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Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule    Page 6 sur 8

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Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Mar 04 Oct 2011, 18:13

Rappel du premier message :

[À NOTER : les contributions 2009 à 2011 sur Le Grain à moudre se trouvent à partir de ce premier billet]

Alors personne n'a encore rien posté sur cette nouvelle mouture du Grain à moudre?

Où Hervé Gardette a remplacé depuis la rentrée le couple Couturier/femme de gauche.

Peut-être sa faute si personne n'a encore posté sur ce sujet : Gardette a donné au Grain une tournure encore plus journalistique actu/info/média qu'il ne l'avait déjà, dans le même temps qu'il l'a vidé de toute substance idéologique - on avait avant une neutralité obtenue par opposition des contraires, on l'a maintenant naturellement -, vidage qui a ses avantages d'ailleurs.

Si je rouvre ces pages, c'est pour évoquer l'émission d'hier (celle du 3 octobre, pour quand aujourd'hui ne sera plus le 4) ; c'était bien d'actualité qu'il était question, mais d'actualité scientifique. Autant le lâcher tout de suite : c'est la première émission de la série qui m'ait vraiment accroché, et pour tout dire, franchement plu.

L'actualité, c'était l'expérience OPERA. Vous savez, celle qui a mis au jours ces fameux neutrinos - de saveur muonique en l'occurrence - qui aurait eu l'audace de se déplacer plus vite que la lumière, sur les 730 km de l'expérience (ce en quoi certains ne s'empêchent pas de voir une remontée dans le temps,  et déjà les blagues fleurissent... Un exemple ?
"Le barman dit : 'Les neutrinos en excès de vitesse ne sont pas admis dans l'établissement'.
Un neutrino entre dans le bar" )

Si le titre de l'émission, E ≠ mc² : la science a-t-elle besoin de ruptures pour avancer ? se rendait coupable d'une accroche sensationnaliste et fausse, ce Grain à moudre fut très bon. Les invités : Françoise Balibar (physicienne), Dominique Lecourt (philosophe) et Pierre-Henri Gouyon  (biologiste), ont été exemplaires de  justesse, de clarté et de finesse.

Pourtant, l'auditoire visé par l'émission est très généraliste, et sa brièveté imposait un exercice difficile de mini-vulgarisation à vitesse grand V, en tout cas de poser quelques repères fondamentaux pour l'auditeur non initié, et tout ça a été très bien fait.

Hervé Gardette n'a pas été en reste, car malgré son goût des formules et du ton très journalistique qui est le sien, ses questions de candide (probablement pas complètement) étaient très bien formulées, pas du tout à côté de la plaque, et suffisamment subtiles pour que l'émissions produise autre chose qu'un ronron ressassant les lieux communs et banalités qu'on pouvait craindre.

Comme d'autres producteurs de France Culture (je pense à Vincent Lemerre), je crois que le ton de Hervé Gardette dessert une subtilité qui semble pourtant bien présente.

Allez, j'ajoute de ce pas l'émission aux suggestions pour la proposition d'écoute pour la peine :
http://www.regardfc.com/t409-la-proposition-d-ecoute#10198
* * *

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Psychanalyse de France Culture ? - le Dim 18 Sep 2016, 13:12

masterkey(http://www.regardfc.com/t412p40-du-grain-a-moudre-deuxieme-formule#26922) a écrit:Il faut dire que les "penseurs singuliers" n'étaient pas les invités de cette émission, mais des penseurs que les invités avaient choisis : Raymond Aron, Tocqueville, Marcel Gauchet, Walter Benjamin, Michael Sandel  et d'autres dont une femme dont j'ai oublié le nom, mais dont un invité a donné la précision qu'il s'agissait d'un membre des "Gouines rouges", groupe dont j'ignorais l'existence jusque là.

L'émission a été peu utile, ne permettant que d'évoquer très brièvement chacun de ces esprits et de s'envoyer quelques piques très grossières. Il n'y avait à l'évidence le temps de discuter d'aucun d'eux en une émission, alors huit (deux chacun), on a du mal à cerner l'intérêt de l'exercice, sinon planter un morceau du décorum intellectuel des participants.
Merci pour cette correction. Votre lecture est meilleure que la mienne. Il fallait donc comprendre de ce texte que les "penseurs singuliers" sont qui ils sont et non les membres du club (quel club ?). : "C’est à un club un peu particulier que nous vous convions aujourd’hui, dans le cadre de la Journée spéciale que France Culture vous propose depuis ce matin : ‘’La France est-elle toujours la patrie des intellectuels ?’’ (...) Mais ce soir, nous avons fait le choix de privilégier des penseurs singuliers, plutôt que de nous pencher sur l’état de santé général de la pensée. A chaque membre du club, nous avons donc demandé de choisir deux auteurs, l’un contemporain, l’autre pas (...)" A quels maîtres à penser se vouer ?

