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Les matins de France Culture    Page 53 sur 56

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Les matins de France Culture - le Dim 30 Aoû 2009, 10:03

Rappel du premier message :

Ce fil, le plus volumineux de notre forum, a été victime de son succès : ayant atteint les limites fixées par l'hébergeur il a été scindé en deux parties. Dans le premier commentaire après cette introduction, nous redémarrons à la rentrée de septembre 2014.

Nos lecteurs trouveront les 5 premières années (2009-2014) de commentaires sur la matinale de FC dans ce fil d'archives.
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Du bon usage de l'argument d'autorité - le Ven 09 Déc 2016, 12:54

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Quant à l'art polémique de Guillaume Erner cordialement venu dans ce forum pour apporter la contradiction (on ne saurait trop l'en remercier), en voici un exemple intéressant :
guillaume erner(http://www.regardfc.com/t94p310-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#27809) a écrit:[...] dernière chose au sujet du libéralisme. J'ai fait ma thèse de sociologie sous la direction de Raymond Boudon, c'est de notoriété publique elle est publiée dans sa collection aux PUF. Boudon, élève d'Aron, commentateur de Tocqueville, etc. Pensez-vous vraiment que ma conception du libéralisme soit aussi caricaturale que vous semblez le dire ? Votre discours de la méthode est délectable, mais commencez par l'appliquer à vous-même. Bonne journée, GE.


Voila un trait rhétorique qui est très proche de l'argument d'autorité. Il lui est même structurellement identique en ce qu'il fait appel à une propriété extérieure d'ordre général pour contredire un avis porté sur la production propre de l'animateur. La dite propriété aurait été transmise soit par l'autorité du maître, soit par son voisinage et par le commerce avec sa personne pendant les années de la thèse.
Ainsi, aux auditeurs qui jugent toute une partie de la production de France Culture (à tout le moins la matinale et les journaux) explicitement opposée à l'économie libérale, Guillaume Erner qui se trouvé logé en son coeur réplique par ce syllogisme : Raymond Boudon a pris la défense du libéralisme + j'ai passé ma thèse sous la direction de Raymond Boudon = je ne peux pas être grossièrement anti-libéral.

C'est très discutable. A titre de contre-exemple, un de mes amis gauchistes m'expliquait en 2003 qu'après ses premiers cycles en philosophie, il avait été passer une thèse chez Boudon "comme on va chez l'ennemi". Je n'étais pas spécialement dupe de la réalité de ses intentions, éventuellement je le soupçonnais de n'avoir pas réussi à s'inscrire ailleurs. Mais outre qu'il ne s'agit là que d'un exemple, mieux vaut considérer que de façon générale, on peut très bien passer une thèse de doctorat sous la direction d'un sociologue aussi irréprochable que Raymond Boudon tout en étant en complet désaccord idéologique avec lui. De la part de ce dernier c'est même une caution d'honnêteté intellectuelle qu'on chercherait en vain chez quelques autres grands patrons de la sociologie au point même qu'on peut risquer la contraposée : combien d'étudiants exempts de militance gauchiste ont obtenu leur grade de docteur sous la direction de Pierre Bourdieu ou d'un de ses disciples ? Je gage qu'on n'en dénichera pas beaucoup, si jamais on réussit à en identifier un seul.

Quant à la conception personnelle du libéralisme, peu importe qu'elle soit caricaturale ou dialectiquement affinée : ce qui compte c'est le message qui est transmis à l'auditeur. Je me demande si, bien considéré le corpus de ces 250 émissions et des 250 billets, Guillaume Erner maintiendrait sa réfutation de l'avis émis par notre Munstead. Munstead qui,  en fin de compte n'a pas spécialement critiqué les idées profondes de Guillaume Erner sur le libéralisme, mais ce qu'il a entendu de sa part sur le sujet et sur l'antenne pendant la matinale de France culture.

Il me revient qu'à l'automne 2015 alors qu'Erner était encore dans ses premiers mois aux commandes de la matinale, j'avais été tout à la fois stimulé et un peu inquiet de le voir appeler en renfort une fois Durkheim une fois Weber, afficher un jour les vertus de la neutralité axiologique et une autre fois recourir à l'une ou l'autre grosse ficelle de la sociologie engagée comme l'opposition classique dominants/dominés ; ainsi accordant ma confiance toutefois sous caution, et redoutant qu'avant longtemps la matinale ne tourne mal, ce qui n'a pas manqué d'arriver d'ailleurs.

