Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

"Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs".    Page 2 sur 3

Bas de page ?   

1
Répondre en citant  
"Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Jeu 02 Sep 2010, 08:42

Rappel du premier message :

Du temps où Ali Baddou animait la matinale de FC, j'entendais la chronique hebdomadaire de Catherine Clément. La voix aiguë et autoritaire de ces cing minutes déclamées une fois par semaine m'avait toujours empêchée de vraiment prêter attention à ce que disait cette dame.
Depuis l'an dernier, Catherine Clément dispose d'une vraie émission hebdomadaire.

"Cultures de soi, cultures des autres" , une heure avec Catherine Clément. Je me demande combien coûte ce plaisir rare - sans doute plus cher qu'une nuit avec la grosse Lulu !

Hier soir, Catherine Clément recevait Emmanuel Pierrat, avocat, écrivain, éditeur, collectionneur. De toute évidence, cette rencontre ravissait Mme Clément :" Emmanuel Pierrat, un extra-terrestre parmi nous" a-t-elle d'ailleurs dit à plusieurs reprises pour saluer l'originalité extrême de son invité. Je me suis demandé ce que David Vincent aurait pensé de cette émission, en apparence respectable, où on invitait les "envahisseurs". Car Catherine Clément sait aussi reconnaître ces ET infiltrés dans notre monde.
Emmanuel Pierrat fait plein de choses à la fois "grâce à une particularité physiologique que je ne dévoilerai pas tout de suite" dixit Mme Clément qui sait faire monter le suspense. Pour un ET, ne pas être comme le mortel lambda, c'est bien le moins. Le mystère est que Emmanuel Pierrat dormirait fort peu; "Veinard ! " s'est écrié Mme Clément. "Alors, comment faites-vous ?"
Je m'attendais à ce que l'empathie chaleureuse de Mme Clément ne l'amène à demander à Maître Pierrat s'il ne prenait pas une tisane, tilleul ou camomille, afin de faciliter son sommeil.

Parmi ses nombreux bouquins, E. Pierrat en a fait un sur Maître Isorni, l'un des deux avocats de Pétain. Et ça, c'est méchant, méchant, méchant ! Vilain garçon !
Et Catherine Clément (car c'est quand même une heure que nous passons toutes et tous et Pierrat aussi avec la vieille dame indignée) ne se prive pas de morigéner Pierrat : "Non, mais vous croyez que vous me faites plaisir là ?"

Maître Emmanuel Pierrat ne devrait apporter que des macarons de chez Hermé quand il rend visite à Mme Clément !

Et l'invité d'expliquer qu'Isori, davantage qu'un extrêmiste, était un anarchiste de droite, très anti-gaulliste.

Tout ça, c'est la "noirceur" intrinsèque à certains avocats a bien saisi Mme Clément. Car certains dans cette profession vont vers le bien ou vers le mal comme Vergès ou Emmanuel Pierrat, himself !

Là, nous comprenons que "l'extra-terrestre parmi nous" est mi-ange, mi-démon et un frisson moral vient nous gratouiller l'échine.

Au bout du compte, qu'avons-nous eu pendant cette heure avec Catherine Clément ? Une longue et superficielle (au plan critique) présentation des livres d'Emmanuel Pierrat, copieusement assaisonnée des pires lieux communs moraux.
Lieux communs assénés avec la parfaite assurance de la vieille dame que son statut de vieille dame respectable installe dans la position confortable de la donneuse de leçons.
A noter aussi, Catherine Clément aime l'affect, tout la remue, émeut, secoue ... Bref, elle se voit en passonaria de la doxa. Chacune de ses émotions devient un slogan. Ses opinions ont valeur de ligne directrice morale.

Catherine Clément, derrière ses émotions et ses banalités, est un censeur.

Et c'est là que je suis gênée ... On a beau avoir une rime, censeur n'est pas penseur. Une fois encore, les déclarations à l'emporte pièce de Catherine Clément ne valent pas plus que celles de n'importe qui.
A quoi bon alors faire appel à cette femme et offir une tribune (une heure !) pour la promotion de son ego ?
D'aucuns sont des clowns narcissiques et roublards. Pourtant, à les écouter, une vraie sensibilité, une lecture travaillée, mûrie, du monde, des choses affleure.

