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Interwiewer Mme Le Pen    Page 5 sur 6

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Interwiewer Mme Le Pen - le Mer 09 Nov 2011, 15:35

Rappel du premier message :

Je voudrais interroger la manière dont on peut aborder l’extrême droite en général dans les médias et particulièrement Mme Le Pen, ce matin sur vos ondes.

Visiblement elle a réussit à déstabiliser l'ensemble des animateurs, pourtant bien aguerris, du plateau.

Ceux-ci, forts de leurs arguments et de leurs chiffrages, ne sont pas parvenus à contrecarrer la logique simpliste, populiste, irréaliste, de leur invitée. La représentante du FN s'exprime sur le terrain de l'agressivité et ne laisse pas la place à la moindre hésitation.

Ainsi Monsieur Vuertas s'est vu désarçonné avec la notion de "débat"qu'il a nié et s'est -forcement- immédiatement retournée contre lui. La brèche était facile.
M. Couturier après avoir exposé des éléments très concrets et très factuels sur les conséquences de la France sans l'Euro, n'a pas pu synthétiser sa démonstration.

La véhémence Le Peniste commande le ton et le tempo.

Comment interviewer avec pédagogie et sans verser dans l'opposition systématique le front national ?
Si on ne l'invite pas il se place sur le terrain de la victimisation, si on l'invite trop on banalise son discours.

Je pense qu'il a été maladroit de dire à Mme Le Pen, "je suis d'accord avec vous sur ce point" car on créé la "légitimité France-culture".

Le problème n'est pas simple et va devenir de plus en plus sensible jusqu’à mai 2012...
* * *

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Re: Interwiewer Mme Le Pen - le Sam 17 Déc 2011, 18:54

@terki a écrit:[...] il ne suffit pas de dire que le FN apporte des réponses, pour faire de lui un partie qui " aborde les problèmes que d'autres ne veulent pas aborder".
Au contraire, je crois que cet énoncé se tient très bien lui-même, qu'il est cohérent en soi et complet, et qu'il n'est pas plus superficiel que les propos qui visent à déconsidérer un parti politique pour lui retirer l'accès aux médias.

@terki a écrit:[...] c'est pourquoi des émissions de fonds , solidement documentées, et accessibles à n'importe quel publique valent mieux que des shows en directs [...]
c'est tout ce que je dis par rapport au sujet du post : Interwiewer Mme Le Pen.
Ici j'abonde, et j'ajouterai alors, pour reprendre une de vos formules, qu' "il ne suffit pas de" préconiser cela, (qui est le B-A-BA du journalisme) pour répondre à la question de Nils "comment aborder l'extrême-droite en général dans les médias et en particuler Mme Le Pen ?" (mais au fait, qui d'autre ?).

Je note bien que vous n'aimez pas entendre des âneries en Direct. Moi non plus, c'est pourquoi la première moitié de cette matinale m'a semblé lamentable. La seconde en revanche, se rapprocherait de ce que vous préconisez, et c'est Marine Le Pen qui s'est mise à envoyer des bourdes. Signe que la préparation de Brice Couturier était déjà plus adéquate.

Par contre, je crois qu'il faut conserver le direct. Comme nous sommes dans le domaine des idées et des préconisations politiques, la mise en discussion est indispensable, faute de quoi on tombe dans le travers idéologique déjà bien présent sur cette chaîne avec ses émissions de docu et de reportage : la pensée unique à la sauce FC.

Alors pour revenir à la question que pose Nils, que penseriez-vous de donner à Marine Le Pen des interlocuteurs capables de lire son programme et de lui en parler sans l'agresser ? Bref le contraire de ce qu'a fait Huertas. Et où les trouve-ton sur FC, ces interlocuteurs ? Certainement pas parmi les idéologues de la ligne maison...

