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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales    Page 2 sur 21

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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 01 Sep 2009, 16:59

Rappel du premier message :

Michel Onfray, qu’as-tu fait de ta promesse ?

2009 : Septième année de diffusion estivale des conférences de l’Université Populaire de Caen de Michel Onfray. Je me souviens comme si c’était hier de la promesse du philosophe médiatique de nous faire connaître à l’occasion d’une « contre-histoire de la philosophie » une « autre philosophie », la philosophie hédoniste, la seule, la vraie, restée dans l’ombre au cours des siècles car persécutée par la philosophie officielle, et qui ne cesse de ressurgir sous différentes formes. La philosophie officielle, celle qui nous égare, c’est la philosophie spiritualiste, qui au cours de l’histoire allait toujours main dans la main avec le christianisme qui avait pris le pouvoir, philosophie qui avait Platon pour fondateur dont les conceptions collaient comme un gant à la religion chrétienne.

J’ai fini par comprendre que cette promesse décoiffante d’une « contre-histoire de la philosophie » ne serait pas tenue. De philosophie hédoniste, il n’y en a guère. Épicure, à la rigueur, mais Épicure est-il un grand philosophe, j’en doute.

Pour le XVIe siècle, il y a eu Montaigne. On ne pourra pas dire que Montaigne soit un penseur « clandestin », ignoré des académies et des universités .

Pour le XVIIe siècle les philosophes qui entraient dans sa catégorie, qualifiés de « libertins », dans l’ensemble peu préoccupés d’hédonisme n’étaient de petits maîtres qui méritent tout juste le détour, la Mothe le Vayer, précepteur de Louis XIV, Gassendi, un savant et un ecclésiastique qui a mis l’épicurisme au goût du jour et qui d’autre ? J’ai oublié. On était heureux d’en savoir plus sur Cyrano Bergerac et ses voyages dans la lune, mais cette galerie de portraits ne convainquait pas que la philosophie de ces « libertins » pouvait faire le poids face à Pascal, Descartes, Malebranche et Leibniz. En outre, Michel Onfray a tant bien que mal essayé d’enrôler Spinoza sous sa bannière, là c’était un plantage total qui a suscité des protestations. C’était un contre-sens, une récupération abusive et on voyait bien que son approche de l’œuvre de Spinoza était superficielle et insuffisamment informée.

Avec le XVIIIe siècle, nouvelle déception. J’attendais que l’éclosion d’un hédonisme qui s’assumât eut enfin lieu . Le XVIIIe siècle n’a-t-il pas plus que tout autre célébré le plaisir, dans le théâtre, le roman, la peinture, la musique, même. Curieusement, le thème de l’hédonisme a été abandonné, c’est l’apparition d’une philosophie d'un matérialisme encore mal affirmé qui a été présentée, avec des avancées du côté de l’utilitarisme : La Mettrie, Helvétius, Maupertuis . Les écrits du Marquis Donatien de Sade auraient dû permettre de poser la problématique d’un hédonisme radical, le plaisir comme but ultime, mon plaisir avant tout, mon plaisir à tout prix, mon plaisir au prix de la souffrance et du malheur de l’autre. Malheureusement, le prisonnier de Charenton n’a eu droit à un traitement expéditif : « Sade, c’est du nazisme avant l’heure » . J’aurais aimé faire remarquer à Michel Onfray que les cent-vingt journées de Sodome sont une fiction et une apologie autant qu'une critique de la débauche.

L’inspiration de Michel Onfray était meilleure quand il a traité par le menu le cas de l’abbé Jean Meslier, mettant l’accent sur ce fait étonnant que le premier athée déclaré était un obscur ecclésiastique, dont l’œuvre était totalement clandestine.

Pour le XIXe siècle, le thème finalement peu productif de l’hédonisme philosophique a été carrément abandonné au profit de l’eudémonisme, le bonheur prenant la place du plaisir. C’est un changement de programme, philosophie du bonheur et philosophie du plaisir, ce sont des orientations très différentes. Le bonheur est beaucoup moins lié au matérialisme que l'hédonisme. Cet abandon du thème de l’hédonisme me montrait une fois de plus que le projet de centrer une « contre-histoire de la philosophie » sur l’hédonisme était une impasse.

