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Critique de la critique    Page 5 sur 13

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Critique de la critique - le Lun 31 Aoû 2009, 12:26

Rappel du premier message :

J'ouvre ce fil par souci de netteté, pour répondre à Vincent qui, du blog de Jean Lebrun où l'ambiance devient irrespirable, vient ici avec le souci du dialogue loyal. Sa critique de notre attitude critique mérite un vrai fil et un vrai titre. Je vais donc reporter ci-dessous le début de dialogue qui traîne ailleurs, et ensuite lui répondre.

Nessie
* * *

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Pour Catulle, et puisque dans ce fil on parle de la critique... - le Sam 06 Nov 2010, 06:38

Vous pouvez bien taxer la critique de répétitive, prétentieuse, idéologique. Que ces étiquettes soient ou non justifiées, cela ne devrait même pas poser un problème, en premier lieu parce qu'elle ne se situe pas au même niveau logique que ce dont elle parle : la critique est un "propos sur un propos" (type b) et non un propos (type a). Pour autant, dans certains cas le reproche est pertinent et dans d'autres cas il ne l'est pas. Dans certains cas il est fondé et dans d'autres cas il ne l'est pas. Ce post a pour objet de préciser quelques unes des différences de fond qui ne peuvent etre ignorées sans courir au sophisme ou au biais de l'analyse.

Le critique en tant que personne, n'a aucune importance, et la seule qualité morale qu'on est en droit d'exiger de lui, c'est la sincérité. Il s'efface devant son propos, et cela toujours davantage que celui qui prétend faire oeuvre, surtout quand on sent le second motivé par la vanité ou la facilité (chose que la critique peut s'attacher à démontrer, d'où l'agressivité en retour qu'elle ne manquera pas de s'attirer). En regard de la prétention qu'on trouve chez le créateur, prétention compréhensible et naturelle certes mais inductrice de nombre d'effets néfastes dont l'oeuvre pourrait bien souffrir et se réduire en qualité, au contraire la qualité de la critique n'est que très secondairement de forme. La qualité essentielle de la production critique réside dans la vérité de son propos. Aussi :

- peu importe que le critique apparaisse comme prétentieux dans son attitude ou sa conduite ; on peut bien le lui reprocher, et cela avec sincérité ou mauvaise foi, avec justesse ou par erreur de jugement. La seule question qui compte est de savoir si son propos critique, lui, est fondé en vérité et en sincérité. Mieux vaut une critique fondée et désagréable, fondée et prétentieuse, fondée et déplaisante, qu'une critique qui serait non prétentieuse, sympathique, non déplaisante, mais non fondée ou insincère.

- que la critique soit répétitive n'est pas un défaut, bien au contraire : s'il s'agit de relever une erreur répétée ou un défaut constant, alors il est du devoir critique de se montrer répétitif et même ressassant jusqu'à l'obsession, tant que ce dont on traite ne sera pas amélioré. Reprocher à la critique d'être répétitive, c'est reprocher à son objet d'être mauvais de façon répétée, ou constante.

- est-ce un vice que la critique soit idéologique ? Bien sûr que non : en tant qu'elle lutte pour des valeurs (le bon, le beau, le vrai), elle l'est par nature. On ne peut pas en dire autant du discours culturel, qui ne peut procéder au forçage idéologique (j'entends ici : politique et moral, partisan et donneur de leçons) sans se dénaturer.
(Je réserve pour d'autres posts la critique morale de la moraline et la critique militante du militantisme, mais nul doute que le lecteur sceptique lira encore quelques distinctions entre type a et type b)

Ces quelques points rapidement proposés entendent montrer que la création et la critique ne peuvent recevoir le même traitement critique. Que d'une part la critique, et d'autre part la critique de la critique, sont genres et exercices différents. J'attends qu'un esprit supérieur me démontre :
a) que la distinction ci-dessus énoncée et plus haut illustrée, est fausse infondée mal venue, ou même injuste (?)
b) que la critique de la critique de la critique ne peut se contenter de l'insulte et de la réduction simpliste ; et que de venir insulter le critique est un mode de débat souhaitable et efficace pour défendre les oeuvres dont il a fait son sujet critique

