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Les matins de France Culture    Page 52 sur 58

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Les matins de France Culture - le Dim 30 Aoû 2009, 10:03

Rappel du premier message :

Ce fil, le plus volumineux de notre forum, a été victime de son succès : ayant atteint les limites fixées par l'hébergeur il a été scindé en deux parties. Dans le premier commentaire après cette introduction, nous redémarrons à la rentrée de septembre 2014.

Nos lecteurs trouveront les 5 premières années (2009-2014) de commentaires sur la matinale de FC dans ce fil d'archives.
* * *

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Re: Les matins de France Culture - le Ven 18 Nov 2016, 19:15

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La veille de cette émission, sur Facebook Hubert Huertas et Brice Couturier croisent le fer : le premier accusant le second de "Trumpisme" au prétexte que le futur président des USA, tout comme son ami et collègue, critique de façon globale les médias. Il faut ne pas avoir écouté les éditos de Couturier pour l'accuser de rouler pour Trump, et il faut raisonner bien étrangement pour taxer Couturier d'une quelconque convergence avec Trump parce qu'en 2016 ce dernier a dans certaines de ses communications, usé d'un trait argumentaire que Brice Couturier avait mis à son étal depuis déjà 12 ans. Il aurait été plus juste et pas moins comique de prétendre que c'est Trump qui est devenu 'couturiériste'. Mais que voulez-vous, c'est du Huertas. Ainsi l'on voit par quelle sorte de journaliste fut dirigé le Service politique de la Rédaction de France Culture quand au début de l'année 2012 vint le temps de remplacer un président UMP par un président PS, et on ne s'étonne pas qu'à France Culture ait lieu une nouvelle levée de boucliers contre un journaliste qui pendant 5 ans se démarqua quotidiennement de la norme idéologique en vigueur dans la maison.

Le dommage pour le parti des médias dont France Culture prend la défense en tentant de démontrer qu'il n'existe pas et qu'il n'est que vue de l'esprit, c'est que si l'on accueille Couturier pour lui donner la parole et éventuellement tâcher de discuter sa thèse, dans les faits on ne cesse de lui donner raison en se conduisant exactement comme Couturier le décrit : par la leçon de morale, par le prêchi-prêcha, et par le biais du jugement appliqué à l'information.

Soucieux de prendre la défense de la classe journalistique, Guillaume Erner se cramponne au principe du fact-checking, comme si le fact-checking était l'alpha et l'oméga de la rigueur journalistique. Hélas c'est loin d'être le cas : on peut biaiser une information factuellement juste, en la présentant de façon orientée ; et l'on peut aussi biaiser la couleur générale de l'information par un choix judicieux des faits que l'on reportera : ils seront tous authentiques, mais d'autres faits qui entrent en contradiction seront laissés dans l'ombre quoique tout aussi authentiques. On peut saturer le public avec des informations bien choisies et délaisser celles qui pourraient le pousser à se mal conduire (comprendre : voter à rebours du souhait dont est porteur le parti des médias). Certes l'expression de 'parti des médias' est contestable, en ce qu'elle semble induire  une organisation concertée ce qui est peu crédible. Mais elle correspond à une réalité qui n'a pas encore été assez analysée.

