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Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic)    Page 2 sur 4

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Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic) - le Dim 02 Jan 2011, 17:24

Rappel du premier message :

Pour sa première de l'année, Xavier de la Porte a invité 4 auditeurs-internautes-tweeternautes car, il l'a dit en ouverture, il aime se servir des apports de ceux qui l'interpellent, l'informent et le nourrissent… Serait-ce le début de l'intervention des zoditeurs dont nous parlait le médiateur ? (Les deux premiers connaissaient bien leur sujet)…
* * *

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Pas touche à Goulebenèze - le Mer 28 Nov 2012, 17:10

Eh Nessie, "J'va te casser la goule" si tu touches à mon Pays, Goulebenèze !!

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Tous les chemins mênent à Goulebenéze, même les chemins de l'ignorance - le Mer 28 Nov 2012, 20:29

Moun Diou, il y avait donc un authentique gus derrière cette expression.

Merci de noter que j'avais écris goulebenèze et non Goulebenéze dont j'ignorais tout il y a encore quelques instants : Marc Henri Evariste Poitevin , fils d’Eugène Poitevin et de Néhomaïe Hiblot dont il naît le 2 juillet 1877.

Ben mon 'ieux, si on m'avait dit qu'en écoutant Trace de la poêle j'en apprendrais sur les bardes Saintongeais....

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Vive la Saintonge....libre ! - le Mer 28 Nov 2012, 22:10

Oui, le pouvoir de sérendipité du Net est absolument fantastique. Et une grande partie de ce pouvoir provient de ces réseaux "intelligents" que sont les blogs et autres sites "non-officiels."

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Re: Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic) - le Lun 10 Déc 2012, 14:35

Hier dans Trace de la poêle un drôle de débat, dont on voit très bien d'où il sort et où il mène, mais au prix d'une sérieuse entaille à la cohérence des invités. Chose que Xavier Delaporte a bien remarquée, de là ses quelques tentatives pour placer les deux invités devant leurs contradictions. Mais les réponses de Moulier-Boutang ont été tellement dilatoires que les questions de l'animateur ont été bien vite recouvertes d'arguties hors-sujet : tout est dans l'interaction, dit Moulier-Boutang, tout est dans le lien. Ouais. Les liens sont signifiants, davantage que les éléments reliés. On sait ça. C'est un des théorèmes premiers de la pensée systémiste, ici détourné et recyclé au service de la contestation mais surtout pas en réponse à l'objection de Xavier.

Mais au fait, de quoi s'agit-il ? Eh bien voici : de la part de ceux qui s'insurgent contre toutes les marchandisations, il s'agit de réclamer une reconnaissance (et donc une rémunération ?) pour l'activité quotidienne en ligne. Entendez : la vôtre la mienne, celle de tout connecté à n'importe quel moment et dans n'importe laquelle de ses actions en ligne. Donc la rédaction des blogueurs et des forumeurs ; et aussi la simple présence en ligne des facebookiens ; et ça va loin puisqu'il faut y comptabiliser le moindre click, le moindre like, et la moindre recherche sur un moteur. On y reconnait l'antienne : exploités de tous les pays levez-vous. Le comique de la chose est qu'on voit ici les éconophobes réclamer d'être réintégrés dans le système. En clair : exploités de tous les pays, combattez pour vous trouver de plus en plus aliénés.

Personnellement j'y vois un marxisme forcené, et un réductionnisme tous azimuts : du spontané au contrôlé, de l'autonome au fliqué, du qualitatif au quantitatif, de l'immatériel au monétarisé, du vivant au congelé. Mais tout ça ne semble pas effleurer Yann Moulier-Boutang qui accapare le temps de micro et ne lésine pas sur le style dilatoire à la sauce marxienne. En fin de compte, il s'agirait dit-il, de se 'réapproprier le savoir'. Mais on ne dit pas comment, ni d'ailleurs lequel, et il est même permis de se demander ce que Moulier-Boutang entend par 'le savoir'. Le débat traine en longueur, n'évite pas les détours usuels de la sophistique sur le travail (tripallium, encore un cliché-sottise colossal) ni les concepts fumeux ('le cognitariat') ou plutôt, fumeusement recrutés : par exemple ce 'capital cognitif' dont Moulier-Boutang voudrait faire un capital monétarisé.

