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''Pas d'erreur, c'est Mauvais genres !'' François Angelier    Page 4 sur 5

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''Pas d'erreur, c'est Mauvais genres !'' François Angelier - le Sam 04 Sep 2010, 20:26

Rappel du premier message :

Bonne nouvelle dans la grille 2010-2011, "Mauvais genre", l'émission de François Angelier est diffusée plus tôt le samedi, à 19 heures qui devient donc l'heure du crime. Pour sa reprise, Angelier a consacré son émission à Jean Ray, l'écrivain belge. Pour ceux qui ne connaissent pas "Mauvais genre", c'est un bonbon à l'arsenic où l'intelligence et la culture d'Angelier et de ses collaborateurs s'attaquent aux genres dits mineurs. Le générique de l'émission est un must.
Je n'ai donc eu que deux surprises pour cette émission. Angelier a signalé le programme de l'Etrange Festival et son annonce a été précédée par la chanson de Michael Jackson "Thriller". J'ai presque trouvé ce choix idiot, très, trop attendu de la part de quelqu'un qui excelle dans la trouvaille. De même, son émission s'est terminée sur un dialogue de film où deux tourtereaux se juraient des serments éternels. Pour le coup, je me suis demandé si on n'avait pas mélangé les bobines ou piraté l'ordi.
Conclusion : toujours la même histoire, la radio, c'est aussi une histoire d'habillage sonore.
Dommage qu'un producteur comme Angelier, souvent remarquable, laisse de côté cet aspect.
M'enfin ! La perfection n'étant pas ... pour ceux qui ne connaissent pas encore, allez-y !
* * *

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Re: ''Pas d'erreur, c'est Mauvais genres !'' François Angelier - le Mer 18 Sep 2013, 00:58

Le Mauvais Genre de samedi durait 100 minutes, ou plutôt telle est la durée de la livraison podcast. Et aussi de l'émission offerte en réécoute.

Où sont passées les 20 minutes manquantes ?
Etant donné tout ce qu'on entend dans la deuxième moitié, la censure est peu plausible.

Et puis on remarque que la fiction qui précède, celle de 21h, a duré 71 minutes, ah bon.  Donc voila 11 minutes de retrouvées. Mais il en manque encore une petite dizaine.

Ceux qui étaient à l'écoute en direct se souviennent-ils d'une réduction du programme ? Ou bien faut-il conserver l'hypothèse d'une réduction dans le MP3 livré aux auditeurs ?

A part ça, il avait plutôt bien commencé ce numéro de Mauvais Genres, avec un sujet sur l'illustrateur Nicollet, son monde, ses délires au micro de Céline Du Chéné. Ensuite, une cinquantaine de minutes sur la Série Noire : évocation historique, grands noms, état présent de la collec'.

La suite m'a semblé moins brillante : un auteur au propos archi-convenus, sorte de Daeninckx de 2013 entendez un gros militant bien lourd contre les méchants capitalistes. La toile de fond de son roman (en parution ces jours-ci à la Série Noire) est un lotissement privé imaginaire, ce qui donne l'occasion d'entendre les toujours mêmes absurdités présentées comme vraies sur les Gated Communities qui seraient rien moins que des camps retranchés de milliardaires armés jusqu'aux dents. Toute l'équipe y rajoute une couche de connerie, y compris Dionnet (depuis Love machine on a l'habitude) mais aussi Angelier. Alors qu'à Métropolitains Eric Charmes et même Paquot (c'est dire !) avaient démonté les idées reçues, mais à Mauvais Genres on a autre chose à faire que d'écouter Métropolitains Ness pas. Et puis après tout ça peut faire un bon sujet de roman, comme les fantasmes de Daeninckx sur Roissy avaient peut-être fait un bon décor. Mais qu'on n'aille pas nous parler de réalité sociologique svp.
Et puis les dernière séquences de l'émission, actu culturelle comme toujours, sont consacrées à L'étrange festival (là on se dit qu'il n'y a probablement pas eu de censure pour carotter 10 minutes), à une romancière allemande qui a réécrit L'idiot, enfin à la chronique de Christophe Bier savoureuse une fois de plus et voila le compteur atteint péniblement la 100eme minute mais où donc est passé le reste, saperlotte ?

