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La musique à France Culture    Page 8 sur 11

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''Daydream'', par Wallace Collection (1969) - - le Jeu 27 Oct 2016, 14:17

Un billet plutôt furibard suivi d'un développement ironique avec photo (à consulter pour noter le bon goût de France Culture) à propos de ce DJ qui pourtant a eu un mérite, mais lequel ?
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t163p570-au-fil-de-l-ecoute#27306) a écrit:
munstead(http://www.regardfc.com/t163p570-au-fil-de-l-ecoute#27303) a écrit:Beau nom emprunté, ce qui est normal pour un DJ, technicien de l'emprunt, du sample, adepte de l'art du coucou. À ce Prieur là  FC confie quelques minutes intitulées "Message personnel de Prieur de la Marne". C'est un des objets radiophoniques les plus étranges, les plus  prétentieux et les plus inutiles jamais entendus sur cette antenne. Montage sonore à partir de réinterprétations de chansonnes des Beatles ou autres (tout en anglais bien sûr, les mots n'ont pas à être compris, ce ne sont que des mots, du bruit), avec une vague trame supposée politique, liée au livre de confidences de Hollande et du problème "Mais où trouve-t-il le temps de recevoir tous ces journalistes"?  Le mot "fascinant" revient en boucle. Le thème a été labouré dans tous les sens par tous les médias depuis dix jours, mais on n'avait pas la version de ce Prieur là. Aucun intérêt. Du vent. Du bruit. Le vide intersidéral de la pensée dite artistique contemporaine.

Merci pour cette bien belle découverte qui mérite d'être resituée dans la grille des programmes : le dimanche à 12h45 (durée 5 minutes). La page du mix politique est ici. (...)
Ah non, comment vouer aux gémonies un DJ qui vous rappelle l'enregistrement de vos premières cassettes Agfa-Gevaert orange ? C'était sans doute sur RTL, le top du hit-parade : (il est possible de couper à 2'12'', mais ce serait se priver d'un solo endiablé de violon...) Wallace Collection - Daydream (1969).

Donc, SVP, ne pas critiquer Prieur de la Marne (dans cette séquence) qui met "Daydream" de Wallace Collection, (groupe belge)* en fond musical d'un affreux fatras sonore (à 1'01'').

Franchement, comment mieux découvrir (avec ce morceau, pas avec la séquence DJiste) la flûte piccolo (qui vous fera aimer Vivaldi l'âge venu), le  violon solo (donnant un amour inconditionnel des sonates de Bach) et le violoncelle (Bach et les autres) ? Et puis, cela ne vous donne-t-il pas envie de chanter, et donc d'apprendre l'anglais (au moins deux mots) ?

Quant à la coiffure du guitariste, c'est exactement (laque en moins) celle d'un jeune garçon que j'ai vu récemment dans un train, aussi ne pas dire que tout ceci est has been !

Merci Munstead. Je m'en retourne écouter en boucle ces 2'12 et son piccolo !

* Daydream, I fell asleep amid the flowers
for a couple of hours on a beautiful day

Daydream, I dreamed of you amid the flowers
for a couple of hours, such a beautiful day!

I dreamed of the places I've been with you
how we sat with the stream flowing by

And then when I kissed you and held you
So near tell me why, tell me why you're so shy?

Daydream, I fell asleep amid the flowers
for a couple of hours on a beautiful day

Daydream, come share a dream amid the flowers
For a couple of hours on a beautiful day

I dreamed of the places I've been with you
how we sat with the stream flowing by

And then when I kissed you and held you so near
tell me why, tell me why you're so shy?

Daydream, I sing with you amid the flowers
for a couple of hours, singing all of the day



Dernière édition par Philaunet le Mer 20 Sep 2017, 07:52, édité 1 fois

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''Daydreaming'' par Dark Dark Dark (2010) - le Jeu 27 Oct 2016, 15:35

De la flûte au piano sous influence saturnienne, permettez-moi de proposer cette variation tremblée.

