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La musique à France Culture    Page 7 sur 8

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1
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La musique à France Culture - le Dim 07 Nov 2010, 18:05

Rappel du premier message :

Un samedi après-midi d’automne. Vous hésitez entre passer l’aspirateur ou commencer à relire votre collec’ complète reliée de Bibi Fricotin. Absolument incapable de prendre une décision énergique vous vous affalez dans le sofa… Quelques grésillements électriques vous tirent à peine de votre léthargie. Une micro-coupure a stoppé net le ronron ronronnant d’une radio qui semblait enfiler les perles. Mais vous n’écoutiez pas. Trop brouillon. Trop braillard. Trop salmigondis.

Vous appuyez machinalement sur la télécommande de votre récepteur sans autre but que d’installer une présence. Ça parle et ça se superpose à trois voix. Ça vous parvient comme au café du commerce. Manque que l’entrechoquement des tasses et des verres. Vous ne pouvez fixer votre attention quand, pourtant très loin, vous semblez reconnaître une voix masculine assez caractéristique. Mais c’est quoi cette radio ? L’écran indique 94.2. Pas question de chercher à quoi correspond cette fréquence… Vous laissez filer, un peu plus attentif à ce qui ressemble à une discussion autour du rock français.

La voix qui vous semble familière se précise. Vous avancez à voix basse quelques noms. Vous corrigez. Quand comme frappé par la foudre vous criez « Philippe Manœuvre » ! Mais c’est quoi cette radio ? Philippe Manœuvre un samedi après-midi ! RTL ? Europin ? Chérie FM ? France Impair ? Inimitable Ph. Manœuvre adolescent définitif et auto-proclamé rock-critic ! Ce qui ressemble à un autre spécialiste de la culture rock intervient moins et vous n’en reconnaissez pas la voix même si ce qu’il dit semble pertinent et étayé.

Mais c’est quoi cette radio ? Et qui donc pose ces questions plates, faciles, banales en feuilletant le livre que le dit Manœuvre vient de publier ? Et qui, se croyant sans nul doute au fait de la chose rock, cite comme une mécanique sans âme les-noms-des-groupes-français-dont-il-achetait-les-vinyls-quand-il-était-jeune ? Ceci ânnoné avec autant de conviction que la lecture du nom des saints du calendrier des postes.

Il est 16h55. Mais c’est quoi cette radio ? Un dernier morceau de musique et vous guettez la désannonce. Vous avez à peine eu le temps d’entendre les noms d’une équipe pléthorique (tout ça pour faire ça !) qu’un jingle vous remet les esprits en place : «… la belle équipe de Radio Libre, tout de suite votre après-midi se poursuit sur France Culture… ».

Vous en laissez choir votre tasse de thé, vous pestez contre la recherche aléatoire de votre télécommande, vous pestez contre le service public qui a fourgué les bandes d’Inter à Culture, vous pestez de n’avoir pas passé l’aspirateur (au moins votre carrée serait proprette !!), vous pestez contre Laporte (et oui c’était lui l’animateur de l’émission, vous avez vérifié sur le site de la radio). Ça vous démange ! Cette fois-ci vous allez écrire à la Directrice des Programmes d’Inter (1) pour qu’elle se garde Laporte pour qu’enfin vous retrouviez le Bon Plaisir de vos samedis après-midi voluptueux.

(1) Laurence Bloch, ex-directrice adjointe de FC qui a fréquenté A.L. du Pays d’Ici jusqu’à Tout arrive,
* * *

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Pigeons contre volailles - le Jeu 28 Juil 2016, 08:19

Lors de la transition entre les deux séquences d'Un autre jour est possible du 11 avril 2016 consacré à la migration des oiseaux, le choix de la réalisation s'est porté sur une chanson de Georges Brassens assez rarement entendue pour être relevée ici : "Les oiseaux de passage" (on admire l'avant et l'après chanson...)
[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11971-11.04.2016-ITEMA_20958436-0.mp3" debut="18:53" fin="22:15"]

Le texte est extrait d'un poème de Jean Richepin qu'il faut lire depuis le début (Brassens le prend au milieu) pour comprendre le propos : Les oiseaux de passage de Jean RICHEPIN   (1849-1926)

Georges Brassens :

Ô vie heureuse des bourgeois
Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle,
Ils sont fiers et contents

Ce pigeon est aimé,
Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait
Que l'amour n'a qu'un temps