Quand on voit Moulier-Boutang prendre cette analogie au pied de la lettre et la pousser au bout de ses conséquences, on comprend qu'il a loupé un wagon : celui de la distinction fondamentale entre l'énergie et l'information. On se dit que le pauvret aurait mieux fait de lire avec un peu plus d'attention ses premiers traités de systémique. D'ailleurs là n'est pas son propos, puisqu'au fond, ce qui subsiste de son intervention c'est l'éternelle symphonie de la plainte et de la réclamation. Qui donc lui donnera le conseil avisé de décrocher, lui rendant au passage le service philosophique de réduire l'énorme contradiction de son économisme forcené accolé à son éconophobie basique ? Mais surtout -question fondamentale- comment lui expliquer que ce service qu'on lui rendra devrait être non seulement rémunéré en tant qu'acte d'utilité publique, mais encore un service payant par celui-même qui le lui rendra, car pour le bienfaiteur-conseiller il y aura un travail certes, mais en même temps le gros bénéfice d'échapper à l'enfumage idéologique. Ah la la : un service à la fois rémunéré et payant, voila une belle contradiction. Avec un peu de chance ça pourrait même colmater pendant quelques instants les fuites de ce robinet à sornettes.

En bonus : dans sa rubrique Henneton pose une question "A qui appartiennent les câbles de l'internet ?". Et il met presque 5 minutes à ne pas y répondre, nous entraînant dans son exploration internautique en brasse coulée. On n'apprend rien. Il n'y a pas de valeur ajoutée. Pas de savoir à s'approprier. Noyée au milieu d'un débat fumeux, la rubrique de Henneton plus fumeuse que jamais résonne comiquement

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L'âge mental du Robot-débiteur-de-conneries - le Mar 01 Jan 2013, 14:52

Chez Place de la Toile, la fin d'année fait mal. Et cela même quand on prend le parti de tremper d'abord juste le bout de l'orteil dans l'émission afin de savoir si elle est bonne. Et dans la négative, en se promettant de ne pas passer plus de 3 minutes à traquer l'éventuel éclair d'intelligence qui traverserait la rencontre entre le producteur et non pas l'âge adulte (la rencontre est reportée au siècle prochain), du moins avec un spécialiste ayant quelque chose à dire. Ce samedi avec les deux invitées bombardées auteures ou philosophes ou essayistes ou intellectuelles et probablement hélas payées pour ça suite à une promotion due à la seule complaisance du Ministère des enfants gâtés, on entend à grands renforts de 'en fait' et de 'voila' que la moyenne d'age biologique dans le studio est entre 20 et 30 ans, mais que la moyenne d'âge mental oscille autour de la puberté. Le pic d'âge mental a pu atteindre 17 ans au meilleur moment. A ces heures là c'est plus France Culture, c'est une ambiance de radio-lycée où le relâchement des esprits le disputerait au relâchement de l'expression. Autant dire que l'auditeur qui voudrait entendre de la radio sérieuse, crédible, il passe un sale moment. Et mon impression est que c'est de plus en plus souvent le cas. Les invités qui ont une réputation à préserver doivent maintenant déserter cette émission. Je parie que sa réputation n'a cessé de dégringoler en flèche depuis que Delaporte l'a reprise. Mais d'un autre côté, on ne voit pas trop ce que la Direction des programmes pourrait confier à cet agrégé de lettres jamais sorti de l'âge bète, étant donné que la mesure minimale de salut public c'est de le tenir éloigné des émissions littéraires.

