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Le paradigme idéologique de France Culture    Page 6 sur 12

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Le paradigme idéologique de France Culture - le Jeu 28 Avr 2011, 14:25

Rappel du premier message :

Ce qui pourrit le travail de cette station, c’est la façon dont le message idéologique et moral s’y trouve instillé, distillé, saupoudré, présent, archi présent, à toute heure du programme, à chaque page du site. Les grandes lignes sont celles d’une morale à la fois simpliste, héritée de la morale catholique peut-être, mais poussée à un excès et dérivant en discours bifide : militant et moralisateur.

Il n’y a pas même besoin d’être en désaccord ni avec cette idéologie, ni avec cette morale, pour trouver pesant ce qu’en fait la station : un terrorisme de correction -paradoxal car parfaitement hypocrite par ailleurs- et un martelage pesamment infligé à l’auditeur. Ca fait 15 ans que France Culture prend ses auditeurs pour des mômes. Ca fait 15 ans que le préchi-précha nous y attend à chaque détour, à chaque recoin d’émission. Ca fait 15 ans que les journaux de FC sont moins occupés à nous informer des événements qu’à nous dire comment nous devons en juger : à l'aune de l'égalitarisme (sacro-sainte lutte des classes), du tiers-mondisme, du féminisme, de l'écologisme (douchez-vous à l'eau froide et chiez dans de la sciure c'est pour sauver la planète), de l'anti-colonialisme avec promotion de la repentance, enfin et surtout à l'aune de l'anti-économie. Le tout est copieusement servi par cette humilité aussi hypocrite qu'obligatoire, connue sous le nom de haine de soi.

Ce pétrissage de moraline est infect, indigeste, et la soupe en est détestable.

Ce fil en donnera des exemples (on en trouve plusieurs chaque jour). S’il y a des bonnes volontés ou si l’agacement dépasse le supportable, il s’ensuivra peut-être une réflexion ou une analyse de cet insupportable terrorisme moral.
* * *

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Jeu 08 Oct 2015, 09:17

Dans le fil La presse de langue allemande
@Alain Machefert a écrit:
@Yann Sancatorze a écrit:Il faut avouer qu'il y a divers degrés dans l'expression de ces convictions et le sentiment déontologique qui les accompagne... A France Culture, on brise tous les records.

Il est vrai que je ne retrouve pas à NPR le même militantisme qu' à FC.
Ceci dit, ayant connu les radio/TV du service public sous de Gaulle (Cela ne nous rajeunit pas!) j'ai développé une certaine  réponse immunitaire qui me protège de ce genre d'activisme. (...)

La plupart des contributeurs critiques de la partialité de la station ne le sont pas parce qu'ils craignent d'être eux-mêmes affectés directement (infectés, même, puisque vous parlez de « réponse immunitaire ») par le biais politique de FC. Pour ceux qui connaissent la station depuis longtemps ou qui ont une expérience des médias pluralistes dans le temps ou dans l'espace, l'irritation vient de ce que nombre d'auditeurs sans recul se voient plus ou moins subtilement imposer une interprétation unilatérale du monde (les bons/les mauvais ; ce qui est juste et ce qui ne l'est pas ; ce qui mérite d'être traité et ce qui ne le mérite pas, etc.) et que cette formation de l'opinion a des répercussions sur le monde qui nous entoure.

Ce qui blesse l'auditeur, et munstead l'illustre bien dans ses analyses des journaux de FC, ici et dans ce Forum, c'est l'utilisation d'une station publique pour faire passer un parti pris, l'emploi à des fins partisanes et idéologiques d'un instrument dont le nom devrait garantir l'exposition neutre de la complexité des enjeux.

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Objectivité, suite - le Ven 09 Oct 2015, 08:42