Ce dindon a toujours
Béni sa destinée
Et quand vient le moment
De mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs
C'est la que je suis née
Je meurs près de ma mère
Et je fais mon devoir

Elle a fait son devoir
C'est a dire que Onques
Elle n'eut de souhait
Impossible elle n'eut

Aucun rêve de lune
Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs
Sur un fleuve inconnu

Et tous sont ainsi faits
Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là
Cela n'est point hideux

Ce canard n'a qu'un bec
Et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir
Ou bien d'en avoir deux

Ils n'ont aucun besoin
De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains
Loin des soucis cuisants

Possèdent pour tout coeur
Un viscère sans fièvre
Un coucou régulier
Et garanti dix ans

Ô les gens bien heureux
Tout à coup dans l'espace

Si haut qu'ils semblent aller
Lentement en grand vol

En forme de triangle
Arrivent planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ?
Comme ils sont loin du sol

Regardez les passer, eux
Ce sont les sauvages
Ils vont où leur désir
Le veut par dessus monts

Et bois, et mers, et vents
Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent
Ferait éclater vos poumons

Regardez les avant
D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue
Et du sang plein les yeux

Mourra. Ces pauvres gens
Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer
Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme
Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir
Volailles comme vous

Mais ils sont avant tout
Des fils de la chimère
Des assoiffés d'azur
Des poètes des fous

Regardez les vieux coqs
Jeune Oie édifiante
Rien de vous ne pourra
monter aussi haut qu'eux

Et le peu qui viendra
d'eux à vous
C'est leur fiente
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux

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Oh les gens bienheureux... - le Sam 13 Aoû 2016, 23:46

Philaunet(http://www.regardfc.com/t261p50-la-musique-a-france-culture#26408) a écrit:
Lors de la transition entre les deux séquences d'Un autre jour est possible du 11 avril 2016 consacré à la migration des oiseaux, le choix de la réalisation s'est porté sur une chanson de Georges Brassens assez rarement entendue pour être relevée ici : "Les oiseaux de passage" (on admire l'avant et l'après chanson...)
[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11971-11.04.2016-ITEMA_20958436-0.mp3" debut="18:53" fin="22:15"]

Le texte est extrait d'un poème de Jean Richepin qu'il faut lire depuis le début

Le poème date des jeunes années de Richepin, bien longtemps avant son entrée à l'Académie (Française, celle de Finkielkraut). En ces temps là -1871- Jean Richepin à l'orée de son âge adulte use encore ses fonds de culotte sur les bancs de la bohême littéraire, peut-être dans le groupe des Vilains bonshommes et à coup sûr parmi les Zutistes tout comme un autre futur notable Camille Pelletan : on retrouve leurs deux signatures dans l'œuvre collective qui paraîtra quelques dizaines d'années après sous le titre "Album Zutique". Pelletan était élève des Chartes, Richepin de l'Ecole Normale Supérieure. Je ne crois pas que France Culture nous ait offert de "Une vie une œuvre" sur l'un ou sur l'autre. Tout comme Verlaine Rimbaud Charles Cros, Germain Nouveau, et encore quelques autres dont le fameux Raoul Ponchon, Richepin passait occasionnellement à l'Hôtel des étrangers sis Boulevard Saint-Michel pour y participer aux beuveries du groupe. Un gros cahier gardait la trace de ces passages sous forme de poèmes satiriques et volontiers obscènes qu'y déposaient les uns et les autres, non sans faire suivre leurs saloperies d'une signature usurpée, souvent celle du pauvre François Coppée. Pascal Pia a raconté cette aventure et en a donné moult détails dans la préface à l'édition fort tardive de ce gros cahier, qui resta ignoré pendant plus de 60 ans avant de sortir des rayons d'une collection privée.