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Jean-Baptiste Thoret s'en va - Thierry Beauchamp passait par là - le Jeu 04 Déc 2014, 13:48

Le Mauvais genre de samedi dernier aura offert d'un seul et même coup de pétoire, à la fois un soulagement pour les uns et une triste nouvelle pour les autres : Thoret fait ses adieux à Mauvais Genres. Etant à la fois des premiers et des seconds, je m'auto-mandate pour instruire de la chose  tous ceux que ça désole ou qui n'en ont que faire. Sauf que c'est annoncé à l'antenne avec une dose de mystère : on peut deviner, et même on nous dit clairement  que Thoret a d'autres projets et même des plus prenants ; mais les deux compères Thoret-Angelier insistent bien sur le fait que cet éloignement n'est pas de la volonté de l'un et pas non plus de l'autre. Alors quoi ? ben on n'en saura rien et voila 16 années de présence qui se concluent par une sortie un peu foireuse. Mais pas aussi foireuse que la façon dont Thoret a été remercié sans égard par Laurence Bloch alors que son émission sur Inter faisait les délices des audio-cinéphiles. Ce samedi, tout est fait pour nous laisser entendre qu'il n'y a pas de rapport entre les deux événements. Mais les mauvais-genristes ne gobent pas ça. Entendez-ça la rumeur : on ne nous dit pas tout. On nous cache quelque chose. Qui a posé un ultimatum à qui ? Qui a flingué qui ? Vous n'en saurez rien mais 'nous' on prévoit qu'après des années passées à détricoter France Culture, Laurence Bloch (alias "Lolo Bloque" pour les amateurs de série noire) sera maintenant occupée à flinguer les émissions favorites des pauvres auditeurs d'Inter qui vont sentir leur douleur en endurant ce que nous autres avons enduré entre 1999 et 2014, année d'achèvement de la mission d'éradication de la culture sur le programme de France Culture.

En ce qui me concerne, je ne regretterai pas tellement Jean-Baptiste Thoret pour son débit verbal certes exceptionnel, qui était saturé en "évidemment" /evidamɑ̃ / (au rythme de 1 ou 2 par minute en moyenne, il peut monter à 5 en période de surchauffe) occasionnellement remplacé par "'Absolument" /'apsolymɑ̃/. Je serai soulagé de ne plus avoir à passer au microscope de légiste ses analyses pas toutes convaincantes, sa sémiologie hasardeuse nourrie de name-dropping (à noter) et ses rapprochements (à étudier) sortis tout armés de son inspiration personnelle qui était florissante. Mais à coup sûr je regretterai la passion sans réserve qu'il savait y mettre, et la considérable densité en savoir cinéphilique dont la moindre de ses interventions était porteuse quand je dis la moindre j'exagère à peine cela dit ce fut bien rarement qu'il s'emparât du micro pour moins de quelques minutes. Je me souviens d'une soirée de présentation à la cinémathèque où on disposait d'une vingtaine de minutes, Bernard Benoliel n'eut le temps de poser qu'une question à JB qui de cet unique coup de starter réussit à remplir la totalité de l'intervalle disponible et même un peu plus, achevant son parcours par une série de "et aussi" / "ah j'oubliais" / "je voudrais encore dire que" qui enfoncent Max Gallo même dans son meilleur festival de "Dernier point" / "mon dernier point sera" / "Enfin, dernier point : " (il peut faire 3 dernier-point d'affilée).

