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La Fiction à France Culture    Page 28 sur 29

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Re: La Fiction à France Culture - le Mar 04 Sep 2018, 23:54

En attendant de peut-être revenir sur l'époustouflante série Le comte de Monte-Cristo dont Philaunet a déjà parlé à plusieurs reprises plus haut dans ce fil, la page d'accueil de France Culture nous convie à l'écoute d'une fiction consacrée à François Truffaut : François Truffaut en 24 images/seconde de Anne Terral (31 août 2018). « Encore lui », serait-on tenté de dire tant le cinéaste a fait l'objet sur la chaîne d'un nombre conséquent d'émissions. D'ailleurs, s'il fallait en signaler une consacrée à son oeuvre, hors archives, ce serait La grande traversée que Serge Toubiana lui a consacré en 2008 (et rediffusée à l'été 2018).

Pour en revenir à l'Atelier fiction : la présente production présente l'avantage de constituer une introduction biographique instructive pour tout spectateur ayant connaissance de la filmographie. Le statut de la voix fil rouge qui conte la vie du cinéaste est parfois ambigu : on peut se demander si c'est une seule et même personne qui parle, tant les anecdotes de tournage alternent avec les souvenirs de jeunesse d'une spectatrice qui ne lui semble pas directement contemporaine. Toutefois l'écoute suit et tente de se rattacher aux images des films... quand elle n'est pas cassée par les improbables reconstitutions mises en scène du réalisateur avec ses acteurs ou assistants. Le jeu du comédien interprétant Truffaut est à cet égard catastrophique : mots mangés, articulation nulle, ton à côté de la plaque. Mais quand vient la scène rejouée des entretiens d'Hitchcock avec Truffaut, on se tient littéralement les côtes.

Anne Terral n'a t-elle donc jamais jeté une oreille à ces bandes datées de 1962 et diffusées entre octobre et novembre 1999 sur France Culture ? Impossible. Tout le monde a la voix d'Hitchcock dans ses oreilles, à quoi bon la mimer ? Et Helen Scott, la traductrice et amie de Truffaut dont l'auditeur ne peut se passer après le premier des 25 numéros tant sa voix tierce dynamise les entretiens, pourquoi lui prêter un accent américain alors que son français est intact (bien que née à New-York, la traductrice a grandi en France) ? Dire que tous les entretiens sont accessibles sur Youtube, c'est vraiment une faute de goût inattendue. Il suffit de prendre la première vidéo de la série et d'attendre 3 minutes pour s'en rendre compte (à 3'15'') :



Non, au lieu de cela, nous avons droit à ce spectacle comique (voyez d'ailleurs comme les accents sont inutilement appuyés): [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11984-31.08.2018-ITEMA_21790447-0.mp3" debut="20:55" fin="23:00"]

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272
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Peut-on honnêtement défendre ce genre de ''fiction'' ? - le Mer 05 Sep 2018, 11:59

J'ai procédé comme ceci : l'écoute de la pastille, l'écoute de l'entretien original, l'écoute de la pastille de nouveau. Je suis resté sidéré. Les caricatures vocales de Truffaut, de Hitchcock et de la traductrice H. Scott, ainsi que l'interprétation sont du combientième degré ? C'est ce qu'elles appellent de l'humour ? (Productrice : Anne Terral / Conseillère littéraire : Céline Geoffroy / Bruitage : Sophie Bissantz / Assistante à la réalisation : Sophie Pierre / Avec la collaboration de Mary Simon). Qu'a souhaité le réalisateur (Pascal Deux) ?

Je ne me suis pas tenu les côtes (voir ci-dessous), je me suis affaissé devant cette imbécillité. Allez défendre les fictions après cela.
Jean-Luuc(http://www.regardfc.com/t452p260-la-fiction-a-france-culture#31219) a écrit:(...) la page d'accueil de France Culture nous convie à l'écoute d'une fiction consacrée à François Truffaut : François Truffaut en 24 images/seconde de Anne Terral (31 août 2018). (...) Toutefois l'écoute suit et tente de se rattacher aux images des films... quand elle n'est pas cassée par les improbables reconstitutions mises en scène du réalisateur avec ses acteurs ou assistants. Le jeu du comédien interprétant Truffaut est à cet égard catastrophique : mots mangés, articulation nulle, ton à côté de la plaque. Mais quand vient la scène rejouée des entretiens d'Hitchcock avec Truffaut, on se tient littéralement les côtes.

Anne Terral n'a t-elle donc jamais jeté une oreille à ces bandes datées de 1962 et diffusées entre octobre et novembre 1999 sur France Culture ? Impossible. Tout le monde a la voix d'Hitchcock dans les oreilles, à quoi bon la mimer ? Et Helen Scott, la traductrice et amie de Truffaut dont l'auditeur ne peut se passer après le premier des 25 numéros tant sa voix tierce dynamise les entretiens, pourquoi lui prêter un accent américain alors que son français est intact (bien que née à New-York, la traductrice a grandi en France) ? Dire que tous les entretiens sont accessibles sur Youtube, c'est vraiment une faute de goût inattendue. Il suffit de prendre la première vidéo de la série et d'attendre 3 minutes pour s'en rendre compte (à 3'15'') :



Non, au lieu de cela, nous avons droit à ce spectacle comique (voyez d'ailleurs comme les accents sont inutilement appuyés): [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11984-31.08.2018-ITEMA_21790447-0.mp3" debut="20:55" fin="23:00"]

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273
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De la douce poésie... - le Jeu 20 Sep 2018, 17:12

Voici les projets en matière de fiction/création sonore  de France Culture : "France Culture et la SACD se sont associées en juillet 2017 pour la création d’un Fonds de podcasts natifs de fiction, et ont lancé ensemble pour la première fois un appel à projets en direction des auteurs pour l’écriture de fictions audio et feuilletons radiophoniques."

Le dernier projet en date, en dix épisodes, attention tous aux abris (ou tous à la piscine pour apprendre à nager) :

Après la catastrophe, deux mondes s’affrontent pour leur survie... L’Appel des abysses

L'océan a recouvert les continents. L'air est devenu irrespirable. L'élite financière s'est réfugiée dans la Cité, un agrégat de sous-marins reclus dans les abysses. À la surface, les plus pauvres étouffent sur le Territoire, un immense bidonville flottant où gronde la révolution. Marin, 16 ans, n'a connu que la pollution et le sentiment d’injustice. Il survit auprès de sa mère et de sa sœur adoptives en plongeant chaque jour pour récupérer nourriture et matériel. Lorsqu'il apprend qu'il est le fils de Léonie Montreuil, la Présidente de la Cité immergée, Marin perd pied. Et tandis que les siens se révoltent pour gagner leur place dans les profondeurs, il s'efforce de renouer avec son passé sans renier qui il est.


Je subodore qu'au moins un membre de ce forum s'est abonné à ce podcast après avoir lu son descriptif avec délectation.

Pendant la guerre froide (si ça rappelle quelque chose à quelqu'un) la radio publique diffusait  des lectures et adaptations littéraires de haute volée.

Maintenant que la guerre atomique n'est pas prévue pour demain, les artistes autorisés nous la jouent quotidiennement apocalyptique et guerre de classes.

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274
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Bérénice ? Very nice ! - le Mer 26 Sep 2018, 09:26

Mémorable interprétation de Bérénice de Racine (1h47) diffusée le 19/11/2017 dans le cadre de Fictions / Théâtre et Cie.  

Accompagnements musicaux sur des thèmes orientaux et création contemporaine remarquables. Subtile mise en scène, jeu des acteurs (en public) impeccable.

Écoute au casque conseillée.

Dialogue Bérénice-Titus [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13026-19.11.2017-ITEMA_21498924-7.mp3" debut="40:11" fin="43:46"] (minute 40)

Monologue de Titus [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13026-19.11.2017-ITEMA_21498924-7.mp3" debut="67:21" fin="71:55"] (minute 67)

Bérénice-Titus [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13026-19.11.2017-ITEMA_21498924-7.mp3" debut="71:55" fin="75:30"] (minute 71)

Plutôt qu'essayer d'attirer la "jeunesse" à travers d'innombrables articles sur l'amour et le sexe, dignes de magazines féminins, la station ferait mieux de promouvoir les productions artistiques illustrant les intermittences du cœur et les passions contrariées. Le texte de Bérénice est on ne peut plus actuel et ici servi par une production exemplaire.

• Une création France Culture et la Comédie-Française
Direction artistique : Eric Ruf
Réalisation : Blandine Masson et Christophe Hocké
Dramaturgie : Adrien Dupuis – Hepner
Conseillère littéraire Caroline Ouazana
• Enregistrement en public de Bérénice de Racine avec les comédiens de la troupe de la Comédie-Française le mardi 31 octobre à 20h en public au Studio 104 de la Maison de la Radio

« Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce qu'on croyait, lui avait promis de l'épouser, la renvoya de Rome, malgré lui et malgré elle, dès les premiers jours de son empire.
Cette action est très fameuse dans l'histoire, et je l'ai trouvée très propre pour le théâtre, par la violence des passions qu'elle y pouvait exciter. […]
Le dernier adieu que [Bérénice] dit à Titus, et l'effort qu'elle se fait pour s'en séparer, n'est pas le moins tragique de la pièce, et j'ose dire qu'il renouvelle assez bien dans le cœur des spectateurs l'émotion que le reste y avait pu exciter. Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie ; il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie.»
Extrait de la préface de Racine.

Avec la troupe de la Comédie-Française
Claude Mathieu (Phénice )
Michel Favory (Paulin)
Eric Génovèse (Titus)
Alain Lenglet (Arsace)
Clotilde de Bayser (Bérénice )
Clément Hervieu-Léger (Antiochus )  
Et
Adrien Dupuis-Hepner (Rutile, un académicien)
Claire Lefilliâtre : chant
Composition musicale originale
Nima Ben David : viole de gambe
Miguel Henri : Luth et Théorbe
Michèle Claude : percussions


Equipe de réalisation : Jean-Michel Bernot, Pierre Henry, Bastien Varigaud, Tahar Boukhlifa    Assistant à la réalisation Félix Levacher

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275
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Titus aimait-il Bérénice ? - le Mer 26 Sep 2018, 17:46

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31349) a écrit:Mémorable interprétation de Bérénice de Racine (1h47) diffusée le 19/11/2017 dans le cadre de Fictions / Théâtre et Cie.
(...)
Accompagnements musicaux sur des thèmes orientaux et création contemporaine remarquables. Subtile mise en scène, jeu des acteurs (en public) impeccable.
(...)
Plutôt qu'essayer d'attirer la "jeunesse" à travers d'innombrables articles sur l'amour et le sexe, dignes de magazines féminins, la station ferait mieux de promouvoir les productions artistiques illustrant les intermittences du cœur et les passions contrariées. Le texte de Bérénice est on ne peut plus actuel et ici servi par une production exemplaire.
(...)

Belle interprétation, effectivement. Et les thèmes musicaux conviennent tout à fait, en nature et qualité, à l'"ambiance" de la pièce (mais sur quels critères ? difficile de préciser !).

Deux réserves cependant.
- La plus gênante : l'accompagnement musical en arrière-plan de la parole des acteurs : une hérésie qui gâche un peu la fête. De la musique entre les scènes ou les actes, entre deux dialogues : à la radio, pourquoi pas, cela meuble intelligemment les blancs. Mais en même temps que les acteurs, cela gêne complètement l'écoute de l'autre musique, plus discrète : celle de Racine, langue et versification, combien précieuse et délicate.
- Et puis, les acteurs (surtout Titus) donnent plus d'importance au jeu d'acteur (intonation, interprétation) soulignant (surlignant même) le sens, qu'à la mise en valeur de la musique de Racine.

Ces deux réserves sont sans doute cohérentes avec votre remarque tellement moderne, malheureusement : le texte serait "on ne peut plus actuel". C'est une maladie des adaptations modernes : ce matin encore France Musique vantait une mise en scène "très actuelle" de la Traviata (par ailleurs très bien interprétée vocalement, d'après l'échantillon diffusé). Ecouter les intermittences du cœur de Racine ou de Proust n'informent en rien sur celles que l'on peut éprouver aujourd'hui (si même on en éprouve encore).

Il n'y a pas de sentiments éternels ou universels. Ecouter Racine ou la Traviata ne nous dit rien sur nous, pas plus qu'assister à du théâtre Nô. Mais cette écoute doit nous permettre de mieux connaître une autre culture : celle de la France aristocratique du 17°s. Les valeurs morales, sociales ont changé, et les connotations du texte nous échappent totalement. Tout écraser par un universalisme ou éternalisme prétendus nous prive de cet enrichissement humain, en gommant le décalage, et incite les acteurs à jouer et privilégier le drame plutôt que le rythme et musique du texte.

Mais enfin, l'ensemble est assez agréable à écouter, mais doit plutôt nous donner envie de relire la pièce.

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276
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Bérénice encore - le Mer 26 Sep 2018, 19:51

À propos du post 274
Lvstvcrv(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31351) a écrit: (...) Belle interprétation, effectivement. Et les thèmes musicaux conviennent tout à fait, en nature et qualité, à l'"ambiance" de la pièce (mais sur quels critères ? difficile de préciser !).

Deux réserves cependant.
- La plus gênante : l'accompagnement musical en arrière-plan de la parole des acteurs : une hérésie qui gâche un peu la fête. De la musique entre les scènes ou les actes, entre deux dialogues : à la radio, pourquoi pas, cela meuble intelligemment les blancs. Mais en même temps que les acteurs, cela gêne complètement l'écoute de l'autre musique, plus discrète : celle de Racine, langue et versification, combien précieuse et délicate.
La pièce dure 1h45, les inserts musicaux joués en direct entre les paroles doivent être une demi-douzaine de 30 secondes, soit trois minutes, à vérifier. Les accompagnements musicaux doivent être au nombre d'une douzaine, d’environ 15 secondes, soit trois minutes. Pour laisser une très grande marge, on va dire que sur 1h45, 1h30 est du texte pur. Il faut ne jamais avoir entendu les lectures de France Culture (dans les Chemins de la philosophie ou ailleurs) lourdement écrasées par des nappages sonores complets pour trouver à redire à ces délicats et rares accompagnements.
Ces deux réserves sont sans doute cohérentes avec votre remarque tellement moderne, malheureusement : le texte serait "on ne peut plus actuel". C'est une maladie des adaptations modernes : ce matin encore France Musique vantait une mise en scène "très actuelle" de la Traviata (par ailleurs très bien interprétée vocalement, d'après l'échantillon diffusé)
Aussi je ne vous conseille pas d'écouter la Grande table Bérénice, femme actuelle du 29/05/2018 où l'on s'attend à chaque instant à entendre que Titus est un salaud d'homme qui exploite une femme orientale, reine de Palestine, laquelle résiste néanmoins en proto-féministe qu'elle est à l'oppression machiste. Les migrants pointent aussi leur nez. Un peu comme avec Py qui considère qu'Eschylle a anticipé l'Aquarius et Salvini... En passant, si l'on n'aime pas entendre "voilà" conclure chaque bribe de phrase, on n'écoutera pas Mélodie Richard qui jouait le rôle de Bérénice à L’Odéon au printemps.
Ecouter les intermittences du cœur de Racine ou de Proust n'informent en rien sur celles que l'on peut éprouver aujourd'hui (si même on en éprouve encore).

Il n'y a pas de sentiments éternels ou universels. Ecouter Racine ou la Traviata ne nous dit rien sur nous, pas plus qu'assister à du théâtre Nô.
C'est une opinion.

Revenons à l'écoute :
Mais cette écoute doit nous permettre de mieux connaître une autre culture : celle de la France aristocratique du 17°s. Les valeurs morales, sociales ont changé, et les connotations du texte nous échappent totalement
Cette écoute est une réjouissance pour l'oreille et l'esprit. Qui est ce "nous", le pluriel de majesté ?... Personnellement, j'ai lu plusieurs fois Bérénice dans des éditions annotées avant l'écoute. C'est une possibilité. Mais je ne dirais pas non plus qu'il faille le faire pour écouter cette interprétation de la Comédie-Française. D'ailleurs, FC s'est bien gardée de mettre un introduction ou de diffuser une interview d'Eric Ruff. On lui sait gré de cette intelligence à considérer que Racine peut s'apprécier en dehors de valeurs morales et sociales datées qu'il faudrait expliquer.
(...) Mais enfin, l'ensemble est assez agréable à écouter, mais doit plutôt nous donner envie de relire la pièce.
"lire", ça fait moins pédant. Enthoven qui n'avait pas lu nombre de livres qu'il commentait nous invitait, sans cesse, à partir de 2004, à "relire" tel ou tel, notamment Proust, considéré par lui comme hilarant à chaque page, ce qui prouve qu'il n'avait pas lu La Recherche (mais qu'il voulait qu'on achète le volume chez son éditeur).

Enfin, le texte de Racine n'est pas un livre de lecture, mais une pièce de théâtre qui s'apprécie par l'incarnation du verbe.

C'est pourquoi France Culture en diffusant cette interprétation de la Comédie-Française remplit parfaitement sa mission.



Dernière édition par Philaunet le Jeu 27 Sep 2018, 08:18, édité 1 fois

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277
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J'ajouterais - le Mer 26 Sep 2018, 20:31

Lustucru a écrit:Il n’y a pas de sentiments éternels ou universels. Ecouter Racine ou la Traviata ne nous dit rien sur nous, pas plus qu’assister à du théâtre Nô. Mais cette écoute doit nous permettre de mieux connaître une autre culture : celle de la France aristocratique du 17°s. Les valeurs morales, sociales ont changé, et les connotations du texte nous échappent totalement. Tout écraser par un universalisme ou éternalisme prétendus nous prive de cet enrichissement humain, en gommant le décalage, et incite les acteurs à jouer et privilégier le drame plutôt que le rythme et musique du texte.

On dit souvent que les écrivains jouent un peu trop de la sentence généralisante à partir de leurs propres expériences, et Proust s'en rendait quelquefois coupable, autant dans son oeuvre, dans sa correspondance que dans les échanges avec ses amis (on pense à sa brouille soudaine avec Emmanuel Berl). Mais lire une telle énormité, ça laisse tout de même rêveur. Qui peut penser une seule seconde que l'art et la littérature traversent les siècles pour des raisons simplement documentaires ou d'information sociale ? C'est ne pas savoir ce que sont les mythes. C'est ne jamais avoir fait l'expérience de la littérature, de la musique, de la peinture. Il faut avoir un coeur bien sec et étroit pour dire une chose pareille. Mais finalement, c'est cohérent. La majorité des contributeurs de ce forum donnent leur chance à France Culture pour être surpris, s'ouvrir à d'autres horizons, apprécier des mises en formes inventives. Un autre n'écoute la station que dans un rôle d'inspection de conformité politique, pour essayer de justifier les tenants de sa religion politique. Et on voit ce que ça donne quand il s'agit de réfléchir sur des questions littéraires et artistiques. Un triste désastre, mais totalement prévisible. Etre incapable de laisser les oeuvres, mêmes distantes, résonner en soi.

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278
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Re: La Fiction à France Culture - le Mer 26 Sep 2018, 21:06

Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31352) a écrit: (...)
Bref, si on vous comprend bien, cette interprétation vous paraît convenable simplement parce qu'on trouve selon vous pire ailleurs. Pêle-mêle : les Chemins de la philosophie (quel rapport ?), la Grande table (quel rapport ?), Olivier Py, l'Odéon, Enthoven (quel rapport ?)... la cohérence de vos références avec l'objet de votre recommandation n'est pas évidente.
C'est pas franchement motivant.
Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31353) a écrit:La majorité des contributeurs de ce forum donnent leur chance à France Culture pour être surpris, s'ouvrir à d'autres horizons (...)
Ce n'est manifestement pas le cas de Philaunet qui apprécie cette pièce parce qu'elle serait actuelle, la ramène à son horizon, alors qu'elle nous fait entrevoir la culture aristocratique du 17°s, et que l'on doit donc regretter tout ce qui, dans la mise en scène, "rabote" ce qui en fait l'étrangeté culturelle, pour la faire paraître "actuelle" selon l'expression de Philaunet :
Philaunet(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31349) a écrit:Le texte de Bérénice est on ne peut plus actuel (...)

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279
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''Bérénice'' co-production FC-Comédie-Française, suite - le Jeu 27 Sep 2018, 08:05

Yann Sancatorze(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31353) a écrit:
Lustucru a écrit:Il n’y a pas de sentiments éternels ou universels. Ecouter Racine ou la Traviata ne nous dit rien sur nous, pas plus qu’assister à du théâtre Nô. Mais cette écoute doit nous permettre de mieux connaître une autre culture : celle de la France aristocratique du 17°s. Les valeurs morales, sociales ont changé, et les connotations du texte nous échappent totalement. Tout écraser par un universalisme ou éternalisme prétendus nous prive de cet enrichissement humain, en gommant le décalage, et incite les acteurs à jouer et privilégier le drame plutôt que le rythme et musique du texte.
(...) On dit souvent que les écrivains jouent un peu trop de la sentence généralisante à partir de leurs propres expériences, et Proust s'en rendait quelquefois coupable, autant dans son oeuvre, dans sa correspondance que dans les échanges avec ses amis (on pense à sa brouille soudaine avec Emmanuel Berl). Mais lire une telle énormité, ça laisse tout de même rêveur. Qui peut penser une seule seconde que l'art et la littérature traversent les siècles pour des raisons simplement documentaires ou d'information sociale ? C'est ne pas savoir ce que sont les mythes. C'est ne jamais avoir fait l'expérience de la littérature, de la musique, de la peinture.
En effet, comme si tous les arts n'étaient que des fiches de renseignement sur le passé. Une vision utilitaire et matérialiste de l'art, en quelque sorte. L'écoute de la Passion selon Saint Matthieu de Bach dans ce contexte ne pourrait nous émouvoir, mais devrait nous enseigner une myriade de choses sur la Leipzig luthérienne des années 1730. Risible.
Il faut avoir un coeur bien sec et étroit pour dire une chose pareille. Mais finalement, c'est cohérent. La majorité des contributeurs de ce forum donnent leur chance à France Culture pour être surpris, s'ouvrir à d'autres horizons, apprécier des mises en formes inventives.
Autant que faire se peut, il faut dénicher les perles disséminées dans le programme et mettre en valeur le travail accompli pour les produire.
Un autre n'écoute la station que dans un rôle d'inspection de conformité politique, pour essayer de justifier les tenants de sa religion politique.
Le matérialisme historique appliqué à l'art ? Reste que le contradicteur a fait le geste d'aller vers cette pièce, de l'écouter ou d'en écouter des passages, et d'en rapporter ses impressions, ce qui n'est pas fréquent.
Et on voit ce que ça donne quand il s'agit de réfléchir sur des questions littéraires et artistiques. Un triste désastre, mais totalement prévisible. Etre incapable de laisser les oeuvres, mêmes distantes, résonner en soi.
C'est ce qui se passe souvent à France Culture où l'art est idéologiquement instrumentalisé. La jouissance esthétique n'y est pas une dimension recevable, car elle n'est pas un moyen de "refondation sociale et politique".

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280
Répondre en citant  
Re: La Fiction à France Culture - le Ven 28 Sep 2018, 18:25

À propos du post 276
Lvstvcrv(http://www.regardfc.com/t452p270-la-fiction-a-france-culture#31354) a écrit: Bref, si on vous comprend bien, cette interprétation vous paraît convenable simplement parce qu'on trouve selon vous pire ailleurs. Pêle-mêle : les Chemins de la philosophie (quel rapport ?), la Grande table (quel rapport ?), Olivier Py, l'Odéon, Enthoven (quel rapport ?)... la cohérence de vos références avec l'objet de votre recommandation n'est pas évidente.
Oui, forcément quand on est viscéralement de mauvaise foi, par exemple en citant partiellement pour égarer le lecteur,  quand on est obnubilé par une idéologie et que l'on rapporte le contraire ce qui est écrit, par pure provocation vicieuse, on risque de "ne pas comprendre". Tout ce qui est signalé dans mon billet se rapporte étroitement et de manière flagrante au sujet, mais votre petit jeu d'affirmer le contraire commence à lasser.
Philaunet qui apprécie cette pièce parce qu'elle serait actuelle, la ramène à son horizon
Ne pas comprendre par le contexte du post que le texte de la pièce peut parfaitement se goûter actuellement parce qu'il est intemporel, c'est vraiment ne pas savoir lire.
elle nous fait entrevoir la culture aristocratique du 17°s, et que l'on doit donc regretter tout ce qui, dans la mise en scène, "rabote" ce qui en fait l'étrangeté culturelle, pour la faire paraître "actuelle"(...)
Non, Bérénice ne nous fait pas "entrevoir la culture aristocratique du 17°s". Jacqueline de Romilly qui m'a amené à écouter cette interprétation a bien des choses à vous dire sur cette pièce, lisez "Le jour de Bérénice" dans "Les Roses de la solitude" pp. 65 à 83. Enfin, ce conseil, que j'allais donner ailleurs un jour ou l'autre, est plutôt adressé aux "honnêtes hommes" cultivés (h/f) qui s'aventurent sur ce forum, mais qui, pour des raisons légitimes ou non, omettent d'y réagir et préfèrent laisser un sophiste s'y pavaner sans contradiction.

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281
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Intemporelle, T & B ? - le Ven 28 Sep 2018, 20:21

Je suis heureux que vous confirmiez à qu'à vos yeux comme aux miens Titus et Bérénice n'est pas "actuelle", en ce sens qui rabattrait cette œuvre, depuis la culture précieuse du 17°s, sophistiquée, sur la platitude de notre culture du 21°s.

Vous proposez finalement de considérer T & B "intemporelle". Mais alors, se pose ce problème : il faudrait, pour vous suivre, qu'il existe un "spectateur", un "témoin", qui puisse confirmer qu'aux 18°s, 19°s, 20°s comme de nos jours, T & B emportait pour lui les mêmes valeurs et sentiments qu'au 17°s.

Bien entendu ce témoin humain, qui serait donc lui aussi intemporel, n'existe pas. Dès lors, comment une pièce peut-elle être dite intemporelle ? Par qui ?

Votre avis ?

Lire également la contribution de munstead ("Au fil de l'écoute"), à propos de la signification d'une pièce de Shakespeare, à sa création et aujourd'hui.



Dernière édition par Lvstvcrv le Sam 29 Sep 2018, 08:41, édité 1 fois

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Re: La Fiction à France Culture -

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