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Élucubrations et question    Page 1 sur 1

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Élucubrations et question - le Mer 27 Avr 2011, 12:38

Je suis avec intérêt les élucubrations des pro et anti-moi (yves michaud). Je trouve quand même drôle que personne ne pose une question simple, la seule à poser d’ailleurs: comment se fait-il que quelqu’un qui a participé à plus d’un tiers des émissions de l’Esprit public depuis 2003 (plus de 200 sur plus de 600) ait disparu un jour sans laisser de trace, sans explication, sans qu’il soit dit un mot de sa disparition (même pas ʼʼadieu!ʼʼ ou ʼʼbon vent!ʼʼ) et que sa présence n’ait plus jamais été mentionnée, y compris au moment des auto-célébrations et auto-congratulations du 666ème anniversaire?
Il y a des régimes politiques où il y a des ʼʼdisparusʼʼ. Ici, on a affaire un régime radiophonique où il y a des ʼʼdisparusʼʼ. Et ça s’appelle France Culture et l’Esprit Public?
Bizarre, bizarre!  
Et comme dans les régimes politiques ʼʼà disparusʼʼ, le disparu ne sait même pas pourquoi il a disparu. Mais pourquoi devrait-il le savoir? Il a disparu - Requiescat in pace.

Yves Michaud

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Une radio ou un cimetière - le Mer 27 Avr 2011, 14:29

Bonjour à vous, et tout d’abord merci d’être venu intervenir dans le forum.

J’espère ne pas me trouver classé parmi les anti du fait de mes remarques critiques à votre encontre, remarques que j’ai d’ailleurs tempérées par d’autres, positives. Mais ne personnalisons pas trop vite le débat. Pour ce qui est des élucubrations et sans savoir si je suis visé, j’ai toujours remercié (et je continuerai à le faire) ceux qui me montrent que j’ai tort. Dans l’immédiat, je ne sais pas si les questions les plus brûlantes sont celles que vous nous posez ci-dessus, car le silence sur les évictions n’est pas rare. Mais votre message est l’occasion de revenir sur les vraies raisons de votre éviction, et peut-être d’éclairer un peu le fonctionnement de cette radio qui depuis 12 ans ne cesse de nous décevoir. En écho déformé après vos lignes, je voudrais dire ici quelques mots non sur ce que France Culture nous donne à voir ou plutôt à entendre, mais sur ce qu’on nous laisse deviner des décisions qui y sont prises depuis une douzaine d’années.

En premier lieu, pour l’auditeur qui s’est trouvé enrichi par cette école radiophonique -le mot école est à prendre ici dans son acception artistique- aux temps où la création culturelle, y compris documentaire, était une activité nourrie, constante, eh bien en 10 ans France Culture est devenu un cimetière. Cimetière d’émissions, et cimetière de noms : nous ne pouvons pas compter mais nous pouvons citer des dizaines de signataires d’émissions qui sont simplement passés à la trappe, par réforme d’ensemble du programme ou individuellement par ukase de la directrice. On ne sais pas lesquels ont été découragés, délaissés, négligés, lesquels se sont trouvés sans réponse à leurs propositions, ni lesquels (et ça il y en a eu) qui se sont fait simplement sacquer du bureau directorial avec une dureté insultante qu’ils n’attendaient pas. Ce traitement violent a pu être réservé à ceux qui tenaient bon, peut-être mieux installés dans la maison. Parce que nul n’est propriétaire de son poste ou de sa place, et ceci encore moins dans un média du service public, il y a eu ceux qui ont vu un jour leur émission supprimée sans que l’auditeur soit informé autrement qu’en constatant le changement à la rentrée. Je me souviens d’une conversation avec Bertrand Jérôme, 2 ans avant la suppression des Décraqués mais alors en pleine gloire radiophonique, disant "vous savez, on a toujours été en danger et actuellement, au mieux on l’est un petit peu moins". Il ne s’agit donc pas seulement des artisans et des intermittents. Nous ne savons pas pourquoi Les décraqués ont disparu, alors qu’ils étaient apparemment en phase avec la doctrine du programme. Nous ne savons pas pourquoi Surpris par la nuit a disparu. Nous ne savons pas pourquoi Francesca Piolot et Pascale Casanova ne sont plus là. Les deux émissions et les deux noms que je cite, vous savez surement qu’ils faisaient partie du tableau général de la qualité, et personne ne les accuserait d’avoir démérité. Mais dans certains cas on devine un désaccord essentiel entre l’intéressé et la Direction. Par ailleurs nous savons que certains (et parmi eux d’excellents) ont été soutenus et sauvés au fil des années par l’un ou l’autre décideur de l’équipe de direction alors que dans le même temps ils se faisaient harceler par un autre membre de la même équipe acharné à leur faire lâcher prise par les tricks usuels de l’abus managérial. Il y a donc des mystères.

