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La Fiction à France Culture    Page 24 sur 24

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La Fiction à France Culture - le Mar 03 Avr 2012, 23:29

Rappel du premier message :

Qui niera le pouvoir de fascination (et d'addiction) de l'information journalistique, même mauvaise ou biaisée ?  Qui ne voit pas l'attrait qu'exercent sur l'intellect les plus ou moins beaux discours savants (quand il y en a), même si, une fois l'émission passée, on est gros Jean comme devant (à moins d'avoir pris des notes et d'aller lire sur le sujet et en discuter, ce que les Allemands décrivent de manière imagée par "sich mit dem Thema auseinandersetzen).

La création radiophonique, la lecture de textes littéraires ou de poèmes, les adaptations radiophoniques de romans ou de correspondances suscitent peu de commentaires. De fait, parmi les auditeurs attentifs, il existe un sous-ensemble (oui, on a fait des maths modernes dans les années 1970... au début de nos années dix, comme dirait C. Broué...), celui des auditeurs attentifs puissance 2 qui suivent les fictions et lectures où il ne faut pas perdre un mot de ce qui est diffusé.

Il semble que France Culture rattrape en partie la médiocrité de ses débats par la qualité de ses créations, notamment dans le Feuilleton du soir. Ainsi on se rappelle une superbe série en 10 épisodes sur Fanny Stevenson en juin 2011 : http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-les-iles-au-tresor-de-fanny-stevenson-de-sylvie-peju-810-2011-06-22.

Cette semaine du 02 avril 2012, c'est la voix du talentueux et attachant lecteur Georges Claisse (souvent sollicité dans les Nouveaux Chemins de la Connaissance) qui nous a fait nous attacher à cette captivante adaptation radiophonique de "Trois affaires criminelles résolues par le juge Ti" de Robert Van Gulik.

L'art spécifiquement radiophonique (les Ateliers de Création, les lectures, les dramatiques, etc.) est un genre que le service public peut s'honorer de représenter via France Culture. Que subsistent, à l'ère de l'audio-visuel, d'Internet et du tout informatif, ces enclaves nourrissant l'imaginaire est signe que tout n'est pas parti à vau-l'eau, loin de là.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-trois-affaires-criminelles-resolues-par-le-juge-ti-de-robert-van-gul
Adaptation : François Cuel ; Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd ; Suivi éditorial : Emmanuelle Chevrière, conseillère littéraire ; Bruitages : Bertrand Amiel ; Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Matthieu Le Roux; Assistant à la réalisation : Benjamin Hû
* * *

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Le direct en public donne rarement de la bonne lecture radiophonique - le Mar 19 Sep 2017, 12:18

"En direct du studio 118, de la maison de la radio".

Cela ne présage rien de bon.

Et en effet Gustave Flaubert, George Sand : correspondance (1/5) qui précédait d'une semaine l'adaptation appréciée* de Madame Bovary en dix épisodes louée ci-dessus (ritournelle au piano trop présente néanmoins), cette lecture à deux voix n'atteint pas le niveau de qualité que l'on est en droit d'attendre. Si Olivier Claverie est impeccable, Chantal Neuwirth a une élocution discutable. On ne peut pas être tous les jours en forme, et l'on peut être dérangé par le public. C'est pourquoi il est impératif de faire ces lectures en studio et de les monter, et non d'en faire un événement public sans intérêt. D'autant que plusieurs des échanges sélectionnés n'ont aucun intérêt et ne sont pas faits pour être lus à haute voix.  Qu'en penseraient les auteurs, surtout Flaubert, on n'ose l'imaginer...

La correspondance de Flaubert est pour certains son œuvre magistrale. Je ne suis pas loin de souscrire à ce jugement.

*  Merci
Marie-Pierre Griffon 18/09/2017 12:37 Radio France
Un grand, grand merci pour les sublimes moments passé à l'écoute du feuilleton "Madame Bovary". J'ai écouté l'interprétation et la musique avec une immense émotion !
Quelle chance nous avons !


