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France Culture les jours de grève    Page 13 sur 16

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France Culture les jours de grève - le Jeu 23 Sep 2010, 14:13

Rappel du premier message :

(mise à jour lors de la grève illimitée en Mars 2015)

Ce sujet avait été ouvert dans un esprit purement pratique : les auditeurs ont parfois besoin de savoir ce qui passe à l'antenne un jour de grève. Les uns cherchent après-coup l'une ou l'autre émission. Les autres activent leur recherche podcast jusqu'à faire fumer l'unité centrale de leur univac. En fournissant l'inventaire des émissions diffusées et annulées, en donnant les liens pour retrouver l'une ou l'autre émission disparue (et surtout les  épisodes devenus manquant notamment pour A voix nue et le Feuilleton), ce fil était donc créé pour aider tout le monde.

Il a vécu sa vie tranquille  au fil de 3 ou 4 journées de grève sur FC en 5 ans, jusqu'à la grève illimitée de Radio-France en mars 2015, qui voit des journées entières de fermeture de l'antenne. C'est très intéressant à suivre, même si hormis une grande purge et une remise à plat (spécialement inenvisageables), on ne  voit guère ce qui pourrait en sortir sinon un enlisement supplémentaire dans le marigot de la politisation et du corporatisme.

Pour suivre cette affaire plaisante ou lamentable, le lecteur qui ne se satisfait pas de l'ordre rétrochronologique est invité à commencer sa lecture en page 3 de ce fil, par ce message
* * *

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Diffusion du lundi 13 avril - le Lun 13 Avr 2015, 10:04

Qu'en est-il de la grève ?

Après la suppression des Nuits de FC, absentes du podcast mais qu'on peut trouver sur le site de FC en écoute à la demande, le début de cette journée semblerait faire justice de la grève, malgré les annonces pessimistes de l'intersyndicale. Nous avons donc entendu :

- Un autre jour est possible.
- Matinale avec Alain Finkielkraut en invité
- Fabrique de l'histoire et coup d'envoi d'une semaine typique sur toute l'antenne c'est-à- dire d'une semaine spéciale, en l'occurrence une "semaine génocide" comme FC les affectionne. Mémoire du génocide arménien ch'est bon cha.
- Nouveaux chemins de la connaissance

Après cette 789654123e évocation de Bergson avec des trémolos dans la voix et pas une once d'esprit critique, Adèle annonce la suspension du programme jusqu'à midi pour l'A-G de grève. Elle espère que les auditeurs retrouveront leur chaine à midi.

Moi j'espère que la grève va durer.
J'espère que la crise ira jusqu'au bout.
Que les moyens vont diminuer, et surtout certains salaires : les plus élevés.
Que France Culture va rentrer dans le rang de la discrétion et de l'humilité, qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Une fois éteinte cette caisse de résonance pour les ego, des Voinchet désireux de faire leur numéro dans une foire aux vanités, iront chercher ailleurs la pitance de leur narcissisme.

- ...

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remarche ou grève - le Lun 13 Avr 2015, 10:29

J'ai vu passer un post de 10h08 qui a sans doute été supprimé pour de diplomatiques raisons et je pense que par réflex certains en auraient qualifié l'auteur de réac. Tant pis...
Je n'écoute que France culture dans ma cuisine en faisant autre chose et le hasard m'a fait tombé sur  la langue de bois démagogique de Sieur Poivre, j'ai alors bu mon café et j'ai changé de pièce.

La mort (de Culture) vous mette en foi et dorénavant ce sera comme d'habitude.

No smiley today  culture is gone away

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Re: France Culture les jours de grève - le Lun 13 Avr 2015, 10:40

Hello. C'était un message d'auditeur mécontent que j'avais copié-collé depuis le site de FC, à la page des commentaires sur la grève. Par suite d'une série de fausses manipes et d'un piège que j'ignorais, il est apparu par erreur. Je vais plutôt le ré-insérer à sa place quelques crans plus haut, dans la série des messages de mécontents.

En passant, je signale que mon propre message, le deuxième (seul publié sans référence dans la petite série), n'a pas été validé sur le site de France Culture, si ouvert à la communication ness pas...


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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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Diffusion du lundi 13 avril - le Lun 13 Avr 2015, 13:47

@Nessie a écrit:Qu'en est-il de la grève ?