Depuis une dizaine de jours, les médias français (et ils ne sont pas les seuls) sont en pleine tempête : pour une écrasante majorité de journalistes, il était évident que le meilleur choix pour les USA était Hillary Clinton, et il était presque aussi évident que le peuple Américain voterait en ce sens. La réalité a démenti ce souhait qui, déguisé en pronostic, masquait à peine une prise de position. Mais la faute professionnelle qui a empêché ces braves gens de prévoir correctement la suite des événements, et avant tout d'informer de façon conforme à l'idéal du métier, cette faute persiste alors même que l'échec a été constaté : Guillaume Erner persiste à employer le terme de 'catastrophe' pour parler de la présidence Trump à venir. Or nous n'en sommes pas là. Le mandat ni l'action politique de Donald Trump ne sont pas encore entamés mais ça n'empêche pas Erner (et à toute heure la rédaction de France Culture) de les juger 'catastrophiques'. A tout le moins on comprendrait qu'un journaliste dise son inquiétude, ou rende compte de l'inquiétude du peuple (ou de celle des élites, d'ailleurs). Mais de catastrophe, point. Le sommet en ce genre a été atteint par Nicole Gnesotto qui, vers 11h30 ce dimanche dans l'Esprit Public, déplore la situation où se trouve maintenant l'Europe, aux mains de deux dictatures : la première des deux étant les Etats-Unis d'Amérique, la seconde étant la Turquie qui "dirige l'OTAN". L'Amérique = une dictature ; et l'OTAN dirigé par la Turquie. Voila comment s'exprime le parti des médias. Non que Donald Trump ou Erdogan soient des personnages spécialement sympathiques, mais enfin par quel fact-checking de tels propos peuvent-ils se prétendre étayés ? Réponse : par aucun, mais uniquement par la prise de position de Madame Gnesotto. Quand les journalistes ne jouent pas à faire du spectacle sur un non-événement, ils ne peuvent pas s'empêcher de tenter l'allumage des bombes émotionnelles par lesquelles ils s'assurent l'entrée dans les représentations. Le parti des médias existe bien, sinon comme un parti du moins comme un mouvement social peu formalisé et pourtant bien réel, et France Culture en est une de ses émanations les plus manifestes.

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La ''Pujadadisation'' de Guillaume Herner..faite quelque chose pour lui. - le Ven 09 Déc 2016, 09:12

Aujourd'hui 9 décembre dans les matins,  prenant prétexte d'un énième reportage bourrin et sans nuances du journal de France 2   comme ils excellent à en produire à la chaine, Herner Guillaume, micro d'or du matin, évoque une extraordinaire affaire : dans les cafés de seine-saint-denis les hommes arabos musulmans  excluent du bistrot, les femmes..
et voilà  des centaines de millier d'habitants de ce département affublé d'un nouveau fardeau.
Dans  combien de café, ça se passe ?, est ce  la majorité des lieux qui sont concernés. L'information bourrin ne s'embarrasse jamais de tels détails.

Qu'ils soit portugais, breton, corse, yougoslave ou maghrébin, pour celui qui n'observe pas le monde que
de sa tour d'ivoire, la présence des femmes dans les bistrots de banlieue n'a jamais été très abondante.
On peut le regretter, mais dans beaucoup de ces lieux c'est comme un dernier refuge machiste pour des hommes que la vie ne favorise pas trop.

des jeunes hommes d'origine maghrébine qui bien souvent sont eux même victimes d'un rejet et d'un ostracisme sociale.
et pour lutter contre ce machisme faut-il bêtement les stigmatiser ?
Oui il faut plus de mixité sexuelle dans les banlieues , mais en oubliant pas la mixité économique et sociales

Plus tard ,Guillaume Herner en rajoute une couche en introduisant la dimension religieuse... la laïcité.
est ce que Herner est allez faire une enquête serré qui conclu que les bistrot de banlieue où l'on joue au keno et on boit du pastis ou du café sont devenues des succursales des mosquées ?

cqfd si les femmes ne peuvent pas entrer dans un bistrot de banlieue, c'est à cause de l'islam. Notre Guillaume Herner  décidément  très loin du sociologue que parait il, il  a été,   abandonne la nuance, la complexité dans sa réflexion pour se "Pujadadiser".
Allons y à coup de bon gros lieu commun , loin de les combattre ,Herner comme bien de ses collègues du show business médiatique s'en sert comme d'un combustible.  S'offrant à bon compte un brevet d'exemplarité.  Et enfonçant encore plus dans le rejet des populations entières.
un moment l'invité qui s'exprime sur le sujet évoque les attentas du 13 novembre à Paris reliant implicitement  les deux faits sans que  Guillaume Herner ne bronche du moindre cil.