Brassens connaissait son Richepin : il mit en chanson "Les Philistins" et "Oiseaux de passage". Ce dernier poème figure dans la première section du recueil "La chanson des gueux", livre assez épais composé de deux parties : Gueux des champs / Gueux des villes. Quoique le recueil parût en 1876, le poème daterait de 1871 et serait donc presque exactement contemporain de l'activité Zutique, qui commence pendant l'automne 1871 et dont les pièces les plus tardives semblent dater de septembre 1872, moment où le groupe serait, croit-on, quelque peu dispersé : Verlaine et Rimbaud ont quitté Paris depuis un moment, ne rendant plus nécessaire la location de la chambre à l'Hôtel des étrangers, qui avait été initialement réalisée par cotisation des uns et des autres pour héberger Rimbaud. Pour mémoire et pour l'anecdote, le lieu où était situé l'Hôtel des étrangers est encore visible : c'est le bâtiment situé sur un court tronçon du Boulevard Saint Michel à l'angle des rues Racine et Ecole de médecine soit exactement entre les deux ailes principales du libraire Joseph Gibert (aka Gibert-vieux, ne confondez surtout pas avec Gibert-Jeune qui est situé plus près de la Seine, Place Saint Michel je dis ça s'il y a des fondus qui ont envie de se payer un pèlerinage avec lecture de textes, faites moi signe j'en serai vous apporterez la bière et moi les poèmes).

Aneffet comme Philaunet le précise, le début du poème est tout à fait explicite : c'est le tableau d'une basse-cour. Brassens n'avait vraiment aucun scrupule à malaxer les œuvres qu'il mettait en chanson, sauf peut-être celles de son ami Paul Fort ? (à vérifier). En tous cas, ni Hugo, ni Aragon, ni Richepin n'ont eu les honneurs d'un respect pointilleux du texte. Et à lire les 8 premières strophes précédant celles que Brassens a conservées pour sa chanson, ça peut se comprendre  :

C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.

Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.

Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

./...

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A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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.... de voir passer les gueux - le Dim 14 Aoû 2016, 00:32

./...

La suite du poème contient 19 ou 20 strophes dont Brassens conserve la moitié : 10 et là encore, on a le sentiment que le choix fut heureux. Pourquoi 19 ou 20 ? Parce que mon édition sur papier bouffé aux mites en contient une de plus que celle du site "les grands classiques". Elle a pu être oubliée lors de la transcription, mais aussi bien peut-être a-t-elle été retirée de l'édition de référence. Voici ces 20 strophes numérotées de 9 à 28  ; celle qui manque sur le site est rétablie par ma pomme à son ordre avec le numéro 12.
Pour boucler sa chanson, Brassens (qui modifie ici ou là une tournure) a retenu les strophes numérotées en bleu : 9-10-11 , 14 , 16(modifiée)-17 ; 21-22-23 ; 28 redoublée)

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne                9   
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.                                                10
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "

Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque                                  11
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Son devoir ! C'est-à-dire elle blâmait les choses                               12 (absente)
Inutiles, car elle était d'esprit zélé ;
Et, quand des papillons s'attardaient sur des roses
Elle cassait la fleur et mangeait l'être ailé.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume                                           13
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie                                          14
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.

Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !                       15
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,                                 16
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,         17
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte                         18
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.                                                 19
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.          20
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.                             21
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent ferait éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,                                    22
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,                               23
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !                   24
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
A l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.                                         25
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.                                 26
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,                                     27
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !                                   28
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.


Enfin puisque nous sommes sur un fil consacré à la musique, c'est l'occasion de dire un mot des accompagnements de guitare dans les chansons de Brassens, et l'occasion est même spécialement heureuse : avant de confier en fin de parcours la seconde guitare à Joël Favreau (qui est aujourd'hui le seul survivant de cette équipe), pendant 20 ans contrairement à ce qui longtemps a figuré sur les pochettes, Brassens eut recours à de nombreux accompagnateurs en plus de Victor Apicella et Barthélémy Rosso. Les archives des studios conservent les noms de Lucien Belvallée, Antoine Schessa, Jean Bonal. Bien sûr toujours sous la forme d'une seconde guitare, qui dans la plupart des cas offrait un accompagnement improvisé, ajouté après l'enregistrement principal : le musicien écoutait la chanson et ajoutait quelques phrases courtes, en contrepoint discret. Discret mais remarqué et l'un des cas les plus remarquables eut lieu dans l'album n°10 où non seulement Barthélémy Rosso fut touché par la grâce, mais bénéficia en outre d'un équilibrage des niveaux qui fait qu'on entend particulièrement bien sa guitare sur quelques titres dont, justement, "les oiseaux de passage", notamment quand Brassens chante sa 7e strophe (la 21 ci-dessus, celle de la liberté). A l'effet que produisent ces quelques notes, on réalise qu'il en faut peu pour transmuter une ambiance musicale. René Fallet disait que seules les oreilles de lavabo jugeaient que "chez Brassens c'est toujours la même musique".  Il voulait souligner par là quel mélodiste subtil était son ami et il avait bigrement raison ; mais on voit au détour de plusieurs albums de Brassens que même une orchestration minimale parfois recèle des trésors, et celle des "Oiseaux de passage" en est un.

