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La Fabrique de l'Histoire    Page 2 sur 16

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La Fabrique de l'Histoire - le Lun 31 Aoû 2009, 10:45

Rappel du premier message :

C'est la rentrée 2009, chacun connait les marottes d'Emmanuel Laurentin. Il y aurait à espérer qu'il choisisse d'ouvrir un peu les thématiques de ses émissions, et de tourner la page de ses infinis ressassements (conflits et mouvements sociaux du 20è, redits, redits et redits). Mais détrompez-vous, le premier numéro de cette année est un anniversaire auto-célébrant (10è année de diffusion). Alors quoi de mieux pour fêter cela qu'un bon vieux ressassement? Voici le sujet du jour :

La Fabrique de l'histoire a dix ans 1/4 : la guerre, ses témoins et victimes
Après les vacances, la Fabrique vous retrouve avec bonheur et revient pour cette rentrée sur sa propre histoire commencée il y a tout juste dix ans.

Dix ans d'émission donc, dix ans d'archives en quatre temps avec un retour sur les grandes thématiques historiques qui ont parcouru nos documentaires, débats, et discussions.

Bref, retour aujourd'hui sur la question des archives de la guerre et ses témoins, la question du statut des victimes, commentées par nos deux invités Annette Wieviorka et Stéphane Audouin-Rouzeau.

Qui parle des grandes guerres du XXe siècle ? Y-a-t-il conflit entre historiens et témoins quand il s'agit de les analyser ? Témoignages et littérature tendent-ils à prédominer dans le cas de tragédies comme le goulag ou la déportation ?

Entre histoire globale et récits personnels, nos deux invités expliquent comment l'histoire tend à devenir locale, individuelle, à s'uniformiser parfois, et comment l'accent tend souvent à se porter sur la part la plus "émouvante" de ces mémoires.

On va souffrir pour cette année 2009. Après les centaines de messages envoyés à la Farbrique réclamant un peu d'originalité dans le choix des sujets, cette ouverture d'année est un véritable bras d'honneur pour les auditeurs.
* * *

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A quoi sert de demander à quoi sert quelque chose ? - le Ven 18 Déc 2009, 09:29

Bon sang quel affreux pensum que cette rubrique du vendredi "A quoi sert l'histoire ?". Ce matin une fois de plus, un mauvais lecteur lit maladroitement son propre texte farci des clichés usuels. Quelle horreur radiophonique !

Les responsables de ce naufrage qui se perpétue de semaine en semaine, ce ne sont certes pas les chercheurs invités à s'exprimer, même s'ils le font aussi mal. Le responsable c'est l'esprit de système peu systématique qui règne à "La fabrique de l'histoire" : quand on a trouvé une ficelle on va la tirer ad nauseam. Et la seule chose qui n'est pas systématique dans la Fabrique, c'est le souci de la pertinence (je n'ai pas dit "de la qualité")
Chaque vendredi, aux premiers instants de la Fabrique, je n'hésite pas longtemps : JE COUPE !!!

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La (nouvelle?) fabrique de l'histoire - le Mer 01 Sep 2010, 20:15

Comme l'année dernière, le premier numéro de la Fabrique de l'histoire parle d'histoire (!) : La semaine porte sur l'histoire des empires, rien que ça, et le premier épisode traite de l'empire ottoman, avec Gille Veinstein.
Emmanuel Laurentin nous promet une année plus encore consacrée à l'histoire profonde, l'histoire ancienne, que l'an passé.
Pourvu que cela soit! Vous y croyez, vous?

Toujours est-il que l'émission traite vraiment de son sujet, ne se perd pas en commentaire, Gilles Veinstein y est didactique et concis, peu interrompu par un Laurentin à son aise dans cette période-là, qui l'accompagne bien dans le développement de son propos.
Quand il nous laisse l'invité raconter la tranche d'histoire, la narrer, et quand il l'aide à mettre en lumière quelques points importants, c'est quand même bien...

