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Julie Clarini - Les idées claires    Page 1 sur 3

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Julie Clarini - Les idées claires - le Ven 14 Jan 2011, 07:28

Grâce à la proposition d'écoute, innovation sympa sur notre site, on découvre que Voinchet au mieux de sa forme présente la chronique de la madone en "Les idées Clarini". C'est clair ! (1) Quand au sujet énoncé de façon aussi rapide à la façon d'un Polahh ou d'une recette de cuisine, c'est consternant. Pauvre Julie Clarini.

Ben ça va me donner envie d'aller chaque jour sur la page d'accueil ! Merci aux inventeurs de la chose !

(1) avec une absence totale de subtilité il casse l'effet (très petit l'effet) que le concepteur du titre avait inventé pour sans doute suggérer à J.C. d'être claire

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Julie Clarini et ses pauvres - le Ven 14 Jan 2011, 20:07

Curieux que vous proposiez à la réécoute cette chronique de Julie Clarini, qui m'a fait bondir sur le moment. Je me demandais si c'était le lieu de discuter de ses opinions.Mais ce n'est pas vraiment de ses opinions qu'il est question, mais de la construction de sa chronique.
Il était bon de l'entendre plusieurs fois pour décortiquer son propos.
Au moins, c'est clair maintenant, on connaît tout son catéchisme sur les injustices sociales.
Tirer en quelques minutes des conclusions telles que :" parler à nouveau de la culture de la pauvreté, thèse de l'anthropologue Oscar Lewis, comme le reprend affirme t-elle, Hugues Lagrange, c'est le retour d'une rhétorique réactionnaire qui attribue au pauvre la source de ses malheurs".
Je n'ai lu ni Oscar Lewis ni Hugues Lagrange, j' ai entendu ce dernier à FC et lu quelques articles sur son livre. C'est défigurer de façon très grossière ses propos que d'affirmer qu'il se défausse de toute responsabilité vis à vis des " pauvres", en disant qu'ils sont la source de leur malheur.
Elle dit:" on croyait avoir enterré Oscar Lewis ". Non, mais, on rêve! ça s'appelle une chroniqueuse , agrégée de Lettres classiques? depuis quand on "enterre" un anthropologue? même s'il est réactionnaire?

Elle parle du retour à une rhétorique réactionnaire, mais elle, c'est la nullité de la rhétorique . D'ailleurs comment peut-elle, en deux temps, trois mouvements, nous asséner ses propres conclusions et déformer celles de H. Lagrange alors que l'étude des thèses de Lewis et de Lagrange demanderait au moins des heures de discussion.
De surcroit, elle demande la caution de Marc Voinchet: celui-ci a t-il bien compris que la cause de la pauvreté , c'est l'ostracisme dont on fait preuve vis à vis des pauvres?

Et elle débite tout cela , très contente d'elle-même.
Inutile de discuter du bien-fondé de ses conclusions : on peut lui donner un 5/20 et encore...

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Ven 14 Jan 2011, 20:12

Je crois que notre maître de forum a voulu profiter de son essai technique pour faire un peu de provoc avec Nessie Wink

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Ven 14 Jan 2011, 20:29

Merci à Fanch et à Antonia d'avoir finalement déclenché une ouverture de ce fil. Jusque là j'avais reculé devant la tentation, parce que ce fil a toutes les chances d'être incendiaire. Je répète ce que j'ai déjà écrit dans quelques posts incidents ici ou là : ces chroniques sont tissées de bourdes conceptuelles, de cuirs de langue (elle ne sait toujours pas qu'on dit et écrit "controverse" et non "contreverse") , de raccourcis nés d'une vision du sujet (de tous les sujets) toujours orientée et superficielle, et de cette surdose de bons sentiments qui font la base du cocktail de moraline tellement souvent servi sur l'antenne de FC, et dont Julie est une des pourvoyeuses les plus assidues.