La réaction à une proposition de l'ONU sur le climat est celle d'un "économiste d'ATTAC" qui juge la mesure (oh surprise) insuffisante et donne l'exemple de l'aviation et du transport par bateaux. On ne parlera pas de la baisse importante de consommation de kérosène des avions depuis 15 ans, mais surtout on ne donnera pas le contenu de la proposition, ne permettant de la juger que sur ses insuffisances. Sur l'affaire de la Redoute (tirage au sort pour travail tard en journée, mesure extrêmement bizarre pour ne pas dire plus): intervention d'une inspectrice du travail-membre du syndicat SUD. On arrive à ces aberrations : une fonctionnaire censée garantir l'application de la loi se targue de son appartenance à un syndicat qui lutte en permanence contre la loi et/ou son application (je ne porte pas de jugement sur le bien fondé éventuel de cette lutte et encore moins sur le droit de le faire) et c'est elle qui est interrogée, exclusivement, par FC. On aimerait savoir ce que pense de ce tirage au sort d'un type nouveau le gourou de cette pratique, Etienne Chouard, dont les partisans se répandent sur les réseaux. Depuis des années, ce sont aussi des syndicalistes de la police qui présentent, en tant que tels, les faits divers à la radio et à la télévision, sans que l'on ne s'en émeuve. VA-t-on bientôt devoir exiger que les fonctionnaires portent le badge de leur syndicat pour savoir comment la loi sera appliquée, présentée, défendue? Pourra-t-on choisir son interlocuteur de la fonction publique en fonction de son appartenance syndicale? Dressera-t-on des listes d'appartenance syndicale ? Des recours pourront-ils êtes exercés par des citoyens qui pensent que l'État doit être impartial? Le devoir de réserve des fonctionnaires n'existe-t-il plus?

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Tartuf(f)erie à la puissance deux - le Ven 09 Oct 2015, 18:06

Nul n'ignore combien France Inculture, sa direction, sa rédaction et ses producteurs se flattent d'observer la plus scrupuleuse neutralité. Cette chaîne publique veille en effet à ne pas prendre parti. Ainsi, sur son site de l'Internet, vient de paraître ceci : «  Des réalisateurs, des comédiens, des scénaristes* de plusieurs pays européens ont lancé une pétition de soutien a à [sic] l'écrivain italien Erri de Luca (...). Ils n'acceptent pas qu'un "écrivain soit poursuivi pour ses mots"**. Des réalisateurs, des comédiens, des scénaristes de plusieurs pays européens lancent un appel pour soutenir l'Italien Erri de Luca, qui risque la prison pour avoir évoqué le sabotage de la ligne de TGV Lyon-Turin dans une interview à la version italienne du Huffington Post. Après l'interview donnée à Guillaume Erner dans les Matins ce lundi, France Culture publie cet appel ouvert à la signature. » Cette publication ressortit-elle à l'information (la plus dénuée de partialité)  ? En vertu de quel(s) principe(s) France Inculture ose-t-elle publier cet « appel » plutôt qu'un autre ?***  
Voici le texte de la pétition : « La LTF, la Lyon-Turin Ferroviaire, une société publique franco-italienne, a mené les études préparatoires pour un tunnel TGV de 57 kilomètres au travers des Alpes pour nous entraîner encore plus dans une vie à grande vitesse. Elle a déposé plainte à Turin contre Erri De Luca pour des propos sur le sabotage du projet dans une interview accordée au Huffington Post italien. Le procureur a requis huit mois  de prison ferme. Nous avons lu La Parole Contraire, un livre publié aux éditions Gallimard, où il défend sa liberté de parole. Alors que la France s’est récemment mobilisée pour la liberté d'expression, comment pourrait elle [sic] laisser un écrivain risquer la prison pour ses déclarations publiques ? En lecteurs, nous exprimons notre solidarité avec Erri De Luca. En citoyens du monde [!], nous demandons aux États français et italiens**** [resic] de faire retirer cette plainte d’une société dont ils sont aujourd’hui les seuls actionnaires. En défenseurs de la liberté d’expression, nous n’acceptons pas qu’un écrivain soit poursuivi pour ses mots.*****»

*La liste des « premiers signataires » ne compte pas seulement « des réalisateurs, des comédiens et des scénaristes ».
**Les signataires accepteraient-ils qu'une personne (qui ne se déclarerait point « écrivain » ou qui ne serait pas tenue pour « écrivain ») fût « poursuivi[e] pour ses mots » ?  A quoi les écrivains devraient-ils cet exorbitant privilège ?  
***On ne se borne évidemment pas à reproduire l'appel et la liste des « premiers signataires » ; on communique aussi l'adresse électronique où l'auditeur peut signer lui-même cet appel. Ce faisant, n'encourage-t-on pas l'auditeur à signer ?  
****Cette faute fut-elle ajoutée par le (brillant) rédacteur de France Inculture ?  
*****Ces « citoyens du monde » ne tendent-ils point à n'invoquer ce beau principe qu'en faveur des « écrivains » dont ils partagent l'opinion politique ? Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion aime à répéter : « N'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font » (Descartes dans son Discours de la méthode remarque quant à lui que : « (…) pour savoir quelles étaient leurs opinions, je devais plutôt prendre garde à ce qu'ils pratiquaient qu'à ce qu'ils disaient »).      
http://www.franceculture.fr/2015-10-08-erri-de-luca-le-cinema-europeen-lance-une-petition-de-soutien