Le flou et le confusion règnent dans la présentation. Je n'y ai déjà perdu que trop de temps. Les quelques minutes du début font entendre comment les invités  s'écharpent sur Marcel Gauchet, Gardette jetant de l'huile sur le feu avec l'affaire de la non-invitation de Gauchet dans un colloque. Est prêté à la participante le fait d'avoir signé contre la présence de l'écrivain, ce qu'elle conteste, sans qu'on la laisse s'expliquer, etc. Passionnant, non ?

Reprenons les étapes principales d'une journée à l'antenne : la Matinale : débat socio-politique ; La Fabrique de l'histoire :  débat enjeux de société à travers l'histoire ; Culturesmonde : débat sur la géopolitique ; La Grande table 2e partie : débat sur des phénomènes d'actualité sociale ou politique : l'euro/le smartphone/ le management éthique/ l'espace médiatique pour les intellectuels ; Pieds sur terre : l'inégalité et le racisme dans le viseur ; Nouvelles vagues : débats de société (la vie privée) ; le Documentaire : enjeux de société (les frontières) ; Grain à moudre : socio-politique ("Y a t-il un niveau nécessaire de communautarisme ?") ; Les Discussions du soir : "idées" (guerre, radicalisation, réfugiés, etc).  

Plus généralement : la présentation du "malaise" sous toutes ses formes (maladie, pauvreté, oppression, aliénation, guerre, terrorisme, etc).  

Et encore  : l'exposition complaisante du manque, de l'absence, de la frustration, du conflit, de la peur, etc.

Pour ? Pour montrer les sauveurs, les thérapeutes, du corps, de l'esprit, de la société, du monde entier. L'aspiration à l'homme providentiel sous-tend la plupart des émissions. Le titre de ce numéro du Grain à moudre en est l'illustration.  

Cherchez une émission réalisée par France Culture  (et non les Conférences du Collège de France) qui soit la présentation jubilatoire d'un savoir ou d'un progrès...

France Culture aime la psychanalyse, pourquoi ne commence-t-elle pas par faire la sienne propre ?

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Re: Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Dim 18 Sep 2016, 15:07

Je crois qu'il ne faut plus espérer autre chose de France Culture. Tout dérive de la définition du mot "culture". Vous mettez dedans un savoir délimité, des œuvres, des disciplines et des champs de connaissance ou d'expression. Moi aussi. Nous espérons des émissions sur le théâtre ou la peinture, le savoir scientifique ou historique, des penseurs ou des artistes ; des émissions qui offrent un savoir, même vulgarisé, une matière, un contenu. Or, vous noterez que les émissions sont de moins en moins construites sous un angle thématique (ex : la pensée de Léo Strauss ; la peinture de Pierre Soulages ; l'œuvre de Claude Simon), et de plus en plus sous un angle (faussement) dialectique (ex : « Y a t-il un niveau nécessaire de communautarisme ? » ; « À quels maîtres à penser se vouer ? »). Je trouve que cette méthode du faux-débat, dans lequel deux invités de chaque bord s'écharpent pendant quarante-cinq minutes, sans s'écouter, sans dialoguer, et sans convaincre aucun auditeur, n'apporte strictement rien ; mais n'est-ce pas le seul horizon de pensée des journalistes qui organisent cela ? N'est-ce pas la mode du "ça repose le débat sur" et du débat moral à la "faut-il / peut-on" ? Qu'offre la presse généraliste d'autre ? Eux se situent sur le même terrain, le pli a été pris.

Vous savez à quoi me fait penser la culture telle qu'elle s'entend sur ces ondes ? À de la culture à la mode "culture gé". La "culture gé", ce n'est pas la culture générale. C'est sa version réduite à ce qui est utile dans une procédure de sélection. C'est la "culture gé", telle qu'elle se pratiquait, avant sa complète disparition au profit des savoirs juridiques et technocratiques, à Science-Po et aux oraux des grandes écoles de fonctionnaires.
Par exemple, « Y a t-il un niveau nécessaire de communautarisme ? », c'est typiquement un sujet sur lequel un étudiant de Science Po peut être interrogé. Ou un admissible à l'École Nationale d'Administration.
Trop de gens ont pensé que la culture générale, telle que l'expression était employée dans la sphère des concours administratifs ou de Science Po, équivalait à une connaissance artistique, littéraire, scientifique "de base", soit les fondamentaux de chaque champ de l'expression ou de la connaissance humaine. Or, généralement, il s'agissait d'articuler, sur un mode oui/mais ou apparence/essence, un problème public de manière à offrir une voie de compréhension, et surtout de résolution à celui-ci.

Cette "culture gé" envahissante, qui a tout de la matière synthétisée des conférences de méthodes de la rue Saint-Guillaume, est de surcroît structurée par une lecture idéologique (même si elle s'en défend). Sur ces ondes, la lecture idéologique est connue : réduction sociologique permanente, lecture gauchisante des phénomènes économiques, politiques et sociaux. Et même dans le traitement d'une œuvre artistique, on retrouve toujours l'obsession du "d'où ça parle" et du "qu'est-ce que ça dit de notre société", qui signe la provenance universitaire et politique des producteurs, animateurs et critiques. J'ai souvent noté qu'il importait moins à ces gens de proposer un savoir, un discours long et structuré sur un objet, bref de la matière, qu'un débat bavard et inconsistant, un thème sur lequel broder indignation morale et partis pris, soit, à mon sens, et visiblement au vôtre, de l'anti-matière.