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L'affaire. Ils n'en ont pas parlé - parlons-en ? - le Mer 27 Avr 2011, 14:47

./...

Une fois placé ce couplet, il y a l’affaire Michaud, qui -qu’on me dise si je me trompe- n’est pas tant une affaire radiophonique de la petite vie de France Culture, mais bien plutôt une typique affaire du monde des médias, et c’est là qu’on peut ajouter : hélas ! C’est qu’en 12 ans France Culture a suivi, bien malgré nous, un trajet qui l’a mené de sa place ancienne d’institution culturelle très créative, à celle de media généraliste, comme la télé souparde ou comme une version radio de cette presse qu’on est en droit de trouver un peu molle. Je pense ici aux hebdos pour le grand public cultivé qui, même s’il mange de tout, préfère le théâtre à la Star-Ac’, et voudrait fréquenter plutôt et même de loin le musée, que la page du sensationnel qu’on lui met toujours trop près. Des exemples, en voila : Télérama, le Nouvel Obs. De l’intelligence certes, et un souci culturel oui, mais tout de même, là-dedans que de soupe ! Eh bien de ces canards aussi tout comme de la télé on se fait virer, sans que le lecteur sache pourquoi ni comment ni où est passé le chroniqueur qui, au fil des années, justifiait parfois à lui seul le maintien d’un abonnement. Ainsi les lecteurs de Télérama ont perdu Alain Rémond. Et ceux du Nouvel Obs ont perdu Philippe Meyer, viré de l’hebdomadaire comme il l’avait été quelques années avant de la chaîne de télé Antenne 2 et pour le même motif : avoir exercé sa liberté de parole à l’encontre d’un personnage politique.

Mon souci dans ce post était de replacer l’affaire dans une certaine version de son cadre qu’est France Culture. Pour ce qui est du cadre de l’événement (l’affaire Polanski ? ) je reformulerai ainsi la chose en évitant le jeu stérile des exclamations indignées qui ne disent rien. Je préfère essayer une autre forme : la série de questions posées à qui voudra bien y répondre :
- Pourquoi Michaud a-t-il été évincé de l’esprit public ?
- Qui a pris cette décision ?
- Est-ce une décision individuelle ou partagée ; sous influence, ou sous pressions ?
- Est-ce qu’Yves Michaud avait vu venir des signes avant-coureurs ?
- Rétrospectivement, peut-on discerner de tels signes ?
- La raison réelle est-elle le désaccord ponctuel sur l’affaire Polanski ?
- Ou bien cette affaire n’a été que le prétexte, la "cause accidentelle", pour liquider un personnage remuant ?
- Dans cette affaire le personnage Yves Michaud est-il au centre de l’affaire (en clair : on a visé le bonhomme) ou bien Michaud a-t-il seulement fait les frais d’autre chose ? Et de quoi ?

Sur tout cela, comme sur le silence de Philippe Meyer qui ne peut être que le résultat d’un choix, j’ai mon propre avis. Avis qui procède du sentiment surtout et de la déduction un peu, mais c’est quand même un avis sans information. Pour cette raison et aussi parce que j’en ai déjà bien assez dit dans le fil consacré à L’Esprit Public, je préfère le réserver cet avis, au moins dans ce fil, au moins pour le moment, au moins pour cette phase du débat (mais pour les curieux et les impatients je réponds aux courriers personnels).

Ces questions il revient à chacun soit d’en augmenter la liste, mieux encore de donner son avis, mais ça serait bien de préciser si l’on a des éléments ou des arguments à l’appui, ou au contraire si c’est juste de l’ordre de l’hypothèse vague (car il en faut) ou même de la certitude (il en faut aussi, mais enfin on en a déjà reçu pas mal et sur des tons indignés).