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Quel statut accorder à un écrivain ? - le Sam 17 Oct 2015, 10:24

@Antoine Arnoux a écrit:Nul n'ignore combien France Inculture, sa direction, sa rédaction et ses producteurs se flattent d'observer la plus scrupuleuse neutralité. Cette chaîne publique veille en effet à ne pas prendre parti. Ainsi, sur son site de l'Internet, vient de paraître ceci : «  Des réalisateurs, des comédiens, des scénaristes* de plusieurs pays européens ont lancé une pétition de soutien a à [sic] l'écrivain italien Erri de Luca (...). Ils n'acceptent pas qu'un "écrivain soit poursuivi pour ses mots"**. (...) En défenseurs de la liberté d’expression, nous n’acceptons pas qu’un écrivain soit poursuivi pour ses mots.*****»
(...)
**Les signataires accepteraient-ils qu'une personne (qui ne se déclarerait point « écrivain » ou qui ne serait pas tenue pour « écrivain ») fût « poursuivi[e] pour ses mots » ?  A quoi les écrivains devraient-ils cet exorbitant privilège ?  
(...)
*****Ces « citoyens du monde » ne tendent-ils point à n'invoquer ce beau principe qu'en faveur des « écrivains » dont ils partagent l'opinion politique ? Bergson dans Les deux sources de la morale et de la religion aime à répéter : « N'écoutez pas ce qu'ils disent, regardez ce qu'ils font » (Descartes dans son Discours de la méthode remarque quant à lui que : « (…) pour savoir quelles étaient leurs opinions, je devais plutôt prendre garde à ce qu'ils pratiquaient qu'à ce qu'ils disaient »).      
http://www.franceculture.fr/2015-10-08-erri-de-luca-le-cinema-europeen-lance-une-petition-de-soutien

Grand merci Antoine Arnoux pour l'ensemble de la contribution ci-dessus. Vos propos toujours aussi pertinents m'en rappellent d'autres, plus récents, qui intéressent France Culture.

Pascal Ory a été l'un des invités les plus présents dans les émissions de France Culture (le reste-t-il, son nom ne m'a pas frappé ces derniers temps). Il était hier à Strasbourg pour une rencontre-débat sur le livre « Le dossier Rebatet » (cf. page 19 de la brochure Conversations Octobre 2015), livre dont il est le préfacier.

Pascal Ory a glissé une incise qui correspond à votre observation : il y a eu une pétition d'écrivains pour sauver Rebatet (ne venant pas tous forcément de son bord politique), écrivain-pamphlétaire dont la condamnation à mort a été commuée en prison à perpétuité, avant qu'intervienne plus tard la grâce présidentielle. Mais en vertu de quoi un écrivain pourrait-il bénéficier d'un soutien si, selon Ory, le statut particulier qui lui est généralement attribué du fait des valeurs et des principes qu'il transmet est remis en cause par la nature de ses propos (ici l'appel au meurtre des juifs en tant qu'individus et communauté) ? Pascal Ory a ajouté que le fait d'être écrivain ne conférait pas un droit d'exemption à la loi commune.

C'est le contraire qu'affirment les pétitionnaires en  laissant entendre qu'à partir du moment où une personne a son nom sur la couverture d'un livre, elle devrait être intouchable, quels que soient les mots imprimés sur ledit livre ou exprimés dans une interview.

Il est évident que la question se discute en fonction du régime politique dans lequel vit l'écrivain, mais pour revenir à Erri de Luca, je me demande avec vous si les pétitionnaires auraient montré la même détermination dans la défense de la liberté d'expression si cet écrivain-ci n'avait pas été d'extrême-gauche .  

Enfin, il semble que France Culture soit en ce moment dans la veine "défense et illustration de la lutte armée des années 1970" puisque après les propos de Cesare Battisti (« Pas d'autre choix que la lutte armée ») reproduits sur le site, on nous annonce une émission sur la Fraction Armée Rouge, autrement appelée Bande à Baader.

Le mot « résistance », un des mantras récités à l'antenne, se décline sous de nombreuses formes à France Culture.

