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Le paradigme idéologique de France Culture    Page 3 sur 12

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Le paradigme idéologique de France Culture - le Jeu 28 Avr 2011, 14:25

Rappel du premier message :

Ce qui pourrit le travail de cette station, c’est la façon dont le message idéologique et moral s’y trouve instillé, distillé, saupoudré, présent, archi présent, à toute heure du programme, à chaque page du site. Les grandes lignes sont celles d’une morale à la fois simpliste, héritée de la morale catholique peut-être, mais poussée à un excès et dérivant en discours bifide : militant et moralisateur.

Il n’y a pas même besoin d’être en désaccord ni avec cette idéologie, ni avec cette morale, pour trouver pesant ce qu’en fait la station : un terrorisme de correction -paradoxal car parfaitement hypocrite par ailleurs- et un martelage pesamment infligé à l’auditeur. Ca fait 15 ans que France Culture prend ses auditeurs pour des mômes. Ca fait 15 ans que le préchi-précha nous y attend à chaque détour, à chaque recoin d’émission. Ca fait 15 ans que les journaux de FC sont moins occupés à nous informer des événements qu’à nous dire comment nous devons en juger : à l'aune de l'égalitarisme (sacro-sainte lutte des classes), du tiers-mondisme, du féminisme, de l'écologisme (douchez-vous à l'eau froide et chiez dans de la sciure c'est pour sauver la planète), de l'anti-colonialisme avec promotion de la repentance, enfin et surtout à l'aune de l'anti-économie. Le tout est copieusement servi par cette humilité aussi hypocrite qu'obligatoire, connue sous le nom de haine de soi.

Ce pétrissage de moraline est infect, indigeste, et la soupe en est détestable.

Ce fil en donnera des exemples (on en trouve plusieurs chaque jour). S’il y a des bonnes volontés ou si l’agacement dépasse le supportable, il s’ensuivra peut-être une réflexion ou une analyse de cet insupportable terrorisme moral.
* * *

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Une estrade pour D. Rousset - le Lun 06 Oct 2014, 22:26

Elle n'y croit pas, Sophie Dole, la lectrice de ce 4e numéro de la Vie moderne Un goût de miel de Dominique Rousset. La lecture d'un pamphlet, quel qu'il soit, sur les méchants "chasseurs" d'immigrés clandestins (en Europe ou aux Etats-Unis) est difficile à interpréter, sauf si l'on est vraiment un militant de la cause altermondialiste.

Quant au dernier numéro de cette série Un goût de miel 5/5 de Dominique Rousset, il est très en-deçà, en qualité d'information et de sensibilisation, d'un numéro classique des « Pieds sur terre ».

Le problème de l'immigration clandestine méritait un traitement plus inspiré. Dominique Rousset n'aurait pas dû s'égarer hors de son domaine journalistique.

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Lun 13 Oct 2014, 19:47

On sent se développer depuis 15 ans mais de plus en plus ces derniers temps, quelques ambiances-type résultant d'un schème actif à France Culture : le renversement, l'inversion des valeurs. Un snobisme à l'envers qui ne vaut pas mieux que l'ancien système même sous sa forme la plus butée et la plus raciste (au sens social du terme) puisque le résultat l'est tout autant, excluant.

Ce schème et cette ambiance contamine France Culture aussi bien dans ses débats de sauciété, que dans ses documentaires, dans sa revue de la création artistique. On se goberge d'un romantisme idéologique simpliste, au point de n'offrir plus qu'une caricature de vie intellectuelle, cela des Pieds sur terre à Sur les docks en passant par Hors-champs.

A Hors-champs justement, ce vendredi soir, l'invité était Jean-Jacques Hue. C'est un homme jeune à l'idéal romantique, ancien styliste ayant fait son beurre dans le monde de la mode puis devenu un documentariste très distingué qui se prend pour un expérimentateur en filmant au quotidien les tchouraveurs et la petite délinquance yénish. Il faut l'entendre mouiller son caleçon en racontant son séjour chez ces quasi-gitans. Il faut entendre son enthousiasme d'aventurier quand il raconte comment un soir de cuite avec les tchouraveurs de bagnoles chez qui il pratique l'enthousiaste participation, un de ses potes lui tire dessus, à 2m au P38 "normalement j'aurais du me la prendre - ma caméra était niquée mais la bastos n'était pas pour moi".

Et ce type est parait-il le nouveau Jean Rouch. Super.
Le pire est bien que Jean Rouch ne désavouerait pas cette descendance.

