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La Fiction à France Culture    Page 3 sur 23

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La Fiction à France Culture - le Mar 03 Avr 2012, 23:29

Rappel du premier message :

Qui niera le pouvoir de fascination (et d'addiction) de l'information journalistique, même mauvaise ou biaisée ?  Qui ne voit pas l'attrait qu'exercent sur l'intellect les plus ou moins beaux discours savants (quand il y en a), même si, une fois l'émission passée, on est gros Jean comme devant (à moins d'avoir pris des notes et d'aller lire sur le sujet et en discuter, ce que les Allemands décrivent de manière imagée par "sich mit dem Thema auseinandersetzen).

La création radiophonique, la lecture de textes littéraires ou de poèmes, les adaptations radiophoniques de romans ou de correspondances suscitent peu de commentaires. De fait, parmi les auditeurs attentifs, il existe un sous-ensemble (oui, on a fait des maths modernes dans les années 1970... au début de nos années dix, comme dirait C. Broué...), celui des auditeurs attentifs puissance 2 qui suivent les fictions et lectures où il ne faut pas perdre un mot de ce qui est diffusé.

Il semble que France Culture rattrape en partie la médiocrité de ses débats par la qualité de ses créations, notamment dans le Feuilleton du soir. Ainsi on se rappelle une superbe série en 10 épisodes sur Fanny Stevenson en juin 2011 : http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-les-iles-au-tresor-de-fanny-stevenson-de-sylvie-peju-810-2011-06-22.

Cette semaine du 02 avril 2012, c'est la voix du talentueux et attachant lecteur Georges Claisse (souvent sollicité dans les Nouveaux Chemins de la Connaissance) qui nous a fait nous attacher à cette captivante adaptation radiophonique de "Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti" de Robert Van Gulik.

L'art spécifiquement radiophonique (les Ateliers de Création, les lectures, les dramatiques, etc.) est un genre que le service public peut s'honorer de représenter via France Culture. Que subsistent, à l'ère de l'audio-visuel, d'Internet et du tout informatif, ces enclaves nourrissant l'imaginaire est signe que tout n'est pas parti à vau-l'eau, loin de là.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-trois-affaires-criminelles-resolues-par-le-juge-ti-de-robert-van-gul
Adaptation : François Cuel ; Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd ; Suivi éditorial : Emmanuelle Chevrière, conseillère littéraire ; Bruitages : Bertrand Amiel ; Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Matthieu Le Roux; Assistant à la réalisation : Benjamin Hû
* * *

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Re: La Fiction à France Culture - le Dim 03 Mar 2013, 11:04

Pour paraphraser Philaunet, ce n'est pas, dans ces virgules méridiennes, du grand art radiophonique qui est proposé mais tombée sur l'une d'entre elles vendredi dernier, je me suis bien amusée !
En quelques minutes, moult banalités journalistiques sont épinglées dans cette satire, avec en prime, la mauvaise foi de ces mêmes journalistes.

Au point que je me suis demandé qui à France Culture avait eu le mauvais esprit de proposer ce feuilleton, véritable miroir déformant de certaines émissions "sérieuses".


http://www.franceculture.fr/emission-fictions-micro-fiction-zone-de-non-droit-de-tarik-noui-55-2013-03-01

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Gras - le Mar 05 Mar 2013, 23:45

@Mitsouko a écrit: (...) ce n'est pas, dans ces virgules méridiennes, du grand art radiophonique qui est proposé mais tombée sur l'une d'entre elles vendredi dernier, je me suis bien amusée !
En quelques minutes, moult banalités journalistiques sont épinglées dans cette satire, avec en prime, la mauvaise foi de ces mêmes journalistes.
(...)
http://www.franceculture.fr/emission-fictions-micro-fiction-zone-de-non-droit-de-tarik-noui-55-2013-03-01
Eh bien, MItsouko, vous vous êtes bien amusée le 01 mars avec le dernier numéro du feuilleton (c'en était un au sens vraiment littéral du terme et il fallait écouter tous les épisodes du premier au dernier) ? C'est bien. Je ne suis pas sûr que vous vous seriez autant amusée si vous aviez commencé avec le premier et aviez suivi les 5 X 5' dans leur intégralité. N'auriez-vous pas envie d'écouter maintenant les quatre premiers numéros pour confirmer ou nuancer votre jugement ?