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« Bise tonton, bise tonton/T'auras sa galette » - le Sam 24 Oct 2015, 10:43

Jean-Luuc, sous la rubrique « De l'image dans votre radio », a écrit:
@Yann Sancatorze a écrit:Pourquoi ne démissionne-t-il pas de Radio France pour faire se consacrer pleinement à des missions humanitaires ? Déontologiquement, ce que vous postez est une accumulation de fautes graves de sa part, qui exigeraient une mise à pied immédiate si les rédactions de Radio France étaient réellement des rédactions d'information, pour la plus simple et primaire des raisons qu'il engage avec lui la voix entière de l'institution.(...)
Merci pour votre analyse éclairante. A l'opposé de la vôtre, l'entretien d'O. Ouahmane mené par C. Lefrancois, publié sur le site de Télérama ce vendredi 22 octobre 2015 se garde de toute approche critique. Et pour cause, il est publié sous le titre "témoignage". Le "storytelling" du reporter de Radio France continue, photos à l'appui (si vous avez le courage, lisez les légendes photos) :
Reporter à France Inter, Omar Ouahmane a suivi jusqu'en Autriche une famille fuyant la guerre en Syrie. De simple observateur, il est devenu acteur, notamment lors de la traversée mouvementée de la mer Egée.
C'est un phénomène d'exode unique depuis la première guerre mondiale. 323 000 migrants ont débarqué sur les côtes européennes, ces huit derniers mois, fuyant les atrocités de la guerre en Syrie. Pour France Inter, Omar Ouahmane a voulu donner des visages et des voix à ces hommes, femmes et enfants noyés dans les statistiques. Pendant douze jours, il a ainsi suivi pour 12 jours dans la vie d'un réfugié — un documentaire diffusé dans Interception — une de ces familles qui a tout abandonné pour fuir en Europe.
Un long périple au départ d'Antakya (Antioche) en Turquie, près de la frontière syrienne : traversée de la mer Egée en bateau pneumatique jusqu'à la Grèce, puis la Macédoine, la Serbie, la Hongrie et enfin l'Autriche, d'où l'on peut rallier la Suède. De ce reportage, Omar Ouahmane se souviendra longtemps : il est sorti de son cadre de journaliste pour partager, bien plus qu'il ne l'aurait imaginé, l'épreuve du Syrien Wassim Tain, de son épouse Maya et de leurs deux enfants Lotus (5 ans) et Mohammed (2 ans).
Avez-vous eu des difficultés à trouver cette famille et à la convaincre d'être accompagnée par un journaliste français ?
Le reportage a mal commencé... Je suis resté 48 heures à la frontière qui sépare la Turquie de la Syrie au niveau de Bab al-Haw, où passent clandestinement les réfugiés. Mais j'ai été repéré par les soldats turcs et j'ai passé une nuit difficile au poste avant d'être relâché. A défaut de partir de la frontière comme je l'espérais, je suis allé à la gare routière d'Antakya, à trente kilomètres. C'est là que j'ai rencontré la famille que j'allais suivre : deux ingénieurs et leurs enfants originaires d'Idlib, au nord de la Syrie.
A gauche : Lotus, dans les bras de son père, a fini par obtenir un laisser-passer pour Athènes.
La Turquie, qui fait face à un afflux conséquent de réfugiés, a verrouillé ses frontières. Comment cette famille est-elle parvenue à franchir cette étape ?
Cette première frontière est la plus difficile, car le secteur est escarpé, et il faut courir sur plusieurs kilomètres de nuit avec les enfants, sans faire aucun bruit, pour échapper à la vigilance des groupes armés. La clôture a été coupée à certains endroits. Les passeurs s'arrangent alors avec des soldats qu'ils payent pour fermer les yeux sur le passage des groupes de réfugiés, pendant une heure. Tout le monde est de mèche car il y a beaucoup d'argent à se faire (90 euros par personne pour entrer en Turquie). Le plus cher demeure la traversée de la mer Egée. Rallier la Grèce en bateau à [sic] ainsi coûté 3 000 euros à la famille Tain.

Qui peut se permettre un exode aussi coûteux ?

Les classes moyennes qui habitaient des zones tenues par le régime, jusqu'alors épargnées par les bombardements. La famille que j'ai suivie vient d'Idlib, ville tombée avant l'été dans l'escarcelle de la rébellion. Il y a aussi beaucoup de gens d'Alep et de Palmyre.
A Athènes, en attendant le bus pour la frontière macédonienne. La matinée a été éprouvante pour les enfants.