C’est cependant sans déplaisir que j’ai écouté une présentation de l’utilitarisme de Jeremy Bentham, si important pour l'ensemble du monde anglo-saxon, les idées extravagantes de Charles Fourier, traitées sur le ton de la franche rigolade et la vie aventureuse de Bakounine.

Je n’ai pas pu écouter les conférences de 2008.

En 2009, une nouvelle fois, mon attente était grande. Enfin, il serait question de Nietzsche, l’idole de Michel Onfray.

Michel Onfray a consacré plusieurs séances à un philosophe très peu connu, certainement très intéressant et plus que talentueux, le français Jean-Marie Guyau , atteint de tuberculose, auteur de « l’esquisse d’une morale sans obligation ni sanction », qui a développé une philosophie existentielle qui répond à la maladie et peut être considéré comme un précurseur de Nietzsche. Le conférencier aurait pu éviter de consacrer une séance entière pour stigmatiser le conformisme politique de cet auteur, selon lui coupable d’être moralement conservateur, chauvin, colonialiste, réactionnaire, antisémite, militariste, attaché à la terre, à la famille nonobstant républicain.

Ensuite, on est passé à Nietzsche, j’attendais Michel Onfray au tournant. Comment lui homme de gauche très à cheval sur la correction politique pourrait-il défendre un philosophe dont la réputation de penseur sulfureux n’est pas du tout usurpée, un philosophe qui consacre tant et tant de pages à de virulentes attaques contre la classe ouvrière, qualifiée par lui de « plèbe au sang vicié » ? Le point fort de cette série était la présentation du philosophe malade à la recherche de la « grande santé », une manière de vivre avec la maladie et d’en tirer un avantage existentiel beaucoup important que la bonne santé de l'homme moyen . Oui mais pourquoi tout au cours de son oeuvre Nietzsche n’a-t-il que mépris pour les malades, pourquoi est-ce une injure sous sa plume dont il accable, entre autres, les religieux? La plupart de ses interventions de cette série n’étaient qu’un plaidoyer assez laborieux qui cherchait à nous présenter un Nietzsche largement calomnié, c’est certainement vrai, mais un Nietzsche vu sous l’angle politique, contestataire gauchiste qui pourrait prendre sa carte au parti d’Olivier Besancenot, un Nietzsche réduit à la haine de son pays, de la bonne société bourgeoise et de la religion, un Nietzsche devenu salonsfähig en quelque sorte. Les mânes de Nietzsche n’en demandent pas tant. La présentation de la dissension avec Wagner était particulièrement plate et même fallacieuse, Michel Onfray y projetait de toute évidence ses propres détestations, alors que cet épisode avait été présenté de manière lumineuse et fort inspirée par le philosophe Philippe Lacoue Labarthe dans une série du matin des musiciens. Finalement, une grande déception.

Mon exemplaire des œuvres presque complètes de Nietzsche est resté sur les bords de la rivière Tshuapa, confisqué par un séminariste. Quand j’aurai récupéré ce livre, je confronterai le Nietzsche salonsfähig de Michel Onfray au Nietzsche que j’ai cru découvrir quand je lisais ces écrits qui avaient le don de me faire dresser sur la tête les quelques cheveux qui me restent à chaque page.

Bien loin des platitudes politicardes de Michel Onfray, j’ai connaissance d’un magnifique commentaire sur Nietzsche, il est contenu dans une série d’émissions de René Girard. Le jour où je retrouverai la cassette, je vous en dirai plus.

Dans sa dernière séance, Michel Onfray a annoncé une nouvelle série sur le nietzschéisme chez les philosophes contemporains. Une nouvelle fois, j’en attendrai beaucoup, peut-être enfin ne serai-je pas déçu.

Henry
* * *

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Lun 02 Aoû 2010, 14:02

Bonjour

Michel Onfray, veut démonter les idées de Freud, en démontant Freud lui-même. Par exemple, il dit qu’une grande partie de l’œuvre a été écrite sous influence de la cocaïne (ou autre substance). Et bien sur, il baserait certaine de ses critiques de l’œuvre sur une correspondance de Freud où l’influence de la cocaïne serait absente ? L’inverse serait plus évident.