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Vu à la télé - le Dim 11 Déc 2016, 23:20

Tombé dimanche sur l'émission de Bruce Toussaint sur la 5. Parmi les invités, un Erner sans lunettes, apparemment ravi comme tout d'être là, enfin invité à la télé. Lors d'une discussion (pardon, altercation) sur la bien-pensance, il a eu le temps et le front d'affirmer qu'il n'y a pas de bien pensance dans les Matins de FC, ni sur la chaîne, la preuve… la preuve c'est qu'on y  entend même l'abominable, le fond de placard sorbonnard, l'immonde droitiste sioniste… Finkielkraut comme vous l'aviez compris. AF servant de caution à l'idéologie de FC et de ses journaux, il fallait le faire.
On a aussi beaucoup apprécié Aude Lancelin (en robe de soirée? Un dîner habillé un peu plus tard? Une nuit debout assise?) qui n'a toujours pas digéré son licenciement de l'Obs et a affirmé qu'elle ouvrait toutes grandes les pages culture du magazine à l'éventail de la pensée actuelle  (de Rancière à Badiou aurait-elle pu préciser). Le débat (pardon, altercation) sur l'indépendance de la presse a montré que la plupart des participants ne savait même pas que dans les grands pays occidentaux on ne pouvait posséder qu'un nombre limité de journaux ou de chaînes, que les entreprises fournisseurs de l'État ne pouvaient posséder de médias, etc. Ces faits sont connus depuis trente ans au moins de tous ceux qui s'intéressent aux médias, Bayrou avait même proposé une réglementation stricte de la propriété de médias dans ses campagnes présidentielles, mais les invités présents et Toussaint avaient l'air de trouver ces idées bien difficiles à mettre en œuvre…

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Re: Les matins de France Culture - le Mer 14 Déc 2016, 08:02

Ce matin, la corruption est au programme, donc on appelle Fabrice Arfi. Arfi est un excellent journaliste. Son intervention met un fait en lumière: FC a décidé de sous-traiter toute enquête sur ce type de sujet à Mediapart (et accessoirement au Monde). Ses journalistes sont donc d'accord: plutôt que de faire un travail de recherche, autant passer un coup de fil à Mediapart. C'est plus facile et c'est moins cher. Et pourtant il y a bien des sujets pour lesquels FC serait bien placé : la corruption dans les milieux de la culture et en particulier de l'art, par exemple. Mais c'est une autre histoire…

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Leçon de géographie - le Ven 16 Déc 2016, 08:21

Le journal du matin est laissé aux géographes. Pourquoi pas? Cela fait partie de ces petites animations (au sens d'animation de supermarché) qu'Erner aime proposer. Nous avons donc droit à des géographes venant ânonner derrière le micro un texte écrit. Intérêt moyen. Impression que les géographes prennent le pouvoir dans les collèges et lycées. Ils sont géographes, certes mais aussi économistes, politologues, historiens, urbanistes, aménageurs du territoire, sociologues, théoriciens, techniciens, etc. Est-ce que leur formation les conduit à maitriser toutes ces disciplines? J'en doute et la question ne sera pas posée. Sont-ils à l'abri de biais politiques ou idéologiques, j'en doute encore plus en écoutant certains. Par exemple, la cartographe du monde débite un texte très écrit sur les couleurs de ses cartes publiées pendant la bataille d'Alep. Elle termine en regrettant de ne pas avoir mis le bleu de l'ONU le bleu et rouge des USA, le bleu azur de la France. Elle aurait pu le dire de façon neutre, elle a préféré rejoindre la vague d'émotion qui saisit les médias depuis quelques jours (et pour quelques jours) sur le cas d'Alep dont le sort était prévisible depuis trois mois. Puis Erner pose une excellente question sur la géographie physique. On lui répond qu'aujourd'hui il y a le GPS, que cela suffit aux enfants, qu' ils ne ressentent pas le besoin d'autre chose. On voit ici que la stupidité n'épargne pas les géographes, aussi intelligents soient-ils aujourd'hui (car il est sous-entendu que ceux qui ont précédé étaient des amateurs). Tout d'abord, l'enseignement doit-il répondre à ce qu'attendent les enfants? Certainement pas. On aimerait d'ailleurs savoir ce qu'attendent la plupart d'entre eux. Ensuite, savoir dans quel contexte physique nous vivons, vivent nos concitoyens, se déroulent des conflits est évidemment impératif, faut-il le rappeler. Cette réponse est donc atterrante. Et d'autant plus que nous disposons aujourd'hui de moyens cartographiques et audiovisuels qui permettent d'enseigner de façon vivante la diversité géographique physique qui reste un déterminant majeur du développement. Comment, par exemple, expliquer les phénomènes d'enclavement sans notion du contexte physique, comment comprendre le développement économique en dehors de la connaissance de la circulation des biens étroitement liée aux paysages, etc. Et ce mépris quand une géographe parle de l'apprentissage par cœur des noms de fleuves, des villes!

