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Qui fait quoi à France Culture ?    Page 1 sur 1

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Qui fait quoi à France Culture ? - le Sam 25 Sep 2010, 10:39

Complément de novembre 2016 : les rubriques associées au sujet "L'identité et les missions  de France Culture".

La Direction de France Culture et son projet culturel ;
Quelle est la vocation de France Culture ? ;
France Culture communique ;
Politique de communication de France Culture ;
Le site de France Culture vous informe
Message aux candidats à la présidentielle (avril 2012)

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France Culture avant et maintenant ; Les « grands sujets » de France Culture ; Rendez-vous du médiateur ; Partenariats et publicité à France Culture ; France Culture les jours de grève ; Les programmes d'été sur France Culture : des trésors enfouis ; Liste des émissions passées ou présentes à préserver et défendre ; Le chamboule-tout de France Culture  ; 50 ans, c'est pour vous ; La défaite de la culture (© Nessie) ; Le paradigme idéologique de France Culture ; 24 h au cœur de France Culture… ; Conférence de presse du directeur des programmes de FC


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Je me demande quels sont les rôles et fonctions des uns et des autres au sein de la radio.
Les producteurs, par exemple, que sont-ils supposés faire ? Je me pose cette question car selon les émissions, certains semblent là, simplement pour distribuer la parole alors que d'autres semblent sur tous les fronts. Et le producteur adjoint, à quoi sert-il ?

De même pour les réalisateurs. Je comprends bien leur utilité lorsqu'il s'agit de monter une fiction mais pour les émissions dont le déroulement est toujours semblable, que font-ils que ne peuvent pas faire les techniciens. D'ailleurs, quel est la différence entre un réalisateur et un ingénieur du son ? Est-ce que c'est la même chose ?

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Re: Qui fait quoi à France Culture ? - le Sam 25 Sep 2010, 11:49

Bonnes questions.
Exemple : pour A voix nue, que veux dire "par Jean Lebrun" ?
Quel est le statut de celui/celle qui mène les entretiens de la semaine ?

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Re: Qui fait quoi à France Culture ? - le Sam 25 Sep 2010, 13:27

Mes questions auraient été meilleures sans faute d'orthographe : quelS. Exactement, François, du coup, on se demande aussi qui est vraiment responsable des lignes éditoriales et où se situe la concertation.

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Sur les degrés variables de l'autonomie et de l'interventionnisme - le Sam 25 Sep 2010, 15:08

Eh bien, probablement ça dépend des époques, et ça explique peut-être certains mécontentements. Si on tente de répondre de façon basique, descriptive et fonctionnelle, c'est déjà une question à la fois facile et pas facile, ça. Et à poser aux gens de la maison, plutôt qu'à ceux qui y recueillent les bruits de couloir et ensuite jouent les informés dans des méchants petits bouquins décousus et sans vision synthétique. Comme il n'y a personne de tel ici, alors on peut tâcher de dire le peu qu'on sait ou plutôt le peu qu'on croit avoir compris. Personnellement, j'aurais aussi tendance à répercuter la question plutôt vers l'AAFC (voir le menu "liens"), où l'on pratique des diners-rencontres trimestriels avec des producteurs. Eux répondraient, peut-être clairement, du moins pour ceux d'entre eux qui connaissent le sens des mots. Par chance ce sont plutôt ceux-là que l'AAFC invite à ses dîners-rencontres. Et pour le reste, on va se trouver assez vite dans les questions de l'ambiance interne à la maison FC. Cela dit, vu de l'extérieur, on se demande si dans ladite maison, l'appellation de "producteur" recouvre une réalité strictement définie, et même je parie qu'on entendrait, en provenance de FC, des sons de cloche différents. Par exemple pendant des années, certaines émissions de documentaires étaient annoncées dans la presse écrite (y compris dans le magazine hebdo un peu cher que proposait Radio-France) comme "présentées" (et non "produites") par les personnes qui les signaient et qu'on entendait d'un bout à l'autre, qui étaient visiblement responsables du propos qui s'y déroulait. Ainsi pendant des années, les "Matinées des autres" sont annoncées comme "présentées" par Marie-Hélène Fraïssé, ou Sophie Pillods, ou Francesca Piolot. Pourtant quand on les écoute, et pas seulement au générique de fin (qui nous dit "c'était une émission de..."), on se rend compte qu'il ne peut s'agir simplement de présentation. Ceux qui veulent voir ce que ça donne, cette façon d'annoncer l'émission, trouveront des exemples en explorant les pages du site de Monk, avec une recherche sur "La matinée des autres" ou "Une vie une oeuvre". Et à mon sens, ça signale un recouvrement imprécis des zones de pouvoir, donc des fluctuations selon la tendance managériale à un moment donné.