Le résultat : la deuxième partie de ce Mauvais genre, consacrée au cinéma d'humour anglais et principalement aux studios Ealing, fut à la fois instructive et assez pénible à écouter. Surtout venant après le premier sujet : Thierry Beauchamp invité comme traducteur d'Ambrose Bierce et de Leacock. De là lectures et commentaires après la publication des Fables de Zambri (au Dilettante) pour le premier et du second : Bienvenue à Mariposa (chez Wombat). La discussion entre érudits & connaisseurs se paie le luxe d'évoquer tout à la fois Under milk wood ET le Spoon River d'Edgar Lee Masters c'est donc à écouter toutes affaires cessantes : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/12/s49/SO_BRITIIICHE_%21%21%21___LEACOCK_LE_RETOUR_-_LE_CENTENAIRE_D_ALEC_GUINESS.NET_FC_FA9B9C51-2096-418D-B10F-DB1FB4095F3D.MP3" debut="21:50" fin="75:55"]

Le Bierce est certainement le bienvenu mais étant donné que Rivages nous a déjà donné quelques volumes de contes & nouvelles, le véritable événement c'est plutôt le Leacock car l'auteur est très peu présent dans les éditions françaises : de minces volumes au Dilettante, un seul recueil chez Rivages, en fait pas grand chose depuis le recueil dans la collection de Juillard "Humour secret", volume qui fut réédité chez Laffont sous le titre "Histoires humoristiques", et dont la parution en poche doit elle-même être épuisée depuis 1979. On trouvera une notice biographique au bout du lien ci-dessus qui mène tout droit chez Wombat.

En sus, j'ai trouvé je ne sais même plus où ce texte de présentation pour : « Bienvenue à Mariposa ! Suivez le guide, et vous ferez la connaissance de M. Smith, le patron de bar roublard qui ruse avec les ligues de tempérance pour servir de l'alcool à ses concitoyens assoiffés ; Jefferson Thorpe, le barbier saisi de la fièvre de la spéculation boursière, qu'il propage dans toute la ville ; le vieux révérend Drone, terrassé par la dette contractée pour construire sa nouvelle église, mais si peu doué en arithmétique. Situé à l'orée du XXe siècle dans la ville fi ctive de Mariposa, bourgade imaginaire de l'Ontario sur les rives du lac Wissanotti, Bienvenue à Mariposa (1912), inédit en français, est un grand classique populaire de la littérature canadienne anglophone, qui valut à son auteur le surnom de Mark Twain canadien. »

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Carnage sur la fréquence - le Ven 12 Déc 2014, 12:14

Un insensé a écrit:[...]Thoret fait ses adieux à Mauvais Genres. [...] je ne regretterai pas tellement Jean-Baptiste Thoret pour [...]

Ben une bonne raison de regretter Thoret serait son durable remplacement par Hélène Frapat qui, d'un côté imite le modèle en saturant ses commentaires de "évidemment" (pour des choses des moins évidentes sinon complètement fausses) et de l'autre fait tout le contraire en racontant absolument n'importe quoi.

Un exemple pris dans la séquence d'hommage à Jacques Saunier, décorateur d'Alain Resnais entre autres : Hélène Frapat n'ayant rien à dire sur l'homme, lâche sur Resnais une énormité digne de passer à la postérité : "Resnais a toujours refait son premier film, il est toujours resté sous le coup des corps à Auschwitz" : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/12/s49/NET_FC_81e21661-c52b-4556-9150-1ec823f99b18.mp3" debut="12:15" fin="13:00"]
Espérons que Thoret n'était pas à l'écoute car c'est vraiment lamentable comme remarque. D'abord au plan historique : Nuit et Brouillard n'est en rien le premier Resnais puisque c'est son 5e court-métrage (sur 8 ou 9 si l'on veut compter pour 1 la série des visites). Ensuite au plan purement critique : le diagnostic est non seulement réducteur mais simplement faux. Explication : elle n'avait rien a dire sur Saunier, alors elle a commenté Resnais précisément là où Saunier n'avait pas été présent. Bravo. Dans de tels cas mieux vaut passer son tour.