Pour résumer, cette émission a quand même eu un grand intérêt, celui de montrer la dérive des programmes d'enseignement qui, allègrement, ont éjecté les bases du savoir : orthographe, grammaire, chronologie historique et bien sur géographie physique. On élimine ce qui est immuable (plus ou moins) au bénéfice d'analyses dans l'esprit du temps. On demande à des enfants de onze ans d'avoir un regard critique sur l'histoire, avant de la connaître, de (exemple cité) s'intéresser aux problèmes d'une métropole-type, quand ils vivent à la campagne et ne savent rien de la région ni de l'histoire de cette grande ville, etc. Donc, d'une certaine façon, une émission enrichissante qui a valeur de preuve dans le grand débat sur les programmes de l'Éducation nationale.

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Re: Les matins de France Culture - le Lun 19 Déc 2016, 08:28

Une fois n'est pas coutume, excellent reportage sur une famille de migrants syriens du côté de Bar-le-Duc, laissée à elle-même dans l'oisiveté, l'inutilité. Pas d'argent, pas encore de cours de français, cinq mois après leur arrivée, juste une vague promesse d'un cours par semaine… La France, terre d'accueil…
Puis entretien avec un catho tradi volubile extraordinairement convaincu de son discours. Même Erner ne peut lui opposer qu'une citation de Kant, vite balayée. Ce rédacteur en chef de La Nef (est-ce vraiment ce qu'est devenue la revue de Lucie Faure?), très sûr de lui, s'engage sur un chemin verglacé sans laisser à Erner le temps de réagir. Il nous parle de "bien commun" qu'il comprend visiblement comme un "Bien" par opposition à un "mal" ce qui facilite son discours, lui donne un air logique,"normal", et illustre ainsi à l'obsession catholique du péché originel et du péché tout court.
Nous aurons aussi droit à un développement enthousiaste d'Erner sur Zsa Zsa Gabor, avec longue citation en anglais non traduite, repris par Perrier qui glousse sur les neuf mariages de la "star". FC, trouve maintenant ses infos dans Closer, et ça ne nous rajeunit pas. Présentation gênée de l'affaire des Basques, et non citation du nom de Tubiana puisqu'il serait regrettable de mentionner la LDH dans cet épisode de grand guignol avec la participation des Pieds nickelés.

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Un doublé de Guillaume Erner ... - le Mar 20 Déc 2016, 03:44

munstead(http://www.regardfc.com/t19p520-les-matins-de-france-culture#27873) a écrit:[...] entretien avec un catho tradi volubile extraordinairement convaincu de son discours. Même Erner ne peut lui opposer qu'une citation de Kant, vite balayée. Ce rédacteur en chef de La Nef (est-ce vraiment ce qu'est devenue la revue de Lucie Faure?), très sûr de lui, s'engage sur un chemin verglacé sans laisser à Erner le temps de réagir. Il nous parle de "bien commun" qu'il comprend visiblement comme un "Bien" par opposition à un "mal" ce qui facilite son discours, lui donne un air logique,"normal", et illustre ainsi à l'obsession catholique du péché originel et  du péché tout court.[...]