L'émission de mercredi est consacrée à la chute des empires (moyennant quand même un bon quart d'heure sur les détails de l'organisation du colloque d'Amsterdam consacré aux empires...)

Rêvons que la suite ressemble à ces premières éditions.

PS : On va quand même avoir droit au grand classique, la chute des empires coloniaux ("bien sûr", dixit lolo)

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Semaine sur le grand Paris - le Mar 28 Sep 2010, 14:13

Frédéric a écrit:[...]
Emmanuel Laurentin nous promet une année plus encore consacrée à l'histoire profonde, l'histoire ancienne, que l'an passé. Pourvu que cela soit! Vous y croyez, vous?
Eh bien Histoire ancienne et profonde je ne sais pas, mais histoire sortie de l'anecdote classique de l'histoire sociale, espérons. La semaine dernière, avec le baratin sur l'alcool et l'évocation des campagnes anti-alcooliques des 60's, je n'ai pas perçu d'amélioration avec les scies de la Fabrique. A vue de nez cette semaine on n'est peut-être pas trop volés, bien que le sujet soit lui aussi une scie et malgré un lien direct à l'actu : Histoire du Grand Paris, tout juste la semaine où s'ouvre la consultation politique sur l'aménagement des transports. On peut rétorquer que le sujet Paris est d'actu mais sans l'être : le débat sur la capitale est récurrent depuis toujours. Certes, mais dans ce cas le placer cette semaine, c'est quand même filer le train au menu de l'actu. Certes on entend encore quelques clichés d'Emmanuel sur le Paris "prédateur de la banlieue" mais pour remettre le cliché à sa juste place, je fais confiance aux témoins historiens un peu moins encombrés du permanent jugement de valeur. Enfin, peut-être pas Michel Ragon, hier invité 46987123 fois sur FC mais pourquoi pas, puisque Ragon a toujours des choses à dire.

Aujourd'hui en 2e épisode : les enceintes de Paris. C'est une promenade documentaire plus que correctement faite. Tout à fait dans l'ambiance FC qu'on apprécie, sans beuglements ni ricanements, sans se croire obligé de balancer soit du rap, soit pire pour faire genre. On n'échappera ni au "mur murant" ni à la "mairie du XIII" ni au tramway ni à la Bièvre et tout cela a déjà été traité dira-t-on, mais de mon point de vue ça n'est guère gênant. Pour les amateurs du journalisme d'investig' toujours sur la brèche et pour les activistes du politique, c'est peut-être un ronronnement. Pour l'amateur de documentaire culturel c'est un nouveau numéro sur un sujet déjà pas plusieurs fois traité mais c'est pas grave. D'abord la culture ça ne consiste pas à se renouveler à chaque seconde (d'ailleurs du côté de l'actu, les scies de France Culture sont elles-mêmes déjà bien assez répétitives). Ensuite, même sur un sujet déjà traité, il y a moyen de satisfaire aussi bien le néo-auditeur que celui qui a déjà écouté les émissions précédentes sur le même sujet. En clair : même sur des vieux sujets, il y a toujours quelque chose d'original à dire. Et d'ailleurs ce matin c'est bien le cas. Très réussi vraiment.

On se prend à rêver de séries ou au moins d'émissions aussi réussies, consacrées à l'histoire de l'urbanisme en province. Mais ça précisément on l'entend assez régulièrement dans Métropolitains. Et puis il y a peu encore dans Vivre sa ville, émission qui a été transmutée en chronique quotidienne on ne sait pas bien pourquoi.

Demain dans la Fabrique : Paris et les terres agricoles environnantes ; avec Robert Muchembled
Jeudi : débat sur la croissance comparée de Paris et de Londres au XIXe siècle.

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Au secours l'histoire .... - le Ven 01 Oct 2010, 06:08

@Nessie a écrit: Demain dans la Fabrique : Paris et les terres agricoles environnantes ; avec Robert Muchembled
Jeudi : débat sur la croissance comparée de Paris et de Londres au XIXe siècle.