Mais on passe comme on peut justement dans la deuxième partie vers la 92e minute quand Hélène passe au premier plan le temps d'une consternante présentation de Batman, alors là tout y est : name-dropping, jugements perso hors-sujet, diagnostic d'homosexualité, mots à la mode et clichés critiques usés jusqu'à la moelle, dévotions surjouées pour Ida Lupino ou Tza-Tza (sic) Gabor ; sans oublier en prime les tics verbaux (hésitations simulées, abus du "complètement", et les mazarineries "bon... 'fin.. 'fin " ). Est-ce pour la séance inaugurale qu'elle nous fait ainsi la complète ? Il n'y manque plus que les migraines et c'est madame Verdurin. Tout ça "évidemment" à côté de la plaque, ou du sujet, ou du bon sens, enfin des trois.

Pourtant Hélène Frapat n'est pas une débutante en radio : elle a signé nombre de numéros de Surpris par la nuit. Caricaturaux certes, mais pas à ce point tout de même. La cause de ce naufrage, est-ce le passage du documentaire au direct ? Elle n'en est pourtant plus à sa première participation à Mauvais Genre. Peut-être est-ce l'influence désastreuse de La Grande table, où son babillage vient parfois faire concurrence à celui de Caroline Broué. Ou bien peut-être du rENdEZ-vOUS ? D'ailleurs elle doit bien sentir qu'en changeant de bocal elle n'est plus tout à fait à la hauteur, car sa gêne est de plus en plus perceptible au fil de ce terrible moment de radio.

Bref pour ceux qui attendaient un soulagement du départ de JB, ce soulagement va se muer rapidement en désolation à l'écoute de cette véritable catastrophe. Quant au fugitif il peut dormir tranquille : c'est pas demain qu'on va cesser de le regretter. Et pour les soirées cinéma dans Mauvais genre, il va falloir ressortir la MP3-découpeuse à sottises.

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Que de naufrages dans vos bières habitants de Bécon-les-bruyères - le Mar 06 Jan 2015, 16:35

Tout à la fin du dernier Mauvais genre qui fulmine son meilleur fulmicoton il y avait un cadeau de fin d'année tout à fait inattendu eh oui l'équipe avait préparé une surprise de presque 40 minutes avec Jean-Claude Vannier qu'on croyait perdu dans les sables de l'éthylisme comme son presque jumeau vocal de jadis David Mc Neil car figurez-vous ça quand ils étaient plus jeunes et surtout après avoir éclusé un godet on pouvait les confondre mais avec le temps on craignait quelque peu qu'il ne leur reste plus en commun que la tendance assez triste à se perdre complètement de vue non pas l'un l'autre mais à se perdre de vue soi-même je sais pas si je suis clair d'ailleurs ça n'a pas d'importance car je me trompais Jean-Claude Vannier est fort conscient et bien vivant et en bonne santé peut-être toujours à Bécon-les-Bruyères mais alors sans les bières c'est au micro de Laurent Paulré le dénicheur de pépites sonores pour illustrer MG que Vannier raconte sa carrière d'arrangeur chez les dérangés quel dommage qu'il ne parle pas plus de ses chansons à lui car ses deux premiers 33 t  chez WEA-Fillipachi étaient des petites merveilles des vraies on apprendra qu'ils n'ont pas rapporté un sou à sa maison de disque à part ça on n'a pas dit non plus que Vannier avait créé un habillage musical complet pour les Papous dans la tête et les Décraqués aux temps où cette émission alignait les bijoux d'humour c'était il y a environ 25 ans ça fait une paye hein et même une paye de payes la séquence se finit sur le même piano mélancolique avec lequel jadis Vannier concluait quelque numéro de "Drôle de baraque" c'est loin tout ça quoiqu'il en soit les Vanniéristes en apprendront certainement en écoutant cet entretien : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/12/s52/RF_316E9FDD-D027-42E4-86FA-99FD55CFBE68_GENE.MP3" debut="82:42" fin="119:21"]

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Hélène Frappat n'a pas le niveau - le Ven 30 Jan 2015, 14:52

