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Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre.    Page 4 sur 10

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Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Mer 01 Sep 2010, 19:45

Rappel du premier message :

"Le rendez-vous" est une émission intéressante. Non pas pour son contenu, pour sa forme.

Sa forme est un simulacre de mutation et d'hybridation, prise dans la plus totale paralysie.

En ceci, elle nous montre comment des recettes emprisonnent la réflexion.

Quel est le projet des "Rendez-vous" ? Offrir un "Direct Culture Media Musique - soit une heure d'actualité culturelle en trois temps". Je cite ici la présentation de l'émission sur sa page FC.
C'est bien du temps qu'il est question, d'ailleurs, dans "Le rendez-vous". Du temps même qui sera dévolu à nier la réflexion, à nier la pause nécessaire à la réflexion. En ceci, le "Journal de la culture" de Raphaël Bourgois est symptomatique. Toujours sur le site, on nous précise qu'en sept minutes, l'essentiel de l'actualité culturelle nous est offert.

"Le journal de la culture" n'est pas une invention radiophonique. C'est même l'anti-forme radiophonique, par excellence. C'est un truc journalistique qui traîne dans la presse écrite. Quiconque a lu "Le Monde" a constaté que dans les pages de ce journal, on trouve des entrefilets : nombre d'ouvrages vendus grâce au prix Goncourt, rachat de telle maison d'édition, absence de tel cinéaste à une remise de prix ...
Sur la page du journal, ces brèves prennent leur sens, elles divertissent, elles donnent une information brute, elles délassent le regard du lecteur.

Autre exercice formel du "Rendez-vous" : l'invité du jour pose une question à l'invité du lendemain.
Nouvel exercice formel : le questionnaire de Manou Farine. Celle-ci reprend le principe du questionnaire de Proust et l'applique à un invité.
A savoir, ce truc a été trouvé par les "Inrocks". La question qui débutait leur questionnaire était "Qu'est-ce qui vous donne envie de vous lever le matin ?"

Un journal, un magazine se lisent. C'est un truisme ! Une radio s'écoute. Autre truisme ! Néanmoins, la lecture peut être linéaire, elle peut aussi se faire en diagonale, dans le va et vient.

C'est là l'impuissance et la limite radiophonique du "Rendez-vous". Cette émission n'a pas de forme radiophonique. Elle est calquée sur des formes de la presse écrite. J'insiste sur le terme de formes parce que la presse écrite a recours à ces formes comme à des diversions.
Elles servent à mettre de la respiration, à aérer le texte.

La question du temps, maintenant.
"Le rendez-vous" fonctionne comme un collage. C'est là que sa tentation ou tentative formelle d'hybridation connaît de nouvelles limites et un nouvel échec.
Il est d'ailleurs intéressant de noter que sur la page Fc dédiée à l'émission, on trouve une galerie de portraits des invités sous forme de collage de micro-photos comme une volonté de donner de l'instantané, de l'immédiat, du direct (une fois encore), une volonté de coller au momment, à sa soi-disant vérité.

"Le rendez-vous" fonctionne comme un dispositif (mot cher à Laurent Goumarre, d'ailleurs) qui cherche à mimer le temps, qui cherche à mimer le temps qui s'écoule, qui voudrait se couler dans ce temps, cette actualité mais qui, paradoxalement, le sclérose en recettes journalistiques.

On a, du coup, une sorte de séries de discours formels qui, en fait de dynamisme, propose à entendre le discours redondant d'une actualité qui mimerait sa propre représentation.

Il y a une impasse formelle. Le malheur de cette impasse formelle est qu'elle débouche sur une impasse intellectuelle.
"Le rendez-vous" n'a rien à dire. Il bégaie des échos journalistiques et sa forme parfaitement opérationnelle coupe court aux idées, s'oppose à leur développement.

Explique peut-être pourquoi elles sont singulièrement absentes d'un magazine à vocation "culturelle".

A cela, on reviendra ...
* * *

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pas d'avion. - le Jeu 04 Nov 2010, 16:49

Je me relis et je crois que je me trompe: c'était pas un accident d'avion, c'était des alpinistes. Ensuite, un hélicoptère est venu pour les récupérer, mais les sauveteurs sont morts aussi.