Le fil conducteur de Onfray semble être basé sur la bonne idée de l’auto-analyse que chacun est amené (ou pas) à faire tout du long de sa vie dans une démarche d’introspection. Introspection, ou encore exercice spirituel, que les philosophes antiques pratiquaient déjà et que les judéos-chrétiens auraient enterrées. En somme, d’après M. Onfray, la théorie de Freud ne marche que sur Freud, car c’est son auto-analyse (inachevée sans doute).

Tout cela est intéressant, mais je ne suis pas certain de résister au discours de Onfray durant les 25 heures qui nous sont promises. Onfray a le tallent pour diluer toute substance dans son portrait de Freud. Au final peut être ne restera t il rien d’autre qu’à ce qui ressemble fort à une caricature bouffonne de Freud.

Henry, aviez vous retrouvé ce fameux « commentaire sur Nietzsche, contenu dans une série d’émissions de René Girard » de votre premier message ?
Peut être, était ce la série « d’A voix nue », série d'entretiens de René Girard avec Raphael Enthoven ? Notamment la partie sur le triangle nietzschéen ?
Sinon, vous avez aussi, un article sur ce sujet dans le livre « La conversion de l’art » de R. Girard.

Bien à vous

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onfray ! - le Lun 02 Aoû 2010, 15:09

Le problème d'Onfray comme beaucoup d'autres c'est que la médiatisation lui monte à la tête !

Enfin y a pire que lui c'est Begaudeau, celui c'est pas possible, il est insupportable !

Hier j'ai écouté avec tellement de plaisir Marcel Conche,une intelligence, de l'humilité,bref tout le contraire de nos philosophe médiatiques (les Onfray,BHl,Finkiekkraut ...)

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Nietzche manqué par Onfray - le Lun 02 Aoû 2010, 18:33

Merci Henry pour ce texte de Nietzche, j'aurais du mieux lire le message que vous aviez posté, il y a un an qui convient bien à Onfray à tous points de vue.
Il faudrait à Onfray un contre pouvoir à FC, car l'auditeur de base ne peut connaître ces écrits vraiment très très gênants! de toutes façons, il aborde trop de philosophes pour faire un travail sérieux sur tous
L'autre jour, Elisabeth Roudinesco, que j'aime très moyennement par ailleurs, l'a traité de gourou dans les Matins: c'est ce qu'il devient en effet.
Je l'ai écouté vendredi dernier sur Freud, donc. Effectivement, c'était bien documenté mais qu'il est pénible dans ses réponses à toute allure aux intervenants. Il y mêle les questions politiques du moment, c'est trop pour une conférence d'une heure.
Comme Steed, j'ai écouté avec bonheur Marcel Conche avec Alain Veinstein.

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Onfray bien un petit passage en cuisine. - le Lun 02 Aoû 2010, 19:22

Pour les Onfrayeux exhaustivistes (et les Oberlistes, et les amateurs de grand cabotinage epistolaire,
et les renifleurs de petites curiosités éditoriales), signalons ceci :



Supplément à Beaux Arts magazine de décembre 1998
Disgressions gastronomico-philosophiques en six lettres où le gros Gérard « fait le pourceau » admirablement
et nous embarque Michel J’ai-un-avis-sur-tout dans quelques plaisantes considérations sur l’art contemporain,
la mangeaille et les femmes, bien entendu.

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Michel Onfray est-il un gourou? - le Lun 02 Aoû 2010, 20:31

@antonia a écrit:

L'autre jour, Elisabeth Roudinesco, que j'aime très moyennement par ailleurs, l'a traité de gourou dans les Matins: c'est ce qu'il devient en effet.


Gourou, c'est sans doute excessif. Michel Onfray a des adeptes, on ne peut pas les lui contester. Il le doit à son talent, à son charisme, c'est quand même lui qui a pris l'initiative de l'université populaire, c'est lui qui prépare les cours et qui met gratuitement son savoir et ses recherches à la disposition de ses auditeurs. Mais l'ambiance telle qu'on la perçoit est un peu, je dirais, "questionnable", ce public conquis a l'air bien moutonnier. Michel Onfray fait rire trop facilement, au détriment de personnes qui ne sont pas là pour se défendre, par exemple les religieux, on a l'impression qu'il a totalement mis son public dans sa poche et que celui-ci manifeste un certain suivisme. La retransmission des questions ne comporte jamais de questions gênantes, normalement il devrait y en avoir, je suppose que si elles ne passent pas, c'est qu'elles ne sont censurées.