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Ce qu'on entend par « musique » à France Culture - le Mar 23 Aoû 2016, 07:34

La transition entre Balzac et Soutine à la Grande table d'été fait mal, c'est dans les mots de Maylis Besserie, un "live d'Orouni". Voilà l'univers esthétique des jeunes femmes de 30 ans à France Culture. Un monde étriqué, carrément dépassé et quotidiennement martelé comme celui dans lequel il faut tremper. Le monde de Poivre d'Arvor, de Sandrine Treiner et consorts. Télérama va leur donner 3 T C'est désolant.

Tirer la nappe n'est pas suffisant, c'est la table qu'il faut renverser.

Orouni, ''no futcheurz'' (intégralement pour la documentation - on notera l'annonce de la jeune voix masculine, dans le genre pré-pubère affectionné par l'antenne) [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12360-22.08.2016-ITEMA_21055461-0.mp3" debut="38:43" fin="42:20"]

Pour la culture revenir sur la chaîne spécialisée ici

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Monteverdi à France Culture et à France Musique - le Jeu 22 Sep 2016, 08:28

Matthieu Conquet rend régulièrement compte de l'actualité de la musique savante occidentale à l'occasion de la sortie de CD ou de concerts.

En ce moment Leonardo García Alarcón a le vent en poupe, notamment sur France Musique et ce n'est pas immérité. Son atout, en plus de son talent : parler français. On sait les musiciens polyglottes.

Aussi voici Monteverdi : vices et vertu à l'occasion du CD MONTEVERDI : I 7 Peccati Capitali - Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón (Alpha Classics) et du concert « Eliogabalo » de Cavalli à l'Opéra de Paris (Palais Garnier) à Paris, du 14 septembre au 15 octobre 2016 avec l’Orchestre Cappella Mediterranea sous la direction Leonardo García Alarcón.

Petit problème (et symptomatique de France Culture) : dans le texte de son intervention Matthieu Conquet écrit : La tempérance de Mercure qui enseigne aux mortels que « les punitions immortelles sont vos plus brefs plaisirs » s’oppose, dans le fond comme la forme, l’éloge de la gola (la gourmandise) : « Pastor d'armenti può ».

L'absence d'un mot (« à ») n'est pas ce qui frappe le plus. La citation n’est pas compréhensible : "les punitions immortelles sont vos plus brefs plaisirs" (tiré d'"Il Ritorno d'Ulisse in patria").  Matthieu Conquet est  lui-même visiblement perplexe, car il ajoute, juste après la citation, à l'intention de Guillaume Erner "JE VOUS LAISSE MÉDITER LÀ–DESSUS".

On trouverait normal que lorsqu’un journaliste parle sur une antenne culturelle nationale à rayonnement international, il fasse une petite recherche avant de citer quelque chose qu’il ne comprend pas ou qui paraît illogique. Mais apparemment, il est plus facile de s’en tirer par un  « Je vous laisse méditer là-dessus »…

Pour tirer les choses au clair, consultons le site d’Alpha Classics. Il donne en effet la traduction citée. Le texte italien original est le suivant « Mercurio : Imparate mortali, Sono di vostri brevissimi piaceri I castighi immortali. Stolti, sin che vivete, Vostri umani diletti Hanno la reggia in polve ».

Une recherche internet et dans des livrets d'opéra ne permettant pas de trouver une traduction (cette partie n'a pas été orchestrée par Monteverdi apparemment, mais est dans le livret original). Il faut donc tout simplement consulter des italophones ou faire confiance à son bon sens (je n’ai pas tenté Google Translate…)

Ainsi une réponse m'a été donnée avec ce commentaire : C’est "bête comme chou (...) : la traduction doit refléter l'idée que ''vos plus brefs plaisirs sont l'objet de punitions éternelles (immortelles)''" .

Autre proposition « d’éternelles punitions sont le prix de vos plus brefs plaisirs ».

Matthieu Conquet n'est pas responsable de la justesse ou non de la traduction d'un livret d'opéra. Mais pourquoi avoir précisément choisi cette citation en français, incompréhensible en l'état ? Et se tirer de son obscurité par une pirouette ? Il est vrai que la radio du matin n'est pas faite pour être écoutée, mais pour être entendue, de loin, par bribes, en pensant à autre chose...