Pfff il n’y avait pas Muchembled dans la troisième Fabrique de la semaine, qui vient de repasser dans Les Nuits. C’était un numéro affligeant d’éconophobie sous influence. Le thème : "comment Paris est devenu le prédateur des agriculteurs environnants". Lourdement éconophobe, avec une tonne de sous-entendus manichéens et l’assaisonnement au ricanement mais implicite, sous entendu donc quand même léger il faut l’admettre. Quand même on se demande comment ces "historiens" (zavez vu ? moi aussi je sais les faire les guillemets à la bourdieu) peuvent comprendre quoi que ce soit à leur époque et aux autres (aux autres tout et tous, aux autres-tout-ce-qu’on-voudra : aux gens des autres époques, aux autres gens de notre époque, aux autres mondes, autres galaxies, autres temps, autres moeurs) comment est-ce qu’ils peuvent comprendre s’ils ne changent jamais leur lorgnette à viseur unique et si tout absolument tout est décodé en rapport d’exploitation économique et toujours farci des mêmes prénotions si X cherche à faire du profit alors Y est privé de sa liberté donc Z est un salaud et il n’y a que les riches qui peuvent se payer ceci et c’est toujours les pauvres qui devront faire cela etc etc c’en est comique à force cette lecture archi-téléphonée comme si tous ces agents économiques n’avaient pas cherché avant tout à se débrouiller au mieux pour améliorer leur condition mais non il faut que tout cela soit une gigantesque machine sociale qui ne profite qu’à quelques uns et qui ne vise qu’au profit ah non atassion il n’y a pas que le profit j’ai failli oublier l’autre sésame explicatif de l’historien invité cette clé la voila écoutez bien il y a aussi les stratégies de dis-tinc-tion et rrrrac c’est reparti j’ai dit "une clé" mais c’est plutôt une scie qui chantonne toujours la même chanson ah si seulement ça leur coupait la chique ou le fil du micro cette émission est tellement à sens unique que ça donne envie de la réécouter pour compter le nombre de fois où on entend "profit" (toujours connotation ironique-négative hein) et "distinction" mais là je n’ai plus le temps car c’est l’heure où je vais chercher des croissants distinctifs pour agrémenter mon café de nanti et ainsi exploiter ceux qui se sont levé aux aurores pour les préparer sachant qu’eux-mêmes sont des privilégiés qui exploitent le travail des agriculteurs spoliés de leur autonomie eux-mêmes faisant suer sang et eau à des misérables réduits en esclavage ceux là ils sont tout en bas de la chaine de la prédation sauciale et moi je suis tout en haut oh j’ai honte comme j’ai honte heureusement qu’il y a ces saint françois d’assise venus directement de l’université jusque dans mon poste pour m’apporter la vérité ils vivent d’encre et de papier surement j’ai l’air de blaguer comme ça et en effet je blague mais c’est exactement ce genre de trucs que je viens d’entendre en une heure de radio le seul progrès c’est que c’était dit avec un large sourire et pas avec les habituels accents agressifs de ventre affamé n’ayant pas d’oreille ce qui veut dire que d’abord ils sont bien nourris ces prêtres laïcs venus de l’université ensuite qu’ils évoluent dans le sens de la civilité nos progressistes du saucial s’ils sont de moins en moins hystériques au point d’oublier la révolte pourtant le tableau qu’ils ont dressé était du révoltant pur jus des presses du Cabinet Révoltas mais non pas de colère apparente il faut croire qu’ils étaient finalement assez contents de venir raconter tout ça à la radio ça leur fait peut-être pas une grosse prime mais pour leurs stratégies de distinction pardon là ça marche bon il ouvre mon boulanger oui non oui non oui ça fait déjà 8 minutes que ça devrait être ouvert ah la la si on peut même plus faire confiance aux pauvres pour être à l’heure où allons-nous ...

