Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Aller à la page : Précédent  1 ... 5, 6, 7 ... 13 ... 21  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Michel Onfray, chroniques et émissions estivales    Page 6 sur 21

Bas de page ?   

1
Répondre en citant  
Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 01 Sep 2009, 16:59

Rappel du premier message :

Michel Onfray, qu’as-tu fait de ta promesse ?

2009 : Septième année de diffusion estivale des conférences de l’Université Populaire de Caen de Michel Onfray. Je me souviens comme si c’était hier de la promesse du philosophe médiatique de nous faire connaître à l’occasion d’une « contre-histoire de la philosophie » une « autre philosophie », la philosophie hédoniste, la seule, la vraie, restée dans l’ombre au cours des siècles car persécutée par la philosophie officielle, et qui ne cesse de ressurgir sous différentes formes. La philosophie officielle, celle qui nous égare, c’est la philosophie spiritualiste, qui au cours de l’histoire allait toujours main dans la main avec le christianisme qui avait pris le pouvoir, philosophie qui avait Platon pour fondateur dont les conceptions collaient comme un gant à la religion chrétienne.

J’ai fini par comprendre que cette promesse décoiffante d’une « contre-histoire de la philosophie » ne serait pas tenue. De philosophie hédoniste, il n’y en a guère. Épicure, à la rigueur, mais Épicure est-il un grand philosophe, j’en doute.

Pour le XVIe siècle, il y a eu Montaigne. On ne pourra pas dire que Montaigne soit un penseur « clandestin », ignoré des académies et des universités .

Pour le XVIIe siècle les philosophes qui entraient dans sa catégorie, qualifiés de « libertins », dans l’ensemble peu préoccupés d’hédonisme n’étaient de petits maîtres qui méritent tout juste le détour, la Mothe le Vayer, précepteur de Louis XIV, Gassendi, un savant et un ecclésiastique qui a mis l’épicurisme au goût du jour et qui d’autre ? J’ai oublié. On était heureux d’en savoir plus sur Cyrano Bergerac et ses voyages dans la lune, mais cette galerie de portraits ne convainquait pas que la philosophie de ces « libertins » pouvait faire le poids face à Pascal, Descartes, Malebranche et Leibniz. En outre, Michel Onfray a tant bien que mal essayé d’enrôler Spinoza sous sa bannière, là c’était un plantage total qui a suscité des protestations. C’était un contre-sens, une récupération abusive et on voyait bien que son approche de l’œuvre de Spinoza était superficielle et insuffisamment informée.

Avec le XVIIIe siècle, nouvelle déception. J’attendais que l’éclosion d’un hédonisme qui s’assumât eut enfin lieu . Le XVIIIe siècle n’a-t-il pas plus que tout autre célébré le plaisir, dans le théâtre, le roman, la peinture, la musique, même. Curieusement, le thème de l’hédonisme a été abandonné, c’est l’apparition d’une philosophie d'un matérialisme encore mal affirmé qui a été présentée, avec des avancées du côté de l’utilitarisme : La Mettrie, Helvétius, Maupertuis . Les écrits du Marquis Donatien de Sade auraient dû permettre de poser la problématique d’un hédonisme radical, le plaisir comme but ultime, mon plaisir avant tout, mon plaisir à tout prix, mon plaisir au prix de la souffrance et du malheur de l’autre. Malheureusement, le prisonnier de Charenton n’a eu droit à un traitement expéditif : « Sade, c’est du nazisme avant l’heure » . J’aurais aimé faire remarquer à Michel Onfray que les cent-vingt journées de Sodome sont une fiction et une apologie autant qu'une critique de la débauche.

L’inspiration de Michel Onfray était meilleure quand il a traité par le menu le cas de l’abbé Jean Meslier, mettant l’accent sur ce fait étonnant que le premier athée déclaré était un obscur ecclésiastique, dont l’œuvre était totalement clandestine.

Pour le XIXe siècle, le thème finalement peu productif de l’hédonisme philosophique a été carrément abandonné au profit de l’eudémonisme, le bonheur prenant la place du plaisir. C’est un changement de programme, philosophie du bonheur et philosophie du plaisir, ce sont des orientations très différentes. Le bonheur est beaucoup moins lié au matérialisme que l'hédonisme. Cet abandon du thème de l’hédonisme me montrait une fois de plus que le projet de centrer une « contre-histoire de la philosophie » sur l’hédonisme était une impasse.