Indice supplémentaire de dégradation : au fil des semaines je vois non disparaitre mais se réduire considérablement l'intérêt de la lecture de la semaine, qui lors de la saison précédente était le meilleur moment de l'émission et même souvent le seul bon. Et cela même quand d'évidence Xav'e ne comprenait rien au sujet, même quand il émaillait son résumé de ses tics verbaux horripilants et de ses interprétations personnelles à faire pâlir l'auteur du papier qu'il repompe.

Samedi dernier c'était tout à fait exemplaire de cette dérive : Xav'e reporte une désolation sur le lent, trop lent avancement de la robotique. Dès le début il mélange tout : la robotique industrielle et les applications domestiques, le nettoyage des centrales nucléaires et le robot changeur de couches pour le lardon de la maisonnée, en plus incapable de tenir conversation et préparer un dîner. Ce type a vraiment besoin de tout réapprendre de la vie économique et de l'histoire des techniques Vous pouvez écouter je n'invente rien, quand il déplore la lenteur des robots, Xav'e enfonce le clou : ce robot trop lent dit-il, dont vous ne voudriez pas pour le voir s'ébattre dans votre salon. Ici on suppose que ce genre de commentaires à la con est ajouté à un papier sérieux, de sa plume d'ado attardé. Dans le cas contraire, il faudra trouver un article plus sérieux pour traiter du même sujet, qui sera finalement à peine survolé de loin. Mais comme la culture de xav'e se limite à quelques clichés sortis des bandes dessinées de science-fiction, il ne faut pas lui en demander plus. Bon je m'arrête là car à me farcir toute la chronique en pure perte ou quasi, j'ai dépassé de loin les 3 minutes d'écoute. Je peux vous dire qu'on n'y apprend rien, car le peu qui survit du papier d'origine est noyé dans la fière connerie du producteur.

Concluons : le mieux qu'il y a à faire avec "Place de la toile", c'est probablement de passer illico à la chronique, d'en écouter 45 secondes, et avant que n'arrivent les premières énormités, d'aller directement à l'article dont la référence est généralement disponible à la page de l'émission. Ainsi on passe d'une facture de 3 minutes à une facture d'une minute ; au passage on évite, outre une ou deux perles, quelques 'voila' et un ou deux accès de rire bète. Et on gagne un lien à clicker. Voila le prodige auquel votre radio vous convie pour 2013 : évitez de l'écouter et ramassez un lien par ci par là. Eh bien voila ce que devient France Culture, misère...

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Re: Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic) - le Dim 13 Jan 2013, 11:55

Je vous invite à écouter l'émission de la semaine dernière. J'y ai eu une révélation : Xavier Delaporte est limité. On ne peut pas dire qu'il est bête, il est juste limité.

Son invité était professeur de philosophie, spécialiste de la technique. Pour faire vite, il expliquait que la prolifération technique contemporaine n'était pas un progrès mais une régression car elle lui semblait être privée d'intention de la aprt de ses utilisateurs.

Xav lui a rétorqué que non, hein, parce que maintenant quand on a un "truc à dire à qqn, ça va vite" et ça, c'est un progrès.
Je cite de mémoire.

Ma foi, si pour Xav demander à sa copine si elle veut des yaourts à la vanille ou à la framboise à la vitesse de l'éclair est une révolution, pourquoi pas ...

J'ai été sidérée par la niaiserie de ses arguments et son incapacité à considérer que quels que soient les instruments mis à disposition, l'essentiel dans la "communication" demeure le contenu du message.

Enfin, croyant découvrir la pierre philosophale, Xav s'est exclamé "Vous êtes technophobe" avec la satisfaction de celui qui se dit que l'argument est bien envoyé.