Dark Dark Dark - Daydreaming (live from Abbey Road)

Bien sûr, il est loisible à chacun de faire pousser ses scepticismes contre mes enthousiasmes.

Think of a place I would go,
I'm daydreamin',
Where the sycamore grow,
I'm daydreamin',
And oh if you knew what it meant to me,
Where the air was so clear,
Oh if you knew what it meant to me,
Anywhere but here.

Oh now look to the east,
Great mountains remember me,
Oh I wound around you for miles,
I sat down right there and stretched my bones.
And oh if you knew what it meant to me,
Oh if you knew what it meant to me,
Oh if you knew what it meant to me,
You would see, too.

Oh the unspeakable things,
It's land I can see for miles,
With only the wind whispering,
Land I can see for miles,
With only the wind whispering,
Oh land I can see for miles,
With only the wind whispering,
Oh I'd run as fast as I can
Land I can see for miles
Oh I'm searching,
With only the wind whispering,
Oh if you knew what it meant to me,
Oh if you knew what it meant to me,
Oh if you knew what it meant to me,
You would see, too.

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Re: La musique à France Culture - le Ven 28 Oct 2016, 10:48

fred de rouen(http://www.regardfc.com/t261p70-la-musique-a-france-culture#27333) a écrit:De la flûte au piano sous influence saturnienne, permettez-moi de proposer cette variation tremblée.

Dark Dark Dark - Daydreaming (live from Abbey Road)
(...)
À votre "Dark Dark Dark", j'oppose It's Not Dark Yet un numéro inspiré de Words and Music de Radio 3 à la BBC (qui n'a pas l'outrecuidance de s'appeler "United Kingdom Culture").

As the nights begin to lengthen, It's Not Dark Yet.... takes us into the world of prophecy and doom, long despairing nights of the soul, war, loss of faith, our life-long fear of death and the saving brightness of those who do not yield. Malcolm Storry and Michelle Terry read from The Poetic Edda, William Blake, Dylan Thomas and W B Yeats, Shakespeare and Auden, Carol Ann Duffy, Kathleen Jamieson, Siegfried Sassoon and T H White and we hear the music of Messiaen and Janacek, Bruckner, Tavener, Judy Collins, Maria Callas, Liszt and Beethoven and Al Bowlly.



Dernière édition par Philaunet le Sam 29 Oct 2016, 10:29, édité 1 fois

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Arvo Pärt pour illustrer Mr Hyde - le Ven 28 Oct 2016, 11:03

Dans le numéro de La Compagnie des auteurs du 28 06 2016   Robert Louis Stevenson 2/4 L’autre menaçant (Jekyll, Hyde et Ballantrae), la lecture d'un extrait de Dr. Jekyll est accompagnée d'un morceau d'Arvo Pärt et suivie d'une réflexion de Marcel Schwob, ami littéraire de l'écrivain écossais : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15537-28.06.2016-ITEMA_21021304-1.mp3" debut="25:02" fin="27:05"]

Il a été question du compositeur estonien dans le fil France Musique avant-hier, « Arvo Pärt passe à l'ouest ». Ici l'on entendait le début de Fratres. Ce violon de Gil Shaham !

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''En un peu plus trash'' - le Ven 13 Jan 2017, 17:32

Les intérêts musicaux authentiques des producteurs et critiques de France Culture :  25''+ "commentaire" [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11981-12.01.2017-ITEMA_21194705-1.mp3" debut="06:45" fin="10:16"]
La Dispute 12 01 2017

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76
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''Hippie Hippie Shake'', musiques en ligne avant diffusion - le Lun 07 Aoû 2017, 10:04

Il faudra revenir sur Les Séries musicales d'été dans le fil idoine (cf. Les programmes d'été sur France Culture, recensions de 2009 à 2017), mais un mot positif avant cela.