Catherine Clément, ce n'est pas ça et "Cultures de soi, cultures des autres" est un mélange de vulgate et de cure dépurative. Rien n'y est pensé, ni réfléchi. L'intelligence a cédé le pas à l'émotion qui trouve quelques cautions dans des anecdotes ramassées de ci, de là.

Finalement, l'autorité alliée à la mièvrerie, ça vaut bien le sabre et le goupillon.
* * *

11
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Mar 07 Déc 2010, 20:09

A consulter pour faire la part des choses :
http://www.lumieresprimaires.com/blog/

On lira grâce au lien ci-dessus une analyse et une critique circonstanciée d'un anthropologue du CNRS sur les émissions faites par Catherine Clément sur le peuple Dogon. En matière d'honnêteté intellectuelle, ça fait mal ! A Mme Clément, pas aux Dogons. Il est intéressant de noter que déjà, celle-ci procédait par raccourcis et par oukazes et assénait ses "vérités". ···

12
Répondre en citant  
Haine de soi, projection sur l'autre une émission de Catherine Clément. - le Jeu 07 Juil 2011, 13:35

Dommage que le frère de Mme Clément soit bien placé et que Poivre d'Arvor lui ait succédé à cultures France (ça risque d'avoir créée des liens ) mais j'eusse aimé qu'elle fût larguée et remplacée par une jeune et belle odalisque, voire une amazone sculpturale et même une lolita à la noix puisque Poivre d'Arvor veut des jeunes.

Tout sauf cette vieillarde excitée et revencharde qui ne mesure sans doute pas son agressivité, tant sa ridicule bonne conscience lui fait croire qu'elle et ses valeurs sont la mesure de tout et de tous.

Allez l'écouter, hier soir, demander à son invitée qui étaient les huit députés qui avaient refusé qu'on rende une tête maorie à son peuple d'origine. Elle leur aurait bien fait faire leur auto-critique en place publique, babouchka Stalinika.

Je suis injuste. J'aime bien mamie Clément. Dans sa sotte outrance de passionnaria de salon, dans son épaisse bêtise de donneuse de leçons, elle me fait connaître ce que furent les années 50, avec ses oukases et il est vrai que son intimidation intellectuelle, morale a le mérite d'être directe, grossière et évidente.

Et puis j'aime bien ses petites histoires de fin d'émission. Ca me fait penser à qu'édite Nathan jeunesse dans sa collection mythes et légendes.
Certes, à la radio, on n'a pas de dessins mais c'est gratuit pour le bon peuple jocolor

13
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Ven 27 Avr 2012, 01:34

Je vous trouve bien rude avec Catherine Clément.

Je suis à l'opposé de vos réactions épidermiques : j'adhère d'emblée à sa voix de mamie gâteau. Un ton généreux, émaillé de rires de jeune fille. Entre l'âge et l'innocence.

Je ne trouve pas le ton condescendant et pontifiant. Je le trouve généreux, chaux et doux.
Bien sûr elle surjoue avec des petites répliques d'ingénue, mais c'est pour mieux susciter la curiosité. Façon Socrate, réenchanter le monde.
Je trouve que ça donne une émission qui peut être entendu par un large public.

Depuis, son émission a été arrêtée.
Je trouve vos critiques dommages : il y a beaucoup de radio culturelles à vocation intello (france culture, les radio culture étrangères en d'autres langues, arte, France R...), il y avait de la place pour son émission.
Elle n'était pas de votre goût, vous n'aviez qu'à zapper, non?

Par son émission, j'ai entendu parler de notions, de mots, d'auteurs, dont je n'aurais jamais entendu parler autrement.
Vous sous-entendez qu'il y a une imposture chez elle (pas si pro sur l'inde, pas si intelligente, etc...) : peut-être...
Mais l'important est là : dans une émission de 1H avec un invité, il ne s'agit pas d'épuiser un sujet, mais de faire découvrir et donner envie aux auditeurs.
Une émission pour auditeur confirmé, au contenu hardcore, aurait polarisé bien plus des auditeurs.
J'aime toujours boire ses paroles comme du petit lait. Et rassurez-vous je ne prends pas ce qu'elle dit pour parole d'évangile, ce qu'elle dit c'est juste très intéressant.

Quant aux critiques sur les invités choisis. Bah... les invités ne tombent pas du ciel, et c'est une difficulté pour une jeune émission de faire venir des gens. Et les gens se rencontrent par cercle d'intérêt (culturel, j'entends), alors c'est normal qu'ils se connaissent parfois un peu. Ca ne les rend partiaux, et ça ne devrait pas vous rendre soupçonneux.