Comme elle s'est entraînée à l'exercice dans ses présentations du Grain à moudre, et qu'à 7h35 chaque matin on n'entend rien de bien nouveau, je pense que pour l'analyse de contenu, on n'aura pas besoin d'attendre une année ni même un mois avant d'arriver à saturation : en 2 semaines de 4 numéros chacune, on a déjà une sur-représentation des "dominés" et une utilisation obsessionnelle des pseudo-concepts de la sociologie bourdieusienne.

Julie Clarini depuis la première version de "la fuite dans les idées" lors de la navrante rentrée de septembre 1999, est une de nos plus sures catastrophes pour les idées, qu'elles soient en fuite ou à la mode (mais à la mode de quand ?) tellement à la mode dans toute une fraction de l'intelligentsia qui se goberge en croyant résister et s'indigner dans un chaud troupeau où ça réfléchit finalement avec presque autant d'opiniâtreté que des chenilles processionnaires du pin.

C'est à pleurer ou à gueuler.
J'attends d'en avoir vraiment assez.
Pour le moment je me tais (ou presque).

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Ven 14 Jan 2011, 20:39

@antonia a écrit:[...]comment peut-elle, en deux temps, trois mouvements, nous asséner ses propres conclusions et déformer celles de H. Lagrange alors que l'étude des thèses de Lewis et de Lagrange demanderait au moins des heures de discussion. [...]

C'est une des difficultés de notre exercice critique : les raccourcis de Julie sont d'une telle énormité (autorisés uniquement par le choix idéologique), que la discussion sérieuse en est rendue difficile. Cette difficulté a du bon, d'ailleurs : elle nous oblige à revenir aux fondamentaux et à relire en profondeur les auteurs, ne serait-ce que pour démêler tout ce qu'elle a embrouillé dans sa pelote. Oui ça prend du temps. Oui déméler de tels noeuds c'est pas si facile. Mais au moins ce matin sur la culture (la scie la plus mal employée par les intellos-bo-bos), elle a fait un très gros faux pas et même plusieurs.

D'ailleurs la situation est en soi intéressante et utile : quand on se trouve, dans un amphi ou dans un débat ou même n'importe où ça discutaille, confronté à ces militants dont la vision est faussée à la base, dont les énormités sont tellement confondantes qu'on ne sait pas où commencer, il faut disposer d'une sacrée résistance pour tenir bon devant leur sociologie à l'estomac, et choper le gros poulpe de leur pseudo-pensée sans se faire coller par les ventouses de leurs sophismes (c'est pas mal non cette image ? depuis que j'écoute Martin Quénéhen je m'entraine pour rattraper Villepin lui-même lancé derrière Lautréamont dans la pratique de l'image lourdingue).

Peut-être que les chroniques de Julie Clarini vont nous permettre de mettre sur pied sinon une méthode pour produire de la critique acide, du moins un petit entraînement pour réagir à l'intoxication intellectuelle. Si tel est le cas, alors elles auront servi à quelque vérité, et pas seulement à la vérité imaginaire de celle qui nous balance chaque matin son sermon avec cette autosatisfaction qui enfonce sa prédécesseuse Cécile de Kervasdoué (c'est déjà un exploit) et une certitude morale qu'on rencontre usuellement chez le curé en chaire, à l'heure du prêche.

En tous cas pour moi il y aura une difficulté supplémentaire : en parler sans méchanceté...

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Lun 17 Jan 2011, 15:12

Julie Clarini ... Est-ce étonnant ? N'a-t-elle pas été mise là pour faire sa chronique de "femme et de gauche" ? Je cite les paroles du directeur. Elle remplit donc sa fonction et tient un discours calibré selon ces attentes-là.
Pour ce qui est de son agrégation, c'est du passé. Ce n'était pas la décadence de Roma qui l'intéressait mais faire de la radio.
Et elle n'est pas la seule à avoir "dévoyé" son supposé savoir.

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Lun 17 Jan 2011, 16:35

J'espère qu'un Julos Clarinos travaillera sur la décadence de FC !

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Les invités de l'émission face au bétisier de la dame - le Lun 21 Fév 2011, 08:49

Je ne relève pas ses bourdes parce que la seule idée de les collectionner me décourage, et de toutes façons rien que l’écouter ça me déprime. Les copies qui se la jouent expert mais qui ne sont que du fumeux et en plus truffées d’erreurs, désolé mais moi ça me fout le cafard.