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nullité en direct - le Lun 26 Déc 2011, 17:12

Intrigué par tout ce débat provoqué par cette émission,je l'ai finalement écouté .Ce qui m'a marqué,c'est la nullité de Huertas,incapable d'étayer sa première question et ensuite vexé que Le Pen lui en fasse reproche,elle n'a eue besoin d'aucun tour particulier pour le disqualifier.Peut-etre que les politiciens conventionnels sont trop polis ou formater pour faire remarquer a ce cher bebert son incompétence

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Et demain le deuxième round ?? - le Lun 02 Jan 2012, 20:41

Ce matin à 8h38 Marc Voinchet a annoncé le nom de l'invité demain mardi : Louis Aliot, qui est le n°2 du FN. Après Jacques Sapir ce matin, ça va donc faire 2 invités consécutifs qui militent pour la fin de l'Euro. Et mercredi Lordon, puis jeudi Jorion ? Et le vendredi ? Ah non c'est vrai, le vendredi c'est culturel... on laissera donc un artiste engagé -disons Daniel Buren s'il n'a pas digéré la conversion en euros des milliards dont il a soulagé le contribuable français- venir nous expliquer que l'Euro est foutu et que déjà Maastricht était une erreur.

Kamème, alors que certains auditeurs ont encore quelques rares cheveux à s'arracher après l'affligeante émission du 9 novembre avec Marine Le Pen, on peut se demander si c'est Hubert Huertas qui a exigé d'avoir une revanche, ou bien si au contraire ça le rend déjà malade, et s'il a préféré poser un congé ou se faire porter pâle, ou s'il a été se faire arracher 8 dents ? Peut-être il aura un mot d'excuse ? Et dans la négative, ultra brieffé-préparé et dopé à la Huertonine va-t-il encore se prendre une piquette ? Sera-t-il capot ou K.O. ? Va-t-il balancer à l'invité "je vous trouve triste et nerveuse" , une fois que l'autre lui aura infligé une nouvelle déculottée ?

Et l'invité, au fait ? I mean : celui de demain, Louis Aliot : est-ce que lui aussi c'est un loubard de la politique ? Sera-t-il aussi arrogant que Marine Le Pen, incapable de ne pas accabler un interlocuteur à terre, et tout aussi incapable de ne pas jouer l'obstruction devant ceux qui pourraient la mettre en difficulté ? Car c'est marrant de voir que Marine joue la carte de l'obstruction, carte que presque plus personne soucieux de crédibilité n'ose jouer maintenant sauf peut-être un Peillon, qui n'a pas encore compris, comme avait sur le faire disons une Ségolène Royal, changeant de ligne après avoir compris que c'est une condition pour passer du statut de fléau de débat à celui de candidat crédible ?

Anattendant cette rencontre dont on ne sait si elle sera pitoyable ou valable, technique ou idéologique, je profite de l'annonce de 8h38 (nullement répercutée sur le site de FC, notons-le) pour présenter un déroulé de cette affligeante matinale de début novembre ...

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Résumé de l'épisode précédent : 9 novembre 2011 - 7h40 - le Lun 02 Jan 2012, 20:45

A peine bouclé le billet quotidien d'Hubert Huertas, ça commence avec la question des 500 signatures requises pour se porter candidat aux présidentielles, et là une première ânerie de Marine Le Pen que personne ne relève : si M. Lang a ses 500 signatures, c'est qu'on les lui aura données, puisque dit-elle, le FN qui est grand mouvement, doit ramer pour les obtenir. C'est oublier que les consignes et le chantage anti-FN que reçoivent les maires de France -véritable déni de démocratie- ne se met en route que pour autant que le candidat FN soit dangereux, vu l'importance qu'il a acquise. Mais tant que le potentiel d'un candidat ne s'élève que jusqu'à 0,1 % , il n'est nul besoin de le bloquer en le privant de ses signatures. La réponse de Marine le Pen est donc exactement le contraire de ce qu'elle devrait être, et une énormité déjà révélatrice du manque de finesse argumentaire de l'invitée. Effectivement, on verra que la plupart de ses points elle les marque soit par son énergie personnelle (le culot, l'arrogance) au service de sa rhétorique, soit grâce aux bévues de l'adversaire. En face, que personne ne relève cette absurdité est déjà bien dommage. Il est vrai que c'est un aspect tout à fait secondaire parmi les questions à traiter ce matin-là, n'empêche que la discussion démarre vaseusement sur cette dissidence de Lang au sein du FN. Huertas essaie de garder la main pour asticoter Le Pen, qui n'a aucun mal à marquer ici son premier point : en 2002 une dissidence bien plus dommageable, celle de Bruno Mégret, n'avait pas empêché le Front de se retrouver au second tour.