14
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Ven 27 Avr 2012, 14:50

Dans son magazine, Catherine Clément avait en effet des propositions de sujets qui parfois pouvaient faire se dresser l'oreille, mais elle avait fait le choix de trop faire reposer le ton de son émission sur sa personnalité, ses orientations, ses activités ("je sors d'une réunion au ministère"), ses relations ("comme me le disent mes amis Dogons"), ce qui rendait ces numéros passablement étouffants. Le climat moral était très oppressant, et même encore aujourd'hui, à la Grande Table, il n'est pas rare de la voir sauter à la jugulaire de gens qui feraient mine de se faire l'avocat du diable des causes qu'elle pourfend. Comme nombre de nouvelles émissions de France Culture, j'étais tout à fait prêt à lui donner sa chance, mais j'ai dû abandonner, tout simplement parce que je ne voulais pas subir un programme aussi étouffant, aussi dirigé idéologiquement, avec cette impression que Catherine Clément "vise autre chose". Malheureusement, la station sert de marche-pied à pas mal de monde, et le modèle du producteur-animateur humble, effacé derrière son sujet, diligent et enthousiaste est en voie de disparition. Ensuite, une émission de France Culture n'a pas seulement pour vocation de "faire découvrir", mais bien de tenter d'approfondir un sujet, par le choix de son angle traité, par exemple. "Faire découvrir" ne nous donnerait qu'une radio de bandes-annonces, d'effleurement sans rentrer dans quoi que ce soit, et je crois que France Inter remplit souvent ce rôle.
Pour terminer, je n'accepte pas l'argument "vous n'aimez pas, alors pourquoi ne pas zapper?". Je passe mon temps à zapper, et s'il ne reste plus rien et qu'on accepte tout sans broncher, que reste-t-il à faire? A l'écoute de France Culture, si vous ne souhaitez pas écouter de magazines de sorties culturelles, de débats de commentaires sur l'actualité (française ou étrangère), alors bon courage pour trouver un créneau qui vous fasse pénétrer dans un sujet que personne d'autre n'abordera, et que France Culture ne veut plus faire. Comme souvent avec France Culture, on part d'une idée noble, et celle du magazine de Catherine Clément en était, mais l'exécution laisse à désirer car il n'y a aucun cadrage pour assurer que l'émission créée appartient bien, dans son identité, à la station. Mais allez donc expliquer à Mame Clément de laisser son égo d'institutrice sévère au vestiaire...

15
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Ven 27 Avr 2012, 19:47

Juju a écrit:Je vous trouve bien rude avec Catherine Clément.
[...] Je trouve que ça donne une émission qui peut être entendu par un large public.
[...] Par son émission, j'ai entendu parler de notions, de mots, d'auteurs, dont je n'aurais jamais entendu parler autrement.
[...] Bah... les invités ne tombent pas du ciel, et c'est une difficulté pour une jeune émission de faire venir des gens. Et les gens se rencontrent par cercle d'intérêt (culturel, j'entends), alors c'est normal qu'ils se connaissent parfois un peu. Ca ne les rend partiaux, et ça ne devrait pas vous rendre soupçonneux.
Bonjour à vous Juju

Sur les différences de goût, agréable/désagréable, le mieux que nous ayons à faire est de manifester notre avis, ensuite de quoi il n'y a plus rien à en dire et on peut passer à autre chose tout en restant sur le même sujet. Car sur "Cultures de soi" il y a bien d'autres choses à dire

Bien d'accord avec Yann pour dire que non, nous ne pouvons plus zapper. Nous ne pouvons qu'éteindre. S'il y a une question transversale à tout ce forum, c'est la suivante : que faire quand, par le caprice de ceux qui abaissent la qualité du programme, la seule chaine de radio dévolue à la culture nous livre une culture qui ne nous cultive plus ? Faut-il encaisser cette perte et nous passer de radio culturelle ? Nous avons choisi de dire notre mécontentement ; et parfois aussi notre satisfaction aux heures où France Culture remplit encore son rôle. En parcourant le forum, vous verrez qu'il y en a.