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Re: Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Mar 20 Sep 2016, 22:21

Philaunet(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#26923) a écrit:

[...]
Reprenons les étapes principales d'une journée à l'antenne : la Matinale : débat socio-politique ; La Fabrique de l'histoire :  débat enjeux de société à travers l'histoire ; Culturesmonde : débat sur la géopolitique ; La Grande table 2e partie : débat sur des phénomènes d'actualité sociale ou politique : l'euro/le smartphone/ le management éthique/ l'espace médiatique pour les intellectuels ; Pieds sur terre : l'inégalité et le racisme dans le viseur ; Nouvelles vagues : débats de société (la vie privée) ; le Documentaire : enjeux de société (les frontières) ; Grain à moudre : socio-politique ("Y a t-il un niveau nécessaire de communautarisme ?") ; Les Discussions du soir : "idées" (guerre, radicalisation, réfugiés, etc).  

Plus généralement : la présentation du "malaise" sous toutes ses formes (maladie, pauvreté, oppression, aliénation, guerre, terrorisme, etc).  

Et encore  : l'exposition complaisante du manque, de l'absence, de la frustration, du conflit, de la peur, etc.

Pour ? Pour montrer les sauveurs, les thérapeutes, du corps, de l'esprit, de la société, du monde entier. L'aspiration à l'homme providentiel sous-tend la plupart des émissions. Le titre de ce numéro du Grain à moudre en est l'illustration.  

Cherchez une émission réalisée par France Culture  (et non les Conférences du Collège de France) qui soit la présentation jubilatoire d'un savoir ou d'un progrès...

France Culture aime la psychanalyse, pourquoi ne commence-t-elle pas par faire la sienne propre ?

Belle synthèse. L'écoute de France Culture me laisse une étrange impression de flou, de brassage d'air.  J'éprouve personnellement plus d'appétit pour les sciences dures que pour les sciences humaines. Peut-être est-ce pour cela que je ressens une sorte de manque de concret  sur cette antenne.

Combien de fois ai-je déchanté à l'écoute de Continent Science par exemple dès qu'il était question d'astrophysique, l'émission était généralement assez vite détournée  (épistémologie, philosophie des sciences...). Les sujets à la mode tels que la matière noire et l'énergie sombre servaient de prétexte idéal à broder sur du vide. Au lieu de ça pourquoi ne pas parler des cailloux ? Oui, des cailloux ! Du concret, de la géologie comparée. L'actualité de Mercure par exemple. J'ai souvenir d'un passionnant podcast de Ciel et Espace sur le sujet, rarement j'ai entendu un géologue communiquer sa passion des cailloux avec une telle bonne humeur communicative. Du concret, le vif du sujet sans broder, sans se perdre dans des considérations sur son rapport aux cailloux. Hélas, on préfèrera nous servir du Trinh Xuan Thuan. Il y a un goût du flou et de l'écran de fumée dès que France Culture veut parler de sciences.

En parlant de Ciel et Espace, j'apprends aujourd'hui que nous avons perdu un des meilleurs vulgarisateurs de la conquête spatiale: Jacques Villain. Je recommande vivement l'écoute des archives de ses interventions.

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Re: Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Jeu 29 Sep 2016, 16:43

On peut recommander l'écoute du numéro d'hier, intitulé : "La redevance doit-elle financer les émissions de divertissement ?"

En réalité, cette question assez étroite a été balayée plusieurs fois sans être réellement approfondie et le débat s'est davantage concentré sur le rôle de l'audiovisuel public et la nature de son financement : faut-il combler les lacunes de l'audiovisuel privé, que veut dire ce mot d'élitisme brandi toujours de façon suspecte, quels sont les nouveaux usages etc.
On relève que les experts mandatés par FC sur ce domaine semblent toujours terriblement dépassés par ces fameux nouveaux usages, et ne peuvent que lancer des généralités avec ce ton de l'évidence experte ("mais les écrans se multiplient, maintenant figurez-vous que l'on  consomme de moins en moins en flux etc."). Tout ce qui a été dit hier se disait déjà il y a dix ou quinze ans. Il n'y a pas de vision ou d'analyse à portée internationale : les services audiovisuels publics d'autres pays, les acteurs privés fournisseurs de contenus de qualité (HBO, Amazon, Netflix, plateformes de podcasts etc.). Bref, ce qu'on nous montre, encore une fois, c'est une classe commentante terriblement insulaire, qui semble fonctionner sur un travail d'étude réalisé en début de carrière, mais jamais réellement adapté et suivi, ce qui, dans le champ de la consommation de médias, est tout de même gênant.

Et c'est évidemment un étonnant paradoxe que d'entendre ces analyses sur France Culture, une station qui fait le pari de l'audience à court-terme en remplaçant son stock d'émissions hors-actualité par du commentaire intello-engagé et périssable de l'actualité, donc à rebours de ces nouveaux usages. Sandrine Treiner nous met en garde contre les "conservatismes de toutes les espèces" tout en menant une stratégie directoriale des plus rétrogrades et passéistes. Comme si l'internet n'existait pas encore...