Micro d'or peut être , champion de l’audience sans doute, mais bon,  ça je l'ai dans n'importe quel radios commerciales  et on est loin de ce que l'on attend d'une radio qui pense et réfléchie .

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Re: Les matins de France Culture - le Ven 09 Déc 2016, 10:35

terki(http://www.regardfc.com/t19p510-les-matins-de-france-culture#27811) a écrit:[...]
Plus tard ,Guillaume Herner en rajoute une couche en introduisant la dimension religieuse... la laïcité.
est ce que Herner est allez faire une enquête serré qui conclu que les bistrot de banlieue où l'on joue au keno et on boit du pastis ou du café sont devenues des succursales des mosquées ?
[...]

Anyway, sur les religions et la laïcité, le sociologue Erner n'est pas à une bourde près. On se souvient comment il avait défendu le droit des femmes musulmanes à porter le voile (ce droit dont je suis moi-même défenseur, je le précise) en arguant que ses adversaires ne semblaient pas autrement dérangés par le voile des religieuses catholiques. Rapprochement pour le moins incongru entre d'une part des femmes ayant fait le choix d'une dévolution et passant la majorité de leur temps dans l'enceinte ou le confinement d'un établissement religieux, et d'autre part la totalité des femmes d'une autre religion contraintes par la norme sociale. Je me souviens avoir été tellement estomaqué que cette saillie avait donné le signal de mon renoncement à écouter les Matins.

Après l'annonce du remplacement de Marc Voinchet par Guillaume Erner et bien qu'ayant fort peu goûté sa 'Sociologie des tendances' (Que sais-je n°3796), j'avais un temps nourri quelque espoir, qu'une fois confiée à un sociologue authentique diplômé de Paris IV -en principe un label de qualité scientifique-  la matinale de France Culture pourrait renouer avec l'honnêteté intellectuelle. Cette sortie ridicule avait achevé de me convaincre qu'il n'en était rien, qu'il n'y avait plus rien à espérer.

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Du bon usage de l'argument d'autorité - le Ven 09 Déc 2016, 12:54

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Quant à l'art polémique de Guillaume Erner cordialement venu dans ce forum pour apporter la contradiction (on ne saurait trop l'en remercier), en voici un exemple intéressant :
guillaume erner(http://www.regardfc.com/t94p310-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#27809) a écrit:[...] dernière chose au sujet du libéralisme. J'ai fait ma thèse de sociologie sous la direction de Raymond Boudon, c'est de notoriété publique elle est publiée dans sa collection aux PUF. Boudon, élève d'Aron, commentateur de Tocqueville, etc. Pensez-vous vraiment que ma conception du libéralisme soit aussi caricaturale que vous semblez le dire ? Votre discours de la méthode est délectable, mais commencez par l'appliquer à vous-même. Bonne journée, GE.


Voila un trait rhétorique qui est très proche de l'argument d'autorité. Il lui est même structurellement identique en ce qu'il fait appel à une propriété extérieure d'ordre général pour contredire un avis porté sur la production propre de l'animateur. La dite propriété aurait été transmise soit par l'autorité du maître, soit par son voisinage et par le commerce avec sa personne pendant les années de la thèse.
Ainsi, aux auditeurs qui jugent toute une partie de la production de France Culture (à tout le moins la matinale et les journaux) explicitement opposée à l'économie libérale, Guillaume Erner qui se trouvé logé en son coeur réplique par ce syllogisme : Raymond Boudon a pris la défense du libéralisme + j'ai passé ma thèse sous la direction de Raymond Boudon = je ne peux pas être grossièrement anti-libéral.