HF

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Onfray ! - le Mar 03 Aoû 2010, 14:28

La seule que je reproche à Roudinesco, c'est que parait-il elle aurait téléphoné pour que Onfray dégage de l'université populaire de Caen, si c'est vrai c'est inadmissible, même si on aime pas Onfray cela ne justifie pas ce type de comportement !

Comme je suis de basse normandie, je suis allé voir Onfray, et alors ce qui m'exaspère c'est de voir un gourou devant ses adeptes qui boivent ces paroles, c'est insupportable !

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des passages gênants, entre guillemets - le Mar 03 Aoû 2010, 23:02

@antonia a écrit:

Il faudrait à Onfray un contre pouvoir à FC, car l'auditeur de base ne peut connaître ces écrits vraiment très très gênants!


Gênants si on se dit nietzschéen mais on n'oblige personne à être nietzschéen mais l'oxymore absolu, c'est nietzschéen de gauche.

Des passages "gênants" pour les nietzschéens, en fait je crois que ces passages ne les gênent nullement, au contraire ils en raffolent, il y en a presque à toutes les pages, même si je n'ai pas fait le compte.

J'en ai trouvé un pas mal, je vous le cite; c'est la conclusion de Ecce homo:

Enfin, ce qu'il y a de plus terrible - dans la notion d'homme bon, on prend parti pour tout ce qui est faible, malade, mal venu, pour tout ce qui souffre de soi-même, pour tout ce qui doit disparaître. La loi de la sélection est contrecarrée. On fait un idéal de l'opposition à l'homme fier et d'une bonne venue ( note en allemand wohlgeraten. C'est le terme qui définit le surhumain), à l'homme affirmatif qui est certain de l'avenir. Cet homme est désormais considéré comme l'homme méchant... Et l'on a ajouté foi à tout cela, sous le nom de la morale! - Ecrasez l'infâme!


J'en ai d'autres en réserve.

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Ven 06 Aoû 2010, 17:38

Le cours de Jankélévitch qu'avait dû côtoyer MOnfray portait sur "l'immédiat".

On aime ou pas le jeu vocal de Vladimir Jankélévitch. Sur le fond, loin d'une pensée construite et de l'érection d'un système solide, ses cours brillaient surtout de saillies saisissantes, truffés de petits émaux de vérité qu'on pouvait bien écouter distraitement sans en rater l'essentiel : il n'y avait pas vraiment d'essentiel.

La verve onfrayante, à côté, était pataude déjà. Ce devait être sa première année, ses bonnes blagues et ses traits fameux ne souffraient pas encore des huit années longues et usantes qui devaient suivre.

C'était pour tout dire, sa meilleure saison de mon point de vue.
Les abdéritains, les cyrénaïques méritaient sans doute cet éclairage renouvelé à l'usage des béotiens que nous sommes.
La réhabilitation des sophistes, qu'il faisait lointains ancêtres de Freud et de la cure langagière (avec le recul actuel, c'est savoureux), était intelligente et bien vue.

Et déjà pourtant, ses lourdeurs de style, un certain creux dans son discours - surgonflé à l'hélium des termes pompeux qu'il n'hésite jamais à fustiger chez les autres - poignaient... Qui n'a pas entendu à chaque cours les incises sur la réputation, somme des malentendus qu'on a accumulés sur son compte ?
Combien de fois a-t-on entendu parler des gymnosophistes, sans en apprendre plus que leur tenue ? Combien de broderies sans fin et sans fond sur le tetrapharmakon d'Epicure, sur les pensées présumées d'un leucippe dont on n'a jamais rien lu ?

Mais le pire défaut d'Onfray à mes yeux, tient à ce que la descente des idoles qu'il aime à brûler, il ne la pratique qu'à coups d'attaques ad hominem. Jamais il ne s'en prend vraiment au fond, il attaque le corpus par le bonhomme, et quand il se risque à parler idées, l'argumentation ne vole jamais vraiment plus haut que celle qu'on peut entendre dans tout comptoir qui se respecte.

