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À voix nue    Page 8 sur 8

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À voix nue - le Mer 15 Sep 2010, 23:23

Rappel du premier message :

Puisqu'il n'existe pas encore de fil consacré à cette émission à la production tournante, il faut le créer.

Cette semaine en est une belle occasion : Stéphane Deligeorges - qui produit Continent Sciences chaque lundi à 14h - reçoit ces cinq jours ouvrés Nicole Ledouarin.

Nicole Ledouarin est grande biologiste, secrétaire perpetuelle de l'Académie des sciences, et protagoniste de ce qu'on appelait naguère la "teratologie" : Son terrain de départ est l'embryologie, spécialité dans laquelle elle s'est consacrée entre autre à l'étude et à la fabrique de monstres génétiques !

Le propos est évidemment passionnant, on passe des rappels essentiels et précis aux coups de phare sur l'état de l'art de la recherche, ce n'est jamais lassant, plutôt rythmé, toujours compréhensible : un travail de vulgarisation des plus réussi.

La faute à l'invité, personnalité qu'on sent riche et passionnée, pleine d'un savoir qu'elle offre avec bonheur à l'auditeur.

L'autre coupable est Stéphane Deligeorge, qui nous a habitué de longue date aux entretiens scientifiques de qualité, art qu'on lui retrouve pleinement ici. Ses principales qualités tiennent à son expression, simple et claire, à son  enthousiasme permanent, à sa connaissance souvent solide des sujets traités, dissimulée sous une naïveté feinte mais bien utile à l'auditeur. Au travail de documentation sérieux qu'on peut imaginer derrière ces entretiens, et à la conduite de l'émission, qui navigue habilement entre un parcours panoramique du sujet et son illustration par l'anecdote.

Une bonne semaine pour cette émission donc, ce mercredi est consacré aux cellules souches, à la mort cellulaire, à la régénération de l'hydre...
* * *

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L'art de l'entretien radiophonique à son sommet - le Sam 29 Oct 2016, 17:04

Lâchez tout pour La musica de Fanny Ardant.

À voix nue du 24 au 28 octobre 2016.

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La musica de Fanny Ardant - le Sam 12 Nov 2016, 10:20

Le numéro de La musica de Fanny Ardant 5/5 La place de la musique se conclut sur la lecture d'un texte d'Ossip Mandelstam, qui paraît une manière de dégonfler toute critique de complaisance vis-à-vis du sujet pris par l'actrice et réalisatrice dans son dernier film Le Divan de Staline : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-28.10.2016-ITEMA_21118125-0.mp3" debut="25:29" fin="31:30"]

Je comprends mieux l'actualité de cet À voix nue de très grande qualité en tombant sur une présentation du film dans le Figaro du 04/11/2016: VIDÉO - La bande-annonce du film "Le Divan de Staline", réalisé par Fanny Ardant met en scène l'acteur, ami de Poutine et citoyen russe, qui campe le dictateur soviétique dans l'adaptation du roman de Jean-Daniel Baltassat. Les premières images de Gérard Depardieu en camarade Staline.

Ce numéro intitulé "La place de la musique" est le plus animé des cinq,  il y est davantage question de politique (sur la musique, voir de 9' à 17'). Philippe Bresson prend fait et cause pour l'actrice (vu son extrême empathie, on ne s'attendait pas autre chose) sur sa phrase exprimant une admiration pour le fondateur des Brigades Rouges. Elle se défend d'ailleurs très bien toute seule.

Cette série d'entretiens sur le cinéma mais aussi sur la vie vue par l'actrice de 67 ans est un sommet de la prise de son qui revient à Martin Guénard (Réalisation : Rafik Zenine). On y entend beaucoup de silences (il n'est pas exclu qu'ils soient parfois joués) entre deux personnes qui s'apprécient. Un très bel exemple de l'art de l'entretien.

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Re: À voix nue - le Jeu 24 Nov 2016, 10:01

À la suite de Philaunet (posts 71 et72 de ce fil), je souhaite revenir sur les entretiens de Fanny Ardant avec Philippe Bresson diffusés dans la semaine du 24 octobre 2016. Plus précisément sur le troisième numéro.

