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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales    Page 3 sur 21

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Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 01 Sep 2009, 16:59

Rappel du premier message :

Michel Onfray, qu’as-tu fait de ta promesse ?

2009 : Septième année de diffusion estivale des conférences de l’Université Populaire de Caen de Michel Onfray. Je me souviens comme si c’était hier de la promesse du philosophe médiatique de nous faire connaître à l’occasion d’une « contre-histoire de la philosophie » une « autre philosophie », la philosophie hédoniste, la seule, la vraie, restée dans l’ombre au cours des siècles car persécutée par la philosophie officielle, et qui ne cesse de ressurgir sous différentes formes. La philosophie officielle, celle qui nous égare, c’est la philosophie spiritualiste, qui au cours de l’histoire allait toujours main dans la main avec le christianisme qui avait pris le pouvoir, philosophie qui avait Platon pour fondateur dont les conceptions collaient comme un gant à la religion chrétienne.

J’ai fini par comprendre que cette promesse décoiffante d’une « contre-histoire de la philosophie » ne serait pas tenue. De philosophie hédoniste, il n’y en a guère. Épicure, à la rigueur, mais Épicure est-il un grand philosophe, j’en doute.

Pour le XVIe siècle, il y a eu Montaigne. On ne pourra pas dire que Montaigne soit un penseur « clandestin », ignoré des académies et des universités .

Pour le XVIIe siècle les philosophes qui entraient dans sa catégorie, qualifiés de « libertins », dans l’ensemble peu préoccupés d’hédonisme n’étaient de petits maîtres qui méritent tout juste le détour, la Mothe le Vayer, précepteur de Louis XIV, Gassendi, un savant et un ecclésiastique qui a mis l’épicurisme au goût du jour et qui d’autre ? J’ai oublié. On était heureux d’en savoir plus sur Cyrano Bergerac et ses voyages dans la lune, mais cette galerie de portraits ne convainquait pas que la philosophie de ces « libertins » pouvait faire le poids face à Pascal, Descartes, Malebranche et Leibniz. En outre, Michel Onfray a tant bien que mal essayé d’enrôler Spinoza sous sa bannière, là c’était un plantage total qui a suscité des protestations. C’était un contre-sens, une récupération abusive et on voyait bien que son approche de l’œuvre de Spinoza était superficielle et insuffisamment informée.

Avec le XVIIIe siècle, nouvelle déception. J’attendais que l’éclosion d’un hédonisme qui s’assumât eut enfin lieu . Le XVIIIe siècle n’a-t-il pas plus que tout autre célébré le plaisir, dans le théâtre, le roman, la peinture, la musique, même. Curieusement, le thème de l’hédonisme a été abandonné, c’est l’apparition d’une philosophie d'un matérialisme encore mal affirmé qui a été présentée, avec des avancées du côté de l’utilitarisme : La Mettrie, Helvétius, Maupertuis . Les écrits du Marquis Donatien de Sade auraient dû permettre de poser la problématique d’un hédonisme radical, le plaisir comme but ultime, mon plaisir avant tout, mon plaisir à tout prix, mon plaisir au prix de la souffrance et du malheur de l’autre. Malheureusement, le prisonnier de Charenton n’a eu droit à un traitement expéditif : « Sade, c’est du nazisme avant l’heure » . J’aurais aimé faire remarquer à Michel Onfray que les cent-vingt journées de Sodome sont une fiction et une apologie autant qu'une critique de la débauche.

L’inspiration de Michel Onfray était meilleure quand il a traité par le menu le cas de l’abbé Jean Meslier, mettant l’accent sur ce fait étonnant que le premier athée déclaré était un obscur ecclésiastique, dont l’œuvre était totalement clandestine.

Pour le XIXe siècle, le thème finalement peu productif de l’hédonisme philosophique a été carrément abandonné au profit de l’eudémonisme, le bonheur prenant la place du plaisir. C’est un changement de programme, philosophie du bonheur et philosophie du plaisir, ce sont des orientations très différentes. Le bonheur est beaucoup moins lié au matérialisme que l'hédonisme. Cet abandon du thème de l’hédonisme me montrait une fois de plus que le projet de centrer une « contre-histoire de la philosophie » sur l’hédonisme était une impasse.

C’est cependant sans déplaisir que j’ai écouté une présentation de l’utilitarisme de Jeremy Bentham, si important pour l'ensemble du monde anglo-saxon, les idées extravagantes de Charles Fourier, traitées sur le ton de la franche rigolade et la vie aventureuse de Bakounine.

Je n’ai pas pu écouter les conférences de 2008.