C'était donc en ce lundi un doublé de Guillaume Erner qui accueillait en une seule matinée deux de ses plus ardents ennemis idéologiques : un conservateur (lire : calotin) et un économiste libéral. Munstead a commenté le premier des deux entretiens. Le piquant y était que l'invité s'est présenté comme anti-libéral aussi bien en matière de mœurs qu'en économie. L'invité de la seconde partie, c'est Jean-Marc Daniel, que le producteur-présentateur va s'efforcer de coincer à chaque virage de la conversation. Il n'y parvient pas vraiment, mais ça n'est pas faute de s'être préparé. On ne sait pas trop avec qui : avec Olivier Pastré peut-être, ou avec les économistes de Terra Nova. En tous cas pour un allergique aux chiffres, il a su se préparer et répond du tac au tac à son invité, par exemple quand la discussion porte sur le système de santé, quand il produit des données comparatives pays par pays (certes assez vagues et ne résistant pas à la démonstration de Jean-Marc Daniel). Mais ça n'est pas bien grave car il est tellement nul en économie qu'il pourrait présenter l'émission du samedi sans que personne n'y voie de différence.

Le résultat, c'est que les absurdités pleuvent  :

- "C'est à contre-temps dit-il que la France se convertirait au libéralisme, puisque le monde entier devient de moins en moins libéral : voyez Donald Trump". Ah bon, Donald Trump c'est l'économie mondiale. Ca va loin, comme analyse. Et comme perception de l'histoire.

- "Le libéralisme est un dogme au sens quasiment religieux du terme" : Guillaume Erner qui à l'occasion balance sur la table son doctorat en sociologie, ne semble guère soucieux d'user avec quelque rigueur des termes que sa discipline devrait l'avoir habitué à traiter avec moins de légèreté. Le libéralisme même en tant qu'idée fixe chez certains de ses militants (et Dieu sait qu'elle est fixe chez ceux qui militent ) est éventuellement un dogme intellectuel ou idéologique, mais il n'est en rien religieux. Pas plus (ni moins) que ne le sont le collectivisme et la promotion de l'économie dirigée, ces deux mamelles de la prescription économique made in France (in)Culture à toute heure : dans la matinale, dans les journaux, au Grain à moudre et bien sûr dans L'Economie en questions.

- "les conducteurs de VTC se retrouvent dans une plus mauvaise situation que les taxis dont ils espéraient amenuiser le monopole" : les VTC se moquent bien du monopole ; ce qu'ils veulent c'est un emploi et s'ils pouvaient bénéficier d'un monopole pour avoir un emploi, il est probable qu'ils le feraient. Jean-Marc Daniel n'a guère de mal à rétorquer que la situation globale du transport individuel tarifé s'améliore, puisque l'offre augmente et que les prix baissent.

- "On va se retrouver dans la téléphonie mobile avec 2 ou 3 opérateurs et finalement une reconstitution des monopoles une fois que les concurrents sont ruinés" : visiblement Erner ignore la notion d'oligopole mais c'est pas grave. Pour lui, le crime des majors du secteur, c'est d'avoir gagné la partie. Peu lui chault que ceux qui l'on perdue y étaient entrés en connaissance de la situation, et qu'ils auraient pu faire partie des gagnants. Ca doit être tout simplement impossible à comprendre pour quelqu'un qui ignore la prise de risque et son corollaire qu'est le sens des responsabilités. Là encore, Jean-Marc Daniel n'a guère de mal à répondre que pour le consommateur la situation s'est améliorée. Guillaume Erner n'a peut-être pas de téléphone mobile ? Ca serait bien sa seule excuse pour dire de si grosses bétises.

- Autre exemple de contracyclique selon Guillaume Erner : l'éducation. Car voyez-vous Bernie Sanders (qui n'a pas eu l'investiture reconnait Erner, mais c'est bien connu, représente la tendance mondiale) juge que l'éducation coute trop cher, alors pourquoi tendre à la privatiser, demande Guillaume Erner". Ici la sottise est multiple : Erner part du préjugé que le service public coûte moins cher quand il est produit par la puissance publique (si c'était vrai ça se saurait) ; il semble ignorer délibérément que le niveau est meilleur dans l'école privée, et avec lui le rendement ; enfin que le financement sous forme de dette publique pour un service aussi piètre ne plaide en faveur de la fin de l'école libre -le désespoir et le rêve déçu de Pierre Mauroy- que si l'on préfère que le moins efficace des deux systèmes n'ait plus à souffrir la concurrence de l'autre.

A mi-chemin de la conversation nous entendons en un extrait assez bref la voix de François Fillon. Après quoi l'objectif de Guillaume Erner apparaît plus clairement : France Culture est déjà entré en campagne pour les présidentielles, et cette matinale en est un des premiers actes.