Quand il s'agit de déboulonner Platon, Saint Paul, Saint Augustin, le monothéisme, Kant, tous les coups bas sont permis, pas question de discuter noumène, représentation du temps, transcendentalisme. Plutôt laideur, taille, voire pustule. Rehausser le plus possible toutes les errances, les égarements et les anecdotes qu'on peut dénicher sur la cible du moment.

Alors on voyage beaucoup avec MOnfray, on survole du pays, on aperçoit de joli coins avec un dépliant qui donne envie. Il a un goût particulier pour exhumer le pittoresque et l'incongru, le croustillant : on aura entendu parler des barbellognostiques, de Pierre Charon, de Maupertuis ou de Gassendi. C'est bien, c'est ce qu'il faut tirer de ces cours. Il ne faut pas vouloir beaucoup de profondeur, ni de conséquence dans le propos, ce n'est pas son fort.

Pour finir enfin, j'avais entendu les matins avec Elisabeth Roudinesco.
Pour ne pas avoir beaucoup d'affinité avec la personne, j'ai eu l'impression de l'entendre comparaitre au tribunal inquisitoire, tant les propos du présentateur et de ses chroniqueurs étaient orientés en faveur d'Onfray! On les aurait dits préparant le terrain pour la vingtaine d'heures estivales allouées au Caennais philosophe; il fallait peut-être redresser l'image du bonhomme après sa mise en pièce du grain à moudre (où il a pu servir de grain à Marcel Gauchet). Bref, Voinchet, Duhamel et pour l'occasion Philippe Petit s'en sont donnés à coeur joie, maltraitant l'invitée d'une façon peu banale, n'hésitant jamais à la couper, accaparant la parole, débattant entre eux dans un spectacle qui a peu honoré ses protagonistes.

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Sur un air péremptoire - le Mar 31 Aoû 2010, 13:01

Bonjour,

Je découvre depuis peu de France Culture et sa grille de programmes, l’image que j’avais d’elle était un choix d’émission où les idées et les points de vue sont analysées, opposées et débattues et ce, sur des thématiques aussi diverses que riches.

Si certaines émissions, que j’écoute malheureusement fort peu en journée, semble répondre à cette vision, je dois avouer que les analyses matinales, entre 7h00 et 9h00, sont généralement peu convaincantes bien que certains invités ou chroniqueurs n’ont pas à souffrir de ce reproche.

Néanmoins, je constate que, généralement, la matinale de France Culture privilégie l’accès à l’information et l’actualité plutôt qu’à l’analyse. N’a-t-on pas ingurgité du football pendant la Coupe du Monde de football ? C’est un exemple parmi d’autres …

Néanmoins, pour arriver à mon propos, je m’interroge réellement sur la présence à l’antenne en début de soirée de l’émission de Michel Onfray que je ne connaissais pas avant ce monopole forcé. De prime abord intéressant, le monologue s’est rapidement muté en attaque frontale et péremptoire contre Freud, son travail, ses disciples et ses enfants.

Je ne suis pas un apôtre de la théorie et de l’école freudienne mais pourfendre une théorie, un mythe sans apporter à chaque nouvelles révélations ou anecdotes (puisque parfois il ne s’agissait en réalité que de cela !) la plus petite once d’explications ou d’éclairages contextuels me semble bien triste, voire extrêmement critiquable.

J’ai bien compris que M. Onfray semble ne pas porter les thèses de M. Freud en haute estime, ni le personnage d’ailleurs, qu’il a un arriéré personnel ou intellectuel avec Mme Roudinesco et je dois même avouer que sur certains points je reconnais la légitimité de ses interrogations (j’ai bien dit certains points …) mais quelle tristesse d’entendre pendant plus d’un mois, chaque soir à la même heure, le même orateur assainir ses mots, ses idées, ses notes sans souffrir de contradictions, d’interventions ou de questions extérieures. Et je me permets d’ajouter, sans même avoir eu la volonté de structurer un minimum le raisonnement de sa diatribe interminable.

Nous avons donc eu le droit à une longue litanie de reproches, d’anecdotes, de mensonges, d’erreurs et autres discours cursifs qui s’assimilent plus à du fascisme (le mot est lâché), intellectuel cela reste à prouver, qu’à une réelle volonté de progresser dans la connaissance et la critique de l’œuvre de Freud.