[...] Adèle annonce la suspension du programme jusqu'à midi pour l'A-G de grève. Elle espère que les auditeurs retrouveront leur chaine à midi.

Moi j'espère que la grève va durer.
J'espère que la crise ira jusqu'au bout.
Que les moyens vont diminuer, et surtout certains salaires : les plus élevés.
Que France Culture va rentrer dans le rang de la discrétion et de l'humilité, qu'elle n'aurait jamais dû quitter. Et que perdant ce caractère de tremplin pour le narcissisme, des Voinchet désireux de faire leur numéro dans une foire aux vanités, iront chercher ailleurs la pitance de leur ego.

- ...

Espoir déçu. Depuis midi, reprise du programme à fond la caisse propagande après 3 semaines d'abstinence on voit qu'ils ont souffert les pauvres chéris :
- Grande table avec journal
- Les pieds sur terre
- Continent sciences : La vie et l'oeuvre du méchant Kolmogorov
- Modes de la propagande : Critique de la bureaucratisation néolibérale
- Les nouvelles vagues
- Sur les docks
- Du grain à moudre
- Le rENdEZ-vOUS

- A voix nue : apparemment non diffusé, mais disponible en podcast : Hommage à Jean-Louis Crémieux-Brilhac...
- Feuilleton : apparemment non diffusé, mais disponible en podcast : Discours des lauréats du Nobel.
- Pas de Dispute
- Pas de journal à 22h

- Hors-champs : Florence Aubenas
- Pas d'atelier intérieur
- A minuit, diffusion normale des Nuits de France Culture

Au journal de 18h on aura appris que la décision de l'assemblée rendue à 15h (à l'unanimité moins 12 voix) a été de maintenir le mouvement. (cf le post suivant)

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Pour ceux qui aimeraient savoir... - le Lun 13 Avr 2015, 16:29

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Etonnamment, à la reprise de midi Caroline et ses amis (Mirabelle, Pouf, Youpi, Noiraud) faisaient assaut d'espoir mais pas d'information. Voici ce qu'on peut lire  dans Le monde. Un conseil : se munir d'un logiciel de traduction de la LBS (Langue de bois syndicale) :

<< C’est une assemblée générale étrange, qui s’ouvre par un point sur « les archives », ou comment « garder trace de ce mouvement magnifique », en référence à la grève qui perturbe les antennes de Radio France depuis 25 jours. Ce lundi 13 avril au matin, après un week-end de médiation sous l’égide de Dominique-Jean Chertier, les grévistes de la Maison de la radio, à Paris, savent que leur mouvement est arrivé à un tournant.

Le constat est partagé : le texte de compromis laissé par le médiateur, dimanche soir, est très insuffisant par rapport aux revendications des grévistes. Notamment pour le « réseau Bleu », où le principe de syndication de contenus entre les différentes locales de France Bleu n’est pas écarté. Les « Bleus » peuvent-ils sortir du conflit sans avoir rien gagné ? « Que Paris ne nous abandonne pas ! », demande un journaliste venu de Perpignan (Pyrénées-Orientales). D’autres parlent d’« amertume ». « Si le médiateur nous a écoutés, il ne nous a pas entendus », résume Aline Payet, de la CGT.

Mais si ce constat négatif est unanime, comment poursuivre le combat ? Le médiateur – et à travers lui, le gouvernement – leur a laissé un marché entre les mains. Si la grève s’arrête, le médiateur sera présent lors des trois prochains mois pour accompagner la préparation du contrat d’objectifs et de moyens (COM), où la stratégie de Radio France pour les cinq prochaines années sera consignée. Si le texte d’accord est rejeté, le médiateur ne reviendra pas et les salariés retrouveront leur tête-à-tête avec leur direction. « C’est un chantage », constatent plusieurs.