Philippe Bresson aurait-il passé trop de temps à la préparation de ces émissions ? Sa voix mielleuse semble calquée sur le ton emprunté de Fanny Ardant et donne souvent à la conversation un tour maniéré causé par trop d'empathie. Mais laissons pour l'instant de côté cette impression qui peut aussi s'expliquer par l'écoute enchaînée des cinq numéros et revenons sur le troisième diffusé le 26 octobre 2016 et intitulé : La femme d'à côté.

À pas feutrés, Philippe Bresson revient sur la relation amoureuse de Fanny Ardant avec François Truffaut, dont elle fut (d'après wikipedia) la dernière femme et avec qui elle a eu une fille. Il dit à 14'10'' :

La femme d'à côté, c'est une histoire d'amour très dramatique - tragique même, et au moment où vous tourniez ce film, vous viviez avec François Truffaut une histoire d'amour très heureuse n'est-ce pas ?

- (silence)

- Comment avez-vous vécu cette apparente contradiction - ce champ, hors-champ de la réalité de la fiction en quelque sorte ?

- (silence)

- Est-ce que cette histoire d'amour au présent a servi le film et votre jeu ?

- (silence), puis enfin une réponse.

Dans cette réponse, Fanny Ardant fait part d'un sentiment de non-retour : Je crois que je n'ai jamais été aussi heureuse que pendant cette période. Mais qu'en même temps, quand je la regarde avec le temps, est-ce que je l'ai vécue avec autant d'intensité ? Parce qu'il y avait quelque chose qui savait que les grands, grands, grands moments de bonheur vont vous être retirés. Très jeune, je me souviens que j'étais hantée par l'idée du never more. Oui, que je pouvais tout d'un coup me retourner sur un boulevard avec du soleil à travers les arbres, comme ça, quelque chose de magique, et je me disais : hé bien, ce moment-là, où tu regardes cet arbre avec le soleil à travers, tu ne le reverras plus jamais.

Never more qu'elle prononce never mort. « Jamais plus » s'entend comme « jamais mort ». D'abord perçues comme contraire, les deux significations ne font que se rejoindre.

Plus loin, Philippe Bresson tente, par un détour, d'en savoir un peu plus sur la relation Ardant-Truffaut. À 16'05'', il use du stratagème suivant : J'imagine, Fanny Ardant que ce film, La femme d'à côté, particulièrement romanesque, renvoie la lectrice passionnée que vous êtes, aux grands romans d'amour de la littérature, ceux que vous dévoriez adolescente, dont nous parlions dans la première partie de cette émission, et j'ai pensé notamment au Lys dans la vallée de Balzac. Je me dis que les mots que Madame de Mortsauf écrit à Félix de Vandenesse, à la fin du roman, dans une lettre posthume auraient pu être écrits ou prononcés par Mathilde, la femme d'à côté. J'aimerai que vous nous lisiez un extrait de cette lettre.

S'ensuit une lecture bouleversée de Fanny Ardant. Il se peut bien que l'actrice ait compté Le lys dans la vallée dans ses livres de chevet, nous n'en savons rien. Par contre, nous connaissons l'importance du livre et de Balzac dans les films de Truffaut. Visons pour cela la recension qu'en fait Anne-Marie Baron dans sa recherche intitulée Le lys dans la vallée à l'écran (2014) :

« " La grande révélation, ce fut pour moi Balzac et ce n’est pas un hasard si l’enfant des 400 coups lui dresse un autel... ", dit Truffaut à Georges Sadoul. On entend même un passage de La Recherche de l’absolu dans Les 400 coups : " Tout d’un coup, le moribond se dressa sur ses deux poings et jeta sur ses enfants un regard effrayé qui les atteignit tous comme un éclair. (…) " Le Lys dans la vallée, dont le jeune Antoine Doinel recopie innocemment un passage pour une dissertation, ce qui lui vaut une sévère punition, est sans doute le roman qui a le plus inspiré Truffaut. Il lui doit le titre de Baisers volés (1968), allusion à la première scène du roman, pour ce film où il pratique la mise en abyme : Antoine Doinel lit le roman dont la couverture apparaît en gros plan pendant quelques secondes dans sa prison militaire au début du film, et confond réalité et fiction puisqu’il identifie Fabienne Tabard à Madame de Mortsauf et se prend lui-même pour Félix de Vandenesse. Dans ce film, dit Truffaut " on a l’équivalent du roman d’apprentissage en littérature. (…) Doinel doit s’insérer dans la société, trouver une profession, on le voit hésiter entre deux types de femmes (…) ". Ainsi, ce film, par ses références au Lys dans la vallée et la thématique du roman d’apprentissage est imprégné de bout en bout par Balzac. (...) On aperçoit aussi la photo de Balzac dans La Chambre Verte. Balzac a décidément eu une importance décisive dans les choix de cinéaste de François Truffaut et revient constamment dans toute son œuvre comme garant et référence majeure. Mais Le Lys dans la vallée est certainement le roman qui a le plus influencé l’œuvre du cinéaste. »