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... et même un doublé de doublé. - le Mar 20 Déc 2016, 03:45

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J'ai gardé une des meilleures pour la fin : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="07:49"]
- "les entreprises de bus font faillite parce que les prix sont trop bas" : ça, c'était pour coincer Jean-Marc Daniel en l'interrompant en pleine phrase. Il faut dire que la montée au filet est l'un des tours favoris de Guillaume Erner qui n'aime rien tant que profiter d'une respiration pour envoyer une savonnette sous les pieds de l'invité, enfin quand c'est un invité qu'il désire se payer, auquel cas il ne rate pas une occasion de le mettre au pied du mur, d'un "par exemple ?" ou d'un "lesquels ?" sommant ainsi son vis-à-vis de justifier par le détail une généralité dont il faisait argument ; ce faisant, Erner brise le fil de sa parole tout en portant le fer dans le camp adverse : mon bonhomme faudrait voir à donner des exemples hein, atassion je suis là pour veiller à la correction du propos.
Donc dans cette séquence assez loufoque qui mérite d'être écoutée pour elle-même, Erner s'essaie à démontrer que l'ouverture du transport de personnes aux réseaux de cars aura tout à la fois organisé un secteur économique non viable, désorganisé la SNCF (qui, c'est bien connu, était florissante avant la loi Macron), et créé des faillites. Tout cela est pure absurdité bien sûr, comme la réponse de Jean Marc Daniel le démontrerait sans mal à un adversaire qui saurait ce qu'est un prix d'équilibre, et pour qui la notion de "concurrence économique" méritait autre chose que l'inscription au Code Pénal.
La séquence entière : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="08:56"]

Au début de mon premier post j'ai parlé d'un doublé, or ce matin des doublés de Guillaume Erner il y en avait deux : d'une part avec ces deux invités à dégommer comme on le dit ci-dessus ; mais aussi parce qu'il a servi à l'auditeur deux exercices d'une nullité économique qui laisse rêveur, si l'on écoute coup sur coup l'Humeur du jour et Le deuxième invité. Dans L'humeur du jour, l'auditeur qui connaît bien son Erner sera tout surpris d'apprendre que ce petit Monsieur qui ne perd pas une occasion de dénigrer le détestable profit fricote avec un garagiste écoulant sa marchandise par 'Le bon coin'. Quelle marchandise ? De la bagnole d'occasion. J'apprends en cette occasion que les personnes pratiquant cette activité bien connue pour son honorabilité peuvent pratiquer leur commerce par 'Le bon coin'. Et voila-t-y pas qu'à l'occasion d'une modification de la page d'accueil du site, le prétendu 'ami' de Guillaume Erner voit se réduire sa clientèle de moitié, parce qu'une option proposée au visiteur modifie la structure du bassin de chalandise. Et comble d'horreur, c'est sans consulter le garagiste qu'Au bon coin a modifié cette page d'accueil, non mais vous vous rendez compte ? Il ne vient pas un seul instant à l'esprit de Guillaume Erner que pour l'économie globale ce changement n'en est pas un, que dans les faits il rapproche la demande d'une autre offre probablement plus pertinente. Il vient encore moins à l'esprit de cet ennemi de l'accumulation que son ami ne saurait accaparer une clientèle sans contrevenir aux règles sacro-saintes du partage. Mais enfin tout cela est cohérent avec sa détestation de la concurrence, à ceci près que pour cette fois elle ne se justifie pas par son amour du monopole d'Etat, mais par une préférence pour la rente dont profite un maquignon de sa connaissance. A moins que cette fable à moitié réelle ne soit aussi à moitié imaginaire, bricolée pour les besoins d'une matinale placée sous le signe de l'anti-concurrence.

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Re: Les matins de France Culture - le Mar 20 Déc 2016, 08:36

Nessie(http://www.regardfc.com/t19p520-les-matins-de-france-culture#27876) a écrit:./...