Quels ont été vos rapports avec la famille et les autres réfugiés qui voyageaient avec eux ?
Les migrants n'aiment pas les journalistes de télévision. Ils ne veulent pas être reconnus car leurs proches restés au pays craignent des représailles. Personnellement, pendant le reportage, j'étais hanté par la nécessité de ne pas les mettre en danger, et de ne pas les perdre de vue. Plus que journaliste, j'étais aussi un peu le tonton... Nous avons partagé des moments forts, comme ce jour à Izmir où ils essayaient les gilets de sauvetage, juste avant la traversée vers la Grèce. Ils pleuraient et j'étais aussi au bord des larmes. Nous avons embarqué au milieu de la nuit sur un bateau pneumatique conçu pour 15 personnes maximum. Nous étions cinquante passagers dont dix-sept enfants. Maya m'a confié sa fille pour que je m'occupe d'elle si jamais l'embarcation venait à chavirer, car elle ne savait pas nager et ne pourrait lui porter secours.
De journaliste spectateur et témoin vous êtes devenu acteur, en prenant la direction du bateau engagé dans la mauvaise direction, en pleine nuit...
J'étais préparé. Je disposais d'un téléphone satellite et d'un traceur GPS. Physiquement, je me suis entraîné en nageant beaucoup avant mon départ. Lorsque le passeur a plongé, en nous laissant seuls sur le bateau avec un réfugié à peine formé pour naviguer, j'ai consulté mon GPS et j'ai vu que nous faisions fausse route. La lune nous éclairait à peine. Les enfants serrés au centre du pneumatique pleuraient et j'avais toutes les peines du monde à me faire entendre. Je suis alors intervenu pour rediriger l'embarcation, en croisant les doigts pour éviter le passage des gros cargos et les rochers acérés aux abords des îles grecques.
Une fois en Europe, la route est encore longue. Quelles sont les conditions d'hygiène pour les familles rassemblées dans des camps de fortune, et comment s'alimentent-elles ?
Sur l'île de Khios, nous avons été dirigés vers un camp insalubre, sans nourriture ni eau. Les migrants s'approvisionnent dans les magasins avec les économies qu'ils ont sur eux. Globalement, peu d'ONG ou d'associations parviennent à subvenir à leurs besoins.

Vous êtes entré illégalement en Macédoine alors que vous risquiez une peine de cinq ans de prison. Comment avez-vous fait pour échapper aux contrôles ?

Je me faufilais dans le bus. La nuit, il était plus facile d'emboîter le pas au groupe sans se faire remarquer. En Serbie, les soldats ont fait le décompte et remarqué qu'une personne n'avait pas été contrôlée. Ils ont revérifié les laissez-passer de tout le monde. Evidemment, je n'en avais pas. J'ai donc fait mine de le chercher. Quand le soldat est revenu vers moi, un Kurde m'avait glissé le sien en cachette. Grâce à lui, j'ai pu mener mon reportage à son terme.
Que retenez-vous de ce périple ?
Pour moi, l'ennemi du journalisme est l'idéologie. Aujourd'hui, on façonne une opinion publique réticente à l'accueil des réfugiés. Ce qui m'intéresse, c'est de donner la parole aux gens qui ne l'ont pas, comme, pour les besoins de ce documentaire, cette famille victime de psychopathes convertis au djihadisme. L'idée, ici, c'est d'humaniser. Derrière chacun de ces réfugiés, il y a des chemins de vie, des familles, des parents soucieux de donner une vie meilleure à leurs enfants. C'est l'histoire de l'humanité.

« Pour moi, l'ennemi du journalisme est l'idéologie. Aujourd'hui, on façonne une opinion publique réticente à l'accueil des réfugiés » (réponse à la dernière question).
Les journalistes de France Inculture tournent en effet le dos à toute « idéologie » et ne s'étudient ni à « façonne[r] une opinion publique » ni à paralyser toute réflexion (de nature critique). Seul « l'ennemi » pratique « l'idéologie ». M. Ouahmane lui humanise : « L'idée, ici, c'est d'humaniser ». Rappelons à M. Ouahmane que dans l'acception où il le prend, le substantif « idéologie » signifie « l'idée en tant qu'elle domine ». Or « l'idée » qu'il célèbre et applique « domine » au sein de la presse (française notamment) et toute personne qui ose mettre en question l'immigration massive (passée ou présente) est immédiatement taxée de réaction, de haine, de xénophobie et de racisme par les « non-idéologues » à la mode de tonton Ouahmane.

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« Welcome (2) », une plus belle fin - le Sam 24 Oct 2015, 11:43

Dans le fil De l'image dans votre radio post 46
@Jean-Luuc a écrit:(...) l'entretien d'O. Ouahmane mené par C. Lefrancois, publié sur le site de Télérama ce vendredi 22 octobre 2015 se garde de toute approche critique. Et pour cause, il est publié sous le titre "témoignage". Le "storytelling" du reporter de Radio France continue, photos à l'appui (si vous avez le courage, lisez les légendes photos)

@Jean-Luuc a écrit: (...) Télérama :
Reporter à France Inter, Omar Ouahmane a suivi jusqu'en Autriche une famille fuyant la guerre en Syrie. De simple observateur, il est devenu acteur, notamment lors de la traversée mouvementée de la mer Egée.