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réponse à vos questions - le Mer 27 Avr 2011, 15:06

Je n’ai de réponse à aucune de vos questions et c’est bien ce qui m’étonne. Je dis bien aucune. Les licenciements doivent normalement être justifiés.
En tout cas, cette situation ne cadre ni avec ma conception de la culture ni avec ma conception du débat public, surtout quand on le drape mensongèrement dans un titre comme L’esprit public.
Maintenant, je n’ai plus rien à dire puisque je n’en sais pas plus.
Et je laisse les morts enterrer leurs morts (Luc 9, 57-62).
Yves Michaud

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j'avais posé la question mais ça a été coupé - le Jeu 05 Mai 2011, 13:03

@yves michaud a écrit:

Je suis avec intérêt les élucubrations des pro et anti-moi (yves michaud). Je trouve quand même drôle que personne ne pose une question simple, la seule à poser d’ailleurs: comment se fait-il que quelqu’un qui a participé à plus d’un tiers des émissions de l’Esprit public depuis 2003 (plus de 200 sur plus de 600) ait disparu un jour sans laisser de trace, sans explication, sans qu’il soit dit un mot de sa disparition (même pas ʼʼadieu!ʼʼ ou ʼʼbon vent!ʼʼ) et que sa présence n’ait plus jamais été mentionnée, y compris au moment des auto-célébrations et auto-congratulations du 666ème anniversaire?
Il y a des régimes politiques où il y a des ʼʼdisparusʼʼ. Ici, on a affaire un régime radiophonique où il y a des ʼʼdisparusʼʼ. Et ça s’appelle France Culture et l’Esprit Public?
Bizarre, bizarre!
Et comme dans les régimes politiques ʼʼà disparusʼʼ, le disparu ne sait même pas pourquoi il a disparu. Mais pourquoi devrait-il le savoir? Il a disparu - Requiescat in pace.

Yves Michaud


Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai été interrogé par les collaborateurs de Philippe Meyer, que j’ai évoqué votre éviction, je disais que je la regrettais beaucoup et que mon intervention est passée à l’antenne amputée du passage vous concernant, également du passage où je disais du mal de Max Gallo.

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merci du renseignement - le Jeu 05 Mai 2011, 17:09

Ce que vous dites confirme en tous points mon étonnement et mon sentiment.
Cela s’appelle une élimination suivie d’une disparition.
Merci de votre courage. On peut aussi s’interroger sur l’honnêteté de ceux qui censurent ainsi une opinion.
Quelle superbe mentalité libérale!
Yves Michaud

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Re: Élucubrations et question - le Sam 07 Mai 2011, 18:18

@yves michaud a écrit:Ce que vous dites confirme en tous points mon étonnement et mon sentiment.
Cela s’appelle une élimination suivie d’une disparition.
Merci de votre courage. On peut aussi s’interroger sur l’honnêteté de ceux qui censurent ainsi une opinion.
Quelle superbe mentalité libérale!
Yves Michaud

Il faut toujours se méfier de ceux qui passent leur temps à dénoncer la censure et qui trouvent que la presse n'est pas assez indépendante car se sont les mêmes qui lorsqu'ils sont en poste la pratique pour sauver leur poste qu'ils ont si chèrement acquis.

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Re: Élucubrations et question - le Sam 07 Mai 2011, 18:26

Vous pensez à qui exactement?

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Re: Élucubrations et question - le Dim 08 Mai 2011, 13:39

@yves michaud a écrit:Vous pensez à qui exactement?

Je pense à Plenel par exemple qui est soit disant l'exemple à suivre dans l'information et bien je dis pauvre information.

Je pense aussi par le passé à madame Cottat, Bourges etc la liste est longue des donneurs de leçon de moral.

Et puis la bande de Marianne, qui tape dans le dos des politiques et puis ensuite suivent la meute, c'est classique.

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la réponse laconique de Philippe Meyer - le Ven 27 Mai 2011, 10:27

@yves michaud a écrit:

Ce que vous dites confirme en tous points mon étonnement et mon sentiment.
Cela s’appelle une élimination suivie d’une disparition.
Merci de votre courage. On peut aussi s’interroger sur l’honnêteté de ceux qui censurent ainsi une opinion.
Quelle superbe mentalité libérale!
Yves Michaud


Cher Yves Michaud

Le 7 mai dernier, l'Association des Auditeurs de France Culture avait organisé un déjeuner débat avec comme invité Philippe Meyer. On s'était dit juste avant, il faut absolument qu'on évoque la question de l'éviction d'Yves Michaud. Un des membres du bureau de l'association a posé la question: "reverrons nous Yves Michaud?". Philippe Meyer a marqué un temps d'arrêt, a répondu: "non". C'était maladroit de poser la question ainsi, il aurait du demander: "pourquoi Yves Michaud ne fait-il plus partie de l'équipe de l'esprit public?" ça aurait été plus difficile de répondre de manière aussi laconique, même si ça n'aurait pas changé grand chose.

J'espère de tout coeur qu'on vous entendra sur les ondes de France Culture, et je serais heureux qu'on vous confie une émission.

Très cordialement

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