Dans une toute autre sphère intellectuelle et de savoir, le numéro de Comme si vous y étiez de Jérémie Rousseau : Monteverdi verse dans la magie noire, du 1er décembre 2013 (mais la culture est intemporelle... Smile). Comme toujours, une narration passionnante accompagnée de pièces musicales de circonstance.

Jérémie Rousseau présente depuis deux ans La Tribune des critiques de disques de France Musique avec grand talent.

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Stevie Wonder « Songs in The Key of Life » - le Mer 28 Sep 2016, 20:56

Inusable Wonder (Stevie) chez Matthieu Conquet pour son Actualité musicale ce mercredi :  Stevie Wonder et les clés de la chanson.

Une bonne évocation de cet album historique de 1976 « Songs in The Key of Life ». Mais après que Conquet a dit : "Œuvre morale ou du moins spirituelle en tout cas à en juger par ces propos : « Ils passent l’essentiel de leur vie dans un paradis de passe-temps »" [They've been spending most their lives/living in a pastime paradise], voici que débarque Erner (Guillaume) avec sa petite intervention censée ponctuer le monologue de Conquet :  "Consolation, ségrégation, exploitation, mutilation… le prêche de Stevie Wonder".

"L'oeuvre spirituelle" devient soudain un "prêche" avec une sélection de mots pour arranger la petite logique ernérienne. Le texte de Stevie Wonder : "dissipation, race relations, consolation, segregation, dispensation, isolation, exploitation, mutilation, mutations, miscreation, confirmation... to the evils of the world"

Erner rajoute encore une fois n'importe quoi dans la chronique musicale et finit en nous montrant qu'il n'a même pas le niveau d'anglais de 6e : prononcer le mot "key" comme "quai", il fallait le faire ! [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13455-28.09.2016-ITEMA_21088860-0.mp3" debut="05:29" fin="05:50"]

Les transitions avec Emmanuel Laurentin sont toujours l'occasion de piques de la part d'Erner qui se veut drôle, mais qui ne fait qu'aviver la tension entre les deux animateurs. Le tact n'est vraiment pas son fort.  

Stevie Wonder - Pastime Paradise
They've been spending most their lives
living in a pastime paradise
They've been spending most their lives
living in a pastime paradise
They've been wasting most their time
glorifying days long gone behind
They've been wasting most their days
in remembrance of ignorance oldest praise
tell me who of them will come to be
how many of them are you and me
dissipation
race relations
consolation
segregation
dispensation
isolation
exploitation
mutilation
mutations
miscreation
confirmation... to the evils of the world
They've been spending most their lives
living in a future paradise
they've been spending most their lives
living in a future paradise
they've been looking in their minds
for the day that sorrow's gone from time
they keep telling of the day
when the savior of love will come to stay
tell me who of them will come to be
how many of them are you and me
proclamation of race relations
consolation
integration
verification of revelations
acclamation
world salvation
vibrations
simulation
confirmation... to the peace of the world
they've been spending most their lives
living in a pastime paradise
they've been spending most their lives
living in a pastime paradise
they've been spending most their lives
living in a future paradise
they've been spending most their lives
living in a future paradise
we've been spending too much of our lives
living in a pastime paradise
let's start living our lives
living for the future paradise
praise to our lives
living for the future paradise
shame to anyone lives
living in a pastime paradise

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William Christie en 1989 dans Opus - le Dim 02 Oct 2016, 18:53

William Christie avait 45 ans quand a été enregistré ce numéro d'Opus de 1989. Et quel numéro ! On était bel et bien à l'écoute d'une radio unique et indispensable à l'époque. Une heure trente où l'on entend à peine la productrice, mais toujours à bon escient, des propos intéressants du musicien sur son parcours et son choix de la France, sur la création des Arts Florissants. Beaux extraits de cours d'interprétation et larges choix musicaux. Une réalisation impeccable.  

Ne nous demandons pas pourquoi ce genre de nourriture substantielle pour l'esprit est impossible de nos jours. Reportons-nous seulement à la musique que met en valeur l'antenne en 2016, par exemple, hier soir dans Nuit Blanche en direct depuis le Pont Neuf.

Sur William Christie, voir aussi France Musique, William Christie, musicien et jardinier

Et merci à l'équipe de Philippe Garbit pour le choix de cette rediffusion.