J'ai gardé une des meilleures pour la fin : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13983-19.12.2016-ITEMA_21169949-3.mp3" debut="06:50" fin="07:49"]
- "les entreprises de bus font faillite parce que les prix sont trop bas" :
Précision, cette information est tout droit tirée d'un article de l'Humanité qui parle de la filiale d'un important groupe de transports par bus anglais qui s'est retiré du marché (et a profité de la loi sur les faillites, à vérifier, pour licencier son personnel). D'ailleurs plus loin, Erner parle "d'entreprises qui font faillite", puis vire à "une entreprise qui fait faillite." Il n'a visiblement pas suivi le dossier: des entreprises se sont lancées sur ce marché nouveau, pour réaliser qu'elles n'étaient pas assez bien organisées, qu'il fallait investir, que des lignes n'étaient tout simplement pas rentables, ne pouvaient être que saisonnières, etc. C'est un phénomène classique, bien connu en économie, mais apparemment pas par tout le monde.Les exemples fourmillent à chaque innovation du marché. Les petites boutiques indépendantes de distribution de téléphones mobile ont ainsi disparu, mais pas le téléphone mobile, au contraire.

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Re: Les matins de France Culture - le Mer 21 Déc 2016, 10:12

Erner reçoit ce matin un diplomate allemand et une historienne. Il tient à leur faire tracer un parallèle entre le terrorisme en  Allemagne dans les années 70-80 et le terrorisme islamiste actuel. C'est un peu la thèse d'Olivier Roy selon lequel c'est la radicalisation qui s'islamise et non pas l'islamisme qui se radicalise ou est radical (du fait du colonialisme, des conditions économiques et sociales) et non pas l'islamisme. Erner pose donc sa question à la mode. le diplomate répond non, rien à voir. L'historienne répond non. Mais Erner semble dépité, insiste. Ça alors! Des spécialistes qui n'approuvent pas les thèses de l'ancien maoïste Roy. Comme c'est étrange. Et pourtant ce grand connaisseur de l'Afghanistan nous explique à longueur de tribunes que les jeunes qui se radicalisent passent maintenant par la case Islam. C'est à désespérer de la nouvelle extrême-gauche. Flop.

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L'avenir radiophonique de Guillaume Erner - le Jeu 22 Déc 2016, 01:08

munstead(http://www.regardfc.com/t19p520-les-matins-de-france-culture#27878) a écrit:Erner reçoit ce matin un diplomate allemand et une historienne. Il tient à leur faire tracer un parallèle entre le terrorisme en  Allemagne dans les années 70-80 et le terrorisme islamiste actuel. C'est un peu la thèse d'Olivier Roy selon lequel c'est la radicalisation qui s'islamise et non pas  l'islamisme qui se radicalise ou est radical (du fait du colonialisme, des conditions économiques et sociales)  et non pas l'islamisme. Erner pose donc sa question à la mode. le diplomate répond non, rien à voir. L'historienne répond non. Mais Erner semble dépité, insiste. Ça alors! Des spécialistes qui n'approuvent pas les thèses de l'ancien maoïste Roy. Comme c'est étrange. Et pourtant ce grand connaisseur de l'Afghanistan nous explique à longueur de tribunes que les jeunes qui se radicalisent passent maintenant par la case Islam. C'est à désespérer de la nouvelle extrême-gauche. Flop.

Je dois dire que cet échange m'a quelque peu rassuré car j'aime les séries. Erner avait bravement commencé sa semaine avec deux matinales sur le mode agonistique : dans de tels cas, de serpillière Terra Novienne il se transforme en preux chevalier affrontant la Réaction. Lundi, il croise le fer avec un conservteur puis avec un libéral ; mardi le voila en Russie qui dans un ridicule billet de 6h58 enjoint au monde entier de suivre ses prescriptions (médias, djihadistes, Dieu aussi je crois) puis face à des invités qui ne sont pas assez Poutinophobes il a fort à faire mais il leur tient tête, courageux petit Tintin du micro qui poursuit un véritable itinéraire de baroudeur. Et ce mercredi matin ? Saperlipopette voila qu'à 7h40 nous entendons la voix d'Isabelle Huppert, devant qui Guillaume Erner se trouve bien désarmé non pour lutter car ils sont du même camp idéologique, mais désarmé simplement pour l'interviewer. Il faut comprendre, aussi : recevoir une personnalité du monde artistique n'est guère dans ses habitudes. Du coup ses questions défilent, dont certaines fort bien venues et d'autres tout à fait neu-neu, sans lien véritable entre elles on devine que comme Laure Adler et Manou Farine, il suit un conducteur et qu'il ne connaît pas grand chose ni du cinéma, ni de la problématique du comédien (en l'occurrence une comédienne). On comprend les raisons de cette invitation quand viennent les questions pipole : eh oui, c'est là un des grands sujets de Guillaume. L'entretien est-il réalisé en direct ou bien a-t-il été pré-enregistré ? Je penche pour la seconde hypothèse. Et après cet intermède de douceur face au second invité de ce mercredi, bravement Guillaume remet les gants et remonte sur le ring : et c'est de nouveau un entretien polémique, où il tente de faire pièce à ses interlocuteurs mais il n'obtient pas beaucoup plus de succès que les deux matins précédents. Va-t-il poursuivre sa série de talk-fighter jeudi et vendredi, et aligner un chelem complet d'entretiens-baston qui tous se concluront pour lui en déculottée ?