L'émission de ce jour Hippie Hippie Shake (1/5) San Francisco : 1967, l’été de l’amour n'est pas encore diffusée que l'on peut déjà entendre tous les morceaux en des formats variés et avec un incrément pour chaque chanson.

Cette année retour à la langue française, nous avons une "Liste des musiques" et plus une "playlist", pas trop tôt...

Concernant les choix, certains auront peut-être plaisir à lire et prononcer les noms de Grateful dead, de Jefferson Airplane et d'entendre le son unique des Doors (''End of the Night'') ou encore de découvrir Timothy Leary  ''Turn on, Turn in, Drop out'' plus que très inspiré de Ravi Shankar.

Quant au commentaire qui liera le tout ? À vos risques et périls.  Celui entendu dans Fusion colombienne invite à l'extrême prudence...

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Le basson de France Culture - le Ven 18 Aoû 2017, 08:18

Hilarante (et désolante) réponse à une question d'auditeur sur la musique entendue dans une émission de FC.

Question :
geneviève brisac et Virginia Woolf
catherine cauwet 17/08/2017 15:07 France Culture
Bonjour monsieur
Transmettre mes bravos pour l'émission de G Brisac (Avoir raison avec Virginia Woolf).
je souhaitais avoir le titre de l'oeuvre musicale de générique de fin de l'émission, et malheureusement impossible d'avoir le moindre contact à part le vôtre...
Merci de bien vouloir m'apporter une réponse car mes démarches pour joindre un "contact"(y compris en passant par le tél de Radio France) ont pris une tournure quasi kafkaïennes.
Bien cordialement
CC


Réponse du service du médiateur
:

Merci pour votre message que nous transmettons.
Il s’agit du concerto For Bassoon and strings in G Minor (Radio-Sinfonierorchester Stuttgart des SWR)


Avec ça, l'auditrice est bien avancée...

******************
Le passage musical (ai déjà parlé du massacre des deux dernières minutes de parole dans la série mal nommée Avoir raison avec, c'était ici) avec l'exemple de l'émission du jeudi 17 08 : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-17.08.2017-ITEMA_21409593-5.mp3" debut="27:15" fin="29:42"]

Une recherche permet déjà de retrouver le CD



De comparer et de voir que c'est cette pièce, forcément de Schubert (puisque D. 821, signifie "issue du catalogue Deutsch" ( cf.  Otto Erich Deutsch), et donc qu'il s'agit d'une transcription pour basson et orchestre de la sonate de Schubert pour arpeggione et piano dont on peut entendre à 13'10 ici le second mouvement au violoncelle par Tatjana Vassiljeva en concert.

À propos de basson, l'ami Marc Dumont lui avait consacré une belle émission sur France Musique, Les beaux sons du basson.

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Continent musiques : îlot de culture - le Mar 19 Sep 2017, 19:01

Sur la carte du marigot où manque de s'enliser chaque jour l'auditeur passionné de radio et de culture (s'il lui prend l'idée de la chercher, cette culture, sur la station qui en brandit abusivement le nom), il est important de placer avec enthousiasme les rares îlots de satisfaction. Des contributeurs comme Philaunet s'y emploient avec rigueur ici ou .

C'est sur l'un de ces îlots que j'ai pris pied, samedi dernier, dans le numéro de Continent Musiques, Schumann par quatre, consacré aux rapports entre Robert Schumann et le quatuor. Si la rareté de telles opportunités (une émission culturelle sur France Culture) suffisait à motiver la rédaction d'un commentaire, j'ajouterais que l'absence d'émissions consacrées à Robert Schumann sur les stations de Radio France, surtout France Musique , en a assis plus fermement encore la décision.