Il y a au moins deux niveaux mis en jeu par les posts qui ont ouvert le fil : le niveau fonctionnel, et celui de la décision. En tous cas, contrairement à l'acception du mot dans le cinéma, à FC le producteur c'est non le financeur-propriétaire du projet (dans le cas présent, ça serait toujours l'institution Radio-France) mais la personne qui conçoit l'émission et lui donne à la fois son contenu et sa teneur. Donc le responsable principal de ce qu'on nous donne à entendre dans l'émission livrée à l'antenne. Quant au sujet traité, il l'apporte ou bien on le lui propose pour le traiter avec une certaine autonomie : choisir les invités et témoins à rencontrer, sélectionner les extraits qui entrent dans le montage final, et plus on a de métier plus on est responsable de son émission en travaillant en compréhension avec l'équipe technique qui est aussi une équipe artistique. Comme au cinéma, les rôles des uns et des autres se recouvrent au moins autant qu'ils ne se complètent.

On peut se demander dans quelle mesure cette autonomie du producteur est variable, pas seulement parce que c'est un travail d'équipe, mais aussi parce que ça se passe dans une institution et sous la direction de quelqu'un qui a passé la commande. On imagine que le coordinateur ou un chef de service, un conseiller des programmes ou même le directeur des programmes, pourrait selon les époques pratiquer un interventionnisme plus ou moins éclairé c'est à dire avisé, ou au contraire assez pesant en imposant des choix de sujets, d'invités, et des axes thématiques. Ainsi après septembre 1999, l'auditeur constatant ou croyant constater un coup de barre dans les thématiques FC, avec un surcroit de sujets misérabiliste, pouvait être tenté d'en attribuer la responsabilité à l'autoritarisme de Laure Adler. Hypothèse qui reposait sur sa réputation, hypothèse plausible mais invérifiable sans une revue sérieuse. De façon peut-être plus légitime (j'assume ce jugement personnel) on peut imaginer un coordinateur-producteur qui pourrait avoir -ou non- le souci d'équilibrer sur l'année les sujets de sa série, et de les répartir par genre, par secteur culturel, enfin comme il veut. Ou bien il s'en fout. Le coordinateur dirige la tranche d'antenne et passe les commandes, et il pèse plus ou moins sur l'ensemble. Mais il donne sa marque à la série, autant que le producteur donne sa marque à l'émission dont il a la charge. Et il peut aussi changer de ligne. Par exemple, Matthieu Garrigou-Lagrange a apporté quelque chose de personnel à une vie une oeuvre, y introduisant des sujets venus de secteurs culturels rarement traités. Pour le reste je renvoie au fil "Une vie une oeuvre" où on avait pu déplorer un certain glissement de l'émission vers l'anecdote, ensuite de quoi il me semble que ça s'est de nouveau stabilisé à un assez bon niveau de questionnement. Ceci pour dire le rôle et le poids que peut avoir un producteur-coordinateur. Autre exemple, pour en revenir à un sujet traité ces derniers jours dans ce forum : la couleur générale de Sur les docks semble bien refléter la conception que Jean Lebrun se fait d'un programme culturel.

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Re: Qui fait quoi à France Culture ? - le Sam 25 Sep 2010, 15:25

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Toujours pour tenter de répondre aux deux niveaux de la question de départ, dans un magazine de débats, littéraire ou politique-actu, et de façon générale dans les magazines thématiques, le producteur est la personne qui, dotée du contrat de grille, est responsable du choix des sujets à chaque numéro. Il cherche les sujets, les invités, les documents d'archives et en général il présente l'émission. Ca ne l'empêche pas d'avoir une équipe à qui il délègue des choix et des sujets ; si le volume à produire est important c'est toujours le cas. Le producteur ou un assistant peut aussi envoyer au site de FC (certains le font, d'autres non) le texte des chapeaux d'émission, les liens biblio, des illustrations. C'est ça qu'on retrouve ensuite (ou qu'on ne retrouve pas) dans les pages d'archives du site.