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Re: Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Ven 30 Sep 2016, 15:25

Oui, un bon numéro car Olivier Babeau,  rédacteur de la note "Refonder l'audiovisuel public" de la Fondapol, appuie sur de solides arguments quelques-unes de ses propositions susceptibles de troubler les habituelles réflexions ronronnantes sur le sujet, par ailleurs bien décrites ci-dessus par Yann.

Le résumé du document qu'on trouve ici énumère d'emblée ces propositions :

  • Suppression de France 3, France 4 et France Ô, privatisation de France 2
  • Etablissement sur le canal 3 d’une chaîne culturelle libérée de toute contrainte d’audience, complémentaire avec France 5 et Arte
  • Refondation de la radio publique sur le même principe en limitant le portefeuille des stations
  • Regroupement de toute l’information publique, quel que soit le média
  • Etablissement d’une gouvernance réellement indépendante du politique et idéologiquement ouverte
  • Maintien du niveau de financement actuel mais remplacement de la redevance par un prélèvement assis sur une assiette plus large.

Au sujet des points en gras, on se demande pourquoi Hervé Gardette n'a pas cru bon de retourner le projecteur vers la Maison de la radio, ni pourquoi, lorsque la discussion a embrayé sur le thème culture vs audience, n'a-t-il songé au cas de France Culture en particulier.

En face, Françoise Bénhamou a apporté une contradiction assez constructive, mais Catherine Bertin (déléguée générale du Syndicat des producteurs indépendants) a passé son temps à produire du discours standardisé au possible, s'offusquant naturellement des idées développées par M. Babeau.

Le parti pris de la Fondapol, celui d'une réflexion sur ce que devrait être le service public s'il n'existait pas et qu'il fallait l'inventer le plus utilement possible, me paraît original et bon.

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Re: Du Grain à moudre, 2<sup>e</sup> formule - le Lun 03 Oct 2016, 22:36

La redevance doit-elle financer les émissions de divertissement ? : une émission dont le sujet était intéressant en effet, mais qui n'approfondit pas grand-chose. On sent Olivier Babeau sur la défensive, il sait qu'il a en face de lui un producteur qui ne lui est pas favorable et deux invitées qui le sont encore moins. Hervé Gardette, malgré ses visibles partis pris (il se force à se faire l'avocat du diable libéral, alors qu'il est spontané quand il s'agit de défendre sa propre idéologie), Gardette donc cherche à garder un équilibre dans le débat. Mais sa propension à rire ou vouloir faire rire dans chaque émission empêche cette dernière d'aboutir à un approfondissement, lequel par définition prend en compte la complexité. Mais à France Culture et dans tout débat organisé sur la chaîne, au contraire, c'est le binaire qui règne : public/privé ; bon/mauvais ; élitiste/pour tous, etc. C'est toujours une chose contre l'autre et jamais un entremêlement.

À propos de "pour tous" et de sacro-sainte "non-discrimination" : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-28.09.2016-ITEMA_21088730-0.mp3" debut="16:19" fin="17:18"]

Et puis on est épuisé pour Olivier Babeau de voir qu'il doit répéter une vérité que s'acharnent à nier les derniers directeurs de France Culture, à savoir que plus la qualité augmente, plus l'audience baisse (pourquoi s'en indigner ?) et plus les programmes sont médiocres plus l'audience augmente (là aussi pourquoi s'en indigner, à moins de vouloir changer la nature humaine, ce qui est effectivement l'idée de certains) :  [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-28.09.2016-ITEMA_21088730-0.mp3" debut="30:48" fin="31:35"]

Un commentaire publié courageusement sur la page de l'émission, pour compléter ce qui a été écrit plus haut par Y114 en post 54 et masterkey dans le post 55 ci-dessus :

Eric Dobler : Emission intéressante, avec cet étrange paradoxe qu'elle soit diffusée sur France Culture. La direction a fait le pari des émissions d'actualité, de politique, de militantisme (contenus périssables) en supprimant les rendez-vous culturels patrimoniaux (précisément ce qui a le vent en poupe parmi le public connecté). Elle va donc à rebours des usages culturels dans un calcul cynique de taux d'audience (faire de l'actu pour surfer sur la popularité des sujets sociétaux clivants), au lieu de se consacrer à ses missions culturelles. Paradoxalement, les archives nocturnes sur France Culture sont plus actuelles que le programme du jour, qu'on oublie sitôt l'avoir écouté, tant il est "pourri" par ces producteurs un peu vaniteux qui prétendent nous décrypter l'actualité (avec une à deux semaines de retard avec le reste du monde, et avec l'objectivité propre aux militants de gauche).