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Le bon Nobel ? - le Jeu 13 Oct 2016, 23:26

Ce billet a manqué de peu le fil "La Compagnie des auteurs". Allez savoir pourquoi...

France Culture y va de son serpentin et de ses confettis. Rien - au fond - qui soit de nature à nous surprendre.
Dylan, "inventeur poétique". Sur France Culture, le substantif "poète" est trop simple, on le garde pour Rimbaud ou Bonnefoy. Il ne toucherait pas à l'événement. "Inventeur poétique", c'est tout de même plus racé. France Culture croit ainsi s'exhausser, par un génie, cru performatif, des vocables, à la "surprise de taille ".

Aucun recul. L'important est de glisser sa voix consensuelle dans le concert médiatique, avec la double caution des sociétaires maison, Michka Assayas et Jacques Bonnaffé.

Notez bien, je n'ai rien contre ce cher Bob. Je crois même avoir quelques albums. Mais j'ai aussi des livres de Claudio Magris ou d'autres. Alors, pour un prix Nobel de la chanson, je comprendrais. Et encore...

Puisque l'on traîne nos guêtres du côté de la scène folk de Greenwich Village, on me pardonnera de donner ma voix à Tim Hardin, dont le fulgurant Lenny's Tune renvoie Dylan à ses études, ou à Phil Ochs, dont vous apprécierez sans doute  William Butler Yeats Visits Lincoln Park and Escapes Unscathed ou
The Doll House...

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Qui sont les jurés du Nobel de littérature ? - le Lun 17 Oct 2016, 07:47

Sous le titre "Le bon Nobel ?"
fred de rouen(http://www.regardfc.com/t261p60-la-musique-a-france-culture#27197) a écrit:Ce billet a manqué de peu le fil "La Compagnie des auteurs". Allez savoir pourquoi...

France Culture y va de son serpentin et de ses confettis. Rien - au fond - qui soit de nature à nous surprendre.
Dylan, "inventeur poétique". Sur France Culture, le substantif "poète" est trop simple, on le garde pour Rimbaud ou Bonnefoy. Il ne toucherait pas à l'événement. "Inventeur poétique", c'est tout de même plus racé. France Culture croit ainsi s'exhausser, par un génie, cru performatif, des vocables, à la "surprise de taille ".

Aucun recul. L'important est de glisser sa voix consensuelle dans le concert médiatique, avec la double caution des sociétaires maison, Michka Assayas et Jacques Bonnaffé.

Notez bien, je n'ai rien contre ce cher Bob. Je crois même avoir quelques albums. Mais j'ai aussi des livres de Claudio Magris ou d'autres. Alors, pour un prix Nobel de la chanson, je comprendrais. Et encore...

Puisque l'on traîne nos guêtres du côté de la scène folk de Greenwich Village, on me pardonnera de donner ma voix à Tim Hardin, dont le fulgurant Lenny's Tune renvoie Dylan à ses études, ou à Phil Ochs, dont vous apprécierez sans doute  William Butler Yeats Visits Lincoln Park and Escapes Unscathed ou
The Doll House...
Merci pour ces références, notamment pour Tim Hardin.

Concernant l'attribution du Nobel à Dylan, rien de plus normal. Pour exister, il faut créer la surprise, la polémique, le scandale. Et croyez-vous que les jurés aient lu des romans et de la poésie durant cette année ou durant le seul été 2016* (combien de temps dure "tout l'été" ?) ? Il ne faut pas rêver !  Les jurés Nobel ont autre chose à faire que de s'immerger dans l'œuvre de tel ou tel écrivain qui requerrait des dizaines d'heures de lecture...  Bizarrement, on ne trouve pas les nom de ces jurés.  Et de toutes façons, ce sont des conseillers qui choisissent pour eux en leur soumettant leurs raisons.

À propos, on notera cette interview involontairement "comique" de Pascal Vandenberghe, directeur des librairies Payot, Nobel de littérature à Bob Dylan. En substance : "Il ne faut pas se plaindre, il y a du business à faire  avec les livres sur Dylan. En revanche, il n'y en a pas eu avec ce pelé, ce galeux, cet inconnu, le poète Tomas Tranströmer"...

*     Attribuer un Nobel de littérature, comment ça marche ?
La méthode suédoise est immuable : en février, l’Académie établit une liste de toutes les candidatures qui lui ont été soumises. En mai, elle réduit cette liste à cinq noms. Ensuite, les membres du jury disposent de tout l’été pour plancher sur les auteurs choisis.