C'est très discutable. A titre de contre-exemple, un de mes amis gauchistes m'expliquait en 2003 qu'après ses premiers cycles en philosophie, il avait été passer une thèse chez Boudon "comme on va chez l'ennemi". Je n'étais pas spécialement dupe de la réalité de ses intentions, éventuellement je le soupçonnais de n'avoir pas réussi à s'inscrire ailleurs. Mais outre qu'il ne s'agit là que d'un exemple, mieux vaut considérer que de façon générale, on peut très bien passer une thèse de doctorat sous la direction d'un sociologue aussi irréprochable que Raymond Boudon tout en étant en complet désaccord idéologique avec lui. De la part de ce dernier c'est même une caution d'honnêteté intellectuelle qu'on chercherait en vain chez quelques autres grands patrons de la sociologie au point même qu'on peut risquer la contraposée : combien d'étudiants exempts de militance gauchiste ont obtenu leur grade de docteur sous la direction de Pierre Bourdieu ou d'un de ses disciples ? Je gage qu'on n'en dénichera pas beaucoup, si jamais on réussit à en identifier un seul.

Quant à la conception personnelle du libéralisme, peu importe qu'elle soit caricaturale ou dialectiquement affinée : ce qui compte c'est le message qui est transmis à l'auditeur. Je me demande si, bien considéré le corpus de ces 250 émissions et des 250 billets, Guillaume Erner maintiendrait sa réfutation de l'avis émis par notre Munstead. Munstead qui,  en fin de compte n'a pas spécialement critiqué les idées profondes de Guillaume Erner sur le libéralisme, mais ce qu'il a entendu de sa part sur le sujet et sur l'antenne pendant la matinale de France culture.

Il me revient qu'à l'automne 2015 alors qu'Erner était encore dans ses premiers mois aux commandes de la matinale, j'avais été tout à la fois stimulé et un peu inquiet de le voir appeler en renfort une fois Durkheim une fois Weber, afficher un jour les vertus de la neutralité axiologique et une autre fois recourir à l'une ou l'autre grosse ficelle de la sociologie engagée comme l'opposition classique dominants/dominés ; ainsi accordant ma confiance toutefois sous caution, et redoutant qu'avant longtemps la matinale ne tourne mal, ce qui n'a pas manqué d'arriver d'ailleurs.

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Vu à la télé - le Dim 11 Déc 2016, 23:20

Tombé dimanche sur l'émission de Bruce Toussaint sur la 5. Parmi les invités, un Erner sans lunettes, apparemment ravi comme tout d'être là, enfin invité à la télé. Lors d'une discussion (pardon, altercation) sur la bien-pensance, il a eu le temps et le front d'affirmer qu'il n'y a pas de bien pensance dans les Matins de FC, ni sur la chaîne, la preuve… la preuve c'est qu'on y  entend même l'abominable, le fond de placard sorbonnard, l'immonde droitiste sioniste… Finkielkraut comme vous l'aviez compris. AF servant de caution à l'idéologie de FC et de ses journaux, il fallait le faire.
On a aussi beaucoup apprécié Aude Lancelin (en robe de soirée? Un dîner habillé un peu plus tard? Une nuit debout assise?) qui n'a toujours pas digéré son licenciement de l'Obs et a affirmé qu'elle ouvrait toutes grandes les pages culture du magazine à l'éventail de la pensée actuelle  (de Rancière à Badiou aurait-elle pu préciser). Le débat (pardon, altercation) sur l'indépendance de la presse a montré que la plupart des participants ne savait même pas que dans les grands pays occidentaux on ne pouvait posséder qu'un nombre limité de journaux ou de chaînes, que les entreprises fournisseurs de l'État ne pouvaient posséder de médias, etc. Ces faits sont connus depuis trente ans au moins de tous ceux qui s'intéressent aux médias, Bayrou avait même proposé une réglementation stricte de la propriété de médias dans ses campagnes présidentielles, mais les invités présents et Toussaint avaient l'air de trouver ces idées bien difficiles à mettre en œuvre…

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Re: Les matins de France Culture - le Mer 14 Déc 2016, 08:02