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Re: La Fabrique de l'Histoire - le Ven 01 Oct 2010, 20:49

et si en plus, c'est un croissant au beurre, alors, là, oui, vous êtes un nanti!
bon, parlons du sujet développé mercredi 29/09.
J'ai trouvé moi aussi, l'invité, Hervé Bonnezon, agréable, dénué d'arrogance. Mais ce n'était pas la bonne personne à inviter: c'était traité de façon très approximative, il ne connaissait manifestement pas grand chose des zônes de culture des différents fruits, légumes et céréales et rien non plus de la vie des agriculteurs ou maraîchers, des raisons pour lesquelles ils sont partis, etc. Il a parlé de ce truc bâteau: les pêches de Montreuil, les cerises de Montmorency, les asperges d'Argenteuil.... il mériterait pas son bac horticole...
Il y a pourtant beaucoup de monographies sur le sujet, dans de nombreuses communes de l'Ile de France.
Et puis, ce n'était seulement pour nourrir les seigneurs, c'était pour tous les Parisiens, chacun selon sa bourse.
Par contre, il m'a semblé que la comparaison du lendemain, entre l'histoire de l'urbanisme de Londres et celui de Paris, était bien mieux traitée.
Au cours de l'hiver dernier, mais quand, mystère, je ne l'ai pas noté,Emmanuel Laurentin avait pourtant traité de l'évolution de l'agriculture de manière remarquable, pendant une semaine et notamment, sur le développement de la mécanisation.Mais ce n'était pas relatif à Paris.

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Re: La Fabrique de l'Histoire - le Sam 09 Oct 2010, 21:14

Dans un opuscule à paraître le 14 octobre, À quoi sert l'histoire aujourd'hui? (Bayard/France Culture), Emmanuel Laurentin rassemble les réponses d'une quarantaine d'universitaires à cette question que Marc Bloch prêtait à son fils («un jeune garçon qui me touche de près»), dès l'introduction de son livre Apologie pour l'histoire ou métier d'historien (1941).Antoine Perraud in Mediapart,9 oct 2010

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Re: La Fabrique de l'Histoire - le Dim 10 Oct 2010, 09:36

Antonia : ces histoires de maraîchers (mais ce n'est sans doute plus la même période, je n'ai pas écouté la série de Laurentin) me fait penser (me gourré-je) au début d'Irma la douce de Billy Wilder, lorsque le héros, encore flic, fait ses débuts aux Halles. Très belle entrée en matière, technicolor, entre toutes ces denrées alimentaires, rapatriées là pour nourrir le ventre de Paris. Les émission de Laurentin sur le monde rural, je ne me souviens plus de leur date de diffusion exacte, non plus. En revanche, je me souviens que Laurentin avait dit que ses parents étaient paysans. C'était donc un sujet "intime", proche pour lui.

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De l'anti-radio en bidons de 5 litres - le Dim 10 Oct 2010, 10:07

@fanch a écrit: un opuscule à paraître le 14 octobre, À quoi sert l'histoire aujourd'hui? (Bayard/France Culture)
Salut Fanch'

Cette parution est à la fois une bonne nouvelle, et signe qu'il y a eu erreur d'aiguillage au moins à un moment. Je m'explique : de les proposer enfin en recueil, ces textes, ça sera certainement en faire un meilleur emploi que ce qu'on a enduré lors de leur lecture à l'antenne, par les auteurs eux-mêmes : des moments d'anti-radio, rien de moins. C'était vraiment bousiller leur production, à ces historiens, que de leur faire lire leurs propres textes. Chose que pour la plupart d'entre eux ils n'ont pas su faire, et comment le leur reprocher ?