En un mot, écoutez cette émission, elle est révélatrice.

http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-vers-l-homme-simplifie-2013-01-05

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Re: Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic) - le Dim 13 Jan 2013, 20:23

Merci Mitsouko de m'avoir indiqué cette émission avec Jean-Michel Besnier comme invité. En fait, il faudrait expliquer à Xavier de la Porte que l'approche assez Nietzschéenne du "Penser contre soi-même", comme il le stipule dans son introduction, va bien au delà d'inviter quelqu'un qui ne pense pas comme vous. C'est une réflexion plus profonde que X. dlP ne m'a pas semblé avoir faite. Son comportement relève plus du supporter (fan-atique) de foot que du penseur réfléchi, pesant le pour et le contre de son sujet.
JM Besnier a bien relevé l'approche manichéenne de X.dlP en refusant le choix technophile/technophobe. Cela m'a rappellé GW Bush et son "si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous."
Sur le fond, il est bien évident que toute technique apporte son lot d'avantages et d'inconvénients. (Atome, armes à feu, automobiles, etc..). Il nous appartient, individuellement et collectivement, d'en faire le meilleur usage. Mais nous devons aussi accepter que tous les aspects "inconvénients", d'ailleurs subjectifs, ne disparaitront pas.

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Jean-Michel Besnier, comme un tirage en négatif de Michel Serres - 1 - le Sam 26 Jan 2013, 11:32

J'avais été tellement déçu par la prestation de JM Besnier avec son pessimisme primaire, occupé à balancer nettement plus d'une sottise par minute, que les tentatives de Xav'e ne m'avaient guère dérangé. Après tout elles sont bien dans sa note habituelle et en fin de compte cette stabilité a quelque chose de rassurant. Face à Besnier, mieux eut valu placer un Joël de Rosnay qui, même suspect d'optimiste, aurait répondu plus intelligemment aux bétises de Besnier. Au lieu de quoi nous avons eu une sorte de version ado-attardé du numéro de technophilie à courte-vue que Michel Serres nous avait offert récemment dans Répliques, le 8 décembre dernier.

Le hic, c'est qu'ici avec Besnier, nous avons une sorte de pendant de Michel Serres, en moins capé, en pas encore gâteux, mais en guère plus réaliste.

Je vais tenter ci-après la liste des énormités que j'ai entendues de sa bouche en 40 minutes d'émission. Et hélas, trois fois hélas, ça risque d'être bien long, même en fractionnant en plusieurs posts :

- le titre même 'Syndrôme de la touche Etoile' n'a strictement aucun sens : Besnier veut stigmatiser par là élément du protocole d'échange des serveurs vocaux. Il y voit un ordre, qui sera suivi d'un autre ordre, d'autres commandes. Sans user du mot, il trace ici une proto-théorie de l'aliénation à très courte vue. On pouvait lui répondre que ça n'est pas plus aliénant que d'obéir aux feux de circulations ou au programme d'une machine à laver.

- Ainsi le tableau de l'homme simplifié (noter que ça fait suite à sa précédente illusion, celle d'un homme 'augmenté'), ce sont des comportements quotidiens qui nous sont imposés par les automates : on retrouve ici la proto-sociologie où l'homme n'est qu'un pauvre type manipulé (il dira plus loin "un neurone planétaire") par l'environnement technique, placé en état de soumission consentie. Qui ne voit le mépris immense pour l'homme, qui se loge dans cette conception moutonnière : il dit "la grande docilité dans laquelle on est". Mais au fait, se met-il dans le lot comme co-victime, ou au-dessus du lot comme être supérieur puisque philosophe ? Il y a des choses à lui répondre : sommes nous plus esclaves des artefacts numériques de notre temps, que de nos bagnoles et de nos machines à laver ? La question est donc identique à celle qu'on pouvait se poser dans les années 60 devant les avancées du progrès domestique. Et malgré la réponse un peu niaisement automatique de Xave 'vous êtes technophobe ?' on peut percevoir effectivement une sorte de technophobie à courte vue.