Ce matin, la corruption est au programme, donc on appelle Fabrice Arfi. Arfi est un excellent journaliste. Son intervention met un fait en lumière: FC a décidé de sous-traiter toute enquête sur ce type de sujet à Mediapart (et accessoirement au Monde). Ses journalistes sont donc d'accord: plutôt que de faire un travail de recherche, autant passer un coup de fil à Mediapart. C'est plus facile et c'est moins cher. Et pourtant il y a bien des sujets pour lesquels FC serait bien placé : la corruption dans les milieux de la culture et en particulier de l'art, par exemple. Mais c'est une autre histoire…

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Leçon de géographie - le Ven 16 Déc 2016, 08:21

Le journal du matin est laissé aux géographes. Pourquoi pas? Cela fait partie de ces petites animations (au sens d'animation de supermarché) qu'Erner aime proposer. Nous avons donc droit à des géographes venant ânonner derrière le micro un texte écrit. Intérêt moyen. Impression que les géographes prennent le pouvoir dans les collèges et lycées. Ils sont géographes, certes mais aussi économistes, politologues, historiens, urbanistes, aménageurs du territoire, sociologues, théoriciens, techniciens, etc. Est-ce que leur formation les conduit à maitriser toutes ces disciplines? J'en doute et la question ne sera pas posée. Sont-ils à l'abri de biais politiques ou idéologiques, j'en doute encore plus en écoutant certains. Par exemple, la cartographe du monde débite un texte très écrit sur les couleurs de ses cartes publiées pendant la bataille d'Alep. Elle termine en regrettant de ne pas avoir mis le bleu de l'ONU le bleu et rouge des USA, le bleu azur de la France. Elle aurait pu le dire de façon neutre, elle a préféré rejoindre la vague d'émotion qui saisit les médias depuis quelques jours (et pour quelques jours) sur le cas d'Alep dont le sort était prévisible depuis trois mois. Puis Erner pose une excellente question sur la géographie physique. On lui répond qu'aujourd'hui il y a le GPS, que cela suffit aux enfants, qu' ils ne ressentent pas le besoin d'autre chose. On voit ici que la stupidité n'épargne pas les géographes, aussi intelligents soient-ils aujourd'hui (car il est sous-entendu que ceux qui ont précédé étaient des amateurs). Tout d'abord, l'enseignement doit-il répondre à ce qu'attendent les enfants? Certainement pas. On aimerait d'ailleurs savoir ce qu'attendent la plupart d'entre eux. Ensuite, savoir dans quel contexte physique nous vivons, vivent nos concitoyens, se déroulent des conflits est évidemment impératif, faut-il le rappeler. Cette réponse est donc atterrante. Et d'autant plus que nous disposons aujourd'hui de moyens cartographiques et audiovisuels qui permettent d'enseigner de façon vivante la diversité géographique physique qui reste un déterminant majeur du développement. Comment, par exemple, expliquer les phénomènes d'enclavement sans notion du contexte physique, comment comprendre le développement économique en dehors de la connaissance de la circulation des biens étroitement liée aux paysages, etc. Et ce mépris quand une géographe parle de l'apprentissage par cœur des noms de fleuves, des villes!

Pour résumer, cette émission a quand même eu un grand intérêt, celui de montrer la dérive des programmes d'enseignement qui, allègrement, ont éjecté les bases du savoir : orthographe, grammaire, chronologie historique et bien sur géographie physique. On élimine ce qui est immuable (plus ou moins) au bénéfice d'analyses dans l'esprit du temps. On demande à des enfants de onze ans d'avoir un regard critique sur l'histoire, avant de la connaître, de (exemple cité) s'intéresser aux problèmes d'une métropole-type, quand ils vivent à la campagne et ne savent rien de la région ni de l'histoire de cette grande ville, etc. Donc, d'une certaine façon, une émission enrichissante qui a valeur de preuve dans le grand débat sur les programmes de l'Éducation nationale.