Mais enfin l’invité s’en charge régulièrement, et ça arrive au moins une ou deux fois chaque semaine : déjà dès le premier jour avec Jean de Kervasdoué, puis le surlendemain, ensuite je ne sais plus car je quitte la tranche (Clarini + le voinche pour moi c’est trop). On en a un exemple il y a de cela quelques minutes, disons vers 8h35, alors qu’une fois glosée sur un ton qui se voulait pro, la châtoyance de Julie Clarini se voit corrigée à la baisse (au terne donc) par Stéphane Rozès qui lui répond en ouvrant d’un : "Je suis frappé de voir qu’on peut parler de ces choses sans rien y connaitre".

Combien de fois ainsi renvoyée à son bureau par l’invité dès la fin de sa question ?
Aurons-nous le courage de faire le compte ?

Et qui relèvera le défi de l’analyse de contenu de sa chronique ?
Déjà une trentaine de numéros et combien de bonnes idées de lecture (certainement un bon nombre), mais aussi hélas combien :
- de coup de forçage militant ?
- de traces d’auto-satisfaction du conformisme bobo ?
- de dérives d’analyse par excès d’engagement ?

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Lun 21 Fév 2011, 16:22

Bah, Stéphane Rozès, qui doit en avoir soupé de l’éternelle remarque sur les prédictions de l’élection de 2002, il lui fallait bien tirer sur quelqu’un pour défendre un minimum la profession.

Depuis le début d’émission, l’utilisation à outrance de l’instrument des sondage, la sondomanie des politiques et surtout de leurs commentateurs se faisaient dégommer par Wolton, puis en passant par Slama, et finalement Fourest et Clarini. Certes, Rozès, les instituts de sondages n’étaient pas directement en cause, c’est plutôt la rédac’, Huertas, et par voie de responsabilité Voinchet qui devaient se sentir visés (au passage, j’ai l’impression que les interruptions à répétition du Voinche étaient autant dû au malaise que pouvait provoquer les propos de Wolton, juste après le passage de Huertas, qu’a sa difficulté à supporter les tunnels). Enfin il devait être à fleur de peau, le Stéphane Rozès.

--

La chronique d’aujourd’hui, je veux bien en dire un mot : Je ne trouvais pas particulièrement débile de soulever le sujet délicat des apories de l’antiracisme. C’est évidemment une attitude à laquelle on a souvent envie de faire la peau, l’antiracisme béat, tellement il est pratiqué avec peu de discernement et de recul, surtout dans les médias.

Que Clarini, qu’on imagine volontiers pencher facilement de ce côté-là (l’antiracisme primaire), attaque au moins le problème par un bout, rien-là encore qui mérite que Georges Royer s’en mêle.

Donc qu’est-ce qu’elle reproche à l’antiracisme primaire, mais aussi au multiculturalisme porté par l’Europe en réponse au racisme (elle mélange un peu les deux sujets, mais on pourrait arguer que les problèmes s’en confondent)? C’est en gros de réagir au racisme par un simple racisme inversé : à "les races sont inégales" par un "non, les races sont merveilleusement diverses" (je traduis Clarini à ma sauce), et de retomber dans le racisme, du fait même de nommer des groupes (ex : les Rroms), dresser des catégories humaines, et leur prêter des propriétés de groupes (mais positives), les essentialiser, etc etc, y compris pour les défendre quand elles sont victimes de racisme.

Bref, Julie Clarini trouve ce parti-pris dangereux : on pourrait formuler sa crainte en disant qu’il valide, ou reconnais au moins le "découpage" effectué par les racistes dans le continuum humain. Clarini préfère l’attitude qui s’en tient à prôner la stricte égalité des droits de tous, sans présumer d’un découpage racial ou culturel de la population concernée. Elle finit toutefois sa chronique en questionnant l’efficacité de cette dernière option.

De mon côté, ce que je trouve dommage mais compréhensible du fait du format, c’est que JC ne s’attarde pas sur ce qui peut lui répugner dans le découpage racial ou culturel, à la fois dans l’appréhension qu’on peut avoir de l’humanité, et dans le droit.

