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La Fiction à France Culture    Page 22 sur 23

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La Fiction à France Culture - le Mar 03 Avr 2012, 23:29

Rappel du premier message :

Qui niera le pouvoir de fascination (et d'addiction) de l'information journalistique, même mauvaise ou biaisée ?  Qui ne voit pas l'attrait qu'exercent sur l'intellect les plus ou moins beaux discours savants (quand il y en a), même si, une fois l'émission passée, on est gros Jean comme devant (à moins d'avoir pris des notes et d'aller lire sur le sujet et en discuter, ce que les Allemands décrivent de manière imagée par "sich mit dem Thema auseinandersetzen).

La création radiophonique, la lecture de textes littéraires ou de poèmes, les adaptations radiophoniques de romans ou de correspondances suscitent peu de commentaires. De fait, parmi les auditeurs attentifs, il existe un sous-ensemble (oui, on a fait des maths modernes dans les années 1970... au début de nos années dix, comme dirait C. Broué...), celui des auditeurs attentifs puissance 2 qui suivent les fictions et lectures où il ne faut pas perdre un mot de ce qui est diffusé.

Il semble que France Culture rattrape en partie la médiocrité de ses débats par la qualité de ses créations, notamment dans le Feuilleton du soir. Ainsi on se rappelle une superbe série en 10 épisodes sur Fanny Stevenson en juin 2011 : http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-les-iles-au-tresor-de-fanny-stevenson-de-sylvie-peju-810-2011-06-22.

Cette semaine du 02 avril 2012, c'est la voix du talentueux et attachant lecteur Georges Claisse (souvent sollicité dans les Nouveaux Chemins de la Connaissance) qui nous a fait nous attacher à cette captivante adaptation radiophonique de "Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti" de Robert Van Gulik.

L'art spécifiquement radiophonique (les Ateliers de Création, les lectures, les dramatiques, etc.) est un genre que le service public peut s'honorer de représenter via France Culture. Que subsistent, à l'ère de l'audio-visuel, d'Internet et du tout informatif, ces enclaves nourrissant l'imaginaire est signe que tout n'est pas parti à vau-l'eau, loin de là.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-trois-affaires-criminelles-resolues-par-le-juge-ti-de-robert-van-gul
Adaptation : François Cuel ; Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd ; Suivi éditorial : Emmanuelle Chevrière, conseillère littéraire ; Bruitages : Bertrand Amiel ; Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Matthieu Le Roux; Assistant à la réalisation : Benjamin Hû
* * *

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Pinard contre Flaubert: in vino veritas - le Lun 23 Mai 2016, 22:28

Philaunet nous a dit ce qu'il pensait de Bonnafé en Flaubert, Flaubert qui "renvoie tous les médiocres qui le récupèrent à leur inanité"... France Culture doit avoir les droits exclusifs du procès de 1857.

A titre de comparaison, et si l'on veut passer un moment agréable en compagnie du comédien Thibault de Montalembert, on réécoutera plutôt cette fiction diffusée en janvier 2014,  Question de morale! Pinard contre Flaubert, de Louis-Charles Sirjacq. C'est bien troussé, cela sonne juste, d'une justesse cynique et parfois jubilatoire.

En écho, ces quelques lignes, transcrites d'un numéro des Chemins de la connaissance du 25 juin 2001, consacré à la bêtise Flaubert: l’aventure "Bovary" ou une guérison du lyrisme, au cours de la semaine Flaubert sur FC. Ce jour-là, invité par Mathieu Bénézet, Pierre Bergounioux nous donnait une leçon magistrale:

Pierre Bergounioux : « Le roman, alors, est un genre neuf. C'est Balzac qui lui a donné cette substance extraordinairement concentrée, commencée avec la Comédie humaine. Balzac est mort en 50. Donc, on a une idée approximative de ce que peut être la puissance de la grande narration romanesque. Flaubert, qui avait commencé par la fantasmagorie, les grandes machines mythologiques, Smar, les premières versions de la Tentation de Saint-Antoine, ou des formes courtes, extraordinairement incisives, qui tenaient de la polémique, du libelle bien plus que de la structure romanesque, découvre insensiblement que le roman serait comme le genre naturellement congru à la domination de cette classe bourgeoise dont il est issu et contre quoi simultanément il lutte. Et après avoir expérimenté l'inappropriation évidente, manifeste après coup, des diverses formes auxquelles il avait recouru pour commencer, il s'avise que c'est peut-être la grande narration, la forme romanesque qui répond le mieux au dessein essentiellement polémique qu'il a formé dès le début, mais qu'il lui a fallu ajuster par la méthode classique de l'essai et de l'erreur. Il est très manifeste que ce qu'il a fait pour commencer ne marchait pas, n'allait pas. La preuve en était l'indifférence profonde de ceux pour qui il écrit, c'est-à-dire contre qui il écrit. Mais à compter de l'instant où il passe, où il consacre, consume cinq années de sa vie à mettre au point ce roman qui s'intitule Madame Bovary, la bourgeoisie l'empoigne par le collet et le traîne devant les tribunaux pour qu'il y réponde de l'atteinte extraordinairement grave qu'il a portée, aux yeux de la bourgeoisie et de la justice bourgeoise, aux bonnes mœurs et à la morale. Et sous ce rapport, je pense que c'est juste, les bourgeois ne s'y trompent pas. Il y a mille critères pour juger de la beauté, de la bonté, de la vérité d'une œuvre littéraire. Ces critères sont historiquement changeants puisque nous sommes nous-mêmes des créatures de part en part historiques. Mais je pense qu'à un moment donné, les sanctions pénales constituent la pierre de touche la plus exacte qui se puisse concevoir de ce qu'un livre vaut. Et je me dis, rétrospectivement : les bourgeois ne s'y sont pas trompés lorsqu'ils ont successivement désigné Baudelaire et Flaubert comme deux iconoclastes. À la limite, les meilleurs critiques de l'époque, ce n'est pas ni Barbey d'Aurevilly ni d'autres qui avaient consacré des articles de journal à Gustave Flaubert. Non. À mes yeux, les meilleurs critiques des années 1850-1860, c'est les procureurs impériaux. Et la preuve en est...
Mathieu Bénézet : — Monsieur Pinard, alors...
Pierre Bergounioux : — Par exemple, Pinard. Et la preuve en est que, un siècle et demi plus tard, nous ne pouvons, vous, Mathieu Bénézet, et moi, Pierre Bergounioux, que leur donner notre assentiment : vous ne vous êtes pas trompés ; avec un sens infaillible de ce qui est acéré, cristallin, coupant, adamantin, vous avez désigné dans le paysage littéraire de votre temps les œuvres les plus éminentes, c'est-à-dire celles qui avaient vocation à survivre à l'instant, le vôtre, qui les a engendrées pour continuer de toucher nos esprits et nos cœurs.»

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Zeitgeist théâtral - le Ven 12 Aoû 2016, 08:29

À l’occasion de représentations récentes de « Rendez-vous gare de l’Est », un monologue bien dans l’air du temps (au choix, narcissisme, nombrilisme, centration sur soi d’une certaine catégorie de Parisienne de trente ans assez souvent présente à France Culture, tant chez les productrices que chez les invitées) retour sur ce qu’en écrivait France Culture en 2014 pour son Atelier Fictions Rendez-vous gare de l'est :

« 3ième [sic] émission Mardi 24 Juin, « Rendez-vous gare de l’Est » de Guillaume Vincent, co-réalisé par Guillaume Vincent et Alexandre Plank Avec : Émilie Incerti Formentini
Cette pièce parle d’une rencontre. À la manière d'un documentaire, Guillaume Vincent nous restitue la parole d’une jeune femme, atteinte de maniaco-dépression. "Rendez-vous gare de l’Est" ressemble à une conversation trouée, interrompue et reprise un an durant. Elle évoque le monde du travail, la vie à deux, une famille éclatée entre les beaux quartiers et l’Afrique, une mère ex-mannequin chez Dior et une sœur boulangère dans le sud de la France, l’hôpital psychiatrique et ses infirmières, un médicament dont les consonances poétiques lui évoquent un papillon, mais permet de brider une imagination parfois délirante… Un portrait de femme sous influence, étonnant de vérité et de vitalité.
"