C’est cependant sans déplaisir que j’ai écouté une présentation de l’utilitarisme de Jeremy Bentham, si important pour l'ensemble du monde anglo-saxon, les idées extravagantes de Charles Fourier, traitées sur le ton de la franche rigolade et la vie aventureuse de Bakounine.

Je n’ai pas pu écouter les conférences de 2008.

En 2009, une nouvelle fois, mon attente était grande. Enfin, il serait question de Nietzsche, l’idole de Michel Onfray.

Michel Onfray a consacré plusieurs séances à un philosophe très peu connu, certainement très intéressant et plus que talentueux, le français Jean-Marie Guyau , atteint de tuberculose, auteur de « l’esquisse d’une morale sans obligation ni sanction », qui a développé une philosophie existentielle qui répond à la maladie et peut être considéré comme un précurseur de Nietzsche. Le conférencier aurait pu éviter de consacrer une séance entière pour stigmatiser le conformisme politique de cet auteur, selon lui coupable d’être moralement conservateur, chauvin, colonialiste, réactionnaire, antisémite, militariste, attaché à la terre, à la famille nonobstant républicain.

Ensuite, on est passé à Nietzsche, j’attendais Michel Onfray au tournant. Comment lui homme de gauche très à cheval sur la correction politique pourrait-il défendre un philosophe dont la réputation de penseur sulfureux n’est pas du tout usurpée, un philosophe qui consacre tant et tant de pages à de virulentes attaques contre la classe ouvrière, qualifiée par lui de « plèbe au sang vicié » ? Le point fort de cette série était la présentation du philosophe malade à la recherche de la « grande santé », une manière de vivre avec la maladie et d’en tirer un avantage existentiel beaucoup important que la bonne santé de l'homme moyen . Oui mais pourquoi tout au cours de son oeuvre Nietzsche n’a-t-il que mépris pour les malades, pourquoi est-ce une injure sous sa plume dont il accable, entre autres, les religieux? La plupart de ses interventions de cette série n’étaient qu’un plaidoyer assez laborieux qui cherchait à nous présenter un Nietzsche largement calomnié, c’est certainement vrai, mais un Nietzsche vu sous l’angle politique, contestataire gauchiste qui pourrait prendre sa carte au parti d’Olivier Besancenot, un Nietzsche réduit à la haine de son pays, de la bonne société bourgeoise et de la religion, un Nietzsche devenu salonsfähig en quelque sorte. Les mânes de Nietzsche n’en demandent pas tant. La présentation de la dissension avec Wagner était particulièrement plate et même fallacieuse, Michel Onfray y projetait de toute évidence ses propres détestations, alors que cet épisode avait été présenté de manière lumineuse et fort inspirée par le philosophe Philippe Lacoue Labarthe dans une série du matin des musiciens. Finalement, une grande déception.

Mon exemplaire des œuvres presque complètes de Nietzsche est resté sur les bords de la rivière Tshuapa, confisqué par un séminariste. Quand j’aurai récupéré ce livre, je confronterai le Nietzsche salonsfähig de Michel Onfray au Nietzsche que j’ai cru découvrir quand je lisais ces écrits qui avaient le don de me faire dresser sur la tête les quelques cheveux qui me restent à chaque page.

Bien loin des platitudes politicardes de Michel Onfray, j’ai connaissance d’un magnifique commentaire sur Nietzsche, il est contenu dans une série d’émissions de René Girard. Le jour où je retrouverai la cassette, je vous en dirai plus.

Dans sa dernière séance, Michel Onfray a annoncé une nouvelle série sur le nietzschéisme chez les philosophes contemporains. Une nouvelle fois, j’en attendrai beaucoup, peut-être enfin ne serai-je pas déçu.