J'explique ma prévention contre cette facilité idéologique : c'est pas que tout ça n'est pas de la culture car en tenant compte de l'inversion des valeurs, ça en devient, à condition toutefois de ne pas saturer l'antenne. Le problème est que c'est vendu comme une sorte d'idéal social. Ainsi France Culture poursuit son travail : intoxiquer les classes cultivées.

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Sens unique - le Sam 03 Jan 2015, 14:26

Vous avez dit absence de contradictoire ? Plus flagrant que dans cette discussion entre un Bourmeau passe-plat et Didier Fassin, ce n'est pas possible : Entre les murs, anthropologie de la condition carcérale. Tout y passe : stigmatisation, racisme, inégalité, bref, la scandaleuse question (celle « qu'on ne s'est jamais posée » selon l'anthropologue) :  pourquoi les blancs des classes moyennes ne sont-ils pas en prison dans la même proportion que les personnes d'origine nord-africaine ou d'Afrique noire ? Les statistiques énumérées par Sylvain Bourmeau en début d'émission sur l'incarcération selon le régime politique en France et l'interprétation qu'il en donne valent le déplacement.

Aucun contradictoire, donc, pas de nuances ni de mise en perspective, mais l'ânonnement du sempiternel refrain de l'inégalité et de l'injustice en France, pays qui ferait pire que les  E-U et R-U en matière d'accroissement de l'incarcération, c'est dire la honte (selon nos moralistes de ce samedi). Battons notre coulpe !

PS. Quasiment rien à la page de l'émission. Ah, si, un portrait pleine page de l'anthropologue : cela apporte-t-il de l'information sur la question traitée ? Entre les photos médiocres et le portrait narcissique, il doit bien y avoir un juste milieu.

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« Superstitions littéraires » - le Mar 06 Jan 2015, 16:14

La manière dont M. Tewfik Hakem vient de juger Soumission apparaît tout à la fois naïve et grotesque. La recension indignée de M. Hakem ne révèle-t-elle pas avec éclat l'un des maux qui rendent cette chaîne abominable : la misomusie ? L'ouvrage de M. Houellebecq n'est aucunement considéré comme un roman. M. Hakem ne prête aucune attention à la composition, au texte en tant que tel. Seul l'aspect politique lui importe. Malheureusement, M. Hakem juge cette œuvre littéraire comme on fait toujours à France (in)Culture (M. Hakem et ses pairs recherchent frénétiquement le « message » que, selon eux, toute œuvre littéraire transmet (dans le compte rendu de M. Hakem se produisent significativement  plusieurs occurrences de ce nom)). En écoutant de telles critiques, je songe tout de suite à Paul Valéry (et l'on ne pense jamais assez à Paul Valéry) qui définissait les « superstitions littéraires » de la manière suivante : « J'appelle ainsi toutes les croyances qui ont de commun l'oubli de la condition verbale de la littérature » (Tel quel, « Littérature »). « La remarque [ne] vient[-elle] pas frapper en [ces critiques ''littéraires''] le centre même de la cible » (Julien Gracq) ?
http://www.franceculture.fr/emission-journal-de-12h30-journal-de-12h30-2015-01-06
Bien qu'elle concerne peu l'art littéraire, la chronique dite ce matin par M. de Saint-Vincent raille de manière bienvenue les réactions outrées des journalistes (bien-pensants). Voici deux extraits qui regardent (plus ou moins lointainement) France (in)Culture :  
« ''Ce livre m'a foutu la gerbe'', proclame Ali Baddou (…). »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s02/NET_FC_278a90b2-2469-485f-8af4-2706f5670ded.mp3" debut="02:15" fin="02:19"]
« ''Pourquoi n'a-t-il pas imaginé plutôt la victoire de la candidate du Front national ?'' s'indigne Sylvain Bourmeau qui a longtemps cru qu'à force de poser dans Les inrockuptibles l'écrivain deviendrait progressiste. »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s02/NET_FC_278a90b2-2469-485f-8af4-2706f5670ded.mp3" debut="00:59" fin="01:11"]
http://www.franceculture.fr/emission-ce-qui-nous-arrive-avec-ce-qui-nous-arrive-avec-2015-01-06

Ne manquez pas, pour rire joyeusement, d'écouter ces émissions assez récentes :  
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-l-economie-au-prisme-de-la-litterature-2014-09-01
http://www.franceculture.fr/emission-emissions-speciales-le-marathon-des-mots-1ere-partie-2014-06-28