Guillaume Vincent : « Pendant quelques mois, de manière régulière, j’interviewe une jeune femme qui souffre de maniaco-dépression. Au début je pense que ce qui est intéressant c’est sa maladie. Nos entretiens ne tournent qu’autour de cette question-là. Mais au fur et à mesure, je me rends compte que je me trompe de sujet, le véritable sujet c’est elle et non sa maladie.  (…) J’accumule les enregistrements, il y a beaucoup de matière, j’essaye de la retranscrire le plus fidèlement possible, en laissant ce que d’habitude l’on met de côté lorsque l’on reproduit le langage oral, ensuite je coupe, je réorganise, j’essaye d’être fidèle, je sais que dans ce travail le regard que je pose sur elle compte pour beaucoup.  (…) Nous ne savons pas exactement quoi faire de ce travail. On le met de côté, on y revient, on l’oublie… 4 ans se passent. Nous y revenons, nous ferons un spectacle. »

Le mot « spectacle » a beaucoup d’acceptions.

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''Le voile noir du pasteur'' de Nathaniel Hawthorne - le Jeu 08 Sep 2016, 18:26

Voici une réalisation qui mérite des louanges sans réserves : lecteur de première qualité, ambiance sonore discrète et efficace, texte littéraire de haut niveau : Le voile noir du pasteur, Parabole de Nathaniel Hawthorne dans le premier numéro de la rentrée de Fictions/Samedi noir

Le descriptif nous dit : Un dimanche matin, pendant l’office religieux, les habitants du village de Milford voient apparaître leur pasteur, le révérend Hooper, le visage totalement recouvert d'un voile noir....!

Ce n'est pas exactement ça, néanmoins, puisque le crêpe noir et transparent (le révérend voit à travers) s'arrête au dessus de la bouche.

Il ne faut pas lire le descriptif en entier avant écoute, le texte jouant en effet sur un suspense que le résumé annule.

Publié en 1836, le récit, que Nathaniel Hawthorne définit comme une parabole, débute au début du XVIIIème siècle en Nouvelle-Angleterre.

Il faut absolument rendre hommage au grand lecteur qu'est Olivier Martinaud (est-ce le même qui a réalisé « Pères malgré eux » en 2014 ?) et à l'équipe de réalisation : Traduction Muriel Zagha ;  Conseillère littéraire : Caroline Ouazana ;  Réalisation : Baptiste Guiton

Le récit dure 34 minutes et l'on a de la peine à l'interrompre. Quant au thème, son traitement littéraire en 1836 par l'un des plus grands écrivains  (Hawthorne, prononcé "Aotorne" par la présentatrice) nous donne davantage à penser sur le visage recouvert que tous les blablas quotidiens des médias.

PS J'en profite pour faire un appel SO-LEN-NEL à Philippe Garbit : quand allons-nous voir rediffuser, dans les archives de la nuit, l'extraordinaire adaptation de La Lettre écarlate du même Nathaniel Hawthorne datant du début des années 1990 avec Alain Cuny et Michel Bouquet ?

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Très belle lecture par Gérard Watkins d'une nouvelle de Hawthorne - le Mar 13 Sep 2016, 10:04

La seconde partie de l'heure consacrée à Nathaniel Hawthorne samedi dernier (cf. ci-dessus) est tout aussi belle avec la lecture remarquable à tous points de vue de "L’expérience du docteur Heidegger " par Gérard Watkins.

Il faut saluer l'équipe de réalisation : Prise de son, montage et mixage : Olivier Dupré, Emmanuel Armaing - Assistante à la réalisation : Yaël Mandelbaum

Pour véritablement revenir aux fondamentaux de la radio culturelle, loin du prêchi-prêcha quotidien des magazines et discussions-tables rondes, il faut s'immerger dans la création radiophonique.