Henry
* * *

51
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Ven 03 Aoû 2012, 17:18

Je constate ici un élevement anormal de température.Nessie sur ses grands horses(c'est comme ca qu'on l'aime)des repliques ici bas qui fourniraient en munitions syriennes une speciale FC en prime tom.Je résume mon point de vue:1 Avant: Vian Maintenant Benabar 2 avant Hendrix Maintenant Lenny Kravitz 3 Friedrich Nietzsche Onfray (le rosé dans le frigo?)4 Balzac(au pif mes gens au pif.)Beigbeder (je vous l'avais bien dit au pif ca marche toujours) 5 Ma femme Ma femme 6 Abelard Lustiger 7 Marc Bloch Florian Mazel 8 Dog God 9 God Dog 10 Gainsbourg Rimbaud (la je suis d'accord personne ne s'accroche).Onfray ,poil au pied ,est une imposture intellectuelle,qui reflete une demagogie du verbe , du texte,dans tout ce que l'on peut lire partout,et qui est une vraie atteinte a nos libertés,nous honnetes hommes qui ne sommes pas dupes.Alors oui:Artaud:le caca pour pour Michel.Passssqueeeee la ce matin ,vers 6h au reveil pour le taf yavo(septentrion) Onfray.Café.Donc cette replique(queux?Quel maitre?)est légitime.

52
Répondre en citant  
qui entrera dans le vif du sujet? - le Ven 03 Aoû 2012, 18:00

Qui va dire un mot des interventions de Michel Onfray de cette dernière série? Parlera-t-on enfin de Bergson, de Politzer, de Nizan, de Sartre, de Gide, de Heidegger?

Hérédia 

53
Répondre en citant  
Mes Trophées - le Ven 03 Aoû 2012, 18:11

Politzer ?
C'est bien celui qui a donné son nom a un prix ?

54
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Sam 04 Aoû 2012, 10:44

Hérédia a écrit:Politzer ?
C'est bien celui qui a donné son nom a un prix ?

Plutôt à un collège à Ivry.

Il faudrait savoir ce qu'en pense Henry, auditeur sans doute plus attentif que moi aux cours d'Onfray mais j'ai le sentiment qu'Onfray suit sa pente en descendant.
Son projet de contrepoint sur l'histoire de la philo était, a priori, des plus prometteurs. Et je me souviens qu'il y a deux ou trois ans, il avait été question d'Emerson, Goethe et que tout cela était assez vivifiant et novateur.

En revanche, ce que j'ai entendu cette année est on ne peut plus convenu et répétitif. Ces anecdotes sur Nizan, Gide et l'URSS, on les connaît.
En un mot, j'ai le sentiment qu'Onfray se livre à une sorte de recyclage d'idées qui ont peu ou prou déjà fait leur temps pour se diluer dans une sorte de banalité qui, au lieu d'inviter à la réflexion, contribuent à la fossilisation de la pensée.
Exemple : tout est politique, la relation dominant / dominé que désormais il sert à toutes les sauces. Ce sont là des lieux communs et j'ai le sentiment qu'Onfray enfonce des portes ouvertes en croyant avoir le sentiment grisant qu'il prend la Bastille.

En outre, il n'y a pas l'amorce d'une quelconque problématisation dans ce qu'il dit, dans sa démarche. A mon sens, il ne fait donc pas de philosophie. Il est enfermé dans une certaine histoire des idées.

Je me demande même si cet homme si prompt à dénoncer les relations de pouvoir, n'est pas lui-même en train de se "gouroutiser" dans son université populaire. A savoir porter une parole unique, très univoque, à asséner ses vérités, à donner une grille de lecture bien trop unidimensionnelle, sans jamais prendre le risque de se confronter à un discours différent puisque ses auditeurs ne sont ni historiens, ni philosophes.
Ô paradoxe comique, cet homme qui appelle aux contre pouvoirs, n'en a aucun pour sinon le contester, du moins relativiser son discours !

Autre paradoxe, Onfray, l'auto-proclamé nietzschéen, à force de dénonciation d'un ordre social inique, s'enfonce dans la vase du ressentiment.

55
Répondre en citant  
Joseph Pulitzer fondateur du prix Pulitzer - le Dim 05 Aoû 2012, 10:35

Hérédia a écrit:

Politzer ?
C'est bien celui qui a donné son nom a un prix ?




Le collège à Ivry, c'est sûrement lui. Celui qui a donné son nom à un prix, c’est Joseph Pulitzer 1847-1911 journaliste américain d’origine hongroise qui fonda plusieurs journaux et qui laissa à l’Université de Columbia une fondation permettant de créer une école de journalisme et de rétribuer un prix littéraire et journalistique.