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Hubert Huertas ne nous a pas manqué - le Mar 04 Oct 2016, 12:58

Ne manquez pas non plus le numéro d'hier, Primaire LR : qui incarne le mieux les idées de droite ?, où l'on entendait certains regretter le côté "tiercé" de l'analyse politique, tout en menant une table ronde style BFM, ITélé ou que sais-je. Mais c'est à écouter surtout pour le grand retour d'Hubert Huertas à l'antenne de FC, cette fois crédité comme "journaliste, écrivain et essayiste (Mediapart)". On peine à croire que ce "journaliste" vociférant contre tout ce qui n'est pas de gauche a été responsable du service politique à la rédaction de France Culture. Il avait réussi l'exploit suivant : diriger le service politique d'une rédaction de service public tout en étant rédacteur pour une publication engagée (blogueur sur Mediapart). Comme le médiateur, il était chatouilleux lorsqu'on l'interpellait dans les rubriques de commentaires sur le site de FC, et dans ces échanges, tout montrait qu'il ne comprenait pas que sa position était une violation claire de la déontologie du service public. Il prétendait séparer son rôle de blogueur sur Médiapart de celui de responsable du service politique à FC. J'ai cru, à l'origine, qu'il faisait montre de mauvaise foi, mais j'ai dû conclure à ce moment qu'à France Culture, la rédaction était si profondément enfoncée dans son engagement politique qu'on n'y percevait même plus les fautes déontologiques les plus élémentaires.

Non, Hubert Huertas ne nous avait pas manqué.

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Un débat haut de gamme sur France Culture : ''Vieillissement et dépendance '' + - le Jeu 03 Aoû 2017, 12:58

Un tour de table de haute volée, dirigé de main de maître par Mélanie Chalandon: Vieillissement et dépendance : la France est-elle dans le déni ? dans Le Grain à moudre d'été.

Factuel, intelligent, non-polémique, ouvrant (ou rappelant) de nombreuses perspectives de réflexion et d'action, voilà une "discussion" qui devrait faire l'objet d'une mise en valeur sur le site de France Culture.

Les trois intervenants ont, chacun dans leur activité, une expérience débouchant sur une réflexion qui retient l'attention. Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), est un excellent orateur et pédagogue ; Serge Guérin, sociologue, spécialiste du vieillissement parle un peu plus abstraitement mais reste intéressant ; Annie De Vivie, Fondatrice, PDG et rédactrice en chef du site www.agevillage.com spécialisé dans les questions du vieillissement en direct au téléphone, fournit son savoir spécialisé.

L'art de la direction de débat est illustré de belle façon par Mélanie Chalandon qui a bien préparé son sujet*. À classer parmi les exemples à suivre. Ce niveau n'est pas sans rappeler les débats de qualité sur le même sujet que nos voisins d'outre-Rhin ont dans une émission de format identique "SWR 2 Forum".

Suggestions d'écoute (France Culture aurait pu elle-même faire cette recherche...) : passionnants numéros de Sur les Docks en 2010 "Un peu d’humanitude : une formation de soignants en maison de retraite – Première partie" et 2e partie. (AJOUT : ah, déréférencés et introuvables... En ce cas, voir descriptifs ci-dessous**. Eh, oh, FC ? On remet en ligne les numéros ?)

La recension d'une chronique sur ce forum Le vieillissement durable, une opportunité pour tous.

* Elle a écouté un autre débat pour se préparer. On l'apprend sur la page de présentation où l'on peut lire cette très surprenante phrase d'introduction : "C’était il y a quelques mois dans un magazine de débat d’une radio concurrente et néanmoins amie – le téléphone sonne sur France inter –"

Je croyais que les stations du groupe Radio France étaient complémentaires et non pas concurrentes.


**1. Sur les docks C'est la rentrée ! (4/5) : "Un peu d’humanitude : une formation de soignants en maison de retraite – Première partie" 1 02.09.2010 - 17:00 Premier volet d'un documentaire en deux parties de Claire Hauter et Vanessa Nadjar