Ayant encaissé ce premier but, Hubert repart valeureusement à l'assaut, interrogeant Marine Le Pen sur son voyage aux USA, voyage dont il s'étonne : que diable allez vous faire là-bas ? Vous allez chercher quoi au juste puisque vous n'êtes pas atlantiste ? L'auditeur peut à bon droit se demander à quoi rime cette question qui ressortit à la pure chicane. L'invitée, pas encore arrogante jusqu'alors, ne peut s'empêcher de rire, parce qu'elle devine à ce moment-là qu'elle a en face d'elle un tout petit joueur, et que pour elle la partie est gagnée d'avance. Alors elle lui arrache la parole et la garde, pour placer des arguments furieusement identiques à ceux des idéologues de l'ultra-gauche : ceux du racolage antilibéral et anti-mondialisation. Marine dit avoir été porter la bonne parole à ses homologues d'outre-atlantique, mais on se dit que c'est quand même faiblard pour se donner une dimension internationale, que d'aller rencontrer les partis minoritaires des autres grands pays. Voinchet tente de la pousser à s'expliquer sur l'incohérence qu'il y a à jouer la carte de l'anti-libéralisme tout en allant rencontrer les libertariens américains. Mais elle dégagera la question, par une pirouette rhétorique, et va bien vite revenir marteler son credo anti-mondialisation.

De là quand elle passe à l'inéluctable fin de l'Euro (comme Lordon Jorion et Sapir) Huertas lui objecte qu'elle n'est pas la seule ; et le pire c'est que, mis au pied du mur par son interlocutrice, il ne pourra pas même justifier cette remarque. Il faudrait s'arrêter sur ce dialogue pour montrer ce qu'il a d'irréel : le fonds de la discussion, à ce moment-là, devrait porter sur l'Euro, sur la possibilité et l'opportunité d'abandonner cette monnaie. Or que se passe-t-il : Hubert lui dit qu'elle n'est pas la seule mais il ne peut pas fournir un seul exemple. En face elle justifie son point de vue en citant quelques experts sans qu'on sache bien si elle dit s'en être inspirée ou non (Sapir c'est de l'ultra-gauche et Cotta n'est à Radio-Courtoisie que parce qu'il est tricard ailleurs), elle semble plutôt arguer d'une convergence de vues.

Objectivement c'est bien Huertas qui se plante : parmi les politiques, aucun candidat d'importance ne se hasarde à parier sur la fin de l'Euro. Cela elle n'a aucune peine à le montrer. Alors que fait-elle ? Elle écrabouille le journaliste. Elle a pris la parole et elle la garde, fidèle à la pratique de l'obstruction qui caractérise les débatteurs n'ayant guère de fond. Elle argue que cette sortie de l'Euro, les peuples de l'Europe ne demandent que ça -mais elle n'a qu'un exemple à donner : celui de l'Allemagne. Marc fait remarquer que les populations -pas même les grecs- ne sont pas partisans de quitter la zone euro. Et parce que la population allemande dit-elle, y serait favorable, elle préconise un référendum dans chaque pays d'Europe. Elle semble ignorer que le référendum est impossible en Allemagne, où il est interdit par la Constitution. A ce moment, on pourrait s'arrêter sur la question des opinions publiques : est-ce bien correct de citer seulement l'Allemagne pays fort, tout en négligeant que dans les pays qui traversent une mauvaise passe économique, il n'en va pas de même.