56
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Dim 05 Aoû 2012, 20:02

@Mitsouko a écrit:

En revanche, ce que j'ai entendu cette année est on ne peut plus convenu et répétitif. Ces anecdotes sur Nizan, Gide et l'URSS, on les connaît.
En un mot, j'ai le sentiment qu'Onfray se livre à une sorte de recyclage d'idées qui ont peu ou prou déjà fait leur temps pour se diluer dans une sorte de banalité qui, au lieu d'inviter à la réflexion, contribuent à la fossilisation de la pensée.
Exemple : tout est politique, la relation dominant / dominé que désormais il sert à toutes les sauces. Ce sont là des lieux communs et j'ai le sentiment qu'Onfray enfonce des portes ouvertes en croyant avoir le sentiment grisant qu'il prend la Bastille.

En outre, il n'y a pas l'amorce d'une quelconque problématisation dans ce qu'il dit, dans sa démarche. A mon sens, il ne fait donc pas de philosophie. Il est enfermé dans une certaine histoire des idées.

Je me demande même si cet homme si prompt à dénoncer les relations de pouvoir, n'est pas lui-même en train de se "gouroutiser" dans son université populaire. A savoir porter une parole unique, très univoque, à asséner ses vérités, à donner une grille de lecture bien trop unidimensionnelle, sans jamais prendre le risque de se confronter à un discours différent puisque ses auditeurs ne sont ni historiens, ni philosophes.
Ô paradoxe comique, cet homme qui appelle aux contre pouvoirs, n'en a aucun pour sinon le contester, du moins relativiser son discours !

Autre paradoxe, Onfray, l'auto-proclamé nietzschéen, à force de dénonciation d'un ordre social inique, s'enfonce dans la vase du ressentiment.


les anecdotes concernant Gide et son attitude sur ce qui se tramait en URSS, oui, on en a beaucoup entendu parler . Mais , personnellement, je ne connaissais pas toute la trajectoire de Nizan à ce sujet. De même, Politzer m'était quasiment inconnu, donc j'ai trouvé passionnant toute son histoire, toutes ces révélations.C'est donc, effectivement, plutôt une histoire des idées, dans ce cas.
J'ai trouvé aussi qu'il avait tendance à se "gouroutiser". Il assène son discours.
Certes, certes, il est très souvent exaspérant, trop long, il parle trop vite, il est sans cesse à revenir sur la relation dominant/ dominé....
Cependant, je crois, au contraire, qu'il incite à mieux connaitre tous ces auteurs qu'il cite, à les comprendre.Car il est très provocateur en proclamant qu'on ne comprend rien à beaucoup d'écrits de philosophes du 20ième siècle (Heidegger, Bergson, etc), que ce sont des phraseurs et non des philosophes nous apprenant à vivre. Le philosophe dont il suit la doctrine, c'est Epicure.
Il a un ton très militant, qui atténue la justesse de ses démonstrations.
Il y aurait encore beaucoup à dire sur ses conférences, mais somme toute, je les apprécie, car elles provoquent des chocs salutaires.
Mais il est souvent bien trop approximatif en rapportant les idées.

57
Répondre en citant  
le n'importe quoi de Michel Onfray - le Lun 06 Aoû 2012, 11:52

@Mitsouko a écrit:
Hérédia a écrit:

Politzer ?
C'est bien celui qui a donné son nom a un prix ?

Plutôt à un collège à Ivry.

Il faudrait savoir ce qu'en pense Henry, auditeur sans doute plus attentif que moi aux cours d'Onfray mais j'ai le sentiment qu'Onfray suit sa pente en descendant.

Son projet de contrepoint sur l'histoire de la philo était, a priori, des plus prometteurs. Et je me souviens qu'il y a deux ou trois ans, il avait été question d'Emerson, Goethe et que tout cela était assez vivifiant et novateur.

En revanche, ce que j'ai entendu cette année est on ne peut plus convenu et répétitif. Ces anecdotes sur Nizan, Gide et l'URSS, on les connaît.
En un mot, j'ai le sentiment qu'Onfray se livre à une sorte de recyclage d'idées qui ont peu ou prou déjà fait leur temps pour se diluer dans une sorte de banalité qui, au lieu d'inviter à la réflexion, contribuent à la fossilisation de la pensée.
Exemple : tout est politique, la relation dominant / dominé que désormais il sert à toutes les sauces. Ce sont là des lieux communs et j'ai le sentiment qu'Onfray enfonce des portes ouvertes en croyant avoir le sentiment grisant qu'il prend la Bastille.