Toujours pour le signataire "Catulle" dont le post a hélas disparu, et pour redescendre d'un cran dans cette hiérarchie des types que lui seul a jugé arbitraire, je conclus que certes il reste la discussion sur le sujet lui-même : l'émission critiquée. Si vous voulez vraiment défendre une émission qu'ici on n'apprécie pas, qu'on égratigne un peu ou bien qu'on défend en flamme, alors parlez donc de l'émission au lieu de dégoiser sur ceux qui ne l'apprécient pas. Je n'oublie pas que c'est ce que vous aviez fait dans le post qui a disparu. Je vous propose, à vous ainsi qu'à Vincent et à toutes les personnes intéressées, de nous retrouver dans le fil ouvert pour traiter du documentaire et de "Sur les docks".
Ceci en espérant qu'une discussion apaisée pourra en résulter, ce qui ne dépend que de vous.

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Re: Critique de la critique - le Sam 06 Nov 2010, 16:01

En vrai poivrot qui revient toujours à son bistrot, me voila de nouveau, j'espère pour la dernière fois, avant quelques mois d'éclipse (ça paraît con, mais participer ici m'empêche de bien me concentrer sur autre chose, j'entends vos voix la nuit!). Plus sérieusement, il y a peut-être quelques petits trucs encore en l'air qui m'empêchent d'écrire le mot fin.

J'ai relu, comme m'y invitait Catulle (que je remercie au passage pour ses précisions bienvenues concernant le documentaire qui a tant fait vibrer mon coeur de groupie décérébrée), le message de Nessie, ainsi que quelques pages au hasard du forum, et en conséquence je retire l'expression infamante de "Tea party" que j'avais cru bon de lui appliquer. J'étais guidé sans doute par les messages auxquels j'ai fait allusion (saint-hu, rose...), peut-être par quelques récriminations tonitruantes de mon maître Pancho l'hidalgo, mais j'ai lu ou relu certaines pages de Nessie qui m'ont bien fait rire (ex: un Sur les docks à propos d'insécurité routière) et j'ai même trouvé quelques messages de Lola auxquels je peux adhérer. Mais, j'ai déjà dit un peu plus haut ce que je pense, en gros, des qualités et des défauts qu'on peut trouver ici, et que, selon moi, la balance va vers le plus. Ce qui me fait revenir, c'est le problème logique du rapport entre critique et critique de la critique. (J'ai bien lu que Nessie attendait l'intervention d'un esprit supérieur, mais je me place dans l'intervalle, et puis de toute façon c'est un peu mon fil ici, ness pas? Oui, je sais, c'était une embuscade, mais c'est pas grave...)

Donc, Nessie a écrit (désolé, je n'essaie pas les "quote" et autres machins, je ne m'en sortirais pas...):

"La qualité essentielle de la production critique réside dans la vérité de son propos."