Nous sommes peut-être sévères, mais peut-être aussi êtes vous indulgent, y avez-vous pensé ?
Peut-être aussi sommes nous un peu hypocrites, moi en tous cas : malgré le caractère répétitif et même lourdement prévisible des sujets de Catherine Clément, j'ai écouté non la totalité de ses émissions, mais un bon nombre d'entre elles du début à la fin, et pour toutes les autres au moins un quart d'heure avant de jeter l''éponge à cause du ton et de la musique vocale. Ensuite de quoi ces émissions désagréables... j'en ai archivé malgré tout un petit paquet.

Je vous rejoins entièrement sur la fonction d'éveil : notre curiosité ou notre intérêt activés sur un sujet que nous connaissions très peu, dans nombre de cas cela serait déjà suffisant pour juger en bien une émission. Mais parfois l'esprit positif ne suffit pas à sauver un numéro moyen ou médiocre :
- à cause de la forme : si la discussion nous est désagréable à entendre, si elle nous décourage de l'écoute, alors parfois ou interrompt en cours d'émission et non sans frustration. Ainsi ai-je fait en écoutant Catherine Clément, et plus d'une fois. Ou alors, résistant (après tout en 10 ans de Laure Adler on en a entendu d'autres), on tient jusqu'au bout et on en sort notablement agacé, avec le regret de l'époque où le même sujet aurait été mieux traité, de façon plus complète, plus sympathique, peut-être même un peu plus neutre quand les valeurs sont en cause, et dans tous les cas sur un mode plus artistique. Par exemple, avec un documentaire (dans la Matinée des autres). Ou avec un entretien mieux mené.
- à cause du contenu : comme mes souvenirs de Catherine Clément sont maintenant un peu anciens, ici je prendrai l'exemple du dernier numéro de Répliques. Des plus déplaisants à écouter, il a attiré mon attention sur un aspect du sujet qui, pour cause d'ignorance juridique, ne m'avait jamais effleuré. Et par les deux invitées, j'ai eu le sentiment d'entendre diffuser des idées fausses, ou dangereuses. La fonction d'ouverture n'est donc pas suffisante, et ne saurait dédouaner la diffusion d'idées fausses. Chez Catherine Clément j'ai entendu à plusieurs reprises une propagande pour ses idées, plutôt qu'une diffusion de savoirs. Si la discussion se poursuit je retrouverai de tels exemples dans mes notes ou dans les numéros que j'ai archivés (dont certains dans un dossier esspécial "Horreur radiophonique", habitude que je conseille de suivre à ceux qui aimeraient ne pas perdre le souvenir de ce qu'ils entendent de pire sur FC - parfois ça peut resservir).

A part ça vous dites que les invités ne tombent pas du ciel. Mais dans l'intelligentsia Catherine Clément a certainement un des carnets d'adresses qui soient les mieux remplis, et elle a le profil type de l'intellectuelle officielle : après son cursus dans le sérail puis ses premières armes aux côtés d'un grand ancien le plus vénérable (Lévi-Strauss), son parcours est sans faute sinon dans le contenu, du moins par ses états de service : publication, enseignement, livres, articles, animation en revues et non des moindres. Ajoutez un frêrot aimé qui dirige l'équivalent télévisuel de France Culture (avec les mêmes défauts d'ailleurs, mais 8 ans avant - chose qu'on ne dit jamais assez ici). En plus la voila en 2010 pleine mode de l'ethnophilie. Ajoutez son énergie personnelle, de cela qui pourrait en douter. Bref Catherine Clément a le profil idéal pour faire vivre une émission sur FC et pour que l'on se bouscule au portillon : les invités, les auditeurs, les éditeurs. Elle a le profil idéal aussi pour l'Académie Française, et n'était sa diction identique à celle de celle de Danièle Sallenave, je pense que les zig mortels l'auraient déjà pressentie. A moins que, du fait de son caractère qui sait, peut-être hasardeux, ils ne l'aient depuis longtemps blacklistée. Car ils font ça parfois, vous savez, et ils vont chercher un candidat non volontaire afin de n'être pas contraints d'élire un emmerdeur (demandez à Hélène Carrère d'Encausse comment elle s'est retrouvée académicienne, c'est savoureux à entendre : elle ne s'est présentée que pour faire plaisir à Henri Troyat et éviter à ce club de joyeux zazous de devoir accueillir parmi eux le fameux [biiiiiiip] dont personne ne voulait. Pardonnez moi cette digression ; figurez-vous que j'ai appris ça en écoutant France Culture (!).