Comment expliquer une telle erreur d'aiguillage ? Certes on observe depuis 15 ans une tendance à transformer en vedettes des gens qui n'en ont évidemment pas la vocation : il faut voir les ridicules couvertures de la collection "Premier Cycle" chez Puf, dans le même temps qu'on virait des couvertures "Quadrige" les beaux portraits de Durkheim, Bergson, Mauss et de Canguilhem. Rien que ce double changement opéré dans les mêmes années, ça montre qu'il y a quelque chose qui cloche dans l'intelligentsia ou dans la façon dont on veut l'exploiter. Bref c'est le même défaut qu'à France Culture : le vedettariat métaleptique. Comme à la télé quoi. Et l'étape suivante, c'est les vignettes chez Panini ? "Collectionne les images des profs du Collège de France !! ". Avec "vu à la télé" dans un médaillon en forme d'étoile, aussi ? Pitié, pitié ...

Bon on n'en est pas la (pas encore ?). Alors revenons à la radio : une fois de plus Laurentin s'est planté avec cette série. Ces textes ont été sabotés par la lecture au micro. La plupart du temps c'était fait avec maladresse, sur un ton monocorde ou pire, mal joué et sermonneur. Bref : l'horreur radiophonique. La parution en recueil ne peut qu'être meilleure. Soit. Mais surtout, ce plantage ridicule montre que sous ses dehors modernes et volontiers branchy, France Culture sait aussi nous proposer de l'authentique régression radiophonique. Car on peut bien se payer la fiole des auditeurs passéistes (à supposer qu'il y en ait), quand on écoute les causeries radio de l' Heure de culture française, on entend l'intelligence authentique de grands esprits (Benveniste, Piaget, Merleau-Ponty) balancée au micro sous forme de lecture, et on se dit que c'est bien intéressant mais que cette radio là elle a vieilli. Ces causeries datent de la fin des 40's et on est bien content de les entendre. On se permettrait pas de les critiquer. Mais on se dit qu'aujourd'hui, vraiment, ça serait pas tenable. Vous le cauchemardez ? Eh bien France Culture vous l'offre : chaque vendredi matin Laurentin, pourtant souvent mieux inspiré, vous propose la séquence la plus honteuse de la semaine. Pas la plus honteuse moralement, non pour ça on ira chercher du côté de Martel ou des Journaux de FC. Non, la plus honteuse culturellement parlant ; je m'explique : cette séquence du vendredi est la pire de la semaine, si on rapporte la qualité du matériau à la foirade de la présentation. C'est - et de très loin - le moment où le rapport entre les deux est le plus déplorable.

Certains qui nous font la gentillesse de passer ici parfois (Basil, Vincent) pour contribuer, mais tout en signalant qu'ils n'adhèrent que peu ou pas à nos critiques sur la forme radio parce qu'ils privilégient le contenu, pourront-ils préférer la séquence du vendredi à la lecture chez eux d'un chapitre du livre ? J'en doute. Mais quand la radio, pour servir la culture et la réflexion, se borne à en proposer soit des parodies (les débats sempiternels sur les toujours mêmes sujets), soit des pâles imitations (les émissions de verbiage en direct), soit des versions dénaturées (ces lectures), France Culture met à côté de son objectif. Et de s'adjoindre une activité d'édition, c'est peut-être signe que France Culture tient une place dans la production et la diffusion des idées (et c'est tant mieux) mais c'est aussi le signe qu'on n'y réfléchit pas assez à sa spécificité de média, ni à sa vocation de radio culturelle.

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Re: La Fabrique de l'Histoire - le Dim 10 Oct 2010, 10:48

nessie a écrit : mais c'est aussi le signe qu'on n'y réfléchit pas assez à sa spécificité de média, ni à sa vocation de radio culturelle.

Salut nessie, belle utopie que de croire alors qu'existait au meilleur des années 60 & 70 une analyse des pratiques, il en serait de même aujourd'hui pour l'audio et le visuel !!! Le forum-parodie (27 mars 2009, in grand auditorium de RF, j'y étais) de Cluzel avant son départ montre bien que ce sont d'autres stratégies qui élaborent les orientations audio de la radio !! Il n'y a plus de penseurs pour la radio (les panseurs sont plutôt du côté de Kronlund et Sur les Docks) et s'ils existent ils pensent dans le désert car personne ne leur tend plus le micro. Les directeurs se suivent et inventent des émissions et empilent leur égo ou leur prétendu objectif de service public.