Pour faire face au vieillissement inéluctable de la population française – 5,5 millions de personnes âgées de plus de soixante-quinze ans en 2008, avec un pic de la dépendance dans les décennies 2030-2050 - il est urgent d’améliorer les modes de prise en charge des personnes âgées dépendantes. En particulier celles atteintes de maladies Alzheimer et apparentées, surtout quand on sait que les médicaments dont on attendait beaucoup se sont révélés jusque-là décevants. D’où l’intérêt des approches non médicamenteuses.
Or la diminution des moyens et des effectifs dans les maisons de retraite tendent trop souvent à faire du soin une succession d’actes vidés de sens, voire une simple prestation de service. D’autant qu’une étude a montré que 60 % des professionnels de soin, en France, n’ont pas la formation appropriée pour faire la toilette d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui requiert une vraie technicité.
La Maison Morlot est une maison de retraite médicalisée comme tant d’autres dans le 9e arrondissement de Lyon. De taille moyenne, elle accueille soixante-cinq personnes âgées dépendantes, dont douze résidents atteints de la maladie d’Alzheimer. A raison de 0,5 soignant par résident - la moyenne dans les établissements français - le personnel est sous pression.
Ces jours-ci, justement, une formation originale est dispensée par Jacqueline Oulevay. Cette ex-infirmière et directrice de maison de retraite s’est ralliée à l’Humanitude, une philosophie de soins née il y a vingt-cinq ans et implantée en Suisse, au Benelux et au Canada. Changement de regard sur la vieillesse, remise en question de la culture soignante héritée du temps des hospices, valorisation du travail des soignants, quête de sens et de plaisir dans le travail, tels en sont les grands axes. Ses concepteurs, Yves Gineste et Rosette Marescotti, en ont fait une méthodologie qu’ils enseignent à longueur d’année dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Testée dans des institutions auprès de patients atteints de maladies dégénératives, cette méthode agit sur les troubles de la mémoire, de l’orientation ou du langage ; elle vise le maintien de l’autonomie psychique et fonctionnelle et atténue de nombreux troubles du comportement. Son application repose sur quatre piliers simples : le regard, la parole, le toucher, et la verticalité.
« Tout ce qui construit l'être humain dès son plus jeune âge - le regard, la parole, le geste tendre - est trop fréquemment refusé aux personnes âgées, explique son concepteur, Yves Gineste. Celles-ci ne reçoivent en moyenne que cent à cent vingt secondes de paroles par jour et dix secondes de regards ; et encore, il s'agit de regards balayeurs, qui ne fixent pas mais réduisent au néant. Certaines personnes se replient alors sur elles-mêmes et deviennent grabataires, d’autres peuvent adopter des comportements de résistance ou d'agressivité. Quand une personne atteinte par la maladie d’Alzheimer se sent menacée, crie et se débat, même si la maladie l'empêche d'interpréter adéquatement son environnement, c'est à nous de nous y adapter. Il faut en finir avec les soins de force trop souvent pratiqués, reconnaître l'être humain chez l'Autre, malgré les troubles cognitifs et je dirais même parfois grâce aux troubles cognitifs. »
Pendant quatre jours, une dizaine de soignants - cadre de santé, infirmières, aides-soignantes mais aussi psychologue et personnel de service – va mettre en pratique la méthode Gineste-Marescotti dans les soins dispensés aux résidents atteints de CAP – comportements d’agitation pathologique.
Ce cursus sera l’occasion de découvrir le travail quotidien des infirmières et surtout des aides-soignantes et de constater que le prendre soin des résidents est indissociable d’une meilleure formation et d’une remise en dignité des personnels de base dans les établissements destinés aux personnes âgées.

Avec :
Léandre Borbon, directeur de la Maison Morlot ;
Jacqueline Oulevay, formatrice Humanitude ;
Docteur Anne-Claire Thury, médecin coordonnateur,
Et le personnel de la Maison Morlot.

2. C'est la rentrée ! (5/5) : "Un peu d’humanitude : une formation de soignants en maison de retraite – Seconde partie"
03.09.2010 - 17:00 Seconde et dernière partie d'un documentaire de Claire Hauter et Vanessa Nadjar


A la maison Morlot – une maison de retraite accueillant 65 personnes âgées dépendantes, dont 12 résidents atteints de la maladie d’Alzheimer - la formation à l’Humanitude va bientôt s’achever.
L’originalité de cette formation est qu’elle passe par la mise en pratique immédiate des enseignements théoriques lors des toilettes des résidents atteints de CAP, les comportements d’agitation pathologique. Les enjeux profonds du soin sont donc liés à la qualité de la rencontre entre soignant et soigné, à mi-chemin deux ornières que sont la relation fusionnelle et la distance défensive surtout quand il s’agit de personnes âgées dépendantes.
A présent l’heure du bilan approche. Déjà il en est question au grand salon où les résidents valides se retrouvent chaque jour pour des activités dirigées : eux aussi sont concernés par l’Humanitude : aujourd’hui, ils préparent des affichettes pour que les soignants n’entrent pas dans leurs chambres sans autorisation. Un premier pas vers un changement de regard et d’attitude.
Mais qu’en restera-t-il de ces acquis au terme des quatre jours, une fois chacun repris dans sa routine et ses contraintes ? Comment faire pour mette en application cette méthodologie de soins, qui implique souvent de procéder aux toilettes à deux alors que le quota est de 0, 5 soignant par résident et quand on sait qu’il faudrait au minimum doubler le nombre de professionnels dans les Ehpad, les établissements accueillant les personnes âgées dépendantes, selon le dernier rapport de la Cour des Comptes ?
Le fait de revenir à la maison Morlot, quinze jours après la fin de la formation, permettra d’y répondre.

Avec :
Léandre Borbon, directeur de la maison Morlot ;
Jacqueline Oulevay, formatrice Humanitude ;
Docteur Anne-Claire Thury, médecin coordonnateur,
Et le personnel de la maison Morlot.