Se remémorer le nombre de films imprégnés par l'oeuvre de Balzac peut aider l'auditeur à comprendre l'émotion de Fanny Ardant à la lecture des mots de Madame de Mortsauf : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-26.10.2016-ITEMA_21115664-0.mp3" debut="16:36" fin="18:06"]

Alors entendre Bresson dire tout innocemment : J'ai senti que ce texte vous touchait particulièrement Fanny Ardant, puis-je vous demander ce qui vous touche précisément dans ce texte ? - Non, je ne pourrais pas vous le dire. , peut passablement agacer.

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Xavier de la Porte : « C'est quoi un patient dur à soigner ? » à Christophe André - le Lun 10 Avr 2017, 09:05

D'abord une chronique quotidienne l'été dernier intitulée Trois minutes à méditer (1) et maintenant une série À voix nue (03 avril 2017), décidément Christophe André est bien choyé sur France Culture. Je n'avais pour ma part pas mesuré l'ampleur de l'oeuvre du psychiatre (une vingtaine de livres !), mais seulement subi le matraquage publicitaire de son dernier opus jusque dans les wagons du métropolitain parisien (et d'ailleurs sans doute).

Avant d'en venir au coeur de ce post (c'est beaucoup dire) et pour rester au rayon réclame, l'internaute relèvera qu'à la rubrique « bibliographie » située en fin de page du descriptif, un seul livre est mentionné : 3 minutes à méditer aux éditions L'iconoclaste France Culture. Ca tombe bien parmi les 23 qu'il a publiés ! Et dans les liens, vous trouverez même Les éditions Radio France, qui renverront à l'achat du livre pour 19 E. Pour résumer : un auteur X est invité par Treiner à tenir une chronique, laquelle est ensuite éditée, puis promue sur la chaîne par une ultime invitation de son auteur : une jolie boucle. Enfin, une invitation... aux airs de consécration tout de même si l'on considère que la série À voix nue constitue la forme d'entretien cumulée la plus longue de la grille actuelle.

Tout au long des émissions, Christophe André manie avec habileté confessions et anecdotes de cabinet, glissant régulièrement être (ou avoir été) atteint des troubles qu'il soigne chez les autres (comme ne pas savoir être heureux, se plaindre régulièrement, la difficulté d'être père, ça n'arrête pas) : tout l'art raffiné du story telling... Le psychiatre excelle dans cette catégorie et n'a besoin de personne pour se lancer tant les entretiens ressemblent à un monologue. Faut dire qu'en face, c'est Xavier de la Porte qui pose les questions. Xavier de la Porte ? C'est peu de dire que cette série respire l'auto-promo : peu importe l'interviewer pourvu que le l'auditeur-client-patient achète le livre. Voyons le niveau des questions du spécialiste de la Porte :

4eme émission : 8'40'' : Est-ce que les patients sont si différents que ça les uns des autres ? Quand on a vu défiler dans son bureau des dizaines, des centaines de gens, est-ce qu'on se dit : Ah là là, c'que l'humanité est singulière ?

10'50'' : Je me posais la question de savoir est-ce que les traits socio-économiques jouent ? Pour le dire un peu vulgairement : est-ce que les pauvres se ressemblent dans la maladie ? (rires de la Porte) Les riches se ressemblent ? Je le dis un peu grossièrement, mais vous voyez ce que je veux dire.

Encore de la bonne soupe comme France Culture la produit si bien.

(1) De la porte annonce un million de téléchargements pour cette chronique.

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« Ma vie de culture, par Françoise Nyssen » - le Mer 17 Mai 2017, 23:15

Le premier numéro daté du 14 novembre 2016 Françoise Nyssen : Actes sud ou l’histoire d’un engagement La construction d’une personnalité est résumé ainsi dans la page récapitulative publiée aujourd'hui :

Françoise Nyssen a été nommée ministre de la Culture ce mercredi 17 mai. En novembre 2016, la directrice des éditions Actes Sud racontait sur France Culture comment elle avait été très tôt façonnée par les valeurs familiales. Trois mots d'ordre : investissement, livres, éducation.