Imparable. Donc, on s'en fout si la critique est répétitive, idéologique, prétentieuse... du moment qu'elle énonce des vérités. Oui, sauf que ce que je voulais dire, dans une incidente, mais qui a effectivement à voir avec le fond, c'est que la coïncidence que je repère entre les deux plans, que vous avez fort justement distingués, laisse pressentir que la vérité énoncée pourrait être biaisée. Comme vous le dites, le reproche peut être pertinent et il n'est donc pas éliminé d'office par vote utile distinction. Il me faut donc préciser ce qui "laisse pressentir" que la vérité n'apparaît pas toute nue quand on a affaire à une critique répétitive, idéologique et prétentieuse. Je pense que ce pressentiment tient au fait qu'une telle critique combine elle-même deux genres contradictoires: l'analyse (qui consiste à découper finement) et la polémique (qui consiste à charger). Je ne dis pas qu'on ne puisse pas les combiner, ni que leur combinaison ne puisse produire des effets intéressants (au contraire), mais c'est délicat. Il ne s'agit pas de refuser la polémique: il peut y avoir plus de vérité dans une charge bien fichue que dans une analyse plate et incomplète. Mais, en fait, la charge bien fichue présuppose une analyse fine et exacte. Alors, Nessie, c'est justement une de vos qualités, que de savoir pratiquer les deux. Mais, je maintiens qu'il y a une tendance à pousser sur la charge sans faire toujours précéder l'analyse, ou à réduire l'analyse à quelques concepts facilement transportables en kit et appliqués en toute occasion (la moraline, le présentisme, le militantisme...). Un exemple parmi les pages que j'ai lues ce matin: votre amusant numéro sur les salamalecs de R. Enthoven (c'est là, en particulier, que j'ai lu une remarque de Lola qui m'a plu, sur une espèce d'orientalisme de notre philosophe), vous aimez bien le caricaturer, mais je n'ai lu nulle part ici d'analyse vraiment approfondie de son émission, qui, à mon avis encore, a quelques mérites (oui, je sais, je suis une groupie). Vous allez sans doute me dire, avec raison, que je n'ai qu'à les poster, ces analyses, plutôt que de vous reprocher de ne pas les faire. (Imparable!). Certes, mais là j'ai juste pris le temps d'essayer de faire voir en quoi on peut avoir l'impression que la charge précède l'analyse, ce qui, ne vous en déplaise, instille quelques doutes sur "les vérités énoncées".

Par ailleurs, Nessie a écrit aussi:

"- est-ce un vice que la critique soit idéologique ? Bien sûr que non : en tant qu'elle lutte pour des valeurs (le bon, le beau, le vrai), elle l'est par nature. On ne peut pas en dire autant du discours culturel, qui ne peut procéder au forçage idéologique (j'entends ici : politique et moral, partisan et donneur de leçons) sans se dénaturer."

Là, je n'ai simplement pas bien compris. Pourquoi le "discours culturel" doit-il échapper à l'idéologie qui est naturelle pour la critique? Ne peut-on pas dire de lui aussi qu'il "lutte pour des valeurs (le bon, le beau, le vrai)"?

Au plaisir de vous lire. Et excusez-moi si je ne réponds pas, ce ne sera pas par manque d'intérêt ou par inimitié.

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Ah tiens une éclaircie ? - le Dim 07 Nov 2010, 10:15

en réponse à ce qu'on essaie de fabriquer ici (I mean : de la critique radio) Vincent a écrit:[...] une telle critique combine elle-même deux genres contradictoires: l'analyse (qui consiste à découper finement) et la polémique (qui consiste à charger). Je ne dis pas qu'on ne puisse pas les combiner, ni que leur combinaison ne puisse produire des effets intéressants (au contraire), mais c'est délicat. Il ne s'agit pas de refuser la polémique: il peut y avoir plus de vérité dans une charge bien fichue que dans une analyse plate et incomplète. Mais, en fait, la charge bien fichue présuppose une analyse fine et exacte. Alors, Nessie, c'est justement une de vos qualités, que de savoir pratiquer les deux. Mais, je maintiens qu'il y a une tendance à pousser sur la charge sans faire toujours précéder l'analyse, ou à réduire l'analyse à quelques concepts facilement transportables en kit et appliqués en toute occasion (la moraline, le présentisme, le militantisme...). Un exemple parmi les pages que j'ai lues ce matin: votre amusant numéro sur les salamalecs de R. Enthoven (c'est là, en particulier, que j'ai lu une remarque de Lola qui m'a plu, sur une espèce d'orientalisme de notre philosophe), vous aimez bien le caricaturer, mais je n'ai lu nulle part ici d'analyse vraiment approfondie de son émission, qui, à mon avis encore, a quelques mérites (oui, je sais, je suis une groupie). Vous allez sans doute me dire, avec raison, que je n'ai qu'à les poster, ces analyses, plutôt que de vous reprocher de ne pas les faire. (Imparable!). Certes, mais là j'ai juste pris le temps d'essayer de faire voir en quoi on peut avoir l'impression que la charge précède l'analyse, ce qui, ne vous en déplaise, instille quelques doutes sur "les vérités énoncées".
Je me sens piégé par cette citation, alors autant dire exactement où j'en suis : initialement je comptais placer dans le pavé la seule première phrase. Entre parenthèses, sachez que c'est pas toujours si facile, de choisir le meilleur extrait pour amorcer la réponse qu'on voudrait faire. Ici, je n'ai pas pu couper avant la fin du paragraphe, parce que tout me semble juste dans ce qui nous est reproché.