Le Mauvais genre du samedi 24 aurait pu être excellent par le choix des sujets comme par les commentaires, s'il n'y avait eu la présence d'Hélène Frappat, grâce à qui l'émission fait chaque semaine un pas supplémentaire vers l'inécoutable. Ses commentaires sont tout à la fois affreusement bafouillés, largement à côté de la plaque, alourdis d'enthousiasme juvénile, d'emphase et d'hyperboles ("sublime", "absolument magnifique", "génial", "complètement génial") et farcis de considérations hors-sujet mais reflétant bien ses obsessions qui d'ailleurs collent d'assez près aux modes dont les branchés de France Culture aiment à nous saturer : le genrisme (au sens LGBT), le vinnetèdje, les scies du trashy-branchy, les paradoxes à deux ronds. D'un bout à l'autre de ses prises de parole ce qui saute aux yeux ou plutôt aux oreilles c'est que ça sonne faux : avec Hélène Frappat la critique de cinéma c'est de l'imposture pure et simple.

Son ton et son style oral la rapprochent plutôt du rENdEZ-vOUS de Goumarre ou de la Dispute Laportienne.
La prononciation des noms étrangers est soit fantaisiste, soit de l'ordre du cuir vocal tout simplement.
Quant au niveau d'analyse, dans les rares moments où elle n'est pas occupée à parler pour ne rien dire, il permet de classer Hélène Frappat comme un clône féminin de Xavier de la Porte dans ses bon jours, le sommet de l'analyse étant "c'est beau" ou bien "c'est très beau" ou encore dans ses grandes heures "j'trouve que c'est assez beau". Comprenez que "beau" est ici à prendre non comme un jugement esthétique mais en hyperonyme réunissant tout à la fois : original, étrange, incongru, étonnant, inattendu ou surprenant pour la cruche qui aime être surprise ou étonnée. Exemples : Alexandre Bascoulard est un clochard qui aime dessiner des trains : "c'est assez beau", entendez non pas que les dessins sont réussis ou même originaux là-dessus elle n'aura rien à dire non c'est juste l'idée qui lui plait : un clochard qui dessine des trains.

- Autre exemple ce samedi dans son commentaire sur le film de Huston, Fat City ou plutôt dans un très lourd commentaire sur la psychologie intime du cinéaste, elle réussi à placer un "c'est assez beau d'savoir que bon..." pour délayer un hors-sujet de plus : il est "assez beau de savoir" que ("bon") Huston avait connu la boxe dans sa jeunesse et l'avait abandonnée par peur d'être défiguré et voila madame pourquoi c'est beau que 10 ans avant Fat City il ait donné le rôle de Freud à Montgomery Clift et en plus tout le film se passe pendant la nuit. Euh quel film ? Mais son Freud voyons, pas Fat City !
- Un peu plus tard dans une analyse fulgurante elle saute en une minute du travail sur le son au thème de la perte en passant par les inquiétudes de l'acteur débutant Stacy Keach qui, au contact du cinéaste et dérouté par sa façon de travailler, pensait (je cite) "qu'est-ce que c'est que ce bouffon il me regarde pas jouer". Eh oui John Huston intérieurement traité de bouffon par Stacy Keach c'est dans toutes les histoires du cinéma vous savez. En bon moulin à parole et surtout payée pour sortir ce qui lui passe par le ciboulot, elle conclut d'un "c'est pour ça que la voix de Susan Tyrell c'est si beau", qui n'a strictement aucun rapport avec ce qui précède. Le tout parsemé de jugements hyperboliques : les plus belles 10 dernières minutes du cinéma, l'idée de génie (situer tout son film pendant la nuit, tudieu quelle idée !), le génie de Huston et le génie des psychanalyses (ah bon ?) opérées par Preminger sur ses comédiens (on cherchera le lien avec Fat City) et pour finir d'un coup de pelle à gâteau le qualificatif de "grand, grand, l'immense" pour son confrère Jacques Lourcelles qui s'il s'entend ainsi invoquer par cette cruche risque de rappliquer en 12 images/secondes pour la faire taire d'un atémi terminal.