Je ne connais pas plus que cela Matthieu Conquet mais la lecture du descriptif de l'émission a retenu mon attention. Le producteur nous  proposait une "plongée dans l’œuvre polyphonique et polysémique du compositeur Robert Schumann avec le Quatuor Modigliani, le philosophe Thomas Dommange et la pianiste Dana Ciocarlie." Tiens, tiens, "l’œuvre polyphonique et polysémique du compositeur"... Je retrouve dans ces formulations une part de l'ambition sur quoi était fondée la réussite des grandes émissions musicales de France Culture dans les années 90.



Cela démarrait plutôt mal. Le descriptif présentant une coquille que le producteur s'empressait de reprendre, au mépris de toute logique:
" ''Ce que les hommes peuvent me donner, la musique me le donne'' aurait écrit Robert Schumann."

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="00:31" fin="00:42"]

Par ailleurs, la présentation de l'émission, pendant la musique du générique, est rapide et le phrasé de M. Conquet me rappelle désagréablement celui de Raphaël Enthoven, lançant un numéro des Nouveaux chemins.

Sur la foi du programme annoncé et du descriptif, je garde l'écoute. Grand bien m'en a pris. Le producteur nous propose un "entretien croisé avec le Quatuor à cordes Modigliani, fondé en 2003, composé d’Amaury Coeytaux au violon, Loïc Rio au violon, Laurent Marfaing à l’Alto, François Kieffer au violoncelle, qui sortent un nouvel album Schumann (label Mirare)" puis une "rencontre ensuite au domicile de la pianiste Dana Ciocarlie".

D'emblée, l'entretien pose le thème de l'émission, présente le compositeur ainsi que Clara Wieck et introduit par approfondissements successifs le rapport qu'entretient Schuman au quatuor :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="11:15" fin="14:14"]

L'entretien est parfois enrichi de séquences d'archives - certes courtes - mais toujours judicieusement choisies, et, j'ajouterais, émouvantes. Ici, par exemple,  une intervention du musicologue Michel Schneider dans l'émission Comment l'entendez-vous ? de Claude Maupomé le 10 mai 1986 sur France Musique :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="17:03" fin="17:56"]

Ou bien encore, le toujours passionnant Bernard Fournier, dans l'émission Les imaginaires de Jean-Michel Damian sur France Musique le 4 décembre 1999. Je rappelle au passage l'existence et la richesse incroyable du site officiel du spécialiste du quatuor :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="33:22" fin="34:09"]

Autre moment intéressant de l'émission, l'entretien téléphonique,  depuis le Canada, avec "le philosophe et musicologue Thomas Dommange, auteur notamment de L'Homme musical (éditions Solitaires intempestifs) qui propose de lire les notes en mots dans les partitions de Schumann à la lumière de Saint-Augustin". Des propos stimulants, notamment sur le sens des termes allemands feurig ou lebhaft et l'emploi complexe qu'en fait le compositeur.

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="21:17" fin="23:50"]



L'émission gagne encore en qualité avec la rencontre de la pianiste Dana Ciocarlie, Madame Schumann, que l'on peut retrouver toute la semaine dans les Grands entretiens, sur France Musique. Les propos de la pianiste sont d'une grande acuité et apportent un éclairage singulier et très précis sur la "polyphonie" de Schumann. On sera attentif au passage présentant et expliquant "la voix inaudible" qui entre dans la composition de cette polyphonie schumannienne et sa notation parfois sous forme de neumes. Voici 3 minutes d'une grande intensité :

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="43:24" fin="46:24"]

On appréciera tout autant l'explication de "l’œuvre codée" donnée par Dana Ciocarlie et le rapprochement judicieux qu'elle propose avec l’œuvre d'E.T.A. Hoffmann:

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="48:57" fin="51:14"]

Si l'entretien est très bien construit et mené par Matthieu Conquet, le producteur n'est pas à l'abri des contaminations obsédantes à l’œuvre sur la station :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="52:18" fin="52:24"]

On ne lui en veut pas. Placer, dans la grille actuelle de France Culture, entre les saucisses de certaine fête et la plainte sempiternelle, une heure de culture musicale de fort bonne facture, témoigne à la fois d'une véritable motivation et d'un réel intérêt pour l'auditeur qui vient chercher sur la station de quoi assouvir sa curiosité et son envie d'essarter un peu les ténèbres qui l'environnent.