J'entérine : mis à par l'acquiescement, je n'ai pas grand chose à répondre à Vincent sinon des remerciements. Pour 2 raisons :
- le projet du forum est parfaitement compris
- le projet du présent fil au moins aussi bien.
Je ne regrette qu'une chose : que le point de vue et l'attitude de Vincent ne soient pas de la pure évidence et du pur bon sens pour tous ceux qui nous dénient le droit à la parole, ceux qui voudraient qu'un tel forum n'existe pas, ceux qui pensent que le bon con d'auditeur n'a qu'à se contenter de sa position de client en marché captif, ceux qui abrités par la facilité ou leurs certitudes ne tolèrent pas la remise en cause. Merci de noter qu'ici je fais tout le contraire.

Tout de même, j'en conclus que la critique est elle-même un art difficile.
Qu'elle mérite sa propre critique (donc merci à vous)
Qu'elle peut être reconnue pour ce qu'elle est (merci encore)

Ce que vous venez de faire, cela porte un nom : c'est l'argument ad hominem, au sens exact du terme (et non au sens erroné d' "attaque insultante" qu'on lui donne usuellement). Sur le paragraphe cité, je peux dire sincèrement que vous avez raison de A à Z. Non seulement vous admettez l'existence de la critique, Vincent, mais vous suivez l'espèce de lent début d'établissement d'un cadre tel qu'on voudrait ici le préconiser. Ensuite vous montrez en quoi, tout en le posant de façon plus ou moins explicite, on ne le suit pas toujours. Aneffet, vous nous trouvez une certaine tendance, au moins parfois, à charger sans analyser, à polémiquer sans se justifier. En cela me sentant visé, je ne peux que vous donner raison : la critique idéale ne devrait jamais faire l'un sans l'autre, et de plus il faudrait pouvoir les assembler au mieux : un plan clair, un mixage judicieux, un déroulement efficace ? Et si l'on n'a pas toujours l'énergie de tout dire au moins que la part laissée dans l'ombre de l'implicite se trouve quand même présente, devinable, effective ? De mon point de vue c'est très simple : je ne sais pas trop encore comment faire mais votre réponse m'incite à y réfléchir.

Si le plus dommageable est la carence d'analyse, le mieux alors (essayons de progresser et merci à vous de m'y aider) le mieux dis-je sera probablement de profiter des possibilités du media qu'est le forum : combler la carence, éventuellement un peu plus loin dans le fil, un peu plus bas ou bien en s'appuyant sur ce qui a déjà été écrit. Dans le fil sur Raphy, si l'on met du temps à parvenir au billet critique idéal, si l'on ne parvient pas toujours à tout dire en un seul post, ni à faire très souvent un post complet même sur une seule séquence courte dans une seule émission, alors en attendant, le bon serait que la succession des posts dans le fil propose un tableau d'ensemble : des billets de groupies, des râleries de râleurs, des décortiquages inattaquables, des décrypetages que même la victime nous remercierait de lui faire, et une bonne proportion de posts qui réuniraient plusieurs de ces qualités, avec dans tout ça le moins possible de conneries déposées par des emmerdeurs. Oui, ça serait le fil idéal. Et ça n'a rien d'impossible. Et pourquoi pas sur cette émission-là justement, le meilleur sujet pour faire de la bonne critique : ambition culturelle, effort de travail indéniable, défaut et qualités non moins indéniables. Oui Les chemins de Raphy sont LE BON SUJET pour la critique sincère et loyale. Espoir : d'ici quelque temps dans ce forum on trouvera plusieurs fils sur le même modèle. Question : au fait, et s'il y en avait déjà quelques uns ?