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Jeu 04 Nov 2010, 16:57

vincent a écrit:
Et puis, dans une attaque très hardie (je ne suis pourtant pas un moulin à vent), vous m'accusez d'avoir le cerveau aussi sec qu'un prompteur de i-télé, alors il faut que je vous détrompe. Je suis tout à fait pour qu'on me transporte ou m'émerveille...
Je ne crois pas vous avoir accusé ni vous ni votre cerveau mais m'inquiétait de votre complaisance à l'égard d'une calembredaine d'émission. Mes points de référence radio sont peut-être devenus has-been mais je ne me rangerai pas aux côtés du moins-disant et vaille que vaille sur mon beau destrier jaune (une kangoo pop) je continuerai à bouter les "INA-rien-compris-à-la-radio-genre-martel" hors de mes ondes… de la radio, je m'exclame.

Merci d'avoir pris le temps de préciser votre point de vue;

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Jeu 04 Nov 2010, 19:12

j'interviens dans cet échange alors que je n'écoute pratiquement jamais cette émission et lâchement, je vais dire que je n'en pense pas grand chose.
Par contre (et je voulais en parler dans le fil "pourquoi j'aime la radio" ouvert par fanch), j'ai envie d'intervenir dans la discussion à propos de l'imaginaire.Je ne sais pas si la télé a détruit l'imaginaire (j'en ai quand même vaguement l'intuition) mais, par contre, je ne vois pas comment on peut dire qu'une image de télé peut exciter l'imagination. Du moins, la quasi totalité des émissions de télé.Devant une image, on est scotché, elle emplit le cerveau, on ne pense plus, dans l'immédiat. Du moins, pour moi, il en est ainsi.Et j'oublie presqu'aussitôt cette image. Je peux m'en souvenir si elle fait partie d'une narration (comme disait l'autre jour Finch pour le cinéma), mais en quoi nourrit-elle mon imaginaire?
Alors que la radio n'ayant pas capter le sens de la vision, me laisse la capacité de laisser mon cerveau fonctionner pour imaginer, pour relier ce que j'entends à d'autres visions mentales et tout simplement , entendre la ou les voix est un véritable plaisir sensuel.il y a quelque chose, me semble t-il, dans ce plaisir, de la madeleine de Proust.
Je ne dis pas que la télé est inutile: par exemple, pour faire comprendre des phénomènes scientifiques. Cela ne remplace pas un prof, mais cela est une sacrée aide.Mais tout ça, ce n'est pas de l'imaginaire.

Ce que je dis là, c'est du brut de décoffrage et je ne sais pas si c'est très clair, mais le clarifier servira à qque chose

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Jeu 04 Nov 2010, 19:33

Cher Vincent, mais bien entendu que je n'ai nulle rancune à votre égard ! J'ai bien compris que nous n'avions pas les mêmes attentes ... Ou les mêmes choix esthétiques et tout ce qui en découle.
Ainsi ce que je dis de la représentation du temps, c'est qu'elle est là pour mimer, surligner qqch, faire un effet.
Et qu'il n'y a que de l'effet.
Ensuite si Goumarre invite des beautiful people (pour reprendre votre expression) qui ont l'honneur d'être invités à FC, ma foi, si cela vous va, une fois encore tant mieux !

Merci, merci, merci au "Rendez-vous" de me faire rêver tous les débuts de soirée devant mon beau livre d'images pieuses.

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Interrogation vespérale du côté de ''l'imaginaire'' - le Jeu 04 Nov 2010, 19:57

Dites, Vincent, ôtez-moi d'un doute ... Lorsque vous parlez de pornographie et enchaînez sur les parties "fragiles" de l'imaginaire, vous ne parlez quand même pas des couilles ?