La directrice des éditions Actes Sud, Françoise Nyssen, a été nommée ministre de la Culture du gouvernement d'Edouard Philippe ce mercredi 17 mai. En novembre 2016, elle était venue se raconter au micro de Sylvie Tanette pour l'émission A Voix nue, dont nous proposons ici les cinq volets à votre réécoute. Elle avait commencé par revenir sur la manière dont son histoire familiale avait forgé sa personnalité : entre appétence pour la littérature (mondiale) et volonté de s'investir, d'un pays à l'autre (Belgique, France, Suède...), d'une langue à l'autre (français, flamand...), l'éducation semble être ce qui pour elle fait sens. Les valeurs qu'elle porte haut ? "Y aller à fond, s'investir, croire en la lecture, croire en les livres, croire en l'éducation..."

Avant d'accéder à la rue de Valois, Françoise Nyssen était déjà connue pour diriger les éditions Actes Sud, à Arles, une maison fondée par Hubert Nyssen, son père, et Christine Le Boeuf, l'épouse de ce dernier, à la fin des années 1970. Mais quid de sa vie avant l'édition ?

La construction d'une personnalité

Celle qui est titulaire d'une licence de chimie et d'un diplôme d'urbaniste avait pour premier rêve de devenir médecin : "J'avais un grand-père exceptionnel, à Anvers, qui était médecin dans les prisons, donc avec un charisme et une façon de pratiquer sa profession qui m'impressionnaient." Ce grand-père (maternel) l'encourage à lire Les Hommes en blanc, d'André Soubiran, texte qui sera un véritable coup de cœur littéraire : "[C'est] un livre dont, je pense, personne n'a dû entendre parler ici (...) qui décrit des histoires très romanesques dans le monde médical, et je ne rêvais que de ça, de la vie à l’hôpital, entre les médecins, les infirmières, c'était pour moi un monde extraordinaire de relations humaines, et j'avais envie de ça."

Une porte d'entrée pour parler de sa famille, avec une émotion palpable dans la voix... Dans cette émission, Françoise Nyssen, elle-même née à Bruxelles, revient sur la rencontre entre ses grands-parents maternels (évoquant notamment sa grand-mère polyglotte), mais aussi paternels, "plus ouvriéristes" (avec une grand-mère travaillant jeune à l'usine pour contribuer à nourrir ses onze frères et sœurs, et un grand-père "très socialisant", créateur de l'université populaire de Charleroi).

  " Mon père est né à Bruxelles dans cette famille-là, avec, à travers ses parents, une grande vénération pour l'éducation, pour la lecture, et tout ça a fait des personnages forts de part et d'autre. [...] J'ai eu beaucoup de chance d'avoir ces parents-là parce qu'ils ont donné du sens à ma vie. Je suis née dans une famille où on considérait que le sens, il fallait le donner à sa vie, et on le trouvait par un travail qu'on faisait d'abord parce qu'on l'aimait. L'objectif économique et financier n'était pas le premier objectif. C'était une autre époque aussi... c'était peut être plus facile, j'imagine, parce que je vois tellement de gens angoissés aujourd'hui..."


Aussi à l'honneur dans cet entretien, les hellénistes et les physiciens.

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''On tient des discours de haine'' (M. Quenehen) - le Lun 23 Oct 2017, 17:14

Martin Quenehen, bien obéissant à la ligne éditoriale de la station : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10351-19.10.2017-ITEMA_21468332-0.mp3" debut="14:39" fin="15:24"]

Et quelle prosodie ! Comment la qualifier ?

Extrait de la présentation à propos de Simone Schwartz-Bart et d'André Schwartz-Bart : "Ensemble, aussi, ils « entrent dans le silence », face à l’incompréhension que suscite leur œuvre, qui ose s’atteler à l’ignominie de l’esclavage et à la beauté hirsute de la résistance."

Allumer le poste à France Culture, c'est à tout instant tomber sur des propos de ce genre, quelle que soit l'émission.  


Simone Schwartz-Bart ou le devoir d’amour (4/5)
Dans les oreilles (et sur la langue) de Solitude

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Re: À voix nue -

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