Au fait, à quoi sert notre forum ? Eh bien à débattre comme nous le faisons en ce moment, et donc merci d'être venu donner votre avis. Pour bien faire, ma critique ci-dessus devrait être étayée ou réfutée par un inventaire des invités et des sujets. Inventaire dont je ne sais aucunement ce qu'il donnerait. Si je n'avais déjà 5 ou 6 promesses en retard, c'est sur-le-champ que je m'engagerais devant vous à m'y engager et que je vous y engagerais à m'y aider. Comme les pages du programme demeurent disponibles (et à tout le moins la base de données), je m'y mettrais volontiers dans un futur moyennement éloigné. Je vous invite à ne pas lâcher l'affaire, à nous lire et à nous contredire quand il le faut. A abonder dans notre sens quand l'envie vous en prend. A écrire dans le forum ce que vous auriez juger bon de lire, mais que nous n'y écrivons pas. En un mot : soyez des nôtres. Vous n'aurez qu'à vous en féliciter.

16
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Sam 28 Avr 2012, 18:53

@Yann Sancatorze a écrit:
Pour terminer, je n'accepte pas l'argument "vous n'aimez pas, alors pourquoi ne pas zapper?". Je passe mon temps à zapper, et s'il ne reste plus rien et qu'on accepte tout sans broncher, que reste-t-il à faire? A l'écoute de France Culture, si vous ne souhaitez pas écouter de magazines de sorties culturelles, de débats de commentaires sur l'actualité (française ou étrangère), alors bon courage pour trouver un créneau qui vous fasse pénétrer dans un sujet que personne d'autre n'abordera, et que France Culture ne veut plus faire.
Lu et approuvé.
Non que l'on soit personnellement privé de bonne émission quand France Culture ne diffuse rien de bon, mais l'on pense aux autres, aux nouvelles générations, qui découvrent la station ou qui l'écoutent "en flux", car ils n'ont pas les moyens techniques du podcast ou ont tout simplement envie d'être surpris en allumant leur poste, comme Masterkey à qui on a déjà donné raison.

On a essayé "Le carnet d'or", on a éteint. "Tout un monde" ? Il en a été dit du bien dans une contribution, mais la productrice pose des questions d'une "certaine" longueur (quoique pas autant que celle de "Movimento" où l'on atteint des sommets d'écoute de soi, les invités se trouvant jouer, comme très souvent sur FC, le rôle de faire-valoir de la vedette qui anime l'émission). Et puis toujours ces rires de remplissage qui jouent l'empathie ou qui, plus souvent, permettent de combler une ignorance et de vite passer à autre chose. "Une vie une oeuvre" ? Une succession de vignettes, de fragments, un montage "fun" (voir "Léo Malet"). Et ces voix jeunes ("nunuches" me chuchote une amie âgée), elles montrent peut-être de la bonne volonté mais rarement une capacité à se saisir du sujet. Et la langue : toujours approximative dans la syntaxe, quand ce n'est pas carrément fautive ; les voix : mal timbrées, anti-radiophoniques au possible pour certaines. La voix d'Alain Finkielkraut n'est pas un modèle, mais il faut lui reconnaître des qualités sonores qui sont rares sur la chaîne. Passe-t-on une audition à France Culture avant de parler devant un micro ? On ne compte plus les producteurs qui devraient se faire conseiller par un professeur de chant, un phoniatre ou un orthophoniste ! N'y a-t-il pas un ou deux de ces spécialistes dans le personnel de Radio France ? Car la voix, on demande à tout hasard, ne serait-ce pas essentiel pour une radio qui diffuse de la parole ?

17
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Jeu 03 Mai 2012, 07:44

Bien sûr que vous pouvez zapper! A l'heure du podcast et de la réécoute à la demande, plus personne n'est victime de la programmation.
L'offre est pléthorique. Sont disponibles des journées entières d'émissions, des archives parfois sur 2 ans, multiplié autant de radio publiques, et même à l'étranger (par exemple Deutschland Radio Kultur, si vous comprenez l'allemand), ou arte, ou je ne sais quoi.

J'évoque "les goûts et les couleurs", non pour stopper tout débat, mais pour rappeller "Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas X que tu dois en priver les autres".
Je n'aime pas la musique de Lady Gaga, et pourtant je ne milite pas pour qu'elle arrête de faire de la musique.