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Dispositif à moulins. - le Jeu 04 Nov 2010, 20:36

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Jeu 04 Nov 2010, 20:43

Je le voyais bien venir celui-là l'occasion était trop belle… Merci François (et Vincent)…

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Jeu 04 Nov 2010, 21:59

pour ne pas persister dans ma lâcheté, je pense que cette émission n'est pas désagréable( ça crie pas trop, c'est pas trop vulgaire, Goumarre n'est pas vulgaire) mais qu'elle est plutôt nulle et que j'ai bien du mal à écouter quand bien même; il faudrait en faire la critique...ça fatigue trop

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Ven 05 Nov 2010, 07:01

Bonjour Vincent,
peut-être que nous sommes des petits cons prétentieux, ou plutôt je ne vais pas parler pour les autres, peut-être que je suis un petit con prétentieux, mais il y a un de vos reproches que je ne peux pas accepter, c'est quand vous accusez de ne pas juger sur pièces mais à partir d'idées préconçues.

Ca fait des années que j'écoute cette radio, et il y a vraiment eu un moment où j'avais un malaise grandissant, sans me le dire clairement. L'ancien forum de radio-france et celui-ci m'ont permis de lire des gens qui mettaient des mots sur ce que je ressentais, tout simplement.
Après, vous pouvez dire que je me répète, effectivement, mais en ce qui me concerne l'émission de Delorme cet été m'a conforté dans l'idée qu'il y a à FC les ressources pour faire une radio qui ne ressemble pas à ce qu'on entend trop souvent, que nos attentes nos rien de délirant.

Pour Goumarre, je ne sais pas quoi vous dire. Franchement, je n'aurais jamais cru trouver quelqu'un sur ce forum capable de défendre son émission, tant elle est irritante. Est-ce qu'il singe la télé ou est-ce qu'il joue avec ses codes, j'avoue que votre question n'est pas mal du tout et que je n'avais jamais envisagé les choses comme cela, mais bon voilà pour moi la réponse est évidente et ne va pas dans votre sens.
Autre chose : chez lui et chez Martel encore plus, non seulement l'émission est médiocre mais on sent un contentement de soi qui ne peut qu'exciter en retour, sinon de l'agressivité, au moins un très fort agacement. Ca fait une sacrée différence avec Marie Richeux, et c'est pour ça que les commentaires à son égard son bien plus nuancés.

Sur Kronlund et les "gens qui ne sont pas au menu si souvent": Si FC estime que ce genre de sujet est vraiment indispensable, eh bien pour une fois je les trouverais bien inspiré de s'inspirer de la télé, je pense à Strip-tease sur France 3, qui ne cherche pas à m'imposer le jugement et la vision du monde du réalisateur, là aussi ça fait une sacrée différence.

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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Ven 05 Nov 2010, 09:17

Il y a sans doute, Vincent, une différence fondamentale entre votre position et la mienne.
Par exemple, vous parlez de ce documentaire sur un sauvetage en montagne qui vous aurait fait vibrer. Une fois encore, pourquoi pas ? Vous ajoutez que ce documentaire fut certainement plus fort que celui de Colette Fellous à Buenos Aires. Une fois encore, pourquoi pas ?
Simplement, c'est votre histoire, votre subjectivité et tout le monde a des préférences. Des goûts et des couleurs, on ne devrait sans doute jamais parler et on ne fait que ça.

Or ça ne sert à rien sinon à se conforter dans sa subjectivité. Vous parlez beaucoup de goûts, d'opinions. Mais on s'en fout des goûts et des opinions puisque ce sont les choses du monde les mieux partagées.
Là où ça peut devenir un peu intéressant, c'est quand on commence à s'interroger sur ce qui fait la singularité d'une subjectivité, sur ce qui peut l'affiner, l'ébranler, l'enrichir ou l'appauvrir.

Il se trouve que lorsque FC (notamment dans des émissions comme celles de Goumarre) passe tout et tout le monde à la moulinette des mêmes effets, on perd toute possibilité de distance critique. Et avec ce genre d'émissions qui prolifèrent et occupent l'espace médiatique, y compris sur FC, l'espace critique se réduit comme peau de chagrin.

Ainsi, je dois avouer que lorsqu'on avez parler de "beautiful people" chez Goumarre, j'en suis restée bouche bée. Qu'en a-t-on à faire des beautiful people ? Au demeurant, pourquoi voulez-vous du beautiful people, qu'est-ce qui plaît là-dedans ? Et s'ils n'ont rien à dire les beautiful people, s'ils sont là parce qu'ils sont en promotion parce que bien obligés, qu'est-ce qu'on en fait ?