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Re: Les matins de France Culture - le Lun 19 Déc 2016, 08:28

Une fois n'est pas coutume, excellent reportage sur une famille de migrants syriens du côté de Bar-le-Duc, laissée à elle-même dans l'oisiveté, l'inutilité. Pas d'argent, pas encore de cours de français, cinq mois après leur arrivée, juste une vague promesse d'un cours par semaine… La France, terre d'accueil…
Puis entretien avec un catho tradi volubile extraordinairement convaincu de son discours. Même Erner ne peut lui opposer qu'une citation de Kant, vite balayée. Ce rédacteur en chef de La Nef (est-ce vraiment ce qu'est devenue la revue de Lucie Faure?), très sûr de lui, s'engage sur un chemin verglacé sans laisser à Erner le temps de réagir. Il nous parle de "bien commun" qu'il comprend visiblement comme un "Bien" par opposition à un "mal" ce qui facilite son discours, lui donne un air logique,"normal", et illustre ainsi à l'obsession catholique du péché originel et du péché tout court.
Nous aurons aussi droit à un développement enthousiaste d'Erner sur Zsa Zsa Gabor, avec longue citation en anglais non traduite, repris par Perrier qui glousse sur les neuf mariages de la "star". FC, trouve maintenant ses infos dans Closer, et ça ne nous rajeunit pas. Présentation gênée de l'affaire des Basques, et non citation du nom de Tubiana puisqu'il serait regrettable de mentionner la LDH dans cet épisode de grand guignol avec la participation des Pieds nickelés.

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Un doublé de Guillaume Erner ... - le Mar 20 Déc 2016, 03:44

munstead(http://www.regardfc.com/t19p520-les-matins-de-france-culture#27873) a écrit:[...] entretien avec un catho tradi volubile extraordinairement convaincu de son discours. Même Erner ne peut lui opposer qu'une citation de Kant, vite balayée. Ce rédacteur en chef de La Nef (est-ce vraiment ce qu'est devenue la revue de Lucie Faure?), très sûr de lui, s'engage sur un chemin verglacé sans laisser à Erner le temps de réagir. Il nous parle de "bien commun" qu'il comprend visiblement comme un "Bien" par opposition à un "mal" ce qui facilite son discours, lui donne un air logique,"normal", et illustre ainsi à l'obsession catholique du péché originel et  du péché tout court.[...]

C'était donc en ce lundi un doublé de Guillaume Erner qui accueillait en une seule matinée deux de ses plus ardents ennemis idéologiques : un conservateur (lire : calotin) et un économiste libéral. Munstead a commenté le premier des deux entretiens. Le piquant y était que l'invité s'est présenté comme anti-libéral aussi bien en matière de mœurs qu'en économie. L'invité de la seconde partie, c'est Jean-Marc Daniel, que le producteur-présentateur va s'efforcer de coincer à chaque virage de la conversation. Il n'y parvient pas vraiment, mais ça n'est pas faute de s'être préparé. On ne sait pas trop avec qui : avec Olivier Pastré peut-être, ou avec les économistes de Terra Nova. En tous cas pour un allergique aux chiffres, il a su se préparer et répond du tac au tac à son invité, par exemple quand la discussion porte sur le système de santé, quand il produit des données comparatives pays par pays (certes assez vagues et ne résistant pas à la démonstration de Jean-Marc Daniel). Mais ça n'est pas bien grave car il est tellement nul en économie qu'il pourrait présenter l'émission du samedi sans que personne n'y voie de différence.

Le résultat, c'est que les absurdités pleuvent  :

- "C'est à contre-temps dit-il que la France se convertirait au libéralisme, puisque le monde entier devient de moins en moins libéral : voyez Donald Trump". Ah bon, Donald Trump c'est l'économie mondiale. Ca va loin, comme analyse. Et comme perception de l'histoire.