(...)
Quels ont été vos rapports avec la famille et les autres réfugiés qui voyageaient avec eux ?
(...) Plus que journaliste, j'étais aussi un peu le tonton... Nous avons partagé des moments forts, comme ce jour à Izmir où ils essayaient les gilets de sauvetage, juste avant la traversée vers la Grèce. Ils pleuraient et j'étais aussi au bord des larmes. [/u]Nous avons embarqué au milieu de la nuit sur un bateau pneumatique conçu pour 15 personnes maximum. Nous étions cinquante passagers dont dix-sept enfants. Maya m'a confié sa fille pour que je m'occupe d'elle si jamais l'embarcation venait à chavirer, car elle ne savait pas nager et ne pourrait lui porter secours.

De journaliste spectateur et témoin vous êtes devenu acteur, en prenant la direction du bateau engagé dans la mauvaise direction, en pleine nuit...

J'étais préparé. Je disposais d'un téléphone satellite et d'un traceur GPS. Physiquement, je me suis entraîné en nageant beaucoup avant mon départ. Lorsque le passeur a plongé, en nous laissant seuls sur le bateau avec un réfugié à peine formé pour naviguer, j'ai consulté mon GPS et j'ai vu que nous faisions fausse route. La lune nous éclairait à peine. Les enfants serrés au centre du pneumatique pleuraient et j'avais toutes les peines du monde à me faire entendre. Je suis alors intervenu pour rediriger l'embarcation, en croisant les doigts pour éviter le passage des gros cargos et les rochers acérés aux abords des îles grecques.

Physiquement, je me suis entraîné en nageant beaucoup avant mon départ.: Omar Ouahmane a dû visionner « Welcome » avant de partir. Il ne nous dira rien de l'effet de cette soudaine notoriété et de son image de héros sur sa vie relationnelle.  

Lorsque le passeur a plongé, en nous laissant seuls sur le bateau avec un réfugié à peine formé pour naviguer, j'ai consulté mon GPS et j'ai vu que nous faisions fausse route.(...). Je suis alors intervenu pour rediriger l'embarcation : heureusement ! Mais... en remplaçant le passeur, M. Ouahmane ne l'est-il pas devenu lui-même ?

Tout cette histoire est touchante c'est son but (@ jean-Luuc, je n'ai pas regardé l'album, ayant déjà donné...). Mais son utilité en matière d'information objective (je sais, ce n'est pas le souci de France Culture) est nulle : des témoins de toutes sortes ont déjà rendu compte en long et en large des détails de ces parcours.

En quoi le fait de savoir que des enfants pleurent au milieu d'un canot pneumatique bondé en pleine nuit (le contraire serait étonnant) aide l'auditeur et le lecteur à saisir les enjeux de la question des migrants ?

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Sam 24 Oct 2015, 12:10

@j-Luuc, Philaunet. Ouamane et FC ont "perdu les oies" comme on dit dans le Sud-Ouest. Est-ce le rôle de FC de réaliser c genre de reportage qui n'apprend strictement rien de nouveau que n'ont raconté de nombreux autres journalistes à travers le monde, et souvent dans des conditions encore plus difficiles. Un autre journaliste français a, lui, traversé les déserts d'Afrique, est passé en Lybie, puis en Italie. Ça a été un grand moment de journalisme de reportage et de courage, de témoignage effroyable. On note au passage que le périple de FC a duré 12 jours, dont une bonne partie en bus, ce qui n'est pas grand chose par rapport à ce que d'autres ont subi et subiront. Mais le rôle de FC n'est-il pas plutôt de réfléchir, de faire parler des témoins, les "meilleurs", et pas de se transformer en témoin? Le lièvre de FC, c'est la réflexion, la mise en perspective, l'ouverture de débats, pas de plonger dans le journalisme au quotidien, pas de courir après 0,5 point d'Audimat. Nous avons dit cela mille fois, mais après les déplacements du studio sur divers lieux, on envoie maintenant les journalistes courser l'Albert Londres. Très peu d'intérêt.