Bref c'est n'importe quoi.
Je vous épargne le décompte des 'voila', des moi-je' et des 'fin', que vous pouvez retrouver dans ces deux extraits :
1 : de Stockton à Freud en passant par Rocky  : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s04/NET_FC_37abefd2-cee1-4baa-a5fc-22246571bf0a.mp3" debut="18:42" fin="21:00"]
2 : du son réaliste au lose-movie en passant par le bouffon : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s04/NET_FC_37abefd2-cee1-4baa-a5fc-22246571bf0a.mp3" debut="25:49" fin="26:59"] Eh oui Hélène comme c'est bien dit et si clairement dit : "un film sur la perte pas seulement sur le fait de perdre mais sur ce qu'il y a de perte dans le fait de perdre". C'est tout à fait limpide comme charabia critique.

Dans cette même émission du 24 janvier puisque la deuxième moitié portait sur quelques présences marquantes de samouraï dans le cinéma japonais, Frappat a su montrer en assez peu de mots (ce qui est à son honneur) qu'elle ne comprenait strictement rien à la voie du sabre, alignant les perles et les sottises et offrant un affligeant contrepoint d'inanité au brillant exposé sur le Bushido que venait de livrer un Angelier visiblement passionné par le personnage de Musashi. Déjà dans la première partie, elle a réussi à faire bondir Philippe Rouyer en arguant que Cimino avait, dans Heaven's Gate, donné son plus grand rôle à Isabelle Huppert. Là c'est trop.

Oui, n'importe quoi.

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Les Décombres de Lucien Rebatet - le Mar 17 Nov 2015, 14:10

Un numéro de Mauvais Genre qui mérite qu'on y prête l'oreille, c'est  celui du 7 novembre intitulé (un peu bizarrement) Lucien Rebatet et "la contre-culture fasciste" : rencontre avec Pascal Ory.

Avec François Angelier, on est visiblement plusieurs crans au-dessus d'autres émissions de critique littéraire pour ce qui est de la culture du producteur et de la préparation de ce dernier. On est aussi à un haut niveau sonore, comme signalé dans Au fil de l'écoute le 10 novembre sous Ça beugle et ça se marre, ambiance !. Pas plus que je n'aime entendre bafouiller et bégayer, je n'aime entendre gueuler et c'est pourquoi j'évite Mauvais genres. Nessie avait signalé en avril dernier cette « dérive » qui n'est pas propre à cette émission et qui semble inéluctable, une sorte d'« air du temps acoustique » (cf. Des fines gueules de la culture devenues stars du gueuloir radiophonique ?).

Avec François Angelier, Pascal Ory un habitué du micro de France Culture et heureusement car il n'arriverait pas à en placer une avec un producteur qui me rappelle Antoine Perraud dans le genre de celui qui se substitue à l'invité (ici par passion, chez Perraud par pédantisme) : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/11/s45/NET_FC_5be2e4ce-d558-4e60-a4f2-7e0090a78247.mp3" debut="55:05" fin="55:37"]

Des choses intéressantes à entendre durant ces deux heures (apparemment discutables selon un commentaire sur le site) malgré des raccourcis et un ton peu académique (on est à Mauvais genres, après tout).

J'ai aimé que Pascal Ory cite quelques lignes de Rebatet pour montrer qu'il n'y avait pas de complaisance dans l'évocation de l'auteur [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/11/s45/NET_FC_5be2e4ce-d558-4e60-a4f2-7e0090a78247.mp3" debut="80:54" fin="81:57"]

Sans commentaire. La suite est une discussion sur l'écriture de l'auteur lancée par un des invités brusquement coupé par Angelier (qui recadre le débat sans grande délicatesse, l'excuse de la passion toujours...).