« Dilemme », « choix cornélien »… Les délégués syndicaux multiplient les métaphores pour expliquer que chacun des choix comporte des « risques ». Mais ils sont peu à oser parler, à ce stade, d’un arrêt du mouvement, face à une salle parfois radicale, où certains continuent de réclamer le départ des dirigeants de l’entreprise. Les salariés ont convenu de se retrouver à 15 heures, pour décider de la suite à donner à leur mobilisation. >>

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/04/13/a-radio-france-le-dilemme-des-grevistes_4615065_3236.html

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Re: France Culture les jours de grève - le Lun 13 Avr 2015, 19:11

@Nessie a écrit:Oui, la chronique de Munier était d'ailleurs plutôt bonne. J'ai grandement apprécié les 4 épisodes de la série Hakem, pour le sérieux de l'invité Bernard Chauvier, ne se limitant pas aux clichés usuels. Je le crois un très bon connaisseur de l'oeuvre et du personnage, il remet les deux en contexte. Il rappelle des bases souvent passées sous silence notamment sur sa formation initiale et sur son éducation anglaise dont parle l'invitée de la 2e partie dans le numéro du 20 janvier. De son côté Hakem a beau faire son numéro, il reste à sa place et ne mange vraiment pas le temps de parole de ses invités. Cela dit, je conseillerai de n'écouter ces 4 dialogues (plus un) qu'après avoir pris connaissance générale du sujet : biographie succincte, lecture des premières pages et à ce titre je préfère celles de l'édition incomplète de 1988 plutôt que de l'intégrale de 1999, la première édition étant à mon avis d'un meilleur abord. Cela dit, une table de correspondance en fin de volume permet de retrouver lesdits extraits.

Je conseille tout autant le chargement de Visages de l'intranquillité, le tranquille chef d'oeuvre radiophonique de Véronique Puchala, mais il est vrai qu'après l'avoir remarqué et archivé en 2003, je l'ai découvert en profondeur en l'écoutant sans m'en lasser pendant un petit séjour de demi-saison à Lisbonne et en rodant dans les lieux mêmes enfin ce qu'il en reste dans la baixa, presque aussi authentique que le Marais à Paris.

L'édition utilisée par Puchala est celle de Bourgois en 1988. Certes incomplète et comportant parfois des erreurs  de traduction (ou de lecture) qu'on retrouvera dans les passages lus par Desarthe. Ensuite parut la deuxième partie. Puis l'édition dite complète en 1999 qui réunit les deux et rétablit les erreurs. Dans le cas où vous avez l'édition 1988, je peux fournir les cotes de la grosse vingtaine de passages prélevés.  Le chemin suivi par Puchala dans le premier volume en est enrichi. C'est une autre façon d'entrer dans l'oeuvre. Et c'est bien là ce que FC savait faire de merveilleux : ouvrir les portes d'une oeuvre à des lecteurs qui ne lavaient ou ne l'auraient pas fait. Personnellement, j'avais fait je ne sais quand l'acquisition du volume de 1988 pour l'avoir trouvé en occasion, mais depuis des  années la lecture était reportée. J'aurais peut-être lu Bernardo Soarès sans France Culture, mais outre que  l'émission a déclenché la lecture, je pense que l'entrée dans l'oeuvre en a été largement améliorée, et en tous cas source d'un immense plaisir de lecture.

C'est une troisième édition, toujours chez Bourgois.
Merci en tout cas. J'ai téléchargé le surpris par la nuit que vous avez mis à disposition.

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Diffusion pendant la journée du mardi 14 avril - le Mar 14 Avr 2015, 07:32

Après le vote de l'assemblée générale tombé hier à 15h, le mouvement sera reconduit à l'unanimité moins 12 voix.

Kanétil alors de la journée du 14 avril ? Disons que pour une grève reconduite, ca commence moderato :

- Diffusion normale du programme de nuit, avec la multidiffusion de Sur les docks
- 5h : pas d'Eloge du savoir
- 6h : Un autre jour est possible. Rediffusion d'un épisode de la série Thérèse d'Avila
- 6h30 : Grève, pas de matinale
- 9h : La fabrique de l'histoire
- 10h : Les nouveaux chemins de la connaissance : Semaine Bergson
- 11h : Cultures Monde
- 12h : La grande table

- 13h30 : Grève des ripatons
- 14h : Révolutions médicales, avec Emmanuel Hirsch (celui qui a tenu 10 ans les Chemins de la connaissance -les vrais !!)...
- 15h Grève. Pas de Tout un monde
- A 15h30 je ne sais pas car j'étais au bistrot et ce que me disent le podcast ou le site de FC n'est pas des plus clairs.
- 16h : Les vieilles lunes des nouvelles vagues de la souffrance au travail en milieu néo-hypra-méga-ultra-néo-libéral racontée aux cadres de la maison Rexona
- 17h : Sur les docks
- 18h : Journal