Dans le droit, le refus de la dénomination raciale ou culturelle peut s’expliquer si l’on préfère un droit à l’esthétique sûre, qui repose sur des principes très généraux, et où effectivement, l’égale dignité tout humain est le principe sous lequel on devrait pouvoir subsumer la réponse légale à toute situation particulière. Et effectivement, comme Clarini le concède, on est aussi en droit d’opter pour un droit adaptatif, contingent, et qui pallie plus directement les vicissitudes du comportement humain et social.

Par contre, c’est quand il s’agit de qualifier le réel que l’analyse devrait porter également, mais cela n’a pas été fait par Julie Clarini : quels usages du mot race existent réellement, et dans quelle mesure chacun est-il légitime ou non ?

On pourrait classer comme suit, d’après moi, les racialistes (histoire de sortir du mot "raciste", mais si on n’utilise pas ce mot-là, c’est pour une raison parfaitement contingente) :

  • Les racialistes réalistes, qu’on pourrait aussi appeler racialistes ontologiques : Ceux-ci, les "réalistes" des races (ça s’applique pour les ethnies, les cultures etc, mais pour les races c’est plus sulfureux), tiennent pour réelles en soi, indépendamment de notre connaissance, les races humaines. Qu’il les considèrent d’ailleurs comme exactement définissables, ou non.

    De tels individus doivent, à l’évidence, être également des "réalistes" des catégories ou des universaux, tel qu’on l’entendait au moyen-âge.

    C’est une opinion à laquelle on peut naturellement opposer plusieurs remarques, plus ou moins convaincantes (en plus de celles, bien sûr, émises par les nominalistes), parmi lesquelles celle du quasi-continuum génétique humain, ou bien l’absence de critère strict de définition des catégories intra-espèce comme la race (et la preuve qu’il n’y a qu’une espèce humaine est donnée par l’interfécondité jamais démentie).

  • Les racialistes empiriques : eux suspendent leur jugement quant à la réalité des races (comme certains le font d’ailleurs de toute réalité en soi), mais ils estiment par exemple que la simple expérience humaine permet de catégoriser grossièrement des ensembles humains par tout un tas de traits, recoupables ou non par les données génétiques, mais finalement bien utiles pour communiquer, et de toute façon caractéristiques de l’appréhension globale et naturelle du réel par l’humain.

    Ils ne voient pas au nom de quoi l’on ne pourrait pas nommer ces ensembles, qu’ils soient "construits" ou "découverts" par l’esprit humain, de la même façon qu’on nomme toutes les catégories qu’on projette sur le réel.

    Dans leur approche, l’argument du continuum génétique ne tient pas tellement, le continuum des altitudes d’un paysage n’empêchant pas de nommer des chaînes de montagne, des monts et des sommets, utiles et pertinents à la fois, quand bien même ils ne le seraient qu’a des humains dialoguant.

    Ils ont également pour eux un exemple fort puissant, celui médical du BiDil (rien à voir avec le RenDez-Vous), vasodilatateur destiné uniquement aux patients noirs (afro-américains en tout cas) car seulement efficace sur eux. C’était le thème d’un bon Continent Sciences de 2007, intitulé Sciences et Racialisme, bien sûr à cent lieues des lieux communs sur le sujet.

    Bref, c’est ce racisme ou racialisme-là, empirique, contre lequel il me semble bien plus difficile de l’emporter argumentativement, et je serais intéressé par ce qu’aurait a leur reprocher Julie Clarini, et avec quelle réponse.

    Ou plus simplement qu’elle traite complètement la question : envers quoi les racistes sont-ils racistes ?


Voilà, désolé de ce long écart au sujet.