Par exemple, chez Goumarre, qu'est-ce qu'on en a à fiche que Blier raconte pour la énième fois les mêmes anecdotes sur sa rencontre avec Gabin qui lui demande si son producteur a du "pognonos" ?

A mon sens, rien !

Quant à ma remarque, on vous avez cru lire que je vous taxais de concupiscence ( ah, quel mot !), laissez-moi vous dire que je ne vous taxe de rien de tout car que vous soyez ou non "concupiscent" m'indiffère totalement.
Simplement, il y avait ces échanges sur l'image et la façon dont elle ligoterait l'imaginaire et vous avez cru utile ou pertinent de rapprocher cela de la prolifération des images pornographiques.
Vous avez notamment écrit qu'il y avait des "parties fragiles de l'imaginaire". Je me suis demandé de quoi vous vouliez parler au juste.
D'autant que je ne sais pas si vous marquez une différence entre imaginaire et imagination, deux mots et deux idées où on retrouve ce mot d'image, d'ailleurs.

En outre, de quel imaginaire vouliez-vous parler ? Du vôtre, d'un quelconque imaginaire collectif ?

S'il s'agit de l'imaginaire collectif, je crois qu'en faisant à son tour des émissions sans créativité, sans écart formel par rapport à ce qui est la norme, consensuelles dans le contenu, FC contribue à appauvrir l'imaginaire collectif ou à le dresser vers les mêmes directions.

Il faudrait d'ailleurs pour que ces échanges ne soient pas pur baratin, on sache un peu de quoi vous voulez parler en écrivant "imaginaire".

Bref, je me suis demandé ce que venait faire cet exemple des images pornographiques là-dedans.

Enfin, je me méfie toujours des gens qui mettent tout sur le compte de l'émotion, des goûts etc., tout pour échapper à la réflexion, au doute ...

Bien entendu, si pour vous, le doute ou la volonté (peut-être peu accomplie, parfois) d'être dans un rapport critique au discours, c'est faire preuve de méfiance paysanne, nous ne sommes pas sur le même mode existentiel.
D'autant que je crois que la méfiance paysanne, c'est surtout avoir peur de l'étranger et avoir peur pour son "bien".

A ce titre, et pour en revenir à Goumarre, si la forme de son émission ne soulève aucune question, tant mieux pour vous, une fois encore !
Simplement, je ne crois pas qu'une forme radiophonique soit "innocente". Et au demeurant, on peut aussi se poser une autre question.
Si Goumarre (comme vous le suggérez)a sciemment choisi de parodier les formats TV, pourquoi a-t-il fait ce choix plutôt qu'un autre ? Et pourquoi ce choix a-t-il pris corps à cette période plutôt qu'à une autre ?

En revanche, tiens, ce qui me semble intéressant, c'est, par exemple, ce que Laurentin et ses invités sont en train de raconter en ce moment sur les "fictions d'histoire".



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Re: Le rendez-vous, un dispositif sur deux plateaux de Laurent Goumarre. - le Ven 05 Nov 2010, 10:28

D'abord OPA, JL et la nouvelle dir des programmes NE SAVENT PAS la chance qu'ils ont d'avoir des auditeurs non seulement instruits (et dessinateurs) mais qui prennent le temps d'analyser et/ou commenter ce qui se passe sur FC. J'espère qu'un thésard de la chose radiophonique s'intéressera un jour à nos propos passionnés/passionnants.
Il en va de même pour les productrices/producteurs qui ont ici une chambre d'écho exceptionnelle, pas parce qu'on est extraordinaires mais parce qu'on est attentifs, vigilants, critiques. Quand bcp se contentent du pouce levé de face de bouc et du piou-piou de tweeter. Nous sommes leur vrai "comité de salut public" (ne craignez pas de modifier cette formule si elle ne vous convient pas) et ils ne devraient pas nous ignorer trop longtemps eux qui n'ont à la bouche qu'interactivité !! Nous aurons compris l'interactivité qui les arrange pas celle qui les dérange et comme disait Coluche " Ce n'est qu'un combat, continuons le début"

Pour françois : Don Quichotte c'était "les moulins avant et maintenant les ondes…), il s'exclame.

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