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Conquet, au rapport ! - le Lun 17 Oct 2016, 08:00

Dans son émission Continent Musiques, Matthieu Conquet nous gratifie d'un superbe "le trio (...) pour une interprétation du 1er mouvement (...)  et apprendre de leur rapport à ce compositeur légendaire".

"Apprendre de leur rapport", un style qui ne lui vaudra pas le Nobel de Littérature, mais peut-être une place de juré dans un prix littéraire, au train où vont les choses...

"écoute solidienne au gré de nombreux travaux, effectué avec des sourds et malentendants.". Qu'est-ce qui est "effectué" ?

Beethoven, autrement ?

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''Daydream'', par Wallace Collection (1969) - - le Jeu 27 Oct 2016, 14:17

Un billet plutôt furibard suivi d'un développement ironique avec photo (à consulter pour noter le bon goût de France Culture) à propos de ce DJ qui pourtant a eu un mérite, mais lequel ?
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t163p570-au-fil-de-l-ecoute#27306) a écrit:
munstead(http://www.regardfc.com/t163p570-au-fil-de-l-ecoute#27303) a écrit:Beau nom emprunté, ce qui est normal pour un DJ, technicien de l'emprunt, du sample, adepte de l'art du coucou. À ce Prieur là  FC confie quelques minutes intitulées "Message personnel de Prieur de la Marne". C'est un des objets radiophoniques les plus étranges, les plus  prétentieux et les plus inutiles jamais entendus sur cette antenne. Montage sonore à partir de réinterprétations de chansonnes des Beatles ou autres (tout en anglais bien sûr, les mots n'ont pas à être compris, ce ne sont que des mots, du bruit), avec une vague trame supposée politique, liée au livre de confidences de Hollande et du problème "Mais où trouve-t-il le temps de recevoir tous ces journalistes"?  Le mot "fascinant" revient en boucle. Le thème a été labouré dans tous les sens par tous les médias depuis dix jours, mais on n'avait pas la version de ce Prieur là. Aucun intérêt. Du vent. Du bruit. Le vide intersidéral de la pensée dite artistique contemporaine.

Merci pour cette bien belle découverte qui mérite d'être resituée dans la grille des programmes : le dimanche à 12h45 (durée 5 minutes). La page du mix politique est ici. (...)
Ah non, comment vouer aux gémonies un DJ qui vous rappelle l'enregistrement de vos premières cassettes Agfa-Gevaert orange ? C'était sans doute sur RTL, le top du hit-parade : (il est possible de couper à 2'12'', mais ce serait se priver d'un solo endiablé de violon...) Wallace Collection - Daydream [Live]1969.

Donc, SVP, ne pas critiquer Prieur de la Marne (dans cette séquence) qui met "Daydream" de Wallace Collection, (groupe belge)* en fond musical d'un affreux fatras sonore (à 1'01'').

Franchement, comment mieux découvrir (avec ce morceau, pas avec la séquence DJiste) la flûte piccolo (qui vous fera aimer Vivaldi l'âge venu), le  violon solo (donnant un amour inconditionnel des sonates de Bach) et le violoncelle (Bach et les autres) ? Et puis, cela ne vous donne-t-il pas envie de chanter, et donc d'apprendre l'anglais (au moins deux mots) ?

Quant à la coiffure du guitariste, c'est exactement (laque en moins) celle d'un jeune garçon que j'ai vu récemment dans un train, aussi ne pas dire que tout ceci est has been !

Merci Munstead. Je m'en retourne écouter en boucle ces 2'12 et son piccolo !

* Daydream, I fell asleep amid the flowers
for a couple of hours on a beautiful day

Daydream, I dreamed of you amid the flowers
for a couple of hours, such a beautiful day!

I dreamed of the places I've been with you
how we sat with the stream flowing by

And then when I kissed you and held you
So near tell me why, tell me why you're so shy?

Daydream, I fell asleep amid the flowers
for a couple of hours on a beautiful day

Daydream, come share a dream amid the flowers
For a couple of hours on a beautiful day

I dreamed of the places I've been with you
how we sat with the stream flowing by

And then when I kissed you and held you so near
tell me why, tell me why you're so shy?

Daydream, I sing with you amid the flowers
for a couple of hours, singing all of the day

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