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Re: Julie Clarini - Les idées claires - le Mar 22 Fév 2011, 23:41

Bonsoir,

La chronique de Julie Clarini sur les classes moyennes, où elle nous explique en gros qu’il y a un risque de populisme nécessairement nauséabond dans ces « classes moyennes classes dangereuses » est amusante à plusieurs égards. D’abord par ses approximations, mais c’est un peu la loi du genre… Ensuite parce qu’il serait amusant (mais fastidieux) de montrer en quoi Julie, elle même promue au dessus de ces classes moyennes, en quelque sorte, par la grâce commentante et journalistique, se comporte vis-à-vis d’elles comme elle dit que ces classes moyennes se comportent vis-à-vis des classes populaires (il faudrait d’ailleurs qu’elle nous précise ce qu’elle entend au juste par là) : méfiance, retournement presque hargneux... on est toujours le petit bourgeois « médiocre » de quelqu’un ou de quelqu’une.

Mais je préfère citer un texte d’une personnalité qui semble en plein accord avec Julie Clarini, qui nous explique de manière vivante et vécue comment le petit-bourgeois médiocre regarde le peuple d’un peu haut, entre peur d’y replonger et répugnance à s’y commettre. Et qui comme Julie le fait pour le déplorer et souligner les dangers d’une telle attitude :

L’entourage de ma jeunesse se composait de petits bourgeois, c’est-à-dire d’un monde ayant fort peu de relations avec celui des véritables travailleurs manuels. Car, si étonnant que cela puisse paraître à première vue, le fossé qui sépare cette classe économiquement peu favorisée de celle des travailleurs manuels est souvent plus profond qu’on ne le pense. Il y a presque inimitié - et la raison en est que des gens qui se sont élevés de fraîche date au-dessus du niveau des travailleurs manuels, redoutent de retomber dans un ancien milieu qu’ils méprisent un peu, ou tout au moins de paraître encore en faire partie. Ajoutez à cela tout ce qu’il y a de repoussant dans le souvenir de la grossièreté des relations avec ces basses classes, et de leur absence de toute culture : pour les gens de condition même modeste qui ont une fois dépassé ce niveau social, c’est une obligation insupportable que d’y retomber pour quelques instants. (...) À ce point de vue mon destin me favorisa. Obligé de revenir dans le monde de misère et d’insécurité matérielle que mon père avait déjà connu, je perdis les œillères de ma trop étroite éducation de « petit bourgeois ». J’appris alors à connaître les hommes et à distinguer entre une apparence creuse ou bien un dehors brutal, et leur véritable nature.

Comme on le voit, Julie Clarini n’a pas inventé grand chose par rapport à ce texte, qui date de la décennie 1920, et qui semble dénoncer exactement les mêmes dangers dont nous parle Julie pour nous conscientiser, nous démontrer que nos oeillères de petit-bourgeois, de médiocres inquiétants que nous sommes tous un peu semble-t-il, doivent tomber. Ainsi sans doute, je suppose que c’est le point informulé du propos de Julie Clarini, aurions-nous, ou du moins aurions nous une chance d’avoir une société meilleure, plus juste, plus harmonieuse, mieux régulée comme semble le dire son appel à Montesquieu. Loin de l’égoïsme petit-médiocre-milieu toujours prêt à oublier ou mépriser le peuple d’en bas.

L’ennui c’est que la personnalité, à laquelle j’emprunte cette citation si conforme en apparence à ce que dit Julie, l’a écrite dans le tome premier d’un ouvrage titré « Mon Combat » (chapitre 2 de la première partie) et qu’il s’appelait Adolf Hitler.

Non que je veuille atteindre plus vite que quiconque le point Godwin. Mais quand la conscientisée et faraudement de gauche Julie Clarini, claironnant la conscience universelle et l’humanisme d’élite, en vient à dire des mots qui recoupent à ce point une citation du moustachu chancelier d’Allemagne, c’est ou que les idées de Julie sont particulièrement suspectes, ou, ce que je crois plus probable, qu’elles sont si vagues et le reflet d’une pensée automatique, obligatoire peut-être, si paresseuse, convenue, attendue et pré-mâchée que ça en devient exactement n’importe quoi ; une pensée susceptible de se voir appuyée aussi bien par une citation de Marc Bloch ou d’Adolf Hitler que par un apophtegme tiré des oeuvres complètes de Casimir.

Mais ça aussi c’est peut-être une loi du genre chroniqueux ? clown

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