Je crois qu'au contraire de ce que vous avancez, France Culture n'a pas fait preuve de mauvais esprit en commandant et diffusant ces micro-fictions, mais a illustré son paradigme, ici porté à son extrême, en matière de traitement de la question des banlieues par les médias.

La satire ici présentée est d'une lourdeur insultante pour tout auditeur un peu attentif. Le sujet : une équipe de journalistes ridicules veut faire un reportage sensationnaliste dans une cité (on suppose que Tarik Noui, nom qui ne restera pas dans les annales, voulait grossièrement se payer TF1) en tentant de faire passer un jeune et tranquille garçon (Momo ou Toufik, le "jeu" sur le nom dans le 1er épisode est pa-thé-tique) pour un incendiaire, fréquentant dealers et violeurs dans une cité à feu et à sang (qui sera présentée au téléspectateur final avec des sons et des images de Beyrouth en guerre).

Les acteurs surjouent, on ne croit pas un instant à leurs rôles (trop écrits), du garçon qui semble lire son script à la journaliste hystérique ; les dialogues sont totalement artificiels au service d'un seul et unique message : les médias dominants créent une image erronée des "cités" en scénarisant la violence, la peur, les habitats dégradés alors que les habitants y vivent tranquillement.

"Les Pieds sur terre" ne disent rien d'autre, mais sous une forme documentaire en donnant la parole à de vrais laissés-pour-compte ou à de prétendues victimes.

Les 5 X 5' de Tarik Noui sont d'une bêtise monumentale, et la violence accusatoire sous-jacente grossièrement dissimulée sous un humour lourdingue dessert gravement ce qu'on croit comprendre du message du l'écrivain Noui (dont le "dernier roman" (...) est paru aux éditions Incultes en 2012", dixit le descriptif de l'émission qui confirme d'ailleurs le qualificatif avec ces beaux morceaux de langue française : "Une journaliste et son équipe sont partie en reportage en banlieue, bien décidés à rendre compte de toute la réalité de ce quartier, mais Toufik, qu'ils ont choisi interviewer, aussi..."), le message donc, selon lequel il faut chercher à comprendre l'autre et ne pas le caricaturer pour en faire une fiction vendable.

En donnant à croire, sous couvert d'humour, que les journalistes et les téléspectateurs sont des ânes et que les habitants des cités sont les plus futés, on est dans un manichéisme qui ne fait pas honneur à France Culture.

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Re: La Fiction à France Culture - le Mer 06 Mar 2013, 09:38

Mon cher Philaunet, non, je n'ai nulle envie d'écouter la série des feuilletons adaptés de Noui pour "nuancer" mon jugement. Pour ce que j'en ai entendu les fois où je suis tombée dessus, le parti-pris de tous ces feuilletons est celui d'une satire grasse et lourdingue. Celui du 1er mars m'a amusée. Tant mieux pour moi.
Pour le reste, à mon sens, rien ne sert de s'y attarder.

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Symptôme - le Mer 06 Mar 2013, 11:39

@Mitsouko a écrit:Pour le reste, à mon sens, rien ne sert de s'y attarder.
J'aurais dit la même chose si vous n'aviez pas attiré mon attention sur ce numéro, et je n'aurais jamais écouté cette série en entier après les premières minutes du premier épisode. Mais un des intérêts du Forum est, selon moi, d'écouter "en complicité", donc avec plus d'attention et de réflexion (ce n'est pas la même chose de sortir d'un cinéma seul qu'à plusieurs).

Ici, je vois cette série comme un symptôme d'un courant de sensibilité et l'illustration de ce qui passe, selon la direction de la chaîne, pour de la culture et qui peut donc être diffusé sur le Nouveau France Culture. Ce n'est pas inintéressant pour comprendre l'évolution et les tendances du monde dans lequel on vit, ses valeurs et sa sensibilité.