En outre, il n'y a pas l'amorce d'une quelconque problématisation dans ce qu'il dit, dans sa démarche. A mon sens, il ne fait donc pas de philosophie. Il est enfermé dans une certaine histoire des idées.

Je me demande même si cet homme si prompt à dénoncer les relations de pouvoir, n'est pas lui-même en train de se "gouroutiser" dans son université populaire. A savoir porter une parole unique, très univoque, à asséner ses vérités, à donner une grille de lecture bien trop unidimensionnelle, sans jamais prendre le risque de se confronter à un discours différent puisque ses auditeurs ne sont ni historiens, ni philosophes.

Ô paradoxe comique, cet homme qui appelle aux contre pouvoirs, n'en a aucun pour sinon le contester, du moins relativiser son discours !

Autre paradoxe, Onfray, l'auto-proclamé nietzschéen, à force de dénonciation d'un ordre social inique, s'enfonce dans la vase du ressentiment.




J’opine.

C’est vrai qu’on en a ras-la-casquette d’entendre que Sartre n’avait pas été un résistant. Simone de Beauvoir répondait à cela : vous les voyez avec une mitraillette ? Avec son strabisme, il aurait tiré à côté.

J’ai beaucoup de choses à reprocher à ce bateleur de foire qu’est Michel Onfray, ce que je lui reproche le plus, c’est son portrait de Nietzsche, qui en fait un innocent gauchiste sur qui on n’aurait fait que répandre des calomnies. Il cite à tout bout de champ un texte trafiqué par sa sœur qu’il n’a pas écrit. Objection, il y a aussi les textes qu’il a écrits, quand on les lit, on voit à quel point le portrait brossé par Onfray est infidèle, pour le montrer, j’avais dans ce forum ouvert un fil florilège nietzschéen, il est toujours là, vous pouvez vous y reporter.

La dernière intervention de sa série sur les consciences réfractaires, diffusée le vendredi 3 août réponse aux questions des auditeurs, c’est de la bouillie pour les chats, un ramassis d’absurdités.

Le philosophe hédoniste, ou ex-hédoniste revient à ses anciennes amours, ses attaques en règle, et fort grossières contre le christianisme qui ont été son peu honorable fonds de commerce et il dit absolument n’importe quoi.

Faux de dire que Jésus n’a jamais existé, dire qu’il n’a pas existé pose aux historiens beaucoup plus de problèmes que prétendre l’inverse,

Faux de dire qu’il y avait deux personnes Jésus, « le type doux, tendre, sympathique, copain de Stéphane Hessel » et le supplicié. Comme si un doux ne pouvait pas être supplicié. Si on prend la peine de lire les Evangiles, on voit que le type sympathique n’était pas si sympa que ça, qu’il n’était pas toujours bon de l’avoir en face de soi, il était cassant et catégorique à un point dont on n’a pas idée, si on n’a pas lu le texte. Le type sympa tenait des propos si subversifs, et en s’arrogeant une telle autorité qu’il se place au-dessus des plus grandes figures du texte sacré : « les prophètes ont dit… et moi je vous dis », qu’il pouvait difficilement échapper en ces temps anciens à la peine capitale.

Michel Onfray se déconsidère gravement en disant : « Jésus et Saint Paul c’est comme Marx et Lénine ». Comparer Lénine à Saint Paul, au secours ! Jamais Saint Paul n’a envoyé personne en camp de concentration et il est mort martyr.

Paul de Tarse, Saint Paul était très anti-homo, c’est vrai et misogyne sur les bords, c’est incontestable. Pas faux qu’il ait eu des côtés ayatollah. C’est quand même lui qui a libéré les adeptes de la religion du Christ des observances du judaïsme, notamment des observances alimentaires et de la circoncision, il a donné un coup de balais complet sur tout ça, tout à fait dans la ligne de Jésus qui mettait en cause l’observation du sabbat dans certains cas et qui disait à ceux qui voulaient lapider la femme adultère : « que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ». Je ne sais pas où il a vu que saint Paul avait parlé de « circoncision de l’âme ». La formul e n’est pas de lui. Saint Paul a libéralisé la religion naissante. S’il ne l’avait pas fait, le christianisme serait resté une obscure tendance du judaïsme, ce qu’a été l’Eglise de Jacques et qui aurait vite disparu. C’est Saint Paul qui a permis aux « gentils », c’est-à-dire aux non juifs d’adhérer au christianisme et qui a fait du christianisme une religion universelle.