On n'aura pas le loisir de poser cette question, car entre temps Huertas revient dans la discussion... avec le même argument de l'exclusivité, et des scies rhétoriques qui ne vont l'emmener nulle part "je tiens à mettre les choses dans leur contexte" (ah bon, lequel ?) ou "les auditeurs en jugeront". Et comme lui-même est clairement favorable à l'extrême-gauche, probablement furax de la voir marcher sur ses terres de l'anti-capitalisme, de l'anti-libéralisme, de l'anti-atlantisme, il aimerait bien la pousser à reconnaitre qu'elle a pompé ses idées à d'autres, à ses petits copains à lui. Du coup les voila maintenant en plein dialogue de sourds. Aucun des deux ne semble vouloir traiter du fond du sujet, et c'est le plus arrogant qui fera taire l'autre : Huertas se laisse submerger et ne trouve à lui répondre que "on n'est pas là pour faire un débat". Alors ça c'est vraiment génial : le chef du service politique reçoit une quasi-déjà candidate aux présidentielles, et parce qu'elle parvient à le coincer il rétorque qu'il n'est pas là pour discuter. Bel aveu d'impuissance...

Si on fait le bilan de ces 13 minutes, eh bien l'auditeur n'a rien entendu sinon 2 cabots occupés à se bouffer le nez, et un score de 3 à zéro en faveur du plus hargneux des deux. Cette matinale n'est pas seulement une raclée pour Huertas : c'est aussi du temps d'antenne en pure perte, aussi bien pour les idéologues que pour les esprits demandeurs d'information (ne parlons même pas de ceux qui voudraient de la culture).

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9 novembre, 2eme partie : 8h15 - 8h30 - le Lun 02 Jan 2012, 20:53

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A 8h16, Brice Couturier tente une autre carte en tirant la discussion vers l'économie : le FN étant désireux de se normaliser en passant du statut de mouvement tribunicien à celui d'un parti de gouvernement, il aurait maintenant un programme économique... mais qui se résume à la sortie de l'Euro. Couturier qui s'appuie sur la lecture d'autres économistes, va donc développer sur les effets d'une sortie de l'Euro : aucun des pays affaiblis n'y a intérêt. Leurs monnaies nationales ressuscitées seront trop faibles face au dollar ou au yuan. Ces pays n'échapperont pas à une inflation forte, à une chute de PIB, un effondrement bancaire (on comprend donc que Jorion qui veut la mort des banques, tout à la fois prèche et attende la fin de l'Euro), une fuite de capitaux résultant de l'inéluctable dégradation de la monnaie, à une guerre des changes et à une envolée des taux, à une montée en flèche des couts de revient et des prix, à la ruine des assurance-vie. C'est clairement un tableau catastrophiste que nous sert Couturier, et il n'a rien à envier à celui d'un Jorion, sauf qu'il va dans le sens inverse : il faut sauver l'Euro. Inspiré de Christian St-Etienne et de Patrick Artus, Couturier préconise une sortie de la crise par le haut : en premier lieu, renforcer l'harmonisation budgétaire et fiscale dans l'Union Européenne ; et surtout, s'inspirer des efforts de compétitivité de ceux des pays d'Europe qui parviennent à ne pas souffrir de la crise. Quant à la monnaie européenne, il préconise d'en laisser le contrôle à l'Allemagne.

C'est sur ce dernier point que l'invitée va répliquer immédiatement : après avoir patiemment écouté le chroniqueur, la présidente du FN s'arrête sur la conclusion pour rétorquer par sa fameuse énormité "mais si c'est ça, est-ce que ça valait la peine de se battre pour gagner la guerre ? " (énormité qu'on a déjà commentée dans le post qui est au bout du lien ci-avant). De là elle passe à l'inventaire des points de désaccord avec le chroniqueur, mais il faut noter qu'à la série d'objections qu'il va lui renvoyer, elle ne fera rien d'autre que répéter son point de vue initial. C'est encore un point commun -rhétorique, celui là- avec Paul Jorion, et ça va continuer puisque dans cette bataille de références, elle disqualifie la thèse du maintien non en elle-même, mais parce qu'elle est défendue par des économistes qu'on dit au service des banques. Marine le Pen argue qu'elle ne défend pas les banques mais le "peuple" (elle reste donc fidèle à sa ligne revendiquée -sinon à l'étiquette qui va avec- celle du populisme). Bientôt va venir le tour de la grande distribution. S'il y a une habileté de Marine Le Pen, elle est là : prendre les idées du populisme de gauche et les agiter avec une énergie renouvelée, en profitant du fait que l'extrême-gauche se trouve maintenant privée de leader.