Service Radio France : Merci pour votre message.

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L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune - le Mar 19 Sep 2017, 14:12

En septembre 2009, France Culture a donné, lors d'un samedi de Fictions, une représentation enregistrée à la Maison de la radio de la pièce de Jean-Claude Brisville L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune.

C'est à la vérité le message d'un certain Nessie for Ever (connu autrefois dans ces murs sous le nom d'Antoine Arnoux) qui m'a remémoré cette pièce magistrale, affublant l'actuel président, dans un trait se voulant satirique, du sobriquet de M. François Hollande le Jeune (on mesure aujourd'hui la justesse de cette flèche).

L'œuvre interprétée ici par Daniel Mesguich (René Descartes), alors directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, et son fils William Mesguich (Blaise Pascal) figure la rencontre qui aurait réuni les deux philosophes, le 24 septembre 1647. De cette entrevue l'on ne sait rien de plus que sa tenue, laissant toute latitude aux imagination fertiles pour en meubler le contenu. Jean-Claude Brisville ne s'en est pas privé, qui a tissé pour nous conter la chose un dialogue convaincant, édifiant, qui alterne habilement un rappel des idées de ces deux êtres d'exception - en reprenant parfois un peu lourdement, il faut le dire, certaines des formules célèbres qu'on leur doit - et la  confrontation imaginaire de leur point de vue.

Mesguich Daniel et William brillent par leur interprétation, avec une grande finesse pour Mesguich père/Descartes , et une grande inquiétude sombre incarnée par Mesguich fils/Pascal. Les accents désespérés - quant à la vie charnelle - de Pascal me restent à l'esprit, longtemps après l'écoute de cette pièce.

Il faut signaler qu'elle avait été montée initialement une vingtaine d'années auparavant sous la direction de Jean-Pierre Miquel et jouée par Henri Virlogeux dans le rôle de Descartes et le même Daniel Mesguich, cette fois dans celui de Pascal.

Voici la pièce empastillée : [son mp3="http://longpontdemain.fr/descartes-pascal.mp3" debut="00:00" fin="61:01"]

On peut enfin en trouver l'enregistrement vidéo en quatre parties sur Dailymotion, les voici :









PS : Un grand merci à Philaunet d'avoir signalé l'adaptation de Mme Bovary que j'aurais sinon ratée

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Chef-d’œuvre radiophonique : « Madame Bovary de Gustave Flaubert » - le Jeu 21 Sep 2017, 21:08

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p220-la-fiction-a-france-culture#28873) a écrit:"Nous étions à l’Etude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.".

Madame Bovary de Gustave Flaubert (1/10)


Madame Bovary de Gustave Flaubert• Crédits : @Yaël Mandelbaum - Radio France

(...)  Un premier numéro et une réussite totale dans tous les domaines de la réalisation. Visez un peu l'équipe ci-dessous, il faut la saluer chapeau bas. (...)
Les épisodes 5 (les comices), 6 (l'opération d'Hippolyte) et 7 (la lettre de Rodolphe et le malaise d'Emma)  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11495-12.09.2017-ITEMA_21432008-0.mp3" debut="09:35" fin="15:19"] vous laissent pantelants d'admiration et d'émotion.

Cette interprétation est vraiment un chef-d’œuvre. Voix du narrateur, jeu des acteurs, bruitage, accompagnement musical. La réalisation radiophonique témoigne d'un très grand professionnalisme. Faut-il mentionner le texte admirable de Flaubert ?

Madame Bovary de Gustave Flaubert (7/10) La malle et le manteau.

Adaptation Pauline Thimonnier
Réalisation Laure Egoroff
Conseillère littéraire Katell Guillou

Bruitage Benoit Faivre et Patrick Martinache
Musique Originale et piano Mathieu Lamboley
Avec le Quatuor Hanson et Thomas Stantinat à la contrebasse
Prise de son montage mixage Claude Niort, Manuel Couturier, Eric Villenfin
Assistante à la réalisation Yaël Mandelbaum

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« L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune », suivi - le Lun 25 Sep 2017, 12:12

Pour gagner du temps, je remplace bishop par masterkey dans le message de Fred de Rouen :
fred de rouen(http://www.regardfc.com/t824p20-les-concerts-remarquables#28966) a écrit:Merci à Bishop pour ce billet très riche  (...) Voilà une contribution qui illustre avec générosité et passion les potentialités de ce forum. (...).
car la recommandation ci-dessous vaut de l'or :
masterkey(http://www.regardfc.com/t452p230-la-fiction-a-france-culture#28906) a écrit:En septembre 2009, France Culture a donné, lors d'un samedi de Fictions, une représentation enregistrée à la Maison de la radio de la pièce de Jean-Claude Brisville L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune. (...) L'œuvre interprétée ici par Daniel Mesguich (René Descartes), alors directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris, et son fils William Mesguich (Blaise Pascal) figure la rencontre qui aurait réuni les deux philosophes, le 24 septembre 1647. De cette entrevue l'on ne sait rien de plus que sa tenue, laissant toute latitude aux imagination fertiles pour en meubler le contenu. Jean-Claude Brisville ne s'en est pas privé, qui a tissé pour nous conter la chose un dialogue convaincant, édifiant, qui alterne habilement un rappel des idées de ces deux êtres d'exception - en reprenant parfois un peu lourdement, il faut le dire, certaines des formules célèbres qu'on leur doit - et la  confrontation imaginaire de leur point de vue.

Mesguich Daniel et William brillent par leur interprétation, avec une grande finesse pour Mesguich père/Descartes , et une grande inquiétude sombre incarnée par Mesguich fils/Pascal. Les accents désespérés - quant à la vie charnelle - de Pascal me restent à l'esprit, longtemps après l'écoute de cette pièce. (...)

Voici la pièce empastillée : [son mp3="http://longpontdemain.fr/descartes-pascal.mp3" debut="00:00" fin="61:01"]
(...)
Un très grand merci de permettre l'écoute via cette pastille. C'est une interprétation mémorable. Voilà comment il faudrait faire connaître la philosophie, l'art oratoire et les enjeux religieux du XVIIe siècle aux lycéens d'aujourd'hui. Et puis quelle langue !

Sur Jean-Claude Brisville, un entretien du 1er mars 2006 (il avait 84 ans) : Entretien avec Jean-Claude Brisville qui se conclut ainsi :
Que voulez-vous dire lorsque vous affirmez que «la langue française aujourd'hui râle au fond des bibliothèques» ?
J.-C.B. Je reprends l'expression de Huysmans qui disait: «Le latin râle au fond des bibliothèques.» Il me semble, hélas, que le français est aujourd'hui atteint du même mal que celui qui frappa le latin à la fin du XIXe siècle. Je crois, oui, que la langue française est en train de se défaire. Le vocabulaire se restreint de façon spectaculaire chez les écrivains. Qui pense à la syntaxe, aujourd'hui? C'est pourtant la moelle épinière de l'écriture. Je ne suis pas de mon époque. Le XVIIIe siècle m'aurait parfaitement convenu.

et un livre mémorable : Je me souviens (1925-1945) dont le titre et le contenu ont évidemment beaucoup à voir avec  le "Je me souviens" de Georges Perec.

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Re: La Fiction à France Culture - le Mar 26 Sep 2017, 20:09

Merci pour ce compte-rendu d'écoute, c'est très agréable de voir partager ses sentiments sur ce que l'on apprécie grandement.

Un deuxième remerciement pour cet entretien de Jean-Claude Brisville. Je suis très surpris d'y lire que l'auteur n'était pas un familier de Descartes ni de Pascal. On ne peut qu'être admiratif devant sa capacité d'avoir tiré d'une lecture récente de ces auteurs - et de leur biographie - une aussi saisissante figuration. Comme vous le dites, tout cela est fait dans une langue et avec un humour pleins de saveur.

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