Si l'on souhaite approfondir sa connaissance du compositeur, ce n'est pas du côté de France Musique, hélas, que l'on se tournera, mais bien plutôt vers nos amis de la RTS et de Musiq3. J'y reviens dans un prochain billet...

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'' Schumann par quatre'', suivi - le Dim 01 Oct 2017, 14:52

fred de rouen(http://www.regardfc.com/t261p70-la-musique-a-france-culture#28909) a écrit:Sur la carte du marigot où manque de s'enliser chaque jour l'auditeur passionné de radio et de culture (s'il lui prend l'idée de la chercher, cette culture, sur la station qui en brandit abusivement le nom), il est important de placer avec enthousiasme les rares îlots de satisfaction.
Juste, en effet. Il ne faut pas désespérer les bonnes volontés de France Culture (notamment les équipes invisibles) par trop de rigueur critique.
C'est sur l'un de ces îlots que j'ai pris pied, samedi dernier, dans le numéro de Continent Musiques, Schumann par quatre, consacré aux rapports entre Robert Schumann et le quatuor. Si la rareté de telles opportunités (une émission culturelle sur France Culture) suffisait à motiver la rédaction d'un commentaire, j'ajouterais que l'absence d'émissions consacrées à Robert Schumann sur les stations de Radio France, surtout France Musique, en a assis plus fermement encore la décision.
Une bonne idée donc de mettre en lumière cette émission qui réussit le pari de présenter un sujet de manière approfondie. Le déroulé de l'émission présente de nombreux points communs avec Le Matin des Musiciens de France Musique, émission évacuée il y a deux ans, au profit, si l'on peut dire, d'un robinet à CD.
Je ne connais pas plus que cela Matthieu Conquet mais la lecture du descriptif de l'émission a retenu mon attention.
Matthieu Conquet a durant quelques années produit, en fin de Matinale de France Culture, une séquence intitulée l'Actualité musicale. Une séquence essoufflée, mal lue, sur des sujets fréquemment branchouilles ou casse-oreilles (ex. Bingo ! le punk travesti).
Le producteur nous  proposait une "plongée dans l’œuvre polyphonique et polysémique du compositeur Robert Schumann avec le Quatuor Modigliani, le philosophe Thomas Dommange et la pianiste Dana Ciocarlie." Tiens, tiens, "l’œuvre polyphonique et polysémique du compositeur"... Je retrouve dans ces formulations une part de l'ambition sur quoi était fondée la réussite des grandes émissions musicales de France Culture dans les années 90.
Et cette ambition est tenue par la réalisation qu donne à entendre deux extraits d'archives (Michel Schneider, Bernard Fournier), des entretiens avec un musicologue, une pianiste et en direct le quatuor Modigliani.
Cela démarrait plutôt mal. Le descriptif présentant une coquille que le producteur s'empressait de reprendre, au mépris de toute logique:
" ''Ce que les hommes peuvent me donner, la musique me le donne'' aurait écrit Robert Schumann."

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="00:31" fin="00:42"]
Fine oreille ! Évidemment la citation erronée n'a aucun sens. Mais Matthieu Conquet, homme qui doit bien plaire à la direction de la station, est un producteur pressé, parlant vite (et mal). Ralentir le débit serait, pour "causer" comme le journaliste/médiateur, rendre l'émission soporifique. Le stress, y a qu'ça de vrai !