Reste une réserve : tout de même, ici c'est un forum et non une revue académique. Donc j'assume au moins chez moi et tout en le regrettant mais quand même pas trop, un certain relâchement, une certaine paresse, et une tendance à la facilité, c'est très simple on ouvre sa radio et on entend un truc qui fait bondir et ce jour là on est de mauvais poil ou au contraire d'humeur joyeuse et tac on se laisse aller à un mouvement d'humeur : on vanne ! Dans le premier cas c'est Moïse à Mériba, dans le second c'est Léautaud dans son gourbi (merci d'apprécier l'assemblage), désolé mon cher Vincent. Vanner : je l'ai fait, je le referai, mais de votre remarque je conserve très vif le principe qu'il faudrait le faire pas trop souvent, et si possible avec un bon niveau de qualité satirique pour se faire pardonner la carence d'analyse.

En bref : sans charge d'humour, sans satire, sans l'apport de ce genre journalistique qu'est le billet d'humeur, ce forum serait chiant. Et s'il se limite à ça, il sera nul. Pour renforcer son sérieux, et en cohérence avec ses principes, il faut travailler un peu mieux au dosage, c'est ça que je retiens de votre paragraphe sus-cité et encore une fois je vous en remercie (et gare : le premier qui lit de l'ironie là-dedans je le satellise)

(et sur le reste du post de Vincent, une autre réponse à suivre, un peu plus tard dans la journée)

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Confusions. - le Dim 07 Nov 2010, 10:46

Je vais répondre pour la partie que Nessie a isolé du message de Vincent et où je suis concernée, à propos d' Enthoven.

J'ai bien remarqué que nombre de forumeurs adoraient mettre ne boîte RE sur sa rhétorique. Je ne suis ni en accord ni en désaccord avec eux sur ce point car je ne m'y intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est que son émission demeure fidèle à la vocation de FC et que ceci est d'autant plus important que RE est jeune. A mes yeux, il représente donc une possibilité de relève de qualité face aux incursions des journalistes pur jus.

Mon post n'avait donc aucune volonté critique. Je crois qu'à le lire, on le comprend, c'est davantage une remarque interne aux reproches de mes compagnons de forum, Nessie notamment.
Et l'ensemble se veut ironique - donc léger dans la forme - afin de souligner que la rhétorique enthovenienne me semble un problème secondaire.

Pour le reste, je crois qu'il faut établir une distinction forte et claire. J'ai l'impression à lire les remarques de Vincent qu'il croit que les critiques attaquent les producteurs en tant que personnes. D'où la confusion.
Or, ce n'est pas le cas. Ce ne sont pas les personnes qui intéressent ici, ce sont les idées qu'ils choisissent ou pas de convoyer, les modèles qu'ils acceptent ou non d'employer.
Je crois qu'il n'y a pas de "naïveté" de leur part dès lors qu'ils acceptent de prendre part au cirque médiatique et qu'étant plongés dans ce bain, c'est leur travail de s'en distancer, de s'en défier d'autant plus et d'autant mieux, qu'étant aux premières loges, on peut attendre de leur part qu'ils n'en soient pas dupes.
S'ils en sont les dupes ou les complices, tant pis pour eux. D'autant qu'à mon sens, le rôle de FC est de mettre de la distance critique et analytique avec ce cirque, sa vanité et sa futilité.