Cet invité semble d'ailleurs parler fort et loin, très loin des autres intervenants. Il nous gratifie aussi, en dehors de bégaiements (peut-être dus au stress d'avoir à parler vite pour ne pas être interrompu) de formules originales : « Francois Truffaut, Henri Langlois, retournez dans vos tombes » (pour « se retourner dans sa tombe ») ; « un nobereau » (un hobereau) ; « tresser des louanges ».

La musique, appelée systématiquement « la play-list » (c'est évidemment mieux), est parfois diffusée longuement et comme une lancinante rumeur durant la discussion. Effet un peu... spécial.

Je n'ai pas perdu mon temps, notamment grâce à la molette d'avance rapide de mon lecteur MP3.

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Angelier master of barking puppets - Elise Lépine - le Mar 17 Nov 2015, 17:35

Eh oui, quel dommage cette façon de claironner. Quand on compare au molto voce non seulement des premiers temps, mais même d'il y a 10 ou 12 ans....

Concernant la plaie-liste de Laurent Paulré, c'est presque toujours du vrai glauque, chose que les noms des groupes et les titres confirment. Sauf quand la référence est absente, c'était le cas dans la première moitié du numéro consacré à Rebatet, avec une transition prise chez Philip Glass, ce dont Angelier certainement perclus de honte a soigneusement évité d'informer ses auditeurs mais le site, lui, nous le dit (car la page de MG est une des mieux renseignées de toute la maison Errare Merdoyum est in France inculturissima.

Ce la dit, merci d'avoir fait remonter ce fil et d'avoir signalé en d'autres pages mon coup de gueule against la pauvre Hélène Frapat. J'étais justement moi-même sur le point de re-sortir ce saladier de rancoeur pour l'équilibrer en signalant son exact contraire, entendu samedi dernier à mi-parcours, au moment des chroniques car Angelier avait invité une critique littéraire enfin je veux dire de littérature polar une qui ne s'enlise pas dans le hors-sujet ni dans les lieux communs ni dans le commentaire creux. Ecoutez son compte-rendu c'est clair, c'est juste assez précis, c'est normalement détendu mais sans débraillé factice bref c'est véritablement l'anti-Hélène Frapat. On espère la retrouver dans de futurs numéros et qui sait, on ne serait pas non plus mécontent de l'entendre parler cinéma à la place de Lady Frapat. Pour les plus exigeants d'entre vous ça ne sera peut-être pas un sommet, mais pour ceux qui veulent se faire une idée de l'oeuvre critiquée, ça me semble suffisant par exemple à 58' voyez plutôt ou plutôt écoutez plutôt :
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/11/s46/NET_FC_4f34694c-6bd8-49cb-b750-942edbe37b8b.mp3" debut="58:00" fin="74:30"]
Atassion l'extrait donné en cette pastille est un peu long et même il déborde largement c'est que j'ai d'abord tenu à vous laisser un peu de musique glauque pour montrer que Philaunet ne raconte pas de craques voila pour le début de la pastielle et à la fin je laisse un peu du redémarrage de François Angelier-de-l'enfer sur son shopper en roue arrière : il trouve le moyen de convoquer Nathaniel Hawthorne pour présenter un auteur contemporain - ni Quénéhen ni Garrigou ne sauraient nous faire ça...



(damnation la page de Mauvais Genre n'est pas si bien renseignée que ça, puisque le nom de la dame n'apparait point : c'est Elise Lépine, de la maison Transfuge)

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Angelier hors ses murs mais toujours enfermé - le Dim 03 Jan 2016, 20:29

Pour les amateurs, voici une petite floraison d'Angelièrismes diffusés hors-créneau :

- 5 chroniques dans la Matinale, du 21 au 25 décembre dont on donne par exemple celui du lundi - rubrique "La revue des images
- Dans la semaine suivante soit du 28 au 1 janvier, 5 numéros de Ping-Pong qui nous laissent fantasmer sur un remplacement du duo de mauvais amateurs qu'on entende ordinairement à cette heure-là. Voici le lien vers la première
- Un petit mois plus tôt, en complète adhésion avec le paradigme déontologique de la maison, Angelier vient présenter son livre sur Léon Bloy dans Les racines du ciel en ce qui me concerne je ne lui en veux pas mais alors pas du tout

- Ajoutons encore un mois plus tôt cette funèbre série dans "Culture musique", je crois qu'on l'avait signalée quelque part dans le forum mais je ne sais plus où.