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Mar 06 Jan 2015, 23:03

@Antoine Arnoux a écrit:[justify]La manière dont M. Tewfik Hakem vient de juger Soumission apparaît tout à la fois naïve et grotesque. La recension indignée de M. Hakem ne révèle-t-elle pas avec éclat l'un des maux qui rendent cette chaîne abominable : la misomusie ? L'ouvrage de M. Houellebecq n'est aucunement considéré comme un roman. M. Hakem ne prête aucune attention à la composition, au texte en tant que tel. Seul l'aspect politique lui importe. Malheureusement, M. Hakem juge cette œuvre littéraire comme on fait toujours à France (in)Culture (M. Hakem et ses pairs recherchent frénétiquement le « message » que, selon eux, toute œuvre littéraire transmet (dans le compte rendu de M. Hakem se produisent significativement  plusieurs occurrences de ce nom)). En écoutant de telles critiques, je songe tout de suite à Paul Valéry (et l'on ne pense jamais assez à Paul Valéry) qui définissait les « superstitions littéraires » de la manière suivante : « J'appelle ainsi toutes les croyances qui ont de commun l'oubli de la condition verbale de la littérature » (Tel quel, « Littérature »). (...)

Ne manquez pas, pour rire joyeusement, d'écouter ces émissions assez récentes :  
http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-l-economie-au-prisme-de-la-litterature-2014-09-01
http://www.franceculture.fr/emission-emissions-speciales-le-marathon-des-mots-1ere-partie-2014-06-28

Le journal de 22h n'a pas dérogé à la règle que semble s'être donnée la rédaction de France Culture : haro sur le Houellebecq ! Et à bras raccourcis sur ceux qui utilisent le sujet du roman pour exprimer leur opinion. Ainsi Alain Finkielkraut est-il atteint de folie et d'islamophobie, selon un intervenant.

Joli coup.  Très français, d'ailleurs. Faut s'écharper pour exister ! Les journalistes et éditorialistes vont s'indigner à coeur joie (qui s'occupera sur rfc du révérend Plenel ?). Du débat d'opinion, du café de commerce,  en veux-tu en voilà. Et la mission de France Culture toujours plus proche des oubliettes.

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Mar 06 Jan 2015, 23:20

Je sens que l'homélie de frère Plenelarole ce jeudi matin sera croquignolette...

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Mer 07 Jan 2015, 04:44

Bel exemple de "misomusie", dans sa forme "intellectuelle" au Grand Journal de Canal Plus. Je me permets d’insérer  cette vidéo car vous pourrez y croiser un producteur bien connu de FC et grand pourfendeur de la génération Canal Plus, …..Alain Finkielkraut lui-même.
http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-grand-journal/pid5411-le-grand-journal.html?vid=1193440

Donc  A. F. a beaucoup aimé le roman de Houellebecq. Et bien sûr, un autre producteur de FC, S. Bourmeau, l’a détesté. Quelle surprise !
J’ai quand même l’impression que ces deux représentants de la misomusie intellectuelle s’était déjà fait une opinion sur le livre avant de l’avoir lu.

Un dernier mot sur la grande gagnante, la misomusie démocratique (Le marché en tant que juge suprême de la valeur esthétique). Le roman va probablement battre des records de ventes, bien aidé par la misomusie intellectuelle qui, de facto, fait partie intégrante du vaste plan marketing de l’éditeur. Il y aura même beaucoup de membres de la misomusie populaire qui achéteront le livre uniquement pour confirmer leurs propres vues sur la "soumission".

Tout cela est un jeu de rôle. Pour paraphraser mon vénéré Shakespeare, on peut dire que cette affaire n’est qu’une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus. C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien."

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Jeu 08 Jan 2015, 07:41

@Nessie a écrit:Je sens que l'homélie de frère Plenelarole ce jeudi matin sera croquignolette...

L'actualité l'a mené à changer sa chronique. Alors que normalement ça devait être du genre blablabla épouvantail, blablabla , essentialiser, blablabla stigmatiser, ça a été blablabla stigmatiser blablabla épouvantail blablabla essentialiser.
Il a quand même fait l'effort d'aller chercher son dernier article dans le Monde pour nous en donner l’exégèse. Je ne crois pas que Bossuet se commentait lui-même, si? On n'arrête pas le progrès.