Descriptif : Le docteur Heidegger, vieux savant connu pour ses nombreuses excentricités, réunit un jour dans son cabinet quatre de ses amis, trois messieurs à barbe blanche et une vieille veuve, tous ayant connu bien des malheurs et condamnés à assister au spectacle de leur décrépitude. Le vieux docteur Heidegger leur demande alors de se prêter à une nouvelle expérience consistant à boire de l’eau de la Fontaine de Jouvence. Les quatre convives sont sceptiques mais acceptent malgré tout de se prêter au jeu.

Né en 1804 à Salem (Massachussetts) et mort à Plymouth (New Hampshire), Nathaniel Hawthorne est l’auteur de nombreuses nouvelles, qu'il appelait des contes, et de romans dont le plus célèbre est La Lettre écarlate.

Présentation des éditions Imprimerie Nationale : « L’œuvre de Hawthorne est la vraie matrice du roman « sudiste » en général. Hawthorne est en effet le maître américain du « gothique provincial ». Non qu’il l’ait inventé : ce modèle est né sur les marches de l’Angleterre, et il se perpétue à la même époque dans le Yorkshire des Hauts de Hurlevent. Mais Hawthorne a adapté à la Nouvelle-Angleterre l’évocation « gothique » de personnages claustrés dans un monde stagnant, dormant, recroquevillé, à l’écart de la grande Histoire, dans ses particularités anachroniques. »

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Des lauriers pour France Culture - le Lun 26 Sep 2016, 11:44

Oui, c'est le bon titre, sans ironie. Car il ne faut pas se tromper, les auditeurs savent reconnaître les qualités de l'antenne. Ces qualités se trouvent non chez des généralistes bavards (De Loisy, Debray, Delorme, Erner, la liste est longue) ou chez des amuseuses (Richeux, Serrell, etc), mais chez des gens qui ont un métier précis et qu'ils exercent avec professionnalisme à la radio : acteurs, bruiteurs, preneurs de son, conseillers littéraires.  

Exemple, la brillante réussite de l'adaptation du récit d'Arnold Bennett "Grand hôtel Babylon" dans la case Samedi noir, le 17 septembre dernier.

C'est vraiment très bien fait et à cet égard l'on ne s'étonnera pas de lire le nom de Michel Sidoroff à la réalisation, c'est l'un des garants de la qualité radiophonique à France Culture.  De même si l'on voit le nom de Bertrand Amiel au bruitage, on est sûr d'un travail irréprochable. Cela s'entend au casque, car cette comédie est riche en effets sonores (notamment de stéréophonie). Subtiles transitions musicales également. On ne s'ennuie pas une minute durant cette petite heure.

Mention spéciale à l'acteur principal Vernon Dobtcheff qui joue Racksole. Je n'ai pas trouvé de faiblesse dans la distribution (l'acteur jouant le Prince Eugen est un peu en décalage, il semble s'amuser de son rôle, mais dans une pièce pareille, pourquoi pas ?).

Une pièce légère qui change de la lourdeur excessive des sujets qui ont la priorité à France Culture  : guerres, conflits sociaux et religieux, prétendus dysfonctionnements de la justice, de l'école, de l'hôpital, malaises psychologiques individuels, géopolitique vue systématiquement sous un angle négatif - cf. Garcin l'apocalyptique - dérèglement supposé du climat, etc, bref, l'exposition de l'insatisfaction permanente ou la fascination pour ce qui "ne va pas".

Il faut écouter  "Grand hôtel Babylon"* d'Arnold Bennett et espérer que la fiction du samedi soir se poursuive dans cette veine de qualité (voir aussi posts précédents sur les lectures de Hawthorme).

Ma seule objection ira à Arnold Bennett qui rend le roi de Moldavie coupable des pires méfaits. La Moldavie, beau pays et gens pas moins sympathiques qu'ailleurs...


* Traduction : Lise Capitan
Adaptation : Xavier Mauméjean
Conseillère littéraire : Caroline Ouazana
Réalisation : Michel Sidoroff
Bruitage : Bertrand Amiel
Prise de son, montage et mixage : Renaud Flusin-Rosique et Jehan-Richard Dufour
Assistant à la réalisation : Pablo Valero

Anton Acétone 

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Dylan a du Bon - le Jeu 29 Sep 2016, 22:13

Fictions / Le Feuilleton
Comment Robert Zimmerman inventa Bob Dylan par François Bon

en 15 épisodes.

J'enjoins à vos lecteurs d'écouter le feuilleton écrit et dit par François Bon.
J'aime ce ton monocorde et les illustrations musicales   trop courtes et qui
sont souvent servies en fond sonore , cela provoque une belle frustration,
elles sont si agréables à l'oreille. Elles donnent envie de recherches, d'en savoir plus.
Chaque épisode se termine par une chanson complète de Dylan, c'est un bon point final chaque soir vers 21 h.

zi andsueur maille frènde iz blouingue in ze ouinde

Anton Acétone 

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Dylan a du Bon et Culture du Mauvais - le Mar 04 Oct 2016, 18:15

Fictions / Le Feuilleton
Comment Robert Zimmerman inventa Bob Dylan par François Bon

Grosse déception à la réécoute et peau de caste,
la chanson entière qui termine le ton de la feuille
en est exclue , question de droits ?
L'épisode d'hier n'est pas encore disponible au téléchargement
15 épisodes annoncés et seulement 10 sur la page de présentation.

Culture approximative (Desolation Row)

 Ze tailleme zai are tchansjingue

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''Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne'' : Concert-Fiction - le Sam 08 Oct 2016, 19:47

Un événement artistique de première qualité, une création radiophonique exceptionnelle, des ressources d'intelligence de premier ordre et c'est sur France Culture. Qui en a parlé ? Que fait la station pour mettre en valeur ce patrimoine contemporain et le rendre populaire ? Il faut peut-être que ce soit ce forum qui s'y mette et le promeuve ?

Je veux parler de ce Concert-Fiction "Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne" interprété en direct le 2 juillet dernier durant une heure cinq minutes. C'est vraiment très très bien.

Plusieurs possibilités s'offrent à l'auditeur pour entrer dans cette œuvre radiophonique jouée devant un public par des acteurs engagés à fond et par l’Orchestre National de France : l'écouter sans passer par la case descriptif ; lire le descriptif et regarder les 3' de vidéo ; commencer l'écoute du fichier à 1h06 au moment où les auteurs de cette création viennent expliquer (de la plus brillante façon) leur préparation et leurs orientations artistiques, guidés en cela par un François Angelier à qui il faut reconnaître une énorme culture et un exceptionnel art de l'interview (pourquoi l'on ne parle que peu ou pas du tout de François Angelier sur ce forum est un mystère à éclaircir dans un autre fil).

En effet, la discussion devant le public avec Stéphane Michaka (adaptation), Didier Benetti (musique originale et direction d'orchestre), Cédric Aussir (réalisation) et Jean-Yves Paumier (secrétaire adjoint de l'association "Société Jules Verne") offre une vision complète des décisions techniques et artistiques (musicales et littéraires) ayant présidé à la présentation de l’œuvre. Elle répond à nombre de questions que l'on peut se poser  durant l'écoute (au casque, c'est mieux), notamment sur le choix de la voix du capitaine Némo (justification convaincante). À noter, entre autres, une belle réflexion du modeste Didier Benetti sur la nécessité de trouver un équilibre musique/voix pour que l'auditeur reste attentif au texte lu.

Sur Jules Verne, Jean-Yves Paumier apporte son savoir, épaulé par un François Angelier très préparé sur le sujet (ou est-il aussi un spécialiste de l'écrivain ?).

Brillante distribution, donc, avec Gabriel Dufay qui joue le professeur Aronnax,  Sylvain Levitte : Conseil ;  Clément Bresson : Ned Land ;  Eriq Ebouaney : Capitaine Nemo ; Antoine Sastre :  Copilote.

Les noms de Sophie Bissantz et Elodie Fiat pour le bruitage ne nous sont pas inconnus, on les retrouve avec celui de Cédric Aussir dans nombre de fictions dont La vie trépidante de Brigitte Tornade. Et pour n'oublier personne : Cécile Laffon était l'assistante à la réalisation.

Au même moment ou presque, l'animatrice d'une quotidienne se donnait en spectacle sur l'antenne dans un quiz lamentable... France Culture peut produire le pire comme le meilleur (bien plus rare). La preuve avec ce concert-fiction, à écouter et faire écouter.

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Re: La Fiction à France Culture - le Dim 09 Oct 2016, 23:27

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p210-la-fiction-a-france-culture#27148) a écrit:
Un événement artistique de première qualité, une création radiophonique exceptionnelle, des ressources d'intelligence de premier ordre et c'est sur France Culture. Qui en a parlé ?

Je plaide honteusement coupable, j'ai déjà écouté cette adaptation de Jules Verne à plusieurs reprises depuis sa sortie, en traversant la France. Elle n'a pas subjugué que la partie la plus jeune de l'habitacle, le seul regret à son écoute arrivant avec la fin, bien trop proche du début.

Merci d'avoir réparé l'injustice qu'il y avait à ne pas avoir parlé de cette superbe production de Radio France.

Les fictions jeunesse de France Culture ont eu un programme et une réalisation très riches ces dernières années, avec des adaptations du Lac des cygnes ou du Ring également réussie.

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« Laitier de nuit » d'Andreï Kourkov - le Sam 15 Oct 2016, 20:20

Quand vous est-il arrivé pour la dernière fois d'attendre avec impatience la diffusion d'une émission de France Culture ? D'en guetter la mise à disposition en podcast ? Hier après avoir écouté en une seule journée les quatre premiers numéros du Feuilleton de la semaine, l'attente du 5e numéro m'a paru bien longue...

Il ne faut en aucun cas lire le descriptif de l'émission avant d'en avoir écouté au moins trois numéros. On perd sinon une grande partie de l'intérêt qu'il y a découvrir petit à petit les tenants et aboutissants des trois récits entrecroisés que constitue "la fable politique et chimérique d'Andreï Kourkov, Laitier de nuit". De mon côté, j'ai écouté les quatre premiers numéros sur le seul nom d''Andreï Kourkov, un auteur ukrainien de talent dont les jurés du prix Nobel n'ont sans doute jamais entendu parler.*

Cette adaptation bénéficie d'une distribution de qualité pour une adaptation** et une réalisation vraiment réussies. La liste des participants à cette fiction (en 10 épisodes) est longue. On notera les trois narrateurs, Sophie Daull, Frédéric Pierrot, Olivier Claverie (notamment ce dernier, pour sa voix) qui accompagnent les dialogues avec bonheur.

À vos podcasts... Laitier de nuit d'Andreï Kourkov Episode 1.

*Andreï Iouriévitch Kourkov est un écrivain ukrainien d'origine et de langue russes. Il déménage à Kiev dès son enfance et suit des études à l'institut d'État de pédagogie des langues étrangères. Il débute sa carrière littéraire en écrivant des contes pour enfants durant son service militaire alors qu'il est gardien de prison à Odessa. Son premier roman, Le monde de Bickford, est nominé en 1993 à Moscou pour le Booker Prize russe. L'année suivante, il gagne le prix de la compétition Heinrich Böll pour La chanson préférée d'un cosmopolite. Son roman Le pingouin, paru en France en 2000, rencontre un énorme succès qui se confirme avec ses romans suivants dont Le dernier Amour du président (2004), Le laitier de nuit (2010) et Le Journal de Maïdan (2014). Son dernier roman, Concert posthume de Jimi Hendrix, est paru en France en 2015 et ses livres sont aujourd'hui traduits dans 36 langues à travers le monde.

** Julie Guichard, originaire de Tours, poursuit un cursus universitaire en Arts du spectacle et se forme au métier de l'acteur à Paris. En 2011, elle intègre l'ENSATT (École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre) en section Mise en scène où elle travaille notamment aux côté [sic] de Guillaume Lévêque, Philippe Delaigue, Frank Vercruyssen (Tg STAN) et Jean-Pierre Vincent. Elle termine en parallèle son Master 2 à l'université de Lyon 2. En 2015, Elle fonde la compagnie Le Grand Nulle Part. Aujourd'hui, elle monte Les Ours, une adaptation d'après L'ours et Ivanov d'Anton Tchekhov qui sera joué au Théâtre de L'Élysée à Lyon en novembre 2016. Elle participe pour sa troisième année à l'élaboration du Festival En Actes autour des écritures contemporaines et assiste Christian Schiaretti au Théâtre National Populaire.

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Re: La Fiction à France Culture - le Lun 17 Oct 2016, 17:24

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p210-la-fiction-a-france-culture#27214) a écrit:
Quand vous est-il arrivé pour la dernière fois d'attendre avec impatience la diffusion d'une émission de France Culture ? D'en guetter la mise à disposition en podcast ? Hier après avoir écouté en une seule journée les quatre premiers numéros du Feuilleton de la semaine, l'attente du 5e numéro m'a paru bien longue...

Il ne faut en aucun cas lire le descriptif de l'émission avant d'en avoir écouté au moins trois numéros. On perd sinon une grande partie de l'intérêt qu'il y a découvrir petit à petit les tenants et aboutissants des trois récits entrecroisés que constitue "la fable politique et chimérique d'Andreï Kourkov, Laitier de nuit". De mon côté, j'ai écouté les quatre premiers numéros sur le seul nom d''Andreï Kourkov, un auteur ukrainien de talent dont les jurés du prix Nobel n'ont sans doute jamais entendu parler.*

Cette adaptation bénéficie d'une distribution de qualité pour une adaptation** et une réalisation vraiment réussies. La liste des participants à cette fiction (en 10 épisodes) est longue. On notera les trois narrateurs, Sophie Daull, Frédéric Pierrot, Olivier Claverie (notamment ce dernier, pour sa voix) qui accompagnent les dialogues avec bonheur.

À vos podcasts... Laitier de nuit d'Andreï Kourkov Episode 1.

*Andreï Iouriévitch Kourkov est un écrivain ukrainien d'origine et de langue russes. Il déménage à Kiev dès son enfance et suit des études à l'institut d'État de pédagogie des langues étrangères. Il débute sa carrière littéraire en écrivant des contes pour enfants durant son service militaire alors qu'il est gardien de prison à Odessa. Son premier roman, Le monde de Bickford, est nominé en 1993 à Moscou pour le Booker Prize russe. L'année suivante, il gagne le prix de la compétition Heinrich Böll pour La chanson préférée d'un cosmopolite. Son roman Le pingouin, paru en France en 2000, rencontre un énorme succès qui se confirme avec ses romans suivants dont Le dernier Amour du président (2004), Le laitier de nuit (2010) et Le Journal de Maïdan (2014). Son dernier roman, Concert posthume de Jimi Hendrix, est paru en France en 2015 et ses livres sont aujourd'hui traduits dans 36 langues à travers le monde.

** Julie Guichard, originaire de Tours, poursuit un cursus universitaire en Arts du spectacle et se forme au métier de l'acteur à Paris. En 2011, elle intègre l'ENSATT (École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre) en section Mise en scène où elle travaille notamment aux côté [sic] de Guillaume Lévêque, Philippe Delaigue, Frank Vercruyssen (Tg STAN) et Jean-Pierre Vincent. Elle termine en parallèle son Master 2 à l'université de Lyon 2. En 2015, Elle fonde la compagnie Le Grand Nulle Part. Aujourd'hui, elle monte Les Ours, une adaptation d'après L'ours et Ivanov d'Anton Tchekhov qui sera joué au Théâtre de L'Élysée à Lyon en novembre 2016. Elle participe pour sa troisième année à l'élaboration du Festival En Actes autour des écritures contemporaines et assiste Christian Schiaretti au Théâtre National Populaire.


Le laitier de nuit: souvenirs de France Inter et de "Nocturne" animée par Brigitte Palchine. Elle y avait invité Andreï Kourkov pour parler de ce livre. Au delà de l'hilarité communicative qui avait marqué cette discussion je me souviens d'une émission qui valait très largement son pesant de La Dispute. Merci à feu Nocturne qui avait attiré mon attention sur cet agréable roman à l'époque. Merci à Philaunet pour me permettre d'y replonger

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