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Omar nostrum - le Sam 24 Oct 2015, 14:02

Ci-dessus post 57 et à propos du reportage d'un journaliste ayant accompagné des migrants syriens entre la Turquie et la Suède (cf. le fil De l'image dans votre radio et les ramifications ultérieures du sujet)
@munstead a écrit: (...). Ouamane et FC ont "perdu les oies" comme on dit dans le Sud-Ouest. Est-ce le rôle de FC de réaliser ce genre de reportage qui n'apprend strictement rien de nouveau que n'ont raconté de nombreux autres journalistes à travers le monde, et souvent dans des conditions encore plus difficiles. (...)  le rôle de FC n'est-il pas plutôt de réfléchir, de faire parler des témoins, les "meilleurs", et pas de se transformer en témoin? (...)

La radio belge dans le cadre de l'émission Par Ouï dire a réalisé un travail de bien plus grande valeur sur le voyage d'un Afghan jusqu'en Belgique en faisant écouter son témoignage avec peu d'éléments de mise en scène. Je recommandais le 12 octobre dernier ce numéro dans le fil idoine sous le titre Le Diptyque afghan.

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Quel monde invivable, mes aïeux ! - le Jeu 12 Nov 2015, 21:33

L’inutilité, la pire forme de l’inégalité : France Culture souffre beaucoup de l'inégalité...

C'était mieux avant, en Europe et sur les autres continents... Mais quand ?

L’homme inutile, celui que le monde contemporain a créé, ici le chômeur, le travailleur précaire, peu qualifié, le déplacé,  ailleurs le paysan sans terre, l’habitant des bidonvilles, tous exclus du bon partage des biens et des revenus, tous « économiquement inutiles » aux autres.

C'est déjà Montpellier -Pétrarque ? L'affreux monde contemporain que voilà !

L’inutilité dont parle Pierre-Noël Giraud n’a rien de marginal [sic], elle concerne des centaines de millions de personnes dans le monde, privés [sic]des moyens d’améliorer leur sort. Comment leur redonner une place dans des sociétés obsédées par la croissance? En poursuivant d’autres buts,  comme la réduction des inégalités et  la mobilité sociale. Cela passe sans doute par d’autres politiques économiques.  

Y a qu'à... passer par d'autres politiques économiques. Et le monde idéal est pour demain, ça va de soi.

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Mer 09 Déc 2015, 11:04

@Nessie a écrit:Ce qui pourrit le travail de cette station, c’est la façon dont le message idéologique et moral s’y trouve instillé, distillé, saupoudré, présent, archi présent, à toute heure du programme, à chaque page du site. Les grandes lignes sont celles d’une morale à la fois simpliste, héritée de la morale catholique peut-être, mais poussée à un excès et dérivant en discours bifide : militant et moralisateur.

Il n’y a pas même besoin d’être en désaccord ni avec cette idéologie, ni avec cette morale, pour trouver pesant ce qu’en fait la station : un terrorisme de correction (d’ailleurs paradoxal, car parfaitement hypocrite par ailleurs), un martelage pesamment infligé à l’auditeur. Ca fait 15 ans que France Culture prend ses auditeurs pour des mômes. Ca fait 15 ans que le préchi-précha nous y attend à chaque détour, à chaque recoin d’émission. Ca fait 15 ans que les journaux de FC sont moins occupés à nous informer des événements qu’à nous dire comment nous devons en juger : à l'aune de l'égalitarisme (sacro-sainte lutte des classes), du tiers-mondisme, du féminisme, de l'écologisme (prenez vos douches froides et chiez dans de la sciure c'est pour sauver la planète), de l'anti-colonialisme avec promotion de la repentance, enfin et surtout à l'aune de l'anti-économie. Le tout est copieusement servi par cette humilité aussi hypocrite qu'obligatoire, connue sous le nom de haine de soi.

Ce pétrissage de moraline est infect, indigeste, et la soupe en est détestable.

Ce fil en donnera des exemples (on en trouve plusieurs chaque jour). S’il y a des bonnes volontés ou si l’agacement dépasse le supportable, il s’ensuivra peut-être une réflexion ou une analyse de cet insupportable terrorisme moral.

C'est palpable depuis la rentrée 97, un duo antoine spire et gélinet avait imposé sa vision libérale et politiquement correcte de la radio.
Il n'y eu plus de pensée, plus de pensée en exercice qui permettait de comprendre, on a abolie la compréhension, au nom du bien.