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De la polémique. - le Dim 07 Nov 2010, 10:59

La polémique pour quoi faire ? Je ne crois pas que l'usage de la vanne ou de la polémique aient pour fond une quelconque méchanceté à l'encontre d'un individu X.
La polémique a pour but de dire qu'à un moment telle ou telle posture, pause que l'on considère comme hypocrites, faciles ou mensongères ne marchent plus, que le masque de la bonne conscience, du sympa-cool, du concerné-camarades sont de simples mascarades.
A la révérence, opposer l'irrévérence d'autant qu'on le constate quiconque est en position de pouvoir médiatique attire la révérence. Pourquoi s'y laisser aller, pourquoi s'y laisser couler ? Il y a toujours un risque de se trouver engluer dans l'exercice d'admiration, dans le culte de la personnalité. Or, une fois encore, ce n'est pas cela qui compte. C'est le contenu ou son absence.

Et j'y insiste d'autant plus que dans les médias autres que FC, pour des raisons qui m'échappent, tout semble vouloir être fondé sur cette admiration unanimiste d'un tel ou d'une telle comme détenteur d'un savoir ou de qualités à-admirer-envier-suivre-en miroir.

De ce type de système, je souhaite que FC reste épargnée.

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Mon grain de sel - le Dim 07 Nov 2010, 11:56


Une bonne critique directe sur une émission prend forcement un appui depuis un point d’appui externe à partir de quoi juger. A défaut de connaître ce point d’appui le lecteur ne peut pas voir si cette critique est vraiment fondée. Et même ainsi, si elle est fondée selon certains critères, n’existe t il pas d’autres points d’appui plus essentiels qui invalident les critères de la première critique ?
Une critique ne peut que s’efforcer à expliciter ces critères de jugement le plus possible. Le principal problème c’est qu’il ne doit pas être facile de poser noir sur blanc toute une culture radiophonique qui a formé une oreille si bien attentive qu’elle perçoit les défauts de la forme sans avoir besoin de se concentrer sur le sujet.

Les charges d’humeur, si elles permettent à l’auteur de la critique de se défouler, ne seront jamais vraiment comprises par le lecteur (sauf cas exceptionnel de parfaite communion). Si la caricature est bien faite, on peut la reconnaître et en rire (c’est souvent le cas, je trouve). Mais ici, il y a un mais : la caricature en tant qu’œuvre peut être sujet de la critique ‘type a’. Et je crois aussi que les critères de la critique peuvent être soumis aux critiques de ‘type a’.

C’est ainsi que je vois la critique de la critique. Cela a t il du sens pour vous ?

(Le sujet sur 'Raphy', devrait occuper un autre fil, sinon on va s’embrouiller)

Bien à vous.

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Re: Critique de la critique - le Dim 07 Nov 2010, 12:13

Ce qui rend épineuse la réception de la critique n'est pas le fait d'ignorer la position du critique mais de ne pas soi-même connaître le contenu ou la forme qu'il critique.
Bref, le commentaire qui se substitue au texte comme la vulgate à la bible.

En outre, le rôle de la critique n'est pas de préserver la tranquillité mais, au contraire, de secouer les certitudes, les croyances, de créer des tensions, de pousser au questionnement, bref, dêtre du côté d'une dynamique.
Il se peut que cela se fasse dans l'erreur, le tâtonnement ou le contresens mais ces égareemnts valent sans doute mieux que le consensus.

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@ Basil - le Dim 07 Nov 2010, 12:19

Bonjour Basil

Je vous réponds à la suite, brièvement et sans citer : oui tout cela a du sens.