A vous lire, une émission déméritante arrêtée laisserait automatiquement la place à une meilleurs émissions. Un drôle d'effet de balance.
Je n'y crois pas. On souhaite tous la meilleur radio possible. Votre goût de l'excellence est une bonne chose, au commencement.
Mais s'il y a un déficit d'excellence et de nouveaux talents radiophoniques, retirer des émissions n'y changera rien.
C'est comme du jardinier qui taille un rosier, on peut retirer une branche qui dépasse pour aider la plante. Mais c'est en laissant pousser que les roses fleurissent, jamais à coup de sécateur.


J'aime vous lire, (d'ailleurs merci de vos réponse Smile ). Au delà du thème -car de toute façon notre influence sur france culture est limitée Very Happy-, je déplore surtout la douce amertume des propos.
Façon Oscar Wilde, le cynique connaît le prix de tout et la valeur de rien.
C'est une dérive de l'esprit critique, cette attitude blasée, et de voir tout en nuances de gris.
Rappelez-vous la radio est un plaisir simple, facile.
Au reste, la réalité n'est ni à la télé ni à la radio : dans un débat télévisé, ou une émission de 1H30, on ne peut tout dire, on est frappé par une superficialité. Il vaudra toujours mieux lire les livres d'un polémiste plutôt que de se farcir toutes ses interview sur youtube. Une émission de radio doit-elle être un cours de fac?


Pour prolonger sur cette forme d'amertume larvée qui est dans l'air du temps :
Vous frôlez des attitudes paradoxales.
Je sens votre envie de réduire Catherine Clément à un silence radiophonique, et toute personnes pas assez méritantes. Ce la part d'esprit éclairés comme vous, je m'attends plutôt à des défenseurs de la liberté d'expression, et des garants de la richesse des opinions. (Catherine Clément ne pique sa place à personne. Une pôv chronique par ci, une autre par là.)
Vous voudriez des présentateurs modérateurs, plus transparenst, comme des animateurs de télévision? Vous pouvez trouvé un caractère bourru à Catherine Clément et à d'autres, mais il faut être parcimonieux dans notre goût à couper les têtes qui dépassent.
De la part de gens éclairés (au fait, merci de m'avoir répondu Smile, j'aime vous lire), on lit des propos légèrement teinté de paranoïa : il y aurait une intelligentsia excluante, des effets de complots, les privilégiers qui ont la parole, des lutes pour la bien-pensance.


La fonction d'éveil n'est uniquement quelque chose de rationnel, elle passe beaucoup par l'affectif, par la personne.
Prenons Raphael Enthoven, qui a son lot de détracteur, j'aime sa façon de rendre la philosophie sensuelle avec sa voix suave et ses emportements passionnés.
Adhérer à une personnalité c'est obtenir une fenêtre sur un monde nouveau, un "premier" contact, ça ne veut en aucun cas dire qu'on sera inféodé à ce passeur.
Catherine Clément a aussi des choses que je n'aime pas. Elle a suivi et admiré Lacan, je déteste ce genre de blablateur. Son goût de l'Inde peut aussi être une manie, se laisser être présentée comme "spécialiste de l'inde" c'est comme être "star au Japon", personne n'ira le vérifier.
L'art du CV c'est l'art de romancer sa vie, celui ce CC est à rallonge et ont pourrait s'attendre à un Phénix, mais elle est comme elle est ça me suffit.

Et puis comme une mamie gâteau qui vous raconte une de ses histoires, vous savez qu'elle raconte les choses à sa manière, un peu déformé, ça ne vous empêche pas d'aimer quand même.


P.S. : Nessie, j'adore votre réflexe de conserver les émissions catastrophes pour garder des preuves Very Happy

18
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Jeu 03 Mai 2012, 10:32

Comme c'est curieux ! Comme c'est curieux que soit déterré ce fil sur une émission défunte. Dieu sait que bien souvent, Catherine Clément a pu m'agacer avec sa rhétorique indignée et récurrente. Et pourtant, j'ai souvent écouté son émission l'an dernier. Certes, je ne l'ai jamais podcastée mais écoutée, oui, et j'y ai appris des choses, entendu des personnes qui, ailleurs, n'auraient pas eu d'espace d'expression.

Alors que désormais, le soir, je ferme mon poste de radio pour ne pas le rallumer parce que l'expérience m'a démontré que je n'en retirerais rien, sauf un bruit de fond ou une perte de temps.

Juju, je ne partage pas votre avis sur le fait que le podcast permette de se faire une radio à la carte. Le podcast permet de se constituer des archives. Je ne le trouve pas aussi pratique qu'une radio qu'on trimballe partout, n'importe quand, dans sa cuisine ou sa salle d'eau. Bref, il est plus contraignant.