(avec mes remerciements à l'ANPéRiste qui nous a fourni cette série de tuyaux)

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L'art du regard - Certainement bientôt dans MG - le Lun 07 Mar 2016, 00:15

Ce samedi c'était non dans Mauvais Genres mais dans Projection privée que Philippe Rouyer est venu présenter un ouvrage certainement croquignolet. C'est dans la dernière partie de l'émission, "Le conseil de la semaine", que nos forumeurs trouveront un complément à la pastille de culture générale que notre forum leur offre gracieusement dans ce tableau de la perversion cinéphilique.

Aneffet le livre dont il est question dans l'extrait ci-dessus lienté vient de faire l'objet dudit Conseil de la semaine dans Proj-Priv' du 5 mars. Il y a gros à parier qu'on retrouvera l'ouvrage dans un prochain numéro de Mauvais Genres. D'où mon choix de signaler dans ce fil et non dans l'autre ce petit événement : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10198-05.03.2016-ITEMA_20929082-0.mp3" debut="48:55" fin="57:40"]

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Robert Walser, par Marion Graf - le Lun 10 Oct 2016, 16:12

Le numéro de Mauvais genres Les Jumeaux de la nuit se termine sur la chronique de deux minutes de Christophe Bier portant sur la  "Parution de Robert Walser, lecteur de petits romans sentimentaux français*, par Marion Graf, aux Editions Zoé, collection Zoé mini n° 99."  : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10070-17.09.2016-ITEMA_21078791-0.mp3" debut="56:45" fin="59:08"] (à 56'45)

Marion Graf œuvre depuis de nombreuses années pour faire connaître et aimer l'écrivain suisse de langue allemande (et de dialecte bernois). Jetez tous les livres des sociologues-anthropologues autodéclarés (cf. D. Le Breton) et des faux voyageurs qui jouent aux sages (cf. S. Tesson) et prenez "la Promenade" de Robert Walser, grand marcheur, impeccable styliste et fin humoriste.

* Robert Walser, lecteur de petits romans populaires français
Lecteur presque omnivore, Robert Walser était séduit par le roman populaire, ses ficelles et ses maîtres, Stendhal, Balzac, Sue et Dumas. Sans être vraiment bilingue, mais ayant grandi à la frontière des langues, il les lisait en français. Plusieurs proses écrites à Berne à la fin des années 1920 s’inspirent de petits romans à l’eau de rose parus sous couverture illustrée. Walser lit assidûment ces brochures à deux sous, écrites et produites en série (collection « Le Petit Livre », chez Ferenczi): il s’interroge, résume, parodie, s’approprie leurs intrigues et se délecte de la moralité ambiguë de ces récits aux titres suggestifs. Ce Minizoé  présente et commente trois de ces proses, dont l’une est inspirée par « Le Semeur de larmes », un roman signé Sim, un pseudonyme de Georges Simenon.

Marion Graf est la traductrice de Robert Walser depuis une quinzaine d’années, critique littéraire et directrice de la Revue de Belles Lettres. Sa vaste connaissance des écrits de Walser l’a entraînée vers une découverte : son attrait pour les petits romans populaires français qu’il lisait en quantité dans les années 1925-1930.

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Re: ''Pas d'erreur, c'est Mauvais genres !'' François Angelier - le Lun 10 Oct 2016, 21:30

Double-merci Philaunet, pour la pelle, et l'auteur ci-dessus.
Je ne connais pas Robert Walser, mais votre brève description sent déjà le Bouvier ou le Segalen.
En savoir plus ? Un ou des liens ? Merci d'avance !

''Pas d'erreur, c'est Mauvais genres !'' François Angelier     Page 4 sur 5

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