La citation correcte est facile à retrouver. Dans un article de l'hebdomadaire Die Zeit Komponist: Robert Schumann du 30 août 2015, on peut lire : "Was mir die Menschen nicht geben können, gibt mir die Tonkunst", schreibt er. ["Ce que les hommes ne peuvent pas me donner, c'est la musique qui me le donne, écrit-il]
Par ailleurs, la présentation de l'émission, pendant la musique du générique, est rapide et le phrasé de M. Conquet me rappelle désagréablement celui de Raphaël Enthoven, lançant un numéro des Nouveaux chemins.
Pour comprendre ce que vous dites, il suffit d'écouter le chroniqueur d'Europe 1 lire à toute vitesse un billet passablement mauvais, où l'on voit qu'on n'a rien perdu à son départ de France Culture. Merci à Yann 114 d'avoir, dans une contribution essentielle (Au fil de l'écoute), mis en lien un texte de FC dans lequel était inséré, comme contre-exemple idéologique, la chronique de Raphaël Enthoven sur Europe 1 (on y reviendra sans faute...) : "Le désir d'égalité n'excuse pas le façonnage des consciences"
Sur la foi du programme annoncé et du descriptif, je garde l'écoute. Grand bien m'en a pris.
Et pour notre plaisir et instruction, vous nous faites partager les raisons de l'écoute d'une émission aux nombreuses qualités. On y reviendra dans le post à suivre.

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80
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« Schumann par quatre », 2e suivi - le Lun 02 Oct 2017, 11:50

L'écoute de l'émission détaillée par Fred de Rouen plus haut (post 78) mérite vraiment qu'on s'y attarde. Ce n'est pas tous les jours, ni toutes les semaines, que ce niveau est atteint sur France Culture.  
Le producteur nous propose un "entretien croisé avec le Quatuor à cordes Modigliani, fondé en 2003, composé d’Amaury Coeytaux au violon, Loïc Rio au violon, Laurent Marfaing à l’Alto, François Kieffer au violoncelle, qui sortent un nouvel album Schumann (label Mirare)" puis une "rencontre ensuite au domicile de la pianiste Dana Ciocarlie".

D'emblée, l'entretien pose le thème de l'émission, présente le compositeur ainsi que Clara Wieck et introduit par approfondissements successifs le rapport qu'entretient Schuman au quatuor (...)
Des propos d'un musicien  (sur les modes d'écoute) qui suscitent la réflexion de l'auditeur : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11910-16.09.2017-ITEMA_21436597-0.mp3" debut="10:13" fin="11:11"] 10'13 à 11'11, cliquer deux fois et attendre,  le nombre de pastilles sur la page ralentit ou empêche le téléchargement.

"Je vais me sortir une vieille cire et m'installer dans mon fauteuil pour écouter une heure de musique classique". Effectivement, ce doit être rare ("de sortir une vieille cire"). En revanche écouter un CD semble encore possible, par exemple celui que vient promouvoir le quatuor Modigliani au micro de France Culture.

Plus généralement, il faudrait réfléchir effectivement aux nouveaux modes d'écoute (en streaming, en téléchargement, en balade ou non) et ce que cela doit inciter les artistes à faire ou non, par exemple en concert. Il faut aussi penser que si le fragment d'une œuvre peut attirer un certain public, d'autres auditeurs peuvent avoir envie d'écouter l’œuvre entière. C'est ce que propose Renaud Machart dans Zig Zag. Il a été reproché à Alexandre Dumas d'avoir écrit de longs passages entre des moments culminants. Il se défendait en disant que "l'anti-climax" (ce n'est pas son mot...) prépare "le climax" et repose du précédent. Laissons à des penseurs de la modernité le soin de réfléchir aux conséquences d'une société médiatique promouvant le choc émotionnel permanent.
L'entretien est parfois enrichi de séquences d'archives - certes courtes - mais toujours judicieusement choisies, et, j'ajouterais, émouvantes. Ici, par exemple,  une intervention du musicologue Michel Schneider dans l'émission Comment l'entendez-vous ? de Claude Maupomé le 10 mai 1986 sur France Musique  (...)
C'est d'autant plus émouvant que Michel Schneider avait à cette date encore toute sa lucidité et une voix aux si belles inflexions (sur le musicologue et psychanalyste dans ce forum Chez Rebeihi en 2013 ; Chez Finkielkraut en 2013 ; Chez Bourgois en 2016).
Ou bien encore, le toujours passionnant Bernard Fournier, dans l'émission Les imaginaires de Jean-Michel Damian sur France Musique le 4 décembre 1999. Je rappelle au passage l'existence et la richesse incroyable du site officiel du spécialiste du quatuor (...).
Sans Bernard Fournier, qu'aurait été l'histoire du quatuor en France ? Voir en septembre 2001 les cinq émissions (définitives, a-t-on envie d'ajouter) avec Alain Paris : Histoire du quatuor à cordes  ("10 au 14 septembre, France Musique, Alain Pâris, Papier à musique, dans le cadre du concours de quatuor à cordes de Bordeaux, L’Histoire du quatuor.") et les cinq  Chemins de la musique de France Culture par Christian Rosset, émissions toujours en écoute sur le site du musicologue : Liste des émissions de radio et de télévision.
Autre moment intéressant de l'émission, l'entretien téléphonique,  depuis le Canada, avec "le philosophe et musicologue Thomas Dommange, auteur notamment de L'Homme musical (éditions Solitaires intempestifs) qui propose de lire les notes en mots dans les partitions de Schumann à la lumière de Saint-Augustin". Des propos stimulants, notamment sur le sens des termes allemands feurig ou lebhaft et l'emploi complexe qu'en fait le compositeur.
Vollkommen einverstanden.
L'émission gagne encore en qualité avec la rencontre de la pianiste Dana Ciocarlie, Madame Schumann, que l'on peut retrouver toute la semaine dans les Grands entretiens, sur France Musique. Les propos de la pianiste sont d'une grande acuité et apportent un éclairage singulier et très précis sur la "polyphonie" de Schumann. On sera attentif au passage présentant et expliquant "la voix inaudible" qui entre dans la composition de cette polyphonie schumannienne et sa notation parfois sous forme de neumes. (...)
C'est Jean-Pierre Derrien qui lui a donné ce surnom (il aimait frapper l'imagination), selon Conquet. Il ne faudrait quand même pas oublier Catherine Collard...
On ne lui en veut pas. Placer, dans la grille actuelle de France Culture, entre les saucisses de certaine fête et la plainte sempiternelle, une heure de culture musicale de fort bonne facture, témoigne à la fois d'une véritable motivation et d'un réel intérêt pour l'auditeur qui vient chercher sur la station de quoi assouvir sa curiosité et son envie d'essarter un peu les ténèbres qui l'environnent.
Oui encore et votre étude est un service rendu aux lecteurs, mais aussi à la station qui y retrouve un peu de lustre.
Si l'on souhaite approfondir sa connaissance du compositeur, ce n'est pas du côté de France Musique, hélas, que l'on se tournera, mais bien plutôt vers nos amis de la RTS et de Musiq3. J'y reviens dans un prochain billet...
Je croyais que j'avais le monopole des « On y reviendra » (sans y revenir toujours)...

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Raphaël Pichon, mal servi, hélas - le Mer 04 Oct 2017, 13:05

Faut-il passer sous silence les ratages ? Celui de Caroline Broué, par exemple dans L'Invité culture avec Raphaël Pichon qui se trouve bien embêté de répondre à quelqu'un qui ne connaît rien à la musique ("je vous mets de l'opéra  parce que vous êtes chef d'orchestre"...). Introduction "Vous êtes en train de m'écouter très attentivement" (oui, enfin, pas tout le monde, quand même...!). Pour la pastille, c'est le post suivant dans une nouvelle page (les extraits sont longs à télécharger sur cette page en raison de leur nombre) .../...

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Re: La musique à France Culture -

La musique à France Culture     Page 8 sur 11

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