Hormis pour la fiction-création radio qui demeure, comme toujours, un secteur à part dans la chaine, A voix nue et Une vie une oeuvre sont parmi les dernières à fonctionner sous la direction d'un producteur-coordonnateur. Il dirige la série comme on fixe une ligne éditoriale dans une revue ou dans une rubrique de la revue, ou encore comme le fait un directeur de collection dans une maison d'édition, ce qui lui permet de mettre aussi la main à la pâte parfois et de produire certaines des émissions de la série dont il a la charge. Quelques grands producteurs-coordonnateurs du passé récent : Michel Cazenave pilotait la Matinée des autres, et aussi Une vie une oeuvre, Colette Fellous pour les Nuits magnétiques ; Alain Veinstein pour Surpris par la nuit qui prolonge la précédente, qu'il avait d'ailleurs créée et lancée 20 ans plus tôt ; Jacques Munier était le coordonnateur des dernières grandes années pour la formule des "Chemins de la connaissance" jusqu'en 2003, c'est-à-dire dans les dernières grandes années de la série. Et dans le même temps il oeuvrait comme producteur (qu'on a fini par dire "délégué") dans la matinée des autres ou dans une vie une oeuvre.

Dans ces émissions coordonnées, le producteur "délégué" intervient comme un prestataire. Parfois il vient de l'extérieur (Michel Parfënov a produit en tout moins de 5 émissions), parfois c'est quelqu'un de la maison qui a ou non une émission régulière (comme Francesca Piolot, Christine Goémé, et Munier cité ci-dessus, Cazenave même, produisait dans les séries qu'il coordonnait et aussi dans d'autres séries). Ceci pour dire que les statuts sont variables et ne dépendront donc pas toujours de la mission.

Pour répondre à François, dans ces émissions le producteur délégué a la charge d'une émission donnée : l'interviewer de la semaine dans A voix nue, ou celui qui signe le reportage/docu dans Sur les docks. Comme il travaille en tandem avec le réalisateur qui réunit les aspects techniques et artistiques, leurs rôles sont complémentaires. Mais dans une série documentaire dotée d'un producteur-coordinateur, à mon sens le producteur dit délégué est le producteur au sens fort du terme, et là son degré d'autonomie me semble une question secondaire, car on voit mal le prestataire régulier se placer en opposition à son passeur de commande. Cela dit comme ça se passe dans une organisation hiérarchisée, il y a aussi des niveaux de responsabilité étagés : si on veut chercher des correspondances, le producteur radio (ou télé), au cinéma son rôle serait celui du metteur en scène, souvent responsable du choix du sujet sinon à tous coups, mais toujours responsable de son traitement. Dans un journal-papier, le producteur serait plutôt celui qui propose un article, tandis que le producteur-coordonnateur serait le chef de rubrique, et le directeur des programmes serait le rédac-chef ou le directeur de publication.

Si on tient compte du nombre de producteurs intervenant dans l'offre d'une semaine de programmes, ou plutôt si l'on établit un ratio [nombre d'émissions livrées / nombre de producteurs ayant signé une ou des émissions], il est hors de doute qu'à France Culture ce ratio a baissé continûment depuis 1a rupture de septembre 1999, du fait de la titularisation, de la généralisation des contrats de grille, et de l'abandon du recours à des prestataires délégués. Continûment, et de façon importante. Mais dans quelle proportion ? Répondre à cette question n'est pas dans nos moyens, mais ça n'aurait rien de bien difficile à faire avec un accès à la documentation. Et le seul chiffre donné par ce ratio serait un indicateur, même grossier et simplifié, de la réduction de la diversité du programme en 10 ans.

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Re: Qui fait quoi à France Culture ? - le Dim 26 Sep 2010, 20:31

J'y vois un peu plus clair grâce à vos explications, cher Nessie. Oui, c'est bien curieux ces appelations d'origine non contrôlée ! Tant, en effet, parfois on sent que le producteur assume son émission et, d'autres fois, on a le sentiment que le dit producteur est à l'antenne, presque par hasard.

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Producteurs au bord de l'épuisement - le Mar 15 Nov 2016, 08:18

En divers endroits du forum une réflexion a lieu sur les rôles respectifs des coordinateurs, des producteurs et de leurs collaborateurs. Le constat est une nouvelle fois fait que les producteurs soumis à un rythme quotidien sont vite dépassés par leur tâche et finissent par offrir des émissions superficielles :
Henry Faÿ(http://www.regardfc.com/t789p10-la-methode-scientifique#27573) a écrit: (...) Qu'il y ait un rapport entre la qualité d'une émission et le temps qui a été consacré à sa préparation, c'est quelque chose qui ne devrait pas échapper à ceux qui sont aux commandes.