Et puis que voulez-vous, à force de le couper ce poste, il reste de moins en moins d'émissions que l'on aime écouter, pas entendre (votre plaisir simple) mais écouter afin d'en retirer quelque-chose qui ne sera pas éphémère.

19
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Jeu 03 Mai 2012, 10:53

Bonjour et merci pour votre réponse détaillée. Je vais sans doute répondre un peu en vrac, mais il y a des points qui appellent à réponse directe.
Concernant l'offre disponible, c'est vrai, et l'auditeur moderne est raisonnablement équipé pour se faire une playlist. Pour ma part, je ne le fais qu'en vacances parce que je n'ai pas le temps de faire ce shopping, brancher les appareils, et, avouons-le, allumer un poste de radio et tomber sur un bon programme, en terme de modernité, on a rarement fait mieux. L'écoute différée, en terme de stratégie directoriale, permet aussi de parquer la programmation culturelle dans un coin, en dehors de la visibilité et de l'identité de la station (politique et actualité), servir de quota que l'on utilise pour se justifier lorsqu'on accuse la station de renier sa vocation, pour enfin disparaître, car vue comme un à-côté luxueux et coûteux (qui, en effet, écoute la webradio Plateforme?). Je m'étonne toujours que le prime-time de la station ait honte de la vocation de la dite station. Entre une chaîne de transmission mise en forme, et une chaîne de techniciens de l'actualité, le passage et la transition sont de plus visibles.
Aussi, il n'est pas demandé à la station de faire des cours de fac. Il s'agit aussi d'un énorme malentendu, qui nous vient surtout du fait qu'à France Culture, le savoir-faire de ton, de montage, de formats d'émissions culturelles est en train de se perdre par manque de formation adéquate (il suffit d'écouter les Nuits, pour comparer). On pense de façon binaire : il faut d'un côté produire du chiant-culturel-lourd parce que c'est nécessaire, et de l'autre côté du fun-branchy-pipolisé parce qu'il faut quand même se marrer entre potes. On ne sait plus qu'une émission peut être enthousiasmante, riche, légère, profonde, divertissante, curieuse, ouverte. Les conférences, les cours de fac, on les subit à chaque partenariat avec Science-Po, au contraire... Les modèles d'émissions culturelles à l'étranger nous montrent que c'est possible.
Côté producteurs, il ne s'agit pas de couper des têtes, d'uniformiser, mais au contraire d'inventer, de renouveler. Le grand problème de cette station est la formation : on ne sait quasiment plus former les nouveaux producteurs, c'est à dire faire de bons recrutements qu'on perfectionne par suite de cadrages, orientations et encouragements. Comme on ne sait plus le faire, on fait de l'importation qui mime les autres médias. Augustin Trapenard? C'est du France Inter littéraire. Frédéric Taddéi? C'est de l'intello télévisuel. Le Rendez-Vous? C'est du culturel plateau-télé-canal. On-Ne-Parle-Pas-La-Bouche-Pleine? C'est du Coffe du France Inter des 90s. Le renouvellement n'en est donc pas un : c'est de la duplication, faute d'imagination. Et beaucoup de ces émissions s'épuisent avant même l'expiration de la grille. Défaut de conception... Il faut tout de même s'inquiéter du fait que la majorité des nouvelles inventions de la station n'en sont pas : prenez la Dispute, qui est un sous-Masque et la Plume, étouffé par la personnalité d'Arnaud Laporte, pour lequel on a dû, semble-t-il, trouver un créneau, à défaut de concevoir une émission pour les auditeurs (et non pour un producteur).
Le problème le plus fondamental, outre celui de se retenir de dispenser ses opinions politiques (politesse de base envers les auditeurs) et d'en faire le coeur de son émission, est celui de la formation. Pour Catherine Clément, on a simplement fait confiance à sa personnalité et à son réseau, mais cela n'en fait pas pour autant une bonne productrice, qui s'adresse à des auditeurs. C'est un métier, ça s'apprend, c'est difficile. La direction néglige totalement cet aspect du métier, il n'y a toujours pas de comité interne d'écoute pour juger de la qualité des émissions, il n'y a aucun scepticisme, aucun mouvement vers le haut, aucune réflexion sur la réception. Seulement des feux d'artifice ponctuels quand tombent les chiffres médiamétrie, mais aucune remise en cause. Et pendant ce temps, nous nous cognons des tunnels d'info, des commentaires d'actualité à n'en plus finir, la multiplication de magazines qui commentent les mêmes produits, pipolisent les mêmes personnalités culturelles. Un petit club, un petit milieu, qui permet encore, et pour combien de temps, que quelques émissions culturelles existent, soient podcastables, avant liquidation pour cause de "pas utile vous vous rendez compte madame alors que y a des gens qui souffrent on va quand même pas parler de littérature non?"