En 2009, une nouvelle fois, mon attente était grande. Enfin, il serait question de Nietzsche, l’idole de Michel Onfray.

Michel Onfray a consacré plusieurs séances à un philosophe très peu connu, certainement très intéressant et plus que talentueux, le français Jean-Marie Guyau , atteint de tuberculose, auteur de « l’esquisse d’une morale sans obligation ni sanction », qui a développé une philosophie existentielle qui répond à la maladie et peut être considéré comme un précurseur de Nietzsche. Le conférencier aurait pu éviter de consacrer une séance entière pour stigmatiser le conformisme politique de cet auteur, selon lui coupable d’être moralement conservateur, chauvin, colonialiste, réactionnaire, antisémite, militariste, attaché à la terre, à la famille nonobstant républicain.

Ensuite, on est passé à Nietzsche, j’attendais Michel Onfray au tournant. Comment lui homme de gauche très à cheval sur la correction politique pourrait-il défendre un philosophe dont la réputation de penseur sulfureux n’est pas du tout usurpée, un philosophe qui consacre tant et tant de pages à de virulentes attaques contre la classe ouvrière, qualifiée par lui de « plèbe au sang vicié » ? Le point fort de cette série était la présentation du philosophe malade à la recherche de la « grande santé », une manière de vivre avec la maladie et d’en tirer un avantage existentiel beaucoup important que la bonne santé de l'homme moyen . Oui mais pourquoi tout au cours de son oeuvre Nietzsche n’a-t-il que mépris pour les malades, pourquoi est-ce une injure sous sa plume dont il accable, entre autres, les religieux? La plupart de ses interventions de cette série n’étaient qu’un plaidoyer assez laborieux qui cherchait à nous présenter un Nietzsche largement calomnié, c’est certainement vrai, mais un Nietzsche vu sous l’angle politique, contestataire gauchiste qui pourrait prendre sa carte au parti d’Olivier Besancenot, un Nietzsche réduit à la haine de son pays, de la bonne société bourgeoise et de la religion, un Nietzsche devenu salonsfähig en quelque sorte. Les mânes de Nietzsche n’en demandent pas tant. La présentation de la dissension avec Wagner était particulièrement plate et même fallacieuse, Michel Onfray y projetait de toute évidence ses propres détestations, alors que cet épisode avait été présenté de manière lumineuse et fort inspirée par le philosophe Philippe Lacoue Labarthe dans une série du matin des musiciens. Finalement, une grande déception.

Mon exemplaire des œuvres presque complètes de Nietzsche est resté sur les bords de la rivière Tshuapa, confisqué par un séminariste. Quand j’aurai récupéré ce livre, je confronterai le Nietzsche salonsfähig de Michel Onfray au Nietzsche que j’ai cru découvrir quand je lisais ces écrits qui avaient le don de me faire dresser sur la tête les quelques cheveux qui me restent à chaque page.

Bien loin des platitudes politicardes de Michel Onfray, j’ai connaissance d’un magnifique commentaire sur Nietzsche, il est contenu dans une série d’émissions de René Girard. Le jour où je retrouverai la cassette, je vous en dirai plus.

Dans sa dernière séance, Michel Onfray a annoncé une nouvelle série sur le nietzschéisme chez les philosophes contemporains. Une nouvelle fois, j’en attendrai beaucoup, peut-être enfin ne serai-je pas déçu.

Henry
* * *

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le crépuscule d'un conférencier - le Ven 19 Aoû 2011, 18:53



Michel Onfray, ça devient inécoutable. Sa dernière série sur le freudo-marxisme tombe tellement bas qu'elle ne mériterait même pas d'être diffusée. Il se répète indéfiniment, il recycle sa série de l'an passé dans laquelle il dit tout le bien qu'il pense de Sigmund Freud, ses pompes et ses oeuvres et il ressasse indéfiniment « la horde primitive, le banquet cannibale, le meurtre du père », c'est saoûlant, et aussi l'attitude pas très sociale de Freud à l'égard des patients pauvres et aussi l'idée que le psychanalyste peut très bien roupiller pendant une séance qu'il fait payer l'équivalent de 450 euros par séance mais tout ça, on finira par le savoir, c'est du rabâchage à n'en plus finir, on n'en peut plus.

Son approche est terre à terre et comme à son habitude, il politise tout à tout bout de champ et à outrance, c'est une perpétuelle remise de bons et de mauvais points selon les opinions affichées. Les bons c'est la gauche, les mauvais c'est ceux qui ne sont pas de gauche, au premier rang desquels Freud, sa tête de turc, tout ça en faisant passer Nietzsche, celui ne craint pas de parler du peuple comme de la « plèbe au sang vicié » comme un penseur de gauche, ce qui ne résiste pas à une lecture impartiale.