1 commentaire
Marie06.12.2010

Je suis AMP diplomée depuis 1993 et depuis 4 ans je travaille en maison de retraite dans le Sud Ouest, j'exerce en fait un travail d'aide soignante que je regrette profondément, ma formation d'AMP était axée sur le prendre soin de la personne et l'accompagnement dans tous les gestes de la vie quotidienne. J'ai déjà eu la formation Humanitude dans cette maison de retraite et demain on nous fait comme ils disent une piqure de rappel, je voulais simplement dire que la première formation ne nous a servi à rien, quand je vois la charge de travail que nous avons, pas le temps de prendre le temps, c'est l'usine... J'essaie de faire de l'humanitude quand je peux mais franchement je rentre chez moi avec une boule au ventre, car je n'ai pas fait ce que j'aurais voulu faire, je me bats tous les jours avec ma hiérarchie et mes collègues pour cela, je ne quitte pas mon boulot car j'ai besoin d'argent, mais franchement ces formations ne servent à rien, on ne peut pas les mettre en application... Alors que faut-il faire pour que ça change ?? Dites-moi !!!! J'adore mon boulot, dommage pour toutes ces personnes !!

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L'esprit à moudre et le grain public - le Ven 04 Aoû 2017, 10:14

Effectivement, les émissions "Du grain à moudre" sont généralement de bonne qualité, par le choix des thèmes, le choix des intervenants et l'animation.

Par exemple, il est intéressant de comparer, sur un thème proche de la "désindustrialisation en France", ce que produisait feue "L'esprit public" (émission du 30/07) et "Le grain à moudre" du 31/07.
Dans "L'esprit public", un invité unique nous explique d'abord que la désindustrialisation est une illusion : en gros, si on inclut le secteur des Services dans l'Industrie (l'industrialisation des services !), eh bien, l'industrie est en hausse : CQFD. Ensuite, Thierry Pech se livre au numéro traditionnel en félicitant longuement l'invité pour l'originalité d'une démonstration aussi brillante, etc. J'ai arrêté là l'écoute, ne voulant plus de cette soupe consensuelle de congratulations et renvois d'ascenseur.
Dans "Le grain à moudre", on approfondit tous les aspects de la question (par exemple avec la notion de Plan quinquennal), on échange des idées, etc...

Je suis moins enthousiaste que vous sur l'animation par Mélanie Chalandon.
Elle est sympathique, certes, mais n'a pas la "carrure" d'Hervé Gardette. Elle se contente généralement de passer la parole à chaque invité alternativement, sans les amener à approfondir leurs interventions, et paraît surtout s'accrocher à son "conducteur".
Pendant l'émission sur la désindustrialisation, elle commet une erreur en confondant les ministères...  Ce n'est pas grave lorsque les invités sont de bonne composition. C'est plus gênant lorsqu'elle se retrouve face à des invités plus difficiles, car elle manque alors d'autorité pour assurer la gestion du débat : je me souviens l'an passé (je crois bien que c'était déjà elle, même voix, même manque d'assurance) d'émission où elle était parfois débordée.

Les thèmes sur "Le vieillissement" mais aussi sur "le pacifisme" étaient intéressants en particulier parce qu'ils sont rarement abordés, et les idées présentées apportaient un éclairage suscitant la réflexion chez l'auditeur, du moins pour moi.
Une remarque, peut-être anodine, ou pas tant que cela : je suis agacé par ces consultants qui se croient tous obligés de réformer le vocabulaire pour faire passer une idée. Ainsi, il ne faudrait plus parler de "la dépendance" mais de "perte d'autonomie", ne plus parler de "pacifiste" mais d'"acteur du pacifisme" (!!!). Je n'arrive déjà pas à me faire aux "personnes en situation de handicap" qui ont définitivement remplacé les "handicapés" dans tous les médias.

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Tenue des débats et non-violence - le Mar 08 Aoû 2017, 11:42