Comment peut faire un producteur face à une telle contrainte de temps ? Il sera bien obligé de sous traiter les sujets. Il se fera faire des fiches, destinées à être lues très vite. Ce qui signifie que l'émission ne sera pas vraiment la sienne, qu'elle se banalisera, perdra de sa spécificité et devra se cantonner  à un niveau superficiel.

Il apparaît que ce choix est l'aboutissement d'une politique qui s'applique à tous les domaines. Dans La fabrique de l'histoire Emmanuel Laurentin, depuis de longues années, truste la tranche horaire 9h 10h, et l'histoire comme discipline . Il est lui aussi condamné à produire cinq émissions par semaine, ce qui est un rythme d'enfer. Les nouveaux chemins de la connaissance consacrés à la philosophie et à la littérature (rien à voir avec les regrettés chemins de la connaissance) sous la houlette d'Adèle van Reth, occupent la tranche horaire 10h 11het doivent aussi suivre ce rythme. Culturemonde, qui traite de géopolitique, animés par Florian Delorme occupe la tranche 11h 12h avec la même contrainte de temps.

Ce regroupement autour d'un producteur a été adopté pour les sciences ce qui n'est certainement pas un bon choix. Cette politique vient de loin. Elle avait été annoncée par Laure Adler, quand elle était Directrice de France Culture et n'hésitait pas à tout chambouler. Elle disait : "je veux qu'il y ait un seul producteur tous les jours à la même heure. ". Son argument, emprunté au marketing, c'est qu'il fallait "fidéliser" l'auditeur. Et elle appelait ça la "règle grammaticale de la radio" ; moi je l'appellerais la règle de l'épuisement programmé des producteurs, de leur asséchement et de l'uniformisation des programmes par la production en chaîne. Je dirais que la meilleure manière de fidéliser un public d'auditeur, ce n'est pas de réduire l'offre à un seul producteur, mais au contraire de l'élargir et de proposer des émissions qui ont bénéficié d'assez de temps de préparation.

C'est ainsi que les meilleures émissions qui sont souvent des émissions hebdomadaires ont disparu.
(...)
À quoi une réponse a été donnée par un autre des meilleurs connaisseurs de l'histoire de la chaîne sur ce forum (cf. posts 4 et 5 de ce fil) : de nouveaux producteurs intervenant sur un  rythme hebdomadaire encadrés par des coordinateurs expérimentés :
Nessie(http://www.regardfc.com/t783p20-grille-de-rentree-2016#27594) a écrit: (...) le début de ma réponse est ici

Si la diversité n'était pas un vain mot dans cette chaîne qui cultive allègrement la pensée unique, on aurait remplacé tout bonnement les 5 producteurs par 5 nouveaux, et si l'on respectait vraiment l'auditeur en prenant soin de ses habitudes, en les faisant évoluer progressivement, on aurait pris soin d'en changer un tous les ans pendant cinq ans, en commençant par le plus usé (Stéphane Deligeorges) ou en finissant par le plus solidement cramponné (Stéphane Deligeorges).

Pourtant il y avait encore mieux à faire : donner chaque journée le créneau de 16h non à un producteur titulaire ce qui aurait fait 5 (opération blanche en ce qui concerne l'effectif de la maison), mais à 5 coordonnateurs capables d'insuffler un renouveau, charge à eux de planifier leur année en distribuant des sujets à des producteurs délégués, occasionnels, intermittents, tournants, selon la formule qui avait assuré l'excellence de France Culture pendant 20 ou 25 années avant qu'on n'en arrive à l'actuel assèchement. Par exemple j'aurais bien vu Aurélie Luneau en coordonnatrice de documentaires historico-scientifiques, confiés à des artisans confirmés ou débutants qui actuellement n'ont à se partager que quelques numéros d'Une vie une œuvre. Sylvain Bourmeau aurait fait surement un bon coordonnateur pour une série d'émissions en sciences sociales (...)
Voir également en début de fil dans le message initial  : "Complément de novembre 2016 : les rubriques associées au sujet ''L'identité et les missions  de France Culture''".

La Direction de France Culture et son projet culturel
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