Le paravent bobo où politiquement correcte à caché la dérive vers l'ultra libéralisme nous avons brice couturier
jamais en mal de démagogie et de mensonge, nous avons eu en préparation du référendum de 2005 l'éviction
des chroniqueurs un peu critique pour l'émission du matin (les auditeurs de fc votaient à l'inverse de la population pour le référendum).
(idem france inter avec l'éviction d'alain rey)

Ce qui a été horrible est que l'on a investie fc avec un camouflage de gauche, 'le paravent", pour rassurer et contenter sans aucun doute nombres d'auditeurs sur nombres d'idée dites progressistes.
Mais il n'y avait rien de progressiste et on a assisté à un conditionnement, un endoctrinement par l'énonciation
assommante d'idées, comme si elles étaient des vérités et le bien en soit.
Sans raisonnements, analyses, débats réellement contradictoires, (qui quand ils étaient proposés, ils étaient mise en scènes comme des pugilats en aboutissant à aucune véritable compréhension, d'après ce qui ce faisait et ce fait à la tv) ou volonté de réfléchir et de faire comprendre.

C'était pour cela que nombre d'entre nous sommes devenus auditeurs de fc.
C'est pour cela que j'écoute les anciennes émissions.

D'autres ont perduré mais ont vu leur durée se réduire lundi de l'histoire, salon noir, enjeux internationaux,..

Le pire est d'avoir subit un endoctrinement et abêtissement affiché au nom d'un fallacieux progressisme de gauche.

Qui n'en était pas un, la réflexion, la connaissance par la compréhension le sont.

C'était juste un amoncellement d'idée gauchiste et bobo.
France culture est une somme le plus souvent de prêches moraux et libéraux, bobo ils le sont et n'ont pas oublié
d'être petit bourgeois.
Il suffit de voir pour cela les positions de la rédaction de radio france, le faux nez brice couturier, qui n'est en rien indépendant comme il se proclame mais représente l'avis global et la pensée de fond pour l' économie et la société, de la rédaction de radio france.

Ce tournant c'est celui de Jospin qui médiatiquement ouvertement de gauche mais qui a réalisé un tournant ultra libéral (comme Chirac en 95) mais a eu l'intelligence de faire appel aux mouvements, groupes d'idée de la bourgeoisie dite de gauche c'est à dire, politiquement correcte.
Il leur est lié politiquement et peut être idéologiment, sa compagne en est un exemple, france culture fourmillera d'émission aux messages proches aussi
moralisateurs que ceux des mouvements idéologiques où s'inscrit sylviane agacinski.

Je me souviens de la "réflexion" d'une animatrice-productrice, pour la journée de la femme du 8 mars commentant un défilé de cgt et un autre de cfdt, elle expliqua par un "profond ressentie" que par le fait que la cfdt utilisée de la musique techno pour son char était moderne et que la cgt qui faisait honnêtement de la politique avec des slogans lancés par mégaphone, méthode certes à l'ancienne était ringarde.

Ce qui pour elle recoupé la politique de fond des deux syndicats car il ne faut pas oublié que fc qualifié sous jospin et après, de moderne la position réformiste de la cfdt et de ringarde la lutte sociale de la cgt.

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Re: Le paradigme idéologique de France Culture - le Jeu 10 Déc 2015, 09:51

La COP21 a donné lieu à quelques perles au cours des Matins ces dernières semaines. Deux exemples, à commencer par aujourd'hui :

- Le choix de la rédaction en ce jeudi 10 décembre : les femmes en première ligne face au changement climatique. Assénée comme une évidence, la grande pertinence du genre comme grille de lecture universelle pour analyser le phénomène. C'est tellement manifeste, pourquoi donc s'interroger sur ce qui permet par ailleurs d'expliquer les inégalités, les ravages de la libido dominandi et la crise de la représentation. Soit. Suit le recueil par ONG interposée de la divine parole de cette moitié opprimée de l'humanité dont le discours jusque là inaudible va sauver le monde quel que soit le sujet, équilibres thermométriques compris. La rédemption approche.


- À noter aussi à l'occasion de la COP21 un involontaire et réjouissant loupé, le portrait d'un chef papou participant http://www.franceculture.fr/emission-le-portrait-du-jour-le-chef-papou-mundiya-kepanga-militant-contre-la-deforestation-2015-12-. Entraînée par la naturelle sympathie de FC à l'égard de toute lutte, qui plus est écolo, des peuples autochtones, la journaliste égrène en toute bonne foi, d'un ton paternaliste, l'intégralité des clichés occidentaux (on dirait post-coloniaux d'ordinaire à l'antenne) sur ce bon sauvage : le pittoresque de son accoutrement, son appréhension si spontanée (puérile) des institutions internationales, ou encore, incontournable et tellement savoureux ainsi présenté au premier degré sur cette station, le charisme sexuel de l'homme de couleur vis à vis de la femme blanche. Bref, Tintin au Congo en plus trash, il va falloir pétitionner pour censurer le podcast en même temps que la réédition de Rebatet.

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