Ya pas de hasard ni Jaigu, ni Borzeix (ex-dir de FC de 1975 à 1996) n'étaient connu du grand public ils officiaient avec des convictions chevillées au corps (et j'oserai dire au cœur). La société du spectacle ayant fini par s'immiscer dans le service public (cf franceinter), après le passage terne (et destructeur) de Gélinet (qui ne restera même pas dans l'Histoire !!!!sic), la nomination de L.A. (Laure Adler pour les intimes) allait sonner la charge du vedettariat et du petit cercle des intellectuels "en prise". Et là plus aucune critique ne fut possible elle fit FC à sa main et à son pied tant elle fut prompte à mettre dehors les empêcheurs de tourner en rond dans sa tour d'ivoire.

La tendance est prise !! Hees aurait été brillant s'il avait engagé un séminaire de longue durée sur les enjeux de la radio au XXIème siècle et s'il avait participé à "orienter" les différentes chaînes plutôt qu'à voir doucement se rapprocher FC&FI.

Hors donc nous pouvons nous atteler à faire circuler les cahiers de doléance de la radio en vue des États généraux (et espérons généreux) de la Radio publique. On demande un rencard à Mitterand ? Parlons-en !!

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Déviation svp - le Dim 10 Oct 2010, 11:20

@fanch a écrit: Salut nessie, belle utopie que de croire alors qu'existait au meilleur des années 60 & 70 une analyse des pratiques, il en serait de même aujourd'hui pour l'audio et le visuel !!! Le forum-parodie (27 mars 2009, in grand auditorium de RF, j'y étais) de Cluzel avant son départ montre bien que ce sont d'autres stratégies qui élaborent les orientations audio de la radio !! Il n'y a plus de penseurs pour la radio (les panseurs sont plutôt du côté de Kronlund et Sur les Docks) et s'ils existent ils pensent dans le désert car personne ne leur tend plus le micro. Les directeurs se suivent et inventent des émissions et empilent leur égo ou leur prétendu objectif de service public.

C'est le coeur de notre problème.
Je te réponds là-dessus en fil "Vocation de FC"

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Quand France Culture chasse l'auditeur - le Lun 21 Fév 2011, 10:24

Emmanuel Laurentin ou : comment rater un sujet (234e épisode).

Depuis le début de l’année France Culture a perdu ma clientèle le matin et même un peu plus. L’enfilade de quotidiennes qui va de Richeux à Kronlund me fout le bourdon : entre l’affectation des uns et les vannes lourdingues des autres, avec en plus des idées reçues à la pelle, c’est plus de la radio c’est une comédie d’enfants gâtés. Mais enfin parfois je me laisse piéger : aujourd’hui soucieux d’écouter Dominique Wolton aux Matins, je tiens le coup jusqu’à la Fabrique de l’histoire.

Oh oh le beau sujet cette semaine dans la Fabrique : la chasse. Sujet fondamental dans l’histoire des hommes : des chasseurs-cueilleurs à la structuration du monde rural moderne il y avait vraiment de quoi faire 4 émissions passionnantes sur un grand thème transverse : la nourriture carnée, la technique, les armes, les chiens, le groupe des hommes, et quoi encore si on gratte un peu on remplit 2 pages. Quel potentiel : des pratiques sociales, un florilège symbolique, et une imagerie parmi les plus riches qui soient. On pouvait faire du comparatisme régional, on pouvait traiter de l’évolution du rapport à la nature, du droit rural, de la division sociale de genre. Bref de tout ce qui va quand même se trouver saupoudré en remarques ineptes et erratiques entre deux tunnels d’histoires personnelles non signifiantes, car voyez-vous c’est déjà le cas dans l’entretien du lundi (affligeant de naïveté des deux côtés du micro). Remarquez, ça aurait pu être intéressant encore, si c’était bien fait. Et alors c’est bien fait ? Ben non : ce matin on apprend par une d’Ormesson que la vénerie est en expansion d’ailleurs il y a même de la vénerie en VTT et les petits gars sont admirables elle les admire la d’Ormesson et elle se rengorge comme ça pendant tout l’entretien, c’est son jour ma parole. Insupportable. Inécoutable.
Je coupe !