Au moins, Otto Gross, le premier des freudo-marxistes abordés était un peu rigolo, ses idées sur le paradis perdu qu'était le matriarchat, je les ai trouvées amusantes tant elles sont naïves. Michel Onfray, qui ne doit quand même pas être totalement dupe, ne prend pas de recul en relatant de pareilles inepties, il laisse à ses auditeurs le soin de le faire. Otto Gross, pas très fort en anthropologie, a fabriqué une théorie dans laquelle il mélange allègrement une soit disant apparition du patriarchat avec la révolution néolithique et ça donne une étrange construction anthropologique.

Wilhelm Reich avait en mai 1968 et dans les années qui ont suivi une certaine aura. La fonction de l'orgasme était dans les bibliothèques, il y a peut-être eu quelques personnes qui en ont lu quelques pages. Ou bien le portrait que Michel Onfray en trace est juste ou bien il est faux. J'espère qu'il est faux car la vision donnée par le conférencier fait apparaître son oeuvre davantage comme la production d'un sexologue dans quelque magazine grand tirage qu'à de la philosophie. Si c'est ça, la grande belle philosophie hédoniste annoncée depuis le début des conférences! J'ai compris qu'une activité sexuelle satisfaisante était ce qu'il y avait de meilleur pour l'épanouissement psychique. Merci, Docteur, j'en tiendrai compte mais si je ne trouve pas tous les nombreux partenaires aux corps de rêve que je voudrais, et si je n'y arrive pas... Si la satisfaction sexuelle illimitée est le souverain bien, ce qu'il faut, c'est être un satrape oriental et avoir un harem à sa disposition.

Ensuite arrive Saint Erich le pieux, Saint Erich Fromm. Saint Erich Fromm, priez pour nous! Saint Erich Fromm qui accepte de soigner les pauvres, Saint Erich Fromm qui accepte de copiner un peu avec ses patients etc. Mais l'exposé devient tellement préchi-précha que je n'écoute presque plus.

Michel Onfray est moins ennuyeux quand il répond aux questions des auditeurs. Il s'en prend à la « pédophilie » de Daniel Cohn Bendit, mais si je garde un souvenir exact de ce que Daniel Cohn Bendit avait écrit, et si on en croit ce qu'il en dit, le petit échange qu'il avait eu avec un enfant dans l'école où il était éducateur ne constitue en aucun cas un acte de pédophilie. Il s'en prend aussi à Gabriel Matzneff, qui n'a pas caché ses relations avec les "moins de seize ans" (à partir de quinze ans, c'est légal). Il refuse tout relativisme culturel, c'est une position.

Il dit que s'il avait le temps il écrirait quelque chose sur l'écologie, le pour et le contre, ce qu'il en a dit était plutôt banal.

Encore une fois, la grande, la belle philosophie hédoniste annoncée il y a neuf ans n'est pas arrivée, je doute qu'on la voie jamais. Mais des exposés sur les nietzschéens de notre temps annoncés pour une prochaine série pourraient être intéressants.

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Michel Onfray - le Jeu 25 Aoû 2011, 21:37

Bonjour,Monsieur le Médiateur,

Voila plusieurs années qu'en tant qu'auditrice, je "subis" Michel Onfrey
Et particulièrement ces 2 dernières années, où ce Monsieur se livre a une "approximation" sur la psychanalyse et sa pratique. Je ne souhaite pas rentrer dans une discussion savante: je me demande simplement ce que peut penser une personne suivant actuellement une thérapie psychanalytique, en entendant cet homme dire que la psychanalyse ne sert a rien, sinon a "engraisser" des charlatans, qu'elle ne "guérit" jamais....
Je trouve incroyable de la part de France culture ce manque de "responsabilité" par rapport a des personnes en souffrance
et je trouve incroyable qu'il n'y ait pas une émission parallèle, réalisée par des analystes,sorte de droit de réponse à ces assertions parfois plus qu'étranges( je resterai soft)

voila, j'ai eu beaucoup de patience mais demain il va "régler son compte" a J.Lacan.....(dixit); comment peut-on, et au nom de quoi? laisser dire de telles choses dans une radio dite culturelle??
j'avoue être très déçue et également "en colère"; et je ne suis surement pas la seule

Merci beaucoup , Monsieur le Médiateur, de votre réponse
et veuillez recevoir, mes salutations distinguées

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Jeu 25 Aoû 2011, 21:42

Madame,

Ceci n'est pas le site du médiateur de Radio France mais un forum libre d'auditeurs de France Culture, n'ayant aucun lien avec la radio. Pour obtenir une réponse du médiateur, je vous conseille de poster ce message sur son site.

Du reste, je suis entièrement d'accord avec vous sur la place accordée à Michel Onfray sur France Culture.

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Lun 05 Sep 2011, 14:50

Madame,
Lorsque je tombe dessus, j'écoute les Conférences de Michel Onfray, notamment celle qui a concerné J Lacan.
Je ne pourrais pas me mesurer à certains auteurs de messages que je lis sur ce forum, dont je n'ai visiblement pas le niveau de culture, d'instruction, et peut-être même de capacité de réflexion.Il ne s'agit pas là pour moi d'auto flagellation, c'est juste comme ça, et j'ai envie de le dire.
Je fais partie de ces gens qui ont jugé bon de voir un psy, et pour l'instant, je continue, ce qui ne m'empêche absolument pas de porter un regard critique sur cette pratique en général, et sur la mienne en particulier.C'est même quelque chose dont je me félicite.Il me semble que c'est le signe que je ne tombe pas dans une sujétion totale, qui serait de l'ordre de l'embrigadement.
Cela ne remet pas en cause ma pratique actuelle.
Je supporte très bien d'entendre critiquer Lacan ou Freud (en l'occurence, je ne suis pas en train de juger de la qualité de la critique), et pour ce qui me concerne, je trouve même cela plutôt salutaire.

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Lun 05 Sep 2011, 15:30

Cela me démange depuis un certain temps de parler de Michel Onfray et je vais en dire deux mots peut-être un peu trop sur le coup de l'émotion, n'ayant pas le temps d'élaborer une réponse plus construite.
l'an dernier, j'avis eu un échange très intéressant avec Henry Faÿ sur Nietzche concernant les propos de ce dernier sur le peuple.Onfray est quelquefois peu objectif et approximatif.
je suis tombée cet été sur ses conférences à partir de Reich jusqu'à la fin d'août.(Lacan)
Eh bien, j'ai exulté. Même si ce n'est pas toujours précis, s'il est moralisateur, cela fait du bien de jeter un coup de pied dans la fourmi!lière des adorateurs de Freud et de Lacan. Personne ne les empêche de répondre; Et du reste , Onfray n'est pas du tout contre la psychanalyse, il est contre les dogmes des gourous et contre le fric manipulé.
Moi aussi, je sais de quoi il retourne et cela me dégoute de voir la psychanalyse dévolue aux riches seulement.
Enfin, je connais très bien une personne, qui est très loin d'être une imbécile, et qui l'a eu comme professeur pendant ses études de philo et l'a apprécié

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 13 Sep 2011, 02:17

fc nous a donc infligé un droit de réponse, une contre-attaque serait plus juste, avec l'anniversaire (?) de Lacan, on en a bouffé une semaine entière, pas plus ragoutante que la ritournelle du gentil & heureux professeur ( affraid )

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 13 Sep 2011, 02:21

résultat des courses : je ne peux plus entendre le bon professeur Exclamation vs. je n'ai toujours rien compris à/ux Lacan/isme Question

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 13 Sep 2011, 14:14

Tant mieux, il y a trop de gens qui veulent nous faire avaler leurs opinions toutes faites, leurs certitudes!

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Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mer 14 Sep 2011, 21:43

J’ai retenu autour des émissions sur Jacques Lacan, la phrase très profonde d’un psychanalyste sur eux-mêmes : « Nous sommes tous des Jean-foutres » (Jean Allouch, ncc 2011.09.09). Voila une certitude qui m'a fait sourire.

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Ennui et bénéfice du doute - le Jeu 15 Sep 2011, 18:55

Certes, l'attaque d'Onfray de Freud (et plus tard... de Lacan) était salutaire (Y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui trinquent !)

Reste qu'en tant que penseur, il ne nous donne pas grand chose à nous mettre sous la dent.

La diffusion de ses conférences sur France Culture vire vite à l'ennui.

Il y a quelque chose de routinier chez lui... c'est un homme de recettes.
Sans doute a-t-il raté sa vocation de chef de cuisine.

***

On peut avoir du mal avec Onfray depuis son : "Les services secrets doivent s'occuper de Dieudonné".

C'était à l'occasion des élections européennes, alors que Dieudonné dirigeait une liste anti-sioniste.

Onfray serait-il un libertaire d'un nouveau type : du type... petit flic, mou des genoux, adepte de l'assassinat politique d'Etat ?

Depuis la cabale lancée contre lui à propos de son ouvrage sur Freud, je crois qu'Onfray a dû comprendre ce que Dieudonné a vécu en son temps.

Aujourd'hui il soutient Montebourg : il ne peut pas être totalement mauvais. Il y a sûrement quelque chose à sauver chez lui.

A suivre donc ... pour peu qu'on s'en donne la peine.

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Michel Onfray ne connaît pas bien la musique - le Dim 29 Juil 2012, 12:33



Michel Onfray nous revient, il aborde de nouveaux thèmes, ne croyez pas qu’il ait changé. Il s’intéresse à la philosophie, un peu, à la politique beaucoup. Une philosophie vue par le prisme de la politique, tel est le sujet des interventions de Michel Onfray.. Le thème de l’hédonisme a depuis longtemps été abandonné. À gauche toutes. Les philosophes de gauche, ou qui peuvent être récupérés par la gauche, il les encense, les philosophes de droite, il les stigmatise.

Michel Onfray, très en forme, a démarré cette années sur les chapeaux de roues, il a commenté un texte de Bergson ahurissant de chauvinisme, qui porte aux nues la philosophie française, philosophie du pays de la plus haute civilisation et qui démolit la philosophie allemande, philosophie du pays de la barbarie, selon lui tout ce qui pourrait être sauvé de la philosophie allemande vient de la France.

Michel Onfray parle de Politzer. Pour moi, c’est un vieux souvenir, un professeur de philo communiste nous en parlait, il était communiste, il avait été assassiné par les nazis au Mont-Valérien, il avait attaqué Bergson, il avait écrit un opuscule, le bergsonisme une imposture philosophique (en fait le bergsonisme une parade philosophique). Depuis cette époque lointaine, je n’avais plus guère entendu parler de ce philosophe encarté et martyr.

Michel Onfray rappelle cette période où les communistes pactisaient avec les nazis, c’était du temps du pacte germano-soviétique. Je savais mais j’étais loin de savoir tout et ce que j'ai appris m'a fait dresser les cheveux sur la tête. Je savais que les communistes avaient cherché à se faire une place dans le régime de Vichy, à faire reparaître l’Humanité et cela ne me choquait pas outre mesure. Ce que je ne savais pas, c’est que les communistes avaient à cette époque développé une rhétorique pro-hitlérienne, anti-démocratique (la démocratie, c’était la Grande Bretagne) et anti-juive. On n’en revient pas ! En outre, les communistes avaient prévu une brigade pour éliminer ceux qui, sait-on jamais, ne seraient pas d’accord avec cette ligne.

Michel Onfray indique que Guy Moquet a été exécuté en tant qu’otage et non en tant que résistant. À cette époque, les communistes ne pouvaient pas être qualifiés de résistants.

Est arrivée la séance des questions des auditeurs, et là, Michel Onfray a étalé son ignorance. Il a été interrogé par une allemande sur le mot Sturm qu’il avait employé. Et il a dit : ah oui, je me souviens, un professeur de musique, attendez, ça me revient... le Sturm und Drang, c’est dans la musique, c’est le romantisme dans le domaine musical. Et il s’est mis à déblatérer sur Wagner, Bruckner, Nietzsche blou, blou, blou et ensuite sur la réaction hyperintellectualiste opérée par l'école dodécaphonique et le sérialisme, sur les musiques dyonisiaques c’est bien mais pas trop, opposé aux musiques appoliniennes.

Mais Michel Onfray ne connaît pas le sujet et il se trompe. Sturm und Drang (« Tempête et passion/élan » en français) (le nom de ce mouvement vient de la pièce de théâtre éponyme de Klinger) n’est qu’une phase annonciatrice du romantisme qui a éclot entre 1760 et 1770, ce n’est pas encore vraiment le romantisme, il se caractérise par une écriture en mode mineur qui permet d'exprimer la passion ou la douleur en opposition aux symphonies ou concertos adoptant un mode majeur joyeux et solennel. Toutefois beaucoup d'œuvres de cette époque de Haydn ou Mozart présentent même en mode majeur « un goût marqué pour le clair-obscur, des sonorités feutrées, des effets étranges et imprévus ». Le Sturm und Drang ne fut qu’un moment passager, Mozart et Haydn s’en détournèrent.

Assimiler sans nuances Sturm und Drand et romantisme est une erreur. Les auteurs qui ont eu leur période Sturm und Drang, Mozart et Haydn principalement ne sont jamais considérés comme des romantiques, ils sont restés les plus éminents représentants de la tradition classique.

Le romantisme en musique, Beethoven, Schubert, Mendelsohn, Schumann, Brahms, Wagner, Berlioz, Chopin, Verdi, c’est tout à fait autre chose que le mouvement Sturm und Drang.

Michel Onfray, chroniques et émissions estivales     Page 3 sur 21

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