Faux et absurde de dire que les chrétiens doivent imiter la Vierge Marie. C’est saint Paul lui-même qui recommande le mariage à ceux qui, comme il dit, « brûlent ».

Faux également d’affirmer que Saint Paul n’aurait pas été fidèle à la religion d’amour professé par Jésus. Lisez Corinthiens 13 :

24 Cinq fois, j'ai reçu des Juifs les trente-neuf coups de fouet ;
25 trois fois, j'ai subi la bastonnade ; une fois, j'ai été lapidé ; trois fois, j'ai fait naufrage et je suis resté vingt-quatre heures perdu en mer.
26 S
01 J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante.
02 J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien.
03 J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien.
04 L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ;
05 il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ;
06 il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;
07 il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.
08 L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.



Pour répondre à la question d’un auditeur, Michel Onfray s’engouffre dans la défense des idées libertaires. Il change alors de registre, devient plus pertinent, ce qu’il dit semble gentillet et simpliste. Il s’appuie sur la célèbre expérience de Stanley Mimgram, qui montrait qu’on pouvait faire torturer en mettant en avant des objectifs scientifiques. Cette expérience doit faire réfléchir, constitue-telle un argument décisif en faveur des idées libertaires ? On n'est pas forcé de le croire. Il défend ceux qui après 1968 ont créé des communautés pour échapper à l’oppression des institutions. On lui fera remarquer que ces communautés n’ont pas eu un grand avenir. Il devait y avoir un défaut de conception. Il défend les coopératives et l’autogestion. On lui fera remarquer que ces formules n’ont pas eu un grand succès. Il défend les boycotts, pourquoi pas ?

Il dit que le pouvoir corrompt, c’est une banalité et que pour tout pouvoir il faut un contre-pouvoir. N’importe quel libéral en dirait autant.

Il cite le fameux Discours de la servitude volontaire de La Boétie. C’est une bonne référence. Il a l’air de penser que les écologistes ne devraient pas prendre les avions. C’est un contre-sens. Si on est écologiste et qu'on a une bonne raison de prendre l’avion, il faut le faire. C’est l’abus des transports que les écologistes doivent proscrire.

Il parle du macho qui regarde le match de foot pendant que la femme fait la vaisselle et y voit le fascisme ordinaire. Je suppose que la vaisselle n’a pas à être faite forcément à l’heure du foot et qu’un hédoniste ne va pas nous priver de ces plaisirs simples que sont la bière la télévision et le foot. Il rappelle le fameux « Liliane fais les valises » de Georges Marchais.

Il prétend que l’éthologie dit tout, il y a les mâles dominants, les mâles dominés, les femelles dominantes etc. Que c’est ce qu’il a vu, qu’il en sera toujours ainsi.

De la convivialité, de bonnes relations au sein des couples, de la désobéissance civile quand il le faut, par exemple pour faire échec à un projet d'urbanisme détestable, de l’autogestion, pour ceux qui aiment ça, je ne suis évidemment pas contre. Mais il y a des questions auxquelles Onfray ne répond pas : Toute obéissance est-elle illégitime ? Evidemment non. Peut-on à partir de cas limites où l’obéissance est illégitime fonder une théorie du refus systématique de toute obéissance ?Je suppose que non.


58
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Lun 06 Aoû 2012, 12:26

Merci, Henry, pour toutes ces précisions érudites. Mitsouko vous a , à juste titre, sollicité.
Onfray en raconte tellement, avec un débit si précipité, que c'est un travail de Romain d'arriver à réfuter toutes ses affirmations, toutes ces pseudo-certitudes.Il part dans tous les sens, donnant des conseils sur la façon de mener sa vie quotidienne, sans qu'on puisse lui répondre.Son côté gourou.
Personnellement, je n'arrive pas à savoir s'il est utile ou non. Je crois tout de même que oui, car, autour de moi, des gens l'écoutent et c'est la base de discussions. Il nous change de l'idéologie de la plupart des journalistes et chroniqueurs de France-Culture.

59
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Lun 06 Aoû 2012, 20:53

@Henry Faÿ a écrit:
C’est vrai qu’on en a ras-la-casquette d’entendre que Sartre n’avait pas été un résistant. Simone de Beauvoir répondait à cela : vous les voyez avec une mitraillette ? Avec son strabisme, il aurait tiré à côté.