- "Le libéralisme est un dogme au sens quasiment religieux du terme" : Guillaume Erner qui à l'occasion balance sur la table son doctorat en sociologie, ne semble guère soucieux d'user avec quelque rigueur des termes que sa discipline devrait l'avoir habitué à traiter avec moins de légèreté. Le libéralisme même en tant qu'idée fixe chez certains de ses militants (et Dieu sait qu'elle est fixe chez ceux qui militent ) est éventuellement un dogme intellectuel ou idéologique, mais il n'est en rien religieux. Pas plus (ni moins) que ne le sont le collectivisme et la promotion de l'économie dirigée, ces deux mamelles de la prescription économique made in France (in)Culture à toute heure : dans la matinale, dans les journaux, au Grain à moudre et bien sûr dans L'Economie en questions.

- "les conducteurs de VTC se retrouvent dans une plus mauvaise situation que les taxis dont ils espéraient amenuiser le monopole" : les VTC se moquent bien du monopole ; ce qu'ils veulent c'est un emploi et s'ils pouvaient bénéficier d'un monopole pour avoir un emploi, il est probable qu'ils le feraient. Jean-Marc Daniel n'a guère de mal à rétorquer que la situation globale du transport individuel tarifé s'améliore, puisque l'offre augmente et que les prix baissent.

- "On va se retrouver dans la téléphonie mobile avec 2 ou 3 opérateurs et finalement une reconstitution des monopoles une fois que les concurrents sont ruinés" : visiblement Erner ignore la notion d'oligopole mais c'est pas grave. Pour lui, le crime des majors du secteur, c'est d'avoir gagné la partie. Peu lui chault que ceux qui l'on perdue y étaient entrés en connaissance de la situation, et qu'ils auraient pu faire partie des gagnants. Ca doit être tout simplement impossible à comprendre pour quelqu'un qui ignore la prise de risque et son corollaire qu'est le sens des responsabilités. Là encore, Jean-Marc Daniel n'a guère de mal à répondre que pour le consommateur la situation s'est améliorée. Guillaume Erner n'a peut-être pas de téléphone mobile ? Ca serait bien sa seule excuse pour dire de si grosses bétises.

- Autre exemple de contracyclique selon Guillaume Erner : l'éducation. Car voyez-vous Bernie Sanders (qui n'a pas eu l'investiture reconnait Erner, mais c'est bien connu, représente la tendance mondiale) juge que l'éducation coute trop cher, alors pourquoi tendre à la privatiser, demande Guillaume Erner". Ici la sottise est multiple : Erner part du préjugé que le service public coûte moins cher quand il est produit par la puissance publique (si c'était vrai ça se saurait) ; il semble ignorer délibérément que le niveau est meilleur dans l'école privée, et avec lui le rendement ; enfin que le financement sous forme de dette publique pour un service aussi piètre ne plaide en faveur de la fin de l'école libre -le désespoir et le rêve déçu de Pierre Mauroy- que si l'on préfère que le moins efficace des deux systèmes n'ait plus à souffrir la concurrence de l'autre.

A mi-chemin de la conversation nous entendons en un extrait assez bref la voix de François Fillon. Après quoi l'objectif de Guillaume Erner apparaît plus clairement : France Culture est déjà entré en campagne pour les présidentielles, et cette matinale en est un des premiers actes.

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... et même un doublé de doublé. - le Mar 20 Déc 2016, 03:45

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J'ai gardé une des meilleures pour la fin : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="07:49"]
- "les entreprises de bus font faillite parce que les prix sont trop bas" : ça, c'était pour coincer Jean-Marc Daniel en l'interrompant en pleine phrase. Il faut dire que la montée au filet est l'un des tours favoris de Guillaume Erner qui n'aime rien tant que profiter d'une respiration pour envoyer une savonnette sous les pieds de l'invité, enfin quand c'est un invité qu'il désire se payer, auquel cas il ne rate pas une occasion de le mettre au pied du mur, d'un "par exemple ?" ou d'un "lesquels ?" sommant ainsi son vis-à-vis de justifier par le détail une généralité dont il faisait argument ; ce faisant, Erner brise le fil de sa parole tout en portant le fer dans le camp adverse : mon bonhomme faudrait voir à donner des exemples hein, atassion je suis là pour veiller à la correction du propos.
Donc dans cette séquence assez loufoque qui mérite d'être écoutée pour elle-même, Erner s'essaie à démontrer que l'ouverture du transport de personnes aux réseaux de cars aura tout à la fois organisé un secteur économique non viable, désorganisé la SNCF (qui, c'est bien connu, était florissante avant la loi Macron), et créé des faillites. Tout cela est pure absurdité bien sûr, comme la réponse de Jean Marc Daniel le démontrerait sans mal à un adversaire qui saurait ce qu'est un prix d'équilibre, et pour qui la notion de "concurrence économique" méritait autre chose que l'inscription au Code Pénal.
La séquence entière : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="08:56"]