Dieu merci, cette hargne, pour ne pas dire haine, s’est arrêtée. Mais une question continue de me hanter.
Qui est réellement M. Onfray, et pourquoi, donner une telle tribune à un personnage, certes bien fait intellectuellement, mais qui semble ne pas vouloir entendre, s’ouvrir ni ne donner la parole aux idées à qui il s’oppose.

J’ai cru voir que Mme Roudinesco a publié un livre en réaction à celui de M. Onfray. Ce qui me fait dire que tout cela n’a-t-il pas été une opération de marketing pour M. Onfray (étrange coïncidence que la sortie de son livre et sa tribune sur France Culture ….). La bande du Fouquet’s aurait-elle des actions de France Culture ? Je dis cela en réaction à une photo que j’ai vue de M. Onfray avec notre Président et nous savons combien il aime aider ses amis, anciennes gloires médiatiques, à retrouver leur gloire passée. Espérons que Sabatier ou Barbelivien ne s’intéressent pas à France Culture …

Mais redevenons un peu sérieux … Je pense que cette radio qui a beaucoup perdu en crédibilité, en image et en réputation à travers de telles émissions aurait beaucoup à gagner à organiser un débat contradictoire et neutre, cette fois-ci, entre Mme Roudinesco et M. Onfray suite au lynchage médiatique dont elle a été la victime sans droit de réponse pendant un mois sur des ondes qui ont gagné leur noblesse, rappelons-le, grâce au débat d’idées.

Merci de votre attention.

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Freud touché mais pas coulé - le Mer 01 Sep 2010, 10:46

J'ai écouté la grande série de Michel Onfray sur Freud, dans laquelle il a bien dit tout le bien qu'il pense de Freud et du freudisme. Le paradoxe, c'est que cet exercice a accru de quelques degrés mon estime pour le philosophe médiatique et n'a pas beaucoup fait bouger mon opinion sur le freudisme.

Il faut reconnaître à Michel Onfray un grand talent de vulgarisateur. Ses opinions tranchées ajoutent du piment à ses dires. C'est l'avantage de la polémique, ça a quelque chose d'excitant.

Nous avons donc eu droit à un sérieux recyclage sur le freudisme, approfondi, passionnant. Freud touché mais pas coulé. On voit à quel point Freud était un pionnier, qu'il avait entrepris d'explorer ce continent inconnu qu'était la maladie mentale, qu'il y ait eu des errances dans cette aventure n'avait rien d'étonnant.

On apprend à quel point la personnalité de Freud était discutable, on n'aurait pas tellement aimé le rencontrer. Un terrible homme de pouvoir, intolérant, destructeur, inaccessible à la contradiction, un homme dangereux pour ses proches, en fait. Ce sont des choses à prendre en compte et on comprend que le maître tenait tellement à sa doctrine qu'il n'en était pas à un mensonge ni à une trahison près. Même sur le mode de la négation et de la dérision, cette série nous fait entrer dans l'univers de la psychanalyse à ses tout débuts, qui avait quelque chose d'exaltant pour ses initiateurs pas très loin d'une nouvelle religion, comme Onfray l'a bien montré, avec ce concept totalement ectoplasmique d'inconscient, qu'on ne peut pas définir, qui appartient au passé et au présent, qui est individuel et collectif, qui admet toutes les contradictions... Il faut être porté sur le mysticisme pour avaler un truc pareil, pas tellement le genre de Michel Onfray.

Les attaques de Michel Onfray enfoncent plus ou moins des portes ouvertes; je ne crois pas qu'il y ait encore des psys qui appliquent à la lettre la doctrine et les préceptes de Freud, qui fait figure de précurseur. Michel Onfray agace par ses répétitions et la manière qu'il a de toujours chercher à enfoncer le clou. Et il est souvent lourd, le Onfray et il agace et sa manie de toujours tout politiser est agaçante.

Michel Onfray récuse Freud au profit du freudo-marxisme, manière de reconnaître le rôle de précurseur de Freud.


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le crépuscule d'un conférencier - le Ven 19 Aoû 2011, 18:53



Michel Onfray, ça devient inécoutable. Sa dernière série sur le freudo-marxisme tombe tellement bas qu'elle ne mériterait même pas d'être diffusée. Il se répète indéfiniment, il recycle sa série de l'an passé dans laquelle il dit tout le bien qu'il pense de Sigmund Freud, ses pompes et ses oeuvres et il ressasse indéfiniment « la horde primitive, le banquet cannibale, le meurtre du père », c'est saoûlant, et aussi l'attitude pas très sociale de Freud à l'égard des patients pauvres et aussi l'idée que le psychanalyste peut très bien roupiller pendant une séance qu'il fait payer l'équivalent de 450 euros par séance mais tout ça, on finira par le savoir, c'est du rabâchage à n'en plus finir, on n'en peut plus.

Son approche est terre à terre et comme à son habitude, il politise tout à tout bout de champ et à outrance, c'est une perpétuelle remise de bons et de mauvais points selon les opinions affichées. Les bons c'est la gauche, les mauvais c'est ceux qui ne sont pas de gauche, au premier rang desquels Freud, sa tête de turc, tout ça en faisant passer Nietzsche, celui ne craint pas de parler du peuple comme de la « plèbe au sang vicié » comme un penseur de gauche, ce qui ne résiste pas à une lecture impartiale.

Au moins, Otto Gross, le premier des freudo-marxistes abordés était un peu rigolo, ses idées sur le paradis perdu qu'était le matriarchat, je les ai trouvées amusantes tant elles sont naïves. Michel Onfray, qui ne doit quand même pas être totalement dupe, ne prend pas de recul en relatant de pareilles inepties, il laisse à ses auditeurs le soin de le faire. Otto Gross, pas très fort en anthropologie, a fabriqué une théorie dans laquelle il mélange allègrement une soit disant apparition du patriarchat avec la révolution néolithique et ça donne une étrange construction anthropologique.

Wilhelm Reich avait en mai 1968 et dans les années qui ont suivi une certaine aura. La fonction de l'orgasme était dans les bibliothèques, il y a peut-être eu quelques personnes qui en ont lu quelques pages. Ou bien le portrait que Michel Onfray en trace est juste ou bien il est faux. J'espère qu'il est faux car la vision donnée par le conférencier fait apparaître son oeuvre davantage comme la production d'un sexologue dans quelque magazine grand tirage qu'à de la philosophie. Si c'est ça, la grande belle philosophie hédoniste annoncée depuis le début des conférences! J'ai compris qu'une activité sexuelle satisfaisante était ce qu'il y avait de meilleur pour l'épanouissement psychique. Merci, Docteur, j'en tiendrai compte mais si je ne trouve pas tous les nombreux partenaires aux corps de rêve que je voudrais, et si je n'y arrive pas... Si la satisfaction sexuelle illimitée est le souverain bien, ce qu'il faut, c'est être un satrape oriental et avoir un harem à sa disposition.

Ensuite arrive Saint Erich le pieux, Saint Erich Fromm. Saint Erich Fromm, priez pour nous! Saint Erich Fromm qui accepte de soigner les pauvres, Saint Erich Fromm qui accepte de copiner un peu avec ses patients etc. Mais l'exposé devient tellement préchi-précha que je n'écoute presque plus.

Michel Onfray est moins ennuyeux quand il répond aux questions des auditeurs. Il s'en prend à la « pédophilie » de Daniel Cohn Bendit, mais si je garde un souvenir exact de ce que Daniel Cohn Bendit avait écrit, et si on en croit ce qu'il en dit, le petit échange qu'il avait eu avec un enfant dans l'école où il était éducateur ne constitue en aucun cas un acte de pédophilie. Il s'en prend aussi à Gabriel Matzneff, qui n'a pas caché ses relations avec les "moins de seize ans" (à partir de quinze ans, c'est légal). Il refuse tout relativisme culturel, c'est une position.

Il dit que s'il avait le temps il écrirait quelque chose sur l'écologie, le pour et le contre, ce qu'il en a dit était plutôt banal.

Encore une fois, la grande, la belle philosophie hédoniste annoncée il y a neuf ans n'est pas arrivée, je doute qu'on la voie jamais. Mais des exposés sur les nietzschéens de notre temps annoncés pour une prochaine série pourraient être intéressants.

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