SamVa(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#28581) a écrit:Effectivement, les émissions "Du grain à moudre" sont généralement de bonne qualité, par le choix des thèmes, le choix des intervenants et l'animation.
Si l'on remplace "généralement" par "de temps en temps", voire par "exceptionnellement", je suis d'accord avec vous (désolé, si "être d'accord avec quelqu'un aux opinions différentes" est actuellement motif de sarcasme).
SamVa(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#28581) a écrit:Par exemple, il est intéressant de comparer, sur un thème proche de la "désindustrialisation en France", ce que produisait feue "L'esprit public" (émission du 30/07) et "Le grain à moudre" du 31/07. (...)
Merci pour la comparaison développée des deux émissions. L'analyse comparative (dans le temps ou dans l'espace) est toujours  stimulante et instructive. Fred de Rouen en a donné une illustration magistrale dans le fil qu'il a créé La tribune : pour une écoute comparative, où vous pourriez placer l'une ou l'autre de vos études. Attention, le 2e billet de fred de rouen (Jean-Claude Schmitt: Les Rythmes au Moyen Âge) place la barre très haut, mais un billet de 4 ou 5 lignes a toute sa place également.
SamVa(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#28581) a écrit:Je suis moins enthousiaste que vous sur l'animation par Mélanie Chalandon.
À l'écoute du débat Les pacifistes sont-ils devenus inaudibles ?*, je le suis moins également Smile
SamVa(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#28581) a écrit:Elle est sympathique, certes, mais n'a pas la "carrure" d'Hervé Gardette. Elle se contente généralement de passer la parole à chaque invité alternativement, sans les amener à approfondir leurs interventions, et paraît surtout s'accrocher à son "conducteur".
Pendant l'émission sur la désindustrialisation, elle commet une erreur en confondant les ministères...  Ce n'est pas grave lorsque les invités sont de bonne composition. C'est plus gênant lorsqu'elle se retrouve face à des invités plus difficiles, car elle manque alors d'autorité pour assurer la gestion du débat : je me souviens l'an passé (je crois bien que c'était déjà elle, même voix, même manque d'assurance) d'émission où elle était parfois débordée.
C'est également le cas pour Hervé Gardette qui s'est vu reprocher sa passivité et son incapacité à gérer un débat lorsque les intervenants commencent à s'écharper. D'ailleurs, pour éviter tout risque de ce côté, les numéros d'été sont composés avec des invités partageant les mêmes opinions. Il ne faut pas chercher de contradictoire parmi eux, ni chez la meneuse des débats.
SamVa(http://www.regardfc.com/t412p50-du-grain-a-moudre-2e-formule#28581) a écrit:Les thèmes sur "Le vieillissement" mais aussi sur "le pacifisme" étaient intéressants en particulier parce qu'ils sont rarement abordés, et les idées présentées apportaient un éclairage suscitant la réflexion chez l'auditeur, du moins pour moi.
Une remarque, peut-être anodine, ou pas tant que cela : je suis agacé par ces consultants qui se croient tous obligés de réformer le vocabulaire pour faire passer une idée. Ainsi, il ne faudrait plus parler de "la dépendance" mais de "perte d'autonomie", ne plus parler de "pacifiste" mais d'"acteur du pacifisme" (!!!). Je n'arrive déjà pas à me faire aux "personnes en situation de handicap" qui ont définitivement remplacé les "handicapés" dans tous les médias.
Fort d'accord avec vous sur tout cela. Détail qui a son importance, ce n'est pas le terme "acteur du pacifisme" qui a été choisi par Jacques Sémelin, mais "acteur de la non-violence" dont il a expliqué pertinemment  le choix.
Sur l'émission qui aurait pu convenir à France Inter : une grosse dose de bavardage mal maîtrisé, un stress de l'auditeur dû à l'impatience audible de Mélanie Chalandon et des autres intervenants devant la parole peu radiophonique d'Edith Boulanger, du Mouvement de la Paix, qui a quand même le droit d'avoir l'âge qu'elle a.

Des moments intéressants néanmoins dont un que j'ai apprécié (sujet, Traité d'interdiction des armes nucléaires) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10175-03.08.2017-ITEMA_21399726-0.mp3" debut="24:36" fin="27:12"]

* (...) Il fut un temps où le débat se posait même à l’inverse : faut-il supprimer le ministère de la Défense ? Courant de pensée minoritaire, certes, mais qui savait se faire entendre. Pacifisme et anti-militarisme allaient de pair : mobilisations contre les essais nucléaires, contre les euro-missiles ou encore contre les camps militaires dans le Larzac. Que reste-t-il aujourd’hui de cette idée que s’engager pour la paix c’est d’abord faire « la guerre à la guerre » ?

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La continuité selon Hervé Gardette - le Mar 29 Aoû 2017, 18:44

Eh bien, Sandrine Treiner peut être fière de ses troupes en cette "rentrée", c'est effectivement "la continuité" qui est assurée : l'information à fond les manettes et ce qu'elle appelle la vie des idées. Et ça commence très fort ce soir avec Hervé Gardette pour Y a-t-il des statues à déboulonner en France ? Avec ce chapeau : "Rebaptiser les noms de rue controversés, remplacer les statues polémiques par des héros insuffisamment représentés : tout doit-il forcément avoir un « grand nom » dans l’espace public ?"

Et surtout cette première phrase de présentation lue en direct : "Fallait-il ou pas déboulonner la statue du général Lee à Charlottesville, aux Etats-Unis ? Vue de France, la question appelle une réponse claire : oui, il fallait le faire. Le général Lee incarne (parmi d’autres) ce que fut la politique esclavagiste des Etats confédérés du sud.
Oui encore dans la mesure où les suprémacistes blancs en ont fait un de leur
[sic] héros : pour preuve [?], les violences du 12 août dernier, au cours desquelles une manifestante anti-raciste a trouvé la mort."

"Vue de France (...)". Gardette est-il devenu "La France" tout d'un coup (de soleil sur la tête) ? Toute "la France" a-t-elle la même opinion que M. Gardette et partage-t-elle ses interprétations ?

Le début du débat actuellement en cours (sans contradictoire) va donner du grain à moudre à... Alain Finkielkraut qui doit ronger son frein en attendant de prendre la position radicalement opposée et de la faire prendre à l'un de ses deux invités lors d'un prochain Répliques du samedi.

Oui, France Culture poursuit dans la continuité avec les mêmes manières de poser les questions, les mêmes formats, les mêmes personnes et les mêmes sujets au scénario usé jusqu'à la corde :  pour ou contre ? Avec l'habituelle leçon de morale, pour conclure dans la continuité. Ouvrez les fenêtres, on étouffe !

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