Elle présente ensuite le second volet de son programme : le protectionnisme. Mais c'est un protectionnisme économique au niveau national, et non pas européen comme le suggèrent Emmanuel Todd ou Sapir et maintenant même Wauquiez. Pourquoi au niveau de la France et non de l'Europe : parce qu'elle n'y croit pas, parce que l'Europe est fondée sur l'ultra-libéralisme. Elle a donc joué sur du velours : l'anti-libéralisme endémique à FC lui a permis de récupérer à son profit le paradigme idéologique de la chaine.

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De 8h30 à 8h40 - le Lun 02 Jan 2012, 20:58

A 8h30 le débat, qui venait de démarrer, va être de nouveau fusillé par le retour de Huertas, qui réédite sa bourde de la première partie : arguant que l'invitée ne dit rien d'original, il se retrouve une fois de plus cloué quand elle énonce ses préconisations avant de le sommer de dire qui d'autre fait les mêmes propositions. La scène est pathétique : une aventurière de la politique est en train de sadiser en direct un journaliste perclus d'idéologie, devant ses centaines de milliers de fans qui ne savaient pas encore qu'il avait depuis longtemps dépassé son niveau d'incompétence. Alors ça fait mal. J'ai tellement souffert pour Huertas qu'il m'a fallu presque 2 mois pour réécouter dans le détail cet exercice de torture livré en direct devant les fans de Hubert, impuissants pendant que cette tarasque s'apprête à dépecer leur champion. Et il faut entendre sur quel ton elle fait taire Brice qui lui objecte que, d'être la seule à proposer une mesure, ça n'est pas nécessairement bon signe : elle lui balance en sur-articulant "excusez-moi, je réponds à votre confrère !! " sur le même ton ultra-sec qu'elle lui aurait pris pour lui dire "toi, ta gueule, tu t'en mèles pas sinon tu t'en prends une !! " avant de se remettre à ricaner sa joie mauvaise parce qu'en face Huertas maintenant planqué derrière son micro est encore en train de rapetisser comme un personnage de Tex Avery qui ayant ouvert la mauvaise porte, se trouve face à un fantôme ou un monstre effrayant, en l'occurrence c'est une sorte de dragon. Au coeur de ce second bouffage de nez, Couturier n'est pas parvenu à reprendre la main alors qu'il posait à Mme Le Pen la question valide, non pas celle de l'exclusivité de sa proposition d'une reprise de la maîtrise à la fois bancaire et monétaire, mais celle de son bien-fondé. Le duel stérile entre Huertas et le Pen a permis d'éviter cette question.

C'est donc à Voinchet que revient l'effort de sortir le débat de l'ornière où Huertas l'a consciencieusement enfoncé. "On voudrait comprendre le programme et les solutions que propose le FN en matière économique", demande Marc. Or dans les minutes qui suivent, ça n'est pas un programme qu'on entend, c'est le tableau du naufrage de l'Europe, "livrée pieds et poings liés à la concurrence déloyale" au détriment de sa santé économique et sociale, bien sûr. Tableau juste ou non, excessif ou non, couplet catastrophiste qui s'éternise sans répondre vraiment à la question, enfin elle en vient au fait : comment redevenir compétitifs ? Il n'y a que deux moyens, dit-elle : soit par le protectionnisme, soit par la concurrence au prix de la perte des acquis sociaux. Notez bien que, plutôt que répondre à la question en détaillant sa solution (la première), elle choisit de répondre en réfutant la thèse adverse (la seconde) proposée par Couturier. D'ailleurs je ne dis pas qu'elle a tort car je n'en sais rien, mais je remarque que le plan qu'elle dit avoir, il reste flou, léger, non détaillé, d'ailleurs un peu plus tôt elle a annoncé que le FN le présenterait ultérieurement. Il n'y a donc pas de plan bouclé, ou bien elle ne le maitrise pas encore. Nous verrons si Louis Aliot fait mieux, à mon avis ça sera le cas et c'est pour cela qu'il faut écouter la matinale de demain.