- 18h20 : Pas de Grain à moudre
- 19h : le rENdEZ-vOUS
- 19h55 : Poda La guerre et la paix, livre Premier, troisième partie, chapitre 4, paragraphe 27, ligne 13

- 20h : Grève, pas de feuilleton
- 20h30 : Grève, pas de feuilleton
- 21h : Grève, pas de Dispute
- 22h : Grève, pas de journal
- 22h15 : Pas de Hors-champs de frapadingue de thérémine
- 23h : Grève, pas d'Ateliers dans la nuit
- 24h : Grève, pas de programme de  nuit


Commencé  molto, la journée s'achève tutto ou plutôt nullo. On en conclut que cette grève se passe très bien puisque l'exaspération continue à croître des deux côtés. Hier certains grévistes dénonçaient le fait que tous les syndicats sauf un appellent à la fin du mouvement. La crise est donc maintenant généralisée, interne au mouvement lui-même. Elle pourrait bien se montrer fatale au système de complicité idéologique qui jusque là unissait tout ce joli monde dans un bel ensemble : personnel, ministère, directions, instances idéologiques. Si Matthieu Galet résiste jusqu'au bout, le système Radio France pourrait s'en trouver déglingué et qui sait avec encore quelques voix s'élevant, pourraient se dessiller les yeux des aveugles sur le fait que Radio France depuis maintenant trop d'années se fout complètement de la gueule du public, et que cette maison comme toute la fonction publique abrite une proportion considérable de prébendiers et de profiteurs.

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Journée du mercredi 15 avril - le Mer 15 Avr 2015, 06:18

Et maintenant ? Aujourd'hui ça pourrait bien casser. Anattendant, il n'y a pas eu de Nuits de FC dans le programme de nuit. Voici, comme toujours complété au fil de la journée, ce que les auditeurs entendront en ce mercredi 15 avril : un début de journée assez complet et d'autant plus agréable que l'absent du jour c'est la Rédac'. De là un programme musical qui sent bon la variétoche au moins ça nous change de la plaie-liste de grève. A 9h notamment, les Parisiennes de Claude Bolling nous chantent qu'il fait trop beau pour travailler...

- 00h : Pas de Nuits de FC
- 05h : pas d'Eloge du savoir  

- 06h : Un autre jour est possible : Thérèse d'Avila, suite
- 06h30 : Matinale est là
avec quelques trous notamment aux heures du journal, compensés par une ambiance de totale auto-satisfaction avec 2 interventions du dirlo presque aussi crêmeuses qu'un macaron tendance.
- 09h05 - La fabrique de l'histoire
Et puis pour la suite, la journée de programme est quasi complète


-Les exceptions : n'ont pas été diffusé
- Rue des écoles
- La dispute


00h00 : le programme de nuit est présent

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En eau de boudin - le Jeu 16 Avr 2015, 06:49

Par les journaux de la matinale on apprend que la grève prendra officiellement fin ce jour à 13h.
Déjà pendant la journée d'hier le programme avait été presque entièrement servi aux auditeurs, et la journée commence de même.

De ce qu'on en comprend, il n'y a pas de quoi pavoiser.
Personne ne semble avoir rien gagné ni obtenu.
Aucun accord, aucune réconciliation ne semble établie.

Dans le journal de 7h (saturé en conflits sociaux) Christian Delporte décrit cette sortie de grève comme une non-fin. Bref on se demande si ça va recommencer d'ici quelques semaines ou bien si à l'instar de ce qu'est devenu la chaîne, tout ça va finir en eau de boudin.

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Dans le journal de 7h30, l'amertume d'Aline Pailler - le Jeu 16 Avr 2015, 08:05

@Nessie a écrit:[..]on se demande si ça va recommencer d'ici quelques semaines ou bien si à l'instar de ce qu'est devenu la chaîne, tout ça va finir en eau de boudin.


