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La Fiction à France Culture    Page 23 sur 23

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La Fiction à France Culture - le Mar 03 Avr 2012, 23:29

Rappel du premier message :

Qui niera le pouvoir de fascination (et d'addiction) de l'information journalistique, même mauvaise ou biaisée ?  Qui ne voit pas l'attrait qu'exercent sur l'intellect les plus ou moins beaux discours savants (quand il y en a), même si, une fois l'émission passée, on est gros Jean comme devant (à moins d'avoir pris des notes et d'aller lire sur le sujet et en discuter, ce que les Allemands décrivent de manière imagée par "sich mit dem Thema auseinandersetzen).

La création radiophonique, la lecture de textes littéraires ou de poèmes, les adaptations radiophoniques de romans ou de correspondances suscitent peu de commentaires. De fait, parmi les auditeurs attentifs, il existe un sous-ensemble (oui, on a fait des maths modernes dans les années 1970... au début de nos années dix, comme dirait C. Broué...), celui des auditeurs attentifs puissance 2 qui suivent les fictions et lectures où il ne faut pas perdre un mot de ce qui est diffusé.

Il semble que France Culture rattrape en partie la médiocrité de ses débats par la qualité de ses créations, notamment dans le Feuilleton du soir. Ainsi on se rappelle une superbe série en 10 épisodes sur Fanny Stevenson en juin 2011 : http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-les-iles-au-tresor-de-fanny-stevenson-de-sylvie-peju-810-2011-06-22.

Cette semaine du 02 avril 2012, c'est la voix du talentueux et attachant lecteur Georges Claisse (souvent sollicité dans les Nouveaux Chemins de la Connaissance) qui nous a fait nous attacher à cette captivante adaptation radiophonique de "Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti" de Robert Van Gulik.

L'art spécifiquement radiophonique (les Ateliers de Création, les lectures, les dramatiques, etc.) est un genre que le service public peut s'honorer de représenter via France Culture. Que subsistent, à l'ère de l'audio-visuel, d'Internet et du tout informatif, ces enclaves nourrissant l'imaginaire est signe que tout n'est pas parti à vau-l'eau, loin de là.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-trois-affaires-criminelles-resolues-par-le-juge-ti-de-robert-van-gul
Adaptation : François Cuel ; Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd ; Suivi éditorial : Emmanuelle Chevrière, conseillère littéraire ; Bruitages : Bertrand Amiel ; Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Matthieu Le Roux; Assistant à la réalisation : Benjamin Hû
* * *

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Re: La Fiction à France Culture - le Lun 17 Oct 2016, 17:24

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p210-la-fiction-a-france-culture#27214) a écrit:
Quand vous est-il arrivé pour la dernière fois d'attendre avec impatience la diffusion d'une émission de France Culture ? D'en guetter la mise à disposition en podcast ? Hier après avoir écouté en une seule journée les quatre premiers numéros du Feuilleton de la semaine, l'attente du 5e numéro m'a paru bien longue...

Il ne faut en aucun cas lire le descriptif de l'émission avant d'en avoir écouté au moins trois numéros. On perd sinon une grande partie de l'intérêt qu'il y a découvrir petit à petit les tenants et aboutissants des trois récits entrecroisés que constitue "la fable politique et chimérique d'Andreï Kourkov, Laitier de nuit". De mon côté, j'ai écouté les quatre premiers numéros sur le seul nom d''Andreï Kourkov, un auteur ukrainien de talent dont les jurés du prix Nobel n'ont sans doute jamais entendu parler.*

Cette adaptation bénéficie d'une distribution de qualité pour une adaptation** et une réalisation vraiment réussies. La liste des participants à cette fiction (en 10 épisodes) est longue. On notera les trois narrateurs, Sophie Daull, Frédéric Pierrot, Olivier Claverie (notamment ce dernier, pour sa voix) qui accompagnent les dialogues avec bonheur.

À vos podcasts... Laitier de nuit d'Andreï Kourkov Episode 1.

*Andreï Iouriévitch Kourkov est un écrivain ukrainien d'origine et de langue russes. Il déménage à Kiev dès son enfance et suit des études à l'institut d'État de pédagogie des langues étrangères. Il débute sa carrière littéraire en écrivant des contes pour enfants durant son service militaire alors qu'il est gardien de prison à Odessa. Son premier roman, Le monde de Bickford, est nominé en 1993 à Moscou pour le Booker Prize russe. L'année suivante, il gagne le prix de la compétition Heinrich Böll pour La chanson préférée d'un cosmopolite. Son roman Le pingouin, paru en France en 2000, rencontre un énorme succès qui se confirme avec ses romans suivants dont Le dernier Amour du président (2004), Le laitier de nuit (2010) et Le Journal de Maïdan (2014). Son dernier roman, Concert posthume de Jimi Hendrix, est paru en France en 2015 et ses livres sont aujourd'hui traduits dans 36 langues à travers le monde.

** Julie Guichard, originaire de Tours, poursuit un cursus universitaire en Arts du spectacle et se forme au métier de l'acteur à Paris. En 2011, elle intègre l'ENSATT (École Nationale des Arts et Techniques du Théâtre) en section Mise en scène où elle travaille notamment aux côté [sic] de Guillaume Lévêque, Philippe Delaigue, Frank Vercruyssen (Tg STAN) et Jean-Pierre Vincent. Elle termine en parallèle son Master 2 à l'université de Lyon 2. En 2015, Elle fonde la compagnie Le Grand Nulle Part. Aujourd'hui, elle monte Les Ours, une adaptation d'après L'ours et Ivanov d'Anton Tchekhov qui sera joué au Théâtre de L'Élysée à Lyon en novembre 2016. Elle participe pour sa troisième année à l'élaboration du Festival En Actes autour des écritures contemporaines et assiste Christian Schiaretti au Théâtre National Populaire.


Le laitier de nuit: souvenirs de France Inter et de "Nocturne" animée par Brigitte Palchine. Elle y avait invité Andreï Kourkov pour parler de ce livre. Au delà de l'hilarité communicative qui avait marqué cette discussion je me souviens d'une émission qui valait très largement son pesant de La Dispute. Merci à feu Nocturne qui avait attiré mon attention sur cet agréable roman à l'époque. Merci à Philaunet pour me permettre d'y replonger

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Re: La Fiction à France Culture - le Lun 17 Oct 2016, 18:49

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p210-la-fiction-a-france-culture#27214) a écrit:
Quand vous est-il arrivé pour la dernière fois d'attendre avec impatience la diffusion d'une émission de France Culture ? D'en guetter la mise à disposition en podcast ? Hier après avoir écouté en une seule journée les quatre premiers numéros du Feuilleton de la semaine, l'attente du 5e numéro m'a paru bien longue...

Il ne faut en aucun cas lire le descriptif de l'émission avant d'en avoir écouté au moins trois numéros. On perd sinon une grande partie de l'intérêt qu'il y a découvrir petit à petit les tenants et aboutissants des trois récits entrecroisés que constitue "la fable politique et chimérique d'Andreï Kourkov, Laitier de nuit". De mon côté, j'ai écouté les quatre premiers numéros sur le seul nom d''Andreï Kourkov, un auteur ukrainien de talent dont les jurés du prix Nobel n'ont sans doute jamais entendu parler.*
(...)

Merci pour ces mots et surtout votre précieux conseil que je prodigue à mon tour aux futurs lecteurs du fil : plongez dans les mailles de l'écheveau sans lire une ligne du descriptif. Après écoute des cinq premiers numéros, je partage votre opinion : la réalisation et les bruitages rendent à merveille la sourde inquiétude du texte. Les transitions musicales sont également remarquables et le générique de fin très réussi. Je suis plus réservé quant à l'interprétation des comédiens qui sonne parfois faux, comme si la langue française était parlée dans une langue étrangère. Certains mots accentuent cette impression. Par exemple : qui emploie « Extra-lucide » pour voyante ? « Embêter » pour pomper l'air ou un équivalent du genre ? Et « Dépatouiller » ? Rien de méchant, car comme vous, l'attente des cinq prochains numéros sera longue en comparaison de l'écoute enchaînée des cinq premiers.

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Re: La Fiction à France Culture - le Mer 19 Oct 2016, 09:01

Le 03 mai 2014, dans un numéro de Répliques intitulé : La démocratie a-t-elle besoin de limites ?, Alain Finkielkraut envoie à 46'17'' :

(...) je pense à un reportage publié dans un journal il y a déjà plusieurs années sur Louis Schweitzer, alors qu'il  était PDG de Renault. Et il a dit dans ce reportage que - il a avoué sa passion pour la bande-dessinée. Il a dit : « j'ai 3000 albums chez moi, et d'ailleurs, j'ai de grandes conversations avec Marc-Edouard Leclerc [c'est Michel-Edouard], nous partageons cette passion et nous faisons notre coming-out ensemble ». Et ce qui m'a frappé, c'est que le même Louis Schweitzer est devenu le premier président de la HALDE, la haute autorité contre les discriminations.

Je ne sous-estime pas la nécessité de lutter contre les discriminations raciales, à l'embauche notamment ou au logement. Mais on a l'impression aujourd'hui que c'est toute discrimination qui est mise en cause. C'est en quelque sorte, le droit de discriminer qui est refusé au nom de l'égalité de tous. Et c'est ainsi qu'on peut en effet se targuer d'aimer la bande-dessinée. Pourquoi ne pas aimer la bande-dessinée ? Mais s'en targuer, c'est autre chose. C'est dire en sous-main : il n'y a pas d'art mineur. Et quand on dit : il n'y a pas d'art mineur, non seulement, on réhabilite l'art mineur, mais on vide les autres. Si la variété, c'est de la musique, il n'y a plus de musique.
(...)

Outré par ces propos rétrogrades mais guère surprenants (pour Finkielkraut, lire une bande-dessinée, c'est d'abord s'en vanter, avant d'ouvrir son imaginaire à la pensée d'un auteur et d'un dessinateur), j'aurais pu tenter ici d'exposer quelque arguments sur la bande-dessinée, qui n'est évidemment pas une mais plurielle. Et de citer quelques références dessinées à l'appui. Mais ce débat a déjà eu lieu : ici (Le Figaro par Aurélia Vertaldi, 16 juin 2014) par exemple, comme probablement ailleurs.

Sauf que France Culture s'est remis en tête de nous servir la semaine prochaine une fiction sur Le lotus bleu (après celle des Cigares du pharaon) d'Hergé. Et d'un coup, surprise, les propos de Finkielkraut résonnent tout autrement.

Trois mots : Pourquoi encore tintin ? N'avons-nous pas déjà eu droit le 07 septembre 2014 et le 14 septembre 2014 à deux nuits spéciales totalisant 12 heures d'antenne ? Apparemment non, une nouvelle nuit est attendue du 28 au 29 octobre 2016. L'oeuvre est sans doute profonde, inépuisable (pourquoi pas), seulement digne d'être jouée par la Comédie Française pour France Culture, mais exposée au Grand Palais ?

Au Grand Palais ? À cette question, me reviennent en mémoire les expositions phares accrochées ces quinze dernières années : Matisse-Picasso, Mélancolie par Jean Clair, Turner, Redon, Monet, la collection Stein, Velázquez. Et aujourd'hui Tintin dont l'oeuvre a été, depuis sa publication papier, littéralement essorée... En dessin animé, par Spielberg (2011), sans oublier son musée (2009) (et par extension le château de Cheverny qui a inspiré le château de Moulinsart)... Bref, on n'en peut plus. Alors 1/ laissons la bande-dessinée à ses lecteurs (surtout quand on connaît la mainmise des descendants d'Hergé sur tout ce qui touche de près ou de loin à l'oeuvre) 2/ Tournons éventuellement nos regards vers d'autres oeuvres du 9e art.

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« Laitier de nuit d'Andreï Kourkov » (6 à 10) - le Sam 29 Oct 2016, 10:10

Disalvo(http://www.regardfc.com/t452p210-la-fiction-a-france-culture#27230) a écrit: (...) Le laitier de nuit: souvenirs de France Inter et de "Nocturne" animée par Brigitte Palchine. Elle y avait invité Andreï Kourkov pour parler de ce livre. Au delà de l'hilarité communicative qui avait marqué cette discussion je me souviens d'une  émission qui valait très largement son pesant de La Dispute. Merci à feu Nocturne qui avait attiré mon attention sur cet agréable roman à l'époque. Merci à Philaunet pour me permettre d'y replonger
Vous aurez alors, Jean-Luuc et vous, apprécié à leur juste mesure les cinq épisodes suivants à partir du 6e, Laitier de nuit de Andreï Kourkov 6/10, tout à fait passionnants au point que 25 minutes d'écoute en paraissent 5 (je pense particulièrement à l'épisode n°9).

En dehors de l'adaptation et de l'interprétation, il faut relever les génériques de début et de fin. Chaque émission est introduite par un résumé de l'épisode précédent sur un mode et un ton similaires à ceux de la très bonne fiction ''57, rue de Varenne'' de François Pérache en 2014). 6e épisode : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11495-17.10.2016-ITEMA_21106602-0.mp3" debut="00:03" fin="01:59"]

Dans le générique de fin, le chat n'est pas oublié (ah le Mourik, "mon Mourlot", le multi-ressusctié !) et l'on entend les noms de plusieurs grandes pointures de la prise de son et du montage (Bertrand Amiel, Eric Boisset, Emmanuel Armaing, etc). C'est très soigné et l'atmosphère de la fiction conservée jusqu'à la dernière seconde : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11495-17.10.2016-ITEMA_21106602-0.mp3" debut="22:46" fin="25:06"]

Je ne serais pas étonné que cette adaptation en 10 épisodes gagne un prix pour la création radiophonique.

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