Mon pronostic : Guillaume Erner prépare son évasion en direction de la télévision : son ridicule billet de 6h58 est dans le plus pur style Canal+ dernière mouture : ricanant, maniant sans complexe le sarcasme le plus facile et les effets les plus grossiers qui font de lui un animateur presque aussi lourd que Yann Barthès qui vient justement de libérer son siège ; et par son style d'interview, accrocheur et rentre-dedans, il se pose en rival d'un dérangeur comme Jean-Jacques Bourdin. Il y aurait là de quoi nous rendre optimistes : si tout se passe selon ses souhaits, dès la rentrée prochaine il suivra l'exemple de son modèle Nicolas Demorand en filant vers des cieux où l'on récolte davantage de notoriété. Il le fera au besoin en brisant son contrat par surprise comme l'avait fait Demorand quittant Inter pour Europe sans même faire jouer la clause de conscience alors que la raison était bien celle d'un désaccord avec son nouveau Directeur.  A moins que sentant le vent tourner, il ne se prépare tout simplement à quitter  Radio France avec armes et bagages en mai prochain, de son plein gré ou à coups de pied dans le cul, propulsé par une purge de Radio France si d'aventure une injonction venue d'en haut imposait au CSA de remplir enfin sa mission de veiller à la neutralité idéologique dans le service public.

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Vivarte suite - le Jeu 22 Déc 2016, 08:12

Marie Viennot suit ses dossiers. Aujourd'hui, elle repart en guerre sur (contre?) Vivarte avec un titre à peine racoleur sur le Noël de employés du groupe. Sa vision ne porte que sur les risques bien réels pour l'emploi chez ce distributeur en quasi faillite depuis 10 ans et qui a épuisé les ressources de ses actionnaires, eux qui ont pratiquement perdu tout leur investissement. Mais pour Vienot, les actionnaires ne comptent pas (sauf leurs sous). Elle ne réclame pas encore d'argent public (pour distribuer des Tshirts et des chaussures) mais ça viendra. Elle s'étonne du silence général sur cette affaire, ce qui montre qu'elle ne lit pas sérieusement la presse économique et sur celui des candidats aux présidentielles qu'elle a interrogés. Seul Saint Benoît Hamon lui a répondu , mais sur les fonds vautour, pas sur Vivarte et ce n'est pas exactement le même problème. C'est plus facile.
Un peu avant, un commentaire tout aussi orienté sur la vente de STX/ Chantiers de Saint Nazaire. Seuls des syndicalistes sont interrogés. Doit-on imaginer que les vendeurs et les acheteurs sont plus difficiles à joindre, ou que la Viennot de service n'y pense tout simplement pas? C'est l'économie sur FC: vue exclusivement à travers les salariés (même pas l'emploi). Le contexte économique, financier, l'évolution du capital tout cela ne compte pas. On arrive même à nous présenter sous un jour inquiétant les commandes qui garantissent l'emploi à 10 ans à Saint Nazaire et l'on termine sur l'originale solution de FO: renationaliser les chantiers navals. Il est vair que l'État n'en est pas à quelques milliards de plus ou de moins en ce moment, à ce que l'on dit.
Entendu hier par notre journaliste surexcité, Kasmi: faire passer le budget de la Défense de 1,77 à 2% du budget ferait augmente nos impôts de 10%. En est-il bien sûr. Hollande s'est opposé à cette demande de son chef d'État-Major. Valls est pour. Y-a-til un mot plus moderne pour pétaudière?

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