Si cette professionnelle de la lutte sauciale n'avait autant de charme, on dirait volontiers que de l'eau de boudin coule des yeux d'Aline Pailler : c'est la première fois qu'elle voit une grève s'achever sans protocole de sortie. Jean-Mathieu Zahnd quant à lui prévoit sinon une reprise de la grève, en tous cas la poursuite du mouvement sous d'autres formes.  [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/04/s16/NET_FC_6434d518-e0c2-4661-985e-26c5cb67e36c.mp3" debut="00:37" fin="02:29"]

Bref c'est la gueule de bois. Il va falloir redémarrer. Pour les aider, je conseille la lecture de ...

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Sur le site personnel de Richard Millet - le Jeu 16 Avr 2015, 08:07

./...

           << J’entendais, hier, dans le RER, deux bobos discuter de la grève de Radio-France, qui dure depuis près d’un mois. L’une d’elles se plaignait d’être privée de France-Inter et de France-Culture – mais pas de France-Musique, la musique « classique » étant le parent décidément pauvre des ondes ; l’autre bobo (la langue n’a pas de féminin pour bobo, sauf à inventer « boboe » ou à recruter « bobette », ce qui rendrait presque mignon ce vocable plus proche du bonobo que de l’humain mais qui, au féminin, signifie « idiote ») louait la dimension quasi épique de ce « mouvement social » en faveur du « service public » – en réalité une grève menée pour affaiblir le gouvernement Valls.

           Je n’ai pas l’habitude d’aborder les gens dans les « transports » : il m’arrive plutôt, quand on m’aborde, de répondre que je ne suis pas Charlie Millet ; j’aurais néanmoins aimé dire à ces bobettes que ne plus subir la propagande de France-Inter ni celle, plus élaborée, de France-Culture, est une délivrance ; car on a beau ne pas écouter ces radios, il en remonte toujours quelque chose, à la manière des égouts trop pleins. Oui, c’est un bonheur sans comparaison que ce silence radiophonique qui oblige à aller voir ailleurs ou à goûter le fait de n’être plus informé. Un bonheur qui s’accroitrait considérablement si cessaient de paraître aussi Le Monde, Libération, Le Nouvel Observateur, par exemple. J’ajouterai qu’une grève illimitée empêchant d’émettre TF1, France 2, France 3 et Arte porterait ce bonheur au rang de félicité, si cela ne devait pas entrainer des troubles sociaux graves et révélateurs du degré d’aliénation et (pour parler moderne) d’addiction de la population française – révélant, par contrecoup, l’insignifiance de la radio. On comprend mieux, dès lors, que les employés de Radio-France soient « inquiets » sur l’avenir d’un « service public » qui n’intéresse presque personne.

           Moi qui ai toujours trouvé trop facile, voire vulgaire, le recours à la grève de la part de fonctionnaires, je soutiendrais activement une grève de l’édition – à tout le moins des « grands éditeurs » : ne plus voir paraître, pendant une durée illimitée, ces romans qui inondent le marché sans trouver de lecteurs mais en faisant marcher la planche à billets éditoriale, voilà qui contribuerait au salut public. Un monde sans radio de propagande, sans l’obscénité télévisuelle, sans romans post-littéraires : un progrès décisif sur le chemin du bonheur.

           Ces radios n’ont donc pu répandre leur larmes au décès de François Maspéro, écrivain sans importance mais grand propagateur de la maladie infantile du communisme, en France, dans les années 1960 et 1970 ; elles n’ont pas davantage pleuré la mort d’Eduardo Galeano, gourou gauchiste d’ Amérique latine ; deux morts éclipsées par celle de Günter Grass, que nul ne lisait plus, en France, et qui, quoique bonne conscience de la gauche européenne, avait perdu tout crédit à mes yeux depuis son poème contre Israël. Les grands romans de Grass (Le Tambour, La Ratte, Le Turbot), ont néanmoins le mérite d’être ce que notre époque réprouve : trop gros, trop touffus, trop complexes, trop « écrits », trop chargés d’histoire et de réflexions. On préfère l’insignifiance distinguée de Jean d’Ormesson, la prose anorexique d’Amélie Nothomb, les loukoums du vieux phoque enrhumé Ben Jelloun, pour ne point parler du reste, qui décourage la plume.  >>

http://richardmillet.wix.com/siteofficiel#!Une-gr%C3%A8ve/c1q8z/552e1dae0cf213f7245225e2

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