Merci de m'avoir mis sur le sujet par vos deux contributions.

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Pour vos cadeaux - le Mer 06 Mar 2013, 11:57

Ayant testé en un week-end de novembre toute la saison 2011-2012 de Micro-Fictions, j'avais trouvé le corpus affligeant, pour les mêmes raisons que je lis dans vos deux posts. Toutefois, comme d'habitude certaines échappent à la médiocrité générale : j'ai conservé une petite dizaine de ces séries, ce qui fait entre 20 et 25 % du total. Sensiblement la même proportion que le feuilleton. Or ce dernier bénéficie d'un atout que les Micro-Fictions n'ont pas : c'est le fonds de littérature de qualité où il peut puiser de l'adaptation : quand on part de Stevenson par exemple ou de Murakami, on bénéficie d'une base autrement solide que celle des auteurs infectés par l'esprit FC, vaniteux ignares ou idéologiquement insanes.

Cela dit, il est probable que j'aie fait preuve d'indulgence : tout d'abord c'est presque toujours aussi mal joué et aussi mal écrit que le feuilleton dans ses semaines les plus caricaturales, mais comme c'est beaucoup plus bref s'il y a quelque qualité dans l'épisode, ça ne se transforme pas en épreuve d'endurance. Une autre explication de ce taux élevé pourrait venir du fait que les micro-fictions opèrent comme une série et non comme un feuilleton. Quand le feuilleton est mauvais il est mauvais et tout passe à la benne d'un coup. Dans une série, un bon numéro attire parfois de l'indulgence sur les autres.

Ainsi dans certains cas j'ai conservé un numéro seulement, mais par exemple j'ai retenu "Case and study house" dans son ensemble, alors que certains numéros seulement m'ont semblé vraiment réussis. J'avais certainement une bonne raison (l'abus de Pelforth ?) mais je ne sais plus laquelle. Un cas identique avec Daydreams (Mariannick Bellot - Mai 2012 mais qui a été rediffusé récemment) : sur 5 numéros, 3 m'ont semblé dignes d'être conservés, mais par paresse ou par doute j'ai gardé les 5.

Je signale aussi que parmi ce que j'ai conservé il y avait du lourd et du trop gros pour échapper aux mailles de mon filet. Un exemple :
- Eperdue (Juin 2012) celle là est stockée précieusement dans mon dossier 'Horreur radiophonique' avec la mention Super-tartignole ce qui veut dire : A éreinter en forum un dimanche de pluie.

Quelques exemples sur la saison 2011-2012 :
- La seiche, de Maryline Desbiolles en octobre 2011 était plutôt une bonne surprise.
- Chronique de la ville ordinaire (janvier 2012) avec l'impression qu'on a casé là des créations de Béatrice Leca initialement conçues pour les Passagers de la nuit de Thomas Baumgartner
- Instantanés couleurs (juin 2012) lu par François Baulieu qui fut jadis un très bon Ruy Blas. A mon sens c'est la meilleure série de l'année et de loin ; s'il faut n'en écouter qu'une ça sera celle-là
- Shadow case and study house stories : inégal mais non sans fonds
- Abécédaire du festival d'Avignon (juillet 2012) ça a beau être en pilules, là c'est du culturel sacrebleu !

./...

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Sur la lancette - le Mer 06 Mar 2013, 13:01

./...

Et depuis la rentrée de 2012-2013 ??

Malgré la qualité de l'observation sociale chez Claire Bretécher, le courage m'a manqué pour 'Les frustrés'. Là puisqu'on a les albums, il faudrait vraiment être maso pour écouter cette prestation d'amateurs. De même une série puisée chez Woody Allen qui n'a réussi à me démontrer qu'une chose : que les enfants gâtés qui intègrent le CNSAD peuvent former de très bons commandos de sabotage. Au moins ces deux exemples infirment l'une des distinctions logées dans le post précédent : on peut puiser dans la littérature pour produire de la micro-fiction. Ici c'est loupé. Mais un peu plus bas avec Leopardi, il y a au moins un exemple de réussite.

Alors depuis septembre, que conserver, et qu'est-ce qu'on peut (selon moi) aller essayer ?

- Les métalogues de Thomas Baumgartner (première série de la rentrée fin aout). A mon sens le texte est bon mais affreusement mal mis en ondes et j'aurais préféré l'avoir simplement à lire, éventuellement à ma charge de choisir un fond musical (Schoenberg par exemple, histoire d'emmerder la chambrée). Ici (passons sur la mortification excessive) l'exercice de l'auditeur consiste à transformer par la pensée un texte écouté en texte lu. Remarquez qu'on retrouve ici l'argument de la patience : cet effort fourni pour la microfiction, je ne l'aurais pas consenti pour les 25 minutes d'un seul épisode du feuilleton.
- 5 petites pièces philosophiques d'après Leopardi : culturel, indéniablement. Ici est infirmée par l'exemple la séparation entre Micro-fiction et le fonds de la littérature classique.
- 2 séries dans le genre 'Atassion - Inégal'. L'une en octobre (Voleuse - Françoise Henry - Médiocrement écrite mais impeccable réalisation) l'autre en février (Au café - Geneviève Brisac). J'ai conservé à chaque fois les 5 épisodes mais je crois me souvenir qu'il y en a de vraiment loupés, dans chacune des deux.
- Et puis de nouveau en voila une qui était culturelle mais en pilules : "Cycle Jean Vilar - Le théâtre populaire, une histoire d’avant-garde", proposé par Judith Sibony. Avec de très bons lecteurs sur les 3 en tous cas oil y en a deux qui sont des gages de qualité sur FC Francine Bergé, Marc-Henri Boisse.

Ca fait 5 séries alors que l'année est à moitié écoulée. Nous sommes donc sur une proportion inchangée, à un peu moins d'une série chaque mois ce qui m'emmène à 10 +/- 1 sur l'année. Une telle constance a de quoi rassurer, mais sur quoi ?

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''La Montagne de l'âme'' de Gao Xingjian - le Dim 10 Mar 2013, 21:35

@Nessie a écrit:Ayant testé en un week-end de novembre toute la saison 2011-2012 de Micro-Fictions (...)
Faut l'faire...

(...) certains numéros seulement m'ont semblé vraiment réussis. (...) Un cas identique avec Daydreams (Mariannick Bellot - Mai 2012 mais qui a été rediffusé récemment) : sur 5 numéros, 3 m'ont semblé dignes d'être conservés, mais par paresse ou par doute j'ai gardé les 5.
Je n'aurais pas dû lire cet extrait écrit pat Mariannick Bellot sur le site pour présenter le sujet : "Qui dit rêverie, dit morbide. Utiliser cette douceur, la profondeur du monde qui se déploie dans une mélodie lentement déroulée, pour raconter la cruauté du monde, l'inadaptation. Plus que l'absence ou le fantôme : le compulsif, le vide."

Merci pour le tri dans les séries de micro-fictions de la dernière saison. On ira y voir. En attendant y a-t-il des auditeurs identifiés du Feuilleton de ces deux dernières semaines et de la prochaine, une adaptation de "La Montagne de l'âme" ? http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-la-montagne-de-l%E2%80%99ame-de-gao-xingjian-115-2013-02-25

Quinze épisodes de 25 minutes sur trois semaines, ce n'est quand même pas rien. J'ai écouté les six premiers sur les dix diffusés.

Faut-il poursuivre ou même commencer pour qui ne s'y est pas encore mis ? Oui, si l'on aime la voix et l'interprétation de Grégory Gadebois, l'acteur récemment entendu à "Je déballe ma bibliothèque". Oui encore, si l'on aime un rythme lent et des dialogues à la Duras (pénibles à la longue pour ceux qui les goûtent modérément).

Si l'on aime l'action et les rebondissements, ce n'est pas dans ce Feuilleton qu'il faudra les chercher. Le roman de Gao Xingjian, apparemment bien découpé et mis en scène par Cécile Wajsbrot, dont on a lu le nom ailleurs accolé à une production de qualité, est de ceux qui requièrent une véritable concentration étant donné sa construction. L'adapter pour l'écoute semble une gageure. Ce n'est pas l'option de la facilité qui a été choisie, il faut le reconnaître.

Pour les amateurs de chinois, les trois premiers épisodes (les meilleurs, il me semble, avant l'entrée dans la danse du personnage féminin à la voix pleurnicharde) seront une chance de réviser la phonétique.

Quoi qu'il en soit, il faut saluer la diffusion des 15 épisodes de cette adaptation d'un roman difficile. En espérant que certains esprits ne se saisiront pas de cet exemple pour faire systématiquement équivaloir culture et expression d'un laborieux cheminement intérieur.


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''Drôles de drames'' - Virginie Mourthé - le Mar 12 Mar 2013, 23:43

Recherche auditeurs (h/f) ayant écouté "Les Sanson, tueurs en série de père en fils" pour échanges d'impressions.

Âmes sensibles, passez les trois premières minutes de chacun des deux numéros de cette fiction, les préparatifs d'exécutions avec force soupirs du condamné sont un peu lourdes, mais également peu utiles, pour ne pas dire une perte de temps. De même la longue désannonce à la fin de chaque heure avec une musique de mauvais goût peut être interrompue sans dommage.

Pour ce qui concerne le premier numéro, on peut dire qu'il y a dans cette fiction un grand métier radiophonique à l'oeuvre (l'ambiance grâce aux bruitages) et de très bons acteurs. La construction est intéressante, même si les circonstances de l'apparition du premier Sanson comme exécuteur laissent l'auditeur dans un certain flou.

Pour ceux qu'intéresse l'histoire récente, il est possible d'aller directement à 40' (sauf que vous ne seriez pas préparé par l'atmosphère qui précède) pour entendre le député Guillotin haranguer ses collègues en 1789 ou assister à une discussion entre ledit Guillotin et Sanson, puis à un duo de clavecin et violoncelle auquel se livrent Tobias Schmidt et Sanson avant de deviser sur l'amélioration de la machine à exécuter tous les condamnés sans exception (le mode d'exécution était auparavant différent selon les classes sociales et les crimes ).

Le premier numéro finit avant l'exécution de Louis XVI. La production n'est pas racoleuse (plutôt décolleuse...) et semble mettre en scène des faits historiques avérés. Évidemment, le sujet ne plaira pas à tout le monde et ne s'écoute pas à tout moment. Des circonstances de l'écoute (lointaine ou au casque ; activité simultanée ou pas, etc) dépendra sans doute la nature des impressions.

Virginie Mourthé est la fille de Claude Mourthé, lequel a longtemps présenté avec sobriété et intelligence l'émission "Un livre des voix" à France Culture (on voit parfois son nom apparaître dans les Nuits). Il semble, à lire la page de présentation de l'émission (9 lignes espacées pour le descriptif et 17 lignes serrées pour le CV complet de l'auteur, pardon "l'auteure" comme l'indique ce CV) que la modestie du père se soit évanouie chez sa fille, à moins que ce ne soit l'époque qui demande un plus grand affichage de son palmarès (les générations de Sanson ont elles aussi évolué avec leur temps).

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-droles-de-drames-les-sanson-tueurs-en-serie-de-pere-en-fils-de-virginie-mourthe-1e

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Re: La Fiction à France Culture - le Mer 13 Mar 2013, 09:44

Le sujet me plaisait. Il m'intéresse, m'amuse, me fascine tout à la fois. la façon dont les démocraties modernes tentent de résoudre la question de la peine de mort avant de finalement y renoncer, ça me semble intéressant. Il y a des anecdotes marrantes, d'autres qui font pâlir. Par exemple comment Louis Léfèvre est le seul homme à avoir été guillotiné deux fois. Ou encore le triste destin du maladroit bourreau américain John Woods homme fort adroit qui pendit à Nuremberg les criminels de guerre nazis en un temps record mais se montra moins efficace et pour tout dire quelque peu maladroit quelques années plus tard quand il s'électrocuta à son domicile en faisant des essais avec sa propre chaise électrique (c'est ballot tout de même). Par contre l'histoire des supplices au fil des siècles ne me fait pas du tout saliver. Parmi les anecdotes, il y a les familles de bourreau. Deibler, un des plus spectaculaires. Mais aussi les Sanson. Le témoignage du dernier bourreau français, Chevalier, est particulièrement humain.

Bref j'étais client. Je n'ai guère tenu plus de cinq minutes. J'aurais apprécié un mélange d'évocation historique, de lectures sur fond de musique ou d'ambiance reconstituée, éventuellement des extraits de films, bref une des salades documentaires comme la chaîne a su en faire, et qui finissent tout à la fois par susciter réflexion et curiosité, tout en faisant passer l'essentiel du savoir qu'on peut transmettre en si peu de temps. Mais au bout de quelques minutes j'ai renoncé : le sujet traité 100% fiction ça ne passait pas. Les scènes jouées, surtout. Je me souviens d'avoir eu le temps de trouver les voix trop jeunes, trop légères pour le sujet qui, à mon sens, réclame de l'épaisseur. C'est certainement une illusion de spectateur, mais comme disait Jouvet le théâtre n'est pas la réalité, et ce qu'on vient y chercher n'est pas le réel mais l'ambiance du théâtre. Eternelle question du réalisme qui n'est pas la réalité : on connait l'anecdote de Pierre Fresnay qui n'aurait pas été embauché par la production pour jouer son propre rôle dans un film biographique exclusivement à sa gloire ('trop petit' disait le producteur). Ici, les voix trop jeunes et peut-être aussi le jeu m'ont découragé de poursuivre l'écoute au-delà de quelques minutes.

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''Drôles de drames'' - Virginie Mourthé 2e - le Mer 13 Mar 2013, 20:12

@Nessie a écrit:Le sujet me plaisait. (...) Je n'ai guère tenu plus de cinq minutes. J'aurais apprécié un mélange d'évocation historique, de lectures sur fond de musique ou d'ambiance reconstituée, éventuellement des extraits de films, bref une des salades documentaires comme la chaîne a su en faire, et qui finissent tout à la fois par susciter réflexion et curiosité, tout en faisant passer l'essentiel du savoir qu'on peut transmettre en si peu de temps. Mais au bout de quelques minutes j'ai renoncé : le sujet traité 100% fiction ça ne passait pas. Les scènes jouées, surtout. Je me souviens d'avoir eu le temps de trouver les voix trop jeunes, trop légères pour le sujet qui, à mon sens, réclame de l'épaisseur. (...)
''Drôles de drames'' est toujours de la fiction à 100%, on ne pouvait espérer trouver "une salade documentaire" dans cette catégorie. Il n'y a donc que des "scènes jouées", touchantes parfois en ce qu'elles sont un effort de reconstitution alors qu'on voit très bien ce qui peut se passer en studio pour créer l'effet recherché. On est donc auditeur dédoublé : des dialogues souvent dramatiques et de leur mise en scène parfois maladroite, peu crédible. Cette double vision qui n'implique pas à fond l'auditeur est peut-être ce qui rend indulgent : a-t-on envie d'une fiction radiophonique sur ce sujet qui vous engage totalement ? Le côté artificiel et un peu raté permet de respirer, ce qui n'est certainement pas voulu par la productrice (laquelle est visiblement fière d'annoncer/claironner son nom après celui de cette fiction à la fin du 2e numéro, sans doute encore le nécessaire affichage narcissique du palmarès de l'auteur - pardon "auteure").

Comme écrit plus haut, j'ai accroché particulièrement à partir de l'époque de la Révolution française dans le 1er numéro. Si vous voulez entendre une interprétation de Victor Hugo à l'Assemblée, voir le 2e numéro à 45' (et pour les violons derrière la lecture des mémoires du dernier Sanson, à 50').

Les voix jeunes, grande question. Voix propres, nettes, claires, soignées, urbaines du XXIe siècle, oui. On a en effet du mal à croire que ces voix incarnent des personnes des couches laborieuses des 17 et 18e siècles (comme on ne croit pas, dans les films dits historiques, aux visages arborant des dents bien rangées exprimant la santé que procure l'hygiène contemporaine ). Ce sont plutôt des voix de grand(e)s adolescent(e)s et je comprends que la crédibilité de l'interprétation en pâtisse. Mais que faire ? Dispose-t-on de voix plus vieilles ? Ce ne serait d'ailleurs pas suffisant : il faudrait des voix marquées, abîmées (celle de Gadebois dans 10 ans ?). Même Virginie Mourthé, dont le CV laisse supposer un certain âge, a la voix " à la mode" : quand elle annonce les époques, elle rappelle le genre de voix doucereuses qui jouent la séduction à l'antenne (car pour certain(e)s, le micro et le casque sont comme le miroir des vaniteux : ah que je me pâme de m'ouïr en ces écouteurs !). Elle tente parfois le timbre grave, comme S. Naulleau, pour faire sérieux mais le ton sonne enfantin ou creux. L'état d'esprit d'une époque ou d'un milieu s'illustre aussi à travers un type de voix et une intonation.

Ce qui m'a fait écouter ces deux numéros intégralement (sauf longues intros et désannonces), c'est moins la qualité de l'ensemble que le dépaysement que procure ce type de production au milieu d'un univers radiophonique dédié à l'information, aux commentaires et à la connaissance. Une manière d'évasion sonore.


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Feuilleton : Jean Zay - le Ven 05 Avr 2013, 14:41

Je signale le feuilleton de la semaine passée : Jean Zay, solitude et souvenirs. Pages arrachées à un journal de captivité. Du 25 au 29 mars 2013.

Bon ça n'est pas le sommet de la nouveauté comme thème ni même dans le thème : on a déjà eu Soljénitsyne, David Rousset. Et non plus c'est pas marrant mais au moins grâce à la gravité du sujet, on échappe à la niaiserie maison. Et surtout c'est fort bien fait, notamment grâce au personnage principal on échappe à la garderie d'enfants qu'est devenu le collège des comédiens de la maison.

Une curiosité : ce feuilleton est réalisé en direct. Raison de plus pour en tester la qualité. Moi je ne suis pas déçu. Le contrepoint au piano de François Couturier est impeccable de sensibilité et de retenue ; je suppose que c'est le Couturier qui a longtemps travaillé avec Janneau et Jean-Paul Céléa, formant avec eux le noyau de plusieurs trios ou quartettes qu'on a beaucoup entendu chez Yvan Amar .

L'ensemble est signé d'un orfèvre de la maison : Marguerite Gateau. Voici la présentation qu'on peut lire à la page du premier épisode de cette série de 5 :
<< En 1932, Jean Zay, jeune avocat au barreau d’Orléans, est élu député radical du Loiret. En 1936, à 32 ans, il se voit confier par Léon Blum le ministère de l’Education nationale et des Beaux-Arts. Il démocratise et modernise le système scolaire français. Il crée le CNRS, le musée de l’Homme, le festival de Cannes, le musée d’Art moderne et l’ENA. Il favorise la création artistique. Il défend les droits des écrivains. Il est sans relâche violemment attaqué par l’extrême-droite française comme ministre du Front populaire, antimunichois, Juif et franc-maçon. En 1940, hostile à l’armistice, il est l’une des premières cibles du régime de Vichy. Après un simulacre de procès, il est emprisonné jusqu’à son assassinat par la milice française, le 20 juin 1944. Il a 39 ans.

Souvenirs et solitude est l’œuvre à laquelle, de 1940 à 1944, Jean Zay, malgré la dureté de ses conditions de détention, consacre l’essentiel de ses forces. >>

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