Pourtant il y en avait, des choses à dire, des sous-thèmes à choisir, dans ce riche potentiel. Mais voila, dans les 4 jours qui composent la série, sur rien de tout ça l’auditeur n’aura droit à un traitement sérieux. Et pourquoi, ou bien comment ? Le producteur annonce sans rire "une pratique millénaire si l’on en croit une proposition de loi", pratique qu’il prétend décrire "dans la longue durée". Ensuite quand il balance son programme on se demande vraiment s’il comprend le sens des mots qu’il emploie : millénaire, longue durée. Il connait, bien sûr, alors pourquoi en user ainsi à contre-sens, est-ce mystère ? Mais non : c’est pure fumisterie. Visez un peu ce que devient ce sujet une fois passé dans la moulinette de l’équipe Laurentin :
- Lundi : La chasse à courre en 2010
- Mardi : L’évolution du permis de chasser dans les années 70 en France
- Mercredi : Les chasses royales et les chasses présidentielles
- Jeudi : (ah zut le programme de jeudi est même pas disponible en ligne sur ce site myope, vous vous rendez compte mais jeudi c’est ’achement loin les gars elle est là, la longue durée !) voyons si ma mémoire est bonne, je crois que Laurentin a annoncé ... euh, ah oui : débat sur les combats sociaux entre chasse aristocratique et chasse populaire.

Eh bien voila comment le producteur de l’émission a choisi de traiter ce sujet fondamental, en le limitant à 2 ou 3 clichés, sujet d’actu du temps de ses jeunes années, et aux idées reçues de l’analyse d’une société par ses classes, avec dans sa mire la bourgeoisie et la caste du pouvoir. Appliquons un peu la méthode Laurentin à quelques autres sujets bien (ou mal) choisis. Par exemple disons tiens l’histoire du cinéma : ça reviendrait à causer en 4 émissions des 3 ou 4 plus gros budgets de Hollywood, et puis des salles de projection privées chez les riches puis maintenant du home-vidéo-cinéma qui se démocratise, et puis le décoinçage du ciné érotique & porno dans les 70’s. Je vous jure que je n’exagère pas : la façon dont s’annonce cette semaine dans la Fabrique, ça ne pisse pas plus loin.

Vous voulez un autre exemple ? Oui vous avez raison, le cinéma c’est trop localisé dans le temps, donc cherchons un autre sujet, qui sera aussi fondamental que la chasse dans l’histoire des hommes. Remarquez, on aura du mal à en trouver plus d’une douzaine : la danse, le conte, le jeu, le mariage, le culte, et notez que je m’en tiens aux pratiques hein. Tiens la danse, allons-y puisque sur le sujet Broué et Gardette ont montré il y a 15 jours qu’ils ne savent pas construire une discussion valable avec leurs invitées. Donc le déroulement thématique de Laurentin cette semaine sur la chasse, c’est exactement comme si on faisait l’histoire de la danse en se limitant au corps de ballet de l’Opéra, à la survivance du menuet, et aux bastons dans les bals du samedi sans oublier d’y ajouter une louche de Bourdieu sur la déshérence matrimoniale des culs-terreux (opprimés par la bourgeoisie évidemment). Et qui donc aurait le toupet d’intituler cette série "Histoire de la danse ?". Réponse : personne, sauf peut-être des faiseurs pas doués.

Là encore je n’exagère pas : c’est exactement avec une lorgnette de ce genre qu’on nous invite à explorer le sujet de la semaine. C’est tellement n’importe quoi que ça ne vaut même pas le coup de se mettre en colère. Certains matins France Culture qui se voudrait radio de référence, est une radio de la pitrerie inculte.

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