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Liponymie - le Ven 09 Jan 2015, 17:22

Vers midi et demi, M. Pierre Joxe a commenté les assassinats qui viennent d'être perpétrés sans jamais prononcer certains mots : il est parvenu, avec une aisance superlative, à « ne pas souffler sur les braises, [à] éviter les confusions et les amalgames » (« vous êtes bien sur France (in)Culture »). Je vous abandonne le soin de reconnaître les mots qui manquent (i.e. les liponymes) :
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s02/NET_FC_f89f84b7-8fce-4a40-9e78-1d4310288f0c.mp3" debut="05:38" fin="09:32"]
Dormez bien, braves gens, il ne s'agit que de fous* :
« (…) le seul fait qu'ils aient été logés comme on dit en termes techniques on les a ils sont là va faire réfléchir beaucoup les ass... les candidats assassins ou les candidats criminels pour l'avenir et si i sont capturés... vivants... amenés devant le tribunal devant la cour d'assises et qu'ils sont jugés ça f'ra réfléchir encore davantage les gens qui éventuellement pourraient devenir des fous à leur tour et commencer à organiser des attentats (...) » (7'10-7'35).
« (…) y a un problème vis-à-vis d'une certaine jeunesse qui perd la tête qui perd la boule qui peut entrer dans la criminalité (...) » (9'20-9'43).
Va-t-on juger des fous ?
http://www.franceculture.fr/emission-journal-de-12h30-journal-de-12h30-2015-01-09
*On ne dit plus (provisoirement ?) déséquilibrés.

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Du bon usage de la voix passive et de l'euphémisme - le Jeu 15 Jan 2015, 11:17

L'un des plus actifs « déserteurs du réel », M. Eric Fassin, est, en tant que tel, invité à tout propos (et surtout hors de propos) par les producteurs de France (in)Culture. Cette semaine, à la demande de M. Tewfik Hakem (cf. supra n°24), il analyse l'œuvre entier de Michel Houellebecq. Pour ce faire, il use de procédés particuliers : « (…) Michel Houellebecq est un personnage qui apparaît [dans La carte et le territoire] qui joue un rôle très important et d'ailleurs il y a même la mort de Michel Houellebecq qui peut être à la fois le personnage de Near Death Experience ou qui peu(t) être la réalité du personnage de Michel Houellebecq dans La carte et le territoire il y a constamment cette obsession à la fois de montrer son personnage et de le montrer comme une sorte de martyr de la littérature en ce sens-là on peut penser que le titre Soumission est aussi une manière d'évoquer le martyre de Théo Van Gogh, c'est-à-dire ce réalisateur du film de 2004 aux Pays-Bas qui a été euh assassiné pour cette raison. »
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s03/RF_C436D948-6932-4D04-AB3D-533BB0E00F20_GENE.MP3" debut="02:40" fin="03:23"]
Le très sérieux sociologue d'Etat s'étudie, avec une infaillible rigueur, à ne pas « stigmatiser », à « ne pas souffler sur les braises, [à] éviter les confusions et les amalgames ». Par qui M. Théo Van Gogh fut-il assassiné ? Pour quelle « raison » exactement ? Cet usage effrontément politique de la voix passive amène M. Tewfik Hakem à ajouter, avec une hardiesse superlative,  un complément d'agent : « Par des intégristes. » A quoi M. Fassin répond : « Voilà. Donc (…). » Passons à autre chose...
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s03/RF_C436D948-6932-4D04-AB3D-533BB0E00F20_GENE.MP3" debut="03:22" fin="03:30"]
M. Jean-Michel Ribes, le bouffon de la cour sociétaliste, va encore croire que les « intégristes catholiques » perpétrèrent un odieux assassinat en 2004.
http://www.franceculture.fr/emission-un-autre-jour-est-possible-michel-houellebecq-la-carte-sociologique-et-le-territoire-ideo-1
Mme Amélie Perrier peine tout autant à dire nûment la vérité. A la voix passive qui permet pourtant l'ellipse, elle préférait ce matin l'audacieux euphémisme qui dissout efficacement le caractère effroyable de la réalité criminelle  : « (…) en revanche pour Amedy Coulibaly, le suspect dans la prise d'otages de l'hypercacher, (…). » Un « suspect » ? Une simple « prise d'otages » ? L'individu susnommé se rua-t-il par hasard dans une épicerie juive ?  
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s03/NET_FC_96b67a18-f36e-4ed0-8d51-e558d0c387c3.mp3" debut="09:02" fin="09:06"]
http://www.franceculture.fr/emission-journal-de-8h-l-union-politique-francaise-apres-l-attaque-de-charlie-hebdo-2015-01-15

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Rampez bande d'orgueilleux ! - le Lun 19 Jan 2015, 17:26

Parmi les éléments du paradigme idéologique de la maison, il en est un tout à fait fondamental et qui conditionne les autres : celui qu'on appelle -bien à tort- la haine de soi. A tort oui, car sous couvert de dévaloriser sa propre catégorie d'appartenance, il ne s'agit que d'une simulation, et un redoublement d'orgueil -le sien- bien abrité sous une injonction d'humilité -la vôtre- habilement déclinée au fil des contextes d'appartenance emboîtés les uns dans les autres. En clair : le Tartuffe militant -en l'occurrence radiophonique- vous assène que malgré la certitude de votre supériorité, vous ne valez pas lourd face aux so-called inférieurs, en fait vous êtes moins bon.