Car de là, Besnier en a conclu, et il n'en sortira pas, que nous sommes simplifiés par les machines, en ceci que nous sommes considérés comme des abstractions : nous ne sommes plus que des codes-barre, des adresse IP. Bon sang c'est à ce genre de stupidité que mène un cursus de philosophie et une place de ponte dans une Université prestigieuse ? Que d'absurdités ! D'abord ça ne concerne qu'une faible part de notre vie quotidienne. Or ça non seulement il ne le voit pas, mais encore il affirme le contraire : "Nous sommes des numéros et nous ne sommes même que ça". Est-ce qu'on mesure l'Himalaya de bétise qu'il y a dans cette réduction ? Ensuite il ne s'agit que de faciliter le dialogue avec des dispositifs qui -arrêtons de l'oublier svp- sont à notre service. Il y a chez Besnier un mélange de fierté mal placée et de réduction de tout le spectre d'un être humain à une toute petite fréquence, sur laquelle en plus il livre son analyse psycho-sociologique faite à la truelle.

De plus, si les machines accroissent notre espace de liberté, notre capacité de mouvement et d'action, alors en quoi pouvons nous juger que nous en sortons simplifiés ? C'est quand même une constatation élémentaire, mais le philosophe patenté qui semble nourri de l'Ecole de Francfort, préfère cultiver un nihilisme sans grand rapport avec la vie concrète. Qui a dit que dans les années que nous traversons, la philosophie en France est dramatiquement coupée de la vie réelle ? Ici, il semble que ce soit encore pire quand le philosophe entreprend de s'y intéresser : il raconte ânerie sur ânerie.

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Jean-Michel Besnier, comme un tirage en négatif de Michel Serres - 2 - le Sam 26 Jan 2013, 11:41

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Voici une autre série de bourdes tirées du même dialogue :

- << si nous espérons que nos machines vont nous réaliser, c'est que nous ne croyons plus en nous >>. Ah bon. Mais de quelle enquête fumeuse sort cette conclusion sur les mentalités contemporaines ? C'est au mieux une hypothèse, et pas des plus finaudes. On peut penser exactement le contraire : le livre, comme l'avion, sont des inventions qui ont augmenté la foi de l'homme en lui. Par la fluidité et la rapidité des dispositifs numériques, la libre disposition de la culture fera de même, tout comme la facilitation de l'action concrète qui rend toute la vie plus simple (réserver un billet, d'avion, payer une facture, comparer des prix pour optimiser un achat, régler intelligemment par mail des réunions entre amis). Tout cela est au contraire un progrès de l'action humaine, et par là propre à accroitre la confiance de l'homme en lui. En quoi serait-ce le symptôme d'une perte de confiance ? Dans le pire des cas, nous pouvons redouter de devenir dépendants de la technique. C'est là un des problèmes cruciaux de la civilisation technicienne, mais Besnier ne l'abordera même pas.

- Je note aussi une certaine confusion entre l'augmentation des capacités intellectuelles et celle d'un potentiel de production intellectuelle. C'est effarant comme confusion. On peut se montrer davantage productif parce qu'on a de meilleurs moyens à sa disposition, et on peut aussi imaginer que l'usage de l'abstraction donne lieu à un certain progrès cognitif, fut-ce par un entraînement . Mais une réflexion qui ne ferait pas le départ entre les deux se condamne à l'inanité. Besnier avance sur ce chemin : si nous ne progressons qu'au plan des automatismes, alors c'est une simplification de l'homme. C'est aussi débile que d'arguer que l'automobile a fait de nous des culs-de-jatte.

- Besnier revient sur sa propre thèse précédente, celle d'une d'amplification de l'homme : oui il y a cru, mais parce qu'il ne croit plus guère à ce fantasme, il en tire la conclusion inverse : s'il n'y a pas augmentation, alors il y a simplification. Dieu que c'est bète !

- Parlons sociologie, tiens : alors nous sommes actuellement tous en grand dépression (euh lui peut-être bien si j'en juge par son ton attristé, mais moi merci non, ça va). D'ailleurs "les sociologues nous le disent". Ah bon. "Les sociologues". Un peu plus loin "Les psychothérapeutes disent que... ". Ca c'était une des ouvertures favorites de Clarini. Quand j'entends une phrase qui commence comme ça je sais que j'ai affaire à un ignorantin. Quelqu'un qui récupère le point de vue qui l'arrange et qui fait l'impasse sur toute problématique qui pourrait suivre, sur toute controverse que ça pourrait entrainer.

Ce qui est dramatique, c'est que sous ses manies de lecteur d'Adorno et Horkheimer, Besnier semble parfois se poser en défenseur de l'individualisme, selon lui mis en danger par la technique. Cela dit, il dira aussi presque le contraire : l'individu est atomisé par la technique (l'indicateur-clé serait selon lui la Dépression). Alors que le raisonnement inverse tient tout autant la route : l'individu n'a jamais eu autant de moyens d'action mis à sa disposition. Le problème n'a rien de philosophique, il est d'abord sociologique : de cet accroissement de notre espace d'action, qu'en faisons nous ? Le sujet est vaste et dépasse la compétence de l'idéologue, comme celle du penseur isolé. D'évidence la réponse ne peut être simple, ni unilatérale. Il y faut une large enquête sur l'état moral, sur les valeurs, sur l'état des consciences ; encore faudra-t-il assurer le lien avec la cause présumer. Voila qui dépasse de loin le diagnostic simplet qu'on entend. Car cette fois encore le philosophe réduit une problématique riche et passionnante, à un choix assez minable et défaitiste. Déprimé donc, pour le coup, oui lui il l'est peut-être bien.

(au point où j'en suis -à peine à la moitié- je ne sais pas si ça vaut la peine de continuer cet inventaire... je vais certainement renoncer à le faire exhaustif, car il y a vraiment une trop grande densité de bétises)

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Jean-Michel Besnier, comme un tirage en négatif de Michel Serres - 3 - le Sam 26 Jan 2013, 11:47

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- Au détour de la conversation, Besnier parle des Forums du Web, où il lui arrive de vouloir intervenir, et uniquement parce qu'on le sollicite bien sûr ! De là il donne un exemple de protocole assez stupide, dans lequel on lui demande d'emblée de se positionner, avant même de développer ses arguments. Le comique de la chose, c'est qu'il en tire une critique selon laquelle le monde des forums est un monde binaire. On pourrait lui rétorquer que sa remarque est elle-même frappée au coin du binaire, et que comme enquête ça fait un peu lège l'anecdote qu'il raconte. En fait sa vision des forums du web n'engage que lui et non la forumosphère. D'ailleurs pour info aucune des critiques qu'il a énumérées dans cette émission et notamment pas celle la, n'a de sens dans le cadre de notre forum qui est un forum tout à fait standard. Alors encore une fois : de quel réel parle le philosophe ? Que connait-il de la réalité ? Il peut ensuite tartiner sur l'interlocution et juger pathétique l'internaute moyen : moi c'est pas en tant qu'internaute mais en tant que lecteur en sciences humaines, que je trouve en Jean-Michel Besnier un exemple pathétique du philosophe courant.

Dans la partie dialogue avec Xav'e, Besnier s'insurgera doucement contre le mésusage du mot 'intelligence'. Passons sur sa définition, qui est vraiment une des plus mauvaises qui soient, mais qui ressemble à celle des cours de psycho des années 70. Non, le problème ici c'est qu'il semble prendre au premier degré un usage qui n'est que métaphorique : on parle couramment de 'machines intelligentes'. Certes, prendre le mot au pied de la lettre serait une erreur. Mais qui le fait ? Besnier ne se pose pas la question, car il n'a que des réponses : à l'en croire, les bons cons du populo donnent dans le panneau et attribuerait donc de l'intelligence à des machines (alors que d'un autre côté on entend dire un peu partout depuis 1985 la connerie symétrique qui veut que finalement un ordinateur c'est assez con). Une fois de plus, l'être supérieur prend ses contemporains pour des cons.