Mais je crois, quand même, qu'un billet d'humeur est compris quand il est bien fait. Il doit contenir à défaut d'une analyse profonde, une partie descriptive. Il faut se mettre un petit moment à la place du lecteur, pas tant au plan de valeurs qu'au plan cognitif. Je ne crois pas que cela soit bien difficile. Et ça ne résout aucunement les autres problèmes que pose le genre.

Je donne un exemple : mon coup de gueule de vendredi 29 contre un numéro de Sur les docks. Je l'assume plus que jamais, et en même temps j'en suis d'autant plus désolé que le billet devrait être amendé : l'auteur, Christophe Deleu c'est une des meilleures signatures de la chaine, et puis le docu c'était plutôt un docu-fiction. Mais l'indépendance d'esprit c'est ça aussi : dégommer un doc sans savoir qui l'a fait, et dire son ressenti lors d'une écoute non préparée. Oui la radio c'est ça aussi. Encore une fois : si l'on se limite à ce genre de posts, on n'ira pas loin. Et si on se l'interdit, on va se priver d'un type de commentaire tout de même utile.

Je persiste : tout est question de dosage, et de finesse même quand on veut faire l'éléphant comme c'était le cas ce jour là avec mon billet d'humeur, lisible en clickant ici.

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Re: Critique de la critique - le Dim 07 Nov 2010, 17:17

Chère Lola, merci de votre réponse. Mais voilà qui clos toute discussion possible sur les critères de la critique. Et dans ce cas nous pouvons aussi bien fermer la discussion « critique de la critique » qui devient sans objet.

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Re: Critique de la critique - le Dim 07 Nov 2010, 17:41

Y a-t-il "les" critères de la critique ou certains critères à certains moments ?
De même, lier ses émotions à l'actualité, est-ce là le problème ? Ou est-ce là notre objet, notre but, sur ce forum ?
Il me semble qu'il s'agit davantage d'essayer de comprendre comment on nous présente cette actualité, ce qu'on choisit de nous en donner.
Et si vous voulez y mettre de l'émotion, ( si on essaie, en effet, de toucher cette fibre), on risque fort de tomber dans le sensationnalisme dont Nessie a pu parler.

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Re: Critique de la critique - le Lun 08 Nov 2010, 09:07

Cher Basil, les critères de celui qui critique ou sa "position", c'est aussi à celui qui lit d'essayer de les déduire. Après tout, quand on lit des livres, des journaux, quand on regarde un film, on essaie de saisir ce que l'écrivain, journaliste, cinéaste a voulu dire ou faire. Non pas que je place à ce niveau les interventions du forum mais il me semble que c'est la même démarche. Il s'agit d'interprétation, en quelque sorte.
Sinon, on fait un manifeste.

En ce qui concerne l'art, je serais bien embarrassée ( j'ignore ce qu'en pense Nessie) de me mettre à dégoiser sur l'art, comme ça, sur ce forum. Disons-le, j'en serais même bien incapable et ne me replongerai pas dans l'esthétique de Hegel.
J'aime bien FC, je l'écoute beaucoup mais faut pas pousser !

Et j'en reviens à la radio. Ecoutez, je suis aussi infoutue de trancher et de décréter s'il y aurait un art radiophonique.
Si l'oeuvre d'art est sans finalité et existe dans un rapport de dévoilement à la vérité, ben ... je ne crois pas.
En revanche, la création radiophonique peut dans certains cas devenir un objet technique de qualité. Un peut au sens où en anglais, on parle de artcraft, une chose qui peut être produite en série, avoir un souci esthétique, une finalité décorative.
Et quand c'est réussi, c'est déjà pas mal.
Et au sein même de FC, la THE radio, vous voyez bien que ce souci n'est pas également partagé selon les émissions.
Qu'y a-t-il de commun entre la finalité des "Passagers" et celle des "Matins" ? A ce propos, ça vaut le coup d'aller lire ce que dit Veinstein du documentaire dans le fil de Nessie récemment ouvert à ce propos.

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