Ainsi le schème opère usuellement une comparaison en votre défaveur, entre votre catégorie et une autre dont seul votre grossier bon sens vous autorisait à croire être le dominant. En tant qu'être veule et imbu vous avez donc besoin d'une bonne leçon et c'est à cette tâche que s'attellent les façons plus ou moins subtiles par lesquelles on vous fait entrer dans le ciboulot, exemples à l'appui, qu'en tant qu'homme vous êtes inférieur aux femmes, en tant qu'adulte écrasez-vous devant les enfants, en tant que bourgeois vous devriez avoir honte de n'être pas des citoyens d'une honnête et pauvre simplicité. En tant que français vous valez moins que les étrangers, comme occidental vous êtes méprisable devant l'homme du tiers-monde (ça c'est le niveau Frédéric Lenoir) et comme représentant de la modernité vous êtes surclassé au plan humain par les membres des peupleupreumié (niveau Marie-Hélène Fraïssé). Et ça continue et ça peut aller loin. Ainsi en tant que Sapiens-Sapiens et donc Cro-magnon sachez que vous êtes un criminel historique car probablement bénéficiaire et par là complice du génocide contre Néanderthal auquel on ne cesse de trouver des qualités esthétiques, scientifiques, philosophiques, sexuelles enfin tout y passe (niveau de certains invités du Salon noir malgré quelques exceptions).

Le niveau suivant de l'injonction d'humilité est celui que Stéphane Deligeorges met en évidence chaque semaine et notamment ce lundi 19 janvier dans sa chronique animalière. C'est que voyez vous cher nazi ou presque, en tant qu'être humain vous avez besoin d'une leçon d'humilité face à l'animal. Qu'à cela ne tienne : Stéphane se charge de vous l'administrer au moins une semaine sur deux (peut-être pour vous laisser récupérer, bande de larves vaniteuses à la résistance infiniment plus faible que celle de l'Alien !). Donc un coup par ci un coup par là, au fil des semaines tout y passe : la morale, les habiletés du corps, celles de l'esprit. Ainsi cette semaine, c'était l'exploit cognitif d'un chimpanzé qui était chargé de vous aligner avec une rigueur toute jésuitique.

Voici la chronique que vous écouterez à genoux sur une règle en fer :  [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s04/NET_FC_7a75126b-8770-48c7-8144-ac2a306b928f.mp3" debut="01:48" fin="05:47"]
Pour les plus douillets je donne l'essentiel : la leçon chargée de vous en rabattre : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/01/s04/NET_FC_7a75126b-8770-48c7-8144-ac2a306b928f.mp3" debut="04:02" fin="04:57"]

On est légitimement fondé à s'interroger : où donc s'arrêtera le délire ?
La réponse : il n'y a aucune raison que ça s'arrête. D'abord il faudra saler le règne animal donc attendez-vous à vous trouver méprisables en comparaison des végétaux. Puis membres du vivant, serez nuls de chez nul devant les ceusses du règne minéral. Et ensuite ? En toute logique il faudra quitter la planète : vous êtes des immondices de l'univers, indignes de seulement baiser la semelle d'un être galactique et lui-même avec vous devenus raclures de bidet interstellaire tout ce joli monde devra se prosterner devant les habitants des galaxies extérieures.

Un peu plus loin encore il y a n'importe qui. Beaucoup plus loin encore il y a n'importe quoi.


Le sociologue Gerald Bronner qui pratique la contre-leçon de morale, semble s'être penché sur le sujet avec son dernier ouvrage : La planète des hommes. Il identifie une des voies de la dérive idéologique : la négation du caractère humain, qu'il conviendrait de rapprocher de l'animalité. Je ne sais pas ce que vaut son raisonnement (chez Bronner en général c'est plein de trous) mais je veux bien le croire étayé d'éléments convaincants, propres à nourrir la présomption de vérité pour ma thèse. Pour autant, malgré l'ambition de l'auteur je n'y chercherais guère plus de sociologie scientifique que dans ses précédents bouquins. Stéphane Deligeorges lui-même doit penser que c'est un peu moins costaud que Pif le chien.

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