Moi ça me fait frémir que ce type enseigne. Nous avions des Simondon et des Jean-Jacques Salomon, et nous avons maintenant des Jean-Michel Besnier. La faiblesse qui apparait dans cette accumulation de sornettes, c'est qu'il s'agit non d'une analyse mais d'un réquisitoire. Donc d'une caricature.

En réponse, la réduction xav'ienne au bipôle Technophile/Phobe évidemment ça ne pisse pas très loin mais Xav'e aura d'autres arguments à faire valoir. Cela dit, c'est comme s'il pissait dans un violon : il demande 'Sommes nous plus dépendants du numérique de que de l'électricité'. l'autre répond par une théorie généralisée de la servitude volontaire envers des technologies qui nous réduisent ; bien sûr il ne dira pas en quoi l'Electricité réduirait l'homme, ou bien l'humanité. La question a été donc été dégagée en touche et plutôt que de s'y accrocher Xavier préfère embrayer sur le fait que nombre de dispositifs numériques ne sont pas si capables que ça de nous piéger ou de nous manipuler. Il prend l'exemple des publicités prétendument ciblées, qui ne nous atteignent pas parce qu'elles mettent à côté de la plaque. Là encore la réponse est étonnante d'irréalité. Besnier dit en substance que la bétise des machines pourrait être notre salut : << Je voudrais bien, sauf si nous fusionnons tellement avec elles, sauf si nous devenons des êtres sans mobiles et sans intentions >>. On peut se demander quel degré de réalité il faut accorder à cette vision apocalyptique : des robots sans intention, voila ce que nous sommes. On retrouve là le mépris profond de l'être supérieur pour ses contemporains. Quant au sens des réalités, on a vraiment l'impression d'entendre un vieux dingo qui ne regarde pas vivre les autres, ou alors seulement avec sa lorgnette tenue à l'envers.

L'émission serait presque sauvée par le dialogue final sur la dégradation du langage et sur l'état de la communication. Ici on sent que Xavier a des billes. En face on sent que Besnier a une connaissance somme toute superficielle de ce qu'est la communication. Et encore une fois, c'est une réflexion de philosophe, pas très pragmatique, pas très contrôlée par l'empirique. Mais enfin on sent que là ça pourrait presque démarrer, comme dans un numéros mou-mou du Grain à moudre.

Hormis cette courte séquence, les propos de Besnier méritaient une sérieuse critique, et pour une fois le philosophe invité a dégoisé ses sornettes non en toute impunité (cf mon post n°206 en fil 'Matins') mais face à un répondant faiblard. Le plus drôle est qu'avant même de recevoir la contradiction, il avait annoncé la couleur "Evidemment comme je suis à Place de la Toile vous allez vous cabrer un petit peu". Et bing le procès d'intention, ah il est beau le dialogue philosophique ! Bref avec les philosophes invités, sur FC le débat d'idées quand il n'est pas inexistant il est tout de même bien médiocre. C'est à désespérer.

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Re: Place de la toile… ce n'est qu'un début ou les tribulations du web sémantique (sic) - le Sam 26 Jan 2013, 17:04

@Nessie a écrit:./...
Le plus drôle est qu'avant même de recevoir la contradiction, il avait annoncé la couleur "Evidemment comme je suis à Place de la Toile vous allez vous cabrer un petit peu". Et bing le procès d'intention, ah il est beau le dialogue philosophique !
Plutôt qu'un procés d'intention j'y vois une simple application du théorème de Bayles. Car la probabilité d'un X. de la Porte se cabrant aux propos de Besnier avoisinait les 100%.

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