Désolé pour le hors-sujet, mais j'en reste ébahi. Elle en a sorti beaucoup des décrets d'exemption, mots d'excuses et certificats médicaux dans ce genre? Lui n'aurait jamais osé, si?

60
Répondre en citant  
Re: Michel Onfray, chroniques et émissions estivales - le Mar 07 Aoû 2012, 21:25

Il remet ça ce soir, le Onfray. Et pour moi, qui suis ignorant sur ce point (i.e. Sartre résistant ou pas), et pour tout dire tout à fait indifférent, je le trouve assez convainquant.

61
Répondre en citant  
les errements politiques d'un philosophe - le Jeu 09 Aoû 2012, 09:32

@Pantoufle a écrit:Il remet ça ce soir, le Onfray. Et pour moi, qui suis ignorant sur ce point (i.e. Sartre résistant ou pas), et pour tout dire tout à fait indifférent, je le trouve assez convainquant.



La conférence de Michel Onfray du 7 août dans laquelle il a pour ainsi dire réglé son compte à Jean-Paul Sartre n’était pas un grand moment de philosophie, elle était fichtrement intéressante.

Michel Onfray commence par se tromper complètement sur les mots (les mots de Sartre). Les mots n’est en aucun cas une auto-célébration, c’est une auto-flagellation. L’adulte n’a pas de mots (c’est le cas de le dire) assez durs pour le gosse qu’il était. Il se présente comme un épouvantable petit cabotin qui ne songe qu’à épater son milieu familial avec des histoires ridicules, un enfant trouillard et sans caractère coupé du monde et qui s’effondre dès qu’il est en présence des enfants du jardin du Luxembourg un peu bagarreurs qui n’en font qu’une bouchée. Michel Onfray peut dire ce qu’il voudra, c’est un admirable livre.

Que Sartre n’ait pas été résistant, on l’a assez dit. Mais qu’il ait essayé de faire croire qu’il l’avait été, je ne le savais pas, je suis intéressé de l’apprendre et j’en suis choqué.

Sartre n’était pas tellement sympathique, certes, il avait cela de bien qu’il ne passait jamais à la télévision. Il s’en faisait une règle. Il ne nous dérangeait pas avec ça. Pas comme Cocteau qu’on voyait au moins toutes les semaines.

Ce qui m’avait déplu chez Sartre, c’est quand il a reçu le Prix Nobel. Qu’il l’ait refusé, ça avait de l’allure. Ce que je n’ai pas accepté, c’est qu’il ait stupidement insulté le jury, il s’est alors comporté en mufle de la pire espèce. Il a dit : je ne vois pas pourquoi je serais distingué par des gens qui écrivent de mauvais livres. Premièrement : les gens qui écrivent de mauvais livres ou pas de livres du tout peuvent très bien reconnaître le talent de ceux qui en écrivent de bons. Deuxièmement, Sartre peut-il certifier qu’il a lu tous les livres de tous les membres du jury de Stockholm ?

Je suis d’accord avec Michel Onfray quand il dénonce les errements politiques de Sartre, sa complaisance pour la violence, que prônait Franz fanon, pour les régimes les plus sanguinaires du monde. Mais il s'est rattrapé à la fin quand il est intervenu avec Raymond Aron pour les réfugiés de l'Indochine.

Michel Onfray a l'air de vouloir excuser Camus d'avoir voté pour Pierre Mendès-France. Il ne l'a fait qu'une fois, dit-il et répète-t-il. Mais c'est très bien d'avoir voté pour Pierre Mendès-France. Si Pierre Mendès-France avait pu se maintenir au pouvoir, beaucoup de désastres auraient été évités.

C’est intéressant d’apprendre que pour Camus, l’Algérie était le pays de la joie de vivre. C’est devenu un des pays les plus sinistres du monde, un des pays qui accumulent le plus de frustrations en tous genres. Il y a quelque temps que je n’y suis pas allé, je ne pense pas que ça se soit amélioré.


Michel Onfray, chroniques et émissions estivales     Page 6 sur 21

Haut de page ?   

Aller à la page : Précédent  1 ... 5, 6, 7 ... 13 ... 21  Suivant

Accueil / France Culture

Répondre au sujet

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum