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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales    Page 18 sur 21

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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 1 Sep 2009 - 14:59

Rappel du premier message :

Michel Onfray, qu’as-tu fait de ta promesse ?

2009 : Septième année de diffusion estivale des conférences de l’Université Populaire de Caen de Michel Onfray. Je me souviens comme si c’était hier de la promesse du philosophe médiatique de nous faire connaître à l’occasion d’une « contre-histoire de la philosophie » une « autre philosophie », la philosophie hédoniste, la seule, la vraie, restée dans l’ombre au cours des siècles car persécutée par la philosophie officielle, et qui ne cesse de ressurgir sous différentes formes. La philosophie officielle, celle qui nous égare, c’est la philosophie spiritualiste, qui au cours de l’histoire allait toujours main dans la main avec le christianisme qui avait pris le pouvoir, philosophie qui avait Platon pour fondateur dont les conceptions collaient comme un gant à la religion chrétienne.

J’ai fini par comprendre que cette promesse décoiffante d’une « contre-histoire de la philosophie » ne serait pas tenue. De philosophie hédoniste, il n’y en a guère. Épicure, à la rigueur, mais Épicure est-il un grand philosophe, j’en doute.

Pour le XVIe siècle, il y a eu Montaigne. On ne pourra pas dire que Montaigne soit un penseur « clandestin », ignoré des académies et des universités .

Pour le XVIIe siècle les philosophes qui entraient dans sa catégorie, qualifiés de « libertins », dans l’ensemble peu préoccupés d’hédonisme n’étaient de petits maîtres qui méritent tout juste le détour, la Mothe le Vayer, précepteur de Louis XIV, Gassendi, un savant et un ecclésiastique qui a mis l’épicurisme au goût du jour et qui d’autre ? J’ai oublié. On était heureux d’en savoir plus sur Cyrano Bergerac et ses voyages dans la lune, mais cette galerie de portraits ne convainquait pas que la philosophie de ces « libertins » pouvait faire le poids face à Pascal, Descartes, Malebranche et Leibniz. En outre, Michel Onfray a tant bien que mal essayé d’enrôler Spinoza sous sa bannière, là c’était un plantage total qui a suscité des protestations. C’était un contre-sens, une récupération abusive et on voyait bien que son approche de l’œuvre de Spinoza était superficielle et insuffisamment informée.

Avec le XVIIIe siècle, nouvelle déception. J’attendais que l’éclosion d’un hédonisme qui s’assumât eut enfin lieu . Le XVIIIe siècle n’a-t-il pas plus que tout autre célébré le plaisir, dans le théâtre, le roman, la peinture, la musique, même. Curieusement, le thème de l’hédonisme a été abandonné, c’est l’apparition d’une philosophie d'un matérialisme encore mal affirmé qui a été présentée, avec des avancées du côté de l’utilitarisme : La Mettrie, Helvétius, Maupertuis . Les écrits du Marquis Donatien de Sade auraient dû permettre de poser la problématique d’un hédonisme radical, le plaisir comme but ultime, mon plaisir avant tout, mon plaisir à tout prix, mon plaisir au prix de la souffrance et du malheur de l’autre. Malheureusement, le prisonnier de Charenton n’a eu droit à un traitement expéditif : « Sade, c’est du nazisme avant l’heure » . J’aurais aimé faire remarquer à Michel Onfray que les cent-vingt journées de Sodome sont une fiction et une apologie autant qu'une critique de la débauche.

L’inspiration de Michel Onfray était meilleure quand il a traité par le menu le cas de l’abbé Jean Meslier, mettant l’accent sur ce fait étonnant que le premier athée déclaré était un obscur ecclésiastique, dont l’œuvre était totalement clandestine.

Pour le XIXe siècle, le thème finalement peu productif de l’hédonisme philosophique a été carrément abandonné au profit de l’eudémonisme, le bonheur prenant la place du plaisir. C’est un changement de programme, philosophie du bonheur et philosophie du plaisir, ce sont des orientations très différentes. Le bonheur est beaucoup moins lié au matérialisme que l'hédonisme. Cet abandon du thème de l’hédonisme me montrait une fois de plus que le projet de centrer une « contre-histoire de la philosophie » sur l’hédonisme était une impasse.

C’est cependant sans déplaisir que j’ai écouté une présentation de l’utilitarisme de Jeremy Bentham, si important pour l'ensemble du monde anglo-saxon, les idées extravagantes de Charles Fourier, traitées sur le ton de la franche rigolade et la vie aventureuse de Bakounine.

Je n’ai pas pu écouter les conférences de 2008.

En 2009, une nouvelle fois, mon attente était grande. Enfin, il serait question de Nietzsche, l’idole de Michel Onfray.

Michel Onfray a consacré plusieurs séances à un philosophe très peu connu, certainement très intéressant et plus que talentueux, le français Jean-Marie Guyau , atteint de tuberculose, auteur de « l’esquisse d’une morale sans obligation ni sanction », qui a développé une philosophie existentielle qui répond à la maladie et peut être considéré comme un précurseur de Nietzsche. Le conférencier aurait pu éviter de consacrer une séance entière pour stigmatiser le conformisme politique de cet auteur, selon lui coupable d’être moralement conservateur, chauvin, colonialiste, réactionnaire, antisémite, militariste, attaché à la terre, à la famille nonobstant républicain.

Ensuite, on est passé à Nietzsche, j’attendais Michel Onfray au tournant. Comment lui homme de gauche très à cheval sur la correction politique pourrait-il défendre un philosophe dont la réputation de penseur sulfureux n’est pas du tout usurpée, un philosophe qui consacre tant et tant de pages à de virulentes attaques contre la classe ouvrière, qualifiée par lui de « plèbe au sang vicié » ? Le point fort de cette série était la présentation du philosophe malade à la recherche de la « grande santé », une manière de vivre avec la maladie et d’en tirer un avantage existentiel beaucoup important que la bonne santé de l'homme moyen . Oui mais pourquoi tout au cours de son oeuvre Nietzsche n’a-t-il que mépris pour les malades, pourquoi est-ce une injure sous sa plume dont il accable, entre autres, les religieux? La plupart de ses interventions de cette série n’étaient qu’un plaidoyer assez laborieux qui cherchait à nous présenter un Nietzsche largement calomnié, c’est certainement vrai, mais un Nietzsche vu sous l’angle politique, contestataire gauchiste qui pourrait prendre sa carte au parti d’Olivier Besancenot, un Nietzsche réduit à la haine de son pays, de la bonne société bourgeoise et de la religion, un Nietzsche devenu salonsfähig en quelque sorte. Les mânes de Nietzsche n’en demandent pas tant. La présentation de la dissension avec Wagner était particulièrement plate et même fallacieuse, Michel Onfray y projetait de toute évidence ses propres détestations, alors que cet épisode avait été présenté de manière lumineuse et fort inspirée par le philosophe Philippe Lacoue Labarthe dans une série du matin des musiciens. Finalement, une grande déception.

Mon exemplaire des œuvres presque complètes de Nietzsche est resté sur les bords de la rivière Tshuapa, confisqué par un séminariste. Quand j’aurai récupéré ce livre, je confronterai le Nietzsche salonsfähig de Michel Onfray au Nietzsche que j’ai cru découvrir quand je lisais ces écrits qui avaient le don de me faire dresser sur la tête les quelques cheveux qui me restent à chaque page.

Bien loin des platitudes politicardes de Michel Onfray, j’ai connaissance d’un magnifique commentaire sur Nietzsche, il est contenu dans une série d’émissions de René Girard. Le jour où je retrouverai la cassette, je vous en dirai plus.

Dans sa dernière séance, Michel Onfray a annoncé une nouvelle série sur le nietzschéisme chez les philosophes contemporains. Une nouvelle fois, j’en attendrai beaucoup, peut-être enfin ne serai-je pas déçu.

Henry
* * *

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Bonnes raisons d'écouter Michel Onfray - le Jeu 21 Aoû 2014 - 9:46

Parmi les bonnes raisons d'écouter tout de même Michel Onfray car de bonnes raisons il y en a, on en trouve heureusement d'autres que la pêche aux perles. A qui n'a vraiment pas "la tête philosophique" comme dit Jean Lebrun, Onfray apporte une introduction générale à l'oeuvre de quelques grands auteurs absents des manuels courants. Et avec son style à la fois simplet et farci de bourdes mais toujours vivant, il permet tout de même d'aborder le sujet sans mouiller sa chemise.

Pour cette raison, sa deuxième année sur la psychanalyse avait permis d'exhumer des auteurs qui avaient pu échapper même aux psychologues surtout ceux qui sont formés par l'université, enfin de ces auteurs dont souvent on connait le nom mais pas plus que ça, parce que la saturation freudienne aidant, on avait finalement renoncé à explorer leurs écrits. Renoncement qui suivait aussi une lassitude générée par les excès du freudisme parisien et cela notamment à France Culture. Des auteurs parfois franchement loufoques et pourtant dotés d'un certain flair, mettons Wilhelm Reich. D'autres qu'on avait laissés sur le second rayon après en avoir lu un ou deux volumes, par exemple Erich Fromm. D'autres enfin, dont même le nom étaient passé aux oubliettes du renoncement, comme Otto Gross.

Alors cette année pour Hannah Arendt, certes on n'avait peut-être pas besoin d'Onfray. Sauf peut-être pour apprendre de sa bouche que le travail d'introduction a été très bien fait par Jean-Claude Poizat dans un livre de dimensions raisonnables : Hannah Arendt, une introduction (chez Agora-Pocket). Sans aller jusqu'à prétendre qu'il doit tout à ce livre -car sinon son cours eut été meilleur- il faut reconnaitre sportivement qu'il a fourni cette référence à la fin de presque toutes ses conférences cours sur Arendt.

Au programme de cette année, il y avait donc une introduction à Hans Jonas. Certes à prendre avec précautions comme tout le reste, mais en l'absence d'un Une vie une oeuvre ou d'une série des Chemins de la connaissance (les vrais, pas ceux de maintenant) la présentation générale d'Onfray vaut celle des revues pour le grand public.  Et elle pourra éclairer ceux qui se lassent du commentaire récurrent qu'on entend chez Finkielkraut, qui commente Jonas en profondeur et dans le détail mais ne passe pas trop de temps à rappeler l'essentiel qui nous manque.

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Gunther Anders dans le lit d'Hannah et Onfray dans le placard avec son Brownie flash - le Jeu 21 Aoû 2014 - 10:18

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Aujourd'hui commence la série de cours sur Gunther Anders : sans surprise nous avons un Onfray plus pipolisant que jamais, qui passera le plus clair de son cours à explorer les accidents de carrière et la correspondance amoureuse de l'auteur dont il prétend analyser la pensée. Faire passer pour de la méthode cette focalisation intense sur les anecdotes de la biographie, c'est le choix d'Onfray. Ca fait de ses conférences un hybride entre "Philo-magazine" et "Voici". L'originalité n'est une qualité que si elle s'accompagne d'un minimum de pertinence.

Pour autant, de façon générale il reste conseillé de ne pas gober les vantardises de Michel Onfray quand il attaque son sujet par "sauf moi personne ne dit que" ou "on (comprendre : les autres) n'en parle jamais" et son fameux  "Il n'existe rien sur / Il n'existe pas d'histoire de ...". Outre qu'elles n'apportent aucun savoir sur la question, dans la plupart des cas, ce genre d'assertion révèle plutôt l'ignorance du conférencier. Car les livres inexistants et les essais jamais écrits, en fait sont déjà bien connus : ainsi la critique de la psychanalyse n'a pas attendu Onfray, non plus la critique du situationnisme ni celle du structuralisme. Il en va de même de ses bourdes sur la non-violence : il n'y aurait à l'en croire pas d'étude de la non-violence, pas d'histoire, pas de synthèse. On attend la bourde majeure qu'il va certainement nous sortir un de ces quatre "Il faudra faire un jour le procès de la technique". Je veux bien faire un Loto je parie que ça tombe avant 2019.

Anattendant 2019, nous voici cette année chez Gunther Anders. L'introduction a toutes les chances d'être médiocre, mais quand on connait les tours et les manies d'Onfray, on peut se payer le luxe d'une écoute en second plan tout en se livrant à une autre tâche. Ses leçons de philo ne méritent pas plus d'attention, mais pour les ignares en philo comme moi, elles méritent tout de même celle-là. Et peut-être qu'après ça on écoute Finkielkraut avec davantage de patience.

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Jeu 21 Aoû 2014 - 13:13

@Nessie a écrit:Aussi sympathique soit-il par son mélange d'énergie et de sincérité, quand bien même cette dernière confine à la naïveté, le problème avec Michel Onfray c'est qu'il ne digère pas la contradiction. Je veux dire : pas celle qui fleurit dans la polémique, mais la vraie contradiction, essentielle et fondamentale. Celle qu'on trouve au fond des choses, de la vie, de la société et de l'histoire.

Je pense que c'est l'élément essentiel de son succès.  Ce qu'il apprend à son public, c'est à se ménager des pensées bien confortables.

A l'inverse de lui, un Finkielkraut et un Plenel sont anxiogènes. Pour un auditeur de Finkielkraut qui prend tout pour argent comptant, le monde est en train de s'avachir, la beauté est partout en voie d'être remplacée par le grotesque.  
Le fidèle de Plenel n'est pas plus à l'aise. Il a beau avoir parrainé un sans-papier, souscrit son abonnement Mediapart et relayé sur les medias sociaux des slogans sur la forfaiture de Sarkozy, le ton sur lequel Edwy Plenel lui parle lui fait sentir qu'il n'en fait jamais assez, et qu'il restera toujours vaguement coupable de la stigmatisation des exclus.

Chez Onfray, rien n'est jamais difficile à penser, rien n'est jamais désagréable.
Si quelqu'un est intimidé par les textes de Heidegger, et songe à l'effort et la patience qu'il lui faudrait pour en déchiffrer ne serait-ce que quelques lignes, il est sauvé. Ce que nous apprend Onfray, c'est que pour peu qu'on n'ait jamais été encarté au parti national socialiste, on est moralement et intellectuellement supérieur à Heidegger. Il ne faut pas trop se creuser la tête à essayer de comprendre ce qu'il raconte, puisqu'il est d'emblée disqualifié.
De même si on lit dans Freud des choses qu'on trouve désagréables, il ne faut pas y prêter plus d'attention.
D'une manière générale il ne faut pas se prendre la tête, c'est peut-être la dimension essentielle de sa version de l'hédonisme.

Je crois que c'est comme ça qu'Onfray envisage l'éducation populaire. Ce n'est pas l'accès à un savoir, c'est la transmission d'un méthode (ou peut-être une attitude) pour n'être intimidé par aucune forme de savoir.

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l'heuristique de la transparence - le Sam 30 Aoû 2014 - 8:20

Il y a une chose que l'on doit lui reconnaître, c'est qu'il ne se ménage pas, et loin s'en faut, pour nous transmettre sa contre philosophie, quelles que soient, par ailleurs, les critiques que l'on puissent effectivement faire sur le contenu proprement dit des auteurs cités. Une chose importe, me semble-t-il, c'est la motivation première d'Onfray par rapport à son travail : a-t-il à voir avec la "connaissance" ou est-ce sournoisement pour donner tord à la religion, à l'ordre établi, etc. ? Il n'y a pas si longtemps, j'étais persuadé qu'il ne cherchait qu'à donner tord aux religions, à la philo transcendantale et à tous les dominants de la terre, lui le fils d'un dominé. Aujourd'hui, à l'écoute attentive de ces conférences d'été sur FC, je suis beaucoup plus nuancé. Ce qui le motive c'est, j'en suis maintenant persuadé, la connaissance avec tous les risques que cela suppose, d'erreurs (l'âme matérielle), d'incompréhension (contresens concernant la raison pratique de Kant), etc. Qu'importe, il me donne à penser, nourri ma réflexion et m'ouvre de larges horizons philosophiques, d'auteurs qui m'étaient, à ce jour, totalement inconnus et dont la valeur heuristique ne peut être dédaignée. Merci, M. Onfray pour votre travail et votre engagement au sein de votre université populaire.

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 2 Sep 2014 - 14:33

Vous avez raison : Onfray propose un travail d'intellectuel contemporain, et d'essayiste. C'est tout à son honneur.

Mais je ne suis pas certain que ce soit ce dont on ait vraiment besoin sur l'antenne de France Culture. Surtout qu'en la matière, son résultat n'est pas fameux. Je reste persuadé qu'on a davantage besoin de professeurs que de penseurs. Surtout quand on voit celui-la se trainer à un aussi piètre niveau.

Cela dit, ses 6 conférences sur Gunther Anders ont pu faire découvrir un auteur. Caricatural dans sa pensée, certes, et comme Onfray ajoute sa couche de caricature, eh bien en écoutant plus ou moins assidûment les 6 cours tout en épluchant des légumes ou en attendant bobonne à la sortie de l'usine, le français moyen peut réfléchir quand bien même en passant il se fait traiter de veau. Tandis que l'auditeur aguerri, rompu à la lecture des essayistes de la pensée radicale, y découvre une nouvelle caricature d'intellectuel de son temps. Oui j'ai appris quelque chose cette année grâce à Michel Onfray : j'ai appris qui est Gunther Anders qu'on peut classer parmi les faussaires de la pensée, comme un précurseur de Baudrillard, de Debord, de Virilio. C'est pas glorieux mais enfin la culture c'est ça aussi hein.

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Le retour - le Lun 27 Juil 2015 - 10:14

Et c'est reparti pour une saison de la Contre-histoire de la philosophie : ce sera la dernière. Les années prochaines si l'Université populaire de Caen parvient à tenir le coup (car elle est budgétairement dans une passe difficile), Onfray fera autre chose, peut-être un cours de claquettes ?

Alors cette première leçon n'est pas du tout inintéressante, même si c'est pour une mauvaise raison : elle est presque entièrement construite sur la pensée d'un autre : Jean Pierre Le Goff. Et plus précisément sur un article publié en 2003 auquel il ajoute quelques vacheries plus ou moins bien envoyées mais aussi quelques bourdes de son cru. Mais peu importe : en une petite heure le cours délivre un viatique sur le gauchisme institué en tant que virus mental (l'expression n'y est pas c'est mon activisme de fâchiste qui l'ajoute), sur la dérive sociale et politique qui en découle, non sans oublier les armes de la polémique par exemple la pratique systématique de l'intimidation intellectuelle et morale. Choses qui méritent d'entrer dans le système de représentation usuel de notre époque.

On peut donc suggérer (même mollement) l'écoute de  cette première leçon. Avertissons sportivement ceux qui ne tolèrent pas Onfray : ils pourraient le trouver totalement supportable pendant la presque totalité de cette heure de cours. A défaut, la référence du texte de Le Goff est donnée dans les dernières minutes.

_________________
A l'intention de ceux qui prennent mon pseudonyme pour un bouclier : mon identité n'est ni affichée ni dissimulée.
Pour la trouver il suffit de suivre le fil de mon profil.

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hugh Onfray - le Lun 27 Juil 2015 - 12:26

Nessie vous avez bien du mal à dire du bien du père Michel et pour les leçons de claquettes vous avez le bonjour de Fred.
Parler des bourdes de son cru sans même pas en relever une cela ressemble à coller une étiquette bien fait vite fait, Bourdieu d'Bourdieu.
Quant à ceux qui ont des relents d'intolérence qu'ils aillent au bordel cela est parfois salutaire.
L'antivirus mental est à mettre au jour, est à mettre à jour même si Mélenchon ne dit pas que des conneries.

Hugh, toi fumer calumet de la paix ou toi déterrer la hache de guerre ?

Le Populaire vous tienne en joie


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« Ah ! pour être de gauche on n'en est pas moins homme » - le Mar 28 Juil 2015 - 12:04

M. Onfray aime à se flatter lui-même : « (…) deux ans après mai 68 Michel Foucault entre au Collège de France c'est quand même pas euh c'est quand même pas un haut lieu de la subversion euh encore que ce soit le haut lieu institutionnel de la subversion et de la subversion subventionnée euh de de gens qui euh de Barthes à Bouveresse aujourd'hui en passant par par Bourdieu euh ont consenti [sic] tout de même à des lieux comme ceux-là [?] pour faire la critique des institutions on peut choisir d'autres lieux que l'institution pour faire la critique de l'institution on n'en est que plus crédible mais bon… »  
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/07/s31/RF_72AF8431-BC79-4015-A973-7684EF33C8AD_GENE.MP3" debut="37:17" fin="37:46"]
Je crois, sans trop d'erreur, que les deux occurrences du pronom indéfini (« on ») s'appliquent (notamment) à M. Onfray en personne, ou, plus précisément, que sous les deux occurrences du pronom indéfini (« on ») M. Onfray se désigne lui-même. M. Onfray ne considère-t-il pas France (in)Culture comme une institution ? Que rapporte à M. Onfray la radiodiffusion estivale de sa « Contre-histoire de la philosophie » ? (Que coûte à la collectivité nationale la radiodiffusion de ce petit cours fort prétentieux ?)
P.-S. : Le (grand) Vladimir Jankélévitch est appelé dans la présentation générale : « Kankélévitch ».
http://www.franceculture.fr/emission-contre-histoire-de-la-philosophie-la-resistance-au-nihilisme-le-cheval-de-vincennes-2015-07

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« Moi m'aime » - le Lun 3 Aoû 2015 - 11:46

« On » ne brise pas sans peine le cercle narcissique : « (…) et je dois dire que euh en 1990 ce texte [Du droit à la philosophie de Derrida] m'avait beaucoupeuh interpeller et queuh quant'la quand je crée l'université populaire euh Derrid(i)a n'y est pas pour peu et d'ailleurs j'aurai [?] eu l'occasion de le lui dire euh une fois il était fatigué [!]... i... i m'avait dit qu'il avait consacré beaucoup d'temps beaucoup trop d'temps à cette histoire du collège à cette histoire de l'enseignement de la philosophie qu'il ne revenait plus là-dessus qu'il n'avait plus du tout l'intention d'en parler mais qu'il estimait que c'que nous faisions mes amis et moi à l'université populaire était uneuh une belle chose (…). »  
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s31/WL-ITE_00074816_RSCE-10.mp3" debut="37:28 fin="38:03"]
« Magister dixit. »
http://www.franceculture.fr/emission-contre-histoire-de-la-philosophie-la-resistance-au-nihilisme-vies-et-survies-de-la-philosop

marsel missel 

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on f'rait quoi sans culture ? - le Mer 5 Aoû 2015 - 13:28

on a écouté ce mercredi d’août Missel Onfray
C'était Kankelevitch, le J est si près du K en azertie.
On a aimé cette présentation du grand philosophe si loin du presque vide si proche du presque plein.
L'ironie est une noblesse même.
on ne s'est pas trompé dans les dates
Un homme qui traduit le grec en latin...

PS : ouf Bourdieu est dans le dico, on ne pleurera plus.

vivement demain, la suite.

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Onfray pas mieux de tourner sept fois sa langue dans sa bouche ? - le Mer 5 Aoû 2015 - 16:04

marsel missel a écrit:on a écouté ce mercredi d’août Missel Onfray
C'était Kankelevitch, le J est si près du K en azertie.
On a aimé cette présentation du grand philosophe si loin du presque vide si proche du presque plein.
L'ironie est une noblesse même.
on ne s'est pas trompé dans les dates
Un homme qui traduit le grec en latin...
PS : ouf Bourdieu est dans le dico, on ne pleurera plus.
vivement demain, la suite.
Souffrez toutefois que ne soit pas tout à fait partagé le sentiment de contentement que vous inspire cette (première) émission. Distinguant le « sujet » (éminent) de la conférence et la manière dont ce même sujet fut traité par le conférencier, je me permets d'opposer les quelques objections suivantes. M. Onfray tient tout d'abord Vladimir Jankélévitch pour un « exilé euh [un] Russe exilé ».
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="02:00" fin="02:08"]
D'aucuns jugeront quelque peu exagéré cet emploi (tout à la fois substantif et adjectif) d'« exilé ». Jankélévitch naquit en France, vécut en France,  il illustra la pensée et la langue françaises ; il se regardait justement comme un Français. Tout de même, en considérant Jankélévitch comme un « philosophe maudit » M. Onfray abuse du langage.
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="01:54" fin="02:03"]
En formant ce groupe nominal, M. Onfray vise simplement à se faire valoir ; ce disant, il veut faire  accroire qu'il dévoile une figure inconnue, qu'il révèle un grand penseur méprisé et qu'il tire de l'oubli des écrits que personne ne lirait... Il use depuis au moins quinze ans de ce procédé digne d'un marchand de foire. Vladimir Jankélévitch n'est pas tout à fait méconnu (litote). Ses livres sont (encore) publiés (dans des formats de « poche »), son œuvre fait l'objet de colloques universitaires (à l'E.N.S. en décembre de 2005 s'était par exemple tenu un colloque international intitulé : « Vladimir Jankélévitch : actuel, inactuel ») et la chaîne radiophonique sur laquelle porte ce forum-ci honore souvent la mémoire de ce grand philosophe (normalien, agrégé, docteur, professeur à la Sorbonne (autant de titres qui ordinairement répugnent à M. Onfray)).
Pour le reste, voici un petit recueil de quelques-unes des erreurs et approximations que contenait la conférence diffusée ce matin. « (…) il [V. J.] utilise euh dans un beau livre d'entretiens avec Béatrice Berlowitz Quelque part dans l'inachevé c'est d'ailleurs un... c'est un.. vers de de Rilke (...). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="09:29" fin="09:39"]
Ce titre ne consiste pas en un vers, il n'est pas même tiré d'un poème ; il provient d'une phrase (en prose) des Cahiers de Malte Laurids Brigge (Die Aufzeichnungen des Malte Laurids Brigge) : « (…) sondern tiefer, irgendwo ganz ins Unfertige hinein (…). »
« (…) il [V. J.] raconte dans une lettre à Beauduc du 26 décembreuh 1928 sa première rencontre avec Bergson (…). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="25:35" fin="25:44"]
« 1928 » supplante 1923 (cf. Une vie en toutes lettres, p. 81).
« (…) il [V. J.] apprend à parler le tchèque qui n'est pas une langue facine... facile (…). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="28:08" fin="28:15"]
Les parents russes de Jankélévitch se parlaient en russe l'un à l'autre (devant leurs enfants notamment) et Jankélévitch étudia le russe à l'Ecole des langues orientales. Le russe et le tchèque ressortissant tous deux aux langues slaves, il me semble que Jankélévitch était mieux armé qu'un M. Onfray pour apprendre le tchèque... De façon générale, M. Onfray, dans sa première conférence, néglige tout à fait l'influence déterminante qu'exercèrent sur Jankélévitch des écrivains russes tels que Tolstoï et Andreïev ainsi que des philosophes russes tels que Chestov, Soloviev (et Berdiaev) ; Jankélévitch, dans ses traités, se fonde souvent sur la langue russe pour exprimer (notamment) une nuance.  
« (…) les doctrines politiques françaises des rétrogrades c'est un mot qu'il utilise lui mais euh que personne d'autre n'utilise on parle plutôt des contre-révolutionnaires (…). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="28:25" fin="28:36"]
Cette remarque complètement fausse trahit une fois encore l'arrogante ignorance de M. Onfray. Au cours des deux siècles qui précédèrent le nôtre on parlait couramment d' « école rétrograde ».
« (…) il [V. J.] raconte tout ça à son ami [Louis Beauduc] dans l'détail et il dit : ''Retiens bien ça, pour ton divorce à toi.'' Alors queuh Beauduc ne divorcera euh jamais (…). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/08/s32/RF_7B065D54-E387-4FBF-AD1D-3EA6B80FC195_GENE.MP3" debut="41:37" fin="41:48"]
Louis Beauduc divorcera bien en 1949 (Une vie en toutes lettres, p. 322 (note 1)).
« (…) il [V. J.] est donc juif et fils de juifs euh non naturalisés [sic] lui-même a été naturalisé à l'âge de un an et il tombe évidemment sous le coup des lois anti-juives et il est révoqué de l'Education nationale comme il est ancien combattant il est dispensé un temps des effets de de cette loi mais il s'ra définitivement révoqué euh en 1940 (...). »
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Cette explication manque à tout le moins de clarté. En juillet de 1940, Jankélévitch fut révoqué car il n'était pas Français « à titre originaire ». Comme il venait de se battre pour la France, cette première révocation fut... révoquée. En décembre de 1940, en vertu du « statut des juifs » promulgué deux mois plus tôt, Jankélévitch fut de nouveau révoqué (entre septembre 1940 et février 1941 on disait « secrétariat d'Etat à l'Instruction publique et à la Jeunesse »).    
« Ileuh [V. J.] donne des cours privés de français de latin d'orthographe et de grec dans un... dans une de ses lettres il dit : ''beh j'peux donner des cours d'orthographe parce que bien que bien que métis et bien que relevant du métissage j'ai une bonne orthographe'' (…). »
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Quel beau lapsus ! et avec quelle désinvolture est pratiqué le discours rapporté au style direct : sont ici substitués à « métèque » les termes « métis » et « métissage » (« Je vends le tout – français, grec, latin et même l'orthographe, que j'ai assez bonne pour un métèque » (lettre à L. Beauduc du 20 décembre 1940 in Une vie en toutes lettres, p. 265)). En outre, relatant la vie de V. J. sous l'Occupation, M. Onfray passa évidemment sous silence la protection que des religieux catholiques, à Toulouse, accordèrent à Jankélévitch et à sa famille.  
« (…) il [V. J.] rentre à Paris et il découvre que son appartement quai aux Fleurs a été aussi dévasté c'est-à-dire queuh il a tout perdu les livres les partitions les euh les notes les notes des livres en cours ou les notes des livres euh des livres passés (…). »
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Il ne semble pas que ce petit appartement ait été saccagé sous l'Occupation (durant une partie de la même sombre période, M. Merleau-Ponty résida dans cet appartement (avec une grande indélicatesse apparemment)). Dans une lettre à L. Beauduc du 30 décembre 1941, Jankélévitch fait savoir à son ami que l'appartement de ses parents (53 rue de Rennes) vient d'être pillé : « toute [sa] bibliothèque musicale et la plupart de [ses] livres », transportés par ses parents chez eux, ont été volés à cette occasion.
« (…) il [V. J.] termine enfin son son Traité des vertus qui fait mille cinq cents pages (…) » (cf. 31'45).
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En réalité, l'ouvrage (publié en 1949 par Bordas) compte à peu près deux fois moins de pages (huit cents).
Je crains fort que Vladimir Jankélévitch ne serve de simple prétexte à la mesquine entreprise de M. Onfray.
http://www.franceculture.fr/emission-contre-histoire-de-la-philosophie-la-resistance-au-nihilisme-la-premiere-vie-de-jankelevitc

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