Au début de mon premier post j'ai parlé d'un doublé, or ce matin des doublés de Guillaume Erner il y en avait deux : d'une part avec ces deux invités à dégommer comme on le dit ci-dessus ; mais aussi parce qu'il a servi à l'auditeur deux exercices d'une nullité économique qui laisse rêveur, si l'on écoute coup sur coup l'Humeur du jour et Le deuxième invité. Dans L'humeur du jour, l'auditeur qui connaît bien son Erner sera tout surpris d'apprendre que ce petit Monsieur qui ne perd pas une occasion de dénigrer le détestable profit fricote avec un garagiste écoulant sa marchandise par 'Le bon coin'. Quelle marchandise ? De la bagnole d'occasion. J'apprends en cette occasion que les personnes pratiquant cette activité bien connue pour son honorabilité peuvent pratiquer leur commerce par 'Le bon coin'. Et voila-t-y pas qu'à l'occasion d'une modification de la page d'accueil du site, le prétendu 'ami' de Guillaume Erner voit se réduire sa clientèle de moitié, parce qu'une option proposée au visiteur modifie la structure du bassin de chalandise. Et comble d'horreur, c'est sans consulter le garagiste qu'Au bon coin a modifié cette page d'accueil, non mais vous vous rendez compte ? Il ne vient pas un seul instant à l'esprit de Guillaume Erner que pour l'économie globale ce changement n'en est pas un, que dans les faits il rapproche la demande d'une autre offre probablement plus pertinente. Il vient encore moins à l'esprit de cet ennemi de l'accumulation que son ami ne saurait accaparer une clientèle sans contrevenir aux règles sacro-saintes du partage. Mais enfin tout cela est cohérent avec sa détestation de la concurrence, à ceci près que pour cette fois elle ne se justifie pas par son amour du monopole d'Etat, mais par une préférence pour la rente dont profite un maquignon de sa connaissance. A moins que cette fable à moitié réelle ne soit aussi à moitié imaginaire, bricolée pour les besoins d'une matinale placée sous le signe de l'anti-concurrence.

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Re: Les matins de France Culture - le Mar 20 Déc 2016, 08:36

Nessie(http://www.regardfc.com/t19p520-les-matins-de-france-culture#27876) a écrit:./...

J'ai gardé une des meilleures pour la fin : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="07:49"]
- "les entreprises de bus font faillite parce que les prix sont trop bas" :
Précision, cette information est tout droit tirée d'un article de l'Humanité qui parle de la filiale d'un important groupe de transports par bus anglais qui s'est retiré du marché (et a profité de la loi sur les faillites, à vérifier, pour licencier son personnel). D'ailleurs plus loin, Erner parle "d'entreprises qui font faillite", puis vire à "une entreprise qui fait faillite." Il n'a visiblement pas suivi le dossier: des entreprises se sont lancées sur ce marché nouveau, pour réaliser qu'elles n'étaient pas assez bien organisées, qu'il fallait investir, que des lignes n'étaient tout simplement pas rentables, ne pouvaient être que saisonnières, etc. C'est un phénomène classique, bien connu en économie, mais apparemment pas par tout le monde.Les exemples fourmillent à chaque innovation du marché. Les petites boutiques indépendantes de distribution de téléphones mobile ont ainsi disparu, mais pas le téléphone mobile, au contraire.

Les matins de France Culture     Page 52 sur 58

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