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Et n'oublions pas la dernière manche (8h40 - 8h45) - le Lun 02 Jan 2012, 21:03

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A 8h 40, Alain-Gérard Slama se dit surpris par le passéisme, par la fermeture d'un programme qui du coup n'est guère exaltant : sans ambition, sans véritable projet, et en contradiction avec ce que l'esprit du FN avait pu avoir, malgré tout, de positif pendant des années : regarder vers le haut. Ici la réponse de Marine Le Pen fait référence à De Gaulle, à une Europe des Nations, et on se dit que pour la deuxième fois, le débat peut gagner un peu de sens. Malgré un coup de savate envoyé par Huertas qui lui glisse "je vous trouve triste et nerveuse" (belle façon d'élever le débat, Hubert !) elle parvient à continuer en arguant que la France a les moyens de son redressement, mais sans pouvoir expliquer pourquoi ce redressement nécessite la fermeture protectionniste : on pourrait tout aussi bien mettre les si formidables atouts du pays, au service de la fameuse dynamique de concurrence inspirée des voisins allemands ou néerlandais, non ? A Couturier qui dit douter de la faisabilité des nationalisations massives qu'elle préconise, elle répond par le principe d'indépendance, sans véritablement justifier du réalisme budgétaire de son plan.

A ce moment plus personne ne lui pose de question car on arrive au bout de l'émission : c'est l'heure du coup d'oeil de Thomas Cluzel. Après ce billet de Cluzel qui avait prévu un débat axé sur le racisme et qui tombe donc complètement à côté, Voinchet aura la finesse d'envoyer une dernière cartouche, en questionnant Marine Le Pen sur son réel calendrier politique : il veut lui faire confirmer qu'elle vise le mandat présidentiel, plutôt pour 2017 que pour 2012. Elle répond par la négative : elle vise l'investiture dès cette année. Et c'est là qu'on se demande comment elle peut y croire. C'est là qu'on se demande ce que peuvent valoir ses convictions si vigoureusement exprimées depuis le début, quand on voit un tel déni de réalité sur une évidence pareille : comme si elle ne savait pas que le FN, même fort d'un score pouvant aller jusqu'à 25% des votes, reste un repoussoir absolu pour les 75% restants de l'électorat qui se déplace. Comme si elle ne savait que les électeurs socialistes ou UMP préfèreront voter respectivement UMP ou socialiste plutôt que de voir le FN accéder au pouvoir. Et que même en récupérant le vote de la frange de l'extrême-gauche qui partage une part de ses idées et son fonds populiste, ça lui permettra au grand mieux d'atteindre la barre des 30% au second tour...

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De Carbide en Silure - le Mar 03 Jan 2012, 15:50

@Nessie a écrit:[...] Nous verrons si Louis Aliot fait mieux, à mon avis ça sera le cas et c'est pour cela qu'il faut écouter la matinale de demain.

Eh bien il a fait encore pire.
Discussion de chiffonniers.
Huertas joue la chicane sur des points accessoires.
Raphy se la joue bretteur-polémiste.


Si Aliot est vraiment le n°2 du FN, alors c'est simple : derrière la présidente il n'y a personne pour faire illusion, pour donner l'impression d'un vrai brain-trust, et on est donc loin d'un parti de gouvernement. La problématique du FN au premier tour sera de nouveau celle du vote protestataire + celle du vote tactique pour virer un candidat plus crédible mais affaibli, et comme en 2002 fausser le mécanisme du scrutin à 2 tours. Mais avec de tels rigolos, le FN n'ira pas plus loin, et comme il refuse toute alliance, il restera marginal et en dehors du pouvoir.

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Anne-Sophie Lapix répond à Nils ?? - le Mar 17 Jan 2012, 11:56

Bonjour à tous

Voici une pièce à verser au dossier, en même temps peut-être un pas vers le transfert de ce fil en section du "Conversatoire", où il restera plus longuement à l'affiche. Nous quittons un instant France Culture : depuis ce dimanche on s'extasie un peu partout sur la prestation d'une journaliste de Canal+ à la blondeur angéliforme et au charme réel quoiqu'un tout petit peu catalogué. De quoi s'agit-il ? De la rencontre entre Anne-Sophie Lapix et Marine le Pen ce dimanche sur Canal+ où, du moins c'est ce qu'on lit dans cet article du Nouvel-Obs+ , la seconde se serait fait envoyer dans les cordes ou dans ses buts ou à la maison, on ne sait plus tellement c'est élogieux pour l'intervieweuse. Et tout le monde de s'ébaubir. Sauf certains dans les commentaires sur cette même page du NouvelObs après l'article, commentaires qui méritent attention sinon réflexion.

Au vu de l'extrait sélectionné je ne suis toujours pas très convaincu : j'y vois le choc de deux arrogances clientélistes. On retrouve notre populiste jouant l'obstruction, ici crispée parce qu'on ne la laisse pas se répandre, harcelée qu'elle est par l'autre la gentille toute en paupières papillonnantes et avec son sourire tranquille où je vois un ricanement contenu. Mais c'est bien un sourire car Anne-Sophie sait qu'elle est en train de faire un carton devant sa clientèle à elle. Cela dit, elle n'écoute pas les réponses, elle interrompt et elle harcèle puisque c'est la règle neuve de l'interview politique. Elle fait mieux que Huertas dans le sens où elle marque des points, mais sur l'extrait sélectionné je trouve qu'il n'y a pas de quoi pavoiser, du coup les commentaires élogieux qui accompagnent l'extrait me semblent sujets à caution. Bref je ne suis toujours pas convaincu, par la chef de bande je ne crois pas l'avoir jamais été, mais par celle qui lui taille un costard avec une agressivité larvée quoique perceptible, je ne suis pas plus enchanté.

Quant à l'efficacité de cette manoeuvre élémentaire et réussie, je reste sceptique : je parierais qu'elle ne fera bouger aucune ligne. Les anti se gobergent mais les frontistes seront un peu plus énergiques, pendant que certains bien-pensants préconisent d'instrumentaliser ce bulletin de vote pour manipuler le scrutin. On en a parlé, on en reparlera.

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Re: Interwiewer Mme Le Pen - le Ven 27 Jan 2012, 10:02

Bonjour,

Merci à Nessie pour ce compte rendu minuté et ce regard critique du journalisme de France Culture quand le FN est au programme.

Il n'y a pas de concessions à faire face a "l'opération dé-diabolisation" mené par ce parti pas tout à fait comme les autres, ni face aux indigences journalistiques en effet.
cependant. Vous êtes sévère à l'égard de l'équipe "des matins", et en particulier sur M. Huertas. Je ne vous suivrais pas complétement sur ce terrain là , n'étant pas apte a délivrer des certificats de compétences. Il est clair qu'ils n'ont pas été "à la hauteur" pour cette émission de novembre. Mais tout le monde n'est pas boxeur. Il m'a semblé écouter surtout ce jour là une équipe vierge face à l'acrimonie incarnée. Toutefois je suis bien content de les écouter en me rendant à mon travail le matin. Les différents billets qui se succèdent sont souvent plaisants et à contre pieds des idées reçues. Je ne vois pas d'autre station a ce jour, émettre une qualité équivalente.


J'ai visionné sur internet les questions de Mme Lapiz face à Mme Lepen. Elle a sur puncher avec sang froid (car son interview a été travaillée, "une semaine sur le site du FN etc"). Est ce que cela est plus "performant" pour autant ? bof.
On reste dans l'affrontement et le merchandising médiatique.

Celui qui a vraiment démontré la mauvaise foi et la navigation a vue de Mme LePen mes emble etre M. Melanchon sur RMC en 2011.

L'épisode est relaté par Mme Fourest dans son livre "Marine Le Pen" (ed.Grasset 2011 p.301). Il traite de la soudaine Laïcité du FN.
MLP nie qu'il existe aussi des problèmes liés à l'intégrisme catholique.


Extrait :

"MLP "La vérité c'est que ce ne sont pas les intégristes catholiques qui violent la laicité en france."

JLM la place alors devant un cas concret : "l'occupation" parfaitement illégale de l'église de ST Nicolas du Chardonnet par les catholiques traditionalistes. Il enchaine sur l'exception concordataire: "J'ai une annonce a faire, mon parti va proposer une extension du principe de laïcité par l'abrogation du concordat en Alsace Moselle"

MLP ne se sent plus si laïque que çà tout à coup. Il aborde alors la question scolaire : "Lorsque vous étiez conseillère régionale de la région parisienne, mes amis avaient déposé une série d'amendements qui visaient à donner les moyens à l'école publique, et ces moyens ils les prenaient sur la part de l'argent qu'ils donnaient en plus de la loi aux écoles privées. Et vous Mdme Le Pen(...)vous avez dit je ne le voterai pas."

MLP confirme être moins laïque que lui sur ce sujet: :"les écoles sous contrat avec l'état, il est normal qu'elles soient financées."

JLM "Cela fait 40ans que vous existez et vous ne servez strictement a rien(...) a part ramener de la haine."

MLP ,bousculée, s'adresse alors a l'animateur de l'émission pour lancer une drôle de pique "çà me fait rire" elle pointe son doigt vers JLM "Il est contre la peine de mort, sauf pour Louis 16, hein ! Vous êtes contre la peine de mort sauf pour Louis 16. Vous en appelez à Robespierre, etc. On ne peut pas célébrer le culte de la guillotine et venir donner des leçons sur la peine de mort. Ca m'amuse beaucoup moi."

JLM "la seule personne autour de cette table qui est pour la guillotine c'est vous. Parce que vous êtes pour la peine de mort et moi je suis contre. Aujourd'hui la peine de mort c'est vous et pas moi."

Le score de cet autre match de boxe est sans appel. En 20 mn, M. Mélanchon a réussi à démontrer que Mme LePen n'était laïque que contre l'islam, (...) et pas chrétienne pour un sou lorsqu’il s'agit de la peine de mort. Et également plus royaliste que républicaine dans ses références historiques !"


La maîtrise parfaite de l'histoire de la république, de l'immigration, de l'économie, même avec véhémence , reste le meilleur atout pour noyer dans l’œuf les assertions populistes du FN. Il n'est pas difficile alors de faire émerger la vrai visage de Mdme Le Pen.

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Re: Interwiewer Mme Le Pen - le Sam 04 Fév 2012, 08:19

@Nils

Les quelques points communs (il y en a) entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite sont peut-être la meilleure motivation qui pourrait pousser les membres de la première à démonter les manipes de la seconde.

Je pense que ce sont deux démagogies très différentes. Je veux bien croire à une sincérité idéologique de la première, tandis que la seconde me semble stagner dans les basses-eaux de l'opportunisme. Malgré ces différences, il y a des points communs, ceux du populisme. Hubert Huertas ne se fait pas faute de les réunir parfois dans l'un ou l'autre de ses billets, mais il ne va guère plus loin que Wieviorka : c'est tout au plus pour poser de la pétition de principe "vous dites comme le FN c'est mal". La différence c'est que Wieviorka recourt à cette scie pour disqualifier Malika Sorel, tandis que Huertas (qui pour cela s'est fait remonter les bretelles sur le site de FC) semble plutôt tenter de faire mousser le débat, en appliquant un principe de contradiction.

Mais j'avais repris ce fil pour signaler que ...

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