sous l'ère Opda? Qui se souvient déjà de Sur écoute, Taddéï, etc...?

Je peux décider de demander à des producteurs de partir, mais on ne peut pas m’obliger à leur proposer des schémas impossibles dans le but de se séparer d’eux…
C'est pourtant le sort qui a été réservé à François Noudelman réduit à une chronique (excellente) en bout des nouveaux chemins.

J'espère brièvement que le "périmètre (ou ""scope"")" de Fc soit resséré autour de la culture et confié à Philippe Garbit avec du patrimoine radiophonique, quelques conférences, en partenariat avec de véritables institutions culturelles et la mise en avant du savoir universitaire. ça ne devrait pas coûter trop cher et faire plaisir aux lobbys de l'amidon et/ou la conspiration des poètes (qui ont eu, qui sait?, sa peau).

Marc Voinchet à la tête de France Musique, est-ce une plaisanterie de mauvais goût ? une vengeance pour l'éjecter fielleusement des matins? je ne suis pas loin de penser qu'il déteste la musique classique.

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 13:04

@ Martin

Je crois au contraire qu'il l'aime par snobisme : tant qu'elle participe d'un événement parisien ça lui va.

Il avait tenu un poste assez élevé à F-Mu il y a quelques années, après avoir libéré la case de midi sur FC. Le mêm poste qu'il avait quitté pour revenir prendre la matinale

Mais sous sa médiocrité intellectuelle, il ne faut pas s'y tromper Voinchet est un homme très sincère : il sert à fond la caisse la cause de la branchitude parisienne. Du genre à aimer l'opéra aussi sincèrement que bètement, sans rien y piger, pourvu que l'affiche soit signée d'un grand photographe.

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Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 14:02

Révélateur ce passage dans l'article du Monde
Dans l’entourage de la présidence, on reconnaît un « bilan formidable », mais on pointe un « problème de confiance » vis-à-vis d’un directeur qui a postulé ces derniers mois à de nombreux postes (Centre Pompidou, La Villette…). « Il s’inscrit dans une logique de départ permanente », dit-on.

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 16:49

Dans le fil Carnet nomade sous le titre De la révolte comme un droit - le Dim 05 Juil 2015
@Nessie a écrit:
@Philaunet a écrit:
Reste que France Culture est une exception (française, et OPDA ne peut rien y faire) pour ce qui est de l'utilisation des moyens publics par un producteur pour s'exprimer à titre personnel sur l'entreprise qui l'emploie. La page du dernier numéro de Carnet nomade Dernière page reproduit une partie du texte dit à l'antenne (cf. pastille post 29). Je me demande si c'est légitime.

Voici un nouvel exemple du problème déjà posé par Veinstein il y a un an. On peut aussi arguer qu'il y a là un abus de liberté qui répond à un abus d'autorité. L'autorité mal employée est à l'origine des catastrophes humaines et sociales les plus violentes. Certes, on en est loin.

Cela dit, quand c'est toute la chaîne qui voit ses moyens détournés par le dirigeant, il ne faut pas s'étonner que d'autres usent à son encontre du même moyen. On peut se poser la question : est-ce de leur part une faute morale ? Le dirigeant qui se conduit en potentat sans scrupules (je viens vendre mon bouquin sur les ondes de ma propre radio dans laquelle je fais ouvertement campagne pour un candidat à la Présidence de la République) resterait le seul à bénéficier de l'impunité ? Par ailleurs, Veinstein et Fellous défendent au moins autant un esprit radio qu'une position personnelle. De cela aussi il faut tenir compte.
(...)
Alors je ne sais pas si c'est légitime. Mais n'oublions pas que le principe légaliste interdit aussi le soulèvement populaire contre le tyran, et laisse le citoyen désarmé face à l'abus de droit. Les dernières décisions de Poivre ne sont certes pas de tels abus de Droit ; et en tant que déni de culture elles ne viennent qu'après une très longue série de coups portés au programme et aux auditeurs. Tout ceci pour dire que la question de la légitimité/légalité d'une réaction signée Veinstein ou Fellous me semble ici assez secondaire. La véritable question à mon sens, est de savoir si ces réactions sont ou non au service de la culture et de la qualité radiophonique. Pour moi, la réponse est affirmative, sans l'ombre d'un doute. (...)

Je me range à votre avis. Et comme OPDA n'était ni au service de la culture, ni défenseur de la qualité radiophonique dans ses critiques vis-à-vis de la Direction, il ne peut revendiquer avoir parlé pour le compte des auditeurs exigeants. Dans cette logique, le manque de devoir de réserve, invoqué par lui comme raison de son limogeage (ou de sa non-reconduction de contrat), non justifié par une cause supérieure, peut donc se voir critiquer, même si d'autres raisons sont à l'origine de son départ.

Ce qui me dérange dans certains propos et textes de départ de la part de producteurs que j'ai appréciés (Colette Fellous et Alain Veinstein, par exemple, eh oui, relire le fil), c'est la focalisation sur leur propre personne ("brutalité de l'annonce", "manque d'égards", etc). Des textes et des propos qui auraient défendu le droit des auditeurs à avoir de belles émissions d'entretien auraient été bienvenus (mais qui se soucie réellement des auditeurs à France Culture ?), mais il ne faut pas donner dans l'amertume personnelle sur les ondes publiques. Toutes les personnes ayant travaillé 1, 3, 5, 10, 20, 30 ans et plus à FC ont été payées ou non ? Elles se sont épanouies ou non ? Elles ont créé des réseaux professionnels ou non ?

Il ne faut pas emboîter le pas à Pailler, Kronlund ou d'autres qui croient encore, comme en 1917 ou après, que les moyens de production sont la propriété de ceux qui les font fonctionner. On ne défend pas en premier lieu sa pomme à FC comme producteur, mais le travail exigeant fait au service des auditeurs, actuels et futurs. Et si celui-ci vient à disparaître, on en appelle aux auditeurs sur la défense des réalisations culturelles et non sur le mauvais traitement reçu personnellement (mais s'apitoyer et faire s'apitoyer est plus simple). Quels sont les producteurs de FC licenciés venus s'exprimer dans ce Forum sur l'évolution du programme culturel de France Culture ?

OPDA, qui, quoi qu'on dise, maîtrise bien la communication moderne (dire le contraire de ce qu'on pense et faire le contraire de ce qu'on dit), ne s'exprime pas  sur le mauvais traitement qui lui est infligé personnellement par Gallet, il défend son bilan (comptable). Je  le crois bien plus rusé que le directeur de Radio France.

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Re: La Direction de France Culture et son projet culturel - le Ven 10 Juil 2015, 18:18

@Philaunet a écrit:Je  le crois bien plus rusé que le directeur de Radio France.

Pour l'instant, on ne peut que vous donner raison.
OPA, en "bon" communiquant,  a tiré le premier et donne ainsi le tempo, avec ce choix trés judicieux du mot limogeage repris par les autres medias. De plus, il se pose en grand défenseur de la Culture et de ses producteurs, ce qui le positionne trés bien pour une nouvelle direction (Beaubourg, La Vilette, Radio France?).
Matthieu Gallet n'a que 38 ans. Il apprendra vite les jeux de pouvoir.

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