20
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Sam 05 Mai 2012, 07:56

@Mitsouko (joli pseudo façon Guerlain!) : J'écoute la radio sur le petit ordinateur sur lequel je prends mes cours en amphi. C'est un Asus gros comme deux livres de poche, avec un très bonne autonomie, 300€. Avec le wifi c'est parfait.
En fait je n'ai pas la nostalgie du vieux poste de radio, sauf peut-être dans les toilettes ou sous la douche. (pour le reste, je peux éplucher mes patates en écoutant mon ordi)
Et je n'utilise pas les podcast, j'utilise un logiciel qui attrape les flux streaming audio et video. Là, j'ai encore un petit temps de retard.

@Mitsouko & Yann : Reste que oui, à vous lire je ne peux que vous croire dans votre "c'était mieux avant".
Quoique dans 20 ans, peut-être que ça me fera chier si on me reparle encore de Kant ou de Lou Andréa Salomé. Je serais peut-être passé à autre chose.

Comme on ne sait plus le faire, on fait de l'importation qui mime les autres médias. Augustin Trapenard? C'est du France Inter littéraire. Frédéric Taddéi? C'est de l'intello télévisuel. Le Rendez-Vous? C'est du culturel plateau-télé-canal. On-Ne-Parle-Pas-La-Bouche-Pleine? C'est du Coffe du France Inter des 90s.
Oui, ce serait l'horreur, si la radio se transformait en une de ces vilaines chaînes d'information du cable. Vous savez, ces chaînes télé qui font de l'information en continue, et qui cherche le happening au détriment du fond.

Comme je suis un petit consommateur de radio 3H par semaine + 3H d'autres émission que j'aime bien consulté comme-ci comme-ça (dont Laurent Gerra clown ) je ne suis pas en mesure de ressentir si le nombre d'émission agréable se réduit comme peau de chagrin.

21
Répondre en citant  
Re: "Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs". - le Sam 05 Mai 2012, 10:17

Juju a écrit:. Une émission de radio doit-elle être un cours de fac?
Oui.
Une, ou deux, quotidiennement, dans l'offre d'une station qui s'appelle France Culture.
Les Allemands (vous citez Deutschland Radio Kultur) n'ont pas peur de le faire. Sont-ils ringards ? Sont-ils à ce point hors de la modernité ?
SWR 2 propose ce samedi 05 mai une émission dans le cadre d'une série baptisée "Radio Akademie" (Ces deux mots accolés provoqueront certainement la fuite de certains cerveaux). Le sujet ? "La nation. Qui a encore besoin de frontières ?" http://www.swr.de/swr2/programm/sendungen/radioakademie/zukunft-des-staates/wer-braucht-noch-grenzen/-/id=9562688/sdpgid=656924/nid=9562688/did=9488954/1jv5xf9/index.html
Vous noterez le lien à droite vers "Émission à lire" ("Sendung zum lesen") qui contient un PDF avec la transcription intégrale de cette émission de 30 minutes avec certains détails techniques du montage.
Le dimanche matin à 8h30 ? "Aula" ("Grande salle" - d'amphi, par exemple). http://www.swr.de/swr2/programm/sendungen/wissen/aula/-/id=1718548/1pll841/index.html
Chaque matin à 8h30 ? "Wissen" (Savoirs /Connaissances). Et l'on ne veut pas être exhaustif pour ne pas accabler les insensés qui programment des émissions de cette sorte (monologues depuis une chaire ou un studio, dialogues préparés minutieusement) sur une station de radio publique, rendez-vous compte !

Bref, "nous" sommes tellement meilleurs ... (pardon pour l'ironie lourde du matin).

Prochaine comparaison : BBC 3

"Cultures de soi, cultures des autres" de Catherine Clément ou "Exégèse des lieux communs".     Page 2 sur 3

Haut de page ?   

Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum